La transformation numérique a des incidences complexes et interdépendantes sur les économies et les sociétés. Les individus disposant d’un ensemble solide de compétences fondamentales, en technologies de l’information et des communications (TIC) et complémentaires sont mieux à même d’évoluer dans un monde de plus en plus tourné vers le numérique, de participer à l’économie mondiale et de rivaliser sur les marchés du travail. Avec les progrès technologiques fulgurants de l’automatisation, de la robotique et de l’intelligence artificielle, conjugués à la puissance des données, les entreprises ont plus que jamais besoin de spécialistes des TIC pour concevoir des applications et gérer les réseaux. À cela s’ajoute l’importance croissante, sur les marchés du travail, des compétences telles que la communication, l’intelligence émotionnelle et la résolution de problèmes. Se tenir au fait des besoins futurs en compétences relève d’un processus continu et suppose que les individus et les entreprises prennent part aux activités de valorisation et de recyclage des compétences. Les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer en les aidant à développer et utiliser efficacement les compétences afin qu’ils prospèrent dans un monde de plus en plus réticulaire et en rapide mutation.
Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 2)
Coup de projecteur. Les compétences à l’ère numérique
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L’utilisation efficace des technologies numériques et des données mobilise un large éventail de compétences que les individus doivent acquérir, entretenir et perfectionner tout au long de leur vie. Quel que soit leur âge, ils doivent être armés pour exploiter au mieux les technologies numériques. Les jeunes doivent être capables de les utiliser efficacement pour se former et se préparer à entrer dans le monde du travail. Les personnes d’âge moyen doivent en permanence se perfectionner et se recycler à mesure qu’évolue la demande de compétences. Enfin, les plus âgés doivent apprendre à vivre dans une économie et une société résolument tournées vers le numérique, sous peine de se retrouver dépassés.
L’acquisition des compétences nécessaires à l’ère numérique s’effectue par divers canaux, à des endroits et des moments différents. Les technologies numériques jouent un rôle croissant dans l’éducation et la formation. Le recours à l’intelligence artificielle (IA) générative pourrait révolutionner l’enseignement et l’apprentissage en modifiant la façon dont les élèves et étudiants abordent les sujets, posent des questions et développent leur compréhension. L’amélioration de la connectivité facilite la mise en place de classes « inversées » où les élèves se familiarisent avec le contenu des cours à la maison de manière à consacrer le temps de classe à la mise en pratique. Par ailleurs, les enseignants s’appuient sur différentes applications mobiles pour échanger avec les parents. À l’heure où, partout dans le monde, le numérique occupe une place de plus en plus importante dans l’apprentissage – un phénomène qui s’est amplifié avec la pandémie de COVID-19 –, l’énorme potentiel d’innovation que recelaient les systèmes éducatifs est apparu au grand jour dans de nombreux pays (OCDE, 2022[1]).
La pandémie a accéléré le rythme de la transformation numérique, entrainant le transfert d’un nombre croissant d’activités et de services du monde physique vers l’environnement en ligne. Dans la sphère professionnelle, le télétravail est devenu monnaie courante dans de multiples entreprises. Bien que la base des travailleurs des plateformes numériques (OCDE, 2019[2]) soit relativement restreinte, ils représentent une part grandissante de la population active dans de nombreux pays de l’OCDE (Urzì Brancati, Pesole et Fernández-Macías, 2020[3]; Kim, 2021[4]; Anderson et al., 2021[5]).
Les tendances telles que la mondialisation et les progrès de l’IA modifient également la demande sur le marché du travail et les compétences dont les travailleurs ont besoin pour prospérer (Bakhshi et al., 2017[6]). Les individus dépendent plus que jamais de leur capacité (jusqu’à présent) unique à faire preuve de créativité et d’initiative et à « apprendre à apprendre » tout au long de leur vie (OCDE, 2019[7]; Samek, Squicciarini et Cammeraat, 2021[8]). Dans le même temps, avec l’allongement de la durée de vie et des carrières, ils sont confrontés à des changements d’emploi plus fréquents et au risque d’obsolescence des compétences (OCDE, 2019[9]).
Les pouvoirs publics jouent un rôle important en favorisant l’acquisition de compétences à tous les âges, en facilitant les transitions justes sur le marché du travail et en adoptant des mesures qui incitent les entreprises à investir dans leurs travailleurs. S’appuyant sur la Stratégie de l’OCDE sur les compétences (OCDE, 2019[10]) et la Stratégie de l’OCDE pour l’emploi (OCDE, 2019[11]), ce Coup de projecteur présente les tendances à l’œuvre et les défis à relever afin de se préparer à faire face à la demande de compétences de demain. Il met en évidence l’éventail de compétences dont les individus ont besoin pour vivre et travailler dans une économie et une société résolument tournées vers le numérique. Il examine ensuite l’évolution de la demande de compétences du point de vue des entreprises. Enfin, il étudie la manière dont les individus, les entreprises et les pouvoirs publics peuvent répondre au mieux aux besoins en compétences induits par la transformation numérique, en mettant l’accent sur la nécessité de suivre de près l’évolution des capacités dans le domaine de l’IA. Au fil de la progression (probablement très rapide) du champ de l’IA dans les années à venir, il importera de comprendre les possibilités et les limites de la technologie afin d’étayer la mise en place de politiques adaptées (OCDE, 2023[12]).
Les individus doivent disposer d’un large éventail de compétences pour prospérer dans une économie et une société numériques
Copier le lien de Les individus doivent disposer d’un large éventail de compétences pour prospérer dans une économie et une société numériquesFace à l’évolution rapide du paysage numérique, les individus doivent, pour prospérer, posséder un large éventail de compétences. Elles sont de plusieurs types : premièrement, des compétences fondamentales, qui leur permettent de prendre part à l’économie et la société numériques ; deuxièmement, des compétences en TIC de base – compétences élémentaires en informatique, en communication et en recherche d’informations, et maîtrise de l’utilisation de logiciels de bureautique – ; troisièmement, des compétences plus pointues (en IA ou en programmation logicielle, par exemple). En outre, les compétences complémentaires (esprit d’équipe, autonomie, résolution de problèmes, créativité, communication, collaboration, intelligence émotionnelle) favorisent des pratiques de travail performantes et une forte aptitude à l’apprentissage continu.
