Ce chapitre examine les interactions entre les objectifs des pouvoirs publics en matière d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets, de conservation de la biodiversité ainsi que de prévention et de contrôle de la pollution. En regroupant tout un éventail de mesures existantes en fonction des divers objectifs stratégiques auxquels elles contribuent, ce chapitre analyse comment le fait de s’attaquer à l’un des aspects des trois défis étroitement imbriqués peut avoir une incidence sur les deux autres, et propose une présentation théorique des éventuelles synergies et corrélations négatives.
Perspectives de l’environnement sur la triple crise planétaire
4. Présentation théorique des interactions entre les objectifs de l’action publique en matière de climat, de biodiversité et de pollution
Copier le lien de 4. Présentation théorique des interactions entre les objectifs de l’action publique en matière de climat, de biodiversité et de pollutionDescription
4.1. Introduction
Copier le lien de 4.1. IntroductionDes interactions existent entre les politiques publiques ayant trait au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la pollution. La prise en compte de ces interdépendances peut permettre d’avoir une vision plus exhaustive des coûts et des avantages des mesures, ainsi qu’une estimation plus précise de leurs impacts. Inversement, le fait de les ignorer peut donner lieu à des corrélations négatives involontaires entre des objectifs par ailleurs compatibles si les défis sont abordés ensemble.
On dénombre à l’échelle mondiale un large éventail de politiques publiques ainsi qu’un ensemble encore plus grand d’instruments mis en œuvre pour relever chacun de ces défis. Le but de la présente analyse n’est pas de recenser chaque mesure ou instrument afin d’examiner les liens qu’il peut y avoir entre eux, mais au contraire de constituer par thème des ensembles représentatifs de politiques publiques et de les regrouper en fonction de l’objectif général auquel elles contribuent afin d’étudier leurs interdépendances. Des sous-groupes sont ensuite établis pour fournir un plus grand niveau de détail, sans que cela n’empêche pour autant d’avoir une vue d’ensemble dans les différents contextes. Le Graphique 4.1 donne un aperçu de ces ensembles thématiques de mesures.
Les objectifs de l’action publique relative au climat sont répartis en trois grands thèmes – i) l’énergie, ii) l’alimentation et iii) les écosystèmes – qui recouvrent à la fois l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets. Ces thèmes sont établis d’après la classification utilisée par Pörtner et al. (2023[1]) pour étudier les interdépendances entre le changement climatique et la biodiversité.
Les objectifs de l’action publique relative à la biodiversité sont classés en trois groupes de mesures selon qu’elles visent à i) protéger, ii) gérer ou iii) restaurer la biodiversité, en reprenant là aussi la classification utilisée par Pörtner (2021[2])1. Les objectifs pris en compte respectent en outre la « hiérarchie des mesures d’atténuation »2, à savoir i) éviter, ii) réduire au maximum, iii) remettre en état et iv) compenser, ce qui fournit un cadre modulable bien qu’homogène pour regrouper les diverses mesures de préservation à différentes échelles (du projet à l’action internationale) (Arlidge et al., 2018[3]). Cette hiérarchie correspond à un cycle itératif composé de quatre étapes successives où la prévention de la perte de biodiversité est la priorité, suivie par la réduction, la remise en état et, enfin, la compensation des effets néfastes résiduels (OCDE, 2024[4]). Le respect scrupuleux de cette hiérarchie devrait par conséquent aboutir au minimum à l’absence de perte nette, et au mieux à un gain net (Maron et al., 2025[5]).
Les objectifs de l’action publique relative à la pollution sont classés en trois groupes de mesures selon qu’elles visent à : i) prévenir la pollution à la source, ii) réduire les rejets de polluants dans l’environnement ou iii) remédier à la pollution. Ces groupes reflètent plus ou moins la « hiérarchie des déchets », qui classe les options de gestion des déchets de la plus à la moins souhaitable (prévention, réemploi, recyclage, valorisation énergétique et élimination) (OCDE, 2025[6]), ainsi que les cadres d’action existants comme le plan d’action de l’UE « Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols » (Commission européenne, 2021[7]).
Graphique 4.1. Vue d’ensemble des objectifs de l’action publique pris en compte
Copier le lien de Graphique 4.1. Vue d’ensemble des objectifs de l’action publique pris en compte
Source : Élaboré par les auteurs.
Bien que non exhaustive et variant selon le contexte, la présente analyse fournit une présentation théorique des synergies et des corrélations négatives pouvant apparaître entre les objectifs de l’action publique, afin de permettre l’adoption d’une approche coordonnée pour faire face à la triple crise planétaire. Les grands types de synergies et de corrélations négatives qui se dégagent de l’étude bibliographique sont présentés en détail dans les sections 4.2, 4.3 et 4.4, et schématisés à la fin de chacune d’elles (respectivement dans le Graphique 4.3, le Graphique 4.6 et le Graphique 4.7). Suite à cette analyse mettant en évidence les synergies et les corrélations négatives possibles – une première étape pour améliorer la cohérence des politiques publiques relatives aux différents objectifs (OCDE, 2021[8]) –, les deux chapitres suivants examinent dans quelle mesure ces interconnexions de l’action publique sont actuellement prises en compte dans les documents nationaux (Chapitre 5), ainsi que la façon dont les synergies et les corrélations négatives se manifestent, sont gérées et évaluées (y compris quantifiées) au stade de la mise en œuvre, en utilisant des études de cas pour approfondir quatre problématiques (Chapitre 6).
4.2. Objectifs de l’action publique relative au climat
Copier le lien de 4.2. Objectifs de l’action publique relative au climat4.2.1. Énergie
Accroître l’approvisionnement en énergies propres
La réduction de la dépendance aux combustibles fossiles en tant que principale source d’énergie fait partie intégrante de l’atténuation du changement climatique. Les énergies renouvelables (notamment solaire et éolienne) sont considérées comme les principaux facilitateurs de cette atténuation (AIE, 2024[9]). Le passage radical aux énergies propres3 génère en outre des synergies considérables en ce qui concerne la réduction de la pollution de l’air et de l’eau ainsi que l’allègement des pressions exercées sur la biodiversité par la dégradation, la destruction et la fragmentation des habitats associées à l’extraction des combustibles fossiles (OCDE, 2024[4]). Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les énergies renouvelables offrent de meilleures performances environnementales que les combustibles fossiles sur plusieurs autres aspects (voir aussi la section 6.2 du chapitre 6, qui examine de façon approfondie le développement des énergies éolienne et solaire). Ainsi, les effets de l’abandon progressif des énergies fossiles et du développement des énergies renouvelables sur les améliorations de la qualité de l’air ont fait l’objet de vastes études, un grand nombre d’entre elles mettant en évidence d’importantes baisses des émissions de dioxyde de soufre (SO2), d’oxydes d’azote (Nox), de particules ayant un diamètre inférieur à 2.5 micromètres (PM2.5) et d’ozone troposphérique (voir par exemple (Markandya et al., 2018[10] ; Sampedro et al., 2023[11] ; Millstein et al., 2017[12])). Les améliorations de la qualité de l’air procurent des bienfaits plus immédiats et plus circonscrits et constituent un argument supplémentaire en faveur de l’action climatique (Vandyck et al., 2022[13]).
Malgré les avantages substantiels de l’abandon des combustibles fossiles, les énergies renouvelables ne sont pas exemptes de coûts environnementaux. Faute d’un examen et d’une gestion rigoureux, l’infrastructure sur laquelle reposent ces énergies risque de devenir elle-même un facteur de perte de biodiversité. Depuis les infrastructures hydroélectriques empêchant les déplacements d’espèces et leur dispersion entre les bassins versants jusqu’aux infrastructures de production d’énergie solaire dont l’emplacement coïncide avec les habitats naturels des espèces, l’empreinte spatiale des infrastructures d’énergies renouvelables suscite des risques transversaux qui peuvent aboutir à la destruction et la fragmentation des habitats (Dhar et al., 2020[14] ; He, 2024[15]). De son côté, l’infrastructure de transport, de distribution et de stockage de l’électricité peut également représenter une menace pour la biodiversité (OCDE, 2024[4]). Les énergies renouvelables étant plus diffuses que les combustibles fossiles, une autre crainte est celle de l’étalement des infrastructures correspondantes, qui peut être préjudiciable aux zones présentant de l’importance pour la conservation de la biodiversité, dont les zones protégées4. Une étude a par exemple recensé plus de 2 200 infrastructures d’énergies renouvelables à l’intérieur des zones protégées, des zones clés pour la biodiversité5 et autres zones de nature sauvage ; cette tendance semble être vouée à s’accélérer dans les prochaines décennies et à s’étendre à un plus vaste ensemble de régions, notamment en Asie du Sud-Est et en Afrique (Rehbein et al., 2020[16]) (Graphique 4.2).
Graphique 4.2. Infrastructures d’énergies renouvelables en service et en cours d’installation à l’intérieur d’importantes zones de conservation à travers le monde
Copier le lien de Graphique 4.2. Infrastructures d’énergies renouvelables en service et en cours d’installation à l’intérieur d’importantes zones de conservation à travers le monde
Note : Nombre (a) et pourcentage (b) d’infrastructures d’énergies renouvelables en service (bordeaux) et en cours d’installation (orange) situées à l’intérieur d’importantes zones de conservation (zones protégées, zones clés pour la biodiversité et zones de nature sauvage), par région.
Source : Rehbein et al. (2020[16]).
Plusieurs pratiques de partage des terres peuvent aider à atténuer ces risques. Par exemple, dans le cadre de l’agrovoltaïsme, la production d’énergie solaire et la production agricole (cultures alimentaires et énergétiques) ont lieu sur les mêmes terres, ce qui permet de réduire la pression qui pèse sur l’utilisation des terres (Cogato, Marinello et Pezzuolo, 2023[17]). Ce système peut en outre fournir des habitats aux pollinisateurs et de l’ombre aux végétaux sous les panneaux solaires, et donc contribuer éventuellement à préserver la disponibilité et la qualité de l’eau et des sols (Hernandez et al., 2019[18] ; Cogato, Marinello et Pezzuolo, 2023[17]), même si le fait que l’agrovoltaïsme soit très dépendant du site et des cultures rend l’optimisation de la production agricole et de la production d’électricité difficile (Asa’a, 2024[19]).
Il a également été proposé, pour résoudre le problème des utilisations concurrentes des zones côtières, d’installer au même endroit des parcs éoliens en mer et des élevages aquacoles d’espèces à faible niveau trophique (comme les algues marines), ce qui a l’avantage de contribuer en outre à alléger les pressions qu’exerce sur les écosystèmes la pollution par les éléments nutritifs (voir par exemple (Maar et al., 2023[20])). La viabilité de telles approches demeure toutefois incertaine, d’où la nécessité d’une gestion et d’un suivi minutieux. Bien qu’il ait été suggéré que les parcs éoliens en mer pouvaient peut-être servir de facto d’aires marines protégées – étant donné qu’ils fournissent des habitats artificiels et des refuges contre les activités de pêche (Ashley, Mangi et Rodwell, 2014[21]) –, il existe un risque d’effets néfastes sur la biodiversité, avec notamment la prolifération d’espèces envahissantes pouvant coloniser le substrat dur des parcs éoliens et en faire leur nouvel habitat (Watson et al., 2024[22]).
Les impacts et les corrélations négatives peuvent en outre varier selon les types d’énergies renouvelables. Les risques de mortalité qu’encourent les oiseaux et les chauves-souris du fait de leur collision avec les éoliennes sont relativement bien documentés (OCDE, 2024[4]). Si la mortalité des oiseaux est relativement faible, la collision avec les éoliennes est reconnue comme l’une des principales causes de mortalité chez les chauves-souris (OCDE, 2024[4]). Par ailleurs, si la production d’énergie solaire nécessite beaucoup moins d’eau que les énergies fossiles, les besoins en eau subsistent, par exemple pour nettoyer la surface des panneaux solaires photovoltaïques afin de préserver leur efficacité (Aljaghoub et al., 2022[23]). Certaines centrales solaires thermodynamiques ont aussi besoin d’eau pour assurer le refroidissement, même si la technologie du refroidissement sec s’avère de plus en plus viable (Liqreina et Qoaider, 2014[24]).
Il reste encore des lacunes considérables en ce qui concerne l’étude des impacts des infrastructures d’énergies renouvelables sur les écosystèmes marins et d’eau douce ; en comparaison, les impacts sur les écosystèmes terrestres sont relativement mieux étudiés mais encore mal connus (OCDE, 2024[4]). De même, les impacts environnementaux de différents types d’énergies renouvelables produites à l’aide de masses d’eau sont assez mal compris, même si les données probantes existantes évoquent des risques de recul de la biodiversité et de pollution. À titre d’exemple, les infrastructures hydroélectriques peuvent entraîner la fragmentation des masses d’eau et modifier des sections de cours d’eau de lotiques à lentiques (autrement dit d’eau courante à stagnante), créant alors les conditions optimales pour la croissance du phytoplancton et l’efflorescence d’algues toxiques (He, 2024[15]). Par ailleurs, les réservoirs hydroélectriques génèrent des émissions non négligeables de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4), ainsi que d’oxyde nitreux (N2O), qui sont dues à la décomposition et la dégradation des matières organiques (Lu et al., 2020[25]). Bien qu’elles soient encore balbutiantes, les technologies de captage de l’énergie des mers suscitent également des inquiétudes quant à la perturbation des écosystèmes marins (Martínez et al., 2021[26]).
Au-delà des effets immédiats liés au fonctionnement des infrastructures d’énergies renouvelables (production, transport et distribution d’électricité), il est important de prendre en considération les impacts environnementaux tout au long de leur cycle de vie, depuis l’extraction des matières jusqu’à la fabrication et au démantèlement. En particulier, des risques de corrélations négatives avec les objectifs relatifs à la biodiversité et à la pollution peuvent apparaître lorsque l’acquisition des ressources matérielles nécessaires à la production des technologies liées aux énergies renouvelables exerce des pressions sur l’environnement. Comme pour les infrastructures d’énergies renouvelables elles-mêmes, il existe des risques que les activités d’extraction minière et de transformation nuisent partiellement à l’efficacité des zones protégées en matière de conservation de la biodiversité (Sonter et al., 2020[27]). La fabrication des technologies liées aux énergies renouvelables peut aussi entraîner différents types de pollution qui peuvent être dangereux pour la santé des êtres humains et de la planète. C’est le cas par exemple pour la fabrication des panneaux solaires photovoltaïques, qui utilise des composés chimiques comme le cadmium, l’arsenic et le plomb (Aman et al., 2015[28]). Les impacts des énergies renouvelables en fin de vie peuvent aussi générer des corrélations négatives avec les objectifs relatifs à la biodiversité et à la lutte contre la pollution. Pour citer un exemple, du fait de leur poids et leur hétérogénéité, les pales des éoliennes sont actuellement peu réutilisées ou recyclées (Khalid et al., 2023[29]).
Un point important est que les différents impacts peuvent s’accumuler, leur portée s’étendant alors au-delà du niveau local. Cela signifie qu’il est impératif d’examiner les risques à différentes échelles. Certains impacts seraient par exemple mieux gérés dans le cadre d’une collaboration transnationale, afin de tenir compte des parcours migratoires transfrontières de certaines espèces (comme les oiseaux et les chauves-souris) (OCDE, 2024[4]). De plus, la régulation des flux et la modification de la température dues à la production hydroélectrique peuvent avoir des effets cumulés et en cascade sur plusieurs cours d’eau, d’où la nécessité d’une collaboration locale et régionale pour gérer les risques (He, 2024[15]).
La bioénergie (biomasse et biocombustibles) est elle aussi associée à des risques de corrélations négatives. Outre les préoccupations que suscite son expansion en raison de ses répercussions possibles sur la sécurité alimentaire, l’évolution du débat sur le rôle de la bioénergie dans la décarbonation du système énergétique illustre la nécessité d’une prise en compte globale des risques environnementaux. Un grand nombre des trajectoires d’atténuation compatibles avec l’objectif de hausse des températures de 1.5 °C prévoient le développement de la bioénergie, certaines la plaçant à égalité avec les énergies éolienne et solaire (Rogelj et al., 2018[30]). Il est cependant largement reconnu que les pressions exercées par la bioénergie sur l’utilisation des terres peut compromettre sa viabilité : la production de bioénergie à partir de cultures réservées à cet effet entraînerait une modification de l’affectation des terres (OCDE, 2019[31] ; AIE, 2024[9]) et pourrait causer indirectement une intensification de l’agriculture en raison de la concurrence pour les terres, ou une pollution par les éléments nutritifs à cause de l’utilisation accrue d’engrais (Pörtner et al., 2021[32] ; Kanter et Brownlie, 2019[33]).
L’expansion des plantations destinées à la production de bioénergie peut en outre aller à l’encontre de l’objectif d’atténuation du changement climatique, en plus de représenter une menace pour la biodiversité, surtout lorsqu’elle entraîne la dégradation des puits de carbone naturels – qui sont en outre des zones critiques de biodiversité. Par exemple, si la déforestation et le drainage des tourbières aux fins de la production d’huile de palme contribuent à la sécurité économique des petits exploitants en leur permettant d’obtenir un rendement élevé par unité de surface, ces activités génèrent également des émissions de GES et un recul de la biodiversité, auxquels s’ajoute l’exposition accrue des zones en question au risque d’incendie (Meijaard et al., 2020[34]). Par ailleurs, les cultures destinées à la production de bioénergie présentent une diversité taxonomique et une abondance des espèces plus faibles que les écosystèmes naturels qu’elles remplacent (Núñez-Regueiro, Siddiqui et Fletcher, 2021[35]). Ces cultures ont également tendance – bien qu’à un degré incertain – à générer de plus fortes émissions de composés organiques volatils (COV) d’origine biologique, qui sont les précurseurs de l’ozone troposphérique (Rosenkranz et al., 2014[36]).
La gravité des risques environnementaux liés à l’expansion de la production de bioénergie varie en fonction d’un certain nombre de facteurs tels que le type de culture, l’échelle du déploiement et l’utilisation antérieure des terres (GIEC, 2019[37]). La bioénergie requiert dans certains cas l’affectation de terres spécifiques ; dans d’autres, elle peut être produite à partir de résidus agricoles et industriels (par exemple les résidus de canne à sucre pour produire l’éthanol). Il peut arriver que la bioénergie ait un impact globalement positif pour la biodiversité sur un site précis et dans des circonstances particulières, par exemple lorsque des cultures bioénergétiques pérennes remplacent des monocultures dans des paysages agricoles (Landis et al., 2018[38]). La bioénergie de seconde génération produite à partir de matières premières non alimentaires comme des résidus agricoles et forestiers est généralement considérée comme moins nocive pour l’environnement que lorsqu’elle repose sur des cultures spécialement consacrées à cette production (Jeswani, Chilvers et Azapagic, 2020[39]). Ces solutions peuvent néanmoins s’accompagner de corrélations négatives particulières. Par exemple, bien que les résidus et les déchets organiques utilisés pour produire la bioénergie permettent de réduire la nécessité de modifier l’utilisation des terres, leur volume est limité ; de plus, leur utilisation peut entraîner la soustraction de certains résidus riches en carbone et en éléments nutritifs qui, sinon, resteraient sur les sols, d’où une réduction de la qualité de ces derniers (GIEC, 2019[37]).
Accroître l’adoption des technologies propres
Outre un approvisionnement accru en énergies propres, l’amélioration de l’utilisation de l’énergie et de son efficacité grâce à l’adoption de technologies propres est primordiale pour réduire les émissions de GES. Il n’empêche que les effets de certaines des technologies censées jouer un rôle important dans la transition vers la neutralité carbone sont encore peu connus. Certaines technologies propres ont un usage transversal, alors que d’autres ont pour but d’électrifier leurs équivalents fondés sur les combustibles fossiles et ont des applications sectorielles plus spécifiques.
Pour des secteurs comme les transports et les bâtiments, l’électrification fait partie intégrante de la décarbonation (voir aussi le chapitre 2 sur les conséquences de l’électrification). Les technologies servant à l’électrification peuvent réduire les émissions de faible ampleur provenant d’un grand nombre de sources (comme les ménages) qui, additionnées, représentent une part importante du total des émissions de GES. Ces technologies peuvent en outre générer des synergies, par exemple en améliorant la qualité de l’air intérieur et extérieur. Dans le secteur des transports, les pouvoirs publics ont centré leur attention sur le potentiel des véhicules électriques. Dans la mesure où ces véhicules n’émettent pas de gaz d’échappement, leur adoption à grande échelle peut aider à régler le problème de la pollution atmosphérique. Cela dit, les avantages supposés peuvent être en partie annulés : étant donné que les véhicules électriques pèsent généralement plus lourd que les véhicules thermiques en raison du poids des batteries, ils peuvent donc entraîner une augmentation des émissions non liées aux gaz d’échappement (provenant de l’usure des freins, des pneus et de la surface de la chaussée, ainsi que des poussières en suspension sur les routes) (OCDE, 2020[40]). Bien qu’il existe relativement peu d’études évaluant les effets des politiques publiques (par exemple ceux des incitations fiscales à l’achat de véhicules électriques) sur la qualité de l’air, les données récentes apportent la preuve de bienfaits locaux en matière de réduction de la pollution (Li et Zhang, 2023[41]). Dans le secteur des bâtiments, les pompes à chaleur et les appareils électriques convertissant l’énergie provenant de sources externes en chaleur pour les bâtiments résidentiels et tertiaires ne se limitent pas à réduire les émissions de GES, mais peuvent aussi améliorer la qualité de l’air intérieur (Gaur, Fitiwi et Curtis, 2021[42]).
Pour autant, les matériaux employés pour un grand nombre de ces technologies propres – désignés sous l’appellation de « matières premières critiques » – constituent à la fois un obstacle à l’adoption desdites technologies et la cause de possibles corrélations négatives avec les objectifs de conservation de la biodiversité et de lutte contre la pollution tout au long de leur cycle de vie. Les activités extractives génèrent d’importants volumes de déchets – dont des déchets miniers, de l’eau d’assainissement et des scories –, dont la mauvaise gestion peut avoir des effets néfastes sur l’eau et les sols (OCDE, 2025[43]). Ainsi, la production d’hydrogène propre à partir des énergies renouvelables utilise un procédé d’électrolyse, qui sépare l’hydrogène et l’oxygène présents dans l’eau. Les électrolyseurs sont fabriqués à l’aide d’une grande quantité de matières premières critiques, et leur utilisation à grande échelle peut exercer des pressions environnementales en amont (Eikeng, 2024[44]). De la même manière, l’élimination inappropriée des batteries des véhicules électriques peut entraîner le rejet de produits chimiques toxiques (Herbert-Read et al., 2022[45]). D’un autre côté, le recyclage des batteries, bien qu’important pour récupérer les matières, peut aussi représenter des risques pour l’environnement car les batteries contiennent des produits chimiques (notamment des PFAS) qui risquent de se décomposer lors du recyclage (par exemple à cause d’une combustion incomplète), ce qui peut créer une source de pollution supplémentaire (Rensmo et al., 2023[46]). Si l’on ne prend pas simultanément en considération la valorisation des matières et l’efficacité d’utilisation des ressources, le déploiement accéléré de ces technologies pourrait faire craindre le développement de l’extraction non durable des matières dans des zones naturelles qui étaient jusqu’ici intactes telles que les eaux profondes (par exemple l’extraction de lithium dans les bassins de saumure (Herbert-Read et al., 2022[45])).
