Andrea Bassanini
Emily Farchy
Sebastian Königs
António Melo
Javier Terrero Dávila
Andrea Bassanini
Emily Farchy
Sebastian Königs
António Melo
Javier Terrero Dávila
L’espérance de vie qui s’allonge et la fécondité qui diminue tendent à indiquer que la population de l’OCDE vieillit. En l’absence de nouvelles interventions des pouvoirs publics, le départ à la retraite de vastes cohortes réduira le vivier de travailleurs productifs, tandis que la population dépendante augmentera. Le présent chapitre évalue les effets prévus de ces évolutions sur la croissance du PIB par habitant jusqu’en 2060 et examine ces tendances ainsi que leurs implications pour les finances publiques dans le contexte des inégalités intergénérationnelles, en documentant les trajectoires divergentes de revenu et de patrimoine d’une génération à l’autre, et les conséquences en termes de pauvreté pour différentes cohortes. Il envisage des pistes complémentaires pour compenser l’effet négatif de l’évolution démographique sur la croissance et quantifie les possibilités offertes sur la base d’autres scénarios de simulation.
L’évolution contraire de la fécondité et de l’espérance de vie, ainsi que la sortie progressive des baby-boomers de la population active, ont déjà fait augmenter, dans les pays de l’OCDE, le taux de dépendance des personnes âgées, défini comme le ratio entre les seniors (65 ans et plus) et la population d’âge actif, et cette tendance va s’accentuer dans les décennies à venir. Qui plus est, en l’absence de nouvelles interventions des pouvoirs publics et de changements dans les comportements (par exemple, avec l’accroissement de la longévité, les individus seront peut-être capables et désireux de rester plus longtemps en activité), l’évolution démographique va considérablement affaiblir la croissance économique et la capacité des pays de l’OCDE à maintenir leur niveau de vie.
Le présent chapitre situe le contexte pour la partie thématique des Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2025, qui est consacrée au vieillissement démographique et au marché du travail. Il présente des scénarios de projection qui quantifient les effets de l’évolution démographique sur la croissance du PIB par habitant. Il examine aussi les tendances actuelles des inégalités intergénérationnelles de revenu et de patrimoine, ainsi que leurs implications eu égard à l’équité de différentes mesures envisageables par les pouvoirs publics.
Les principaux résultats sont les suivants :
Dans les années à venir, la taille de la population d’âge actif (20‑64 ans) va diminuer dans un grand nombre de pays de l’OCDE, tandis que le taux de dépendance des personnes âgées continuera de croître fortement. En 2060, la population d’âge actif aura baissé de 8 % dans la zone OCDE, et de plus de 30 % dans plus d’un quart des pays membres. Dans l’OCDE, le taux de dépendance des personnes âgées, qui est passé de 19 % en 1980 à 31 % en 2023, devrait encore augmenter pour s’établir à 52 % d’ici 2060.
En raison du vieillissement de la population, le rapport emploi/population, c’est-à-dire le pourcentage de la population totale qui occupe un emploi, devrait diminuer de 1.9 point de pourcentage d’ici 2060 dans la zone OCDE. En Espagne et en République slovaque, la baisse devrait atteindre 10 points de pourcentage.
Dans l’hypothèse d’un taux de croissance de la productivité du travail (PIB par personne occupée) et d’un taux d’entrées et de sorties du marché du travail constants pour les divers groupes, la contraction prévue de la part des personnes occupées dans la population totale signifie que la croissance du PIB par habitant dans la zone OCDE va diminuer d’environ 40 %, pour passer de 1.0 % par an dans les années 2010 à 0.6 % par an en moyenne pendant la période 2024‑60. Cela correspond à une perte de PIB par habitant de 14 % d’ici 2060. Sans action des pouvoirs publics, la croissance du PIB par habitant baissera dans presque tous les pays de l’OCDE.
Les taux de fécondité varient sensiblement d’un pays de l’OCDE à l’autre et les politiques publiques peuvent contribuer à endiguer leur déclin faute de pouvoir l’inverser, mais l’infléchissement des courbes de fécondité ne saurait neutraliser les effets du vieillissement démographique, en particulier à court terme. Des politiques familiales qui aident à concilier vie professionnelle et vie de famille, mais qui réduisent également le coût de l’éducation des enfants, et surtout celui du logement, sont essentielles. Toutefois, eu égard à l’évolution des préférences individuelles en matière de fécondité, il paraît peu probable que ces mesures inversent sensiblement la baisse tendancielle de la fécondité. Et en toute hypothèse, les effets positifs d’une fécondité accrue sur la croissance ne se matérialiseraient qu’après plusieurs décennies.
La croissance de la productivité du travail s’inscrit à la baisse depuis de nombreuses décennies. Avec les progrès de l’intelligence artificielle (IA) et de l’automatisation, certains spécialistes ont cru en la possibilité de la relancer vigoureusement, mais il est difficile de savoir si une telle impulsion suffira à porter la croissance de la productivité aux niveaux nécessaires pour compenser la baisse de l’apport de main-d’œuvre. Des réformes structurelles appropriées pour améliorer la productivité peuvent indéniablement faire partie de la solution, mais il sera essentiel de mobiliser les ressources de main-d’œuvre inutilisées pour maintenir la croissance du PIB par habitant.
L’immigration peut contribuer, et contribue déjà, à atténuer le défi que constitue le vieillissement démographique pour la croissance économique. Il ne semble toutefois pas qu’elle puisse changer la donne, à moins que les taux d’immigration nette n’augmentent pour s’établir bien au-dessus des valeurs les plus hautes jamais atteintes. En portant les taux d’immigration nette au 75e centile de la distribution internationale en 2021‑24, le pays médian de l’OCDE pourrait voir la croissance de son PIB par habitant augmenter de 0.13 point de pourcentage par rapport à un scénario hypothétique sans immigration dans lequel les flux migratoires nets sont fixés à zéro.
Combler l’écart d’emploi entre les femmes et les hommes à tous les âges aurait un effet positif important sur la croissance : si l’on conserve toutes les autres hypothèses du scénario de base, la croissance annuelle du PIB par habitant dans l’OCDE pourrait augmenter de 0.2 point de pourcentage par rapport au scénario de base, et jusqu’à 0.6 point de pourcentage dans les pays qui se caractérisent actuellement par un faible taux d’activité féminine. Plus d’un tiers de ces gains potentiels proviendrait toutefois de la réduction de l’écart entre les genres chez les travailleurs seniors (55 ans ou plus). D’autres gains sont possibles en comblant l’écart de nombre d’heures travaillées entre les genres. Il faut toutefois veiller à résorber en même temps la différence de charge de travail non rémunéré.
L’augmentation des taux d’activité et d’emploi des seniors en bonne santé offre un fort potentiel de croissance. En ramenant le taux de sortie de l’emploi des seniors à celui des 10 % des pays de l’OCDE parmi les plus performants à cet égard, environ la moitié des pays de l’OCDE pourraient gagner au moins 0.2 point de pourcentage de croissance annuelle du PIB par habitant par rapport au scénario de base. Si l’on ajoute l’effet de la réduction de l’écart d’emploi entre les genres chez les seniors, le gain de croissance annuelle du PIB par habitant pour l’ensemble de l’OCDE pourrait atteindre 0.26 point de pourcentage, soit deux fois plus qu’avec une réduction de l’écart entre les genres chez les jeunes et les personnes d’âge très actif.
Dans l’ensemble, toutes ces pistes qui cherchent à mobiliser les ressources de main-d’œuvre inutilisées devraient faire partie de la solution au défi du vieillissement démographique pour la croissance. D’amples investissements et des mesures coûteuses sont toutefois nécessaires pour parvenir au but. Il n’en reste pas moins que la mobilisation de ces ressources inutilisées pour réaliser ne serait-ce que deux tiers des très ambitieux potentiels susmentionnés pour toutes ces dimensions permettrait d’amortir 70 % de la perte annuelle de croissance du PIB par habitant due à l’évolution démographique, comme le prévoit le scénario de base pour la période 2024‑60, pour atteindre, d’après les prévisions, une croissance annuelle du PIB par habitant de 0.9 %. Des mesures appropriées pour relancer la croissance de la productivité pourraient faire encore gonfler ce chiffre.
Si les groupes sous-représentés ne sont pas mobilisés, en particulier les seniors en bonne santé, non seulement la croissance du PIB par habitant sera considérablement réduite, mais la charge sera également transférée sur les cohortes plus jeunes étant donné qu’un plus petit réservoir de main-d’œuvre d’âge actif devra produire plus, simplement pour maintenir le niveau de vie d’une population dépendante plus nombreuse. Cela poserait de sérieux problèmes d’équité étant donné que les inégalités intergénérationnelles ont déjà progressé en faveur des générations plus âgées au cours des dernières décennies :
Dans la plupart des pays de l’OCDE, les générations plus âgées (à la fois les 55‑64 ans et les 65 ans et plus) bénéficient d’une plus forte croissance des revenus que les jeunes générations (25‑34 ans) depuis le milieu des années 1990, et le risque de pauvreté se déplace des seniors aux enfants.
Les disparités intergénérationnelles en termes de patrimoine des ménages sont marquées, les générations plus âgées ayant bénéficié de l’essor des marchés des actifs, et en particulier de la hausse des prix des logements. Dans le même temps, les cohortes plus jeunes rencontrent des obstacles pour accumuler des richesses, et l’accession à la propriété est de plus en plus hors de portée pour beaucoup.
Une part importante des dépenses sociales publiques est consacrée aux seniors au titre des pensions et des soins de santé, et cette part va continuer de croître sous l’effet du vieillissement de la population et de l’allongement de l’espérance de vie.
Les deux chapitres thématiques suivants examinent plus en détail les possibilités de faire appel aux travailleurs seniors tout en leur permettant de travailler plus longtemps et de s’épanouir au travail, ainsi que les difficultés que cela induit (chapitres 3 et 4). Le chapitre 4 étudie aussi le lien entre les compétences et la productivité individuelle. Enfin, le chapitre 5 analyse l’effet de la mobilité professionnelle et du redéploiement de la main-d’œuvre sur la croissance de la productivité et examine les implications qu’une main-d’œuvre vieillissante, associée à une mobilité professionnelle plus faible, pourrait avoir sur l’évolution de la croissance de la productivité.
Le monde change à toute vitesse. Plusieurs mégatendances, dont la transformation numérique, le changement climatique et le vieillissement démographique, changent la face du monde dans lequel nous vivons et s’accompagnent de répercussions profondes sur nos vies, nos cultures, nos sociétés et nos niveaux de vie. Le monde du travail va se trouver aux premières loges de ces transformations et de leurs effets. Il devra s’adapter à ces tendances, s’emparer des possibilités dont elles sont porteuses et affronter les défis qui se présentent. Si la transformation numérique (y compris ses plus récentes évolutions dans le domaine de l’intelligence artificielle générative, ci‑après l’« IA »), l’atténuation des effets du changement climatique et l’adaptation à ces mêmes effets ont été largement analysées dans les éditions précédentes des Perspectives de l’emploi de l’OCDE – voir par exemple OCDE (2019[1] ; 2023[2] ; 2024[3])), la transition démographique et ses conséquences pour le marché du travail ont généralement reçu moins d’attention dans cette série de publications ces dernières années. La présente édition des Perspectives de l’emploi de l’OCDE entend combler cette lacune.
Dans tous les pays de l’OCDE, la baisse de la fécondité et l’allongement de l’espérance de vie ont propulsé le vieillissement démographique au premier rang des priorités – voir par exemple OCDE (2023[4] ; 2024[5]). D’un côté, l’évolution démographique, accompagnée de la sortie progressive des baby-boomers du marché du travail, transforme la contribution positive du facteur travail à la croissance économique en une contribution négative dans presque tous les pays de l’OCDE. Les pénuries généralisées de main-d’œuvre dans tous les secteurs et toutes les professions – voir OCDE (2023[2] ; 2024[3] ; 2024[6]) et le chapitre 1 – sont, en partie, le symptôme manifeste de cette mutation structurelle. Et cela se produit après plusieurs décennies de ralentissement des gains de productivité dans la zone OCDE. D’un autre côté, les populations vieillissantes ont tendance à faire augmenter la demande de soutien et les dépenses de santé, de soins de longue durée et de pensions ; ce qui ne changera pas à l’avenir. Faute d’intervention des pouvoirs publics, un plus petit réservoir de main-d’œuvre devra produire plus pour satisfaire les demandes d’un nombre important et parfois grandissant de consommateurs1, remettant ainsi en question les niveaux de vie, voire la cohésion sociale.
