- L’économie demeure résiliente, mais le rythme de la reprise s’est ralenti
- Les taux d’intérêt ont été relevés, alors que les finances publiques restent sous tension
- La reprise restera faible tant que la sécurité n’aura pas été rétablie
- Les fondements de la reprise résident dans la stabilité macroéconomique et l’amélioration des conditions-cadres
Perspectives économiques de l'OCDE, Volume 2025 Numéro 1 : Ukraine
Table des matières
Ukraine
Copier le lien de UkraineLa reprise de l’activité économique s’est poursuivie, quoiqu’à un rythme plus lent. Selon les projections, la croissance devrait se modérer pour s’établir à 2 % en 2025 et rester à ce niveau en 2026 si la sécurité n’est pas rétablie. La croissance sera portée par l’aide internationale, les dépenses de défense et la demande privée intérieure, mais continuera d’être freinée par les pénuries de main-d’œuvre. L’incertitude demeure à un niveau exceptionnellement élevé. Les prévisions risquent de diverger à la baisse si la situation se dégrade sur le plan de la sécurité ou si l’aide extérieure diminue. À l’inverse, le redressement et la reconstruction s’accéléreraient si la sécurité pouvait être rétablie plus tôt.
La dépense publique soutient l’activité. La Banque nationale d’Ukraine a relevé, à raison, son principal taux directeur en réponse à la hausse de l’inflation, et continue de s’orienter vers un taux de change totalement flottant. Devant l’ampleur des dépenses nécessaires en matière de défense et de reconstruction, l’Ukraine peut accroître ses recettes publiques en engageant des réformes de l’administration de l’impôt afin d’assurer un meilleur respect des obligations fiscales, de réduire les exonérations et de restreindre le périmètre du régime fiscal simplifié. Il sera essentiel de mener des politiques visant à réintégrer les anciens combattants et les migrants dans l’économie pour favoriser la croissance économique à l’avenir.
L’économie demeure résiliente, mais le rythme de la reprise s’est ralenti
Copier le lien de L’économie demeure résiliente, mais le rythme de la reprise s’est ralentiLe PIB a progressé de 2.9 % en 2024. La croissance a ralenti au second semestre de 2024 et au début de 2025, en raison des pénuries de main-d’œuvre qui perdurent et de la poursuite des attaques menées par la Russie contre les infrastructures énergétiques. La confiance des entreprises s’est néanmoins nettement améliorée entre janvier et mars 2025. En effet, les anticipations des entreprises se sont améliorées dans tous les secteurs, portées par une forte demande de consommation découlant de la hausse des salaires réels, par une intensification des activités de construction et de la production dans le secteur de la défense, et par une diminution des interruptions de l’approvisionnement en énergie. Parallèlement, les tensions inflationnistes sont élevées. L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a atteint 15.1 % en avril 2025 en glissement annuel, en raison de l’envolée des prix intérieurs des produits alimentaires et de l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente s’est établie à 12.1 %. L’offre de main-d’œuvre a augmenté au premier trimestre de 2025, les jeunes et les seniors, dont une part de la population féminine, ayant été inclus dans la population active, même si les pénuries de main-d’œuvre restent la principale difficulté à laquelle les entreprises sont confrontées.
Les exportations de produits agricoles et métallurgiques ont diminué au second semestre de 2024 avant de se stabiliser dans les premiers mois de 2025. Les importations ont enregistré une hausse, ce qui a creusé le déficit commercial. Si les effets directs des droits de douane imposés par les États-Unis, à hauteur de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium et de 10 % sur celles d’autres produits, sont limités, leurs effets indirects risquent d’être plus conséquents du fait de la baisse de la demande sur les autres marchés. L’Ukraine a conclu avec l’Association européenne de libre-échange (AELE) un nouvel accord qui aura pour effet de supprimer ou de réduire les droits de douane appliqués sur une série de marchandises. L’aide extérieure apportée au pays au cours des premiers mois de 2025 lui a permis de couvrir ses besoins de financement et les réserves de change de la banque centrale ont augmenté de plus de 4 milliards USD pour atteindre 46.7 milliards USD au début du mois de mai 2025, soit l’équivalent de plus de six mois d’importations.