L’hydrogène « propre » produit en émettant peu de carbone (notamment grâce aux technologies de captage et stockage du carbone) peut être un vecteur énergétique polyvalent susceptible d’aider à décarboner les secteurs de consommation finale qui utilisent l’hydrogène comme source d’énergie dans les procédés industriels, par exemple pour la fabrication d’acier et de produits chimiques (Cordonnier et Saygin, 2022[47]). L’hydrogène peut aussi permettre de mieux intégrer les énergies renouvelables dans le système électrique afin de pouvoir stocker les énergies éolienne et solaire intermittentes, tandis que ses dérivés (comme l’ammoniac) peuvent devenir des alternatives bas carbone aux carburants utilisés pour le transport maritime longue distance (Hassan et al., 2024[48]). Le déploiement accru de l’hydrogène propre présente cependant, du fait de ses propriétés, des risques potentiels pour la sécurité humaine et en termes d’écotoxité. Il faut savoir que l’hydrogène est inflammable et qu’il peut facilement imprégner, corroder et fragiliser les matériaux des contenants (Calabrese et al., 2024[49]). Des mesures de précaution doivent donc être prises avant d’étendre l’utilisation de l’hydrogène propre. Par ailleurs, s’il n’est pas géré de façon appropriée, l’ammoniac utilisé comme carburant pour le transport maritime peut générer des émissions d’oxyde nitreux qui risquent de compromettre certains des bienfaits dispensés en termes d’atténuation du changement climatique (PNUE/FAO, 2024[50]), ainsi que d’engendrer de l’acidification et de l’eutrophisation.
Les conséquences sur les ressources en eau du déploiement de l’hydrogène méritent également de l’attention (Shen et al., 2024[51]). Bien que les besoins en eau soient nettement plus faibles que pour les combustibles fossiles6, la provenance de cette ressource est un aspect important à prendre en compte pour limiter l’empreinte écologique au sens large de la production d’hydrogène propre (Woods, Bustamante et Aguey-Zinsou, 2022[52]). À titre d’exemple, la désalinisation de l’eau de mer est une option viable pour répondre à la demande en eau, mais elle entraîne de fortes concentrations de sel qui sont néfastes aux espèces aquatiques (Zhou, Chang et Fane, 2013[53]). Il existe cependant des technologies émergentes de production d’hydrogène qui peuvent procurer des avantages connexes en termes de lutte contre la pollution, par exemple celles permettant simultanément de traiter les eaux usées et de produire de l’hydrogène (Merabet, Kerboua et Hoinkis, 2024[54]).
La réduction des émissions provenant de sources de pollution ponctuelles en utilisant les procédés de captage et stockage du carbone (CSC) ainsi que de captage et d’utilisation du carbone – désignés globalement par l’acronyme CUSC7 – figure également de plus en plus parmi les mesures clés du contrôle des émissions de GES. Bien que la majorité (60 %) des installations de CUSC en service actuellement concernent la transformation du gaz naturel, certaines sont en cours de déploiement dans d’autres secteurs industriels (Fajardy, 2025[55]). Les évaluations du cycle de vie des technologies CUSC mettent en évidence des risques pour l’environnement : le constat est que le fait d’enfouir et de stocker profondément dans le sol les émissions captées peut avoir des effets néfastes sur la biodiversité et accroître la pollution (Cuéllar-Franca et Azapagic, 2015[56]). Les technologies CSC déployées dans des centrales électriques et des installations industrielles peuvent aussi nuire aux écosystèmes du fait de leur empreinte hydrique ainsi que des effluents aqueux, qui risquent de provoquer l’acidification des nappes aquifères (OCDE, 2017[57] ; Mikunda et al., 2021[58]). Les cadres réglementaires garantissant que les sites de stockage géologiques sont correctement choisis, conçus et gérés peuvent aider à réduire les risques liés aux technologies CSC. Le stockage du CO2 dans des réservoirs géologiques sélectionnés et gérés avec soin laisse à penser qu’il pourra offrir toutes les garanties de sécurité au fil du temps8 (GIEC, 2023[59]), ce qui est un avantage par rapport aux méthodes de stockage fondées sur la nature, par exemple, qui peuvent être plus vulnérables en cas de phénomènes météorologiques extrêmes.
Un autre ensemble de technologies à caractère transversal qui peuvent être déployées pour atténuer le changement climatique est celui des technologies « à émissions négatives » ou « d’élimination du dioxyde de carbone », qui peuvent aider à gérer les émissions résiduelles ou à permettre des émissions nettes négatives (Smith et al., 2024[60])9. L’élimination du dioxyde de carbone englobe tout un éventail de méthodes et d’options, dont la bioénergie avec captage et stockage du dioxyde du carbone (BECSC), la carbonatation minérale (par exemple l’altération forcée) ou le captage direct dans l’air10. Ces technologies sont très variables de par le degré de fiabilité avec lequel leur faisabilité technique, leur évolutivité ainsi que leurs effets sur la biodiversité et la pollution peuvent être évalués. Les inquiétudes qu’elles suscitent au regard de leurs impacts négatifs sur la biodiversité ont donné lieu lors de la COP 10 à la Décision X/33 de la Convention sur la diversité biologique, qui a été adoptée en 2010 et est largement interprétée comme étant un moratoire non contraignant exhortant à la prudence quant aux activités de géoingénierie susceptibles de menacer la biodiversité (Smith et al., 2024[60]). Pour autant, certaines techniques d’élimination du dioxyde de carbone comme la BECSC et le captage direct dans l’air apparaissent dans plusieurs scénarios de limitation de la hausse des températures (GIEC, 2023[59]). De même, un grand nombre de pays font implicitement appel, dans les mesures prises pour atteindre leurs objectifs de neutralité carbone, aux technologies à émissions négatives. Une quarantaine de pays ont mentionné dans leurs stratégies climatiques à l’horizon 2050 des contributions quantifiables à l’élimination du dioxyde de carbone (Lamb et al., 2024[61]), et facilitent leur mise en œuvre grâce à des mesures diverses comme le financement ciblé de la recherche (par exemple en Australie, au Canada, au Japon, en Norvège, au Royaume-Uni et dans l’Union européenne) et la création de cadres de certification (par exemple le cadre de certification de l’UE relatif aux absorptions de carbone (Commission européenne, 2024[62])).
La BECSC consiste à convertir la biomasse en énergie, à capter le CO2 émis pendant le processus, puis à le liquéfier et à le stocker dans le sol. Elle peut potentiellement être un moyen très efficace pour parvenir à zéro émission nette, car les émissions négatives rendues possibles par cette technologie peuvent compenser les émissions difficiles à décarboner provenant d’autres procédés (en particulier la production alimentaire). La BECSC peut cependant présenter plusieurs risques pour l’environnement – tels que l’utilisation accrue d’engrais, la consommation d’eau et le ruissellement de substances chimiques –, ainsi que des risques d’expansion des monocultures, de dégradation des sols et de fragmentation des écosystèmes du fait que le déploiement de cette technologie à grande échelle requiert d’importantes quantités d’eau et de terres pour cultiver et transformer les matières premières (Geoengineering Monitor, 2021[63] ; Williamson et Bodle, 2016[64]). Par ailleurs, si la BECSC peut contribuer à la diversification et l’augmentation des revenus des populations rurales, elle peut aussi exposer les petits exploitants aux fluctuations du marché mondial étant donné que son déploiement à grande échelle pourrait entraîner une concurrence pour les ressources (dont les terres), voire une hausse du prix des produits alimentaires (Stoy et al., 2018[65]). Ces risques peuvent être évités en mettant en place une gouvernance de l’utilisation des terres, notamment des mesures de conservation efficaces et des dispositifs prenant en compte la protection de la biodiversité, la consommation d’eau et d’azote, ainsi que la concurrence pour l’utilisation des terres. L’emploi d’une biomasse de seconde génération (comme des résidus agricoles et forestiers ou des cultures végétales spécifiques), combiné à des stratégies de gestion des terres qui intègrent les corrélations négatives environnementales, peut permettre d’aligner le déploiement de la BECSC sur les objectifs de durabilité plus généraux (GIEC, 2018[66])11.
L’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère, par exemple grâce à son captage direct dans l’air, nécessite généralement l’utilisation de solvants et d’absorbants chimiques susceptibles de polluer l’air et l’eau à l’échelle locale (Dooley, Harrould-Kolieb et Talberg, 2021[67]). La carbonatation minérale risque quant à elle, lorsqu’elle est mal gérée, d’avoir un impact environnemental comparable à l’exploitation minière de surface de grande ampleur (GIEC, 2005[68]). Concernant par exemple l’altération forcée (qui consiste à répartir sur de vastes étendues de terres de la roche finement concassée pour provoquer le captage chimique du CO2 présent dans l’atmosphère), bien qu’elle puisse améliorer la fertilité des sols (et réduire la nécessité d’appliquer des engrais) et séquestrer le carbone, les procédés d’extraction minière intensive, de transport et d’application qu’elle utilise entraînent des risques de dégradation et de destruction des habitats, ainsi que de détérioration de la qualité de l’eau et des sols, qui doivent être soigneusement pris en compte (Bach et al., 2019[69] ; Williamson et Bodle, 2016[64]).
4.2.2. Alimentation
Réduire les émissions de GES associées à la production alimentaire
Si l’agriculture est vulnérable au changement climatique, elle est aussi un facteur important de ce changement (OCDE, 2022[70]) à cause du CH4 émis par le bétail, du N2O provenant de l’application d’engrais, ainsi que de la conversion des terres en prairies et surfaces cultivées (OCDE, 2022[70]). Au total, les émissions directes de l’agriculture (sur les exploitations, sans tenir compte de la réaffectation des terres) représentent 11 % des émissions mondiales de GES, un pourcentage qui double lorsque l’on y inclut le changement d’affectation des terres et qui augmente encore plus – jusqu’à environ un tiers des émissions mondiales – si l’on intègre le reste des chaînes d’approvisionnement du système alimentaire global (OCDE, 2023[71] ; OCDE, 2025[72]). D’un autre côté, les terres agricoles peuvent, selon les pratiques mises en œuvre, aider à réduire les émissions de GES et faire office de puits de carbone. Dans ce contexte, les politiques agricoles peuvent encourager les exploitants, les propriétaires fonciers et les gestionnaires à adopter des pratiques susceptibles d’améliorer la santé des sols, dans le but de réduire la dépendance à l’application d’intrants agricoles comme les engrais et de mettre en place des mesures de sauvegarde de l’environnement appropriées.
Les études existantes laissent entendre que les pratiques agricoles favorisant la diminution des émissions de GES peuvent généralement induire des synergies localisées en matière de biodiversité et de pollution. En particulier, les mesures qui peuvent être mises en œuvre sans impliquer un besoin de terres supplémentaires peuvent permettre d’alléger les pressions exercées sur la biodiversité par la fragmentation et la destruction des habitats (Smith et al., 2020[73]). Ces pratiques vont de l’agriculture de précision (par exemple l’application ciblée d’engrais et de pesticides) à l’amélioration de la gestion des cultures en adoptant des pratiques favorisant une meilleure séquestration du carbone et donc une forte teneur en carbone des sols (par exemple la rotation des cultures). Un autre exemple est la réduction du labour, qui facilite également le stockage du carbone. L’augmentation de la teneur en carbone des sols qui est favorisée par ces pratiques contribue en outre à améliorer la structure des sols, à réguler l’écoulement de l’eau et à accroître la capacité de filtration des polluants.
Cela dit, lorsqu’elles sont mal ciblées, les mesures visant à réduire les émissions de GES du secteur agricole peuvent sans le vouloir conduire à une intensification non durable de l’utilisation des terres et à une application accrue d’engrais pour maintenir les rendements, ce qui peut avoir des effets néfastes sur la biodiversité et accentuer la pollution de l’eau (OCDE, 2022[70]). L’une des façons de maîtriser ces risques est de promouvoir l’augmentation de la productivité de l’agriculture durable, un aspect essentiel pour trouver un équilibre entre la nécessité d’accroître la production alimentaire pour nourrir une population mondiale en pleine expansion, et celle de réduire les impacts environnementaux grâce à une utilisation plus efficiente des ressources (OCDE, 2024[74]). L’augmentation de la productivité de l’agriculture durable nécessite l’instauration d’incitations économiques appropriées afin d’encourager la modification des pratiques agricoles, ainsi que des investissements dans la recherche, l’innovation et les services de vulgarisation (OCDE, 2024[74]). Outre les exploitants agricoles et les chercheurs, les administrations publiques peuvent jouer un rôle clé en promouvant des pratiques agricoles particulières permettant de trouver un équilibre entre plusieurs facteurs, notamment les rendements, les coûts, les résultats socioéconomiques et les impacts environnementaux. Les travaux de recherche consacrés à « l’agriculture régénératrice » ont par exemple mis en évidence un certain nombre de pratiques ayant des effets positifs coordonnés sur la biodiversité et le climat (The Food and Land Use Coalition, 2023[75]) – voir aussi la section 4.3.
D’un autre côté, il est à craindre que certaines pratiques agricoles favorisant une meilleure séquestration du carbone ne requièrent plus d’applications d’azote pour faire progresser la teneur en carbone des sols, et n’augmentent au final la pollution azotée (Almaraz et al., 2021[76]). Bien qu’il n’ait pas été prouvé que ces craintes soient justifiées et qu’un grand nombre de pratiques agricoles aient globalement un effet de synergie en termes de réduction des émissions de N2O et du lessivage des nitrates dans les sols, certaines données montrent que le non-labour ou le travail limité du sol peut provoquer un lessivage et accroître la présence de nitrate dans l’eau (Almaraz et al., 2021[76]). De même, bien que le non-labour permette de réduire considérablement la concentration de phosphore particulaire (fixé aux particules du sol), il peut aussi accroître la dissolution du phosphore dans l’eau, qui est un élément clé dans le processus d’eutrophisation des écosystèmes aquatiques (Daryanto, Wang et Jacinthe, 2017[77]). La viabilité et le rapport coût-efficacité des pratiques agricoles qui sont généralement considérées comme bénéfiques à l’environnement peuvent varier en fonction du climat, de la texture des sols et de la topographie (par exemple les pentes), ce qui montre l’importance d’adapter les pratiques aux sites et aux contextes (Macrae et al., 2021[78]).
L’atténuation des émissions provenant de l’élevage et de la gestion des pâturages peut aussi avoir un effet positif sur la biodiversité. Les progrès technologiques permettant d’améliorer la productivité et d’accroître de façon durable la production animale pourraient réduire les besoins de terres, et par la même occasion aider à protéger les espèces sauvages (Lamb et al., 2016[79]). Nombreux sont les exemples de techniques et de technologies ayant trait à la gestion des régimes alimentaires des animaux qui permettent d’accroître l’efficacité de la conversion alimentaire et de limiter les émissions de CH4 lors de la digestion (OCDE/FAO, 2025[80]). Les interventions directes visant à limiter les émissions de CH4 provenant de la fermentation entérique (par exemple l’utilisation d’additifs tels que les inhibiteurs de méthane dans l’alimentation animale) sont de plus en plus souvent mises en œuvre ou envisagées (OCDE, 2022[70]) – pour des exemples, voir aussi le chapitre 6 sur la gestion des éléments nutritifs. Par ailleurs, l’application d’inhibiteurs de la nitrification sur les effluents d’élevage stockés est déjà très répandue. Bien que ces inhibiteurs permettent de réduire les émissions de N₂O et d’empêcher le lessivage des nitrates, leur application doit se faire avec précision car ils présentent un risque d’écotoxicité pour les espèces aquatiques et terrestres (Kösler et al., 2019[81]).
Promouvoir le changement des régimes alimentaires
Un autre objectif complémentaire à l’amélioration de la durabilité environnementale du système alimentaire est la promotion du changement des régimes alimentaires. En particulier, les produits d’origine animale comme la viande rouge et les produits laitiers ont globalement un impact considérable sur le changement climatique, principalement du fait des superficies requises pour les prairies et les cultures destinées à l’alimentation animale, ainsi que des émissions de CH4 provenant de la fermentation entérique des ruminants et du N2O qui se dégage des effluents (OCDE, 2022[70])12. Par conséquent, le fait de consommer davantage d’aliments d’origine végétale et moins de produits d’origine animale peut contribuer à l’atténuation du changement climatique (GIEC, 2019[37]).
Outre l’atténuation des émissions de GES, la modification à grande échelle des régimes alimentaires en introduisant plus de produits végétaux devrait permettre de dégager un certain nombre de synergies, notamment en atténuant la pollution de l’air, des sols et de l’eau (Bonnet et Coinon, 2024[82]). Il ressort par exemple d’une modélisation que le remplacement de la moitié des principaux produits d’origine animale consommés mondialement (viande porcine, volaille, viande bovine et lait) par des alternatives d’origine végétale peut entraîner une baisse des émissions de GES de 31 % à l’horizon 2050 par rapport à un scénario de référence où le régime alimentaire demeure inchangé (Kozicka et al., 2023[83]). Ce changement d’alimentation pourrait aussi avoir d’autres effets bénéfiques tels que la réduction de la consommation d’eau et des apports azotés (Kozicka et al., 2023[83]). Une autre étude consacrée aux effets de la suppression des produits d’origine animale de l’alimentation montre également que cela permettrait de réduire de moitié le phénomène de l’eutrophisation (Poore et Nemecek, 2018[84]).
La réduction de la consommation de viande et sa substitution par des produits d’origine végétale peuvent en outre contribuer à la protection de la biodiversité, mais leur impact sur l’atténuation du changement climatique et sur la biodiversité dépend de la façon dont s’opère la substitution et du degré de durabilité de la production des produits d’origine animale (FAO, 2023[85]). La plupart des synergies qui s’opèrent avec la conservation de la biodiversité sont liées à la réduction de la pression qui s’exerce pour convertir des zones riches en espèces en prairies pour le pacage des animaux et en terres arables pour les cultures destinées à l’alimentation animale (Godfray et al., 2018[86]). Ainsi, selon les estimations, la conversion des terres abritant des écosystèmes (dont les forêts tropicales) pour en faire des zones de pâturage représente presque 70 % du changement d’affectation des terres en Amérique latine (De Sy et al., 2015[87]). Des synergies plus indirectes s’opèrent également avec la conservation de la biodiversité : par exemple, la diminution de la production animale peut réduire la nécessité d’assurer une diversité végétale – les besoins de pacage ayant tendance à dépasser ceux des herbivores sauvages –, même si certaines variables climatiques (comme les régimes pluviométriques) et les caractéristiques des écosystèmes ont une forte influence sur cet impact (Filazzola et al., 2020[88]). La diminution de la production animale peut aussi aider à freiner le déclin des populations d’espèces sauvages, qui sont régulièrement ciblées par les propriétaires de terres agricoles pour empêcher toute interaction entre leur bétail et les animaux sauvages (Machovina, Feeley et Ripple, 2015[89]).
Cependant, la tendance actuelle à l’augmentation de la consommation de calories d’origine animale – associée au développement économique – devrait se poursuivre, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (voir aussi le chapitre 2). Le changement des régimes alimentaires peut en outre être difficile à promouvoir en raison des normes culturelles, des habitudes sociales et des convictions individuelles (Hassett et al., 2025[90]). L’acceptabilité et l’adoption des alternatives végétales à la viande et aux produits laitiers ne sont pas partout les mêmes. Malgré une disponibilité en hausse, les substituts de viande d’origine végétale continuent de représenter une faible part de la consommation alimentaire (OCDE/FAO, 2025[80]). En revanche, les substituts végétaux aux produits laitiers (comme le lait de soja) occupent une place grandissante dans de nombreuses régions (OCDE/FAO, 2025[80]).
Par ailleurs, si les substituts végétaux peuvent faciliter la transition des systèmes alimentaires vers la durabilité, il est également important d’examiner les pratiques agricoles et les effets qu’elles produisent sur des sites précis (GIEC, 2019[37]). À titre d’exemple, la production animale peut avoir des répercussions à la fois négatives (notamment en modifiant l’affectation des terres) et positives (par exemple en améliorant l’hétérogénéité structurelle) sur la biodiversité (Gordon, 2018[91]). L’élevage peu intensif peut potentiellement jouer un rôle dans la préservation – voire l’amélioration – de la biodiversité sur les terrains de parcours utilisés pour le pacage du bétail (Neilly, Vanderwal et Schwarzkopf, 2016[92]) ; le pâturage peu intensif est également associé à une meilleure séquestration du carbone dans les sols (Zhou et al., 2017[93]), même si les effets varieront globalement en fonction des scénarios contrefactuels (autrement dit selon la façon dont les terres seraient utilisées sinon, et en supposant qu’il n’y aurait pas de changement d’affectation des terres).
L’empreinte environnementale des producteurs est extrêmement variable au sein de chaque pays, même pour un même produit (Deconinck, Jansen et Barisone, 2023[94]). Néanmoins, les données disponibles résultant des analyses du cycle de vie montrent que les produits d’origine animale les moins néfastes ont généralement un impact environnemental plus élevé que leurs substituts d’origine végétale (Poore et Nemecek, 2018[84]). Il faut, pour obtenir et amplifier les potentielles synergies existant entre l’équilibrage des régimes alimentaires et les objectifs relatifs au climat, à la biodiversité et à la pollution, prendre en compte l’ensemble des impacts environnementaux de la production alimentaire et ceux associés à chaque région, notamment en utilisant des données primaires pour mesurer des impacts comme l’empreinte carbone (OCDE, 2025[72]).
4.2.3. Écosystèmes
Préserver et développer les puits de carbone naturels
Les pays investissent de plus en plus dans la protection et la restauration des puits de carbone naturels en mettant en place des dispositifs économiques (comme des subventions et des incitations fiscales), réglementaires (par exemple des normes) et autres dans le cadre de leurs stratégies d’atténuation du changement climatique (OCDE, 2024[95]). En particulier, le maintien de l’intégrité des écosystèmes naturels comme les forêts est extrêmement important pour garantir le stockage du carbone et d’autres services écosystémiques indispensables, dont la régulation de l’eau douce (Watson et al., 2018[96]). Contrairement à d’autres technologies « à émissions négatives » qui sont encore relativement balbutiantes, la création de forêts, le reboisement et le piégeage du carbone dans le sol sont des solutions d’atténuation qui peuvent être mises en œuvre immédiatement (Fuss et al., 2018[97]).
Ces solutions, désignées de façon générique comme « fondées sur la nature », ont été récemment définies dans une résolution adoptée lors de la cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA-5) comme « des mesures axées sur la protection, la conservation et la restauration, ainsi que l’utilisation et la gestion durables d’écosystèmes terrestres, d’eau douce, côtiers et marins naturels ou modifiés, qui s’attaquent efficacement et de manière souple aux problèmes sociaux, économiques et environnementaux, et procurent simultanément des avantages en termes de bien-être humain, de services écosystémiques, de résilience et de biodiversité » (PNUE, 2022[98]). Les solutions fondées sur la nature figurent déjà explicitement dans 41 % des contributions déterminées au niveau national (NDC) ayant été communiquées à la fin 2021 (Nature-based Solutions Initiative, 2022[99]).
Un certain nombre de ces solutions ont été mises en œuvre à grande échelle. Planter des arbres peut amplifier les puits de carbone naturels13 car cela permet d’absorber le carbone présent dans l’atmosphère et de le stocker au cours de la croissance des arbres (Smith et al., 2022[100]). De plus, les arbres plantés peuvent devenir à terme des matières premières et se substituer au béton, source d’importantes émissions. Au Canada, par exemple, le programme de construction verte en bois encourage l’utilisation de produits à base de bois dans les projets d’infrastructure en tant que matériaux de construction bas carbone (Gouvernement du Canada, 2025[101]). Le reboisement a généralement un effet positif en termes de restauration de la biodiversité car il permet de réduire les pressions liées à l’utilisation des terres et de ramener les écosystèmes à un état plus proche de la normale (Smith et al., 2018[102]). Il existe cependant des considérations contextuelles importantes sans lesquelles la restauration des écosystèmes risque d’entraîner des corrélations négatives qui doivent être soigneusement évaluées. En particulier, une focalisation étroite sur le stockage du carbone (notamment en plantant un éventail limité d’espèces d’arbres présentant une croissance rapide et une résilience face au climat) peut fragiliser le couvert forestier endémique et menacer les espèces qui en dépendent (Girardin et al., 2021[103]).