Le restant de cette édition des Perspectives portera sur les conséquences de l’évolution démographique pour l’économie et le marché du travail, mais aussi sur les mesures à prendre pour que le marché du travail fasse partie de la solution. Le présent chapitre se veut une entrée en matière axée sur les effets de l’évolution démographique sur la croissance économique et les inégalités intergénérationnelles. Il est structuré comme suit : la section 2.1 décrit les grandes tendances démographiques ; la section 2.2 présente un simple scénario de projection, le scénario de base, pour décrire les conséquences probables de l’évolution démographique sur la croissance économique en l’absence d’autres interventions des pouvoirs publics ; la section 2.3 considère divers scénarios de simulation permettant de quantifier le potentiel des différents canaux du marché du travail susceptible d’atténuer, voire de compenser entièrement, ces conséquences ; la section 2.4 porte sur l’évolution tendancielle des inégalités intergénérationnelles et fait ressortir la divergence des trajectoires de revenu et de patrimoine entre les jeunes générations et les plus anciennes. Enfin, la section 2.5 clôt le chapitre et annonce le plan du reste de l’ouvrage.
Le chapitre conclut que les taux de croissance actuels ne pourront être maintenus sans une forte mobilisation du potentiel d’emploi de tous les groupes sous-représentés. Toute autre stratégie pour faire face à la perte de croissance du produit intérieur brut (PIB) par habitant causée par le vieillissement démographique risque de ne pas atteindre l’objectif et d’avoir de lourdes répercussions sur l’équité, sachant que, depuis quelques années, les cohortes plus âgées sont de mieux en mieux loties par rapport aux jeunes générations. Les trois chapitres thématiques qui suivent celui-ci examinent plus en détail les possibilités de faire appel aux travailleurs seniors en bonne santé tout en leur permettant de travailler plus longtemps et de s’épanouir au travail, ainsi que les difficultés que cela induit.
Les populations des pays de l’OCDE vivent plus longtemps et en meilleure santé que par le passé. Dans la zone OCDE, la longévité progresse régulièrement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’exception d’une interruption temporaire pendant les années de la pandémie de COVID‑19 (Graphique 2.1). Depuis 1950, l’espérance de vie à la naissance s’est allongée de 20 années, vécues en grande partie en bonne santé (OCDE, 2017[7] ; 2020[8]), bien que l’écart entre l’espérance de vie et l’espérance de vie ajustée sur la santé se soit creusé plus récemment dans un certain nombre de pays de l’OCDE (Garmany et Terzic, 2024[9] ; OCDE/Commission européenne, 2024[10]). Même ces quelques dernières années, cependant, la hausse de l’espérance de vie en bonne santé à 60 ans représente 70 % de la hausse globale de l’espérance de vie à 60 ans (voir l’Encadré 2.1). Ce sont là autant de progrès importants. Parallèlement, cependant, les taux de fécondité des pays de l’OCDE, qui avaient augmenté à la fin de la Seconde Guerre mondiale et s’étaient maintenus à un niveau élevé jusqu’aux années 1960, sont en chute libre depuis. Le taux de fécondité (le nombre moyen de naissances vivantes qu’une femme aurait à l’âge de 50 ans si elle était soumise, tout au long de sa vie, aux taux de fécondité par âge observés au cours d’une année donnée) de la zone OCDE s’est effondré, passant d’environ 3.4 jusqu’à la moitié des années 1960 à 1.5 ces dernières années. De grandes différences persistent néanmoins entre les pays : en 2023, les taux de fécondité des pays de l’OCDE variaient entre 0.7 en Corée et 2.8 en Israël. Le scénario moyen des projections démographiques des Nations Unies (Nations Unies, 2024[11]) prévoit une éventuelle stabilisation des taux de fécondité à l’avenir. L’espérance de vie continuera quant à elle de s’allonger, bien qu’à un rythme ralenti (Graphique 2.1)2.
Taux moyens de fécondité et espérance de vie à la naissance, OCDE, 1950‑2060
Note : Le graphique concerne l’ensemble de la zone OCDE. Le scénario moyen des projections démographiques est utilisé. La ligne verticale indique la première année des projections (2024).
Source : André, C., P. Gal et M. Schief (2024), « Enhancing productivity and growth in an ageing society: Key mechanisms and policy options », https://doi.org/10.1787/605b0787-en, actualisé en s’appuyant sur Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
Les populations de l’OCDE ne vivent pas seulement plus longtemps, elles vivent plus longtemps en bonne santé. En moyenne, en 2021, une personne âgée de 60 ans peut compter vivre 23 ans de plus, dont 17.3 en pleine santé – voir également OCDE/Commission européenne (2024[10]). Ces chiffres représentent un allongement de l’espérance de vie à 60 ans de 1.7 année par rapport à 2000, 70 % de ce gain correspondant à un allongement de l’espérance de vie en bonne santé (Graphique 2.2), définie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme le nombre d’années qu’une personne peut compter vivre en pleine santé, c’est-à-dire en excluant les années d’espérance de vie touchées par la maladie ou l’incapacité.
Espérance de vie moyenne et espérance de vie en bonne santé à 60 ans dans la zone OCDE, en années
Note : Les estimations reposent sur 38 pays de l’OCDE. L’espérance de vie en bonne santé correspond au nombre d’années qu’une personne peut compter vivre en pleine santé, tandis que les années restantes d’espérance de vie en moins bonne santé correspondent au nombre d’années touchées par la maladie ou l’incapacité.
Source : Calculs de l’OCDE fondés sur les données de l’Observatoire mondial de la santé de l’OMS.
L’évolution de la fécondité semble indiquer que les relativement grandes cohortes nées 20 ans après la Seconde Guerre mondiale ont été continuellement remplacées, ces dernières années, par des cohortes de plus en plus petites de nouveaux actifs. Alors que les baby-boomers quittent le marché du travail, la population d’âge actif (les personnes âgées de 20 à 64 ans) commence ou commencera bientôt à diminuer dans la majorité des pays de l’OCDE (Graphique 2.3). Globalement, la population d’âge actif dans la zone OCDE devrait se réduire de 8 % entre 2023 et 2060. Dans un quart des pays de l’OCDE, cependant, notamment dans bon nombre de pays d’Asie orientale et d’Europe méridionale, centrale et orientale, elle devrait reculer de plus de 30 %, et de jusqu’à 46 % en Corée. Une très forte diminution de la population d’âge actif est également prévue dans quatre pays en voie d’adhésion (Bulgarie, Croatie, Roumanie et Thaïlande) ainsi qu’en Chine. À l’inverse, la population d’âge actif devrait encore augmenter dans quelques pays de l’OCDE, plus particulièrement en Australie et au Canada qui devraient enregistrer une forte immigration nette (voir la section 2.3.2 ci‑après). Cela devrait également être le cas en Israël et au Mexique, où la base des pyramides d’âge reste large étant donné que le taux de fécondité est encore élevé ou qu’il n’est que récemment descendu au-dessous du seuil de renouvellement des générations3.
Variation de la population d’âge actif (personnes de 20 à 64 ans), en pourcentage, projections pour 2023‑60
Note : Le scénario moyen des projections démographiques est utilisé. OCDE : Moyenne pondérée des pays de l’OCDE.
Source : Calculs de l’OCDE fondés sur Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
Les pertes de fécondité et les gains de longévité ont en outre conduit à une transformation fondamentale de la structure d’âge de la population. La part de personnes âgées de 55 à 64 ans dans la population d’âge actif de l’OCDE a augmenté d’environ 50 % entre 1980 et 2023, mais cette progression ne devrait pas se poursuivre pendant le prochain quart de siècle dans la majorité des pays (Graphique 2.4). À l’inverse, la population de personnes âgées a considérablement augmenté et continuera d’augmenter. Par conséquent, la part de seniors (65 ans et plus) dans la population est montée en flèche et devrait continuer ainsi à un rythme accéléré. Dans la zone OCDE, le taux de dépendance des personnes âgées (le nombre de seniors rapporté à la population d’âge actif), est passé de 19 % en 1980 à 31 % en 2023 et devrait atteindre 52 % d’ici 2060 (Graphique 2.5)4. Il aura alors dépassé 50 % dans 30 pays de l’OCDE, et 75 % en Corée, en Espagne, en Italie, au Japon et en Pologne. Les projections des Nations Unies indiquent que le taux de dépendance global (les enfants sont également pris en compte dans le numérateur) en 2060 dépassera 100 %5 en Corée, et qu’il atteindra 70 % dans l’ensemble de la zone OCDE.
Malgré le haut degré d’incertitude sur les projections démographiques (en particulier les taux de fécondité), les projections des Nations Unies prévoient encore, avec une probabilité d’au moins 90 % dans tous les pays à l’exception d’Israël, une hausse sensible du taux de dépendance des personnes âgées à l’horizon 2060 (voir Graphique d’annexe 2.A.1)6. Faute d’interventions des pouvoirs publics ou de changements dans les comportements individuels – par exemple, avec l’accroissement de la longévité, les personnes en bonne santé souhaiteront peut-être rester en activité plus longtemps, voir par exemple FMI (2025[12]) – ce changement de structure démographique signifiera qu’une main-d’œuvre de plus en plus réduite devra générer des revenus pour un nombre croissant de personnes qui consomment sans être elles-mêmes productives, ce qui compromettra considérablement la capacité des pays à continuer d’améliorer leur niveau de vie. La section suivante se penchera de plus près sur cette question.
Proportion de personnes âgées de 55 à 64 ans dans la population d’âge actif, diverses années, en pourcentages
Note : La population d’âge actif est constituée des personnes de 20 à 64 ans. Les valeurs de 2060 sont prévues à partir du scénario moyen. Les pays sont classés en fonction de l’augmentation prévue en points de pourcentage entre 2023 et 2060, dans l’ordre décroissant. OCDE : Moyenne pondérée des pays de l’OCDE.
Source : Calculs de l’OCDE fondés sur Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
Rapport seniors/population d’âge actif, diverses années, en pourcentages
Note : Les seniors sont les personnes âgées de 65 ans ou plus. La population d’âge actif est constituée des personnes âgées de 20 à 64 ans. Les valeurs de 2060 sont des projections. Le scénario moyen des projections démographiques est utilisé. OCDE : Moyenne pondérée des pays de l’OCDE.
Source : Calculs de l’OCDE fondés sur Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
La contraction de la population d’âge actif et la hausse du taux de dépendance des personnes âgées posent un problème de taille pour le maintien de la croissance du PIB par habitant dans les pays de l’OCDE. Bien qu’il soit préférable de mesurer le niveau de vie en s’appuyant sur l’indicateur du vivre mieux de l’OCDE ou sur le revenu national brut par habitant, en raison de problèmes de mesure et de prévisions ce chapitre s’en tient à la croissance du PIB par habitant, un déterminant essentiel du niveau de vie matériel (voir l’Encadré 2.2).
Le niveau de vie d’un pays rend généralement compte du bien-être moyen de sa population. À l’échelon national, le niveau de vie est habituellement évalué en s’appuyant sur un indicateur du bien-être global comme l’indicateur du vivre mieux de l’OCDE (l’IVM ci‑après) et ses sous-indicateurs – voir OCDE (2011[13] ; 2024[14]). L’IVM est un indicateur synthétique qui regroupe plusieurs dimensions du niveau de vie matériel (revenu, patrimoine, emplois, salaires et logement) et de la qualité de vie (santé, équilibre travail-vie, éducation et compétences, liens sociaux, engagement civique et gouvernance, qualité de l’environnement, sécurité personnelle, et bien-être perçu).
Le PIB, en revanche, mesure la valeur des biens et des services produits par un pays au cours d’une période donnée et le PIB par habitant normalise le PIB en le divisant par la population totale. Bien qu’il soit très utilisé en raison de sa disponibilité, il constitue un indicateur relativement imprécis du revenu brut des ménages d’un pays. On notera en particulier que le PIB par habitant comprend le revenu distribué aux non-résidents, mais pas le revenu tiré par les résidents de la production dans d’autres pays. D’autre part, le PIB par habitant ne tient pas compte d’autres aspects du bien-être qui ne dépendent pas directement du revenu et n’intègre qu’une partie des informations sur la façon dont les différents types de capital qui alimentent le bien-être évoluent au fil du temps (OCDE, 2011[13]). Il existe toutefois une forte corrélation entre le taux de croissance du PIB par habitant et le taux de croissance du revenu disponible brut réel par habitant des ménages et des institutions sans but lucratif au service des ménages, un élément clé de tout indicateur du niveau de vie matériel. Par exemple, le coefficient de corrélation entre ces deux taux de croissance entre 2007 et 2022, sur l’ensemble des pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, s’établit à 0.62 et grimpe jusqu’à 0.87 si l’on exclut l’Irlande, qui fait manifestement figure d’exception dans la relation (Graphique d’annexe 2.A.2, partie A). Ce résultat tient avant tout au fait que, dans la plupart des pays de l’OCDE, la production intérieure demeure le principal déterminant du revenu disponible des ménages. La croissance du PIB par habitant est également en corrélation avec les variations de l’IVM global. Par exemple, la corrélation internationale entre le taux de croissance du PIB par habitant et les variations de l’IVM entre 2010 et 2023 est à peine positive (0.22), mais elle bondit jusqu’à 0.55 lorsque sont exclues l’Irlande et la Türkiye, deux exceptions manifestes, où le PIB par habitant a progressé plus vite que l’IVM (Graphique d’annexe 2.A.2, partie B). Dans l’ensemble, cela semble indiquer que les projections de croissance du PIB par habitant peuvent livrer des éclairages, bien qu’imparfaits, sur l’évolution future du niveau de vie, et plus particulièrement du niveau de vie matériel.
