La Norvège compte toujours parmi les économies les plus prospères et les plus égalitaires au monde, mais le ralentissement de la croissance de la productivité et l’augmentation des dépenses publiques pèsent sur l’économie et sur la viabilité des finances publiques à long terme. Pour relever ces défis, la Norvège devrait assainir ses finances publiques, réduire les formalités administratives imposées aux entreprises et améliorer la qualité du système éducatif, selon l’Étude économique de l’OCDE consacrée à la Norvège.
Après une progression de 1.1 % en 2025, la croissance totale du PIB devrait s’établir à 1.3 % en 2026 et à 1.2 % en 2027. L’inflation annuelle moyenne devrait augmenter légèrement, passant de 3.0 % en 2025 à 3.1 % en 2026, avant de se replier à 2.3 % en 2027.
« Le PIB par habitant, les revenus et les niveaux de vie de la Norvège comptent parmi les plus élevés de la zone OCDE, à la faveur d’institutions solides, d’une saine gestion économique et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée », a déclaré le directeur de la Branche des études nationales de l’OCDE Luiz de Mello lors de la présentation de l’Étude à Oslo aux côtés de Jens Stoltenberg, le ministre des Finances de la Norvège. « Pour préserver ces acquis, il faudra mener une gestion rigoureuse des finances publiques, notamment grâce à un plan de dépenses à moyen terme. Pour stimuler la productivité et accroître les possibilités, la Norvège devrait abaisser les obstacles réglementaires à l’activité des entreprises et renforcer les compétences de base dans le système éducatif. »
Les dépenses publiques en pourcentage du PIB ont augmenté au cours des deux dernières décennies pour atteindre 60 %, soit le niveau le plus élevé de tous les pays de l’OCDE. Adjoindre au cadre budgétaire un plan de dépenses à moyen terme contribuerait à réduire les tensions sur les dépenses et à maintenir la viabilité à long terme des finances publiques.
Réformer le régime de maladie et d’invalidité pourrait être un moyen d’augmenter l’emploi et d’en réduire les coûts élevés. Une telle réforme devrait favoriser les interventions précoces et les évaluations médicales indépendantes, tout en abaissant les taux des prestations. Il est nécessaire d’engager une réforme complète en vue de réduire les prélèvements sur le travail et sur le capital, et d’augmenter les impôts sur les successions et la propriété.
La croissance de la productivité est en baisse depuis deux décennies et est désormais inférieure à la moyenne de l’OCDE. Des réformes des politiques de la réglementation permettraient de stimuler la dynamique des entreprises, l’innovation et l’investissement. Alléger les charges administratives qui pèsent sur les start-ups, renforcer les examens réglementaires et accroître l’efficacité des régimes d’insolvabilité seraient autant de mesures clés.
Malgré des dépenses élevées, les résultats scolaires des jeunes se sont dégradés au cours de la dernière décennie. Les priorités devraient être d’améliorer la qualité de l’enseignement tout en l’adaptant aux besoins de chaque élève, et de renforcer les évaluations. Alléger le programme d’études et appliquer l’interdiction de l’usage d’appareils numériques contribuerait aussi à améliorer les résultats de l’enseignement primaire et du premier cycle du secondaire.
En tant qu’exportateur de produits de base essentiels, la Norvège est moins exposée aux risques de perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales que la plupart des pays de l’OCDE. La part des échanges en valeur ajoutée avec des partenaires non européens augmente, y compris avec des pays avec lesquels la Norvège n’a pas conclu d’accord de libre-échange. Approfondir les relations commerciales, améliorer la gestion des risques et conserver des stocks suffisants de biens essentiels sont autant de mesures qui permettront d’atténuer les risques de perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale.
On trouvera ici une Synthèse de l’Étude économique de la Norvège reprenant ses principales conclusions et ses graphiques clés (vous êtes invités à inclure ce lien dans vos articles).
Les journalistes souhaitant obtenir de plus amples informations sont invités à contacter Spencer Wilson à l’Unité des médias de l’OCDE (tél. : +33 1 45 24 81 18).
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.