Bien que la « reforestation » (la plantation d’arbres dans le but de restaurer des forêts ayant été défrichées) et la « création de forêts » (la plantation d’arbres dans des zones non boisées) puissent contribuer toutes les deux au stockage du carbone, leur impact sur la biodiversité peut être très différent (Dooley, Harrould-Kolieb et Talberg, 2021[67]). La plantation d’arbres dans des zones qui ne peuvent accueillir des forêts naturelles a pour effet d’introduire des espèces non indigènes, même s’il est possible de reboiser des zones défrichées en y plantant des espèces endémiques. Ainsi, la mise en place de monocultures d’espèces exotiques a des effets négatifs sur la biodiversité (Di Sacco et al., 2021[104]). La création de forêts via l’introduction de monocultures dans des biomes (antérieurement non boisés) tels que des prairies, la savane et des zones humides peut par conséquent aller à l’encontre des objectifs relatifs à la biodiversité. Des études montrent en outre que l’utilisation d’essences non indigènes peut avoir des corrélations négatives sur la disponibilité en eau (Chausson et al., 2020[105]), ce qui peut être particulièrement problématique dans les régions sèches car les arbres risquent de puiser dans les nappes phréatiques et les cours d’eau (Di Sacco et al., 2021[104]). À cet égard, les actions faisant suite aux politiques mises en place pour accroître la capacité des forêts à jouer le rôle de puits de carbone peuvent entraîner des corrélations négatives. L’analyse des politiques passées dont le but était d’inciter à planter des arbres (par exemple des subventions) montre que, bien qu’ayant permis d’étendre le couvert forestier, ces mesures ont entraîné un recul général du stockage du carbone et de la biodiversité car c’est la plantation d’arbres exotiques et commercialement rentables qui a été privilégiée plutôt que la régénération naturelle des forêts (Heilmayr, Echeverría et Lambin, 2020[106]). Par conséquent, des mesures de protection ainsi qu’une approche adaptée au contexte local et privilégiant la régénération des écosystèmes naturels sont donc requises pour que ces politiques produisent des synergies.
Les zones humides font également partie des solutions d’atténuation du changement climatique fondées sur la nature. Leur conservation et leur restauration peuvent en outre fournir des habitats à un large éventail d’espèces. Connues pour leur fonction écologique de « reins de la planète » (Mitsch et Gosselink, 2007[107]), ces zones procurent d’importants bienfaits en termes de purification de l’eau. Concernant ces zones souvent désignées comme des ressources de « carbone bleu »14, l’accent est mis en particulier sur la végétation enracinée des zones côtières (autrement dit les prairies sous-marines, les marais salés et les mangroves) où le carbone est stocké dans les sols et les sédiments15. Outre la protection d’autres écosystèmes de premier plan (comme les algues macroscopiques et les fonds marins), celle des zones humides côtières peut jouer un rôle majeur dans l’atténuation du changement climatique, tout en fournissant des habitats pour les espèces (voir aussi la section 4.3.3).
Améliorer la capacité d’adaptation au changement climatique et son efficacité
Comme l’atteste l’adoption généralisée de stratégies et de plans nationaux d’adaptation, il existe une prise de conscience croissante du fait que l’atténuation du changement climatique doit s’accompagner de mesures efficaces d’adaptation à ses effets afin d’accroître la résilience des populations, des écosystèmes et des économies (OCDE, 2024[108]). Pour certains types de mesures d’adaptation, l’approche privilégiée a consisté à mettre au point et à adopter des solutions techniques, par exemple des infrastructures grises (construites à l’aide de matériaux fabriqués par l’être humain). Ainsi, l’adaptation aux phénomènes météorologiques extrêmes a traditionnellement mis l’accent sur les actifs d’infrastructure et la modernisation, même s’il est de plus en plus reconnu que l’intégration d’autres considérations sociales et écologiques est importante pour accroître la résilience face au changement climatique.
Les études montrent que certaines de ces solutions techniques peuvent conduire à une « maladaptation » – à savoir une adaptation au changement climatique qui cause involontairement des préjudices –, malgré leur rôle crucial pour protéger les vies et les moyens de subsistance contre les effets dudit changement (Seddon et al., 2020[109]). Les impacts environnementaux des infrastructures grises mises en place pour l’adaptation au changement climatique ont souvent été négligés (Enríquez-de-Salamanca et al., 2017[110]). À titre d’exemple, diverses structures de consolidation des bords de mer (comme des digues et des brise-lames immergés) ont été installées pour empêcher l’érosion côtière et fournir une protection contre les inondations, mais il s’avère qu’elles contribuent à un recul de la biodiversité marine (Gittman et al., 2016[111]). De même, les barrages construits dans le but de stocker l’eau et de réduire les impacts des séismes ou des tsunamis peuvent être préjudiciables à tout un éventail d’espèces en raison de la fragmentation des habitats qu’ils provoquent (Wu et al., 2019[112]).
Dans ce contexte, les solutions techniques peuvent être complétées par des solutions fondées sur la nature soigneusement mises en œuvre, de façon à produire des synergies entre l’adaptation au changement climatique et la conservation de la biodiversité (OCDE, 2021[113]). Dans les zones côtières exposées aux inondations et à la montée du niveau de la mer (OCDE, 2023[114]), la restauration des habitats (par exemple les récifs coralliens et les mangroves) peut atténuer ces effets (Salem et Mercer, 2012[115]). Il est par exemple estimé que les écosystèmes précités peuvent réduire la hauteur des vagues de 35-71 % en moyenne et offrir une protection de 2 à 5 fois moins coûteuse que les infrastructures grises telles que les brise-lames (Narayan et al., 2016[116]). Ces écosystèmes peuvent également aider à contrôler l’érosion des rivages, à stabiliser les sédiments et à limiter les glissements de terrain (Dudley et al., 2015[117]).
Compte tenu de la grande vulnérabilité des zones urbaines au phénomène d’îlot de chaleur, de nombreux pays et/ou territoires optent pour la mise en place d’infrastructures vertes et bleues (sommairement définies dans ce contexte comme des espaces naturels et semi-naturels faits de terre et d’eau) pour renforcer leur capacité d’adaptation au changement climatique. De même que des aménagements tels que des espaces aquatiques et arborés limitent le développement de microclimats dans les environnements urbains, les infrastructures vertes et bleues jouent un certain nombre de rôles de régulation (Jay et al., 2021[118]). Ainsi, l’infrastructure bleue produit un effet de refroidissement par évaporation, tandis que l’infrastructure verte régule la température grâce à la transpiration des feuilles, à l’évaporation de l’humidité des sols et à la création d’ombrage, qui ont pour effet de réduire la température de l’air en journée (Ziter et al., 2019[119]).
Dans les villes, les espaces verts comme les parcs urbains et les toits végétalisés peuvent en outre servir de refuges pour la biodiversité et également atténuer la pollution atmosphérique, notamment en réduisant les concentrations de particules (Diener et Mudu, 2021[120]). Un travail de modélisation portant sur plus de 200 villes du monde entier montre que la végétalisation urbaine peut être une solution rentable pour, à la fois, atténuer le changement climatique et lutter contre la pollution de l’air (McDonald, 2016[121]). Il existe toutefois un léger risque que ces bienfaits puissent être partiellement annulés : l’impact de la végétation plantée sur les émissions de composés organiques volatils (COV) d’origine biologique – qui peuvent former des aérosols – demeure mal connu (Sanaei et al., 2023[122]) et peut varier selon les espèces d’arbres utilisées (Gu, Guenther et Faiola, 2021[123])16. La canopée du couvert arboré peut par ailleurs intercepter les précipitations et réduire les inondations causées par le ruissellement des eaux pluviales sur les surfaces imperméables que l’on trouve dans les villes. Cependant, faute d’une gestion rigoureuse, d’autres objectifs environnementaux peuvent être involontairement mis à mal : les espaces verts urbains peuvent par exemple contribuer à l’accumulation de nutriments issus des végétaux en décomposition (comme les feuilles et les brindilles), ce qui risque d’accroître la charge en éléments nutritifs des eaux pluviales ainsi que l’eutrophisation dans les masses d’eau situées en aval (Taguchi et al., 2020[124]).
Un autre sujet d’inquiétude ayant suscité l’attention des autorités et de l’opinion publiques ces dernières années est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies dans le contexte du changement climatique. Bien que les incendies soient pour divers écosystèmes un phénomène naturel (auquel cas, les écosystèmes concernés ont une faculté naturelle de récupération), une augmentation de leur fréquence, de leur ampleur et de leur intensité a été observée dans un grand nombre de pays (OCDE, 2023[125]). La protection, la restauration et la gestion adaptative des écosystèmes peuvent donc faire partie des mesures de prévention des incendies (OCDE, 2023[125]). Ainsi, la pratique de l’éclaircissage (qui consiste à enlever une partie de la végétation pour réduire la densité des forêts, et donc empêcher la propagation du feu) peut rendre les forêts plus résilientes aux incendies. Certaines pratiques peuvent toutefois conduire à des corrélations négatives. À titre d’exemple, les coupes « de sauvetage » qui sont réalisées après un incendie risquent de réduire la richesse des groupes taxonomiques ou l’abondance des variétés d’insectes, de champignons et de bactéries qui vivent sur le bois mort et en décomposition (Thorn et al., 2018[126] ; Campbell et Ager, 2013[127]), et provoquer en retour la dégradation de la qualité de l’eau et du sol (Leverkus et al., 2020[128]).
Un point important est que les synergies et les corrélations négatives de la politique climatique ont une dimension temporelle, ce qui a des répercussions majeures sur la planification de l’action publique. Par exemple, les synergies produites par la politique climatique sur le plan sanitaire (comme la réduction de la pollution atmosphérique) ont tendance à se manifester dans des délais plus courts que les effets sur le climat (Deng et al., 2017[129] ; Vandyck et al., 2020[130]). À l’inverse, les solutions fondées sur la nature (comme la plantation d’arbres) qui peuvent être sources de synergies au regard du climat et de la biodiversité doivent être planifiées sur une longue période car elles nécessitent de l’entretien et ont besoin de plusieurs décennies pour atteindre pleinement leurs objectifs climatiques (Holl et Brancalion, 2020[131]). Diochon, Kellman et Beltrami (2009[132]) indiquent par exemple que la capacité de stockage du carbone des sols après récolte est la moitié moins importante que celle des forêts intactes, même après 30 ans de croissance. De la même manière, la biodiversité mesurée en termes de richesse en espèces dans les zones reboisées augmente avec l’âge de la forêt, et l’on estime que cette richesse n’atteint un niveau comparable à celui des forêts intactes adjacentes qu’après plus d’un siècle (Wang et al., 2022[133]). Il convient par ailleurs, pour garantir la viabilité et la longévité des solutions fondées sur la nature, d’intégrer le risque que ces solutions ne soient menacées par le changement climatique.
4.2.4. Synthèse des synergies et des corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative au climat
Les synergies et les corrélations négatives qui se dégagent entre, d’une part, les grands objectifs de la politique climatique et, d’autre part, la réduction de la perte de biodiversité et la lutte contre la pollution – qui ont été décrites dans les précédentes sections – sont présentées de façon synthétique dans le Graphique 4.3. Les interconnexions présentant un potentiel élevé de synergies sont représentées en vert foncé, alors que celles dont le potentiel de synergies est associé à des risques le sont en vert clair. Les interconnexions présentant des risques élevés de corrélations négatives sont représentées en rouge foncé, alors que celles dont les risques de corrélations négatives peuvent dans certains cas être gérés et atténués le sont en rouge clair. Alors que certaines interactions sont fortement liées au contexte, la présente synthèse se concentre sur les grandes tendances qui se dégagent en termes de synergies et de corrélations négatives, afin de mettre en évidence les principales interactions qui doivent être prises en compte pour élaborer une approche de l’action publique intégrée qui permette de s’attaquer simultanément au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la pollution.
Il ressort de cette analyse que les objectifs de la politique climatique ayant trait à la réduction des émissions de GES associées à la production alimentaire sont généralement compatibles avec la conservation de la biodiversité, en particulier lorsque les interventions permettent d’atténuer les pressions exercées sur l’utilisation des terres et le changement de leur affectation. Malgré la grande diversité avec laquelle les processus environnementaux réagissent aux interventions, les mesures promouvant des pratiques agricoles qui améliorent la teneur en carbone des sols, par exemple, peuvent aussi avoir des effets bénéfiques au regard de la lutte contre la pollution en régulant les écoulements d’eau et en réduisant l’érosion des sols. Inciter à l’adoption de pratiques appropriées, durables et adaptées au contexte local peut aider à la réalisation de synergies. Promouvoir la consommation d’aliments produits de façon durable ainsi que l’adoption de régimes alimentaires à base de produits végétaux peut aussi contribuer à la conservation de la biodiversité et à la lutte contre la pollution.
De la même manière, le fait de préserver les écosystèmes naturels qui jouent un rôle considérable dans le stockage du carbone (comme les forêts et les zones humides) permet en outre de maintenir la qualité des habitats des espèces sauvages et d’améliorer la capacité de la nature à filtrer les polluants. Les solutions fondées sur la nature offrent des moyens importants pour assurer l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets, mais les risques de corrélations négatives doivent être gérés avec soin. Ainsi, l’exemple souvent cité de la création de forêts par l’introduction de monocultures à la croissance rapide, ainsi que les risques de corrélations négatives qui y sont associés au regard de la biodiversité et de la rétention de l’eau, sert d’avertissement et rappelle la nécessité de tenir compte des corrélations négatives. De plus, il faut souvent une longue période avant que les solutions fondées sur la nature s’avèrent bénéfiques pour la biodiversité et la lutte contre la pollution. Dans ce contexte, il est important que l’utilisation des solutions fondées sur la nature pour générer ces synergies vienne s’ajouter – plutôt que se soustraire – aux autres mesures d’atténuation du changement climatique qui permettent des réductions rapides et radicales des émissions (Seddon et al., 2020[109]). Parallèlement, l’adaptation au changement climatique peut permettre d’accroître au fil du temps la viabilité des solutions fondées sur la nature en protégeant les puits de carbone naturels contre l’amplification des risques climatiques (par exemple l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses), qui compromettent la capacité de la végétation à capter et stocker le carbone (OCDE, 2025[134]).
Dans la mesure où elle contribue à l’abandon progressif des combustibles fossiles en tant que principale source d’énergie, l’amélioration de la viabilité et de la disponibilité des énergies propres est fondamentale pour agir contre le changement climatique. Étant donné l’ampleur des impacts qu’ont les combustibles fossiles tout au long de leur cycle de vie – du fait de leur extraction (par exemple la destruction des habitats) et leur combustion (comme la pollution de l’air et de l’eau) –, leur abandon est en outre très bénéfique en termes de conservation de la biodiversité et de lutte contre la pollution. Cela dit, la transition énergétique montre bien les corrélations négatives complexes associées aux besoins d’espace importants pour les infrastructures, à la pollution due aux matériaux requis en amont, et à la recyclabilité limitée des technologies liées aux énergies renouvelables. La gestion de ces corrélations passe par une prise en compte plus explicite des objectifs relatifs à la biodiversité et à la lutte contre la pollution pendant tout le cycle de vie des combustibles fossiles (voir aussi le chapitre 6). Ces risques de corrélations négatives soulignent en outre l’importance de compléter l’adoption des énergies propres par la mise en place de stratégies visant à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire la demande d’énergie, le but étant d’atténuer les pressions exercées sur la biodiversité par l’utilisation des espaces terrestres et marins.
Graphique 4.3. Synergies et corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative au climat
Copier le lien de Graphique 4.3. Synergies et corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative au climat
Source : Élaboré par les auteurs.
4.3. Objectifs de l’action publique relative à la biodiversité
Copier le lien de 4.3. Objectifs de l’action publique relative à la biodiversité4.3.1. Protection de la biodiversité
Améliorer la conservation par zone
La protection de la biodiversité – en particulier des espèces particulières et à distribution restreinte – nécessite que de vastes zones conservent un environnement intact (Balmford, 2021[135]). Les études montrent en outre que les écosystèmes naturels fournissent de meilleurs services que ceux qui ont été aménagés ou restaurés. Ainsi, une récente étude portant sur les forêts tropicales montre que les forêts primaires stockent en moyenne 35 % de carbone en plus que les forêts destinées à un usage commercial (par exemple l’abattage des arbres) (Mackey et al., 2020[136]). Le fait de protéger la biodiversité existante et l’intégrité des écosystèmes peut contribuer de façon très positive à l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets en augmentant la capacité des puits de carbone et en limitant l’impact des phénomènes météorologiques extrêmes. Protéger la biodiversité est également bénéfique à la lutte contre la pollution car cela fournit une aide à la nature et régule la qualité de l’air, de l’eau et des sols (Pörtner et al., 2021[32]). Les zones protégées permettent d’éviter la dégradation des puits de carbone naturels et contribueraient à une forte atténuation des émissions de GES (Lee et Ignaciuk, 2025[137]).
Ces zones jouent un rôle central dans la politique de conservation de la biodiversité à l’échelle mondiale, même si leurs caractéristiques sont très variables (voir aussi la section 6.3, qui examine de façon approfondie la gestion et l’extension des zones protégées). Leur superficie s’est accrue dans le monde entier et représente actuellement, en plus d’autres mesures efficaces de conservation par zone (AMECZ)17, quelque 17.6 % de la surface terrestre et 9.8 % des océans (Protected Planet, 2025[138]). Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM) fixe un objectif ambitieux d’extension de la protection et la conservation mondiales à au moins 30 % des zones terrestres et des étendues d’eau intérieures et à 30 % des zones marines et côtières à l’horizon 2030.
Les zones protégées contribuent également à l’atténuation du changement climatique en stockant le carbone et en empêchant son rejet dans l’atmosphère. Lorsqu’elles sont efficaces, les zones protégées terrestres permettent en outre d’atténuer le changement climatique en empêchant la déforestation et la dégradation des ressources, et donc en préservant les stocks de carbone (Wolf et al., 2021[139]). Selon une étude, les zones forestières protégées stockent 26 % de l’ensemble du carbone présent dans l’air à l’échelle mondiale, sachant que les zones désignées comme protégées y contribuent nettement plus (28 % en moyenne par unité de surface) que celles qui ne le sont pas (Duncanson et al., 2023[140]). On estime par ailleurs que les zones protégées et les AMECZ stockent 21 % de la biomasse souterraine, 15 % du carbone organique contenu dans le sol et 7 % du carbone présent dans les sédiments marins (Secretariat of the Convention on Biological Diversity, 2022[141]). Le type de carbone qui est stocké dans les zones protégées présente lui aussi de l’importance. Il faut savoir que plus de la moitié du carbone « irrécupérable »18 (qui, une fois perdu, représente une dette perpétuelle pour le budget carbone restant) est stocké dans les zones protégées et celles gérées par les populations autochtones ainsi que par les communautés locales (Noon et al., 2022[142]).
Les zones protégées marines et côtières peuvent jouer un rôle important dans l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets, ainsi que dans la lutte contre la pollution. Les zones marines protégées favorisent le développement des écosystèmes de carbone bleu (comme les prairies sous-marines) et empêchent les pertes de carbone (Marcos et al., 2021[143]). Par conséquent, les sédiments qui se trouvent dans leurs fonds marins captent beaucoup plus de carbone que les zones concernées par la pêche au chalut (Jacquemont et al., 2022[144]). Les zones marines protégées limitent les perturbations des écosystèmes naturels par les activités humaines, de même qu’elles contribuent au rétablissement de l’hétérogénéité des substrats et des habitats et régulent les flux biogéochimiques (par exemple le recyclage des éléments nutritifs) (Marcos et al., 2021[143]).
Il est de plus en plus admis que la désignation des zones protégées doit être optimisée en tenant compte de plusieurs objectifs, dont le stockage du carbone et la qualité de l’eau (Jung et al., 2021[145]). Un grand nombre des zones riches en biodiversité ont en outre un potentiel élevé de stockage du carbone. Selon une étude récente, seulement 12 % des zones qui se prêtent à la fois à la conservation proactive de la biodiversité et au stockage du carbone19 sont actuellement protégées, ce qui montre bien qu’il reste encore à faire pour optimiser la désignation des zones protégées afin de générer des synergies au regard du climat (Soto-Navarro et al., 2020[146]). À cet égard, les évaluations de la conservation d’espèces spécifiques (comme les tigres) montrent en outre que les actions de conservation procurent des bienfaits en termes de stockage du carbone, d’où un alignement entre les deux objectifs (Lamba et al., 2023[147]).
Cet alignement des objectifs au sein des zones ne saurait toutefois être considéré comme une généralité. Pour citer un exemple, les récifs coralliens hébergent une multitude d’espèces marines20 et fournissent une protection contre les événements météorologiques extrêmes, mais ils ne sont pas des puits de carbone nets (Arneth et al., 2023[148]). De plus, le fait de privilégier les zones permettant la conservation de la biodiversité et le stockage du carbone peut être préjudiciable à la production alimentaire et à la pêche (Sala et al., 2021[149]). Si les zones marines protégées peuvent améliorer les captures de poissons et les zones terrestres protégées peuvent fournir des habitats pour les pollinisateurs (Gutiérrez-Arellano et Mulligan, 2020[150]), l’extension de la surface des secondes, par exemple, réduit les terres disponibles pour la production agricole (Arneth et al., 2023[148]). Ces corrélations négatives soulignent l’importance de la prise en compte de l’emplacement et de l’efficacité des zones protégées, ainsi que des actions publiques complémentaires ayant pour effet de réduire les pressions (par exemple celles visant à limiter les pertes et le gaspillage alimentaires) (Arneth et al., 2023[148]).
Si les zones protégées sont importantes pour la conservation de la biodiversité au niveau local (Wiens et Bachelet, 2010[151]), la création de synergies entre l’atténuation du changement climatique et la lutte contre la pollution au travers des actions publiques en faveur de la biodiversité nécessite également de prendre en compte plusieurs échelles spatiales, car les effets de la protection de certaines zones vont au-delà des sites concernés. D’autres synergies peuvent être progressivement possibles à une plus grande échelle du paysage (Pörtner et al., 2023[1]). Les zones protégées renforcent la capacité de la nature à filtrer les polluants présents dans l’eau et à fournir de l’eau douce propre. Elles représentent 20 % du total des eaux de ruissellement continentales mondiales et contribuent à l’approvisionnement en eau douce de près des deux tiers de la population mondiale (Harrison et al., 2016[152]). Sachant qu’environ 70 % des tronçons des cours d’eau (en longueur) seraient dépourvus de zones protégées en amont du bassin versant (Abell et al., 2016[153]), l’assainissement de l’eau est un autre aspect à prendre en considération pour optimiser les zones protégées, afin de s’attaquer simultanément à la perte de biodiversité et à la pollution.
De façon plus générale, il est important de limiter le risque de dichotomisation entre les zones protégées et celles qui ne le sont pas. Si ce risque n’est pas correctement pris en compte, les restrictions d’utilisation des espaces terrestres ou marins dans les zones protégées peuvent avoir des retombées négatives involontaires sur les zones voisines, par exemple le déplacement direct des activités d’exploitation forestière (Murray, McCarl et Lee, 2004[154]) et de pêche vers des zones non protégées (Sen, 2010[155]). Ce déplacement peut produire indirectement des effets néfastes du fait de l’intensification de l’utilisation des terres dans les zones non protégées (Bastos Lima, Persson et Meyfroidt, 2019[156]).
Contrôler l’introduction et la propagation d’espèces exotiques envahissantes
Les espèces exotiques envahissantes seraient responsables de 60 % des extinctions d’espèces animales et végétales dans le monde (IPBES, 2023[157]). Leurs impacts sur l’environnement sont très vastes et peuvent inclure des « changements de régime » (c’est-à-dire des modifications souvent irréversibles de la structure et du fonctionnement des écosystèmes) (Pyšek et al., 2020[158]). Comme le souligne la Cible 6 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, la prévention de l’introduction et de l’établissement d’espèces exotiques envahissantes est primordiale pour protéger la biodiversité (CBD, 2023[159]). Dans la mesure où ces espèces peuvent altérer les puits de carbone souterrains (par exemple la biomasse racinaire ou le carbone organique/inorganique des sols) ainsi que les émissions de CO2 et CH4 (Raheem et al., 2024[160]) et réduire la résilience des écosystèmes, des stratégies de contrôle efficaces, centrées autour de la prévention et de la gestion des espèces, peuvent indirectement accroître la contribution des écosystèmes des sols à l’atténuation du changement climatique et à l’amélioration de la résilience contre les phénomènes météorologiques extrêmes (IPBES, 2023[157]).