Dans le contexte du vieillissement démographique, cependant, la croissance du PIB par habitant qui ressort des projections surestime probablement les variations potentielles de niveau de vie. En effet, comme indiqué dans la section 2.4, compte tenu des politiques publiques actuelles, le vieillissement démographique signifie qu’une proportion de plus en plus importante du PIB sera dépensée en soins de santé et en pensions pour simplement maintenir le niveau de vie des seniors. Une croissance faible, mais positive, du PIB par habitant risque d’être insuffisante si l’on veut produire assez de ressources supplémentaires pour améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la population.
L’évolution du taux de dépendance aura une incidence directe sur le PIB par habitant, qui est le produit du PIB par personne occupée et de la part de personnes occupées dans la population totale (rapport emploi/population). À son tour, ce dernier est égal au produit du taux d’emploi (le rapport emploi/population d’âge actif) et de la part de la population d’âge actif dans la population totale7. Le remplacement des cohortes plus âgées par de plus jeunes cohortes dont les liens avec le marché du travail sont plus forts8 devrait tirer le taux d’emploi global des personnes d’âge actif vers le haut, mais la part de la population d’âge actif dans la population totale va se contracter considérablement, comme indiqué dans la section précédente. Cela pèsera à son tour lourdement sur l’évolution du rapport emploi/population et, par conséquent, sur la croissance du PIB par habitant – voir également André, Gal et Schief (2024[15]).
Le Graphique 2.6 montre les contractions prévues du rapport emploi/population, décomposées en contributions des deux canaux dont il est question plus haut, à savoir l’évolution de la part de la population d’âge actif dans la population totale (canal de la structure démographique) et l’évolution par cohortes du taux d’emploi en fonction de l’âge (canal du remplacement des cohortes). L’effet de cette dernière compense en partie celui de la première en raison des liens plus forts des jeunes cohortes avec le marché du travail tout au long de leur carrière. Les projections de taux d’emploi par âge et par genre supposent des taux d’entrée et de sortie du marché du travail constants et sont tirées de Fluchtmann, Keese et Adema (2024[16])9, puis combinées avec le scénario moyen des projections démographiques des Nations Unies utilisé dans la section précédente.
Variation prévue du rapport emploi/population, par canal, 2023‑60, scénario de base, en points de pourcentage
Note : Le graphique illustre la variation prévue de la part de personnes occupées dans la population totale dans le scénario de base. Le scénario moyen des projections démographiques des Nations Unies est utilisé. « Structure démographique » indique la contribution de l’évolution de la structure de la population (et notamment la contraction du rapport population d’âge actif/population totale), en supposant des taux d’emploi par âge et par genre constants en 2023. « Remplacement des cohortes » indique la variation de la contribution des variations prévues de taux d’emploi par âge et par genre à mesure que les nouvelles cohortes remplacent les plus anciennes. OCDE : Moyenne pondérée des pays de l’OCDE.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de l’Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux », http://data-explorer.oecd.org/s/253 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; et Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
Sous l’effet du vieillissement démographique, le pourcentage de personnes occupées dans la population totale de l’OCDE (rapport emploi/population) devrait diminuer et passer de 48.1 % en 2023 à 46.2 % en 2060, c’est-à-dire de 1.9 point de pourcentage. Ce pourcentage diminuera dans tous les pays de l’OCDE sauf trois (Israël, Mexique et Türkiye), mais la baisse devrait être particulièrement marquée (plus de 10 points de pourcentage) en Espagne et en République slovaque. Le remplacement des plus anciennes cohortes par de plus jeunes (généralement plus actives) devrait toutefois atténuer ce recul dans bon nombre de pays. Il ressort des projections que la contraction du rapport emploi/population serait accrue en moyenne de 1.6 point de pourcentage si les liens des plus jeunes cohortes avec le marché du travail n’étaient pas plus forts que ceux des cohortes plus âgées. Sauf de rares exceptions10, le remplacement des cohortes plus âgées par des cohortes plus jeunes s’accompagne effectivement d’une hausse du taux d’emploi des personnes en âge de travailler. Cela n’est toutefois généralement pas suffisant pour compenser entièrement l’effet de l’évolution de la structure démographique, et plus particulièrement l’élargissement de la population âgée sans emploi, celle‑ci demeurant le principal déterminant de la dynamique (négative) de la part de personnes occupées dans la population dans presque tous les pays, à l’exception de la Colombie et de la Türkiye.
Dans l’hypothèse d’un taux de croissance de la productivité du travail (PIB par personne occupée) à peu près constant11, la contraction du rapport emploi/population, en pourcentage, se traduit par un effet égal en pourcentage sur le PIB par habitant. En particulier, en fixant le taux de croissance de la productivité du prochain quart de siècle au niveau observé en 2006‑1912, le scénario de base donne à penser que la croissance du PIB par habitant dans la zone OCDE va diminuer d’environ 40 %, c’est-à-dire de 1.0 % par an en 2006‑19 à 0.6 % par an en moyenne pendant la période 2024‑60 (Graphique 2.7)13. Autrement dit, d’ici à 2060, le PIB par habitant dans la zone OCDE sera inférieur de 14 % à celui qui serait enregistré si le facteur travail continuait de progresser au même rythme que pendant le précédent cycle économique.
Sans une relance de l’emploi et de la productivité dépassant les projections de base, presque tous les pays de l’OCDE vont voir diminuer leur croissance annuelle en raison du vieillissement démographique. Cela tient au fait que, si l’on observe les tendances historiques de l’emploi, y compris des quelques dernières années, le facteur travail apporte une contribution positive à la croissance moyenne du PIB par habitant. Or, l’évolution actuelle du vieillissement démographique signifie que, par habitant, la contribution du facteur travail va devenir négative dans tous les pays de l’OCDE excepté Israël, le Mexique et la Türkiye, comme l’illustre le Graphique 2.6 ci-dessus. La croissance annuelle attendue du PIB par habitant demeurera à peu près constante en Irlande et aux États‑Unis, et diminuera de 0.25 point de pourcentage ou moins au Danemark, en France et au Portugal. On peut toutefois considérer que, dans tous ces pays, le relativement faible recul est essentiellement du à une contribution déjà limitée du facteur travail à la croissance depuis quelques années, comme l’indique la différence peu importante entre les taux de croissance du PIB par habitant et du PIB par travailleur dans les années 2010. À l’autre extrême, bon nombre de pays d’Europe centrale et orientale, ainsi que la Corée, le Chili, la Colombie et le Luxembourg, vont voir leur taux de croissance reculer d’au moins 1 point de pourcentage, sachant toutefois qu’il était très élevé au départ dans tous ces pays à l’exception de l’Allemagne, de l’Autriche et du Luxembourg. Dans tous ces pays, si le rapport emploi/population continuait de progresser au même rythme qu’auparavant, le PIB par habitant dépasserait d’au moins 30 % en 2060 celui annoncé par les projections de référence. En grande partie à cause de la croissance négative de la productivité observée depuis quelques années et utilisée comme point de référence, la croissance annuelle du PIB par habitant sera très négative en Grèce, en Italie et au Luxembourg (au-dessous de ‑0.5 %) selon les estimations. Une croissance annuelle moyenne du PIB par habitant légèrement négative est également prévue en Autriche et en Norvège14.
Croissance annuelle récente et prévue du PIB par habitant, scénario de base, en pourcentages
Note : Projection de la croissance réelle du PIB par habitant obtenue en supposant la même croissance du PIB par travailleur que pour la période 2006‑19 et le scénario de base prévu pour le rapport emploi/population. Les pays sont ordonnés en fonction de l’ampleur du ralentissement moyen de la croissance prévu entre 2006‑19 et 2024‑60. 2006‑18 pour l’Australie, 2013‑19 pour le Chili, 2015‑19 pour la Colombie et 2007‑19 pour la Corée au lieu de 2006‑19. OCDE : Moyenne pondérée des pays de l’OCDE. PIB : Produit intérieur brut.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de l’Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux », http://data-explorer.oecd.org/s/253 et « Niveau de la productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; et Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
L’analyse présentée dans les sections précédentes indique que, au court comme au moyen terme, la plupart des pays de l’OCDE vont être confrontés à un effondrement sans précédent de la croissance du PIB par habitant que seules des politiques publiques audacieuses permettront d’éviter. Il faudra actionner plusieurs leviers, que nous allons examiner dans cette section.
L’un des principaux objectifs de tous les pays de l’OCDE est de redonner du souffle à la croissance du PIB par personne occupée, laquelle est en berne depuis la dernière décennie du XXe siècle dans presque chacun d’entre eux (Graphique d’annexe 2.A.3). Or, le PIB par personne occupée est le produit des heures travaillées par travailleur et de la productivité horaire du travail (PIB par heure travaillée) et la courbe des heures travaillées par travailleur dans les pays de l’OCDE est de longue date sur une trajectoire descendante, bien qu’elle ait un peu ralenti ces quelques dernières années – voir par exemple OCDE (2021[17] ; 2022[18]). Le nombre total d’heures par travailleur diminue depuis 2005 dans presque tous les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, à raison de 5.5 % en moyenne – voir le chapitre 1. Du fait de ces tendances historiques, une forte augmentation du nombre d’heures travaillées par la personne moyenne pourrait donc ne pas être envisageable. On peut s’attendre, au mieux, à ce que ce nombre d’heures travaillées se stabilise à court terme15.
La croissance de la productivité horaire du travail est elle aussi en recul depuis de nombreuses années – voir par exemple OCDE (2024[19]) et le chapitre 516. Bon nombre de chercheurs ont cependant trouvé matière à optimisme dans la diffusion de l’IA générative en tant que nouvelle technologie générique et dans l’intensification de l’automatisation – voir OCDE (2023[2]) – toutes deux porteuses de possibilités de redynamiser sensiblement la croissance de la productivité horaire, tout comme la diffusion des technologies numériques dans les années 1990 a conduit à des gains de productivité horaire pendant presque deux décennies dans quelques pays – voir par exemple Brynjolfsson et Mitchell (2017[20]) ; Aghion, Jones et Jones (2017[21]) ; Lu (2021[22]) ; Baily, Brynjolfsson et Korinek (2023[23]) ; Filippucci et al. (2024[24]) ; OCDE (2024[25]) ; et Committee on Automation and the US Workforce (2024[26])17. D’autre part, les hausses de l’épargne agrégée dues au vieillissement peuvent conduire à une plus forte intensité capitalistique, stimulant ainsi la productivité du travail (voir l’Encadré 2.3). Dans bon nombre de pays de l’OCDE, cependant, et plus particulièrement en Asie et en Europe continentale, la diffusion des technologies numériques dans les années 1990 n’a pas interrompu la baisse séculaire de la croissance de la productivité horaire, laquelle a poursuivi sa course descendante relativement régulière – voir par exemple Fernald, Inklaar et Ruzic (2024[27]) et OCDE (2024[19]). D’autre part, alors que la croissance de la productivité horaire des pays de l’OCDE dans les années 1990 bénéficiait également de la vaste expansion des échanges et des chaînes de valeur mondiales – voir par exemple Grossman et Rossi-Hansberg (2008[28]) ; Baldwin (2012[29]) ; Criscuolo et Timmis (2018[30]) ; et OCDE (2019[1]), il est peu probable que cette impulsion se reproduise à l’heure actuelle, surtout à une telle échelle (Constantinescu, Mattoo et Ruta, 2016[31] ; Goldin et al., 2024[32]). D’autres facteurs, notamment l’accélération du changement climatique, pourraient par ailleurs exercer une pression négative sur la croissance de la productivité à l’avenir. Par exemple, dans un article récent, Bilal et Känzing (2024[33]) estiment que le PIB mondial par habitant aurait déjà augmenté de 37 % aujourd’hui si aucun réchauffement planétaire ne s’était produit depuis 1960, ce qui représente un recul de la croissance de la productivité horaire d’environ 0.5 point de pourcentage par an. Ce recul va probablement s’amplifier à court terme, en particulier si l’action des pouvoirs publics est insuffisante pour contrer le changement climatique – voir OCDE (2024[3]). L’effet d’une main-d’œuvre vieillissante sur la croissance de la productivité horaire suscite en outre certaines craintes, bien que les études soient nuancées sur les effets cumulés du vieillissement sur la croissance de la productivité – voir l’Encadré 2.3 et les chapitres 4 et 5. Pour toutes ces raisons, néanmoins, il est peu probable que la croissance de la productivité du travail puisse être portée à un niveau qui, à lui seul, suffirait pour compenser la baisse prévue de la croissance du PIB par habitant.
