Septembre 2025
Promouvoir l’égalité des chances
Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesVeiller à ce que chacun ait une chance équitable de réussir dans la vie, indépendamment de son milieu d’origine, constitue une source importante de prospérité économique et de cohésion sociale, ainsi qu’un principe fondamental de la démocratie. Le rapport de l’OCDE, To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities (2025[1]), propose de nouvelles données empiriques qui peuvent éclairer le débat public et aider à élaborer des politiques efficaces visant à créer des conditions plus équitables pour tous. La présente synthèse s’appuie sur ce rapport.
L’analyse prolonge des travaux antérieurs de l’OCDE dans deux domaines clés. Premièrement, elle propose un indicateur robuste et comparable de l’inégalité des chances. Celui-ci est ensuite appliqué à un vaste ensemble de pays (29 pays Membres de l’OCDE et 3 candidats à l’adhésion) Deuxièmement, le rapport explore les liens entre les perspectives économiques et le « lieu » en analysant les disparités géographiques en termes d’accès aux principaux déterminants des opportunités économiques, notamment l’éducation, l’emploi et les services essentiels.
Dans quelle mesure les opportunités sont-elles réparties équitablement dans les pays de l’OCDE ? L’inégalité des chances explique en grande partie les inégalités de résultats. En moyenne, plus de 25 % au moins des inégalités totales de revenu marchand peuvent être attribués à des circonstances et à des facteurs sur lesquels les individus n’ont aucune prise.
Quelles circonstances ont le plus d’incidence et pour qui ? Le milieu socioéconomique parental joue un rôle essentiel dans les chances de réussite de chacun. Dans la plupart des pays, il explique plus de 60 % de l’inégalité des chances observée au niveau des ménages, voire plus de 75 % dans certains cas. Toutefois, ce n’est pas le seul facteur significatif et, même dans les pays globalement peu inégalitaires, des écarts notables peuvent encore être observés entre les groupes de population, comme les hommes et les femmes ou les différents groupes d’âge.
Quelle importance le « lieu » a-t-il dans la détermination des opportunités ? Les inégalités géographiques pèsent sur les perspectives tout au long de l’existence et ce, de différentes façons. Cela se manifeste notamment par l’importance du lieu sur le risque de pauvreté monétaire et financière, sur les possibilités d’éducation et d’emploi, ainsi que sur l’accès aux infrastructures et aux services essentiels.
Comment l’action publique peut-elle garantir des règles du jeu plus équitables ? De nombreuses politiques peuvent promouvoir l’égalité des chances. Il ressort du rapport que des mesures globales qui favorisent le dynamisme économique et renforcent la capacité des individus à saisir les opportunités qui s’offrent à eux peuvent être efficaces.
Mesurer l’inégalité des chances constitue une étape importante en vue d’instaurer des règles du jeu plus équitables et de répondre aux attentes du public en matière d’équité économique
Copier le lien de Mesurer l’inégalité des chances constitue une étape importante en vue d’instaurer des règles du jeu plus équitables et de répondre aux attentes du public en matière d’équité économiqueContexte : L’incidence de l’inégalité des chances
Les indicateurs classiques des inégalités donnent aux responsables publics et aux citoyens un tableau détaillé de la répartition des ressources au sein de la population. Toutefois, ces indicateurs ne donnent qu’un aperçu limité d’une autre dimension importante des inégalités. Les citoyens se préoccupent des résultats et de la manière dont ils sont répartis, mais aussi des processus par lesquels ils ont été atteints. Les indicateurs existants de la mobilité sociale, qui se concentrent sur la persistance et la transmission des résultats, ne disent rien des situations dans lesquelles les individus se sont retrouvés, des opportunités qu’ils ont eues (ou pas) et des décisions qu’ils ont prises.
Les responsables publics doivent tenir compte de l’inégalité des chances, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'égalité des chances constitue un principe fondamental de la démocratie, elle en illustre l’une des promesses essentielles : que chacun ait une chance équitable de réussir dans la vie, indépendamment de son milieu d'origine. Ensuite, elle contribue à renforcer la croissance économique et l’innovation, tout en favorisant la cohésion sociale et un sentiment partagé de citoyenneté. Lorsque les circonstances héritées déterminent les résultats et créent des obstacles à l’éducation, à l’emploi ou à l’entrepreneuriat que beaucoup ne peuvent pas surmonter, les pays ne peuvent pas prospérer. Les talents sont gâchés, les ressources mal réparties et les possibilités inexploitées, ce qui coûte très cher aux individus comme à l’ensemble de la société.
Enfin, les perspectives influent sur la manière dont chacun évalue l’équité des résultats socioéconomiques et considère les inégalités de résultats comme justifiées ou non, de même que le caractère nécessaire et acceptable des mesures visant à réduire ces inégalités. Les données empiriques montrent que, si les préférences de chacun en matière d’action publique peuvent varier, il existe un large consensus dans les pays de l’OCDE et au-delà sur la nécessité d’en faire davantage pour favoriser l’égalité des chances. Il est essentiel de comprendre dans quelle mesure les résultats économiques reflètent la capacité d’agir individuelle, par opposition aux circonstances dont chacun hérite, et de déterminer quelles situations façonnent ces résultats, afin d’élaborer des politiques propres à garantir des règles du jeu plus équitables et à répondre aux attentes du public.