Cela dit, certaines mesures visant à contrôler les espèces exotiques envahissantes peuvent avoir involontairement des corrélations négatives. Le traitement des eaux de ballast des navires – c’est-à-dire les eaux se trouvant dans la partie inférieure des bateaux pour les stabiliser, identifiées comme l’une des grandes voies de dispersion par lesquelles s’opère le déplacement des espèces marines –, désormais imposé par la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires, en est un parfait exemple. Bien qu’elle limite les voies de dispersion des espèces exotiques envahissantes, la modernisation des navires peut entraîner une légère hausse des émissions de CO2 liées à la consommation de carburant (Ejder et al., 2024[161]). On voit donc qu’en plus des mesures visant à s’attaquer à l’introduction des espèces exotiques envahissantes via les eaux de ballast, il convient d’agir également sur les combustibles de substitution du transport maritime et leur efficacité énergétique. De même, l’usage de produits chimiques pour venir à bout des espèces précitées déjà établies peut aussi avoir des répercussions négatives : les pesticides et les herbicides utilisés à grande échelle pour éliminer les espèces en question peuvent être préjudiciables à des espèces non ciblées et également infiltrer les sols et l’eau, avec les risques de pollution que cela implique (IPBES, 2023[157]).
4.3.2. Gestion de la biodiversité
Encourager l’exploitation durable de la biodiversité (y compris pour la production de biomasse)
De nombreuses activités humaines indispensables ont besoin de la biodiversité et des services écosystémiques qu’elle fournit. Bien qu’il soit primordial d’éviter autant que possible de modifier l’affectation des terres, tous les espaces terrestres et marins ne peuvent être totalement exemptés des pressions liées à l’activité humaine, d’où l’importance de faire un meilleur usage des terres exploitées afin que cela puisse aussi contribuer à la conservation de la biodiversité (Kremen et Merenlender, 2018[162]). Depuis les subventions garantissant le respect simultané de plusieurs objectifs environnementaux jusqu’aux paiements pour services écosystémiques (PSE)21, un large éventail de mesures sont adoptées par les pouvoirs publics pour favoriser et récompenser la mise en place de pratiques permettant une utilisation plus durable des terres et des ressources.
L’agriculture est l’exemple le plus représentatif. La biodiversité soutient l’agriculture par divers aspects et est à la base des « services d’approvisionnement » des écosystèmes, qui assurent le maintien des vies et des moyens de subsistance en fournissant tout un éventail de produits destinés à l’alimentation humaine et animale, des fibres ainsi que d’autres matières, dont des combustibles (Millennium Ecosystem Assessment, 2005[163]). La biodiversité fournit également des « services de régulation » tels que la pollinisation et la lutte contre les nuisibles, la régulation de l’eau et le contrôle de l’érosion des sols. Cependant, l’agriculture moderne se caractérise par l’utilisation d’une variété de plus en plus limitée de végétaux et d’animaux, qui conduit à l’homogénéisation et la simplification des terres (Nicholson et Williams, 2021[164]). La diversification des paysages agricoles peut permettre d’atténuer le recul de la biodiversité, des études montrant que les paysages complexes abritent une plus grande diversité de taxons et de groupes fonctionnels que ceux qui sont plus homogènes (Estrada-Carmona et al., 2022[165]). Ainsi, l’aménagement de bandes de végétation peut accroître la biodiversité des pollinisateurs (Buhk et al., 2018[166]).
Les pratiques favorisant la diversification de l’agriculture peuvent aussi contribuer à la lutte contre la pollution en réduisant la nécessité d’employer des engrais et des pesticides. En matière de diversification de l’agriculture, aucune solution n’est universelle. Les pratiques correspondantes peuvent être adoptées à différentes échelles spatiales et temporelles (Graphique 4.4). Les anciennes pratiques de l’agroforesterie22, qui s’inscrit dans une mosaïque de paysages, suscitent un regain d’intérêt et quelque 40 % des terres agricoles mondiales ont au moins 10 % de couvert forestier (Zomer et al., 2016[167]). Bien que son impact soit très variable selon les sites, l’agroforesterie est associée à une utilisation moindre de pesticides et d’herbicides et à une baisse d’autres polluants (de 49 % en moyenne), à une diminution des eaux de ruissellement (de 58 % en moyenne) et de l’érosion des sols, ainsi qu’à un usage plus efficient de l’eau et des éléments nutritifs (Zhu et al., 2020[168]). Cette pratique fournit en outre des habitats pour les espèces, ce qui améliore en retour la productivité agricole grâce à la conservation des éléments nutritifs dans le sol et à la purification de l’eau (Torralba et al., 2016[169]). Comme l’ont montré certaines études, l’agroforesterie a moins d’incidence sur la biodiversité que les pratiques agricoles conventionnelles (Jose, 2009[170]) et stocke davantage de carbone dans la biomasse aérienne et souterraine (OCDE, 2020[171]).
La diversification de l’agriculture peut aussi être mise en œuvre au niveau des différentes parcelles en introduisant des pratiques respectueuses de la biodiversité comme les cultures intercalaires et la rotation des cultures, qui permettent d’accroître l’absorption des éléments nutritifs (Cappelli et al., 2022[172]). Ces pratiques peuvent en outre améliorer d’autres fonctions écosystémiques (comme la pollinisation et la lutte contre les adventices) car les ravageurs se propagent plus lentement sur des systèmes de cultures diversifiés au niveau spatial et temporel, d’où un besoin moindre de pesticides, d’irrigation et d’engrais (Letourneau et al., 2011[173]). Par la même occasion, l’utilisation plus réduite et plus efficiente de pesticides et d’engrais peut contribuer à prévenir la pollution de l’air, des sols et de l’eau (Smith et al., 2020[73]). Il en résulte une amélioration de la santé des sols, du recyclage des éléments nutritifs ainsi que du réapprovisionnement en eau et de la lutte contre l’érosion, qui sont essentiels à la productivité agricole (Khangura et al., 2023[174]).
La diversification de l’agriculture peut aussi contribuer à l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets. Les pratiques qui améliorent la biodiversité végétale peuvent en outre renforcer le rôle des sols dans cette atténuation en améliorant leur diversité microbienne (Cappelli et al., 2022[172]), laquelle interviendrait dans le recyclage du carbone du fait de son importance pour la respiration des sols et la décomposition des fibres végétales (De Graaff et al., 2015[175]). L’amélioration de la biodiversité peut de surcroît accroître la protection contre les pathogènes végétaux – qui se développent davantage avec le changement climatique (Singh et al., 2023[176]) – en créant un effet de dilution qui favorise l’adaptation de l’agriculture au changement climatique (Keesing, Holt et Ostfeld, 2006[177]). Les efforts déployés à l’échelon local et par les communautés pour protéger la diversité génétique grâce à des mesures de conservation peuvent contribuer indirectement à l’adaptation au changement climatique. Ainsi, les banques de semences et les jardins botaniques23 peuvent aider à perpétuer et développer des variétés de végétaux résilientes permettant d’assurer la sécurité alimentaire (Dempewolf et al., 2014[178]).
Graphique 4.4. La diversification des pratiques agricoles à différentes échelles
Copier le lien de Graphique 4.4. La diversification des pratiques agricoles à différentes échellesMalgré les synergies susmentionnées et la croissance à long terme de la productivité agricole qu’elles peuvent favoriser, ces pratiques risquent aussi d’avoir des corrélations négatives complexes sur le plan des rendements, qui peuvent se produire à des échelles temporelles et spatiales diverses. Par exemple, au niveau des exploitations, l’ombre générée grâce à l’agroforesterie peut simultanément accroître la résilience contre les fortes chaleurs mais aussi augmenter le risque de baisse de rendement des cultures (OCDE, 2020[171]). Bien que certaines pratiques soient relativement peu coûteuses et modulables (comme la rotation des cultures) (OCDE/FAO, 2025[80]), il est important de noter que les effets de la diversification agricole sont étroitement liés au contexte et peuvent aussi entraîner une charge accrue pour les exploitants, laquelle peut se traduire par une baisse des revenus ou des rendements pour les petits producteurs (Bravo-Peña et Yoder, 2024[179]). Il est donc nécessaire de faire en sorte que les mesures visant à faciliter l’instauration de pratiques agricoles durables ne nuisent pas aux prétendus bienfaits en termes de conservation de la biodiversité et d’atténuation du changement climatique en provoquant une plus ample conversion des terres agricoles dans d’autres régions (Balmford et al., 2025[180]).
La production agricole n’est pas le seul moyen pour garantir une exploitation durable de la biodiversité. Ainsi, la suppression des incitations qui peuvent être néfastes à la biodiversité (comme la surpêche) et l’amélioration des pratiques de pêche (en réduisant par exemple au maximum les captures accidentelles) sont d’une importance capitale pour assurer une exploitation durable de la biodiversité (y compris des stocks halieutiques), qui peut avoir des effets positifs en termes d’atténuation du changement climatique. Maintenir les stocks halieutiques et les écosystèmes marins en bonne santé en limitant les perturbations de leurs habitats peut aider à préserver la capacité des océans à absorber et stocker le carbone (Sumaila et Tai, 2020[181]). Par ailleurs, protéger les écosystèmes marins contre les pressions exercées par la pêche industrielle au chalut et à la drague peut empêcher la libération du carbone organique piégé dans les sédiments des fonds marins (Epstein et al., 2022[182]). De même, l’amélioration de la gestion des pêches constitue un moyen rentable de réduire les émissions de GES associées aux pêches elles-mêmes (OCDE, 2023[183]).
Étant donné les interactions qu’ont les élevages aquacoles avec les écosystèmes locaux, il est important de réduire l’impact de cette activité car elle peut entraîner une concurrence et une contamination génétique avec les stocks de poissons sauvages (Asche et al., 2022[184]). L’aquaculture est associée à de fortes émissions de GES et à une grosse consommation d’eau, en particulier dans les pays en développement (Jiang et al., 2022[185]). L’amélioration des pratiques aquacoles et l’intégration de solutions fondées sur la nature (comme l’utilisation d’algues) sont recommandées pour, simultanément, réduire les effets néfastes sur la biodiversité et empêcher la dégradation des sols et des ressources en eau à cause des effluents et des médicaments comme les antibiotiques (Vijayaram et al., 2024[186]).
Réduire les pertes et le gaspillage alimentaires
Chaque année, environ un tiers des aliments produits à l’échelle mondiale sont perdus ou gaspillés (FAO, 2023[187])24. En plus de susciter des inquiétudes en ce qui concerne la satisfaction durable des besoins nutritionnels d’une population qui ne cesse d’augmenter (Alexander et al., 2017[188]), les aliments non consommés représentent un quart de l’eau, des terres cultivées et des engrais utilisés au niveau mondial (Kummu et al., 2012[189]). Outre la modification des régimes alimentaires, la promotion d’une consommation alimentaire responsable pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires permet d’importantes synergies en termes d’atténuation du changement climatique du fait des émissions évitées, à la fois celles de l’agriculture et celles de CH4 provenant de la mise en décharge des déchets alimentaires (Poore et Nemecek, 2018[84] ; Hoy et al., 2023[190]). Selon une estimation récente, la division par deux des pertes et du gaspillage alimentaires peut entraîner une baisse des émissions de GES imputables à l’agriculture de 4 % à l’horizon 2030 (OCDE/FAO, 2024[191]).
La réduction du gaspillage alimentaire peut en outre améliorer la qualité de l’air, de l’eau et des sols, principalement du fait de la réduction indirecte des applications d’azote dans l’agriculture. La baisse des émissions d’ammoniac qui y est associée aurait un impact non négligeable grâce à la réduction de la pollution de l’air (l’ammoniac réagit avec les formes acides du SO2 et du NOx et forme des PM2,5) et la diminution des dépôts d’azote pouvant avoir des effets néfastes sur la biodiversité25. Il est par exemple estimé qu’en mettant fin au gaspillage alimentaire, on peut obtenir une baisse des émissions d’ammoniac de 16 %, une diminution des concentrations de PM2.5 pouvant atteindre 5 µg/m3, et une atténuation des dépôts d’azote supérieurs au seuil de nocivité26 dans les zones critiques de biodiversité27 d’un maximum de 19 % (Guo et al., 2023[192]). De surcroît, la réduction des émissions de CH4 favorise la diminution de l’ozone troposphérique.
Certaines matières, comme le plastique, jouent un rôle vital dans la réduction du gaspillage alimentaire en prévenant la contamination des aliments, en réduisant les pertes après récolte et en permettant de prolonger la durée de conservation des aliments (Khangura et al., 2023[174]) ; ces effets positifs doivent cependant être mis soigneusement en balance avec les éventuels risques sanitaires et environnementaux liés à l’utilisation d’autres matières.
Il convient toutefois de prêter attention aux réactions comportementales suscitées par les politiques publiques, car les mesures visant à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires peuvent avoir des effets rebonds. Par exemple, la baisse des prix résultant des améliorations de l’efficience peut entraîner une hausse de la consommation (Hegwood et al., 2023[193]). D’autre part, malgré les importantes synergies que cela génère au regard de l’atténuation du changement climatique et de la réduction des pressions exercées sur les terres, la définition d’objectifs radicaux en matière de réduction du gaspillage alimentaire risque aussi de faire baisser la demande, et donc les revenus des exploitants agricoles ; il est donc important, pour garantir l’équilibre entre les objectifs environnementaux et économiques, que les pouvoirs publics prennent ces aspects en considération (notamment en adoptant des mesures qui visent à remédier aux problèmes précités, afin d’améliorer la viabilité et l’acceptabilité des mesures environnementales) (Nenert et al., 2025[194]).
4.3.3. Restauration de la biodiversité
Restaurer les habitats naturels perdus et dégradés
Avec 75 % de la surface terrestre déjà sensiblement altérée et 66 % des océans subissant les effets en cascade des activités humaines (IPBES, 2019[195]), un grand nombre des habitats naturels abritant une riche biodiversité ont disparu ou été dégradés ou abandonnés. Comme l’indique la Cible 2 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, la restauration des écosystèmes dégradés – terrestres, côtiers, marins et des eaux intérieures – est un levier capital pour enrayer le recul de la biodiversité, ce qui peut aussi créer d’importantes synergies au regard de l’atténuation du changement climatique et de la lutte contre la pollution. En particulier, ainsi que l’explique la section 4.2.3, des solutions fondées sur la nature bien conçues peuvent contribuer simultanément aux objectifs relatifs au climat et à ceux ayant trait à la biodiversité. Si les travaux de recherche portant sur la contribution de la biodiversité au stockage du carbone se sont généralement focalisés jusqu’ici sur la diversité taxonomique, un volume croissant de données attestent de la façon dont les caractéristiques fonctionnelles et la composition des espèces jouent un rôle dans la réalisation des objectifs climatiques (Rahman et al., 2021[196])28.
Parallèlement aux zones protégées, le fait de restaurer en priorité les zones qui sont importantes à la fois pour la biodiversité et pour le stockage du carbone peut produire un maximum de synergies. Une récente analyse identifiant les zones présentant de l’utilité à la fois pour la conservation de la biodiversité et pour l’atténuation du changement climatique laisse entendre qu’une approche coordonnée peut multiplier par trois le nombre d’espèces sauvées de l’extinction et doubler la capacité de séquestration du carbone (Strassburg et al., 2019[197]). Cela dit, les actions de restauration bénéficiant autant à la biodiversité qu’à l’atténuation du changement climatique ne sont pas toujours simples à mettre en œuvre (Pettorelli et al., 2021[198]). Les deux priorités de la restauration (biodiversité et climat) ne se superposent pas forcément au niveau spatial, en particulier dans les régions riches en espèces endémiques dont les seuils de tolérance sont étroits, car une région voisine avec une capacité de stockage du carbone plus élevée peut abriter des ensembles d’espèces très différents (Reside, VanDerWal et Moran, 2017[199]). L’impact de la création de forêts sur l’atténuation du changement climatique varie en outre selon les biomes, et la prise en compte de la biodiversité (par exemple des espèces rares vivant sur des terres arides non boisées) risque de réduire encore les zones se prêtant à la création de forêts (Rohatyn et al., 2022[200]).
Il existe aussi des cas dans lesquels le fait de privilégier la conservation de la biodiversité peut réduire les synergies dans le domaine de l’atténuation du changement climatique. Partout dans le monde, les zones humides, comme les forêts, revêtent la plus haute importance pour la biodiversité (Strassburg et al., 2020[201]). Pour autant, la restauration de certains types de ces zones peut générer de fortes émissions de CH4 et N2O car les mêmes conditions sédimentaires qui ralentissent la décomposition microbienne aérobie et permettent le stockage du carbone peuvent aussi conduire à la production et l’émission de ces GES (Rosentreter et al., 2021[202]). Si la restauration des zones humides intérieures dégradées est globalement bénéfique pour l’atténuation du changement climatique, les bienfaits sont susceptibles de se manifester à un rythme relativement lent29, à l’échelle de plusieurs décennies voire d’un siècle, ce qui montre que la conservation est préférable à la restauration (Pörtner et al., 2021[32] ; Taillardat et al., 2020[203]).
Créer de la biodiversité
La « création » de biodiversité dans le cadre des solutions fondées sur la nature est un autre moyen permettant d’enrayer le recul de la biodiversité, tout en offrant une protection contre les effets du changement climatique et de la pollution. La réintroduction d’espèces peut accroître la capacité d’adaptation au changement climatique et la protection des côtes, comme le montre un large éventail d’exemples : de l’utilisation directe de parcs à huîtres ou de prairies marines pour atténuer l’impact des inondations, jusqu’à l’intégration de ces procédés dans des systèmes fabriqués par l’être humain, comme les digues (Borsje et al., 2011[204]). Cette approche est également intéressante pour adapter la stratégie de conservation de la biodiversité aux modifications des environnements (Encadré 4.1).
Bien qu’il existe relativement peu de données probantes, il semblerait que la « renaturation trophique » – c’est-à-dire la réintroduction de certaines espèces pour permettre des interactions successives dans le sens descendant – peut aussi contribuer à l’atténuation du changement climatique (Perino et al., 2019[205]). De nouvelles études laissent entendre que, compte tenu des effets que produisent les animaux sur la biomasse végétale en parcourant les paysages, la renaturation peut compléter les stratégies conventionnelles reposant sur les puits de carbone que représentent les végétaux (Schmitz et al., 2018[206]). Le déclin de la population des grands animaux, qui jouent un rôle essentiel « d’ingénieurs des écosystèmes », a des effets en cascade sur l’ensemble des espèces. Ainsi, à mesure que les frugivores (comme les éléphants) deviennent moins nombreux, la dispersion des graines des arbres fruitiers et à fort potentiel de biomasse se réduit, ce qui entraîne le remplacement de ces arbres par d’autres plus petits à faible potentiel de biomasse, qui offrent une capacité de stockage du carbone moins importante (Watson et al., 2018[96]). La réintroduction sélective de ces frugivores et la restauration de leurs habitats peuvent donc produire des synergies au regard des objectifs climatiques (Cromsigt et al., 2018[207] ; Berzaghi et al., 2019[208]). De la même manière, les grands animaux contribuent au maintien du stockage du carbone dans les sols dans les biomes herbeux tels que les prairies et les savanes ; c’est là un aspect important à prendre en compte lorsque la création de forêts n’est pas réalisable ou pas souhaitable en raison des conséquences qu’elle peut avoir sur les espèces indigènes (Rohatyn et al., 2021[209]).
Encadré 4.1. Mesures permettant de favoriser la conservation et l’adaptation de la biodiversité dans un contexte de changement climatique
Copier le lien de Encadré 4.1. Mesures permettant de favoriser la conservation et l’adaptation de la biodiversité dans un contexte de changement climatiqueIl est de plus en plus admis que les pratiques de conservation de la biodiversité doivent elles-mêmes être adaptées aux modifications du climat (voir aussi le chapitre 6). Un large éventail de mesures de conservation de la nature favorisant l’adaptation au changement climatique ont ainsi été mises au point et peuvent être classées selon la typologie proposée par (Prober et al., 2019[210]) (voir le Graphique 4.5). L’axe vertical représente les mécanismes écologiques ; on y trouve des mesures permettant d’éviter la modification des environnements ou d’y apporter des améliorations, ainsi que d’autres, centrées sur l’instauration d’une capacité d’adaptation afin de promouvoir la résilience intrinsèque de la nature. L’axe horizontal représente le niveau des interventions, depuis les mesures « à faibles regrets » qui sont susceptibles d’être bénéfiques, quelle que soit l’ampleur ou la portée du changement climatique, jusqu’aux mesures « centrées sur le climat » qui sont plus susceptibles d’avoir des retombées négatives inattendues (par exemple l’impact de la migration assistée des espèces exotiques sur les espèces endémiques). Les approches les plus interventionnistes sont le génie génétique et l’action humaine sur les environnements (comme la modification de la topographie pour créer des concentrations d’humidité). L’approche la moins interventionniste est la restauration et la préservation de l’intégrité d’un écosystème, sans aucune action humaine. Cette typologie permet de mettre en balance les approches centrées sur le climat qui sont plus interventionnistes, et le maintien (ou la recréation) d’espaces sauvages et naturels. Une méta-analyse de 473 études portant sur les options de conservation de la nature ayant été mises en œuvre au niveau mondial montre que la plupart des efforts déployés actuellement sont des mesures « à faibles regrets » visant à renforcer les capacités d’adaptation (soit le quadrant situé en bas à gauche).
Graphique 4.5. Typologie des mesures permettant de favoriser la conservation et l’adaptation de la biodiversité dans un contexte de changement climatique
Copier le lien de Graphique 4.5. Typologie des mesures permettant de favoriser la conservation et l’adaptation de la biodiversité dans un contexte de changement climatique4.3.4. Synthèse des synergies et des corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative à la biodiversité
Les synergies et les corrélations négatives qui se dégagent entre, d’une part, les objectifs de l’action publique relative à la biodiversité et, d’autre part, la lutte contre le changement climatique et la gestion de la pollution – qui ont été décrites dans les précédentes sections – sont présentées de façon synthétique dans le Graphique 4.6. On note en particulier d’importantes complémentarités entre les objectifs de protection, d’exploitation durable, de gestion et de restauration de la biodiversité et ceux de réduction des émissions de GES et de lutte contre la pollution, ce qui montre bien l’importance de la biodiversité et des services écosystémiques indispensables qu’elle sous-tend.
La conservation de la biodiversité via des zones protégées peut créer des synergies en améliorant le stockage du carbone, en offrant des solutions d’adaptation au changement climatique et en fournissant une aide naturelle pour lutter contre la pollution. Un grand nombre des zones riches en biodiversité ont également un haut potentiel de stockage du carbone ; cet alignement spatial n’est toutefois pas universel et une optimisation est requise pour équilibrer les besoins d’utilisation des espaces terrestres et marins qui sont en concurrence. Il est en outre important d’aborder l’objectif de conservation de la biodiversité à plusieurs échelles spatiales car la dichotomisation entre les zones protégées et celles qui ne le sont pas peut entraîner une intensification de certaines activités, ce qui peut en retour diminuer les synergies, voire accroître les émissions globales de GES et amplifier les risques de pollution.
Dans la mesure où tous les espaces terrestres et marins ne peuvent être exemptés de pressions anthropiques, il convient de faire particulièrement attention à ce que l’exploitation de la biodiversité soit durable, par exemple en améliorant les pratiques dans l’agriculture, la pêche et l’aquaculture de façon à les adapter au contexte local et à assurer un équilibre entre les objectifs environnementaux, sociaux et économiques. Parallèlement, la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires peut non seulement contribuer aux objectifs en matière de biodiversité, mais aussi permettre d’éviter les émissions de GES liées à la production et à la mise en décharge des déchets d’aliments et d’emballages, ainsi que les applications d’azote dans l’agriculture. Si la restauration de la biodiversité a la capacité de favoriser des synergies au regard des objectifs relatifs au climat et à la pollution, le renforcement de ces synergies requiert de prendre en compte les interactions entre les différentes dimensions de la biodiversité (par exemple les caractéristiques fonctionnelles des espèces et la composition de la population) et les processus environnementaux.
Graphique 4.6. Synergies et corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative à la biodiversité
Copier le lien de Graphique 4.6. Synergies et corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative à la biodiversité
Source : Élaboré par les auteurs.