Le vieillissement peut influer sur la productivité du travail de multiples façons, sans que se dégage un consensus clair quant à la direction et à l’ampleur de cette influence. Comprendre ce lien de cause à effet complexe nécessite d’examiner chacune de ces vois d’influence de près, des effets du vieillissement à la plus petite échelle, puis à celle des travailleurs et à celle des entreprises, aux effets à l’échelle macroéconomique du vieillissement des sociétés sur la demande globale et l’investissement public et privé (André, Gal et Schief, 2024[15]).
L’impact du vieillissement individuel sur la productivité du travailleur demeure ambigu. La productivité horaire individuelle diminue à un moment ou un autre de la vie des personnes, mais ce moment dépend généralement de plusieurs facteurs, dont les caractéristiques individuelles (y compris la santé et l’éducation), le type de profession (voir également le chapitre 4), et l’organisation du lieu de travail (voir également le chapitre 3). Pour un grand nombre de travailleurs, le point de bascule pourrait survenir à un âge relativement avancé. Effectivement, même si la force physique et les compétences cognitives, notamment la capacité d’apprentissage, se détériorent pendant la vie active – voir par exemple Prskawetz et Lindh (2006[34]) et le chapitre 4 – en particulier lorsque ces capacités ne sont pas mobilisées avec régularité (Hanushek et al., 2025[35]), les seniors assument souvent des tâches différentes de celles de leurs collègues plus jeunes, notamment des rôles de direction (Conseil national de recherches, 2012[36]), et utilisent probablement d’autres compétences. La capacité des entreprises à exploiter les complémentarités de compétences d’une main-d’œuvre d’âges divers constitue ainsi un déterminant clé de la productivité des seniors (OCDE, 2020[8]).
Les sociétés vieillissantes risquent de connaître un environnement industriel et commercial moins dynamique, sur le plan tant des entrées que des sorties d’entreprises, et une concentration de la demande globale dans des secteurs moins productifs, ce qui pourrait freiner la croissance globale de la productivité. La qualité de l’entrepreneuriat risque de diminuer du fait que les postes de responsabilité sont de plus en plus occupés par des seniors, empêchant ainsi les jeunes d’avoir acquis suffisamment d’expérience lorsqu’ils approchent de leurs 45 ans, l’âge typique pour démarrer une entreprise qui réussit (Azoulay et al., 2020[37]). La pression exercée sur les entreprises en place par les nouveaux concurrents et les nouveaux produits peut aussi diminuer, car les consommateurs vieillissants figent les schémas de consommation (Bornstein, 2021[38]). Parallèlement, le vieillissement démographique peut faire pencher la demande vers des activités caractérisées par une plus faible croissance de la productivité, en particulier les services de soins de longue durée (Baumol, 1993[39] ; Cravino, Levchenko et Rojas, 2022[40]).
Le vieillissement transformera probablement aussi l’affectation des ressources et les décisions d’investissement, dans le secteur privé comme dans le secteur public, ce qui s’accompagnera d’effets contraires sur la croissance de la productivité. Une main-d’œuvre vieillissante a tendance à changer moins souvent d’emploi, ce qui réduit l’efficacité du processus d’appariement de l’offre et de la demande, ralentit sensiblement la croissance de la productivité par la voie du redéploiement (voir le chapitre 5) et contribue éventuellement aux pénuries de main-d’œuvre. Or, ces pénuries peuvent aussi créer des incitations à investir dans des technologies permettant d’économiser ou de remplacer la main-d’œuvre (Acemoglu et Restrepo, 2017[41] ; 2021[42]). D’autre part, l’augmentation de l’épargne agrégée sous l’effet du vieillissement peut donner lieu à une plus forte intensité capitalistique et stimuler ainsi la productivité du travail, à condition que les taux d’intérêt réels puissent être ajustés à la baisse pour absorber l’excès d’épargne (Eggertsson, Lancastre et Summers, 2019[43]). Inversement, la hausse des dépenses sociales publiques et privées associée au vieillissement (voir la section 2.4) risque de réduire l’épargne et de supplanter l’investissement productif.
En dernière analyse, ces forces contraires rendent difficile de prévoir quels effets domineront, d’où l’ambiguïté des effets nets du vieillissement sur la croissance de la productivité.
Mobiliser les ressources de main-d’œuvre inutilisées s’impose donc comme une stratégie complémentaire nécessaire. L’origine du recul du facteur travail peut s’expliquer par la baisse séculaire des taux de fécondité (voir la section 2.1). Cependant, comme l’indique brièvement l’Encadré 2.4, si les politiques publiques en matière de fécondité peuvent contribuer à endiguer les pertes dans ce domaine, l’évolution des préférences de fécondité rend improbable que de telles mesures permettront aux pays d’inverser sensiblement le vieillissement démographique. D’autre part, pour le prochain quart de siècle, l’augmentation du taux de fécondité entraînera l’augmentation mécanique du dénominateur du PIB par habitant sans augmentation significative du numérateur, avec un effet négatif sur la croissance par habitant.
Les mesures visant à réduire le coût d’opportunité de l’éducation des enfants, comme l’offre de services de garde à des prix abordables et le renforcement des mesures veillant à favoriser l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, pourraient servir le double objectif de combler l’écart de taux d’activité entre les genres et d’accroître le taux de fécondité. En fait, depuis les années 1980, les taux d’emploi des femmes sont positivement associés avec des taux de fécondité plus élevés dans l’ensemble de la zone OCDE (Fluchtmann, van Veen et Adema, 2023[44]). De même, les dépenses en congés parentaux, allocations familiales, logement et politiques d’éducation et d’accueil des jeunes enfants sont positivement corrélées avec la fécondité. Cependant, les politiques du marché du travail, du logement, de l’éducation et de la famille ne peuvent expliquer que partiellement l’évolution des taux de fécondité (Fluchtmann, van Veen et Adema, 2023[44]), ce qui pourrait indiquer que d’autres facteurs entrent en jeu, comme l’insécurité financière et les attitudes et normes sociétales (OCDE, 2024[5]).
Pour mieux rendre compte de la situation, il faut en effet aller chercher d’autres déterminants des tendances de fécondité. La culture, les normes sociales et les attitudes à l’égard de la maternité s’imposent naturellement à l’esprit (Fernández et Fogli, 2009[45] ; Newson et Richerson, 2009[46]). L’essor de l’épanouissement individuel comme objectif de vie venu remplacer la fondation d’une famille (Sobotka, 2008[47]), couplé avec des normes de rôles parentaux de plus en plus exigeantes, fait augmenter le coût implicite de l’éducation des enfants (OCDE, 2024[5]). Celui-ci vient s’ajouter au coût plus élevé du logement et, dans quelques pays, au coût de l’éducation, à la fois après la scolarisation obligatoire et, à l’âge scolaire, pour les cours particuliers aux enfants qui ont besoin de soutien. Ces coûts implicites croissants peuvent à leur tour influencer les parents à avoir des enfants plus tard (Gustafsson, 2001[48]), à reporter les enfants à plus tard (Becker, 1960[49]), ou à ne pas avoir d’enfants du tout (Baudin, de la Croix et Gobbi, 2015[50]). Compte tenu de l’effort potentiellement lent, voire intergénérationnel, requis pour transformer les normes, les attitudes ou les préférences sociales (Bisin et Verdier, 2000[51]), il est improbable que des politiques publiques puissent renforcer rapidement les taux de fécondité par ces moyens.
En résumé, les politiques publiques expliquent effectivement, en partie du moins, les différences de taux de fécondité entre les pays malgré la baisse tendancielle généralisée. Il n’est toutefois pas envisageable que même les meilleures pratiques en la matière permettent de ramener les taux de fécondité au seuil de renouvellement des générations. Même si elles pouvaient y parvenir, il faudra attendre 20 ou 25 ans pour que la hausse du taux de natalité aujourd’hui se matérialise en de plus grandes cohortes d’âge actif. Pendant ce temps, la hausse du taux de dépendance des jeunes s’ajouterait au taux déjà croissant de dépendance des personnes âgées et, jusqu’à la moitié des années 2050, les nouvelles cohortes feront bien plus augmenter le dénominateur que le numérateur du PIB par habitant. Étant donné que leur contribution à la taille de la population d’âge actif demeurera peu importante dans les années qui suivront, une hausse progressive des taux de fécondité jusqu’au seuil de renouvellement des générations d’ici 2035 (une perspective presque certainement optimiste à l’excès compte tenu des tendances actuelles) n’aurait au mieux qu’une faible incidence sur le PIB par habitant à l’horizon 2060.
Trois autres moyens d’augmenter les ressources de main-d’œuvre seront examinés dans cette section : i) accroître le taux d’emploi et le taux d’activité des seniors en bonne santé, ii) combler l’écart d’emploi entre les genres ; et iii) maintenir le niveau d’immigration nette, notamment en sachant mieux attirer les talents, en tirant le meilleur parti des compétences des immigrés et en réduisant la fuite des cerveaux (dans les pays concernés).
Un autre moyen, qui n’est pas modélisé ici, mais qui est envisageable dans les pays affichant des taux élevés de jeunes sans emploi et sortis du système éducatif18 consiste à accroître l’emploi des jeunes. Néanmoins, pour veiller à ce que les jeunes travailleurs soient munis des compétences nécessaires sur le marché du travail pendant toute leur carrière, réduire le taux de jeunes sans emploi et sortis du système éducatif suppose souvent d’améliorer les services éducatifs et de réduire le décrochage scolaire ou de proposer des programmes d’éducation de la deuxième chance à temps plein, à l’exemple du Job Corps aux États‑Unis, sans que cela n’ait nécessairement d’incidence significative sur le taux global d’emploi dans ces tranches d’âge – voir par exemple Schochet, Burghardt et McConnell (2006[52]) ; Cohen et Piquero (2015[53]) ; et OCDE (2019[54] ; 2023[55])19.
Les immigrés en situation régulière contribuent déjà et, selon le scénario de base, continueront de contribuer au maintien de la population d’âge actif, bien que les taux d’immigration nette prévus20 dans le scénario moyen des Nations Unies soient inférieurs à ceux observés dans les données les plus récentes disponibles de nombreux pays – 2021‑24, voir Graphique d’annexe 2.A.421. Traduire la contribution des flux d’immigration à la population du pays d’accueil en contribution au rapport emploi/population n’est toutefois pas inutile. D’un côté, dans certains pays d’accueil, les taux d’activité et d’emploi des personnes nées à l’étranger, en particulier peu après leur arrivée, sont inférieurs à ceux des personnes nées dans le pays (OCDE, 2024[56]). Ce constat tient à plusieurs facteurs, dont les raisons de l’immigration (travail, immigration humanitaire, famille, études, etc.), la situation socioéconomique, et le fait que les immigrés ne possèdent souvent pas les compétences recherchées dans le pays d’accueil (Spielvogel et Meghnagi, 2018[57])22. Ils peuvent aussi, du moins au début, manquer de l’expérience – y compris des compétences linguistiques – nécessaire pour trouver leur place sur le marché du travail du pays d’accueil (OCDE, 2023[58]). D’un autre côté, les personnes nées à l’étranger sont surreprésentées parmi les travailleurs indépendants, et les entrepreneurs immigrés contribuent sensiblement à la création d’emplois dans les pays d’accueil (OCDE, 2024[56]). Par ailleurs, les immigrés jouent un rôle essentiel dans la réduction des pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, notamment les soins de longue durée – voir par exemple Rapp et Sicsic (2020[59]) ;Grabowski, Gruber et McGarry (2023[60]) ; Jun et Grabowski (2024[61]) ; et OCDE (à paraître[62]).
Faute de données suffisantes, cependant, aux fins de l’exercice de simulation simple présenté dans ce chapitre, les écarts observés de taux d’emploi par genre entre les personnes nées dans le pays et celles nées à l’étranger sont pris comme points de départ. Les variations en pourcentage prévues du taux d’emploi des personnes nées à l’étranger sont supposées identiques à celles des personnes du même genre et de la même tranche d’âge nées dans le pays : l’écart de taux d’emploi en 2023 calculé pour chaque catégorie est supposé constant les années suivantes. La prudence est donc de mise dans les conclusions tirées des résultats23.
Comme l’indique le graphique 2.8, si les flux d’immigration ralentissaient dans un avenir proche et ramenaient l’immigration nette à zéro (scénario sans immigration), la croissance prévue du PIB par habitant reculerait de 0.06 point de pourcentage de plus par an dans la zone OCDE par rapport au scénario de base (présenté dans la section 2.2 ci-dessus), dans lequel le taux d’immigration nette est fixé au même niveau que dans le scénario moyen des Nations Unies (voir le Graphique d’annexe 2.A.4). Le recul serait de plus de 0.15 point de pourcentage uniquement au Canada et au Luxembourg, où cet effet relativement marqué tient essentiellement au niveau assez élevé d’immigration nette prévu dans le scénario moyen des Nations Unies pour ces pays. Dans d’autres pays, comme le Danemark, l’Espagne, la France, le Portugal et le Royaume‑Uni, même si un taux d’immigration nette fixé à zéro n’a que peu d’effet sur la croissance en chiffres absolus, ces pertes supplémentaires augmenteraient tout de même de plus de 20 % la perte de croissance de PIB par habitant prévue dans le scénario de base. À l’autre extrême, les pays qui, selon les projections, devraient enregistrer une immigration nette négative, en moyenne, en raison d’une forte émigration – Mexique, Türkiye et quelques pays d’Europe centrale et orientale – bénéficieraient potentiellement d’un monde sans immigration, mais l’effet prévu resterait faible.