Les débats publics et politiques peuvent tirer profit d’une vision « tridimensionnelle » plus riche de l’état des inégalités, qui couvre les résultats, les chances de réussite des individus et la mobilité sociale. Une approche plus large de ce type peut améliorer l’analyse en prenant mieux en compte la situation, les institutions et l’histoire de chaque pays. Cela peut ouvrir la voie à des politiques plus efficaces et mieux adaptées aux circonstances des individus afin de réduire les inégalités, promouvoir la mobilité sociale, garantir une plus grande égalité des chances pour tous et contribuer à gérer les éventuels arbitrages entre ces différentes dimensions .
État des lieux des travaux de recherche de l’OCDE : Comment mesurer l’inégalité des chances
Le dernier rapport de l’OCDE, To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, propose un indicateur robuste et comparable de la répartition des perspectives au sein de la population. Ce rapport est le septième d’une série de publications phares de l’OCDE sur les inégalités et le premier de la série à être publié dans le cadre du nouvel Observatoire de l’OCDE sur la mobilité sociale et l’égalité des chances : https://www.oecd.org/fr/about/programmes/observatory-on-social-mobility-and-equal-opportunity.html.
Il vise à fournir aux responsables de l’action publique :
Une analyse approfondie de la mesure dans laquelle les résultats économiques des individus reflètent ou non les circonstances dont ils héritent et l’influence de facteurs sur lesquels ils n’ont pas prise. Sur cette base, il devient possible d’améliorer les politiques visant à encourager la mobilité sociale, grâce à une meilleure appréhension des obstacles auxquels les individus sont confrontés et du type d’aide dont ils ont besoin pour saisir les opportunités qui s’offrent à eux.
Des données et des éléments probants qui cadrent mieux avec la manière dont les individus évaluent l’équité des résultats socioéconomiques. Ces éléments empiriques peuvent à leur tour apporter un éclairage utile à la décision publique. Ils peuvent notamment aider à rendre compte de la mesure dans laquelle les écarts de résultats sont perçus comme étant justifiés ou non dans différents contextes nationaux. De là, ils peuvent aider à comprendre la demande publique pour des interventions visant à lutter contre les disparités et établir des conditions plus équitables.
Ce rapport étend les travaux antérieurs de l’OCDE à deux domaines qui présentent un intérêt majeur pour l’action publique. Premièrement, il propose un indicateur de l’inégalité des chances fondé sur une méthodologie novatrice. Dans ce cadre, il explique pourquoi et comment cet indicateur doit être mis au point. L’indicateur est ensuite appliqué à un large sous-ensemble de pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données comparables. L’analyse porte sur les niveaux et l’évolution de l’inégalité des chances dans les pays, ainsi que l’importance relative de telle ou telle circonstance sur les résultats économiques et leur incidence sur différents groupes de population, en mettant l’accent sur les écarts entre les générations et entre les genres. Deuxièmement, le rapport étudie la nature des liens étroits entre perspectives économiques et « lieu ». À partir de recherches récentes conduites par l’OCDE, il décrit et analyse les disparités géographiques en termes d’accès aux principaux déterminants de la mobilité sociale, notamment l’éducation, l’emploi et les services essentiels.
L’approche retenue pour mesurer l’inégalité des chances repose sur des bases conceptuelles et méthodologiques solides (Encadré 1). Elle s’appuie sur les dernières techniques d’apprentissage automatique et sur la théorie de l’égalitarisme des chances, utilisée dans les articles économiques pour donner corps au principe d’égalité des chances. Sur cette base, l’indicateur répartit les déterminants des résultats entre i) les facteurs structurels sur lesquels l’individu n’a pas de prise (désignés comme les « circonstances ») et ii) les facteurs maîtrisables, sur lesquels on peut raisonnablement estimer que l’individu peut agir (désignés, avec toutes les mises en garde nécessaires, comme les « efforts »). Globalement, l’égalitarisme des chances fait valoir que les inégalités dues à des facteurs structurels devraient être corrigées ou compensées car elles pèsent sur les chances de chacun au départ, entraînent des opportunités différentes tout au long de la vie et débouchent sur des avantages ou des désavantages indus. En revanche, selon cette approche, les inégalités résultant de choix individuels peuvent être considérées comme justes.
Encadré 1. Élaborer un nouvel indicateur de l’inégalité des chances
Copier le lien de Encadré 1. Élaborer un nouvel indicateur de l’inégalité des chancesCe nouvel indicateur applique les principaux éléments de l'égalitarisme des chances de la manière suivante. Il s’appuie sur des techniques d’apprentissage automatique pour regrouper les individus d’une population donnée qui partagent des circonstances et facteurs contextuels communs, tout en reconnaissant que ces circonstances varient au sein de la population. Cette approche ne nécessite pas d’hypothèse sur le niveau d’effort individuel. On examine dans quelle mesure des individus se trouvant dans une situation analogue obtiennent des résultats économiques différents. Afin de pouvoir quantifier les inégalités « injustes », on calcule une distribution contrefactuelle pour le résultat considéré (par ex., le revenu marchand) qui correspond aux seules inégalités résultant des circonstances que l’on souhaite mesurer. L’inégalité des chances peut être définie en termes absolus – comme l’indice de Gini de cette distribution contrefactuelle – ou en termes relatifs – par comparaison à l’indice de Gini de la distribution observée. Plus le résultat est élevé en termes relatifs, plus la part de l’inégalité totale attribuable à des circonstances sur lesquelles l’individu n’a pas prise est importante.