Les compétences fondamentales sont essentielles à une utilisation efficace des technologies numériques
Les compétences fondamentales, notamment en sciences, en calcul et en lecture, sont essentielles pour mener à bien les activités quotidiennes (OCDE, 2019[14]). Les données issues du premier cycle du Programme de l’OCDE pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) montrent que des niveaux élevés de compétences en littératie et en calcul, d’une part, et en résolution de problèmes dans les environnements numériques, d’autre part, vont de pair. À l’inverse, de faibles niveaux de compétences en littératie et, surtout, en calcul, peuvent faire obstacle à l’utilisation d’applications TIC pour gérer efficacement l’information (OCDE, 2013[15]).
Le Graphique 1.S.1 présente la part des élèves ayant obtenu de très bons résultats1 en sciences, en mathématiques et en lecture en 2012 et en 2022. Ces élèves sont capables d’extraire et d’exploiter des informations de diverses sources directes et indirectes pour résoudre des problèmes complexes et d’assimiler des connaissances issues de différents domaines. Ces compétences exceptionnelles peuvent constituer un avantage considérable dans une économie mondiale concurrentielle, fondée sur le savoir, puisqu’elles leur permettent de s’adapter à l’échelle, au rythme et à l’étendue des transformations numériques. Entre 2012 et 2022, la part des élèves obtenant de très bons résultats en sciences, en mathématiques et en lecture a diminué dans la plupart des pays pour lesquels on dispose de données. Malgré une baisse d’environ quatre points en 2022, le Japon reste le pays qui affiche le taux le plus élevé de très bons élèves (7.6 %) ; suivent la Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Graphique 1.S.1. La part des meilleurs élèves continue de diminuer au fil du temps
Copier le lien de Graphique 1.S.1. La part des meilleurs élèves continue de diminuer au fil du tempsÉlèves obtenant les meilleurs résultats en sciences, en mathématiques et en lecture, 2022
Source: Calculs des auteurs, d’après OCDE (2024[16]) Base de données PISA 2022, https://www.oecd.org/fr/data/datasets/pisa-2022-database.html (consultée le 11 mars 2024). Le StatLink contient plus de données.
Des données publiées récemment par l’OCDE révèlent par ailleurs que les individus possédant des compétences fondamentales solides font une utilisation diverse et plus complexe des technologies numériques (OCDE, 2020[17]) et affichent une attitude plus positive à l’égard de l’apprentissage tout au long de la vie (OCDE, 2021[18]). Les spécialistes soulignent l’importance de trouver du plaisir dans la lecture dès le plus jeune âge, y voyant un marqueur pour l’âge adulte (Sanacore, 2002[19]). Les données issues de l’enquête PISA montrent que dans les différents pays, les élèves âgés de 15 ans qui possèdent de meilleures aptitudes en lecture sont généralement mieux à même de distinguer les faits des opinions publiés en ligne, une compétence qui s’avère indispensable dans l’environnement numérique (OCDE, 2021[20]).
Tandis que la part des élèves obtenant les meilleurs résultats continue de diminuer au fil du temps, on observe une progression rapide des performances des systèmes d’IA dans la réalisation de tâches effectuées par les élèves dans les différents domaines. Tel est le cas des tâches de base liées à la lecture, aux mathématiques et au raisonnement scientifique enseignées couramment aux élèves de 15 ans (OCDE, 2023[21]; OCDE, 2023[22]).
Les compétences en TIC renforcent la capacité à faire face au changement et à continuer d’apprendre
Outre les compétences fondamentales, les individus doivent posséder des compétences en TIC de base pour prospérer dans l’économie et la société numériques. Il s’agit là d’aptitudes élémentaires en informatique, en communication et en recherche d’informations, et de la maîtrise de l’utilisation de logiciels de bureautique (compétences opérationnelles et liées à la consultation d’informations, par exemple). Elles permettent d’accéder à des informations, facilitent la communication, aident à la participation citoyenne et améliorent l’employabilité et le bien-être (Burns et Gottschalk, 2019[23]; OCDE, 2023[24]; OCDE, 2020[17]). Pour autant, selon les données issues du premier cycle du PIAAC, dans les pays de l’OCDE, 25 % des adultes en moyenne ne possèdent pas les compétences numériques les plus élémentaires et 14 % sont seulement capables d’exécuter des fonctions de base sur un ordinateur ou un autre appareil numérique (Verhagen, 2021[25]).
En revanche, un niveau plus élevé de compétences en TIC (en programmation logicielle, en IA, etc.) renforce la capacité à faire face au changement (dans le cadre de l’organisation du travail, par exemple) et à continuer d’apprendre (de nouveaux langages de programmation). Il permet également aux individus d’exploiter la multitude d’informations librement accessibles sur le web.
Les compétences en programmation peuvent servir à de nombreux usages et être appliquées dans un large éventail de domaines. Elles aident à la résolution de problèmes, favorisent la créativité et l’innovation, et offrent de multiples possibilités de carrière. En outre, dans le monde actuel, tourné vers la technologie, les connaissances élémentaires en programmation s’avèrent de plus en plus précieuses au quotidien. Elles sont utiles pour résoudre des problèmes techniques ou modifier les paramètres de protection de la vie privée d’un appareil personnel, créer un site web personnalisé, analyser ses dépenses personnelles pour prendre des décisions éclairées en termes de dépenses et d’épargne, etc. Selon les données sur l’utilisation des TIC par les ménages et les particuliers, dans les pays de l’OCDE, environ 7 % seulement des personnes âgées de 16 à 64 ans indiquaient avoir rédigé du code informatique en 2021.
Les compétences en IA désignent les aptitudes et les connaissances requises pour mettre au point des systèmes d’IA ou en faire une utilisation avancée. Les compétences clés en IA comprennent la programmation, la compréhension et la mise en œuvre d’algorithmes d’apprentissage automatique ; l’exploration et le traitement de données ; l’apprentissage profond ; le traitement automatique du langage naturel ; et la compréhension de concepts liés à la vision par ordinateur, tels que le traitement d’images et la détection d’objets (OCDE, 2024[26]).
