Les effectifs de professionnels des STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) ont continué de croître dans les économies de l’OCDE et de l’UE, selon les données les plus récentes de l’Observatoire des carrières de la recherche et de l’innovation (ReICO). La part des professionnels des sciences et de l’ingénierie (S-I) est passée de 3,2 à 3,7 % de l’emploi total dans les pays de l’OCDE entre 2017 et 2024. Celle des professionnels des technologies de l’information et de la communication (TIC) — qui regroupent les concepteurs et analystes de logiciels et d’applications ainsi que les spécialistes des bases de données et des réseaux — est passée de 2,0 à 3,1 % en moyenne dans les économies de l’OCDE.
Initiative conjointe de l’OCDE et de l’UE, ReICO retrace le développement, l’empreinte sur le marché du travail et la circulation des effectifs de la recherche et de l’innovation (R-I) dans plus de 50 pays. Elle appréhende ces effectifs sous deux angles complémentaires. Le premier dénombre les personnes par profession : les effectifs STIM, composés des professionnels des sciences et de l’ingénierie et des professionnels des TIC. Le second les dénombre par fonction : le personnel de R-D, c’est-à-dire les chercheurs, techniciens et personnels de soutien qui travaillent à des activités de R-D, quelle que soit leur profession. Les deux ensembles se recoupent sans se confondre, car de nombreux professionnels des STIM ne travaillent pas à la R-D et tout le personnel de R-D n’est pas constitué de professionnels des STIM. La mise à jour 2026 de la plateforme ReICO étoffe la série d’indicateurs sur les effectifs de R-I par rapport à la version bêta de 2025 et, pour la première fois, intègre des mesures des effectifs de professionnels des STIM — tirées des enquêtes sur la population active et des recensements de la population — aux côtés d’indicateurs établis et expérimentaux.
De fortes disparités entre pays dans la taille des effectifs STIM et l’équilibre entre professionnels des sciences et de l’ingénierie et professionnels des TIC
Ensemble, les professionnels des sciences et de l’ingénierie et des TIC représentent environ 7 % de l’emploi total dans les économies de l’OCDE et de l’UE. Ces professions exigent un haut niveau d’expertise scientifique et technique et, même si elles ne participent pas toutes directement à la R-D, elles concourent à la capacité des économies à produire, adopter, appliquer et diffuser les connaissances et innovations nouvelles. Les écarts entre pays sont importants. Parmi les pays Membres de l’OCDE, la part cumulée des professionnels des sciences et de l’ingénierie et des TIC dépasse 10 % en Finlande, en Israël, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suède, mais reste inférieure à 3 % en Colombie, au Mexique et en Türkiye. Elle est plus faible encore dans certaines économies partenaires couvertes par ReICO, tombant sous la barre des 2 % en Argentine, en Inde, en Indonésie et au Pérou.
Les pays dotés des effectifs STIM les plus importants tendent aussi à être les plus intensifs en TIC. En moyenne dans les économies de l'OCDE et de l'UE, la part des professionnels des sciences et de l’ingénierie demeure supérieure à celle des professionnels des TIC, mais l’inverse s’observe dans quelques économies, de la manière la plus marquée en Suède et aux États-Unis, ainsi qu’en Israël, au Luxembourg et aux Pays-Bas.
Une progression régulière du personnel de R-D et des chercheurs
La R-D puise dans les effectifs STIM, mais seule une fraction des professionnels des STIM travaille directement à la R-D, et d’autres professions y contribuent également, comme les techniciens de laboratoire, les concepteurs de produits et le personnel de soutien administratif. En 2024, l’ensemble du personnel consacré à la R-D, mesuré en équivalents temps plein (ETP), atteignait en moyenne près de 1,6 % de l’emploi total dans l’OCDE.
Conformément au Manuel de Frascati, les estimations de l’OCDE relatives au personnel de R-D correspondent à la somme des effectifs relevant de trois catégories fonctionnelles : les chercheurs de R-D, les techniciens de R-D et les autres personnels de soutien à la R-D. Les chercheurs ne sont pas uniquement des chercheurs scientifiques, mais aussi des professionnels de la R-D — notamment des cadres et des ingénieurs — qui participent à la conception et à la supervision des activités et projets de R-D dans l’ensemble des secteurs. De 2015 à 2024, la part des chercheurs est passée de 0,8 % à 1,1 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.
Les statistiques de l’OCDE sur le personnel de R-D s’appuient sur les enquêtes officielles menées auprès des entreprises et des organismes par les organismes nationaux de statistique, publiées dans les Principaux indicateurs de la science et de la technologie (PIST) de l’OCDE et, de manière plus détaillée, dans la base de données des statistiques de R-D de l’OCDE. Les mesures des professions STIM reposent sur une source différente : les données des enquêtes sur la population active et des recensements de la population, classées selon la Classification internationale type des professions (CITP). Contrairement aux PIST, les estimations présentées ci-dessus reposent sur des moyennes non pondérées des pays pour lesquels des données sont disponibles ; toutefois, lorsqu’il est possible de calculer également des moyennes pondérées, les tendances coïncident et les écarts entre les moyennes de l’OCDE et de l’UE sont négligeables.
Des différences d’intensité et de composition du personnel de R-D selon les pays
Les écarts d’intensité du personnel de R-D, c’est-à-dire la part du personnel de R-D dans l’emploi total, sont presque aussi marqués que les écarts d’intensité des dépenses de R-D présentés dans les Principaux indicateurs de la science et de la technologie de l’OCDE, ce qui témoigne de l’importance des apports directs de main-d’œuvre dans l’effort de R-D des entreprises et des organismes. Parmi les pays pour lesquels les données couvrent l’ensemble de l’économie, cinq seulement affichent une intensité du personnel de R-D supérieure à 2 % : l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande et la Corée.
La composition des effectifs de R-D varie elle aussi. En moyenne, les chercheurs représentent 68 % du personnel de R-D dans l’OCDE et l’UE, dans une fourchette allant de 88 % en Suède à 55 % en Suisse. Parmi les économies partenaires de la base de données, la République populaire de Chine (ci-après « la Chine ») fait état d’une part de 42 %, seule économie de la base où les chercheurs représentent moins de la moitié du personnel de R-D.
Davantage d’indicateurs sur les effectifs de R-I sont disponibles sur la plateforme ReICO
La plateforme ReICO offre une vue d’ensemble plus large des capacités, du développement et de la circulation des effectifs de R-I entre les pays. L’édition 2026 actualise plus de 400 indicateurs issus de la version bêta de 2025, élargit la couverture des conditions d’emploi des personnes les plus hautement qualifiées et ajoute de nouveaux indicateurs sur leur qualité de vie. Parmi les autres ajouts figurent des données enrichies sur les ressources financières dont dispose le personnel de R-D selon les secteurs, ainsi que de nouveaux indicateurs sur le profil de formation des personnes employées dans les entreprises innovantes.
Les journalistes sont invités à contacter Elisabeth Schoeffmann au Service des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 81 18). Pour toute question relative aux données, veuillez écrire à ReICO@OECD.org.