30. L’évolution des taux directeurs est de plus en plus contrastée d’un pays à l’autre. Ils demeurent à des niveaux restrictifs, ou proches de ceux-ci, aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Brésil, au Mexique, en Afrique du Sud et en Türkiye, et ont été récemment relevés en Australie, les tensions inflationnistes s’étant avérées plus fortes que prévu, ainsi qu’au Japon. En revanche, les taux directeurs sont restés inchangés dans la zone euro, au Canada et en Corée, l’inflation étant proche de l’objectif visé et les taux directeurs de leur niveau neutre. Les taux directeurs s’établissent également à des niveaux modérés dans de nombreuses autres économies de marché émergentes, notamment en Inde et en Indonésie, les décisions de politique monétaire restant soigneusement pesées pour réduire au minimum les risques de volatilité de la monnaie et assurer que les anticipations d’inflation restent bien ancrées.
31. Les banques centrales doivent rester vigilantes et attentives à l’évolution de l’équilibre des risques entourant les évolutions économiques et financières, afin de garantir que les tensions inflationnistes sous-jacentes soient durablement jugulées. Il est possible de faire abstraction de l’augmentation actuelle des prix mondiaux de l’énergie liée à l’offre, sous réserve que les anticipations d’inflation restent bien ancrées, mais un ajustement de la politique monétaire pourrait être nécessaire si l’on observe des signes de généralisation des tensions sur les prix ou de dégradation de la situation du marché du travail. Les variations de l’aversion pour le risque observées à l’échelle mondiale du fait de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et les fluctuations connexes des taux de change pourraient aussi influer sur les décisions des autorités monétaires dans les économies de marché émergentes. Il sera peut-être nécessaire de calibrer avec soin la politique monétaire pour atteindre un juste équilibre entre les risques de persistance de l’inflation et de freinage sensible de la croissance.
32. Aux États-Unis, les taux directeurs devraient rester inchangés au cours du reste de l’année 2026 et en 2027, étant donné que l’inflation globale devrait augmenter à court terme, que l’inflation sous-jacente devrait demeurer supérieure à l’objectif jusqu’à la fin de 2027, et que la croissance du PIB devrait être vigoureuse (graphique 13). Le taux directeur devrait aussi rester inchangé au Royaume-Uni en 2026, avant de diminuer au premier trimestre de 2027, tandis que l’inflation commencera à se modérer. Dans la zone euro, une hausse modeste des taux directeurs est attendue au deuxième trimestre de cette année, afin de garantir que les anticipations d’inflation restent bien ancrées malgré le renchérissement du coût de l’énergie, les taux demeurant ensuite inchangés jusqu’à ce que l’inflation revienne vers l’objectif en 2027. Le taux directeur devrait aussi augmenter en Australie au deuxième trimestre de 2026, avant d’être abaissé graduellement tout au long de 2027 à mesure que l’inflation se modère. Au Japon, les taux directeurs devraient être relevés progressivement, tandis que se poursuivra la réduction de l’orientation accommodante de la politique monétaire. Dans les économies de marché émergentes, la banque centrale indienne devrait relever temporairement ses taux directeurs au deuxième trimestre de 2026 pour contribuer à compenser l’accentuation des tensions inflationnistes. Les taux directeurs devraient en revanche baisser au Brésil, au Mexique, en Afrique du Sud et en Türkiye, une fois que les tensions inflationnistes s’atténueront. En Chine, l’orientation de la politique monétaire devrait rester accommodante.