Les compétences complémentaires deviennent aussi indispensables que les compétences cognitives
Associées à un niveau minimum de compétences en TIC, les compétences complémentaires peuvent améliorer considérablement l’efficacité et la productivité des individus dans les environnements numériques. Les compétences complémentaires englobent l’esprit d’équipe, l’autonomie, la résolution de problèmes, la créativité, la communication, la collaboration, l’intelligence émotionnelle et une forte propension à l’apprentissage continu. Ces atouts utiles dans tous les secteurs et de plus en plus recherchés dans le monde actuel, axé sur la technologie, favorisent des pratiques de travail performantes à l’ère numérique. Le projet de l’OCDE sur les compétences à l’horizon 2030 a mis en évidence deux types de compétences complémentaires : les « compétences métacognitives », qui comprennent l’esprit critique, la créativité, la capacité d’apprendre à apprendre et l’autorégulation, et les « compétences socio-émotionnelles », qui englobent l’empathie, la perception de ses propres capacités, la responsabilité et la collaboration (OCDE, 2019[7]).
Les évolutions démographiques et sociétales, à l’instar du vieillissement de la population, entrainent une augmentation de la demande d’un certain nombre de professions liées aux soins de santé. Celles-ci exigent à la fois des connaissances scientifiques et des compétences socio-émotionnelles telles que la sollicitude, la sociabilité et le respect (OCDE, 2021[27]). Par ailleurs, les compétences socio-émotionnelles comme l’empathie, la conscience de soi, le respect d’autrui et la capacité à communiquer deviennent indispensables à mesure que progresse la diversité ethnique, culturelle et linguistique à l’école, au travail et dans les sociétés.
En parallèle, le recours croissant à l’IA et à des machines perfectionnées peut conduire à une dévalorisation du travail d’autrui. Certains chercheurs sont d’ailleurs convaincus qu’elle est déjà à l’œuvre (Turkle, 2017[28]). Si cette observation se généralise, il deviendra de plus en plus important d’apprendre à reconnaître la valeur de sa propre humanité et de celle des autres (Putnam, 2000[29]). Les contributions des individus à la société doivent être valorisées non seulement pour le bien-être individuel et sociétal, mais aussi pour la santé et la légitimité des institutions (Berkowitz et Miller, 2018[30]).
Enfin, les résultats scolaires dépendent également de compétences socio-émotionnelles telles que la persévérance, la maîtrise de soi, la responsabilité, la curiosité et la stabilité émotionnelle. Certaines sont indispensables à une participation fructueuse et aux performances dans le cadre scolaire. En d’autres termes, des compétences socio-émotionnelles insuffisantes peuvent entraver le développement et l’utilisation des compétences cognitives (OCDE, 2019[7]).
La transformation numérique croissante des entreprises entraîne une évolution de la demande de compétences
Copier le lien de La transformation numérique croissante des entreprises entraîne une évolution de la demande de compétencesL’adoption de nouvelles technologies numériques dans les entreprises modifie la nature du travail en réduisant la demande d’emplois répétitifs et en augmentant la demande de spécialistes des TIC sur le marché du travail. Les individus doivent posséder des compétences fondamentales solides pour évoluer dans l’économie numérique, notamment des compétences élémentaires pour vivre et travailler dans des environnements de plus en plus tournés vers la technologie. Elles complètent les compétences numériques plus pointues, telles que celles liées à la programmation logicielle et à la conception et au déploiement de systèmes d’IA.
Cette section examine la pénurie de spécialistes des TIC à l’aide d’indicateurs du marché du travail sur les professions, les offres d’emploi et les salaires. Elle s’appuie sur des statistiques officielles ainsi que sur des données du secteur privé pour dresser un panorama plus complet, adossé à des indicateurs actualisés. Elle s’intéresse ensuite aux petites et moyennes entreprises (PME), pour qui les investissements dans les compétences constituent un défi de longue date. Enfin, elle étudie les incidences potentielles de la transformation numérique sur la demande de compétences en examinant les données sur l’évolution des capacités dans le domaine de l’IA et l’exposition de différentes tâches à l’automatisation.
La demande de spécialistes des TIC augmente
L’adoption de nouvelles technologies numériques dans les entreprises modifie la nature du travail. Le recours aux technologies numériques entraine une réduction de la demande d’emplois répétitifs et une augmentation de la demande de spécialistes des TIC, dont les entreprises ont besoin pour programmer, développer des applications et gérer les réseaux. Compte tenu du nombre élevé d’offres d’emploi qui les concernent, les spécialistes des TIC comptent, depuis quelques années, parmi les professions les plus dynamiques. Pour autant, on continue d’observer des pénuries dans plusieurs secteurs (Censorii, 2021[31]). En 2021, plus de 60 % des entreprises de l’UE qui recrutaient ou tentaient de recruter des spécialistes des TIC peinaient à pourvoir les postes. En conséquence, la Commission européenne a annoncé l’objectif ambitieux d’atteindre 20 millions de spécialistes des TIC dans l’Union européenne à l’horizon 2030 (Commission européenne, 2023[32]).
V. Spiezia, E. Koksal-Oudot et P. Montagnier dans OCDE (2016[33]) proposent d’utiliser plusieurs variables de substitution basées sur les professions, les offres d’emploi, la durée de vacance et les salaires pour évaluer les pénuries susceptibles de toucher des professions données d’après la demande de spécialistes des TIC. Selon les statistiques relatives à la main-d’œuvre de la Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, les spécialistes des TIC occupaient, en 2021-22, 8 % de l’ensemble des emplois en Suède et en Israël, environ 4 % des emplois dans la zone UE27 et seulement 1.4 % des emplois en Türkiye.
Le Tableau 1.S.1 montre les professions les plus demandées sur LinkedIn™ – le métier de « Commercial(e) » figurait en première position au deuxième trimestre 2024. Plus largement, les professions liées au service à la clientèle et à la vente dominent cette liste, en particulier dans le commerce de détail (dont relèvent quatre professions sur les dix premières). Pour les recruteurs, cette tendance souligne l’importance croissante, sur les marchés du travail, des compétences complémentaires telles que la communication, l’intelligence émotionnelle et la résolution de problèmes. Elle met également en évidence la nécessité que les responsables de la gestion des talents s’attachent à définir, suivre et évaluer ces compétences, dans la mesure où les professions axées sur les services continuent de susciter une demande plus forte (Lewis, 2024[34]). Il est intéressant de noter que les seuls spécialistes des TIC figurant sur cette liste sont les ingénieur(e)s logiciel. Ils arrivent en troisième position avec un emplacement inchangé par rapport au trimestre précédent.