4.4. Objectifs de l’action publique relative à la pollution
Copier le lien de 4.4. Objectifs de l’action publique relative à la pollution4.4.1. Prévention de la pollution à la source
Limiter les émissions provenant des activités polluantes
Des limites quantitatives et des normes d’émission sont couramment mises en œuvre dans le monde entier pour contrôler à la source la pollution de l’air, de l’eau et des sols. Étant donné que les principaux polluants proviennent des mêmes sources que les émissions de GES et que la pollution est l’une des principales causes de la perte de biodiversité (IPBES, 2019[195]), prévenir la pollution à la source est susceptible de générer des synergies considérables au regard de l’atténuation du changement climatique et de la conservation de la biodiversité.
Les normes régissant les émissions et la qualité de l’air facilitent la modification des habitudes de production et de consommation afin d’agir sur les sources fixes et mobiles de pollution de l’air. Ces approches réglementaires sont en outre souvent complétées par des mesures fondées sur le marché comme des permis négociables et des taxes (Lanzi et al, 2022[211]). Le fait de limiter la pollution de l’air dans les différents secteurs peut également contribuer à la réduction des émissions simultanées de GES (voir par exemple (Fouré, Forthcoming[212])) et de polluants climatiques à courte durée de vie comme le carbone noir (voir aussi la section 6.4, qui s’intéresse de près aux mesures de lutte contre la pollution de l’air). S’agissant de l’industrie, l’adoption de technologies propres et la réduction de l’intensité énergétique peuvent permettre de réduire à la fois la pollution de l’air et les émissions de GES, même si certaines solutions comme les technologies utilisées en bout de chaîne ne peuvent agir que sur les polluants atmosphériques (Qian et al., 2021[213]). En ce qui concerne le transport routier, les normes d’émission et les mesures complémentaires (comme les zones à faibles émissions30) peuvent aider à réduire les émissions de particules et de NOx provenant de sources mobiles diffuses (autrement dit les véhicules), et simultanément celles de GES (Xu et Qin, 2023[214]).
Les améliorations de la qualité de l’air peuvent également contribuer à la conservation de la biodiversité. En particulier, le fait de réduire les concentrations d’ozone aérien peut alléger les pressions exercées sur les écosystèmes terrestres car ledit ozone a des effets néfastes sur les végétaux et sur les interactions qu’ils ont avec les insectes et les espèces microbiennes (Agathokleous et al., 2020[215]). Bien qu’il existe moins de données probantes à ce sujet, il semblerait que des régulations efficaces des précurseurs de l’ozone aient également empêché le déclin des populations d’oiseaux (Liang et al., 2020[216]). L’atténuation de la pollution de l’air produit aussi d’autres synergies moins directes. Par exemple, le dépôt de polluants atmosphériques et de poussière à la surface des panneaux solaires photovoltaïques peut amoindrir leurs performances (les particules réduisent la visibilité ainsi que les rayonnements solaires disponibles qui atteignent la surface des panneaux) et compromettre la conversion de l’énergie solaire en électricité (le carbone noir absorbe en fait la chaleur) (Yassaa, 2016[217] ; Song, Liu et Yang, 2021[218])31. Par conséquent, en rendant la conversion de l’énergie solaire plus efficiente, la réduction de la pollution de l’air peut contribuer à un approvisionnement accru en énergies propres.
Cela dit, la lutte contre la pollution atmosphérique peut aussi donner lieu à un arbitrage complexe du fait de la « perte » de l’effet refroidissant des aérosols ayant un effet de diffusion (les polluants comme le SO2 forment par exemple des aérosols de sulfate), ce qui veut dire qu’il faut élargir la portée de la politique climatique pour pouvoir atteindre les objectifs de température (Im et al., 2022[219]). On estime qu’entre 1850-1900 et 2010-2019, des aérosols de différentes tailles ont contribué à une baisse de la température de 0.0-0.8 °C par rapport à ce qu’elle aurait été sinon (GIEC, 2021[220]) ; il reste cependant beaucoup d’incertitude quant aux effets directs et indirects des aérosols sur le climat (Li et al., 2022[221]).
En comparaison avec la pollution de l’air, l’amélioration de la qualité des eaux souterraines et de surface n’est pas aisée, notamment à cause de leur provenance diffuse et difficile à déterminer, ainsi que de la multitude de polluants finissant leur course dans les milieux aquatiques (OCDE, 2017[57]). Il est globalement estimé, avec des variations, que jusqu’à 80 % des eaux usées sont rejetées dans l’environnement sans avoir subi de réel traitement (Jones et al., 2021[222] ; UNESCO, 2017[223]). Le suivi efficace et la réglementation des contaminants représentant de nouveaux dangers pour l’environnement et pour la santé (comme les perturbateurs endocriniens) devraient porter sur le cycle de vie des produits chimiques et repérer en anticipation les risques d’effets (OCDE, 2023[224]). Ces mesures peuvent aussi aider à réduire les effets néfastes pour la biodiversité aquatique.
La limitation des éléments nutritifs appliqués sous forme d’engrais peut être bénéfique pour la conservation de la biodiversité. Dans les différents milieux environnementaux, la lutte contre la pollution azotée due à l’agriculture peut permettre de remédier à l’appauvrissement de la biodiversité, vu les effets en cascade produits par l’azote (baisse de la qualité de l’air, acidification des sols et eutrophisation des masses d’eau) (OCDE, 2019[225]). Les politiques publiques favorisant une utilisation plus efficiente des éléments nutritifs et réduisant leur application grâce à l’amélioration de la précision des pratiques au niveau spatial et temporel peuvent limiter les émissions de N2O et contribuer à l’atténuation des émissions de GES provenant de l’agriculture sans que cela n’ait d’impact important sur les rendements (Adegbeye et al., 2020[226] ; Pan et al., 2022[227]) (voir aussi la section 6.5 du chapitre 6, qui analyse en profondeur la gestion des éléments nutritifs). L’excès de phosphore dans les eaux douces provoque en outre une eutrophisation, qui entraîne à son tour la hausse des émissions de CH4 et contribue au changement climatique (Nijman et al., 2022[228]).
Restreindre l’utilisation de substances nocives
L’importance d’une gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets est de plus en plus reconnue, comme l’atteste l’adoption récente du Cadre mondial relatif aux produits chimiques (ICCM5, 2023[229]). Les substances connues pour être nocives lorsqu’elles dépassent un certain seuil peuvent faire l’objet d’une restriction de leur utilisation dans les produits et les processus de production, ce qui peut ensuite favoriser le développement et le déploiement d’alternatives. Les alternatives nouvellement créées peuvent contribuer aux objectifs d’atténuation du changement climatique, en particulier lorsqu’elles remplacent les matières premières et les processus de production à forte intensité d’émissions. Ainsi, une synthèse des analyses du cycle de vie des produits biosourcés montre qu’à l’échelle de l’ensemble de l’industrie chimique, la substitution des matières premières d’origine pétrochimique par des alternatives d’origine biologique peut offrir le double avantage de réduire la pollution et de lutter contre le changement climatique. Les émissions de GES sont en moyenne 45 % moins élevées qu’avec les matières premières d’origine fossile, même s’il existe des variations et des exceptions (Zuiderveen et al., 2023[230]).
Toutefois, des réactions imprévues aux politiques publiques peuvent amoindrir les éventuelles synergies, voire déplacer le problème. À titre d’exemple, les substituts mis au point suite aux mesures adoptées peuvent donner lieu à un « remplacement regrettable » (c’est-à-dire à l’utilisation de produits chimiques qui ne sont pas moins nocifs que ceux qu’ils remplacent) (Zimmerman et Anastas, 2015[231]). Les efforts déployés par les pouvoirs publics pour remédier à la destruction de la couche d’ozone de l’atmosphère, suite à la signature du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, sont particulièrement représentatifs de la complexité à gérer les risques de déplacement des problèmes. Si les substituts aux substances provoquant l’appauvrissement de la couche d’ozone offraient un meilleur rempart pour la couche d’ozone et protégeaient donc les espèces contre les rayons UV nocifs, un grand nombre de ceux qui ont été utilisés initialement (comme les hydrofluorocarbones, ou HFC) présentaient un fort potentiel de réchauffement global (PRG) et contribuaient ainsi au changement climatique (PNUE, 2023[232]). Les HFC sont donc aujourd’hui progressivement abandonnés, conformément à l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal. La génération suivante de réfrigérants et de liquides de refroidissement présente un PRG inférieur, mais nombre de ces produits émettent de l’acide trifluoroacétique (TFA), une substance persistante qui n’est pourtant pas considérée actuellement comme représentant un risque pour la santé humaine ou pour l’environnement selon le Protocole de Montréal (PNUE, 2023[232]).
Bien que la limitation de l’utilisation de pesticides puisse aider à la conservation de la biodiversité, il existe aussi des craintes que l’interdiction qui pèse sur certains d’entre eux n’incite les producteurs à se tourner vers de nouveaux produits chimiques qui pourraient, à terme, s’avérer plus toxiques pour les espèces non ciblées, ou être préjudiciables à un groupement d’espèces différent (Feckler et al., 2023[233] ; Möhring et al., 2020[234]). Si l’on n’y prend pas garde, la réduction de l’utilisation des pesticides risque aussi d’entraîner un travail du sol plus intensif pour maintenir les rendements des cultures, ce qui aboutirait à une production végétale globalement moins toxique pour l’environnement mais consommant plus d’énergie (Böcker, Möhring et Finger, 2019[235]).
De la même manière, il est possible que les producteurs et les consommateurs se tournent vers des substituts biosourcés, avec pour conséquence une augmentation de la demande de terres et de biomasse, qui aurait des effets néfastes en termes de pollution par les éléments nutritifs et entraînerait des risques d’eutrophisation (Zuiderveen et al., 2023[230]). Les craintes suscitées par les impacts de l’utilisation accrue de plastiques biosourcés sur l’affectation des terres, par exemple, montrent l’importance de prendre en compte l’ensemble des implications environnementales (OCDE, 2023[236]). Si les matières biosourcées ont tendance à être considérées comme fondamentalement « écologiques », on sait relativement peu de choses sur leurs comportements dans l’environnement, leur stabilité thermique dans le contexte du changement climatique et leur recyclabilité (Green et al., 2023[237]). Si leurs impacts au cours de leur cycle de vie ne sont pas correctement pris en compte, ces matières risquent d’entraîner un déplacement du problème entre différents points finaux (par exemple les risques sanitaires et les défis environnementaux), un premier défi cédant involontairement la place à un autre.
Il convient, pour éviter les éventuels « remplacements regrettables », d’avoir une meilleure compréhension des risques et de l’exposition à ces derniers, mais aussi de prendre en considération la fonction remplie par les substituts (Maertens, Golden et Hartung, 2021[238]). Des approches disparates, le manque de données et d’expertise, ainsi que l’ambiguïté au sujet du concept de sécurité peuvent rendre difficile la sélection de produits chimiques alternatifs plus sûrs. Dans ce contexte, le Guide OCDE des principaux éléments à prendre en compte pour l’identification et la sélection de substances chimiques alternatives plus sûres passe en revue les critères d’évaluation minimum et les pratiques d’évaluation recommandées pour favoriser une connaissance homogène des exigences minimales (OCDE, 2021[239]).
4.4.2. Réduction des rejets de polluants dans l’environnement
Limiter le plus possible la production de déchets
Le coût environnemental de l’extraction, de la transformation et de l’utilisation des matières souligne à quel point il est nécessaire, pour limiter la pollution, de récupérer les matières et de réduire au maximum les déchets (PNUE, 2024[240]). Depuis l’approvisionnement, la conception et la production jusqu’à la consommation et la fin de vie des matières, une série de mesures sont à mettre en œuvre tout au long du cycle de vie des matières premières et des produits pour améliorer l’efficacité d’utilisation des ressources et la productivité (Svatikova, Brown et Börkey, 2025[241] ; OCDE, 2022[242]). Le fait de promouvoir la réutilisation des produits (par exemple en les réparant), des composants (par exemple via le remanufacturage) et des matières (par exemple en les recyclant) peut réduire les pressions exercées par la production primaire et aider à limiter le plus possible les déchets32.
Les matières secondaires ont tendance à être beaucoup moins néfastes à l’environnement sur un certain nombre de points, même s’il est important d’émettre quelques mises en garde (par exemple, des substances chimiques dangereuses présentes dans le plastique peuvent se retrouver à forte concentration dans le plastique recyclé (Singh et Walker, 2024[243])). Ainsi, les impacts environnementaux au kilo du cuivre secondaire (comme l’acidification, l’eutrophisation et la toxicité des eaux douces) sont inférieurs à ceux du cuivre primaire selon un facteur compris entre 4 et 60 (OCDE, 2019[244]). Le fait d’éviter la mise en décharge des déchets peut limiter la pollution atmosphérique due aux particules en suspension ainsi que celle de l’eau et des sols provenant des lixiviats contaminés par des métaux lourds et des COV (Vaverková, 2019[245]). Sachant que la décomposition des déchets mis en décharge est une source importante d’émissions de GES puissants et à courte durée de vie (CH4), la réduction au maximum des déchets peut également contribuer à la réalisation des objectifs climatiques (Hoy et al., 2023[190]).
L’un des aspects essentiels de la réduction au maximum des déchets est la récupération de valeur à partir des matériaux et des produits usagés en les destinant à une utilisation secondaire et alternative, ce qui peut générer de nombreuses synergies. Dans le secteur agricole, la transformation des effluents et des résidus de végétaux en engrais peut fournir une alternative aux engrais chimiques, même s’il convient d’éviter d’exposer involontairement les sols à des substances toxiques (par exemple les métaux lourds et les antibiotiques présents dans les effluents des élevages industriels) (Köninger et al., 2021[246]). Une étude récente montre que la quantité d’azote se trouvant dans les effluents d’élevage pourrait satisfaire une grande part des besoins en nutriments des cultures dans les pays où ces effluents sont destinés à des usages non agricoles tels que la production d’énergie et la cuisson domestique (Jones et Deuss, 2024[247]). L’utilisation de déchets agricoles recyclés peut entraîner une baisse directe des émissions de N2O et CH4 liées à la décomposition des matières, et une autre indirecte du fait de la diminution de la production d’engrais à forte intensité énergétique (Sharma et al., 2019[248]). L’impact peut être considérable car la production et l’utilisation d’azote dans l’agriculture seraient responsables de plus de 2 % des émissions mondiales (Menegat, Ledo et Tirado, 2022[249]).
S’il est important de faciliter l’utilisation de matières secondaires et de substituts, il convient également de noter que le recyclage peut lui-même être parfois un processus polluant ou énergivore. Pour que le recyclage devienne plus viable, il est nécessaire d’accélérer la transition vers un système énergétique plus propre et d’encourager une conception plus durable des produits en prenant en considération l’ensemble de leur cycle de vie. À titre d’exemple, le recyclage des matières premières critiques composant les technologies liées aux énergies renouvelables demeure une opération très pointue et difficile, qui peut par conséquent être très consommatrice d’énergie et donner lieu à des flux de déchets complexes (AIE, 2024[250]).
Un certain nombre d’analyses du cycle de vie du recyclage des déchets électroniques montrent en outre que les transports et la consommation d’énergie peuvent annuler une partie de la réduction des émissions due à la baisse de la production primaire, et avoir un effet néfaste sur l’environnement via la dégradation de la qualité de l’air, de l’eau et des sols (Lee, Choi et Kim, 2024[251]). Par ailleurs, la plupart des déchets électroniques sont recyclés de façon informelle, ce qui entraîne l’exposition des travailleurs à des métaux lourds et à des polluants organiques persistants, ainsi que la contamination des milieux aquatiques et terrestres (Parvez et al., 2021[252]). Le recyclage des plastiques est un autre exemple illustrant la nécessité de ne pas considérer les politiques de recyclage uniquement sous l’angle de la prévention des déchets, mais aussi de prendre en compte l’ensemble de leurs impacts sanitaires et environnementaux, certaines données fournissant la preuve que les plastiques recyclés peuvent contenir des polluants néfastes pour l’environnement (Carmona et al., 2023[253] ; Singh et Walker, 2024[243]). Les technologies relativement innovantes, comme le recyclage chimique des plastiques, peuvent aussi consommer beaucoup d’énergie, et les produits qui en résultent peuvent entraîner une acidification des sols et une pollution de l’air (OCDE, 2023[236]). Ces dangers appellent en outre l’attention sur l’importance croissante de l’intégration des critères de sécurité et de durabilité dès la phase de conception des produits chimiques, afin de pouvoir très tôt identifier et réduire au maximum les risques pour la santé humaine et pour l’environnement, en examinant divers aspects environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie des produits (OCDE, 2025[254]).
Un autre impératif est de prendre en considération les conséquences inattendues des politiques visant à réduire au maximum les déchets, qui sont susceptibles d’annuler partiellement les synergies censées se produire au regard de la conservation de la biodiversité et de l’atténuation du changement climatique. Certaines de ces conséquences sont directement liées aux comportements d’évitement des coûts. Par exemple, les taxes comme la taxe de mise en décharge peuvent inciter aux dépôts sauvages, c’est-à-dire à l’abandon de détritus à ciel ouvert (Purdy et al, 2022[255]). D’autres conséquences peuvent être plus indirectes et provenir de l’absence de cohérence entre la disponibilité et les prix des produits secondaires moins polluants, et des « effets rebonds » qui en résultent33. À titre d’exemple, pour que les matériaux et produits secondaires favorisent une diminution des pressions exercées sur l’environnement, il faut qu’ils se substituent à la production primaire et aux nouvelles ventes (Cooper et Gutowski, 2017[256] ; Zink et Geyer, 2017[257]). D’après les données dont on dispose, l’adoption accrue de produits secondaires ne se traduit pas toujours par une baisse proportionnelle de la production primaire et de la vente de nouveaux produits (Zink et Geyer, 2017[257]).
Lorsque les possibilités de réduction, de recyclage et de récupération sont épuisées, les méthodes d’élimination des déchets qui seraient sinon polluantes et énergivores peuvent s’avérer moins néfastes pour l’environnement si l’on utilise des technologies de valorisation énergétique des déchets présentant des degrés de complexité et des besoins en infrastructure variés (Makarichi, Jutidamrongphan et Techato, 2018[258]). Ainsi, l’incinération des déchets peut permettre la récupération de chaleur, tandis que la digestion anaérobie des boues d’épuration peut produire du biogaz (Abanades et al., 2022[259] ; Khan et al., 2022[260]).
Améliorer la capacité de la nature à filtrer les polluants
Certaines approches et solutions mises en œuvre par les pouvoirs publics pour réduire les fuites de polluants s’appuient sur les écosystèmes sains et leurs fonctions écologiques. En particulier, l’aménagement de zones humides s’est rapidement développé à l’échelle mondiale dans le but de faciliter l’élimination des polluants, y compris la pollution diffuse émanant de sources hétérogènes (par exemple les excès de nutriments provenant de l’agriculture et les résidus chimiques présents dans les eaux usées) (Feckler et al., 2023[233]). Ces zones ont été déployées dans plus de 50 pays, où elles représentent des compléments peu coûteux et moins énergivores aux usines de traitement des eaux usées (Wu et al., 2023[261]).
Les zones humides aménagées procurent plusieurs gros avantages au regard de l’adaptation au changement climatique et à la conservation de la biodiversité. Elles peuvent par exemple fournir un moyen efficace de gestion et de traitement des eaux pluviales urbaines, dont la vitesse d’écoulement et le volume ont augmenté en raison de l’imperméabilité des surfaces ainsi que de l’évolution des régimes de précipitations (Hale et al., 2019[262] ; Bettez et Groffman, 2012[263]). À l’heure où les zones humides naturelles qui abritent une vaste mosaïque de biodiversité disparaissent de plus en plus rapidement, les zones humides aménagées peuvent constituer des refuges pour les espèces sauvages, notamment les oiseaux migrateurs et nicheurs. Cette riche biodiversité peut en retour accroître la capacité de purification de l’eau des zones en question (Zhang et al., 2020[264]).
Néanmoins, les données probantes dont on dispose concernant l’impact global des zones humides aménagées sur la biodiversité sont mitigées, d’où l’importance de tenir compte de toutes les facettes de la biodiversité et pas seulement, comme c’est le cas habituellement, de la diversité taxonomique et de l’abondance des espèces. Bien que les espèces soient parfois abondantes, certains éléments montrent que les zones humides aménagées pourraient être utilisées comme un habitat occasionnel et sous-optimal, et devenir un « piège écologique » pour les espèces sauvages, entraînant alors une dégradation de leur état physique en termes de croissance, de survie et de reproduction (Hale et al., 2019[262]). De plus, ces zones peuvent donner lieu, dans la pratique, à de légères corrélations négatives entre les objectifs de lutte contre la pollution et de conservation de la biodiversité. Par exemple, les caractéristiques que l’on attend des zones humides aménagées pour assurer la conservation de la biodiversité – comme une faible profondeur et une grande superficie afin de fournir un habitat aux espèces terrestres et aquatiques (Hansson et al., 2005[265]) – risquent de limiter leur efficacité au regard de l’élimination des polluants. Inversement, le fait de privilégier le traitement des eaux usées et la prévention des écoulements peut entraîner la simplification de la composition des espèces et l’introduction d’espèces non indigènes, et donc un risque accru d’invasion (Zhang et al., 2020[264]).
Il existe aussi un risque d’échange inattendu de polluants pouvant se traduire par la réduction des synergies (Kanter et al., 2020[266]). Une dénitrification incomplète (c’est-à-dire la transformation du nitrate en azote par les microbes du sol sous faible niveau d’oxygène) dans les zones humides aménagées et les zones tampons riveraines34 peut engendrer des émissions de N2O et créer des sols engorgés qui émettent plus de puissants GES, dont le CH4 (Stevens et Quinton, 2009[267]). Ces éventuelles corrélations négatives donnent à penser que les différents objectifs des zones humides aménagées doivent être intégrés dès la phase initiale de conception (Sharley et al., 2017[268]).
4.4.3. Dépollution
Restaurer la qualité des terres et des masses d’eau polluées
La restauration de la qualité de l’environnement après son altération par la pollution est importante pour assurer la santé des êtres humains et de la planète. Une action correctrice est d’autant plus nécessaire qu’il existe une concurrence pour l’utilisation des terres. Il faut par exemple, pour limiter l’artificialisation de terres supplémentaires, que les friches – dont le nombre avoisinerait les cinq millions à l’échelle mondiale – soient remises en état et réaménagées pour un autre usage, y compris résidentiel (Hou et al., 2023[269])35. Cependant, bien que le nettoyage des sites pollués procure généralement des bienfaits pour l’environnement, les approches conventionnelles vont parfois à l’encontre des objectifs relatifs au climat et à la biodiversité. Ainsi, la désorption thermique des sols contaminés consomme beaucoup d’énergie ; de son côté, le traitement chimique des polluants présents dans le sol et les eaux souterraines peut générer des sous-produits toxiques susceptibles de nuire à la biodiversité terrestre (Hou et al., 2023[269]). De même, l’assainissement des masses d’eau eutrophes et polluées requiert de prendre soigneusement en compte son impact général sur l’environnement. Les procédés physiques comme le dragage entraînent l’élimination des sédiments présents au fond des masses d’eau, ce qui peut engendrer des perturbations pour les écosystèmes aquatiques (Pereira et Mulligan, 2023[270] ; Akinnawo, 2023[271]).
Compte tenu de ces risques, diverses méthodes de « dépollution biologique » des sols et des eaux contaminés constituent une alternative de plus en plus viable aux traitements physiques et chimiques ; c’est le cas notamment de la phytoremédiation, qui utilise les végétaux et leur capacité à absorber et à dégrader les polluants pour nettoyer les sites contaminés (Hou et al., 2023[269]). La biosorption, qui utilise des déchets agricoles et alimentaires, et la bioaccumulation par les microbes permettent d’éliminer les métaux lourds présents dans l’eau et le sol (Pande et al., 2022[272] ; Zhang et al., 2023[273]). Bien que certains de ces procédés de dépollution biologique soient parfois laborieux (étant donné que les végétaux ont besoin de suffisamment de temps pour pousser avant de pouvoir effectivement éliminer les polluants (Wang et al., 2024[274])), ce sont des pratiques émergentes qui visent à atteindre plusieurs objectifs environnementaux en même temps. À titre d’exemple, le fait de consacrer ces terres à des cultures destinées à la production de biocombustibles peut éviter de créer une concurrence avec la production alimentaire, tout en satisfaisant aux objectifs d’assainissement (Espada et al., 2022[275]).