Différence de croissance annuelle moyenne du PIB par habitant : scénario de base vs autres scénarios d’immigration, en points de pourcentage, 2024‑60
Note : Le diagramme compare les différences prévues de croissance moyenne du PIB réel par habitant, en points de pourcentage, entre le scénario de base et trois autres scénarios. Dans le scénario sans immigration, le taux d’immigration nette futur est ramené à 0. Dans le scénario d’immigration modérée, le taux d’immigration nette futur est égal au centile médian de la distribution internationale en 2021‑24. Dans le scénario d’immigration élevée, le taux d’immigration nette futur est égal au 75e centile de la distribution internationale en 2021‑24. Les projections supposent la même évolution des taux d’emploi pour les personnes nées à l’étranger et celles nées dans le pays, mais des niveaux de départ différents calculés en fonction des observations. Pour Israël et la Türkiye, les niveaux de départ sont identiques en raison du manque de données. Les pays sont classés dans l’ordre décroissant, en fonction de la différence entre les scénarios d’immigration élevée et sans immigration. p.p. = points de pourcentage. OCDE : Moyenne pondérée des pays de l’OCDE. PIB : Produit intérieur brut.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de OCDE (2024), Perspectives des migrations internationales 2024, https://doi.org/10.1787/4fa9de98-fr ; OCDE (2024), « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux », http://data-explorer.oecd.org/s/253, « Résultats des immigrés sur le marché du travail – Taux d’emploi, de chômage et de participation par sexe », http://data-explorer.oecd.org/s/255 et « Niveaux de la productivité »,http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; Nations Unies (2024), International Migrant Stock 2024, www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock, et Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, https://population.un.org/wpp/.
Comme indiqué plus haut, cependant, les taux d’immigration nette inclus dans le scénario de base (basé sur le scénario moyen des Nations Unies) sont inférieurs aux taux historiques dans de nombreux pays. Pour les pays de l’OCDE, le taux annuel médian international d’immigration nette des quelques dernières années s’établissait à 0.46 % en 2021‑24 et à 0.37 % en 2016‑20, à comparer avec un taux médian international moyen de 0.24 % en 2024‑60 dans le scénario de base des Nations Unies. Les taux médians d’immigration nette sont en outre sur une courbe ascendante régulière depuis au moins 1990 (Nations Unies, 2024[63]) et les arrivées de personnes nées à l’étranger n’ont jamais été aussi nombreuses (OCDE, 2024[56]). Le Graphique 2.8 considère par conséquent deux scénarios d’immigration plus élevée, ce qui pourrait permettre de mieux caractériser le potentiel du canal de l’immigration : un scénario d’immigration moyennement forte, dans lequel l’immigration nette augmente pour atteindre les niveaux médians de la distribution internationale en 2021‑24 (0.46 %) dans tous les pays d’ici 2030 (et demeure constante par la suite), sauf si la projection de base est supérieure, et un scénario d’immigration élevée, dans lequel l’immigration nette augmente pour atteindre le 75e centile de la distribution internationale (0.61 %), ici aussi dans tous les pays d’ici 2030, sauf si la projection de base est supérieure24. Il faut toutefois noter que, si dans les scénarios de base et sans immigration tous les flux mondiaux sont équilibrés, cela n’est pas le cas dans les scénarios d’immigration élevée et modérée étant donné que le même taux d’immigration nette cible est utilisé pour tous les pays. Aussi, ces deux scénarios permettent uniquement de simuler séparément les gains potentiels de l’immigration pour chaque pays.
Les gains potentiels d’une plus forte immigration régulière en termes de croissance annuelle du PIB par habitant paraissent particulièrement élevés dans de nombreux pays d’Europe méridionale, centrale et orientale, où ils pourraient dépasser 0.1 point par an dans le scénario d’immigration modérée et 0.2 point dans le scénario d’immigration élevée (Graphique 2.8). Dans l’ensemble, relativement à un monde sans immigration, en atteignant un taux d’immigration nette de 0.61 % d’ici 2030, le pays médian de l’OCDE pourrait améliorer la croissance de son PIB par habitant de 0.13 points25, et de jusqu’à 0.25 point dans les cas de la Grèce, de l’Italie, du Luxembourg et de la Slovénie. À l’inverse, les gains de l’immigration apparaissent proches de zéro dans des pays comme les Pays‑Bas, Israël et le Mexique, en raison soit de la composition prévue des flux d’immigration (groupes plus importants d’immigrés peu actifs ou inactifs, comme dans le cas d’Israël) soit du taux d’activité actuel nettement inférieur des immigrés, comme au Mexique et aux Pays‑Bas – voir OCDE (2024[56]). Ce dernier facteur, en particulier, entraîne probablement une surestimation du potentiel de croissance des scénarios d’immigration élevée, étant donné que les taux d’emploi des immigrés s’amélioreraient si la hausse des flux d’immigration nette était accompagnée de politiques d’immigration plus sélectives en adéquation avec les besoins du marché du travail du pays d’accueil.
Globalement, si l’immigration régulière peut contribuer à atténuer le problème que pose le vieillissement démographique pour le niveau de vie, son potentiel ne pourra probablement pas changer la donne à moins que les taux d’immigration nette dépassent largement les taux historiquement élevés observés depuis quelques années. Cependant, plus la hausse soudaine des flux d’immigration sera forte, plus les interventions de politique publique devront être à grande échelle pour intégrer les immigrés dans le marché du travail – voir par exemple OCDE (2016[64] ; 2017[65] ; 2017[66] ; 2021[67] ; 2023[58]). Les interventions nécessaires pourraient être très variées, allant par exemple des mesures d’insertion, de formation linguistique et de formation spécialisée (y compris dans les pays d’origine) à l’apport de logements et de modes de transport à des prix abordables – voir également Hermans et al. (2020[68]). Veiller à un accès adéquat à ces services est un élément intégral et inévitable de politiques d’immigration et d’intégration bien gérées, mais de telles interventions sont coûteuses et difficiles à mettre en œuvre à grande échelle (OCDE, 2024[56]). D’autre part, la majorité des immigrés ne restent que temporairement dans le pays d’accueil, ce qui rend encore plus difficile de maintenir un taux élevé d’immigration nette dans le temps (OCDE, 2024[56]). Accroître efficacement les taux d’immigration nette de manière à répondre aux besoins de compétences des pays d’accueil pourrait en outre nécessiter de reconvertir les citoyens nés dans le pays ou d’encourager leur retour et, plus généralement, de mettre en œuvre des moyens efficaces pour attirer les talents (Spielvogel et Meghnagi, 2018[57] ; d’Aiglepierre et al., 2020[69] ; Beine, Peri et Raux, 2023[70]). Enfin, et ce n’est pas le moins important, les populations des pays d’accueil ne sont souvent pas prêtes à accepter une forte hausse du nombre d’immigrés, même si elle peut s’accompagner de gains économiques manifestes, et les tentatives dans ce sens risquent de fortes répercussions politiques (Hainmueller et Hopkins, 2014[71] ; McCann, Sienkiewicz et Zard, 2023[72] ; Boeri et al., 2024[73]), en particulier lorsque les immigrés sont en grande partie peu qualifiés (Moriconi, Peri et Turati, 2022[74] ; Docquier et Rapoport, 2025[75]).
Réduire les écarts d’emploi entre les hommes et les femmes d’âge actif serait clairement bénéfique. Dans tous les pays de l’OCDE, le taux d’emploi des femmes est inférieur à celui des hommes du même âge, et même si les écarts entre les écarts en matière d’emploi entre les hommes et les femmes ne cessent de se réduire depuis quelques années, le rythme de la convergence s’est ralenti. Les écarts de taux d’emploi entre les genres chez les personnes d’âge actif a baissé de 7.6 points de pourcentage entre 2000 et 2021, mais cette baisse a été divisée par deux pendant la seconde décennie du XXIe siècle ( (OCDE, 2023[76])) et les données de l’OCDE suggèrent qu’au cours des dernières années, l’emploi des femmes n’a progressé de manière significative que dans les pays où cet écart était le plus important (OCDE, 2024[3]), et que cette progression ralentit (voir Chapitre 1). Globalement, cela suggère que des progrès considérables restent possibles pour combler cet écart entre hommes et femmes dans la plupart des pays, et que cela pourrait avoir un effet important sur la croissance.
Réduire les écarts d’emploi entre les hommes et les femmes de tout âge dans l’ensemble des pays de l’OCDE, tout en conservant toutes les autres hypothèses du scénario de référence, pourrait entraîner une croissance annuelle du PIB par habitant dans l’OCDE de 0.2 point de pourcentage (Graphique 2.9)26. Dans les pays où la participation des femmes au marché du travail est particulièrement faible (Colombie, Costa Rica, Mexique, Grèce, Italie et Türkiye), la simulation suggère que combler l’écart existant entre les hommes et les femmes pourrait augmenter le PIB par habitant de 0.3 point de pourcentage ou plus, et jusqu’à 0.6 point de pourcentage en Colombie. La contribution d’une réduction de l’écart hommes-femmes à la croissance du PIB par habitant resterait en revanche modeste dans les pays où les taux d’emploi des femmes sont déjà proches de ceux des hommes. Plus précisément, dans des pays comme l’Australie, la France, Israël, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg et le Royaume‑Uni, la réduction de l’écart d’emploi entre les hommes et les femmes se traduirait par une hausse du PIB par habitant inférieure à 0.1 point de pourcentage par an. En Australie et en France, réduire l’écart d’emploi entre les hommes et les femmes permettrait néanmoins de récupérer plus d’un quart de la perte de croissance du PIB par habitant due au vieillissement (voir Graphique 2.9 et Graphique 2.7). D’autres gains sont prévisibles si l’écart entre hommes et femmes en termes de temps de travail par personne occupée se réduit dans les pays présentant de fortes disparités (voir Encadré 2.5).
Différence en points de pourcentage de la croissance annuelle moyenne du PIB par habitant : scénario de référence et scénario de l’égalité entre les femmes et les hommes, contributions des différentes catégories d’âge, 2024‑60
Note : le graphique compare les projections des écarts en points de pourcentage de la croissance moyenne du PIB réel par habitant entre un scénario où, d’ici 2060, pour les deux genres, les taux d’emploi dans chaque catégorie d’âge seraient aussi élevés que ceux du genre ayant le taux le plus élevé, et le scénario de référence. « Contr. à l’égalité des genres des adultes jeunes et très actifs » identifie la contribution spécifique à la réduction des écarts hommes-femmes chez les moins de 54 ans. « Contr. à l’égalité des genres des travailleurs seniors » identifie la contribution spécifique à la réduction des écarts hommes-femmes chez les plus de 55 ans. OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE. p.p. : points de pourcentage PIB : Produit intérieur brut.
Source : calculs de l’OCDE à partir de l’Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux »http://data-explorer.oecd.org/s/253 et « Niveau de la productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Dans les pays de l’OCDE, les femmes consacrent en général moins d’heures à un travail rémunéré que les hommes (OCDE, 2019[77]). Le Graphique 2.9 ci-dessus présente la contribution potentielle à la croissance de scénarios hypothétiques qui supposent une résorption complète de l’écart entre les genres en matière de taux d’emploi d’ici 2060 (c’est-à-dire, la marge extensive) ; une autre piste envisageable consisterait à réduire l’écart hommes-femmes en matière de temps de travail par personne occupée (c’est-à-dire, la marge intensive). Les données relatives aux heures travaillées ne sont pas disponibles pour tous les pays de l’OCDE, et même lorsqu’elles le sont, elles ne sont pas toujours comparables (voire les notes au Graphique 2.10). Pour les pays de l’OCDE pour lesquels des données sur les heures travaillées sont disponibles, le Graphique 2.10 représente les gains potentiels d’une augmentation du nombre d’heures travaillées, si le temps de travail était égalisé par le haut d’ici 2060. Comme auparavant, toutes les autres hypothèses restent inchangées par rapport au scénario de référence. Au niveau de l’OCDE, la croissance du PIB par habitant serait supérieure de 0.16 point de pourcentage à celle du scénario de référence, à savoir sans modification de l’écart d’emploi entre les femmes et les hommes, ce qui permet d’additionner les effets potentiels simulés dans cet encadré avec ceux des autres pistes envisagées dans cette section.