Malgré les difficultés que présente l’établissement d’une distinction entre les facteurs sur lesquels l’individu peut agir et ceux qui lui échappent, l’analyse conduite sous cet angle peut apporter de précieux éclairages. En choisissant avec soin des variables qui correspondent aux principales caractéristiques individuelles et sont clairement indépendantes des choix posés par les individus – comme le lieu de naissance et les caractéristiques parentales – l’indicateur évite de confondre les circonstances avec les éléments relevant de la responsabilité individuelle. Pour ce faire, la sélection des circonstances à utiliser pour évaluer l’inégalité des chances repose sur une approche prudente. Néanmoins, l’analyse couvre un ensemble de circonstances plus large que la plupart des études et en mesure les effets collectifs sur les résultats économiques. Elle comprend des facteurs individuels courants (comme le sexe ou le pays de naissance), l’origine (immigrée ou non) et le milieu socioéconomique des parents (niveau d’études des parents et profession exercée par ceux-ci lorsque la personne interrogée avait 14 ans), ainsi que des variables liées à l’enfance (présence des parents, statut d’occupation du logement et degré d’urbanisation de la zone de résidence lorsque la personne interrogée avait 14 ans).
Il est important de garder à l’esprit que cet indicateur de l’inégalité des chances, bien que de portée plus large que les autres indicateurs existants, ne peut rendre compte de l’incidence de l’ensemble des circonstances qui influent sur les résultats économiques. C’est pourquoi il s’agit plutôt de fournir une estimation basse des niveaux réels d’inégalité des chances dans une société donnée, car l’influence d’autres circonstances pertinentes ne sera pas nécessairement prise en compte. De même, la part des inégalités que l’indicateur n’explique pas constitue une variable résiduelle et ne fournit pas une estimation indirecte ou un résultat de l’effort individuel. Bien qu’elle soit plus ou moins désignée par le terme « effort » dans les publications par opposition aux « circonstances », cette part inexpliquée des inégalités s’apparente davantage à une catégorie globale qui rend compte de l’incidence de différents facteurs, y compris l’effort individuel mais aussi des circonstances non mesurées.
Principaux éclairages : Dans quelle mesure les opportunités sont-elles réparties équitablement dans les pays de l’OCDE ?
Copier le lien de Principaux éclairages : Dans quelle mesure les opportunités sont-elles réparties équitablement dans les pays de l’OCDE ?Niveau et tendances de l’inégalité des chances
En moyenne, dans la zone OCDE, plus d’un quart au moins des inégalités actuelles de revenu marchand des ménages sont imputables à des circonstances sur lesquelles les individus n’ont pas de prise, comme le sexe, le pays de naissance ou le milieu socioéconomique d’origine des parents. Cela donne à penser qu’une part importante des disparités de revenu est due à des facteurs dont les individus ont hérité et non à des facteurs qui sont le reflet de leurs propres efforts ou de leurs mérites. On observe cependant de nettes variations entre les pays au regard de l’inégalité des chances exprimée en termes relatifs. Au plus bas dans plusieurs pays nordiques et en Suisse, celle-ci est au contraire élevée dans les pays d’Europe du Sud et de l’Est ainsi que dans certains pays non-Membres de l’UE. Dans des pays comme la Belgique, le Chili, l’Espagne, les États-Unis, l’Irlande, le Luxembourg, la Pologne et le Portugal, plus de 35 % de l’inégalité totale des revenus est due à l’inégalité des chances (colonnes dans le Graphique 1). Le classement des pays reste en grande partie inchangé lorsque l’on compare l’inégalité des chances en termes absolus (losanges du Graphique 1) et non plus en termes relatifs – c’est-à-dire en considérant le niveau d’inégalité qui serait atteint dans un pays donné si les résultats étaient déterminés exclusivement par des circonstances que les individus ne maîtrisent pas.
Graphique 1. L’inégalité des chances au regard du revenu marchand des ménages varie considérablement dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1. L’inégalité des chances au regard du revenu marchand des ménages varie considérablement dans les pays de l’OCDEInégalité des chances en termes relatifs et absolus, individus âgés de 25 à 59 ans, par pays, 2019 ou dernière année disponible
Note : Les estimations se rapportent à 2019, sauf pour le Royaume-Uni (2023), l’Australie et les États-Unis (2021), l’Islande (2011) et le Chili (2009). Les colonnes correspondent à la part de l’inégalité des chances dans l’inégalité totale (en %, axe de gauche) et les losanges à l’inégalité des chances en termes absolus (donnée par l’indice de Gini de la distribution contrefactuelle sur une échelle de 0 à 1, axe de droite). Les pays sont classés par ordre croissant de l’inégalité des chances en termes relatifs. Pour plus de détails, voir la note du graphique 2.1 dans OCDE (2025[1]).
