L'OCDE analyse quatre leviers d'action pour financer des systèmes de santé plus résistants : 1) augmenter les dépenses publiques, 2) accroître l'allocation à la santé dans les budgets actuels, 3) réévaluer les limites entre les dépenses publiques et privées, 4) maximiser les gains d'efficience. Chacun de ces leviers politiques doit être évalué en fonction de ses avantages et de ses risques, et de la mesure dans laquelle il est réalisable dans la pratique.
Dépenses de santé et viabilité financière
Les dépenses de santé dans les pays de l'OCDE ont continué à augmenter au cours des dernières décennies. Cette évolution est due à la fois à des progrès médicaux significatifs et à des pressions inhérentes aux coûts, telles que le vieillissement de la population. Le défi pour les pays est de savoir comment renforcer les systèmes de santé en améliorant la qualité et l'accessibilité des soins de santé tout en maîtrisant l'augmentation des dépenses de santé.
Messages clés
L'OCDE est à l'avant-garde du suivi et de l'analyse des dépenses de santé de chaque pays. Grâce à la collecte annuelle de données, des données comparables et actualisées montrent où vont les ressources financières en termes de type de soins, de prestataires de soins et de payeurs. Ces informations sont essentielles pour analyser les questions d'efficacité, d'équité et de viabilité des systèmes de santé.
Face aux défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé, il est essentiel de promouvoir le dialogue entre les personnes impliquées dans tous les aspects des dépenses de santé. Le réseau conjoint de l'OCDE des hauts fonctionnaires du budget et de la santé réunit des représentants des ministères des finances, de la santé et des organismes de sécurité sociale. Le réseau offre aux responsables gouvernementaux un espace efficace pour discuter ouvertement des défis et des solutions liés à la viabilité budgétaire des systèmes de santé.
Contexte
Les systèmes de santé sont sous pression financière
Une analyse de l’évolution des dépenses de santé et du PIB par habitant au cours des 20 dernières années met en évidence deux chocs de grande ampleur : la crise économique et financière de 2008 et l’impact de la pandémie de COVID‑19 en 2020. Si les économies de l’OCDE se sont fortement contractées en 2009, la croissance des dépenses s’est maintenue brièvement avant de ralentir pour atteindre un niveau proche de zéro entre 2010 et 2012, différentes mesures ayant été prises pour réduire les dépenses publiques. Puis, la croissance s’est redressée pour atteindre de nouveau un niveau modéré. En 2020, les mesures généralisées de confinement et les autres mesures de santé publique qui restreignaient fortement l’activité économique et les dépenses de consommation ont précipité de nombreuses économies de l’OCDE dans une chute libre, alors que les dépenses de santé ont connu une croissance exceptionnelle. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, la crise énergétique et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont par la suite provoqué une forte inflation et un ralentissement de la croissance en 2022 et 2023, qui s’est établie à des niveaux inférieurs aux prévisions. À mesure que les pays sortaient de la phase aiguë de la pandémie de COVID‑19, les dépenses de santé réelles par habitant ont diminué en moyenne de 2.5 % en 2022 puis stagné en 2023. Néanmoins, en 2024 les dépenses de santé ont commencé à retrouver les niveaux constatés avant la pandémie, et l’augmentation estimée des dépenses par habitant a dépassé 3 % en valeur réelle.
Dépenses de santé futures
À long terme, la croissance des dépenses de santé d'origine publique devrait être deux fois supérieure à la croissance moyenne des recettes publiques (2,6 % et 1,3 % respectivement dans les pays de l'OCDE). Si l'on ajoute à cela la nécessité d'investir dans les systèmes de santé pour assurer leur résilience future, les dépenses de santé pourraient atteindre 11,8 % du PIB d'ici à 2040.
Toutefois, des changements politiques plus transformateurs ciblant les dépenses inutiles et tirant parti des technologies numériques pourraient limiter cette augmentation, tout en améliorant les résultats en matière de santé. Il est toutefois essentiel que toutes les économies potentielles soient réorientées vers les budgets de la santé, plutôt qu'absorbées dans le budget général.
Données associées
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Document d’orientation19 mai 202113 Pages
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10 novembre 2017224 Pages