D’autres sources peuvent être utilisées pour obtenir des informations à jour sur l’évolution de la demande de main-d’œuvre à l’échelle internationale, en particulier dans les domaines en rapide mutation comme l’IA (OCDE, 2024[35]). D’après les données de Lightcast™ sur les offres d’emploi publiées en ligne, les annonces liées à l’IA représentent une part modeste mais croissante de l’ensemble des offres (Borgonovi et al., 2023[36]; Green et Lamby, 2023[37]; OCDE, 2024[38]). Les travailleurs possédant des compétences en IA sont particulièrement recherchés du fait de l’influence croissante de la technologie dans divers secteurs tels que la santé, la finance, la production manufacturière, l’automobile et le divertissement (Borgonovi et al., 2023[36]) ; ils bénéficient de rémunérations relativement élevées (OCDE, 2023[39]).
Autre indicateur de la pénurie de compétences spécialisées : l’augmentation des salaires réels dans les professions qui font une utilisation intensive de ces compétences. Si les compétences en TIC sont rares sur le marché du travail, les entreprises sont contraintes de proposer des salaires réels plus élevés pour attirer les travailleurs qui en sont dotés. Toutefois, l’évolution des salaires réels ne constitue pas toujours une mesure fiable des pénuries de compétences. D’une part, il arrive que les pénuries ne donnent pas instantanément lieu à une hausse des rémunérations, du fait des délais d’ajustement (en cas de négociations salariales collectives, par exemple). D’autre part, les salaires peuvent augmenter sous l’effet de chocs de productivité tant au niveau sectoriel qu’à l’échelle de l’économie. Par conséquent, la hausse des salaires réels ne peut être interprétée comme le signe d’une pénurie de compétences que si : i) elle se poursuit dans le temps ; ii) elle est supérieure à l’augmentation de la productivité du travail ; et iii) elle est plus importante que celle observée dans les autres secteurs de l’économie (OCDE, 2016[33]).
Tableau 1.S.1. La profession de « Commercial(e) » est la plus demandée sur LinkedIn
Copier le lien de Tableau 1.S.1. <strong>La profession de « Commercial(e) » est la plus demandée sur LinkedIn</strong>Métiers faisant l’objet du grand nombre d’offres d’emploi rémunéré sur LinkedIn, Q2 2024
|
Classement |
Profession |
Évolution par rapport au trimestre précédent |
|---|---|---|
|
1 |
Commercial(e) |
Position inchangée |
|
2 |
Vendeur/vendeuse au détail |
Position inchangée |
|
3 |
Position inchangée |
|
|
4 |
Infirmier/infirmière diplômé(e) |
Position inchangée |
|
5 |
Position inchangée |
|
|
6 |
Directeur/directrice des ventes |
Position inchangée |
|
7 |
Représentant du service à la clientèle |
Position inchangée |
|
8 |
Ingénieur(e) généraliste |
Position inchangée |
|
9 |
Conducteur/conductrice |
+13 |
|
10 |
Caissier/caissière |
+8 |
Notes: Les résultats sont fondés sur les données mondiales LinkedIn sur toutes les offres d’emploi premium publiées entre janvier 2024 et juin 2024 (inclus). L’analyse ne tient pas compte des professions pour lesquelles moins de 1 000 offres d’emploi ont été publiées au cours de l’un ou l’autre des trimestres ni de celles pour lesquelles la plupart des offres ont été publiées par une seule entreprise. Les professions les plus demandées sont celles qui ont fait l’objet du nombre le plus élevé d’offres d’emploi au cours du trimestre allant du 1er avril au 30 juin 2024.
Source: Lewis (2024[34]).
Le Graphique 1.S.2 compare les taux de croissance moyens des salaires – par rapport à la productivité moyenne du travail – dans les services TIC et dans l’ensemble du secteur des entreprises2 sur la période 2013-22. Dans les deux tiers des 28 pays pour lesquels on dispose de données, les salaires ont progressé plus fortement dans les services TIC que dans l’ensemble du secteur des entreprises. Dans les autres pays, les écarts sont limités (inférieurs à 1 % par an). Ces tendances confirment que la demande de spécialistes des TIC croît plus rapidement que l’offre dans les pays européens.
Graphique 1.S.2. Les salaires dans les services TIC ont augmenté plus fortement que dans l’ensemble du secteur des entreprises
Copier le lien de Graphique 1.S.2. Les salaires dans les services TIC ont augmenté plus fortement que dans l’ensemble du secteur des entreprisesÉvolution des salaires par rapport à la productivité du travail, 2013-22, moyennes annuelles
Source: Calculs des auteurs, d’après (Eurostat, 2023[40]), Statistiques relatives aux comptes nationaux annuels, https://ec.europa.eu/eurostat/web/national-accounts (consulté le 5 mars 2024).
Pour les PME, en particulier, les investissements dans les compétences TIC constituent un défi de longue date (OCDE, 2021[41]). En Europe, en 2020, le taux de grandes entreprises employant des spécialistes des TIC (76 %) était plus de cinq fois supérieur à celui des PME (14 %) (Censorii, 2021[31]). On peut expliquer cet écart en examinant les plus grandes difficultés auxquelles sont confrontées les petites entreprises, qui peinent à proposer des salaires et des avantages concurrentiels susceptibles d’attirer des professionnels expérimentés.
De plus, les PME ne disposent souvent pas de la même notoriété ou visibilité sur le marché du travail que les grandes entreprises. Elles peuvent donc avoir plus de difficultés à attirer des talents dans des domaines aussi concurrentiels que les compétences en TIC. Dans le cas de besoins en compétences de niche dans des domaines tels que la cybersécurité, l’IA ou des langages de programmation particuliers, il peut être plus problématique encore de trouver des candidats possédant la bonne combinaison de compétences et d’expériences.
Par conséquent, il n’est pas rare que les PME externalisent des fonctions TIC auprès d’organisations plus grandes qui offrent souvent des évolutions de carrière et des programmes de mentorat qui ont fait leurs preuves, ainsi que des possibilités de développement professionnel. Les PME, en particulier les plus petites, peuvent avoir du mal à offrir des perspectives de développement de carrière comparables, ce qui peut limiter leur attractivité. Enfin, l’absence de programmes de formation structurée et le manque de sécurité de l’emploi peuvent expliquer une partie des difficultés qu’elles rencontrent pour attirer les talents spécialisés dans les TIC.