4.4.4. Synthèse des synergies et des corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative à la pollution
Les synergies et les corrélations négatives qui se dégagent entre, d’une part, les objectifs de l’action publique relative à la pollution et, d’autre part, la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité – qui ont été décrites dans les précédentes sections – sont présentées de façon synthétique dans le Graphique 4.7. Les actions publiques visant à lutter contre la pollution à la source ont des effets de synergie importants sur les objectifs climatiques via la réduction des émissions simultanées de GES. En revanche, la perte des effets de « refroidissement » qu’a la pollution atmosphérique conduit à la nécessité d’engager une action climatique plus ambitieuse. Il est important également de tenir compte des risques de corrélations négatives qui peuvent survenir au fil du temps en réaction aux mesures mises en œuvre. Ainsi, malgré les effets positifs sur l’environnement de la restriction et la limitation de certains polluants, au fil des années les interdictions de substances nocives sont susceptibles de conduire au développement et à l’adoption d’alternatives qui peuvent avoir des effets incertains sur toute une série de critères, dont leur sécurité et leur devenir dans l’environnement. Des craintes ont été émises concernant tout un éventail de produits chimiques, dont les pesticides et les alternatives aux substances provoquant l’appauvrissement de la couche d’ozone.
Le fait de promouvoir la réutilisation des produits, des composants et des matières, ainsi que d’éviter la mise en décharge des déchets, peut aussi contribuer à la réduction des émissions. La réduction au maximum des déchets est d’une grande utilité pour créer des synergies avec les objectifs ayant trait au climat et à la biodiversité car elle rend la production primaire moins nécessaire et allège généralement les pressions environnementales. Cela dit, il est important de prendre en considération les impacts environnementaux de ces approches ; s’agissant par exemple du recyclage de certaines matières premières critiques, le processus reste complexe et continue de consommer beaucoup d’énergie.
Comme indiqué dans les sections 4.2 et 4.3, il existe des liens particuliers entre la qualité des puits de carbone naturels, les habitats des espèces sauvages et la capacité de filtration des polluants, mais la réplication des écosystèmes naturels pour les besoins de la lutte contre la pollution peut nécessiter des arbitrages au niveau de leur conception. Enfin, face au besoin accru d’assainissement des terres et des masses d’eau polluées, il convient de prêter soigneusement attention aux impacts environnementaux globaux de cette pratique, car certaines techniques peuvent être très énergivores et générer des sous-produits toxiques.
Graphique 4.7. Synergies et corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative à la lutte contre la pollution
Copier le lien de Graphique 4.7. Synergies et corrélations négatives des objectifs de l’action publique relative à la lutte contre la pollution
Source : Élaboré par les auteurs.
4.5. Principaux enseignements
Copier le lien de 4.5. Principaux enseignementsLe changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution s’entretiennent mutuellement et ont des causes communes. Il peut donc sembler logique qu’en traitant l’un de ces problèmes, on contribuerait automatiquement à résoudre les autres. Or, la présente analyse montre que les actions publiques visant à traiter chaque problème de manière isolée peuvent souvent être en contradiction avec les liens d’interdépendance qui existent entre les processus mondiaux à l’origine de ces défis. Les corrélations négatives entre les différents objectifs de l’action publique peuvent réduire – sans forcément les annuler totalement – les bienfaits produits par les mesures mises en œuvre pour traiter l’un des problèmes. À l’inverse, l’identification et la prise en compte en bonne et due forme des synergies peuvent fausser le calcul des coûts et des avantages des actions publiques, voire surestimer la viabilité d’une mesure ambitieuse qui aurait pu sinon être considérée comme non rentable.
Un grand nombre des politiques en vigueur peuvent induire des synergies, lesquelles peuvent être accrues en mettant en place des mesures facilitatrices. Une étape importante est d’identifier et d’envisager les synergies et les corrélations négatives qui peuvent apparaître de façon différente selon les contextes, et de les mesurer afin de déterminer leur importance relative pour pouvoir prendre des décisions. Étant donné que les différentes facettes de la biodiversité sont à la base de services écosystémiques irremplaçables, il n’est peut-être pas surprenant que les actions visant à protéger, gérer et restaurer la biodiversité puissent générer des synergies au niveau local. En revanche, les effets secondaires peuvent provoquer des corrélations négatives, sauf si des incitations et des mesures de protection appropriées sont mises en place. À titre d’exemple, les restrictions du changement d’affectation des terres peuvent conduire à une intensification de l’utilisation des terres pour l’agriculture ou à une augmentation de l’application d’engrais, entraînant un risque de hausse des émissions de GES et du ruissellement d’éléments nutritifs.
Des synergies considérables peuvent être obtenues en adoptant des mesures qui ciblent les déterminants communs des défis interconnectés, par exemple en réduisant l’utilisation de combustibles fossiles en tant que principale source d’énergie. Les solutions fondées sur la nature comme la restauration des zones humides peuvent aussi générer d’importantes synergies car elles peuvent contribuer simultanément à l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets ainsi qu’à la filtration des polluants, tout en fournissant des habitats pour les espèces. Si ces solutions offrent des avantages importants en termes d’utilisation efficiente des ressources, de durabilité et de bienfaits dans les différents secteurs de l’environnement, leur action s’étend sur un plus grand laps de temps. Des mesures visant à éviter les impacts à court terme du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution sont également nécessaires. Les bienfaits des solutions fondées sur la nature peuvent en outre être compromis en cas de phénomènes météorologiques extrêmes. Il faut donc, pour préserver et accroître la viabilité de ces solutions, adopter des mesures complémentaires qui procurent des avantages plus immédiats et plus visibles.
Il convient également de prendre en considération, grâce à la mesure et l’évaluation, les corrélations négatives qui sont susceptibles de se manifester plus tardivement (portée temporelle) ou de se produire en amont ou en aval des actions visées par les mesures mises en œuvre. On note en particulier que la progression de l’approvisionnement en énergies propres et de l’adoption des technologies liées aux énergies renouvelables est nécessaire pour lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité et la pollution, mais qu’elle n’est pas totalement exempte de coûts environnementaux. Les technologies en question peuvent générer de la pollution du fait des importants besoins de matériaux en amont (par exemple pour fabriquer des éoliennes) et également avoir des impacts sur la biodiversité en raison de la fragmentation, la dégradation et la destruction des habitats. Il faut, pour parvenir à ces observations, évaluer les risques de corrélations négatives aux différents stades de développement et de déploiement des infrastructures d’énergies renouvelables, afin que chaque défi soit abordé en même temps que d’autres aspects de la triple crise planétaire, et non à leur détriment.
Il est important de noter que les synergies et les corrélations négatives évolueront probablement au fil du temps. Par exemple, l’écotoxicité des polluants risque de s’accroître, et les zones protégées pourraient ne plus servir de refuges aux espèces sauvages en cas de hausse des températures. Il en ressort la nécessité d’adopter une gestion adaptative et proactive pour garantir l’efficacité et l’adéquation de l’ensemble des mesures mises en œuvre.
Références
[259] Abanades, S. et al. (2022), A critical review of biogas production and usage with legislations framework across the globe, https://doi.org/10.1007/s13762-021-03301-6.
[153] Abell, R. et al. (2016), « Looking Beyond the Fenceline: Assessing Protection Gaps for the World’s Rivers », Conservation Letters, vol. 10/4, pp. 384-394, https://doi.org/10.1111/conl.12312.
[226] Adegbeye, M. et al. (2020), Sustainable agriculture options for production, greenhouse gasses and pollution alleviation, and nutrient recycling in emerging and transitional nations - An overview, https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2019.118319.
[215] Agathokleous, E. et al. (2020), « Ozone affects plant, insect, and soil microbial communities: A threat to terrestrial ecosystems and biodiversity », Science Advances, vol. 6/33, https://doi.org/10.1126/sciadv.abc1176.
[250] AIE (2024), Recycling of Critical Minerals, Éditions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Paris.
[9] AIE (2024), Renewables 2024: Analysis and forecasts to 2030, Agence internationale de l’énergie, Paris, https://www.iea.org/reports/renewables-2024.
[295] AIE (s.d.), Glossary, Agence internationale de l’énergie, https://www.iea.org/glossary (consulté le 20 janvier 2025).
[271] Akinnawo, S. (2023), Eutrophication: Causes, consequences, physical, chemical and biological techniques for mitigation strategies, https://doi.org/10.1016/j.envc.2023.100733.
[188] Alexander, P. et al. (2017), « Losses, inefficiencies and waste in the global food system », Agricultural Systems, vol. 153, https://doi.org/10.1016/j.agsy.2017.01.014.
[23] Aljaghoub, H. et al. (2022), « Solar PV cleaning techniques contribute to Sustainable Development Goals (SDGs) using Multi-criteria decision-making (MCDM): Assessment and review », International Journal of Thermofluids, vol. 16, https://doi.org/10.1016/j.ijft.2022.100233.
[76] Almaraz, M. et al. (2021), A review of carbon farming impacts on nitrogen cycling, retention, and loss, https://doi.org/10.1111/nyas.14690.
[28] Aman, M. et al. (2015), A review of Safety, Health and Environmental (SHE) issues of solar energy system, https://doi.org/10.1016/j.rser.2014.08.086.
[3] Arlidge, W. et al. (2018), A Global Mitigation Hierarchy for Nature Conservation, https://doi.org/10.1093/biosci/biy029.
[148] Arneth, A. et al. (2023), Making protected areas effective for biodiversity, climate and food, https://doi.org/10.1111/gcb.16664.
[19] Asa’a, S. (2024), « A multidisciplinary view on agrivoltaics: Future of energy and agriculture », Renewable and Sustainable Energy Reviews, vol. 200.
[184] Asche, F. et al. (2022), « Aquaculture: Externalities and Policy Options », Review of Environmental Economics and Policy, https://doi.org/10.1086/721055.
[21] Ashley, M., S. Mangi et L. Rodwell (2014), « The potential of offshore windfarms to act as marine protected areas – A systematic review of current evidence », Marine Policy, vol. 45, pp. 301-309, https://doi.org/10.1016/j.marpol.2013.09.002.
[69] Bach, L. et al. (2019), « CO2 Removal With Enhanced Weathering and Ocean Alkalinity Enhancement: Potential Risks and Co-benefits for Marine Pelagic Ecosystems », Frontiers in Climate, vol. 1/7, p. 476698, https://doi.org/10.3389/FCLIM.2019.00007/XML/NLM.
[135] Balmford, A. (2021), Concentrating vs. spreading our footprint: how to meet humanity’s needs at least cost to nature, https://doi.org/10.1111/jzo.12920.
[180] Balmford, A. et al. (2025), « Time to fix the biodiversity leak », Science, vol. 387/6735, pp. 720-722, https://doi.org/10.1126/science.adv8264.
[156] Bastos Lima, M., U. Persson et P. Meyfroidt (2019), « Leakage and boosting effects in environmental governance: A framework for analysis », Environmental Research Letters, vol. 14/10, https://doi.org/10.1088/1748-9326/ab4551.
[208] Berzaghi, F. et al. (2019), « Carbon stocks in central African forests enhanced by elephant disturbance », Nature Geoscience, vol. 12/9, https://doi.org/10.1038/s41561-019-0395-6.
[263] Bettez, N. et P. Groffman (2012), « Denitrification potential in stormwater control structures and natural riparian zones in an urban landscape », Environmental Science and Technology, vol. 46/20, https://doi.org/10.1021/es301409z.
[235] Böcker, T., N. Möhring et R. Finger (2019), « Herbicide free agriculture? A bio-economic modelling application to Swiss wheat production », Agricultural Systems, vol. 173, https://doi.org/10.1016/j.agsy.2019.03.001.
[82] Bonnet, C. et M. Coinon (2024), « Environmental co-benefits of health policies to reduce meat consumption: A narrative review », Health Policy, vol. 143, p. 105017, https://doi.org/10.1016/j.healthpol.2024.105017.
[204] Borsje, B. et al. (2011), How ecological engineering can serve in coastal protection, https://doi.org/10.1016/j.ecoleng.2010.11.027.
[179] Bravo-Peña, F. et L. Yoder (2024), Agrobiodiversity and smallholder resilience: A scoping review, https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2023.119882.
[166] Buhk, C. et al. (2018), « Flower strip networks offer promising long term effects on pollinator species richness in intensively cultivated agricultural areas », BMC Ecology, vol. 18/1, https://doi.org/10.1186/s12898-018-0210-z.
[49] Calabrese, M. et al. (2024), Hydrogen Safety Challenges: A Comprehensive Review on Production, Storage, Transport, Utilization, and CFD-Based Consequence and Risk Assessment, https://doi.org/10.3390/en17061350.
[127] Campbell, J. et A. Ager (2013), « Forest wildfire, fuel reduction treatments, and landscape carbon stocks: A sensitivity analysis », Journal of Environmental Management, vol. 121, https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2013.02.009.
[172] Cappelli, S. et al. (2022), Plant biodiversity promotes sustainable agriculture directly and via belowground effects, https://doi.org/10.1016/j.tplants.2022.02.003.
[253] Carmona, E. et al. (2023), « A dataset of organic pollutants identified and quantified in recycled polyethylene pellets », Data in Brief, vol. 51, https://doi.org/10.1016/j.dib.2023.109740.
[286] Castro, C. et al. (2022), The rebound effect of circular economy: Definitions, mechanisms and a research agenda, https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2022.131136.
[159] CBD (2023), 2030 Targets, Convention on Biological Diversity, https://www.cbd.int/gbf/vision.
[291] CBD (2018), Decision 14/8 Protected areas and other effective area-based conservation measures.
[285] Chamberlain, R. et al. (2023), Health effects of low emission and congestion charging zones: a systematic review, https://doi.org/10.1016/S2468-2667(23)00120-2.
[105] Chausson, A. et al. (2020), « Mapping the effectiveness of nature-based solutions for climate change adaptation », Global Change Biology, vol. 26/11, https://doi.org/10.1111/gcb.15310.
[17] Cogato, A., F. Marinello et A. Pezzuolo (2023), Soil Footprint and Land-Use Change to Clean Energy Production: Implications for Solar and Wind Power Plants, https://doi.org/10.3390/land12101822.
[62] Commission européenne (2024), Carbon Removals and Carbon Farming - European Commission, https://climate.ec.europa.eu/eu-action/carbon-removals-and-carbon-farming_en#eu-carbon-removals-and-carbon-farming-certification-crcf-regulation (consulté le 9 mai 2025).
[7] Commission européenne (2021), Pathway to a Healthy Planet for All EU Action Plan: ’Towards Zero Pollution for Air, Water and Soil’.
[292] Commission européenne (2021), Soil Strategy for 2030.
[256] Cooper, D. et T. Gutowski (2017), « The Environmental Impacts of Reuse: A Review », Journal of Industrial Ecology, vol. 21/1, https://doi.org/10.1111/jiec.12388.
[47] Cordonnier, J. et D. Saygin (2022), « Green hydrogen opportunities for emerging and developing economies : Identifying success factors for market development and building enabling conditions », OECD Environment Working Papers, n° 205, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/53ad9f22-en.
[207] Cromsigt, J. et al. (2018), Trophic rewilding as a climate change mitigation strategy?, https://doi.org/10.1098/rstb.2017.0440.
[56] Cuéllar-Franca, R. et A. Azapagic (2015), Carbon capture, storage and utilisation technologies: A critical analysis and comparison of their life cycle environmental impacts, https://doi.org/10.1016/j.jcou.2014.12.001.
[77] Daryanto, S., L. Wang et P. Jacinthe (2017), « Meta‐Analysis of Phosphorus Loss from No‐Till Soils », Journal of Environmental Quality, vol. 46/5, https://doi.org/10.2134/jeq2017.03.0121.
[175] De Graaff, M. et al. (2015), « A meta-analysis of soil biodiversity impacts on the carbon cycle », SOIL, vol. 1/1, https://doi.org/10.5194/soil-1-257-2015.
[87] De Sy, V. et al. (2015), « Land use patterns and related carbon losses following deforestation in South America », Environmental Research Letters, vol. 10/12, https://doi.org/10.1088/1748-9326/10/12/124004.
[94] Deconinck, K., M. Jansen et C. Barisone (2023), « Fast and furious: the rise of environmental impact reporting in food systems », European Review of Agricultural Economics, vol. 50/4, https://doi.org/10.1093/erae/jbad018.
[178] Dempewolf, H. et al. (2014), Adapting Agriculture to Climate Change: A Global Initiative to Collect, Conserve, and Use Crop Wild Relatives, https://doi.org/10.1080/21683565.2013.870629.
[129] Deng, H. et al. (2017), « Co-benefits of greenhouse gas mitigation: A review and classification by type, mitigation sector, and geography », Environmental Research Letters, vol. 12/12, https://doi.org/10.1088/1748-9326/aa98d2.
[14] Dhar, A. et al. (2020), Perspectives on environmental impacts and a land reclamation strategy for solar and wind energy systems, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2019.134602.
[104] Di Sacco, A. et al. (2021), « Ten golden rules for reforestation to optimize carbon sequestration, biodiversity recovery and livelihood benefits », Global Change Biology, vol. 27/7, https://doi.org/10.1111/gcb.15498.
[120] Diener, A. et P. Mudu (2021), How can vegetation protect us from air pollution? A critical review on green spaces’ mitigation abilities for air-borne particles from a public health perspective - with implications for urban planning, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2021.148605.
[132] Diochon, A., L. Kellman et H. Beltrami (2009), « Looking deeper: An investigation of soil carbon losses following harvesting from a managed northeastern red spruce (Picea rubens Sarg.) forest chronosequence », Forest Ecology and Management, vol. 257/2, https://doi.org/10.1016/j.foreco.2008.09.015.
[67] Dooley, K., E. Harrould-Kolieb et A. Talberg (2021), « Carbon-dioxide Removal and Biodiversity: A Threat Identification Framework », Global Policy, vol. 12/S1, https://doi.org/10.1111/1758-5899.12828.
[117] Dudley, N. et al. (2015), Protected Areas as Tools for Disaster Risk Reduction. A handbook for practitioners, International Union for Conservation of Nature, https://doi.org/10.2305/iucn.ch.2015.02.en.
[140] Duncanson, L. et al. (2023), « The effectiveness of global protected areas for climate change mitigation », Nature Communications, vol. 14/1, https://doi.org/10.1038/s41467-023-38073-9.
[288] Edenhofer, O. et al. (s.d.), « IPCC Expert Meeting on Geoengineering Meeting Report », http://www.ipcc.ch/ (consulté le 5 mai 2025).
[44] Eikeng, E. (2024), « Critical and strategic raw materials for electrolysers, fuel cells, metal hydrides and hydrogen separation technologies », International Journal of Hydrogen Energy, vol. 71.
[161] Ejder, E. et al. (2024), « Sustainability in maritime transport: Selecting ballast water treatment for a bulk carrier », Marine Environmental Research, p. 106511, https://doi.org/10.1016/j.marenvres.2024.106511.
[110] Enríquez-de-Salamanca, Á. et al. (2017), « Environmental impacts of climate change adaptation », Environmental Impact Assessment Review, vol. 64, pp. 87-96, https://doi.org/10.1016/j.eiar.2017.03.005.
[182] Epstein, G. et al. (2022), The impact of mobile demersal fishing on carbon storage in seabed sediments, https://doi.org/10.1111/gcb.16105.
[275] Espada, J. et al. (2022), « Coupling phytoremediation of Pb-contaminated soil and biomass energy production: A comparative Life Cycle Assessment », Science of the Total Environment, vol. 840, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2022.156675.
[165] Estrada-Carmona, N. et al. (2022), « Complex agricultural landscapes host more biodiversity than simple ones: A global meta-analysis », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 119/38, https://doi.org/10.1073/pnas.2203385119.
[55] Fajardy, M. (2025), CCUS projects around the world are reaching new milestones, Agence internationale de l’énergie (AIE).
[293] FAO (2024), Delivering on the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework through agrifood systems, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
[85] FAO (2023), Pathways towards lower emissions, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), https://doi.org/10.4060/cc9029en.
[187] FAO (2023), The Paradox of Hunger and Food Loss and Waste, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/d6b025b8-2ab7-47f2-b336-87a1de1e67e8/content/agrifood-solutions-to-climate-change-2023/paradox-of-hunger-and-food-loss-waste.html.
[233] Feckler, A. et al. (2023), Reducing pollution to levels not harming biodiversity and ecosystem functions: A perspective on the post-2020 Global Biodiversity Framework, https://doi.org/10.1016/j.coesh.2023.100495.
[88] Filazzola, A. et al. (2020), The effects of livestock grazing on biodiversity are multi-trophic: a meta-analysis, https://doi.org/10.1111/ele.13527.
[212] Fouré, J. (Forthcoming), « The contribution of air quality policies to the carbon neutrality transition in Korea ».
[97] Fuss, S. et al. (2018), « Negative emissions—Part 2: Costs, potentials and side effects », Environmental Research Letters, vol. 13/6, p. 063002, https://doi.org/10.1088/1748-9326/aabf9f.
[42] Gaur, A., D. Fitiwi et J. Curtis (2021), Heat pumps and our low-carbon future: A comprehensive review, https://doi.org/10.1016/j.erss.2020.101764.
[63] Geoengineering Monitor (2021), « Bioenergy with Carbon Capture & Storage (BECCS) ».
[59] GIEC (2023), Climate Change 2022 - Mitigation of Climate Change, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Cambridge University Press, https://doi.org/10.1017/9781009157926.
[220] GIEC (2021), Climate Change 2021: The Physical Science Basis, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/.
[37] GIEC (2019), Climate Change and Land: an IPCC special report, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
[296] GIEC (2019), Glossary, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
[66] GIEC (2018), Global Warming of 1.5°C.An IPCC Special Report on the impacts of global warming of 1.5°C above pre-industrial levels and related global greenhouse gas emission pathways, in the context of strengthening the global response to the threat of climate change, sustainable development, and efforts to eradicate poverty, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Cambridge University Press, https://doi.org/10.1017/9781009157940.
[68] GIEC (2005), IPCC Special Report on Carbon Dioxide Capture and Storage, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
[103] Girardin, C. et al. (2021), « Nature-based solutions can help cool the planet - if we act now », Nature, vol. 593/7858, https://doi.org/10.1038/d41586-021-01241-2.
[111] Gittman, R. et al. (2016), Ecological consequences of shoreline hardening: A meta-analysis, https://doi.org/10.1093/biosci/biw091.
[86] Godfray, H. et al. (2018), Meat consumption, health, and the environment, https://doi.org/10.1126/science.aam5324.
[91] Gordon, I. (2018), « Review: Livestock production increasingly influences wildlife across the globe », Animal, vol. 12, pp. s372-s382, https://doi.org/10.1017/s1751731118001349.
[101] Gouvernement du Canada (2025), Green Construction through Wood (GCWood) Program.
[237] Green, C. et al. (2023), « A Horizon Scan to Support Chemical Pollution–Related Policymaking for Sustainable and Climate-Resilient Economies », Environmental Toxicology and Chemistry, vol. 42/6, https://doi.org/10.1002/etc.5620.
[192] Guo, Y. et al. (2023), « Global food loss and waste embodies unrecognized harms to air quality and biodiversity hotspots », Nature Food, vol. 4/8, https://doi.org/10.1038/s43016-023-00810-0.
[123] Gu, S., A. Guenther et C. Faiola (2021), « Effects of Anthropogenic and Biogenic Volatile Organic Compounds on Los Angeles Air Quality », Environmental Science and Technology, vol. 55/18, https://doi.org/10.1021/acs.est.1c01481.
[150] Gutiérrez-Arellano, C. et M. Mulligan (2020), « Small-sized protected areas contribute more per unit area to tropical crop pollination than large protected areas », Ecosystem Services, vol. 44, p. 101137, https://doi.org/10.1016/j.ecoser.2020.101137.