Différence en points de pourcentage de la croissance annuelle moyenne du PIB par habitant : scénario de référence et scénario d’égalité entre les femmes et les hommes en nombre d’heures travaillées, 2024‑60
Note : le graphique compare les projections des hausses de points de pourcentage de la croissance moyenne du PIB annuel par habitant (par rapport au scénario de base), entre un scénario où, d’ici 2060, pour les deux genres, le temps de travail par personne occupée dans chaque catégorie d’âge serait aussi élevé que celui du genre ayant le temps de travail le plus élevé, toutes les autres hypothèses du scénario de référence étant par ailleurs conservées. Le nombre d’heures habituellement travaillées par personne occupée est utilisé pour des raisons de comparabilité entre pays. Nombre d’heures réel et non habituel pour la Corée et le Mexique. Heures par travailleur et non heures par personne occupée pour la Corée. OCDE : moyenne pondérée des pays indiqués. p.p. : points de pourcentage.
Source : calculs de l’OCDE à partir Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux »http://data-explorer.oecd.org/s/253, « Nombre moyen d’heures hebdomadaires habituelles travaillées dans le cadre de l’emploi principal », http://data-explorer.oecd.org/s/256 et « Niveau de la productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en; et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
L’effet potentiel moyen cache néanmoins des disparités. Les pays présentant une meilleure égalité du nombre d’heures travaillées, à savoir la Lettonie, la Hongrie et la Lituanie, ne connaîtraient qu’une hausse minime de croissance, comprise entre 0.03 et 0.04 point de pourcentage. En revanche, pour 17 pays, l’effet sur la croissance pourrait être plus élevé si l’écart entre les hommes et les femmes était résorbé dans la marge intensive plutôt que dans la marge extensive. La contribution d’une réduction des écarts dans le nombre d’heures travaillées entre hommes et femmes serait particulièrement élevée en Autriche, en Allemagne, aux Pays‑Bas, en Suisse et au Royaume‑Uni, pays dans lesquels les femmes sont plus souvent employées à temps partiel que les hommes (OCDE, 2019[77] ; OCDE, 2025[78]). En effet, pour ces pays, le PIB par habitant pourrait potentiellement augmenter de 0.25 point de pourcentage ou plus d’ici 2060, par rapport au scénario de référence. La hausse effective pourrait cependant être inférieure dans la mesure où cette simulation omet de quantifier les coûts nécessaires pour que le nombre d’heures travaillées par les femmes (qui prennent en charge une plus grande part du travail non rémunéré, voir Encadré 2.6 ci-dessous) atteigne celui des hommes.
Les écarts hommes-femmes en matière d’emploi sont toutefois répartis de manière asymétrique selon l’âge, ce qui signifie que, dans la zone OCDE, plus d’un tiers des gains potentiels en termes de croissance du PIB par habitant proviendrait de la réduction de l’écart entre les hommes et les femmes chez les travailleurs seniors. Ce chiffre serait même bien plus élevé dans certains pays. Dans certains cas, cela est dû à un taux d’activité très élevé des hommes seniors, par exemple en Islande et en Estonie, où respectivement 77 % et 65 % des gains potentiels liés à une réduction des écarts reposent sur les femmes seniors. Toutefois, dans d’autres pays, le déclin très rapide de la participation des femmes au marché du travail à un âge plus avancé est à l’origine de cette tendance. C’est le cas au Chili et en Hongrie, par exemple, où la réduction des taux de sortie du marché du travail des femmes seniors représente respectivement 64 % et 70 % des gains potentiels27. À l’inverse, dans d’autres pays comme la France, les gains potentiels liés à la réduction de l’écart hommes-femmes reposent essentiellement sur les femmes d’âge très actif (et les jeunes), tandis que l’effet lié aux seniors est faible. Cela s’explique mécaniquement par le fait que les taux d’emploi des seniors sont relativement faibles, tant pour les hommes que pour les femmes, en particulier pour les seniors de 60 ans ou plus – voir OCDE (2023[4]) et ci-dessous -, ce qui limite les gains potentiels liés à la réduction de l’écart entre les hommes et les femmes dans ces catégories d’âge, si les hommes seniors ne sont pas simultanément plus nombreux à occuper un emploi.
Combler l’écart entre hommes et femmes nécessiterait toutefois une augmentation significative du taux d’emploi des femmes, et donc un effort politique conséquent pour atteindre cet objectif. En moyenne, au sein de l’OCDE, les taux d’emploi des femmes en âge de travailler (âgées de 20 à 64 ans) devraient passer de 67 % en 2023 à 81.7 % en 2060, soit une augmentation de 14.7 points de pourcentage (Graphique d’annexe 2.A.5), ce qui représente un bond considérable. Le fait que les cohortes plus jeunes aient tendance à travailler davantage que les cohortes seniors devrait expliquer environ un quart de cette augmentation (comme le montrent les projections de référence), mais mobiliser davantage l’offre de main-d’œuvre féminine pour combler l’écart d’emploi entre les hommes et les femmes nécessiterait un véritable bond supplémentaire de 11.2 points de pourcentage dans les taux d’emploi des femmes en âge de travailler. L’augmentation que cela suppose pour le taux d’emploi des femmes en âge de travailler serait particulièrement importante (plus de 25 points de pourcentage) en Türkiye et dans tous les pays latino‑américains de l’OCDE, à l’exception du Chili. Des augmentations supérieures à 15 points de pourcentage au-delà de l’effet de cohorte seront également nécessaires dans certains pays du Sud de l’Europe, comme la Grèce et l’Italie.
Les mesures politiques devraient donc s’attaquer aux divers obstacles qui empêchent la pleine égalité entre les femmes et les hommes sur le marché du travail, non seulement à des fins d’équité, mais également pour atténuer les effets du vieillissement de la population. La Recommandation du Conseil sur l’égalité entre hommes et femmes en matière d’éducation, d’emploi et d’entrepreneuriat établit un cadre de pratiques en faveur de cet objectif (OCDE, 2017[79]) : les interventions publiques recommandées pour favoriser l’égalité des genres vont de la promotion de pratiques salariales égalitaires et de politiques favorables aux femmes et aux familles au sein des entreprises, à la facilitation de l’accès des femmes aux études dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, et à la promotion de la réussite des femmes dans l’entrepreneuriat et les postes de décision, en passant par un développement notable des structures de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées qui soient de bonne qualité et abordables – voir également OCDE (2018[80] ; 2023[81]). Il s’agit souvent d’interventions politiques coûteuses, en particulier parce que les femmes assument une part disproportionnée du travail non rémunéré et des responsabilités familiales et de soins (voir Encadré 2.6), ce qui peut également constituer un obstacle à la participation des femmes au marché du travail – voir OCDE (2018[80] ; 2023[76])28. Combler l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi nécessiterait alors une forte hausse de la participation des hommes aux tâches familiales et de soins non rémunérées et/ou que le marché ou les pouvoirs publics mettent en place des services de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées financièrement accessibles.
La prise en charge des soins et des responsabilités familiales non rémunérés varie considérablement entre les hommes et les femmes – voir par exemple OCDE (2018[80]). Les enquêtes sur l’emploi du temps permettent de quantifier le temps que les hommes et les femmes consacrent aux tâches ménagères. En moyenne, dans l’OCDE, les femmes consacrent environ quatre heures par jour aux soins et au travail domestique non rémunérés, contre environ deux heures pour les hommes. De plus, les femmes consacrent plus de temps à ces activités que les hommes dans tous les pays de l’OCDE, le rapport allant de 1.2 fois le nombre d’heures consacrées par les hommes en Belgique et en Norvège, à 5.2 fois en Türkiye (voir Graphique 2.11).
Temps moyen consacré par les femmes aux soins et au travail domestique non rémunérés, par rapport au temps des hommes, 2023
Note : Ratio femmes-hommes du temps quotidien moyen consacré aux tâches domestiques et aux soins non rémunérés. OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de l’Explorateur des données de l’OCDE « Base de données Égalité des genres, institutions et développement (GID-DB) 2023 », http://data-explorer.oecd.org/s/257.
Les enquêtes sur l’emploi du temps sous-estiment toutefois l’écart entre les hommes et les femmes en ce qui concerne la charge de travail domestique. La raison en est que, même lorsqu’elles ont un emploi, les femmes sont plus souvent « de garde », c’est-à-dire qu’elles se tiennent prêtes à répondre aux imprévus de la journée qui nécessitent l’intervention d’un membre adulte du ménage (par exemple, un enfant malade qu’il faut aller chercher à l’école). Cela se traduit par des différences entre les hommes et les femmes en ce qui concerne le temps de trajet et la préférence pour des modalités de travail flexibles – voir par exemple Mas et Pallais (2017[82]) et Farré, Jofre‑Monseny et Torrecillas (2023[83]). En outre, et c’est peut-être le plus important, les femmes assument une part écrasante de la charge mentale liée au travail domestique, une forme de travail éprouvante, mais souvent invisible, qui comprend par exemple l’anticipation des besoins, l’identification des solutions pour les satisfaire, la prise de décisions et le suivi des progrès réalisés. Les données suggèrent que les femmes assument une part disproportionnée de la charge mentale associée au foyer dans tous les domaines, mais en particulier pour l’anticipation et le suivi des besoins (Daminger, 2019[84] ; Reich-Stiebert, Froehlich et Voltmer, 2023[85]). Pour accroître efficacement la participation des femmes au marché du travail, sans détériorer leur bien-être, il convient par conséquent de réorganiser de manière significative les responsabilités familiales, en modifiant les normes de genre et en redéfinissant le périmètre du travail domestique.
Enfin, dans de nombreux pays de l’OCDE, les seniors en bonne santé représentent une source potentielle importante de ressources en main-d’œuvre, qui n’est pas encore suffisamment exploitée. Plus précisément, si l’emploi des travailleurs seniors a considérablement augmenté pour les travailleurs de moins de 60 ans, des progrès restent à faire dans de nombreux pays pour les catégories d’âge plus élevées (OCDE, 2020[8] ; 2023[4]). Les taux d’emploi dans les pays de l’OCDE varient en effet de 1 à 4 pour le groupe des 60‑64 ans, et presque de 1 à 7 pour ceux âgés de 65 à 69 ans – voir le chapitre 329. Dans la mesure où les écarts d’espérance de vie en bonne santé à 65 ans d’un pays à l’autre ne montrent pas la même disparité (OCDE, 2024[5])30, d’importantes possibilités d’amélioration sont possibles.
Aux fins du présent chapitre, un scénario alternatif d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors est élaboré. Ce scénario suppose que, d’ici 2060, chaque pays réduise le taux de sortie de l’emploi des seniors au moins pour le ramener au niveau des 10 % des pays de l’OCDE les plus performants dans chaque catégorie d’âge au-delà de 50‑54 ans31. Les valeurs de référence utilisées sont celles du sexe pour lequel le taux d’emploi est le plus élevé32. Pour éviter de confondre cette voie d’amélioration avec la réduction de l’écart entre les hommes et les femmes (et donc un double comptage), les écarts entre les hommes et les femmes en matière d’emploi pour chaque catégorie d’âge sont supposés inchangés par rapport au scénario de référence33.
En ramenant le taux de sortie de l’emploi des seniors à celui des 10 % des pays de l’OCDE les plus performants dans chaque catégorie d’âge (c’est-à-dire, dans le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des seniors comme décrit plus haut), environ la moitié des pays de l’OCDE pourraient gagner au moins 0.2 point de pourcentage de croissance annuelle du PIB par habitant (Graphique 2.12) par rapport au scénario de référence, proche de la progression globale de la zone OCDE34. Il n’est pas surprenant que, par rapport au scénario de référence, les taux d’emploi pourraient augmenter dans ce scénario d’environ 10 points de pourcentage pour les travailleurs âgés de 60 ans ou plus, et de seulement 3.5 points de pourcentage pour ceux âgés de 55 à 59 ans (Graphique d’annexe 2.A.8)35.
Dans un petit nombre de pays, qui sont déjà proches du taux de sortie de référence pour toutes ou presque toutes les catégories d’âge, les gains potentiels d’une plus grande mobilisation des travailleurs seniors sont limités. C’est notamment le cas au Chili, en Colombie, en Islande, en Israël, au Japon, en Corée, au Mexique et en Nouvelle‑Zélande – des pays dans lesquels, déjà en 2023, plus de 20 % des seniors âgés de 65 ans ou plus avaient un emploi, et qui affichent des taux d’emploi relativement élevés parmi les seniors d’autres catégories d’âge. Pour tous ces pays, les gains potentiels en termes de taux d’emploi sont limités et, même dans le meilleur des cas, il est probable que les taux d’emploi des seniors connaissent une baisse (voir Graphique d’annexe 2.A.8). Cela reflète les évolutions de la composition de la catégorie des seniors, qui devrait connaître une forte augmentation de la proportion de personnes très âgées. Par conséquent, les gains potentiels de croissance du PIB par habitant résultant de la mobilisation de l’offre supplémentaire de main-d’œuvre des seniors sont limités à moins de 0.05 point de pourcentage (voir Graphique 2.12).