Les progrès technologiques de l’IA et de la robotique continueront de transformer la demande de compétences
La transformation numérique aura d’autres répercussions sur la demande de compétences à mesure que les capacités de l’IA et de la robotique continueront de progresser et de transformer de nombreuses tâches effectuées par les humains. Plusieurs études récentes ont examiné le potentiel de l’IA en termes d’automatisation des tâches associées à différents emplois et professions. Ces études se fondent sur des évaluations d’informaticiens pour identifier les tâches que les machines sont peu susceptibles de réaliser au sein d’un échantillon de professions ou d’emplois. Elles proposent ensuite un modèle de potentiel d’automatisation et prédisent l’exposition des emplois à l’échelle de l’économie. Selon l’une de ces études, près de 14 % des emplois dans les pays de l’OCDE étaient exposés à l’automatisation en 2019, tandis que 32 % présentaient un risque élevé d’automatisation partielle (Nedelkoska et Quintini, 2018[42]).
Plus récemment, des données portant sur 21 pays de l’OCDE sur la période 2012-21 (Georgieff et Milanez, 2021[43]) ont montré que tous les pays ont enregistré une croissance des emplois au cours des dix dernières années, sans que des éléments attestent de destructions nettes d’emplois au niveau national. En revanche, au niveau infranational, les emplois présentant un risque élevé d’automatisation ont enregistré une croissance beaucoup plus faible (6 %) que ceux qui étaient peu exposés (18 %).
Les travailleurs peu qualifiés, qui tendaient déjà à exercer des professions exposées à un risque élevé d’automatisation en 2012, sont encore plus nombreux à occuper ces emplois. Pour autant, la croissance atone des emplois dans les professions particulièrement exposées à l’automatisation ne s’est pas traduite par une baisse du taux d’emploi des travailleurs peu qualifiés par rapport à celui des autres groupes. La raison principale en est que le nombre de travailleurs peu qualifiés a diminué parallèlement à la baisse de la demande de ces travailleurs.
À l’avenir, le risque d’automatisation pèsera de plus en plus sur les travailleurs peu instruits. Par ailleurs, la crise du COVID-19 pourrait avoir contribué à accélérer l’automatisation, sous l’effet de la réduction du recours au travail humain et des contacts entre les salariés, ou de la relocalisation d’une partie de la production des entreprises (Georgieff et Milanez, 2021[43]). Ces résultats montrent que les emplois nécessitant des niveaux de compétence peu élevés sont les plus exposés au risque d’automatisation, ce qui signifie que l’exposition à l’automatisation diminue à mesure que le niveau de formation augmente.
D’autres études ont analysé les possibles incidences de l’IA en s’intéressant aux compétences plutôt qu’aux tâches. Par exemple, J. Lassébie et G. Quintini (2022[44]) ont exploité un ensemble de données originales sur le potentiel d’automatisation de quelque 100 compétences et aptitudes recueillies dans le cadre d’une enquête menée auprès de spécialistes de l’IA. Les résultats montrent que les compétences liées à la résolution de problèmes complexes, à la gestion à haut niveau et aux interactions sociales restent difficiles à automatiser compte tenu de l’état des avancées technologiques. Toutefois, l’étude révèle également que certaines compétences et aptitudes précédemment considérées comme des freins à l’automatisation y sont davantage exposées du fait des progrès récents de l’IA. La connaissance des beaux-arts et certaines aptitudes psychomotrices telles que la capacité à travailler dans un espace exigu et dans des positions inconfortables, ou la dextérité digitale et manuelle en sont des exemples.
En parallèle, les auteurs montrent en outre que les progrès récents de l’IA entrainent une augmentation de la demande de diverses compétences requises dans les emplois très qualifiés exposés au risque d’automatisation. Tel est le cas de la compréhension de l’écrit, du raisonnement déductif et inductif, de la fluidité des idées et des capacités de planification, autant de compétences généralement associées aux professions très qualifiées.
Par conséquent, la plupart des emplois les plus exposés à l’automatisation ne courent pas le risque d’être entièrement automatisés. De fait, ils intègrent des tâches qui créent un goulet d‘étranglement, et même les emplois qui ne sont pas menacés de disparaître comprennent un ensemble réduit de tâches automatisables. Par exemple, environ 18 à 27 % seulement des compétences et des aptitudes associées aux professions les plus exposées sont hautement automatisables, et ces professions font toujours intervenir 5 % de compétences créant un goulet d‘étranglement. En d’autres termes, même les professions les plus exposées au risque d’automatisation ne devraient pas être intégralement remplacées par des solutions automatisées. En revanche, il faudra adapter l’organisation du travail et les travailleurs qui occupent ces emplois pourraient avoir à améliorer leurs compétences ou se recycler à mesure que les technologies les remplacent pour la réalisation de diverses tâches (Lassébie et Quintini, 2022[44]).
Par ailleurs, une enquête a été réalisée auprès de salariés et d’employeurs des secteurs de la production manufacturière et de la finance en Allemagne, en Autriche, au Canada, aux États-Unis, en France, en Irlande et au Royaume-Uni dans le but de recueillir leur perception des incidences actuelles et futures de l’IA sur le travail (Lane, Williams et Broecke, 2023[45]). Les résultats montrent qu’à mesure que l’IA gagne du terrain, les individus pourraient avoir besoin d’un éventail plus large de compétences (sociales) pour travailler avec les technologies connexes. Cette conclusion va dans le sens de travaux précédents, qui laissent à penser que l’adoption de l’IA exige non seulement des connaissances spécialisées en IA, mais aussi (ou plutôt) des compétences telles que l’intelligence créative et sociale, le raisonnement et l’esprit critique (OCDE, 2019[7]; Samek, Squicciarini et Cammeraat, 2021[8]; Squicciarini et Nachtigall, 2021[46]).