[262] Hale, R. et al. (2019), « Balancing biodiversity outcomes and pollution management in urban stormwater treatment wetlands », Journal of Environmental Management, vol. 233, https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2018.12.064.
[265] Hansson, L. et al. (2005), « Conflicting demands on wetland ecosystem services: Nutrient retention, biodiversity or both? », Freshwater Biology, vol. 50/4, https://doi.org/10.1111/j.1365-2427.2005.01352.x.
[152] Harrison, I. et al. (2016), « Protected areas and freshwater provisioning: a global assessment of freshwater provision, threats and management strategies to support human water security », Aquatic Conservation: Marine and Freshwater Ecosystems, vol. 26/S1, pp. 103-120, https://doi.org/10.1002/aqc.2652.
[48] Hassan, Q. et al. (2024), « Green hydrogen: A pathway to a sustainable energy future », International Journal of Hydrogen Energy, vol. 50, https://doi.org/10.1016/j.ijhydene.2023.08.321.
[90] Hassett, K. et al. (2025), « Household food choices : New empirical evidence and policy implications for sustainable behaviour », OECD Environment Working Papers, n° 255, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/97c4041a-en.
[15] He, F. (2024), « Hydropower impacts on riverine biodiversity », Nature Reviews Earth & Environment.
[193] Hegwood, M. et al. (2023), « Rebound effects could offset more than half of avoided food loss and waste », Nature Food, vol. 4/7, https://doi.org/10.1038/s43016-023-00792-z.
[106] Heilmayr, R., C. Echeverría et E. Lambin (2020), « Impacts of Chilean forest subsidies on forest cover, carbon and biodiversity », Nature Sustainability, vol. 3/9, https://doi.org/10.1038/s41893-020-0547-0.
[45] Herbert-Read, J. et al. (2022), « A global horizon scan of issues impacting marine and coastal biodiversity conservation », Nature Ecology and Evolution, vol. 6/9, https://doi.org/10.1038/s41559-022-01812-0.
[18] Hernandez, R. et al. (2019), Techno–ecological synergies of solar energy for global sustainability, https://doi.org/10.1038/s41893-019-0309-z.
[131] Holl, K. et P. Brancalion (2020), Tree planting is not a simple solution, https://doi.org/10.1126/science.aba8232.
[269] Hou, D. et al. (2023), Sustainable remediation and redevelopment of brownfield sites, https://doi.org/10.1038/s43017-023-00404-1.
[190] Hoy, Z. et al. (2023), « Curbing global solid waste emissions toward net-zero warming futures », Science, vol. 382/6672, https://doi.org/10.1126/science.adg3177.
[229] ICCM5 (2023), Global Framework on Chemicals - For a Planet Free of Harm from Chemicals and Waste.
[219] Im, U. et al. (2022), Reviewing the links and feedbacks between climate change and air pollution in Europe, https://doi.org/10.3389/fenvs.2022.954045.
[157] IPBES (2023), Summary for policymakers of the thematic assessments of invasive alien species and their control of the Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, https://zenodo.org/records/11254974.
[195] IPBES (2019), The global assessment report on biodiversity and ecosystem services, Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques.
[289] IUCN (2016), A Global Standard for the Identification of Key Biodiversity Areas, Version 1.0., IUCN, Gland, Switzerland and Cambridge, UK.
[276] IUCN (2008), Guidelines for Applying Protected Area Management Categories.
[144] Jacquemont, J. et al. (2022), Ocean conservation boosts climate change mitigation and adaptation, https://doi.org/10.1016/j.oneear.2022.09.002.
[118] Jay, O. et al. (2021), Reducing the health effects of hot weather and heat extremes: from personal cooling strategies to green cities, https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)01209-5.
[39] Jeswani, H., A. Chilvers et A. Azapagic (2020), Environmental sustainability of biofuels: A review: Environmental sustainability of biofuels, https://doi.org/10.1098/rspa.2020.0351.
[185] Jiang, Q. et al. (2022), « Environmental sustainability and footprints of global aquaculture », Resources, Conservation and Recycling, vol. 180, https://doi.org/10.1016/j.resconrec.2022.106183.
[247] Jones, D. et A. Deuss (2024), « Understanding the resilience of fertiliser markets to shocks : An overview of fertiliser policies », OECD Food, Agriculture and Fisheries Papers, n° 208, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/43664170-en.
[222] Jones, E. et al. (2021), « Country-level and gridded estimates of wastewater production, collection, treatment and reuse », Earth System Science Data, vol. 13/2, https://doi.org/10.5194/essd-13-237-2021.
[170] Jose, S. (2009), Agroforestry for ecosystem services and environmental benefits: An overview, https://doi.org/10.1007/s10457-009-9229-7.
[145] Jung, M. et al. (2021), « Areas of global importance for conserving terrestrial biodiversity, carbon and water », Nature Ecology and Evolution, vol. 5/11, https://doi.org/10.1038/s41559-021-01528-7.
[33] Kanter, D. et W. Brownlie (2019), « Joint nitrogen and phosphorus management for sustainable development and climate goals », Environmental Science and Policy, vol. 92, https://doi.org/10.1016/j.envsci.2018.10.020.
[266] Kanter, D. et al. (2020), « Gaps and opportunities in nitrogen pollution policies around the world », Nature Sustainability, vol. 3/11, https://doi.org/10.1038/s41893-020-0577-7.
[177] Keesing, F., R. Holt et R. Ostfeld (2006), Effects of species diversity on disease risk, https://doi.org/10.1111/j.1461-0248.2006.00885.x.
[29] Khalid, M. et al. (2023), Recycling of wind turbine blades through modern recycling technologies: A road to zero waste, https://doi.org/10.1016/j.ref.2023.02.001.
[260] Khan, A. et al. (2022), Current solid waste management strategies and energy recovery in developing countries - State of art review, https://doi.org/10.1016/j.chemosphere.2021.133088.
[174] Khangura, R. et al. (2023), Regenerative Agriculture—A Literature Review on the Practices and Mechanisms Used to Improve Soil Health, https://doi.org/10.3390/su15032338.
[246] Köninger, J. et al. (2021), Manure management and soil biodiversity: Towards more sustainable food systems in the EU, https://doi.org/10.1016/j.agsy.2021.103251.
[81] Kösler, J. et al. (2019), « Evaluating the ecotoxicity of nitrification inhibitors using terrestrial and aquatic test organisms », Environmental Sciences Europe, vol. 31/1, https://doi.org/10.1186/s12302-019-0272-3.
[83] Kozicka, M. et al. (2023), « Feeding climate and biodiversity goals with novel plant-based meat and milk alternatives », Nature Communications, vol. 14/1, https://doi.org/10.1038/s41467-023-40899-2.
[162] Kremen, C. et A. Merenlender (2018), Landscapes that work for biodiversity and people, https://doi.org/10.1126/science.aau6020.
[189] Kummu, M. et al. (2012), « Lost food, wasted resources: Global food supply chain losses and their impacts on freshwater, cropland, and fertiliser use », Science of the Total Environment, vol. 438, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2012.08.092.
[147] Lamba, A. et al. (2023), « Climate co-benefits of tiger conservation », Nature Ecology and Evolution, vol. 7/7, https://doi.org/10.1038/s41559-023-02069-x.
[79] Lamb, A. et al. (2016), « The potential for land sparing to offset greenhouse gas emissions from agriculture », Nature Climate Change, vol. 6/5, https://doi.org/10.1038/nclimate2910.
[61] Lamb, W. et al. (2024), « The carbon dioxide removal gap », Nature Climate Change, vol. 14/6, pp. 644-651.
[38] Landis, D. et al. (2018), « Biomass and biofuel crop effects on biodiversity and ecosystem services in the North Central US », Biomass and Bioenergy, vol. 114, https://doi.org/10.1016/j.biombioe.2017.02.003.
[211] Lanzi et al (2022), The economic benefits of international co-operation to improve air quality in Northeast Asia, Éditions OCDE, Paris.
[251] Lee, J., H. Choi et J. Kim (2024), « Environmental and economic impacts of e-waste recycling: A systematic review », Chemical Engineering Journal, vol. 494, https://doi.org/10.1016/j.cej.2024.152917.
[137] Lee, L. et A. Ignaciuk (2025), « Mitigating climate change in the agriculture, forestry and other land use (AFOLU) sectors : A literature review on policy effectiveness », OECD Food, Agriculture and Fisheries Papers, n° 221, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/166b6c31-en.
[173] Letourneau, D. et al. (2011), Does plant diversity benefit agroecosystems? A synthetic review, https://doi.org/10.1890/09-2026.1.
[128] Leverkus, A. et al. (2020), Salvage logging effects on regulating ecosystem services and fuel loads, https://doi.org/10.1002/fee.2219.
[216] Liang, Y. et al. (2020), « Conservation cobenefits from air pollution regulation: Evidence from birds », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 117/49, https://doi.org/10.1073/pnas.2013568117.
[221] Li, J. et al. (2022), Scattering and absorbing aerosols in the climate system, https://doi.org/10.1038/s43017-022-00296-7.
[41] Li, P. et Z. Zhang (2023), « The effects of new energy vehicle subsidies on air quality: Evidence from China », Energy Economics, vol. 120, https://doi.org/10.1016/j.eneco.2023.106624.
[24] Liqreina, A. et L. Qoaider (2014), « Dry cooling of concentrating solar power (CSP) plants, an economic competitive option for the desert regions of the MENA region », Solar Energy, vol. 103, https://doi.org/10.1016/j.solener.2014.02.039.
[25] Lu, S. et al. (2020), « A review of the impact of hydropower reservoirs on global climate change », Science of the Total Environment, vol. 711, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2019.134996.
[20] Maar, M. et al. (2023), « Multi-use of offshore wind farms with low-trophic aquaculture can help achieve global sustainability goals », Communications Earth and Environment, vol. 4/1, https://doi.org/10.1038/s43247-023-01116-6.
[89] Machovina, B., K. Feeley et W. Ripple (2015), Biodiversity conservation: The key is reducing meat consumption, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2015.07.022.
[136] Mackey, B. et al. (2020), « Understanding the importance of primary tropical forest protection as a mitigation strategy », Mitigation and Adaptation Strategies for Global Change, vol. 25/5, https://doi.org/10.1007/s11027-019-09891-4.
[78] Macrae, M. et al. (2021), « One size does not fit all: Toward regional conservation practice guidance to reduce phosphorus loss risk in the Lake Erie watershed », Journal of Environmental Quality, vol. 50/3, pp. 529-546, https://doi.org/10.1002/jeq2.20218.
[238] Maertens, A., E. Golden et T. Hartung (2021), « Avoiding Regrettable Substitutions: Green Toxicology for Sustainable Chemistry », ACS Sustainable Chemistry and Engineering, vol. 9/23, https://doi.org/10.1021/acssuschemeng.0c09435.
[279] Mahilang, M., M. Deb et S. Pervez (2021), Biogenic secondary organic aerosols: A review on formation mechanism, analytical challenges and environmental impacts, https://doi.org/10.1016/j.chemosphere.2020.127771.
[258] Makarichi, L., W. Jutidamrongphan et K. Techato (2018), The evolution of waste-to-energy incineration: A review, https://doi.org/10.1016/j.rser.2018.04.088.
[143] Marcos, C. et al. (2021), Reviewing the Ecosystem Services, Societal Goods, and Benefits of Marine Protected Areas, https://doi.org/10.3389/fmars.2021.613819.
[10] Markandya, A. et al. (2018), « Health co-benefits from air pollution and mitigation costs of the Paris Agreement: a modelling study », The Lancet Planetary Health, vol. 2/3.
[5] Maron, M. et al. (2025), « Biodiversity offsets, their effectiveness and their role in a nature positive future », Nature Reviews Biodiversity, vol. 1/3, pp. 183-196, https://doi.org/10.1038/s44358-025-00023-2.
[26] Martínez, M. et al. (2021), A systemic view of potential environmental impacts of ocean energy production, https://doi.org/10.1016/j.rser.2021.111332.
[121] McDonald, R. (2016), « Planting Healthy Air ».
[34] Meijaard, E. et al. (2020), The environmental impacts of palm oil in context, https://doi.org/10.1038/s41477-020-00813-w.
[249] Menegat, S., A. Ledo et R. Tirado (2022), « Greenhouse gas emissions from global production and use of nitrogen synthetic fertilisers in agriculture », Scientific Reports, vol. 12/1, https://doi.org/10.1038/s41598-022-18773-w.
[284] Mensah, S. et al. (2016), « Tree species diversity promotes aboveground carbon storage through functional diversity and functional dominance », Ecology and Evolution, vol. 6/20, https://doi.org/10.1002/ece3.2525.
[54] Merabet, N., K. Kerboua et J. Hoinkis (2024), « Hydrogen production from wastewater: A comprehensive review of conventional and solar powered technologies », Renewable Energy, vol. 226.
[283] Mestanza-Ramón, C. et al. (2020), In-situ and ex-situ biodiversity conservation in ecuador: A review of policies, actions and challenges, https://doi.org/10.3390/D12080315.
[58] Mikunda, T. et al. (2021), « Carbon capture and storage and the sustainable development goals », International Journal of Greenhouse Gas Control, vol. 108, https://doi.org/10.1016/j.ijggc.2021.103318.
[163] Millennium Ecosystem Assessment (2005), Ecosystems and Human Well-Being.
[12] Millstein, D. et al. (2017), « The climate and air-quality benefits of wind and solar power in the United States », Nature Energy, vol. 2/9, https://doi.org/10.1038/nenergy.2017.134.
[287] Milner-Gulland, E. et al. (2021), Four steps for the Earth: mainstreaming the post-2020 global biodiversity framework, https://doi.org/10.1016/j.oneear.2020.12.011.
[277] Minx, J. et al. (2018), Negative emissions - Part 1: Research landscape and synthesis, https://doi.org/10.1088/1748-9326/aabf9b.
[107] Mitsch, W. et J. Gosselink (2007), Wetlands, John Wiley & Sons, Inc.
[234] Möhring, N. et al. (2020), Pathways for advancing pesticide policies, https://doi.org/10.1038/s43016-020-00141-4.
[154] Murray, B., B. McCarl et H. Lee (2004), « Estimating Leakage from Forest Carbon Sequestration Programs », Land Economics, vol. 80/1, pp. 109-124, https://doi.org/10.2307/3147147.
[116] Narayan, S. et al. (2016), « The effectiveness, costs and coastal protection benefits of natural and nature-based defences », PLoS ONE, vol. 11/5, https://doi.org/10.1371/journal.pone.0154735.
[99] Nature-based Solutions Initiative (2022), Revised climate pledges show enhanced ambition for nature-based solutions.
[92] Neilly, H., J. Vanderwal et L. Schwarzkopf (2016), « Balancing Biodiversity and Food Production: A Better Understanding of Wildlife Response to Grazing Will Inform Off-Reserve Conservation on Rangelands », Rangeland Ecology and Management, vol. 69/6, https://doi.org/10.1016/j.rama.2016.07.007.
[194] Nenert, C. et al. (2025), « The potential effects of reducing food loss and waste : Impacts on the triple challenge and cost-benefits analysis », OECD Food, Agriculture and Fisheries Papers, n° 222, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/bd2aedc6-en.
[164] Nicholson, C. et N. Williams (2021), « Cropland heterogeneity drives frequency and intensity of pesticide use », Environmental Research Letters, vol. 16/7, https://doi.org/10.1088/1748-9326/ac0a12.
[228] Nijman, T. et al. (2022), « Phosphorus control and dredging decrease methane emissions from shallow lakes », Science of The Total Environment, vol. 847, p. 157584, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2022.157584.
[142] Noon, M. et al. (2022), « Mapping the irrecoverable carbon in Earth’s ecosystems », Nature Sustainability, vol. 5/1, pp. 37-46, https://doi.org/10.1038/s41893-021-00803-6.
[35] Núñez-Regueiro, M., S. Siddiqui et R. Fletcher (2021), Effects of bioenergy on biodiversity arising from land-use change and crop type, https://doi.org/10.1111/cobi.13452.
[43] OCDE (2025), Enhancing Regional Mining Ecosystems in the European Union : Securing the Green Transition and Supply of Mineral Raw Materials, OECD Rural Studies, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/97ba1224-en.
[6] OCDE (2025), Environment at a Glance Indicators, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ac4b8b89-en.
[72] OCDE (2025), Measuring Carbon Footprints of Agri-Food Products : Eight Building Blocks, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8eb75706-en.
[134] OCDE (2025), Perspectives mondiales des sécheresses : Évolution, impacts et politiques d’adaptation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e69575eb-fr.
[254] OCDE (2025), Safe(r) and Sustainable Innovation Approach (SSIA): Nano-Enabled and other Emerging Materials, Éditions OCDE, Paris.
[4] OCDE (2024), Mainstreaming Biodiversity into Renewable Power Infrastructure, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/357ac474-en.
[95] OCDE (2024), Measuring Policy Progress on Climate Change Mitigation in the Agriculture, Forestry and Other Land Use (AFOLU) Sectors : Documentation of the Policy Inventory for Direct and Indirect Mitigation Policies, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a6b2bd00-en.
[108] OCDE (2024), Measuring Progress in Adapting to a Changing Climate : Insights from OECD countries, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8cfe45af-en.
[74] OCDE (2024), Politiques agricoles : Suivi et évaluation 2024 (version abrégée) : L’innovation au service de la croissance durable de la productivité, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2e531a61-fr.
[224] OCDE (2023), Endocrine Disrupting Chemicals in Freshwater : Monitoring and Regulating Water Quality, OECD Studies on Water, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5696d960-en.
[183] OCDE (2023), Examen de l’OCDE des pêcheries 2022, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c3580dc9-fr.
[114] OCDE (2023), OECD Work on Climate Adaptation, Éditions OCDE, Paris.
[236] OCDE (2023), Perspectives mondiales des plastiques : Déterminants économiques, répercussions environnementales et possibilités d’action, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5c7bba57-fr.
[71] OCDE (2023), Politiques agricoles : Suivi et évaluation 2023 (version abrégée) : Adapter l’agriculture au changement climatique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9dae6a9d-fr.
[125] OCDE (2023), Taming Wildfires in the Context of Climate Change, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dd00c367-en.
[70] OCDE (2022), Politiques agricoles : Suivi et évaluation 2022 (version abrégée) : Réformer les politiques agricoles pour atténuer le changement climatique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/247b9928-fr.
[242] OCDE (2022), The OECD RE-CIRCLE project : The economics of the transition to a more resource-efficient, circular economy. Policy Perspectives, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5ed5352b-en.
[239] OCDE (2021), Guidance on Key Considerations for the Identification and Selection of Safer Chemical Alternatives, OECD Series on Risk Management of Chemicals, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a1309425-en.
[8] OCDE (2021), Making Better Policies for Food Systems, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ddfba4de-en.
[113] OCDE (2021), « Strengthening adaptation-mitigation linkages for a low-carbon, climate-resilient future », OECD Environment Policy Papers, n° 23, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6d79ff6a-en.
[40] OCDE (2020), Non-exhaust Particulate Emissions from Road Transport : An Ignored Environmental Policy Challenge, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4a4dc6ca-en.
[171] OCDE (2020), Vers une utilisation durable des terres : Aligner les politiques en matière de biodiversité, de climat et d’alimentation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9a64358a-fr.
[225] OCDE (2019), Accélération anthropique du cycle de l’azote : Gérer les risques et l’incertitude, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/cf7ae81b-fr.
[31] OCDE (2019), Enhancing Climate Change Mitigation through Agriculture, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e9a79226-en.
[244] OCDE (2019), Global Material Resources Outlook to 2060 : Economic Drivers and Environmental Consequences, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264307452-en.
[290] OCDE (2019), Waste Management and the Circular Economy in Selected OECD Countries : Evidence from Environmental Performance Reviews, OECD Environmental Performance Reviews, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264309395-en.
[57] OCDE (2017), Diffuse Pollution, Degraded Waters : Emerging Policy Solutions, OECD Studies on Water, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264269064-en.
[80] OCDE/FAO (2025), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2025-2034, Éditions OCDE, Paris/Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome, https://doi.org/10.1787/af125b62-fr.
[191] OCDE/FAO (2024), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2024-2033, Éditions OCDE, Paris/Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome, https://doi.org/10.1787/96f19970-fr.
[272] Pande, V. et al. (2022), Microbial Interventions in Bioremediation of Heavy Metal Contaminants in Agroecosystem, https://doi.org/10.3389/fmicb.2022.824084.
[227] Pan, S. et al. (2022), Addressing nitrogenous gases from croplands toward low-emission agriculture, https://doi.org/10.1038/s41612-022-00265-3.
[252] Parvez, S. et al. (2021), Health consequences of exposure to e-waste: an updated systematic review, https://doi.org/10.1016/S2542-5196(21)00263-1.
[270] Pereira, A. et C. Mulligan (2023), Practices for Eutrophic Shallow Lake Water Remediation and Restoration: A Critical Literature Review, https://doi.org/10.3390/w15122270.
[205] Perino, A. et al. (2019), Rewilding complex ecosystems, https://doi.org/10.1126/science.aav5570.
[198] Pettorelli, N. et al. (2021), « Time to integrate global climate change and biodiversity science-policy agendas », Journal of Applied Ecology, vol. 58/11, https://doi.org/10.1111/1365-2664.13985.
[240] PNUE (2024), Global Resources Outlook 2024: Bend the trend - Pathways to a liveable planet as resource use spikes, Programme des Nations unies pour l’environnement.
[232] PNUE (2023), Environmental Effects of Stratospheric Ozone Depletion, UV Radiation, and Interactions with Climate Change: 2022 Assessment Report, Programme des Nations unies pour l’environnement.
[294] PNUE (2023), One Atmosphere: An independent expert review on Solar Radiation Modification research and deployment, Programme des Nations unies pour l’environnement, https://wedocs.unep.org/20.500.11822/41903 (consulté le 8 avril 2025).
[98] PNUE (2022), « Resolution adopted by the United Nations Environment Assembly on 2 March 2022 », Programme des Nations unies pour l’environnement.
[50] PNUE/FAO (2024), Global Nitrous Oxide Assessment, Programme des Nations unies pour l’environnement/Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, https://wedocs.unep.org/20.500.11822/46562.
[84] Poore, J. et T. Nemecek (2018), « Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers », Science, vol. 360/6392, https://doi.org/10.1126/science.aaq0216.
[2] Pörtner, H. (2021), Scientific outcome of the IPBES-IPCC co-sponsored workshop on biodiversity and climate change, IPBES secretariat, Bonn, Germany.
[32] Pörtner, H. et al. (2021), Biodiversity and Climate Change: Scientific outcome, https://zenodo.org/records/5101125.
[1] Pörtner, H. et al. (2023), Overcoming the coupled climate and biodiversity crises and their societal impacts, https://doi.org/10.1126/science.abl4881.
[210] Prober, S. et al. (2019), Shifting the conservation paradigm: a synthesis of options for renovating nature under climate change, https://doi.org/10.1002/ecm.1333.
[138] Protected Planet (2025), Protected Planet, https://www.protectedplanet.net/en.
[255] Purdy et al (2022), Fly-tipping: Drivers, Deterrents and Impacts.
[158] Pyšek, P. et al. (2020), « Scientists’ warning on invasive alien species », Biological Reviews, vol. 95/6, https://doi.org/10.1111/brv.12627.
[213] Qian, H. et al. (2021), « Air pollution reduction and climate co-benefits in China’s industries », Nature Sustainability, vol. 4/5, https://doi.org/10.1038/s41893-020-00669-0.
[160] Raheem, A. et al. (2024), « Unraveling the ecological threads: How invasive alien plants influence soil carbon dynamics », Journal of Environmental Management, vol. 356, p. 120556, https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2024.120556.
[196] Rahman, M. et al. (2021), « Co-benefits of protecting mangroves for biodiversity conservation and carbon storage », Nature Communications, vol. 12/1, https://doi.org/10.1038/s41467-021-24207-4.
[278] Ramsar Convention Secretariat (2016), An Introduction to the Ramsar Convention on Wetlands: Sub-series I: Handbook 1 International Cooperation on Wetlands.