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
fLes différences de réglementation peuvent expliquer en partie pourquoi l’inégalité des chances n’est pas la même dans tous les pays de l’OCDE. Des recherches antérieures ont montré que l’investissement dans l’éducation des jeunes enfants, en plus d’être bénéfique à long terme, contribue par ailleurs à réduire l’influence du milieu familial sur les résultats scolaires. Dans les pays qui consacrent le plus de moyens à l’éducation et l’accueil des jeunes enfants (EAJE), l’inégalité des chances au regard du revenu marchand des ménages est généralement moins prononcée qu’ailleurs. Cette caractéristique vaut autant pour les dépenses actuelles que pour les investissements dans l’EAJE réalisés depuis le début des années 1980, signe d’un effet bénéfique à long terme sur la situation des individus au regard de l’emploi. Des analyses complémentaires permettraient de mieux expliquer cette corrélation, qui semble toutefois témoigner de l’impact durable de l’éducation des jeunes enfants et du maintien des investissements par les pays.
L’inégalité des chances suit des tendances très différentes selon les pays de l’OCDE. Bien que les données disponibles ne permettent pas de comparer les pays sur le long terme, les tendances récentes montrent une légère augmentation en moyenne. On observe également une certaine convergence, le niveau d’inégalité ayant tendance à augmenter dans les pays où il est faible (comme l’Autriche, l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal et certains pays nordiques) et à diminuer dans les pays où il est élevé (Pologne, Royaume-Uni et États-Unis). Il est intéressant de noter que la progression observée du niveau moyen d’inégalité des chances dans les pays de l’OCDE se produit alors que l’inégalité des résultats tend à se réduire. Comme le montre le Graphique 2, les inégalités de revenu et l’inégalité des chances en termes relatifs se sont nettement creusées au lendemain de la crise financière mondiale. Toutefois, alors que les inégalités de revenu ont retrouvé leur niveau d’avant la crise au cours de la décennie suivante et ont continué de diminuer par la suite, l’inégalité des chances exprimée en termes relatifs a continué de se creuser pendant une période plus longue et s’est stabilisée à un niveau plus élevé. Cela donne à penser que, malgré la baisse observée des inégalités de résultats, l’incidence des circonstances héritées dans ces résultats s’est accrue.
Graphique 2. Les inégalités de résultats au regard du revenu marchand des ménages et l’inégalité des chances exprimée en termes relatifs suivent des trajectoires divergentes depuis la sortie de la crise financière mondiale
Copier le lien de Graphique 2. Les inégalités de résultats au regard du revenu marchand des ménages et l’inégalité des chances exprimée en termes relatifs suivent des trajectoires divergentes depuis la sortie de la crise financière mondialeInégalité des chances en termes relatifs (en % des inégalités totales) et coefficient de Gini concernant le revenu marchand des ménages, individus âgés de 25 à 59 ans, moyenne de l’OCDE
Note : Les estimations de l’inégalité des chances au regard du revenu marchand équivalent des ménages sont calculées à partir d’un nombre limité de circonstances, notamment le sexe et le pays de naissance du répondant, le niveau d’études des parents de la personne interrogée et leur présence au sein du ménage lorsque la personne interrogée avait 14 ans. L’inégalité des chances en termes relatifs est calculée pour un sous-ensemble de 23 pays de l’OCDE : Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède et Tchéquie. Pour plus de détails, voir la note du graphique 2.5 dans OCDE (2025[1]).
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les causes et les implications de ces dynamiques divergentes entre l’inégalité des résultats et l’inégalité des chances. Différents facteurs peuvent entrer en jeu dans cette situation. Par exemple, la reprise de l’emploi après la crise a peut-être permis de réduire les inégalités de revenu, mais sans lever les obstacles structurels durables à l’égalité des chances. De même, les politiques de stabilisation ont pu privilégier les aides au revenu plutôt que l’investissement dans des mesures propres à améliorer les perspectives de chacun. Ou bien encore, la montée de l’inégalité des chances peut être le reflet de mutations structurelles plus vastes – comme la transformation numérique et l’évolution des structures du marché du travail – qui ne sont pas liées à la sortie de crise elle-même.
Principaux éclairages : Quelles circonstances ont le plus d’incidence et pour qui ?
Copier le lien de Principaux éclairages : Quelles circonstances ont le plus d’incidence et pour qui ?Décomposition de l’inégalité des chances
Le Graphique 3 illustre l’importance relative de différentes circonstances dans l’inégalité des chances, mesurée au regard du revenu marchand des ménages, dans les pays étudiés. Dans les trois quarts d’entre eux, plus de 60 % de l’inégalité des chances observée sont imputables au milieu socioéconomique des parents – c’est-à-dire à l’effet combiné total du niveau d’études et de la profession du père et de la mère. Dans un quart des pays étudiés, ce pourcentage dépasse 75 %. Si l’importance relative des facteurs varie considérablement d’un pays à l’autre, le niveau d’études du père joue globalement un rôle légèrement plus important, son importance médiane étant de 19 %, tandis que la profession exercée par la mère a une influence légèrement plus faible (13 %). Toutefois, cet écart peut aussi refléter le taux d’activité plus faible des femmes des générations précédentes.
Graphique 3. Le milieu parental explique l’essentiel de l’inégalité des chances au regard du revenu marchand des ménages
Copier le lien de Graphique 3. Le milieu parental explique l’essentiel de l’inégalité des chances au regard du revenu marchand des ménagesDécomposition selon la méthode de Shapley-Shorrocks (en pourcentage) de l’importance relative (prédictive) de diverses circonstances dans l’inégalité des chances au regard du revenu marchand des ménages, OCDE 24, 2019
Note : Les losanges correspondent à la médiane de l’OCDE (24 pays). Les limites de la boîte correspondent aux premier et troisième quartiles de la distribution des pays. Les « moustaches » correspondent aux 10e et 90e percentiles de cette même distribution. Pour plus de détails, voir la note du graphique 2.10 dans OCDE (2025[1]).