Enfin, F. Manca (2023[47]) a utilisé d’autres sources de données, à l’instar des offres d’emploi publiées en ligne, pour étudier les incidences de l’IA sur les marchés du travail. Pour cette étude, six questions ont été posées, notamment sur l’impact des technologies d’IA sur la demande de compétences associées à des activités répétitives (tâches de bureau et d’administration générale) et de compétences cognitives qui ne sont pas associées à des activités répétitives (créativité, résolution de problèmes). L’analyse révèle que les compétences en IA et celles associées à des activités répétitives ne sont pas complémentaires. À mesure que l’adoption de l’IA progresse, l’augmentation de la demande de compétences spécialisées devrait aller de pair avec une baisse de la demande de compétences associées à des activités répétitives, toutes choses égales par ailleurs. À l’inverse, on observe une corrélation positive entre les compétences en IA et les compétences cognitives de haut niveau.
Individus, entreprises et pouvoirs publics doivent se préparer à faire face aux besoins en compétences de demain
Copier le lien de Individus, entreprises et pouvoirs publics doivent se préparer à faire face aux besoins en compétences de demainPour prospérer dans une économie et une société de plus en plus tournées vers le numérique et dans un environnement économique en rapide mutation, les individus doivent en permanence acquérir de nouvelles compétences. Ils doivent faire preuve de souplesse, d’ouverture à l’égard de l’apprentissage tout au long de la vie et de curiosité. Cette section montre comment les individus, les entreprises et les pouvoirs publics peuvent relever ces défis par une action commune.
Les individus doivent avoir conscience de leurs besoins en compétences et se former tout au long de leur vie
Dans une économie et une société de plus en plus tournées vers le numérique, l’environnement économique évolue rapidement. Pour s’adapter et prospérer dans cet environnement, les individus doivent d’abord avoir conscience des risques et des possibilités qui se font jour. La transformation numérique peut leur donner les moyens de saisir de nouvelles opportunités, de rester en contact avec leurs proches et de mener une vie plus épanouissante. En revanche, le monde numérique fait également peser des risques en termes de bien-être et de santé mentale, de mésinformation et de désinformation, et de respect de la vie privée et d’incidents de sécurité. En 2020, 52 % des citoyens européens indiquaient se sentir relativement ou très bien informés sur la cybercriminalité, contre 46 % en 2017. Pour autant, leur confiance dans leur capacité à se protéger suffisamment contre ce type de criminalité est passée de 71 % en 2017 à 59 % en 2020 (Commission européenne, 2020[48]).
La conscience vient avec la connaissance. En 2023, les deux tiers des individus de l’Union européenne (67 %) souhaitaient bénéficier d’un enseignement et d’une formation plus poussés pour développer leurs compétences numériques (Commission européenne, 2023[49]). À cet égard, l’apprentissage tout au long de la vie semble être un outil de choix pour relever les défis dans ce domaine. Cela nécessite toutefois un changement de paradigme. L’apprentissage n’est plus segmenté en fonction des différentes étapes de l’existence, mais évolue au fil du cycle de vie (OCDE, 2021[18]). L’apprentissage tout au long de la vie repose non seulement sur l’apprentissage formel dans le cadre officiel des écoles ou des centres de formation, mais aussi sur l’apprentissage informel et non formel (auprès de collègues ou dans le cadre de formations en entreprise). En outre, les interactions sociales spontanées offrent des possibilités d’apprentissage fortuit.
Les technologies numériques révolutionnent aujourd’hui les mécanismes d’apprentissage traditionnels. L’OCDE (2022[1]) montre que les technologies intelligentes contribuent de diverses manières à l’amélioration des systèmes éducatifs et de l’enseignement. Elles facilitent l’accès à l’éducation et en améliorent la qualité pour les apprenants et la rentabilité pour les sociétés. Les progrès des grands modèles de langue pourraient ouvrir la voie à un apprentissage de plus en plus personnalisé dans toutes les disciplines et pour tous les groupes d’âge. À mesure que l’éducation et la formation prennent le virage du numérique, l’apprentissage peut se faire partout et devient moins onéreux et plus accessible. À cet égard, le Graphique 1.S.3 montre que le pourcentage d’internautes ayant suivi un cours en ligne a plus que doublé au cours des dix dernières années3 dans presque tous les pays de l’OCDE.
Graphique 1.S.3. La part des individus ayant participé à des activités de formation en ligne a progressé au cours des dix dernières années
Copier le lien de Graphique 1.S.3. La part des individus ayant participé à des activités de formation en ligne a progressé au cours des dix dernières annéesIndividus ayant utilisé l’internet pour suivre un cours en ligne en pourcentage du nombre total d’individus, 2023
Source: Calculs des auteurs, d’après (OCDE, 2024[50]), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, https://oe.cd/dx/ict-access-usage (consulté le 31 janvier 2024).
Dans l’UE27, 16.4 % des individus ont suivi un cours en ligne en 2022 ; 20.7 % ont utilisé des supports de formation en ligne autres qu’un cours complet (tutoriels vidéo, webinaires, manuels scolaires au format électronique, applications ou plateformes de formation ; et 18.1 % ont échangé avec des formateurs ou des apprenants à l’aide d’outils audio ou vidéo de type Zoom, MS Teams ou Google Classroom.
Cela dit, les résultats de travaux de recherche montrent que les adultes qui prennent part à des activités de formation présentent un certain nombre de caractéristiques personnelles et professionnelles (âge, genre, niveau d’instruction ou type de contrat, ancienneté, etc.). Il importe de souligner que le caractère autodirigé de nombreuses offres de formation en ligne devient un obstacle pour les apprenants qui ne possèdent pas les compétences ni les dispositions nécessaires pour se former avec succès, en toute indépendance. L’OCDE (2021[18]) montre que le niveau d’instruction est l’une des variables explicatives les plus fiables de la volonté de poursuivre l’apprentissage. Les diplômés du supérieur sont ainsi, en moyenne, moins susceptibles de s’en désintéresser que les travailleurs qui ne sont pas allés au-delà du premier cycle du secondaire.
Les stratégies de confinement et d’atténuation mises en place face à la pandémie de COVID-19 ont également eu des effets directs et indirects sur la participation aux activités de formation des adultes désireux d’enrichir leurs connaissances. Dans les pays de l’OCDE, les possibilités d’apprentissage non formel pourraient avoir diminué en moyenne de 18 % et les opportunités d’apprentissage informel, de 25 % (OCDE, 2021[18]). D’autres facteurs tels que la disponibilité de services de qualité, les coûts de formation élevés et les contraintes personnelles (manque de temps ou responsabilités familiales, par exemple) influent en outre sur la décision des individus de suivre une formation.
