Qu’il s’agisse de gérer des pandémies, de réduire les décès dus aux AVC et aux maladies cardiovasculaires, d’adopter des lois sur la ceinture de sécurité ou de réglementer la sécurité au travail – les politiques publiques font partie intégrante de la préservation de la santé et du bien-être de la population. Cependant, les décideurs sont confrontés à des défis lorsqu’ils élaborent ces politiques fondamentales, devant mettre en balance les bénéfices environnementaux et sanitaires avec leurs coûts.
La « Valeur de la vie statistique » (VVS) est un concept qui, depuis des décennies, aide les décideurs politiques à évaluer les coûts et les bénéfices de toute politique impliquant des changements dans le risque de mortalité, comme les réglementations sur la pollution de l’air. Ce concept prend en compte les arbitrages que les individus font entre le risque et le revenu, ainsi que leur disposition à payer pour une légère diminution de la probabilité de décès. Ces données permettent d’estimer les bénéfices économiques découlant de politiques nouvelles ou existantes qui réduisent l’exposition aux risques sanitaires. Ces bénéfices peuvent ensuite être comparés aux coûts de mise en œuvre des politiques.
En 2012, l’OCDE a publié un rapport de référence comprenant la plus grande méta-analyse jamais réalisée sur la VVS. Depuis la publication de ce rapport, des avancées significatives ont été accomplies et la base de données probantes sur la valorisation des effets de la mortalité s’est considérablement enrichie. Malgré cette évolution, aucune mise à jour cohérente à l’échelle mondiale n’a été développée. En conséquence, les praticiens ont eu du mal à appliquer les estimations antérieures dans un contexte de recherche fragmentée, de circonstances changeantes et de pandémie mondiale.
Le rapport intitulé « Estimer la valeur économique du risque de mortalité dans l’évaluation des politiques publiques : Méta-analyse mondiale des études sur la valeur d’une vie statistique » constitue la première revue globale de la VVS depuis le rapport de l’OCDE de 2012. Il synthétise plus de 50 ans de données probantes pour fournir des estimations faciles à utiliser pour six groupes de pays, tout en offrant des orientations sur leur transférabilité entre pays et dans le temps. Les résultats indiquent que, même ajustées à l’inflation, les nouvelles valeurs sont plus élevées pour la plupart des régions du monde. Cela reflète l’évolution des préférences des individus, des données plus récentes et plus diversifiées géographiquement, des méthodes de méta-analyse actualisées et une croissance économique globale. Ces estimations de la VVS peuvent aider les décideurs à mieux comprendre les bénéfices des investissements publics qui influent sur le risque de mortalité dans différents secteurs, tant au sein des pays qu’entre pays similaires.
J’espère que ces estimations mises à jour seront largement utilisées pour définir ou réviser les politiques, non seulement dans le domaine de l’environnement, mais aussi dans les secteurs des transports, de l’énergie, de la sécurité alimentaire et de la santé. Si elles sont utilisées comme point de départ, l’OCDE est bien placée pour aider les praticiens à exploiter les valeurs du rapport dans la pratique.
Jo Tyndall
Directrice, Direction de l’environnement de l’OCDE