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
En revanche, l’incidence des facteurs individuels et du pays de naissance des parents sur l’inégalité des chances est globalement moins prononcée. Par exemple, l’effet mesuré du genre sur l’inégalité des chances est minime dans la plupart des pays de l’OCDE. Ce résultat peut sembler contre-intuitif, mais il tient en réalité au fait que la mise en commun et le partage des ressources au sein du ménage compensent en partie les écarts de résultats individuels. L’incidence du genre se révèle beaucoup plus marquée lorsque l’inégalité des chances est mesurée en termes de revenu individuel plutôt qu’au regard du revenu marchand du ménage (25 % au lieu de 3 %). De même, en ce qui concerne les écarts entre groupes d’âge, les jeunes ont généralement moins de chances de réussir que leurs aînés au même âge dans la plupart des pays. Dans l’ensemble, les résultats concernant les facteurs liés à l’environnement dans l’enfance sont mitigés. La présence des parents et le statut d’occupation du logement ont un impact limité dans la plupart des pays. Dans certains cas, le degré d’urbanisation joue un rôle important, contribuant à plus de 20 % de l’inégalité des chances.
Il est intéressant de noter que l’importance relative des facteurs varie aussi en fonction du niveau mesuré d’inégalité des chances. En règle générale, dans les pays où ce niveau est le plus faible, le genre et la présence des parents ont une influence plus marquée, tandis que la contribution relative du milieu parental est d’autant plus importante que l’inégalité des chances est forte. Cela pourrait signifier que les effets attribuables à certains facteurs sont plus difficiles à corriger par les seules interventions des pouvoirs publics. À cet égard, les pays plus égalitaires réussissent peut-être mieux à surmonter des problèmes systémiques tels que l’accès à l’éducation, le développement des compétences et le développement territorial. Les disparités qui subsistent sont plus susceptibles de résulter de facteurs structurels profondément ancrés, comme les conséquences des normes sociales et des rôles dévolus aux hommes et aux femmes, lesquelles sont moins faciles à traiter par les pouvoirs publics.
Principaux éclairages : Quelle importance le « lieu » a-t-il dans la détermination des opportunités ?
Copier le lien de Principaux éclairages : Quelle importance le « lieu » a-t-il dans la détermination des opportunités ?Le lieu influe sur le revenu et la fragilité financière
La géographie a son importance en ce qui concerne l’inégalité des chances, puisque nul ne choisit le lieu de sa naissance ni celui où il grandit et que des obstacles non négligeables se dressent devant ceux qui souhaitent s’installer ailleurs une fois adultes. Au nombre de ces obstacles, on peut citer le coût d’un déménagement, celui de la recherche d’un emploi, le désir de ne pas se priver des réseaux de relations que l’on a tissés, et les responsabilités familiales. Il s’ensuit que les migrations interrégionales dans l’OCDE sont faibles et que beaucoup d’adultes continuent de vivre à proximité de leur lieu de naissance, quand bien même les possibilités économiques y sont limitées. Les caractéristiques du lieu où l’on grandit ont une forte influence sur le devenir, en particulier sur le niveau d’études, la profession exercée et les revenus perçus à l’échelle de l’existence.
Le lieu où l’on grandit a une incidence durable sur les chances dans la vie. En premier lieu, le « tri » géographique des individus en fonction de leur revenu et de leur patrimoine renforce les inégalités existantes. Les hauts revenus sont plus susceptibles de vivre dans des régions et des quartiers plus riches, qui offrent souvent de meilleures perspectives en matière d’éducation, de santé et d’emploi, ainsi qu’un meilleur accès à des services publics de qualité. De façon similaire, dans la partie inférieure de la distribution, le risque de pauvreté monétaire varie considérablement en fonction du lieu de naissance et de résidence. En 2022, 15 % en moyenne des habitants des régions de l’OCDE appartenaient à un ménage dont le revenu équivalent représentait moins de la moitié de la médiane nationale, mais les taux de pauvreté sont très variables entre les grandes régions (TL2) (Graphique 4). Dans certains pays, le taux de pauvreté peut être six à dix fois plus élevé dans les régions défavorisées que dans les régions mieux loties. Les taux de pauvreté infantile et les écarts de pauvreté entre les genres présentent également des variations régionales importantes.
Les perspectives de mobilité des revenus dépendent du lieu de résidence. Les données fiscales de la Belgique, de l’Espagne et de l’Estonie montrent que les habitants des régions à faible revenu ont plus de difficultés à progresser sur l’échelle des revenus que ceux des régions plus riches, et cela reste vrai même après prise en compte des caractéristiques personnelles telles que l’âge, le genre et le niveau d’études. Au-delà du revenu, la fragilité financière varie aussi considérablement d’un pays et d’une région à l’autre. Ces écarts ont une incidence sur les perspectives individuelles, car le manque d’actifs financiers peut réduire considérablement la capacité des individus à surmonter les chocs économiques, à investir dans leur propre formation et dans les études de leurs enfants, à obtenir un meilleur logement ou à créer une entreprise. Le pourcentage de ménages financièrement fragiles – définis comme ceux dont le patrimoine financier est inférieur ou égal à 25 % du seuil de pauvreté monétaire relative – varie de 24 points, en moyenne, entre les régions où il est le plus élevé est celles où il est le plus faible dans les 11 pays de l’OCDE disposant de données. Les écarts sont particulièrement prononcés en Allemagne, en Australie et en Italie.