Les entreprises devraient œuvrer en permanence à l’amélioration et au recyclage des compétences des salariés
Du point de vue des entreprises, les technologies numériques permettent d’automatiser de nombreuses tâches répétitives, favorisent l’accès des salariés à des données en temps réel, leur offrent la possibilité de télétravailler, facilitent la collaboration et la communication, améliorent le service à la clientèle, créent une expérience de travail plus attrayante et personnalisée et fournissent aux salariés des outils mobiles et sociaux (Franke, 2022[51]). Ces changements ne peuvent se faire sans une main-d’œuvre qualifiée. Par conséquent, les entreprises devraient instaurer des conditions propices à l’apprentissage continu et au développement des compétences et donner à leurs salariés les moyens de prospérer à l’ère numérique. Cela profite certes aux salariés, à titre individuel, mais contribue également à la réussite et la compétitivité globales des organisations, dans un paysage numérique en rapide mutation.
C’est pourquoi les employeurs doivent investir dans les salariés afin de les aider à acquérir et entretenir les compétences dont ils ont besoin dans le cadre professionnel (OCDE, 2019[7]), sachant que certaines compétences nécessaires aujourd’hui deviendront obsolètes demain. Or, de nombreux adultes ne suivent pas de formations en entreprise – ou ne souhaitent pas le faire. Sans compter que la pandémie a réduit leurs possibilités en la matière, surtout pour les travailleurs peu qualifiés qui ne disposent pas des compétences nécessaires pour suivre des formations à distance. En 2021, 11.2 % seulement des entreprises de l’UE ont dispensé des formations professionnelles à leurs spécialistes des TIC ; 19.7 % ont proposé des formations aux TIC aux autres membres du personnel.
Au-delà des programmes de formation courants destinés aux personnes de tous âges et de tous niveaux de qualification, les entreprises devraient favoriser l’accès aux plateformes de formation en ligne et subventionner ou financer les formations utiles. Elles doivent également insuffler une culture de la formation et du développement professionnel continus en invitant les salariés à prendre en main leur propre formation et en mettant à leur disposition les ressources susceptibles de les y aider. Les salariés devraient être incités à essayer de nouveaux outils et technologies numériques dans le cadre professionnel et bénéficier d’un environnement sûr pour l’expérimentation et l’apprentissage par l’échec.
Ces pratiques professionnelles peuvent sembler impliquer des changements radicaux ou financièrement inaccessibles à certaines entreprises, en particulier les PME qui ont souvent besoin de compétences spécifiques. Les PME se heurtent de longue date à des difficultés d’accès aux talents et de développement de leurs compétences. Elles ont des liens limités avec les réseaux qui pourraient leur permettre d’accéder à des travailleurs qualifiés. En outre, elles ne disposent pas de stratégies formalisées de gestion des ressources humaines pour identifier les pénuries de compétences et fidéliser les travailleurs formés et qualifiés. Il se peut également qu’elles ne soient pas en mesure d’utiliser les nombreuses incitations financières disponibles pour couvrir les coûts de formation, soit parce qu’elles n’en ont pas connaissance, soit parce qu’elles ne remplissent pas les conditions requises (OCDE, 2023[52]).
Pour surmonter ces difficultés, l’OCDE (2023[52]) met en avant l’utilité des « écosystèmes de compétences »4. Les intervenants peuvent accéder à des groupes de compétences, y compris transversales, sans les internaliser ni supporter entièrement les coûts associés. Les compétences sont accessibles en puisant dans le vivier de main-d’œuvre spécialisée ou sous la forme de services intellectuels. Grâce à ces externalités positives, les PME peuvent bénéficier plus facilement de connaissances spécialisées et répondre durablement aux besoins en compétences « non fondamentales ».
Les PME peuvent aussi envisager de recourir à des stratégies de recrutement créatives, consistant par exemple à proposer des modalités de travail flexibles. Elles peuvent être l’occasion de mettre en avant les possibilités de croissance et de développement des compétences et les avantages uniques d’une équipe réduite soudée. Par ailleurs, les PME peuvent rechercher des candidats faisant montre d’une forte volonté d’apprendre et de s’adapter, ce qui peut témoigner d’une plus grande ouverture à un éventail plus large de responsabilités.
La mise en place de sessions d’accompagnement et d’apprentissage coopératives prenant en compte l’histoire et le contexte de chaque entreprise contribue grandement à améliorer l’adoption des technologies numériques dans les PME (OCDE, 2021[41]). Toutefois, les entreprises ont également besoin d’un appui opérationnel continu pour mettre en œuvre les solutions. Par conséquent, les mesures qui allient l’apprentissage mutuel et les services de soutien individuel – par le biais de services de conseil ou d’accompagnement subventionnés, par exemple – semblent être le meilleur moyen d’aider les PME à investir dans les compétences clés nécessaires à la transformation numérique.
Des politiques bien pensées aideront les individus et les entreprises à se préparer au mieux aux futurs besoins en compétences
Compte tenu des difficultés évoquées plus haut, les pouvoirs publics doivent coordonner leur action. D’une part, ils doivent adopter une approche agile des initiatives nationales de valorisation des compétences en travaillant de concert avec les entreprises, les organisations à but non lucratif et le secteur de l’éducation. Ils doivent également engager un dialogue social avec les syndicats afin de suivre et d’améliorer en permanence le fonctionnement des écosystèmes de compétences. D’autre part, ils doivent faciliter les transitions sur le marché du travail afin de veiller à ce que personne ne reste sur le bord de la route.
À l’heure actuelle, plusieurs pays de l’OCDE (dont l’Australie, l’Irlande, le Luxembourg et la Suède) et des partenaires clés (tels que l’Afrique du Sud et l’Inde) ont mis en place au moins une stratégie nationale en matière de compétences. L’objectif est de concevoir et mettre en œuvre une approche interministérielle et d’accompagner la double transition. Ces stratégies visent en outre à harmoniser les efforts déployés dans le cadre de diverses politiques, avec une forte participation des parties prenantes (partenaires sociaux, acteurs de la société civile et du marché du travail, et secteur de l’éducation et de la formation). L’Union européenne a mis en place sa propre stratégie en matière de compétences, qui fixe des objectifs à cinq ans à l’intention de l’ensemble des États membres (Commission européenne, 2020[53]).
