Une « approche tendancielle » a été retenue pour décrire le développement de l’Ile de France à l’horizon 2050, sans renforcement des politiques d’adaptation au changement climatique. La méthode poursuivie extrapole les évolutions démographiques et sectorielles observées ces dernières années à l’horizon 2050. Ces extrapolations sont ensuite confrontées aux plans de développements et d’adaptation régionaux comme nationaux.
Le cycle urbain de l'eau englobe l'ensemble des processus de production, de distribution, d'utilisation, de collecte et de traitement des eaux dans les zones urbaines. L’évolution de la consommation d’eau potable (et donc des prélèvements pour sa production) est considérée comme proportionnelle à la croissance démographique de l’Ile de France, soit une augmentation de 5% d’ici 2050 (INSEE, 2022[1]).
L’agriculture : Selon la Chambre d’agriculture, l’Institut Paris Région et la DRIAAF, la surface agricole utile pourrait diminuer de 3% à l’horizon 2050. Cette évolution tient compte de la loi de zéro artificialisation nette qui limite l’urbanisation, et reflète donc uniquement les projets déjà validés en Ile de France. En termes de cultures produites, les surfaces maraichères pourraient être multipliées par 8 à l’horizon 2050 par rapport à 2020. En extrapolant le rythme d’augmentation des surfaces irriguées entre 2010 et 2020 (14%) (DRIAAF, 2022[2])), l’étude projette une augmentation des surfaces irriguées de 45% d’ici 2050. Cette tendance est cohérente avec les scénarios du projet Explore 2070 (Ministère de l’Écologie, 2012[3]). Conséquence de ces diverses évolutions, la surface dédiée aux grandes cultures diminuera de 3,5%, essentiellement remplacée par des cultures maraichères. Le scénario conserve les proportions relatives de chaque culture au sein des grands domaines (maraichage et grande culture) identique à celles de 2020, et ne prévoit pas de changement dans le type de culture implantées en Ile-de-France.
La production d’énergie : L’Ile de France importe environ 85% de l’énergie qu’elle consomme, majoritairement sous forme de gaz naturel, d’électricité et de produits pétroliers. L’essentiel de l’énergie produite et consommée par la région concerne la production de chaleur et de froid (86%) et la production d’électricité (13%). Le potentiel de production hydroélectrique de la région étant aujourd’hui pleinement exploitée (0.4% de la production énergétique de la région), la production d'hydroélectricité de la région ne devrait pas connaître d’évolution significative. En revanche, le schéma directeur du réseau de froid parisien prévoit que la quantité d'énergie livrée par leur réseau devrait atteindre 1000 GWh/an en 2050, soit une multiplication par environ 2,5 de la quantité/puissance actuellement délivrée (Ville de Paris, 2019[4]). Cette évolution est appliquée à l’ensemble de la production de froid régionale. Enfin, la valorisation énergétique des déchets est considérée comme stable, étant donnée la capacité des usines de valorisation existantes à couvrir les besoins d’incinération futures. En 2021, la quantité de déchets incinérée atteignait 91.6% de la capacité autorisée dans la région (ORDIF, 2022[5]), et les installations existantes ont donc la capacité d’absorber les déchets additionnels produits par la population croissante de l’Ile de France (5% à l’horizon 2050) prévue dans notre scénario.
Le transport fluvial devrait augmenter significativement à l’horizon 2050. L’extrapolation du taux de croissance annuel actuel du fret fluvial (3%) (VNF, 2022[6]) conduit à une multiplication par 2,5 en 2050 du volume actuel de marchandises transportées par fret fluvial. Cette évolution est alignée avec l'ambition de développer davantage le transport fluvial dans la région, comme le démontre le projet Seine-Escaut qui vise à connecter Paris et Le Havre aux grands ports maritimes de la Mer du Nord, via la Seine, l’Oise, l’Escaut et la Lys. De même, le tourisme fluvial augmente actuellement de 5% par an (Coopération des agences d’urbanisme de la Vallée de la Seine, 2019[7]), résultant en une multiplication du trafic par 2,7 d'ici 2050.
L’industrie manufacturière : L’évolution du secteur est plus complexe à anticiper. La tendance à la fermeture de sites industriels ces dernières années pourrait être compensée par les politiques de réindustrialisation. L’hypothèse d’une industrie manufacturière identique à aujourd’hui (en composition et valeur) est donc retenue.
Le cadre bâti : En considérant que la loi Élan encadrant les nouvelles constructions élimine le risque de retrait gonflement des argiles, le nombre de logements exposés au retrait gonflement des argiles en 2050 est considéré comme identique à celui observé aujourd’hui.
Les écosystèmes : Le scénario suppose que l’étendu des zones naturelles non ou peu anthropisées restera identique à aujourd’hui. La stratégie régionale pour la biodiversité 2020-2030 en Île-de-France (Conseil Régional d'Île de France, 2019[8]) s'engage en effet à préserver les écosystèmes existants mais ne prévoit pas de les développer davantage dans la région.