Graphique 4. Les taux de pauvreté régionaux varient considérablement dans certains pays
Copier le lien de Graphique 4. Les taux de pauvreté régionaux varient considérablement dans certains paysTaux de pauvreté monétaire relative dans les régions TL2 (région médiane = 100), en 2022 ou dernière année disponible
Note : Le graphique montre les taux de pauvreté monétaire relative des régions TL2 dans 26 pays, à partir des données les plus récentes disponibles entre 2016 et 2022. Les taux de pauvreté sont normalisés de sorte que le taux régional médian de chaque pays soit égal à 100. Les valeurs supérieures à 100 indiquent les régions où le taux de pauvreté est supérieur à la médiane, tandis que les valeurs inférieures à 100 indiquent des taux de pauvreté inférieurs à la médiane. Les pays sont classés par ordre décroissant de l’ampleur de l’écart interrégional de taux de pauvreté. Est considérée comme pauvre une personne appartenant à un ménage dont le revenu disponible équivalent représente moins de 50 % de la médiane nationale. Le revenu disponible équivalent s’obtient en divisant le revenu des ménages, net d’impôt et de cotisations sociales, par la racine carrée de la taille des ménages. Les données se rapportent à 2022 pour le Mexique ; à 2021 pour la Belgique, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, Israël, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède et la Tchéquie ; à 2020 pour l’Autriche, la Colombie, l’Italie et la Lituanie ; à 2019 pour l’Allemagne, le Canada, l’Irlande et la Suisse ; à 2018 pour l’Australie, la France et la République slovaque ; à 2017 pour le Chili ; et à 2016 pour l’Estonie.
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
Le lieu influe sur les possibilités d’éducation et d’emploi
Les études et la formation sont essentielles pour aider les personnes issues de milieux socioéconomiques défavorisés à améliorer leur situation économique. Pourtant, l’accès à une éducation de qualité à différentes étapes de la vie est plus ou moins facile selon le lieu de naissance et le lieu de résidence. Les parents élisent domicile en fonction de leur profession, de leurs revenus et d’autres facteurs encore. Ce choix détermine l’environnement dans lequel leurs enfants grandissent, ainsi que la qualité des structures d’accueil et établissements scolaires qu’ils fréquentent, notamment parce que les familles devront généralement se contenter des solutions qui s’offrent à elles à proximité de leur domicile. Le lieu a également une incidence sur l’attitude des enfants à l’égard de l’instruction, sur leurs relations sociales ainsi que sur d’autres circonstances qui conditionnent les possibilités qui se présentent à eux.
Les élèves des petites localités obtiennent de moins bons résultats aux tests, mais cela tient en grande partie à leur milieu familial. L’enquête PISA conduite par l’OCDE révèle ainsi des écarts géographiques considérables quant à ces résultats. Lors du test PISA 2022 de mathématiques, par exemple, les élèves habitant dans une commune de moins de 3 000 habitants (localité rurale) se sont révélés moins bons que ceux des agglomérations de plus de 100 000 habitants (localité urbaine) dans 28 pays de l’OCDE sur les 31 pour lesquels on dispose de données. Dans bon nombre de pays cependant, une part significative de cet écart s’explique par les différences quant au profil socioéconomique des parents entre les différents types de localités.
Les possibilités d’emploi qui s’offrent aux jeunes à la fin de leurs études ont une influence très nette sur leur parcours professionnel ultérieur. Une période de chômage en début de carrière laisse des séquelles, notamment un risque accru de se retrouver à nouveau sans emploi plus tard et d’avoir un niveau de revenu futur plus faible. À l’âge adulte, des facteurs comme l’offre d’emplois à l’échelon local, la qualité de ces emplois, les possibilités de formation et l’accès aux aides à l’emploi ont tous une incidence sur la situation des personnes au regard de l’emploi, en particulier sur le taux et les revenus d’activité, ainsi que sur leur bien-être de manière plus générale.
Graphique 5. Les inégalités géographiques au regard de la réussite scolaire se répercutent sur l’entrée dans la vie active
Copier le lien de Graphique 5. Les inégalités géographiques au regard de la réussite scolaire se répercutent sur l’entrée dans la vie activeDécrochage scolaire et jeunes sans emploi et sortis du système éducatif, régions, TL2, 2023 ou dernière année disponible
Note : Sont considérés comme étant en décrochage scolaire les jeunes de 18 à 24 ans qui ont tout au plus achevé le premier cycle de l’enseignement secondaire et qui sont sans emploi et sortis du système éducatif. Sont considérés comme « NEET » les jeunes de 18 à 24 ans sans emploi et sortis du système éducatif. Chaque point du graphique représente une région. Les régions figurées par un point rouge appartiennent au quartile comptant le plus fort pourcentage de jeunes en décrochage scolaire dans chaque pays. Les régions en bleu appartiennent au quartile comptant le plus faible pourcentage de jeunes en décrochage scolaire dans chaque pays. Les losanges représentent la moyenne des régions de chaque groupe. Les pays comptant moins de quatre régions et ceux dont les données sont manquantes pour un grand nombre de régions ne sont pas couverts. Les données se rapportent à 2023, sauf pour l’Australie, les États-Unis, Israël et la Suisse (2022), le Portugal (2019) et le Danemark, l’Espagne, la Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède (2018). La Vallée d’Aoste (ITA), la Zélande (NLD) et la Région autonome de Madère (PRT) ne sont pas couvertes par l’analyse, faute de données.