[16] Rehbein, J. et al. (2020), « Renewable energy development threatens many globally important biodiversity areas », Global Change Biology, vol. 26/5, https://doi.org/10.1111/gcb.15067.
[46] Rensmo, A. et al. (2023), Lithium-ion battery recycling: a source of per- and polyfluoroalkyl substances (PFAS) to the environment?, https://doi.org/10.1039/d2em00511e.
[199] Reside, A., J. VanDerWal et C. Moran (2017), « Trade-offs in carbon storage and biodiversity conservation under climate change reveal risk to endemic species », Biological Conservation, vol. 207, https://doi.org/10.1016/j.biocon.2017.01.004.
[30] Rogelj, J. et al. (2018), « Mitigation Pathways Compatible with 1.5°C in the Context of Sustainable Development. In: Global Warming of 1.5°C », IPCC special report Global Warming of 1.5 ºC.
[209] Rohatyn, S. et al. (2021), « Assessing climatic benefits from forestation potential in semi-arid lands », Environmental Research Letters, vol. 16/10, https://doi.org/10.1088/1748-9326/ac29e9.
[200] Rohatyn, S. et al. (2022), « Limited climate change mitigation potential through forestation of the vast dryland regions », Science, vol. 377/6613, https://doi.org/10.1126/science.abm9684.
[36] Rosenkranz, M. et al. (2014), « Effect of land‐use change and management on biogenic volatile organic compound emissions – selecting climate‐smart cultivars », Plant, Cell & Environment, vol. 38/9, pp. 1896-1912, https://doi.org/10.1111/pce.12453.
[202] Rosentreter, J. et al. (2021), Methane and Nitrous Oxide Emissions Complicate Coastal Blue Carbon Assessments, https://doi.org/10.1029/2020GB006858.
[149] Sala, E. et al. (2021), « Protecting the global ocean for biodiversity, food and climate », Nature, vol. 592/7854, https://doi.org/10.1038/s41586-021-03371-z.
[115] Salem, M. et D. Mercer (2012), « The Economic Value of Mangroves: A Meta-Analysis », Sustainability, vol. 4/3, pp. 359-383, https://doi.org/10.3390/su4030359.
[282] Salzman, J. et al. (2018), « The global status and trends of Payments for Ecosystem Services », Nature Sustainability, vol. 1/3, https://doi.org/10.1038/s41893-018-0033-0.
[11] Sampedro, J. et al. (2023), « Short-term health co-benefits of existing climate policies: the need for more ambitious and integrated policy action. », The Lancet Planetary Health, vol. 7/7, pp. e540-e541.
[122] Sanaei, A. et al. (2023), « Changes in biodiversity impact atmospheric chemistry and climate through plant volatiles and particles », Communications Earth and Environment, vol. 4/1, https://doi.org/10.1038/s43247-023-01113-9.
[206] Schmitz, O. et al. (2018), Animals and the zoogeochemistry of the carbon cycle, https://doi.org/10.1126/science.aar3213.
[141] Secretariat of the Convention on Biological Diversity (2022), Global Status, Gaps and Opportunities of Protected Areas and Other Area-Based Conservation Measures, https://www.cbd.int/doc/c/733c/eb83/f927e42ce5c325e8a0a1dd80/cop-15-inf-03-en.pdf.
[109] Seddon, N. et al. (2020), Understanding the value and limits of nature-based solutions to climate change and other global challenges, https://doi.org/10.1098/rstb.2019.0120.
[155] Sen, S. (2010), « Developing a framework for displaced fishing effort programs in marine protected areas », Marine Policy, vol. 34/6, pp. 1171-1177, https://doi.org/10.1016/j.marpol.2010.03.017.
[268] Sharley, D. et al. (2017), « Linking urban land use to pollutants in constructed wetlands: Implications for stormwater and urban planning », Landscape and Urban Planning, vol. 162, https://doi.org/10.1016/j.landurbplan.2016.12.016.
[248] Sharma, B. et al. (2019), Recycling of Organic Wastes in Agriculture: An Environmental Perspective, https://doi.org/10.1007/s41742-019-00175-y.
[51] Shen, H. et al. (2024), « Environmental and climate impacts of a large-scale deployment of green hydrogen in Europe », Energy and Climate Change, vol. 5, https://doi.org/10.1016/j.egycc.2024.100133.
[176] Singh, B. et al. (2023), Climate change impacts on plant pathogens, food security and paths forward, https://doi.org/10.1038/s41579-023-00900-7.
[243] Singh, N. et T. Walker (2024), « Plastic recycling: A panacea or environmental pollution problem », npj Materials Sustainability, vol. 2/1, p. 17, https://doi.org/10.1038/s44296-024-00024-w.
[100] Smith, P. et al. (2022), How do we best synergize climate mitigation actions to co-benefit biodiversity?, https://doi.org/10.1111/gcb.16056.
[73] Smith, P. et al. (2020), « Which practices co-deliver food security, climate change mitigation and adaptation, and combat land degradation and desertification? », Global Change Biology, vol. 26/3, https://doi.org/10.1111/gcb.14878.
[102] Smith, P. et al. (2018), « Impacts on terrestrial biodiversity of moving from a 2°C to a1.5° Ctarget », Philosophical Transactions of the Royal Society A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences, vol. 376/2119, https://doi.org/10.1098/rsta.2016.0456.
[60] Smith, S. et al. (2024), « The State of Carbon Dioxide Removal - 2nd Edition », https://doi.org/10.17605/OSF.IO/F85QJ.
[218] Song, Z., J. Liu et H. Yang (2021), « Air pollution and soiling implications for solar photovoltaic power generation: A comprehensive review », Applied Energy, vol. 298, https://doi.org/10.1016/j.apenergy.2021.117247.
[27] Sonter, L. et al. (2020), « Renewable energy production will exacerbate mining threats to biodiversity. », Nature communications, vol. 11/1, p. 4174.
[146] Soto-Navarro, C. et al. (2020), « Mapping co-benefits for carbon storage and biodiversity to inform conservation policy and action », Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 375/1794, p. 20190128, https://doi.org/10.1098/rstb.2019.0128.
[280] Souter, D. et al. (2020), « Status of Coral Reefs of the World: 2020 Executive Summary », Global Coral Reef Monitoring Network.
[267] Stevens, C. et J. Quinton (2009), « Policy implications of pollution swapping », Physics and Chemistry of the Earth, vol. 34/8-9, https://doi.org/10.1016/j.pce.2008.01.001.
[65] Stoy, P. et al. (2018), Opportunities and Trade-offs among BECCS and the Food, Water, Energy, Biodiversity, and Social Systems Nexus at Regional Scales, https://doi.org/10.1093/biosci/bix145.
[197] Strassburg, B. et al. (2019), « Strategic approaches to restoring ecosystems can triple conservation gains and halve costs », Nature Ecology and Evolution, vol. 3/1, https://doi.org/10.1038/s41559-018-0743-8.
[201] Strassburg, B. et al. (2020), « Global priority areas for ecosystem restoration », Nature, vol. 586/7831, https://doi.org/10.1038/s41586-020-2784-9.
[181] Sumaila, U. et T. Tai (2020), End Overfishing and Increase the Resilience of the Ocean to Climate Change, https://doi.org/10.3389/fmars.2020.00523.
[241] Svatikova, K., A. Brown et P. Börkey (2025), « Economic instruments for a resource-efficient circular economy », OECD Environment Working Papers, n° 257, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/35a7051a-en.
[124] Taguchi, V. et al. (2020), It is not easy being green: Recognizing unintended consequences of green stormwater infrastructure, https://doi.org/10.3390/w12020522.
[203] Taillardat, P. et al. (2020), « Climate change mitigation potential of wetlands and the cost-effectiveness of their restoration », Interface Focus, vol. 10/5, https://doi.org/10.1098/rsfs.2019.0129.
[75] The Food and Land Use Coalition (2023), Aligning regenerative agricultural practices with outcomes to deliver for people, nature and climate.
[126] Thorn, S. et al. (2018), Impacts of salvage logging on biodiversity: A meta-analysis, https://doi.org/10.1111/1365-2664.12945.
[169] Torralba, M. et al. (2016), Do European agroforestry systems enhance biodiversity and ecosystem services? A meta-analysis, https://doi.org/10.1016/j.agee.2016.06.002.
[223] UNESCO (2017), « UN World Water Development Report 2017 | UN-Water », UN World Water Development Report 2017, https://www.unwater.org/publications/un-world-water-development-report-2017.
[13] Vandyck, T. et al. (2022), Climate change, air pollution and human health, https://doi.org/10.1088/1748-9326/ac948e.
[130] Vandyck, T. et al. (2020), « Quantifying air quality co-benefits of climate policy across sectors and regions », Climatic Change, vol. 163/3, https://doi.org/10.1007/s10584-020-02685-7.
[245] Vaverková, M. (2019), « Landfill Impacts on the Environment—Review », Geosciences, vol. 9/10, p. 431, https://doi.org/10.3390/geosciences9100431.
[186] Vijayaram, S. et al. (2024), Use of Algae in Aquaculture: A Review, https://doi.org/10.3390/fishes9020063.
[133] Wang, C. et al. (2022), « A global meta-analysis of the impacts of tree plantations on biodiversity », Global Ecology and Biogeography, vol. 31/3, https://doi.org/10.1111/geb.13440.
[274] Wang, F. et al. (2024), Emerging contaminants: A One Health perspective, https://doi.org/10.1016/j.xinn.2024.100612.
[96] Watson, J. et al. (2018), The exceptional value of intact forest ecosystems, https://doi.org/10.1038/s41559-018-0490-x.
[22] Watson, S. et al. (2024), The global impact of offshore wind farms on ecosystem services, https://doi.org/10.1016/j.ocecoaman.2024.107023.
[151] Wiens, J. et D. Bachelet (2010), « Matching the multiple scales of conservation with the multiple scales of climate change: Special section », Conservation Biology, vol. 24/1, https://doi.org/10.1111/j.1523-1739.2009.01409.x.
[64] Williamson, P. et R. Bodle (2016), « Update on Climate Geoengineering in Relation to the Convention on Biological Diversity: Potential Impacts and Regulatory Framework », https://www.cbd.int/doc/publications/cbd-ts-84-en.pdf (consulté le 8 avril 2025).
[139] Wolf, C. et al. (2021), « A forest loss report card for the world’s protected areas », Nature Ecology and Evolution, vol. 5/4, https://doi.org/10.1038/s41559-021-01389-0.
[52] Woods, P., H. Bustamante et K. Aguey-Zinsou (2022), « The hydrogen economy - Where is the water? », Energy Nexus, vol. 7, https://doi.org/10.1016/j.nexus.2022.100123.
[112] Wu, H. et al. (2019), Effects of dam construction on biodiversity: A review, https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2019.03.001.
[261] Wu, H. et al. (2023), Constructed wetlands for pollution control, https://doi.org/10.1038/s43017-023-00395-z.
[281] Wunder, S. (2015), « Revisiting the concept of payments for environmental services », Ecological Economics, vol. 117, https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2014.08.016.
[214] Xu, M. et Z. Qin (2023), « How does vehicle emission control policy affect air pollution emissions? Evidence from Hainan Province, China », Science of the Total Environment, vol. 866, https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2022.161244.
[217] Yassaa, N. (2016), Air pollution may alter efforts to mitigate climate change, https://doi.org/10.1016/j.atmosenv.2015.12.042.
[264] Zhang, C. et al. (2020), « Can constructedwetlands be wildlife refuges? A review of their potential biodiversity conservation value », Sustainability (Switzerland), vol. 12/4, https://doi.org/10.3390/su12041442.
[273] Zhang, P. et al. (2023), Water Quality Degradation Due to Heavy Metal Contamination: Health Impacts and Eco-Friendly Approaches for Heavy Metal Remediation, https://doi.org/10.3390/toxics11100828.
[93] Zhou, G. et al. (2017), « Grazing intensity significantly affects belowground carbon and nitrogen cycling in grassland ecosystems: a meta-analysis », Global Change Biology, vol. 23/3, https://doi.org/10.1111/gcb.13431.
[53] Zhou, J., V. Chang et A. Fane (2013), « An improved life cycle impact assessment (LCIA) approach for assessing aquatic eco-toxic impact of brine disposal from seawater desalination plants », Desalination, vol. 308, https://doi.org/10.1016/j.desal.2012.07.039.
[168] Zhu, X. et al. (2020), « Reductions in water, soil and nutrient losses and pesticide pollution in agroforestry practices: a review of evidence and processes », Plant and Soil, vol. 453/1-2, https://doi.org/10.1007/s11104-019-04377-3.
[231] Zimmerman, J. et P. Anastas (2015), « Toward substitution with no regrets », Science, vol. 347/6227, https://doi.org/10.1126/science.aaa0812.
[257] Zink, T. et R. Geyer (2017), « Circular Economy Rebound », Journal of Industrial Ecology, vol. 21/3, pp. 593-602, https://doi.org/10.1111/jiec.12545.
[119] Ziter, C. et al. (2019), « Scale-dependent interactions between tree canopy cover and impervious surfaces reduce daytime urban heat during summer », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 116/15, https://doi.org/10.1073/pnas.1817561116.
[167] Zomer, R. et al. (2016), « Global Tree Cover and Biomass Carbon on Agricultural Land: The contribution of agroforestry to global and national carbon budgets », Scientific Reports, vol. 6, https://doi.org/10.1038/srep29987.
[230] Zuiderveen, E. et al. (2023), « The potential of emerging bio-based products to reduce environmental impacts », Nature Communications, vol. 14/1, https://doi.org/10.1038/s41467-023-43797-9.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. La « création » de biodiversité est classée dans les mesures visant à « restaurer la biodiversité ».
← 2. La « hiérarchie des mesures d’atténuation » est utilisée explicitement et implicitement à travers le monde comme un principe de base pour élaborer les politiques publiques relatives à la biodiversité ; elle est appliquée à différents niveaux, y compris dans le cadre des études d’impact sur l’environnement (Milner-Gulland et al., 2021[287]).
← 3. Selon la définition fournie par (AIE, s.d.[295]), l’expression « énergies propres » est employée ici « de façon générique pour désigner les sources d’énergie, les infrastructures, les applications et les actifs connexes qui sont compatibles avec un système énergétique à zéro émission nette ». Le présent chapitre s’intéresse surtout aux « énergies renouvelables », définies comme « la bioénergie, la géothermie, l’hydroélectricité, l’énergie solaire (photovoltaïque ou thermodynamique), l’énergie éolienne, l’énergie marine (houlomotrice ou marémotrice) et les déchets renouvelables » (AIE, s.d.[295]).
← 4. Une zone protégée est « un espace géographique clairement défini, reconnu, spécifique et géré, par des moyens juridiques ou d’autres moyens efficaces, de manière à assurer la préservation à long terme de la nature et des services écosystémiques et valeurs culturelles qui lui sont associés » (IUCN, 2008[276]).
← 5. Les zones clés pour la biodiversité sont des sites contribuant de manière importante à la préservation de la biodiversité à l’échelle mondiale. La désignation de ces zones répond à des critères scientifiques précis tels que la présence d’espèces menacées et/ou d’espèces à répartition géographique restreinte, l’intégrité écologique, les processus biologiques et le caractère d’irremplaçabilité. Les zones clés pour la biodiversité n’ont pas d’existence juridique mais sont utilisées pour la planification et la hiérarchisation des actions de conservation (IUCN, 2016[289]).
← 6. Il ressort par exemple d’une estimation que quelque 43 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo d’hydrogène tout au long de son cycle de vie, alors qu’il en faut 133 litres en moyenne pour extraire et raffiner le pétrole (Woods, Bustamante et Aguey-Zinsou, 2022[52]) (voir aussi le chapitre 6).
← 7. Le CUSC fait référence au captage du carbone provenant d’importantes sources ponctuelles d’émissions (telles que les usines de traitement du gaz), puis au stockage, à l’utilisation ou au recyclage sur le long terme.
← 8. Il pourra offrir toutes les garanties de sécurité pendant 99 % du temps sur 100 ans et sans doute pendant plus de 99 % du temps sur 1 000 ans, sachant que la majorité du CO2 sera progressivement capté à l’aide de divers procédés, ce qui permettra de le stocker en toute sécurité pendant plusieurs millions d’années (GIEC, 2005[68]).
← 9. L’élimination du dioxyde de carbone est l’une des deux grandes facettes de la géoingénierie (la seconde étant la gestion du rayonnement solaire), laquelle désigne la manipulation délibérée et à grande échelle du système climatique terrestre dans le but de lutter contre le changement climatique anthropique (Smith et al., 2024[60] ; Edenhofer et al., s.d.[288]). La gestion du rayonnement solaire consiste à réfléchir une partie des rayonnements émis par le soleil afin de réduire les températures (par exemple grâce à la pulvérisation d’aérosols dans la stratosphère) (PNUE, 2023[294]). Voir aussi la section 6.5 du chapitre 6.
← 10. L’élimination biologique du dioxyde de carbone, notamment par la restauration des forêts et des zones humides, est abordée dans la section relative aux écosystèmes.
← 11. L’utilisation de cultures végétales pour produire directement de la bioénergie a des conséquences beaucoup plus vastes et est en concurrence directe avec la production alimentaire.
← 12. L’impact dépend des types d’animaux ainsi que des pratiques de production. Ainsi, les animaux non ruminants (comme la volaille) utilisent les éléments nutritifs de façon plus efficace que les ruminants (Adegbeye et al., 2020[226]).
← 13. Un puits de carbone désigne « un processus, une activité et un mécanisme permettant d’absorber un gaz à effet de serre, un aérosol ou le précurseur d’un gaz à effet de serre ou d’un aérosol qui est présent dans l’atmosphère » (Minx et al., 2018[277]).
← 14. Le carbone bleu est défini comme « l’ensemble des flux de carbone d’origine biologique et leur stockage dans les systèmes marins qui se prêtent à la gestion » (GIEC, 2019[296]).
← 15. La Convention de Ramsar distingue trois catégories de zones humides : 1) les zones côtières/marines, 2) les zones continentales et 3) les zones créées par l’être humain (Ramsar Convention Secretariat, 2016[278]).
← 16. Par exemple, les conifères et les feuillus seraient sources de COV d’origine biologique comme l’isoprène. Cette substance représente environ la moitié du total des émissions de COV d’origine biologique (Mahilang, Deb et Pervez, 2021[279]).
← 17. Une autre mesure efficace de conservation par zone (AMECZ) est une zone géographiquement délimitée, autre qu’une aire protégée, qui est réglementée et gérée de façon à obtenir des résultats positifs et durables à long terme pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris des fonctions et services écosystémiques connexes et, le cas échéant, des valeurs culturelles, spirituelles, socioéconomiques et d’autres valeurs pertinentes localement (CBD, 2018[291]).
← 18. Pour les auteurs, le carbone irrécupérable se définit à l’aide de trois critères présentant une pertinence pour les efforts de conservation. Selon eux, l’évaluation des quantités de carbone stockées par les écosystèmes dépend : 1) de la façon dont ces stocks peuvent être influencés par une action humaine directe et locale (« facilité de gestion ») ; 2) de l’ampleur du carbone qui se perd en cas de perturbation (« vulnérabilité ») ; et 3) de la possibilité de récupérer les stocks de carbone ayant été perdus (« possibilité de récupération »).
← 19. Le pourcentage de zones est plus élevé (21 %) pour ce qui est de la conservation réactive de la biodiversité (c’est-à-dire en cas de forte menace et de risque élevé d’irremplaçabilité), même si le taux de chevauchement des zones qui se prêtent à la conservation de la biodiversité et au stockage du carbone (5 %) est plus faible que pour les zones de conservation proactive (38 %) (Soto-Navarro et al., 2020[146]).
← 20. Les récifs coralliens abriteraient environ un quart des espèces marines, bien qu’ils ne représentent que 0.2 % des fonds des océans (Souter et al., 2020[280]).
← 21. Les paiements pour services écosystémiques (PSE) sont définis comme « 1) des transactions volontaires 2) entre des utilisateurs de services 3) et des prestataires de services 4) qui sont conditionnées au respect de règles communément admises concernant la gestion des ressources naturelles 5) pour produire des services hors site (Wunder, 2015[281]). On dénombre plus de 550 programmes de PSE à travers le monde, qui représentent entre 36 et 42 milliards USD de transactions annuelles (Salzman et al., 2018[282]).
← 22. Le terme « agroforesterie » est ici employé à titre générique et regroupe toutes sortes de pratiques ; l’agroforesterie peut être définie comme « des systèmes d’utilisation des terres et des technologies en vertu desquels des plantes ligneuses pérennes (arbres, buissons, palmiers, bambous, etc.) sont volontairement utilisées sur les mêmes parcelles de terres que les cultures et/ou les animaux » (FAO, 2024, p. 17[293]).
← 23. On distingue généralement deux catégories de mesures de conservation de la biodiversité : in situ (sur site) et ex situ (hors site) (Mestanza-Ramón et al., 2020[283]). Les banques de semences sont un exemple de mesures ex situ.
← 24. Les pertes après récolte dues au manque d’infrastructure et aux lacunes structurelles sont courantes dans les pays en développement, alors que les pertes enregistrées au niveau des commerces de détail et des consommateurs sont les principales sources de gaspillage dans les pays développés (Smith et al., 2020[73]).
← 25. Ces dépôts font référence au processus par lequel les éléments nutritifs (ou, plus généralement, les polluants) passent de l’atmosphère à la surface de la terre ou de l’eau. Ils peuvent être humides (via la pluie, la neige ou la bruine) ou secs (via la poussière, des particules ou des gaz).
← 26. Le seuil de nocivité, aussi appelé seuil de charge critique, est utilisé par les pouvoirs publics pour atténuer les effets néfastes des dépôts d’azote sur la biodiversité terrestre.
← 27. Les zones critiques de biodiversité (par exemple l’Amazonie occidentale) sont des régions très vastes qui 1) possèdent une biodiversité unique et très riche (au moins 1 500 espèces de plantes vasculaires endémiques), et 2) sont en danger (au moins 70 % de leur végétation a disparu). Ces zones sont au nombre de 36 ; représentant 2.3 % de la surface du globe, elles abritent cependant 44 % des végétaux et 35 % des vertébrés terrestres (Guo et al., 2023[192]).
← 28. Les impacts des différentes dimensions de la biodiversité sur la capacité de stockage du carbone ont été expliqués par : i) l’hypothèse de complémentarité des niches (la capacité à stocker le carbone dépend de la variation des caractéristiques des espèces composant la population) et ii) la sélection (les principales espèces déterminent la capacité de l’ensemble de l’écosystème à stocker le carbone) (Mensah et al., 2016[284]).
← 29. Les bienfaits en termes d’atténuation du changement climatique sont plus rapides lorsqu’il s’agit des zones humides côtières que des zones humides intérieures, ce qui laisse entendre que la restauration peut aussi être viable (Taillardat et al., 2020[203]).
← 30. Souvent mises en place dans les villes, les zones à faibles émissions taxent ou interdisent les véhicules qui dépassent certaines normes d’émission (Chamberlain et al., 2023[285]).
← 31. Selon les estimations, les aérosols atmosphériques pourraient réduire la capacité de conversion de 2 à 68 % (Song, Liu et Yang, 2021[218]).
← 32. Les déchets font référence à des produits qui ne sont pas de première qualité (autrement dit, pouvant être commercialisés), qui ne peuvent donc plus être réutilisés et qui sont jetés (OCDE, 2019[290]). Ils peuvent être faits de toutes sortes de matériaux (déchets plastiques, électroniques, etc.).
← 33. Un effet rebond peut être décrit comme un impact qui diverge des bienfaits attendus en raison des réactions provoquées au sein du système, à la fois en termes de production et de consommation (Castro et al., 2022[286]).
← 34. Les zones tampons riveraines sont des bandes de végétation aménagées le long des cours d’eau pour limiter la pénétration des polluants en réduisant l’impact de l’érosion des sols grâce au ralentissement du ruissellement de surface (Stevens et Quinton, 2009[267]).
← 35. Par exemple, la stratégie de l’Union européenne pour la protection des sols est de parvenir à « zéro artificialisation nette d’ici 2050 » (Commission européenne, 2021[292]).