À l’opposé, dans dix pays d’Europe continentale, dont l’Autriche, la Belgique, la France, la République tchèque, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg, la République slovaque, la Slovénie et l’Espagne, le gain potentiel en termes de croissance annuelle du PIB par habitant résultant de la mobilisation de la capacité de travail des seniors pourrait être appréciable. Réduire le taux de sortie des seniors pour rejoindre les 10 % de pays les plus performants pourrait générer une hausse de la croissance de l’ordre de 0.4 point de pourcentage, voire plus (voir Graphique 2.12). Plus précisément, en France, en Italie et en Espagne, il pourrait même suffire à lui seul à compenser entièrement la baisse prévue de la croissance du PIB par habitant due au vieillissement démographique (comme le prévoit le scénario de référence). Néanmoins, cela supposerait un rebond important du taux d’emploi des personnes âgées de 55 ans ou plus dans ces pays, en particulier pour les personnes âgées de 60 à 64 ans. En effet, dans ce scénario et dans tous ces pays, à l’exception de la République tchèque, de la République slovaque et de l’Espagne, les taux d’emploi dans cette catégorie d’âge seraient en 2060 supérieurs d’au moins 20 points de pourcentage à ceux de 2023, et jusqu’à 50 points de pourcentage plus élevés au Luxembourg (voir Graphique d’annexe 2.A.8). Bien que dans la plupart de ces pays, l’effet de cohorte ne représente qu’une faible fraction de cette augmentation, dans la totalité d’entre eux, plus de 70 % de cette augmentation est due à un écart entre le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors et le scénario de référence36. En revanche, en République tchèque, en République slovaque et en Espagne, le gain potentiel le plus important provient de la réduction des taux de sortie de l’emploi des seniors de 65 ans et plus.
Différence en points de pourcentage de la croissance annuelle moyenne du PIB par habitant : scénario de référence et scénario des travailleurs seniors, 2024‑60
Note : Le graphique compare les différences projetées en points de pourcentage dans les taux de croissance moyens du PIB réel par habitant entre un scénario avec un taux d’emploi élevé des travailleurs seniors et le scénario de référence. Le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors repose sur l’hypothèse que, d’ici 2060, chaque pays aura atteint dans chaque catégorie d’âge supérieure à 50‑54 ans (pour le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé) un taux d’emploi qui réduirait le taux de déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Pour l’autre genre, dans chaque pays et dans chaque catégorie d’âge, les taux d’emploi projetés sont supposés être de nature à maintenir le même écart d’emploi entre les hommes et les femmes que dans le scénario de référence. OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE. p.p. : points de pourcentage PIB : Produit intérieur brut.
Source : calculs de l’OCDE à partir Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux »http://data-explorer.oecd.org/s/253 et « Niveau de la productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Le maintien de l’activité et de l’emploi des seniors en bonne santé nécessite néanmoins une approche politique complexe et holistique (OCDE, 2020[8] ; 2023[4] ; 2024[86]). Les politiques doivent à la fois renforcer les incitations à rester sur le marché du travail, soutenir l’employabilité et la demande de main-d’œuvre, notamment en changeant l’attitude des employeurs et en améliorant la qualité des emplois et l’organisation du travail au sein des entreprises, tout en veillant à ce que les travailleurs seniors disposent des compétences adéquates pour s’épanouir sur le marché du travail et éviter les pièges de la pauvreté au travail. Il sera également important de doter les travailleurs seniors des compétences demandées et de lever les obstacles à leur mobilité professionnelle afin d’éviter que l’augmentation de la part de l’emploi des seniors n’ait des répercussions négatives sur la croissance de la productivité. Ces questions sont examinées plus en détail aux chapitres 3, 4 et 5. En outre, la santé elle‑même n’est pas un paramètre exogène à la politique, mais peut être influencée par des politiques de prévention et une meilleure gestion des maladies chroniques, afin qu’elles soient moins un obstacle à l’emploi, tout en améliorant le bien-être des personnes – voir par exemple OCDE (2022[87] ; 2022[88] ; 2023[89] ; 2025[90]). Des politiques appropriées sur le lieu de travail sont également indispensables pour garantir que l’allongement de la vie professionnelle favorise une meilleure santé ou, à tout le moins, ne la détériore pas (voir le chapitre 3).
Les différents scénarios envisagés dans la sous-section précédente sont complémentaires et ne s’excluent pas mutuellement. Les pays peuvent en effet poursuivre simultanément des stratégies multiples pour mobiliser les ressources en main-d’œuvre inexploitées. Les scénarios envisagés ici sont conçus de manière à pouvoir être, en principe, cumulés. Même si, dans la plupart des pays, aucune de ces solutions n’est suffisante en soi, elles peuvent faire partie d’une stratégie globale qui, dans la plupart des cas, pourrait compenser l’effet du vieillissement de la population sur le rapport entre l’emploi et la population37.
Selon les simulations simplifiées présentées dans la section précédente, dans tous les pays sauf la Corée, l’exploitation du plein potentiel de tous ces circuits réunis empêcherait effectivement le rapport emploi/population de diminuer d’ici à 2060, et dans certains pays, elle entraînerait même une augmentation considérable, comme le montre le tableau ci-dessous Graphique 2.13. Ce sont les mesures visant à accroître la participation au marché du travail et l’emploi des seniors qui apporteraient la plus grande contribution. Simultanément, le fait de ramener les taux de sortie des travailleurs seniors aux meilleures pratiques et de combler l’écart entre les hommes et les femmes à un âge plus avancé (c’est-à-dire en conjuguant les scénarios du taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors et de l’égalité entre les hommes et les femmes pour les travailleurs seniors) augmenterait la part des personnes occupées dans la population globale de 4.6 points de pourcentage, soit deux fois plus que l’effet du comblement de l’écart entre les hommes et les femmes pour les catégories d’âge plus jeunes.
Cependant, si l’objectif de combler l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi est relativement consensuel au sein de la société (OCDE, 2018[80] ; OIT/OCDE, 2024[91]), la mobilisation significative des ressources en main-d’œuvre provenant d’autres voies se heurte souvent à une résistance sociétale et politique, en raison de ses implications sur les flux migratoires (voir la sous-section précédente) et sur la durée des carrières et le moment du départ à la retraite (Jensen, 2012[92] ; Häusermann, Kurer et Traber, 2018[93] ; Guardiancich et Guidi, 2020[94] ; Bello et Galasso, 2020[95]). Cependant, bien que la réduction de l’écart entre l’emploi des hommes et des femmes parmi les personnes d’âge très actif et les jeunes permette d’éviter la chute du rapport emploi/population dans l’ensemble de la zone OCDE dans les simulations présentées dans la section précédente, elle ne serait pas suffisante au niveau national dans tous les pays, sauf dix (voir Graphique 2.13). Pour éviter le déclin de la part des personnes occupées dans la population, il faudrait donc, au moins en partie, mobiliser d’autres voies. Conjuguer l’égalité entre les hommes et les femmes pour les personnes d’âge très actif et les jeunes avec le scénario de forte migration permettrait à peine d’éviter la chute des rapports emploi/population dans cinq autres pays. Combler l’écart d’emploi entre les hommes et les femmes à tous les âges permettrait de stabiliser la part des personnes occupées dans la population dans 17 pays. En revanche, en associant les scénarios de l’égalité des genres (tous âges confondus) et du taux d’emploi plus élevé des seniors, le rapport emploi/population se stabiliserait, voire augmenterait encore, dans tous les pays sauf trois.
Gains potentiels en termes de taux d’emploi résultant de l’association de différents scénarios, 2024‑60, points de pourcentage
Note : Le graphique compare la perte projetée en points de pourcentage de la part de l’emploi par rapport à la population totale dans le scénario de référence avec les gains résultant de différents scénarios : augmentation de l’emploi des travailleurs seniors, égalité entre les genres (seniors), égalité entre les genres (âge très actif et jeunes), forte immigration. Le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors repose sur l’hypothèse que, d’ici 2060, chaque pays aura atteint dans chaque catégorie d’âge supérieure à 50‑54 ans (pour le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé) un taux d’emploi qui réduirait le taux de déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Pour l’autre genre, dans chaque pays et dans chaque catégorie d’âge, les taux d’emploi projetés sont supposés être de nature à maintenir le même écart d’emploi entre les hommes et les femmes que dans le scénario de référence. Les scénarios d’égalité des genres supposent qu’en 2060, pour les hommes comme pour les femmes, les taux d’emploi dans chaque catégorie d’âge soient aussi élevés que ceux du genre ayant le taux le plus élevé dans le scénario de référence. Le scénario de forte immigration établit les futurs taux migratoires nets à un niveau égal au 75e centile de la distribution entre les pays en 2021‑24. Proj. de perte emploi/population : p.p. baisse des rapports emploi/population prévue dans le scénario de référence. J & ATA : jeunes et âge très actif OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE. p.p. : points de pourcentage.
Source : Calculs de l’OCDE d’après OCDE (2024), Perspectives des migrations internationales, https://doi.org/10.1787/50b0353e-en ; Explorateur des données de l’OCDE, « Résultats des immigrés sur le marché du travail – Taux d’emploi, de chômage et de participation par sexe », http://data-explorer.oecd.org/s/255 et « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux », http://data-explorer.oecd.org/s/253 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; Organisation des Nations unies (2024), Population immigrée 2024, www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock, et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Stabiliser la part des personnes occupées dans la population totale ne suffira toutefois pas à empêcher le déclin de la croissance du PIB par habitant. En effet, comme indiqué dans la section précédente, la contribution du facteur travail à la croissance a toujours été positive dans la plupart des pays jusqu’à présent. Par exemple, dans l’ensemble de la zone OCDE, la croissance de l’emploi contribuait encore à hauteur de 0.3 point de pourcentage à la croissance du PIB par habitant sur la période 2006‑1938. Par conséquent, même le maintien d’une augmentation modérée du facteur travail serait probablement insuffisant pour empêcher un ralentissement de la croissance. Si dans l’ensemble de l’OCDE, l’exploitation du plein potentiel de tous les circuits de main-d’œuvre examinés dans cette section pourrait permettre d’amortir la perte de croissance annuelle du PIB par habitant due à l’évolution démographique, comme le prévoit le scénario de référence pour la période 2024‑60, cela sera en effet insuffisant dans deux tiers des pays de l’OCDE (Graphique 2.14, partie A). Hormis l’Irlande et les États-Unis, où le PIB par habitant ne devrait pas diminuer dans le scénario de référence, seuls la Belgique, le Canada, le Costa Rica, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, le Portugal et le Royaume‑Uni pourraient, en mobilisant toutes ces ressources en main-d’œuvre, empêcher totalement la croissance du PIB par habitant de décliner39. Là encore, ce sont les mesures visant à accroître la participation au marché du travail et l’emploi des seniors en bonne santé qui apporteraient la plus grande contribution. Ramener le taux de sortie de l’emploi des travailleurs seniors aux meilleures pratiques et combler l’écart entre les hommes et les femmes dans les tranches les plus âgées augmenterait la croissance du PIB par habitant de 0.26 point de pourcentage, soit deux fois plus que le gain obtenu en comblant l’écart entre les hommes et les femmes pour les travailleurs jeunes et d’âge très actif40.
Pour un certain nombre de pays, cependant, la croissance propre sur la période 2006‑19 pourrait ne pas constituer une référence appropriée. Certains d’entre eux se trouvaient en fait encore dans une phase de rattrapage caractérisée par une productivité très dynamique et une croissance significative du taux d’activité des personnes en âge de travailler, dont on ne peut attendre qu’elle se poursuive indéfiniment au même rythme. De même, les trois scénarios de mobilisation envisagés ici sont des simulations très simplifiées qui sont fournies pour donner un ordre de grandeur du potentiel relatif de chaque canal. Par conséquent, ils ne représentent pas nécessairement des objectifs atteignables conjointement, notamment en raison des interventions politiques coûteuses qui sont nécessaires pour atteindre chacun d’entre eux. C’est pourquoi le Graphique 2.14, partie B, compare la croissance projetée du PIB par habitant dans un scénario qui intègre la mobilisation des deux tiers des ressources de main-d’œuvre inexploitées, avec le taux annuel de croissance du PIB par habitant de l’ensemble de la zone OCDE sur la période 2006‑19 (1.0 %, voir Graphique 2.7), vraisemblablement deux objectifs de référence plus facilement atteignables. Pour la zone OCDE, mobiliser ces ressources non utilisées pour atteindre seulement les deux tiers de leur potentiel permettrait en effet d’amortir 70 % de la perte annuelle de croissance du PIB par habitant due à l’évolution démographique, comme le prévoit le scénario de référence pour la période 2024‑60, pour atteindre, d’après les prévisions, une croissance annuelle du PIB par habitant de 0.9 %.