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
Selon l’endroit où ils vivent, les jeunes n’ont pas les mêmes chances de réussir leur entrée dans la vie active. Dans les pays dont les données sont disponibles, le pourcentage de jeunes de 18 à 24 ans sans emploi et sortis du système éducatif varie en moyenne de 13 points entre les régions les plus performantes et les moins performantes. L’écart est nettement plus marqué dans certains pays d’Europe du Sud et au Mexique. Ces disparités sont le reflet des inégalités géographiques au regard de la réussite scolaire : les jeunes sont plus susceptibles de se retrouver sans emploi et en dehors du système éducatif dans les régions où l’on compte une importante proportion de 18-24 ans ayant quitté l’école au plus tard à la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire (Graphique 5).
Ces disparités géographiques ont tendance à persister à l’âge adulte. Les 20 % de régions ayant eu le PIB par habitant le plus faible au cours des 20 dernières années affichent sans exception un taux d’emploi inférieur aux autres, les écarts observés dans le domaine de l’emploi entre ces régions et celles au PIB par habitant le plus élevé, dans un même pays, sont souvent plus importants que ceux constatés entre deux pays différents. Les possibilités d’emploi dans les secteurs à forte valeur ajoutée sont également variables. Dans la plupart des pays de l’OCDE, ces emplois et secteurs sont généralement concentrés dans quelques régions à revenu élevé, souvent celles qui abritent la capitale.
La population des régions où le PIB par habitant est faible a en outre moins facilement accès aux services d’emploi et à la formation. Un projet récent de l’OCDE, qui s’est appuyé sur les données de géolocalisation des centres du service public de l’emploi, a montré que l’accès à ces centres– mesuré par le temps de trajet – est plus difficile dans ces régions que dans celles où le PIB par habitant est plus élevé. Vivre dans une région au PIB par habitant peu élevé, c’est aussi, pour les adultes, avoir beaucoup moins de chances de se former, et donc d’acquérir de nouvelles compétences, d’évoluer professionnellement et de devenir plus résilient face aux chocs économiques.
Les inégalités géographiques dans l’accès aux possibilités offertes par le marché du travail sont, qui plus est, persistantes. Les régions qui avaient les plus faibles taux d’emploi il y a vingt ans, au milieu des années 2000 donc, sont les mêmes qu’aujourd’hui. On observe une persistance analogue en ce qui concerne le pourcentage de jeunes sans emploi et sortis du système éducatif et le pourcentage d’emplois dans les secteurs à forte valeur ajoutée. Autrement dit, les personnes qui habitent les régions où le marché du travail est relativement faible auront moins de possibilités d’emploi et de perspectives d’évolution professionnelle, à moins de partir dans des régions ou des pays à revenu plus élevé.
Le lieu influe sur l’accès aux infrastructures et aux services essentiels
Les fortes disparités régionales en matière d’accès aux infrastructures et services essentiels exacerbent les fractures économiques et sociales. On observe dans certains pays de l’OCDE des inégalités criantes au regard de l’accès aux services de santé et des résultats en matière de santé. Si les conditions d’accès aux centres hospitaliers généraux sont relativement uniformes dans la plupart des pays, il existe dans d’autres des disparités considérables, comme en Finlande, en Grèce et au Portugal. Le nombre de médecins pour 1 000 habitants varie lui aussi d’une région à une autre, celles dont le PIB par habitant est faible étant généralement moins bien pourvues, notamment en Colombie et en Türkiye (Graphique 6). La population des régions les plus prospères d’un pays tend à vivre plus longtemps. En effet, dans les pays de l’OCDE, les habitants des 20 % de régions ayant eu le PIB par habitant le plus élevé au cours des 20 dernières années jouissent généralement de deux années d’espérance de vie supplémentaire en moyenne et les taux de mortalité sont dans ces régions inférieurs à ceux des 20 % de régions dont le PIB par habitant est le plus faible. Les disparités les plus nettes ont été relevées en Colombie, aux États-Unis et au Mexique.
La géographie peut aussi être la cause d’importants écarts quant à l’accessibilité d’autres types d’infrastructures essentielles pour se former, travailler et trouver des débouchés économiques de manière plus générale. De nombreux pays affichent encore des écarts importants entre les régions les plus pauvres et les plus riches pour ce qui est de la couverture et de la qualité d’accès à internet. Les régions de l’OCDE qui ont fait partie des 20 % les plus riches de leur pays au regard du PIB par habitant au cours des 20 dernières années devancent les autres régions en ce qui concerne l’accès internet à haut débit et la vitesse de téléchargement. Dans certains pays, l’accès aux transports en commun peut être extrêmement variable d’une agglomération urbaine à l’autre. En Allemagne, en Australie, en Suisse et en Tchéquie, près de 90 % des habitants des zones urbaines fonctionnelles de taille moyenne ou grande ont un arrêt de transports en commun à moins de 10 minutes à pied du lieu où ils se trouvent, contre moins de la moitié aux États-Unis et au Mexique.