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Source : Service national des statistiques de l’Ukraine (Derzhstat) ; et calculs de l’OCDE.
Ukraine : demande, production et prix
Copier le lien de Ukraine : demande, production et prixLes taux d’intérêt ont été relevés, alors que les finances publiques restent sous tension
Copier le lien de Les taux d’intérêt ont été relevés, alors que les finances publiques restent sous tensionSelon les prévisions, le déficit budgétaire devrait s’établir aux alentours de 20 % du PIB en 2025. En 2025, l’aide extérieure, accordée notamment par le biais des prêts d’un montant de 50 milliards USD au titre de l’Accélération extraordinaire des recettes (ERA) et par la Facilité pour l’Ukraine financée par l’Union européenne les besoins de financement, couvre en grande partie les besoins de financement de 2025. La politique budgétaire reste axée sur le financement de l’effort de guerre et la protection des services publics essentiels. Face à la hausse de l’inflation, la Banque nationale d’Ukraine (BNU) a relevé son principal taux d’intérêt directeur en le portant de 13.0 % en décembre 2024 à 15.5 % en mars 2025. Elle devra continuer à faire preuve de vigilance pour maîtriser l’inflation et faire en sorte que les anticipations restent bien ancrées.
La reprise restera faible tant que la sécurité n’aura pas été rétablie
Copier le lien de La reprise restera faible tant que la sécurité n’aura pas été rétablieEn 2025, la croissance modérée devrait être de 2.0 %, portée par les dépenses de défense qui continuent de soutenir l’activité et par les dépenses de consommation qui augmentent dans la mesure où les pénuries de main-d’œuvre continuent de favoriser la progression des salaires. La légère dégradation de la situation dans le secteur agricole en 2024 pèsera sur la production et les exportations en 2025, ce qui alimentera l’inflation. La suspension des activités de la mine de charbon de Pokrovsk devrait peser sur la production et les exportations d’acier. Selon les prévisions, la croissance devrait se maintenir à 2 % en 2026. Les tensions inflationnistes devraient demeurer élevées à court terme du fait des tensions sur l’offre, à mesure que les coûts de main-d’œuvre et le renchérissement de l’énergie se répercuteront sur les prix de détail. Les prix des produits alimentaires et de l’énergie devraient se stabiliser en 2026, ce qui modérera quelque peu l’inflation. L’incertitude demeure à un niveau exceptionnellement élevé. L’Ukraine reste dépendante de la poursuite de l’aide internationale militaire et financière. Si l’aide internationale sur le plan technique recule, cela pourrait en outre ralentir le rythme des réformes et de l’amélioration du climat de l’investissement, ce qui freinerait le retour des personnes déplacées.
Les fondements de la reprise résident dans la stabilité macroéconomique et l’amélioration des conditions-cadres
Copier le lien de Les fondements de la reprise résident dans la stabilité macroéconomique et l’amélioration des conditions-cadresL’Ukraine peut assurer la viabilité de ses finances publiques en poursuivant la renégociation de l’encours de dette extérieure publique ou garantie par l’État ainsi que des éléments de passif éventuels, et en se tenant prête, lorsque la situation le permettra, à ramener la situation budgétaire aux déficits modérés visés à moyen terme. Pour accroître ses recettes et offrir aux entreprises un environnement plus favorable, le pays pourrait réduire le périmètre du régime d’imposition forfaitaire tout en allégeant les contraintes liées au respect des obligations fiscales. Renforcer la gestion de l’investissement public de façon à améliorer la qualité des projets et leur mise en œuvre favorisera la reconstruction dans un contexte de marge budgétaire limitée. Afin de remédier aux difficultés démographiques aggravées par la guerre d’invasion menée par la Russie, il sera essentiel de consolider le marché du travail, notamment en facilitant l’accès à des programmes de reconversion professionnelle, et d’améliorer les conditions de travail afin d’aider les anciens combattants et les personnes déplacées à réintégrer la population active.