Au-delà des stratégies, les pouvoirs publics adoptent également des politiques pour affronter plusieurs des défis exposés dans ce Coup de projecteur. Par exemple, la plupart des stratégies nationales en matière d’IA comportent des éléments importants liés à l’éducation et au marché du travail (OCDE, 2024[54]). Les politiques mises en place s’articulent autour des axes suivants :
Investir dans la qualité et l’équité des systèmes d’enseignement et de formation et dans leur adéquation au marché du travail en allouant des programmes de financement axés sur les compétences et les technologies les plus demandées, en soutenant la formation professionnelle, l’apprentissage et les possibilités de formation en cours d’emploi et en dispensant aux enseignants les formations pertinentes (stratégie Éducation 4.0 du CARNET pour la période 2022-25, en Croatie, lignes directrices intitulées « Les compétences de demain pour la société de demain », en Lettonie).
Promouvoir la formation tout au long de la vie en favorisant l’instauration d’une culture de l’apprentissage et du développement continus chez les travailleurs comme les employeurs, et en encourageant les individus à mettre à profit les cours, ateliers et autres ressources pédagogiques disponibles en ligne (programme sur les compétences numériques dans l’éducation, en Croatie, stratégie en faveur de l’orientation tout au long de la vie pour la période 2020-23, en Finlande, stratégie « Le numérique tout au long de la vie », en Norvège).
Faciliter l’accès aux ressources pédagogiques en donnant accès à des programmes de formation abordables ou gratuits et à des bourses d’études, en particulier à l’intention des personnes percevant de faibles revenus, et en soutenant des initiatives telles que les bibliothèques publiques, les centres communautaires et les plateformes en ligne qui proposent des ressources éducatives (programme de transformation numérique au travail, au Chili, plateforme numérique d’acquisition de compétences de base « vhs-Lernportal.de », en Allemagne, programme d’alphabétisation numérique, au Mexique).
Favoriser la reconnaissance et la certification des nouvelles compétences en adoptant des mécanismes de validation des formes d’apprentissage non conventionnelles, à l’instar des microcertifications, des badges numériques ou des évaluations fondées sur les compétences, et en encourageant la mise au point de certifications reconnues par les entreprises (Politique nationale d’éducation numérique (PNED), au Brésil, plateforme Pix, en France).
Attirer les talents par le biais de programmes de visas et de bourses d’études afin de favoriser les externalités de connaissances (stratégie nationale en matière d’IA, au Royaume-Uni).
Favoriser la mise en place de partenariats public-privé afin de déterminer les besoins actuels et futurs en termes de compétences et d’encourager les entreprises à participer à des programmes de formation et à proposer des stages ou des formations en apprentissage (« Compte personnel de formation d’un salarié du secteur privé », en France).
Mettre en place des incitations fiscales et des subventions, en proposant des remboursements d’impôt ou des aides aux entreprises qui investissent dans la formation et le perfectionnement des salariés, et en incitant les individus à poursuivre leurs études ou leur formation.
Promouvoir l’inclusion numérique et la diversité en veillant à ce que les programmes de valorisation et de recyclage des compétences soient accessibles à tous les segments de la pyramide des âges et en mettant en œuvre des programmes ciblés pour favoriser la diversité (« Fondo Repubblica Digitale », en Italie).
Évaluer et mesurer l’impact des politiques mises en place en assurant un suivi régulier de l’efficacité des programmes en termes d’emploi, de croissance des salaires et d’adéquation aux besoins des secteurs, et en s’appuyant sur les éclairages fondés sur des données pour affiner et améliorer ces programmes au fil du temps.
Pour s’assurer que les mesures restent pertinentes dans un contexte de mutations technologiques rapides, il importe de suivre de près l’évolution des systèmes d’IA. Il sera dès lors essentiel d’anticiper les réorientations de la demande de compétences induites par les technologies afin de faire en sorte que les systèmes d’éducation et de formation répondent aux besoins des individus et des entreprises. Des évaluations solides des capacités en termes d’IA contribueront, dans les années à venir, à étayer l’élaboration de politiques sociales adaptées (OCDE, 2023[22]).
Références
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Notes
Copier le lien de Notes← 1. Les élèves ayant obtenu les meilleurs résultats sont ceux qui ont atteint le niveau de compétence le plus élevé à l’évaluation PISA, soit le niveau 5 ou 6, à la fois en sciences, en lecture et en mathématiques.
← 2. Pour des raisons de disponibilité des données, le secteur des entreprises correspond à l’agrégation des classes d’activités suivantes de la NACE Rév. 2 :
[B-E] : Industrie (hors construction)
F : Construction
[G-I] : Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration
J : Information et communication
K : Activités financières et d’assurance
L : Activités immobilières
[M-N] : Activités spécialisées, scientifiques et techniques ; activités de services administratifs et de soutien
[R-U] : Arts, spectacles et activités récréatives ; autres activités de services ; activités des ménages et d’organisations et organismes extraterritoriaux.
← 3. Les données relatives au Canada et au Japon se rapportent à 2012 et 2022. Pour le Chili, elles concernent 2012 et 2017. Pour la Colombie et l’Islande, elles correspondent à 2013 et 2021. Pour le Costa Rica, les données se rapportent à 2018. Pour Israël, elles portent sur 2020 et 2021. Pour l’Égypte, elles correspondent à 2022. Les données relatives à la Colombie et la Corée se rapportent à 2013 et 2022. Pour le Mexique, les données concernent 2013 et 2022, et incluent les catégories « a bénéficié d’une formation professionnelle », « a suivi des cours pour compléter les études », « a consulté des tutoriels sur des sujets d’intérêt » et « autres types de formation ». Pour la Pologne, les données concernent 2011 et 2023. Pour la Suisse, elles portent sur 2017 et 2023. Pour le Royaume-Uni, elles correspondent à 2013 et 2020. Pour les États-Unis, elles se rapportent à 2015 et 2021.
← 4. Un écosystème de compétences peut être défini comme une communauté (entreprises, industrie/secteur, prestataires d’éducation et de formation, organisations non gouvernementales, acteurs locaux ou régionaux, etc.) au sein de laquelle des individus et des organisations entrent en relation et interagissent dans le but de répondre à des besoins en compétences, et de développer, d’utiliser et de transmettre, de façon autonome, des connaissances, des aptitudes et des compétences.