Graphique 6. Les régions ayant un PIB par habitant plus élevé bénéficient de meilleures infrastructures de santé
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Note : Le graphique présente les disparités régionales en matière d’infrastructures de santé dans les pays de l’OCDE au regard de deux indicateurs clés. La partie A montre l’accès relatif aux hôpitaux, exprimé par le pourcentage de la population se trouvant à moins de 30 minutes de route de l’hôpital le plus proche. La partie B présente le nombre de médecins en activité pour 1 000 habitants. Les pays sont classés en fonction de la moyenne nationale dans chaque partie. Voir l’annexe pour plus de détails sur les définitions des indicateurs et les sources de données.
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
Conclusion : Quels enseignements les pouvoirs publics peuvent-ils tirer de ces éclairages ?
Copier le lien de Conclusion : Quels enseignements les pouvoirs publics peuvent-ils tirer de ces éclairages ?L’action publique peut contribuer à instaurer des règles du jeu plus équitables en favorisant le dynamisme économique et en renforçant la capacité des individus à tirer parti des opportunités qui s’offrent à eux. Lorsque l’on souhaite élaborer des politiques efficaces en faveur de l'égalité des chances, l’un des principaux défis consiste à s’assurer que les mesures envisagées répondent bien aux obstacles auxquels les individus et leurs familles sont confrontés et qu’elles apportent à ces derniers un soutien adapté. Le rapport passe en revue une série de mesures conçues pour assurer des règles du jeu plus équitables pour tous i) en renforçant le capital humain, comme l’éducation des jeunes enfants, la formation professionnelle et la formation tout au long de la vie ; ii) en facilitant l’accumulation de richesse par les individus issus de milieux défavorisés et une répartition équitable du capital économique, par exemple au moyen de comptes de développement de l’enfant, de taxes sur le capital et les successions ou de soutien à l’entrepreneuriat ; et iii) en consolidant les infrastructures sociales, par le biais de programmes de logement social, d’un meilleur accès à des services de qualité et d’investissements dans la connectivité numérique dans les zones mal desservies. Ces mesures peuvent aider à s’attaquer aux origines des handicaps auxquels se heurtent les individus tout au long de leur vie et à élargir les perspectives de chacun, quelle que soit sa situation. Si elles ne sont pas exhaustives, elles peuvent s’inscrire dans des stratégies globales et efficaces au service de l’égalité des chances.
Outre les mesures visant spécifiquement à accroître les chances de réussite, l’examen met en lumière l’importante contribution des systèmes de prélèvements et de prestations à l’appui de règles du jeu plus équitables dans de nombreux pays de l’OCDE. En moyenne dans la zone OCDE, les impôts et les transferts sont associés à une réduction de l’inégalité des chances d’environ un quart, avec des variations significatives d’un pays à l’autre (Graphique 7). Ces résultats donnent à penser qu’au-delà de leur rôle redistributif immédiat, les systèmes de prélèvements et de prestations peuvent aussi être de puissants instruments d’investissement social. À ce titre, ils peuvent contribuer à ouvrir plus largement les opportunités économiques et à accroître la prospérité sur le long terme. En allégeant les pressions financières excessives qui s’exercent sur les individus et leurs familles et en facilitant leur accès à l’instruction, à la santé et au logement, les systèmes de prélèvements et de prestations aident chacun à saisir sa chance et à améliorer ses perspectives et celles de la génération suivante. Par ailleurs, en protégeant les individus des effets négatifs des chocs économiques et des épreuves de la vie – qu’ils soient dus au chômage, à la maladie ou à la vieillesse – ils empêchent les difficultés temporaires de se transformer en handicaps durables.
Graphique 7. Les impôts et les transferts contribuent à réduire l’inégalité des chances dans les pays européens de l’OCDE, quoique à des degrés divers
Copier le lien de Graphique 7. Les impôts et les transferts contribuent à réduire l’inégalité des chances dans les pays européens de l’OCDE, quoique à des degrés diversInégalité des chances en termes absolus au regard du revenu disponible et du revenu marchand des ménages, et effet d’atténuation des transferts sur l’inégalité des chances, par pays, individus âgés de 25 à 59 ans, 2019
Note : L’inégalité des chances en termes absolus est donnée par l’indice de Gini de la distribution contrefactuelle des revenus lorsque les écarts de résultats découlent entièrement d’un large éventail de circonstances. L’« effet d’atténuation » fait référence à l’écart en pourcentage entre l’inégalité des chances au regard du revenu disponible équivalent des ménages et l’inégalité des chances au regard du revenu marchand équivalent des ménages. Les pays sont classés par ordre croissant de l’inégalité des chances en termes absolus au regard du revenu disponible équivalent des ménages. « OCDE » correspond à la moyenne simple des pays européens de l’OCDE figurant dans ce graphique. Pour plus de détails, voir le graphique 4.6 dans OCDE (2025[1]).
Source : OCDE (2025[1]), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
Références
[1] OECD (2025), To Have and Have Not – How to Bridge the Gap in Opportunities, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/dec143ad-en.
Ressources
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