Le taux de croissance projeté de 13 pays de l’OCDE (Colombie, Costa Rica, Corée, Estonie, Irlande, Israël, Lettonie, Lituanie, Pologne, République slovaque, République tchèque, Türkiye et États-Unis) reste supérieur à la moyenne de l’ensemble des pays pour la période 2006‑19, y compris dans le scénario de référence, malgré des pertes de croissance significatives pour beaucoup d’entre eux par rapport à leur propre taux de croissance au cours de la même période. Dans deux autres pays (Hongrie et Slovénie), la croissance pourrait rester supérieure à la moyenne de l’OCDE pour la période 2006‑19 si les deux tiers des ressources en main-d’œuvre inexploitées, tous circuits confondus, étaient activés. En outre, mobiliser les deux tiers des ressources en main-d’œuvre inexploitées suffirait à maintenir la croissance annuelle du PIB par habitant à moins de 0.5 point de pourcentage par an par rapport au point de référence dans tous les pays sauf neuf (Autriche, Chili, Finlande, Grèce, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège et Suisse). L’écart restant peut être comblé en développant les réformes appropriées pour relancer la croissance de la productivité – voir par exemple OCDE (2019[54]), Draghi (2024[96]), André et Gal (2024[97]) et le chapitre 5 – à un niveau réaliste Pour tous ces pays, un taux de croissance du PIB par personne occupée ne dépassant pas la moitié de la médiane des années 1990 pour l’ensemble des pays permettrait d’atteindre cette croissance de référence ou de se maintenir à environ 0.1 point de pourcentage de celle‑ci (voir Graphique d’annexe 2.A.9).
Croissance annuelle projetée du PIB par habitant et gains potentiels résultant de l’association de différents scénarios, 2024‑60
Note : la partie A compare la perte projetée en points de pourcentage de la croissance réelle du PIB par habitant dans le scénario de référence avec les gains résultant de différents scénarios : augmentation de l’emploi des travailleurs seniors, égalité entre les genres (seniors), égalité entre les genres (âge très actif et jeunes), forte immigration. La partie B compare la croissance moyenne du PIB par habitant réalisable à partir d’une stratégie globale mobilisant tous les circuits alternatifs de main-d’œuvre aux deux tiers du potentiel envisagé dans la partie A et du taux de croissance médian entre les pays pour la période 2006‑19.Le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors repose sur l’hypothèse que, d’ici 2060, chaque pays aura atteint dans chaque catégorie d’âge supérieure à 50‑54 ans (pour le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé) un taux d’emploi qui réduirait le taux de déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Pour l’autre genre, dans chaque pays et dans chaque catégorie d’âge, les taux d’emploi projetés sont supposés être de nature à maintenir le même écart d’emploi entre les hommes et les femmes que dans le scénario de référence. Les scénarios d’égalité des genres supposent qu’en 2060, pour les hommes comme pour les femmes, les taux d’emploi dans chaque catégorie d’âge soient aussi élevés que ceux du genre ayant le taux le plus élevé dans le scénario de référence. Le scénario de forte immigration établit les futurs taux migratoires nets à un niveau égal au 75e centile de la distribution entre les pays en 2021‑24. J & ATA : jeunes et âge très actif OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE. p.p. : points de pourcentage PIB : Produit intérieur brut.
Source : Calculs de l’OCDE d’après OCDE (2024), Perspectives des migrations internationales, https://doi.org/10.1787/50b0353e-en ; OCDE (2024) Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux, http://data-explorer.oecd.org/s/253 et « Résultats des immigrés sur le marché du travail – Taux d’emploi, de chômage et de participation par sexe », http://data-explorer.oecd.org/s/255 et « Niveaux de productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; Organisation des Nations unies (2024), Population immigrée 2024, www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock, et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent que seule une stratégie politique globale, comprenant une mobilisation importante des ressources en main-d’œuvre inexploitées et tirant le meilleur parti du potentiel d’emploi des seniors, pourrait éviter que les évolutions démographiques ne causent une baisse significative de la croissance du PIB par habitant. Toute autre stratégie visant à empêcher ce déclin risquerait non seulement de ne pas atteindre l’objectif, mais ferait peser une charge importante sur les cohortes plus jeunes, car un réservoir de main-d’œuvre en âge de travailler plus restreint devra produire davantage pour maintenir le niveau de vie d’une population dépendante plus nombreuse. Cela aurait des conséquences importantes en termes d’équité et mettrait en péril la cohésion sociale. La section suivante approfondira ces questions en examinant l’ampleur et la dynamique des inégalités intergénérationnelles.
Les résultats de la section précédente montrent que la mobilisation des ressources en main-d’œuvre inexploitées sera essentielle pour éviter le déclin de la croissance du PIB par habitant et, par conséquent, la stagnation du niveau de vie moyen. Cependant, même si les pays de l’OCDE relèvent ce défi, l’évolution démographique aura des conséquences profondes sur la répartition des ressources entre les différentes tranches d’âge de la population.
À mesure que les derniers baby-boomers approchent de la retraite, les sociétés de l’OCDE dont la population en âge de travailler diminue devront garantir des revenus adéquats et prendre en charge des générations de retraités plus nombreuses que jamais. En 2021, les pensions de vieillesse et de réversion représentaient 38 % des dépenses sociales publiques dans les pays de l’OCDE, soit environ 8.5 % du PIB (voir Graphique d’annexe 2.A.10, partie A)41. Les dépenses en faveur des seniors représentent également près de la moitié de l’ensemble des dépenses de santé qui, avec 30 % du total des dépenses sociales publiques (soit 6.6 % du PIB), constituent la deuxième catégorie de dépenses par ordre d’importance42. À titre de comparaison, les pays de l’OCDE ne consacrent que 2.1 % de leur PIB aux prestations familiales et environ 1.1 % au soutien des revenus des adultes en âge de travailler, par le biais des allocations de chômage et des prestations sociales (OCDE, 2025[98]). Les populations de l’OCDE continuant à vieillir et à vivre plus longtemps, les dépenses de retraite et de santé devraient augmenter dans tous les pays de l’OCDE, en moyenne de 0.09 point de pourcentage du PIB par an jusqu’en 2060, soit un cumul de 3 points de pourcentage (voir Graphique d’annexe 2.A.10, partie B)43. Outre les répercussions sur équité entre les générations, cela laissera de moins en moins de marge de manœuvre budgétaire pour les prestations visant à atténuer la pauvreté, à se protéger contre les chocs de revenus et à soutenir la restructuration du marché du travail au sein de la population en âge de travailler.
Compte tenu de la conception des systèmes de protection sociale dans la plupart des pays de l’OCDE, la hausse des demandes d’aide et de services financés par l’État devra être financée par les impôts et les cotisations de sécurité sociale d’une population en âge de travailler toujours plus réduite44. Ce transfert de ressources, des générations actuelles et futures d’adultes en âge de travailler vers la population senior dépendante, a de lourdes incidences sur l’équité entre les générations45. De surcroît, il aggravera les inégalités de revenus et de richesses entre les générations qui ont été exposées dans cette section.
Dans plus de deux tiers des pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, les seniors en âge de travailler (55‑64 ans) ont bénéficié d’une croissance des revenus plus rapide que les jeunes en âge de travailler (25‑34 ans) au cours des trois dernières décennies. L’écart de revenu disponible équivalent des ménages entre les seniors en âge de travailler et les jeunes s’est creusé dans la plupart des pays de l’OCDE depuis le milieu des années 1990, atteignant plus de 10 % dans de nombreux pays nordiques et d’Europe occidentale ces dernières années (Graphique 2.15, partie A)46. Le revenu disponible équivalent des ménages correspond au revenu du ménage après impôts et transferts, ajusté en fonction de la taille du ménage, pour chaque membre du ménage. Cette correction permet une comparaison plus précise des niveaux de vie entre les différents types de ménages, mais elle signifie également que l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail a, à elle seule, entraîné une hausse des revenus des ménages parmi les jeunes. Malgré cela, et en dépit de l’amélioration du niveau de formation des jeunes générations (Barro et Lee, 2010[99] ; Cipollone, Patacchini et Vallanti, 2014[100]), l’écart notable de croissance des revenus s’est maintenu. Parmi les quelques pays dans lesquels les jeunes ont bénéficié d’une croissance plus rapide des revenus, beaucoup sont en train de rattraper les économies les plus avancées, après avoir enregistré soit une forte croissance de la productivité du travail (Tchécoslovaquie, Pologne et République slovaque), soit une forte augmentation de la participation au marché du travail (Chili) au cours des dernières décennies. Ces résultats font écho à des recherches antérieures montrant que les revenus des seniors en âge de travailler ont augmenté plus rapidement que ceux des jeunes dans les pays à revenu élevé (Pancrazi et Guiatoli, 2024[101] ; Resolution Foundation, 2018[102])47, un processus dû à la fois à des gains d’emploi plus importants et à une croissance plus forte des revenus chez les seniors (Bianchi et Paradisi, 2024[103]).
Les revenus des personnes à l’âge de la retraite rattrapent également ceux des jeunes en âge de travailler48. Dans les pays de l’OCDE, le revenu disponible des ménages dont l’âge oscille entre la fin de la vingtaine et le début de la trentaine dépasse encore de 20 % celui des seniors de 65 ans ou plus, mais l’écart s’est réduit de 10 points de pourcentage depuis le milieu des années 1990 (Graphique 2.15partie B). Dans certains pays, comme le Luxembourg, l’Italie, l’Espagne et la Norvège, les seniors bénéficient aujourd’hui de revenus comparables, voire supérieurs, à ceux des jeunes.
Les variations des trajectoires de revenus entre les différents groupes d’âge révèlent les inégalités intergénérationnelles croissantes observées dans la plupart des pays de l’OCDE. Chaque génération est confrontée à un marché du travail et à un environnement macroéconomique uniques qui déterminent l’évolution des revenus. Les travailleurs employés pendant les périodes de forte croissance de la productivité du travail connaissent généralement une croissance des revenus plus élevée que ceux employés pendant les périodes de ralentissement de la productivité. Commencer sa carrière pendant une récession économique – comme les milléniaux qui sont nés après 1980 et ont obtenu leur diplôme au lendemain de la crise financière mondiale – peut laisser des « cicatrices » durables, compromettant les résultats à long terme sur le marché du travail (Schmillen et Umkehrer, 2017[104] ; Genda, Kondo et Ohta, 2010[105]) et diminuant la propension à investir dans des actifs plus risqués (Malmendier et Nagel, 2011[106]). Combinés, ces facteurs contribuent aux disparités entre les générations en matière de revenus tout au long de la vie (Freedman, 2023[107] ; Guvenen et al., 2017[108]).
Les générations seniors d’aujourd’hui ont eu la chance de bénéficier d’une croissance substantielle de leurs revenus tout au long de leur vie active. Dans tous les pays où les données sont disponibles, les baby-boomers – ceux qui sont nés dans les années 1950 et au début des années 1960 – ont connu une forte croissance du revenu disponible des ménages entre l’âge de la vingtaine et le milieu de la cinquantaine (Graphique 2.16). Cette forte augmentation reflète la croissance soutenue de la productivité du travail observée dans la plupart des économies avancées dans les années 1980 et 1990, lorsque les baby-boomers ont commencé leur carrière (OCDE, 2024[19]). Leurs revenus diminuent à l’approche de l’âge de la retraite à mesure que leurs compétences se déprécient (voir le chapitre 4) et qu’ils quittent progressivement le marché du travail (voir le chapitre 3). Cependant, même bien après leur départ à la retraite, les baby-boomers conservent des niveaux de revenus supérieurs à ceux dont ils jouissaient dans la trentaine, grâce à des pensions en moyenne convenables et au rendement de l’épargne qu’ils ont pu accumuler pendant leurs années d’activité.
Note de lecture : partie A. Au Danemark (encadré de gauche), le revenu disponible équivalent des ménages pour les seniors en âge de travailler (55‑64 ans) est actuellement supérieur de 40 % à celui des personnes plus jeunes en âge de travailler (25‑34 ans). Au milieu des années 1990, les deux groupes d’âge avaient des revenus équivalents. Par conséquent, les seniors en âge de travailler ont bénéficié d’une meilleure situation que les jeunes au cours de cette période. Au Chili (encadré de droite), les revenus disponibles équivalents des ménages pour les seniors en âge de travailler sont inférieurs de près de 20 % à ceux des jeunes en âge de travailler, alors qu’ils étaient supérieurs de 10 % dans les années 1990. Par conséquent, les seniors en âge de travailler ont vécu une situation moins avantageuse que les jeunes au cours de cette période.
Note : les périodes d’observation varient légèrement d’un pays à l’autre : le milieu des années 1990 correspond à 1995 ou à l’année disponible la plus proche ; l’année récente correspond à la dernière année pré-COVID‑19, ou à 2022/23 si elle est disponible. Le revenu disponible équivalent des ménages correspond au revenu du ménage après impôts et transferts, ajusté en fonction de la taille du ménage, pour chaque membre du ménage. Moyenne : moyenne non pondérée des pays indiqués.
Source : calcul de l’OCDE à partir de la base de données Luxembourg Income Study (LIS).
Trajectoires par âge du revenu médian disponible équivalent réel des ménages (USD en PPA 2017), par génération
Note : Pour chaque groupe d’âge, les revenus médians sont calculés en faisant la moyenne de toutes les années d’enquête, depuis les années 1990 jusqu’à la dernière année disponible au cours de laquelle une génération est observée à un âge donné. Pour améliorer la robustesse, seuls les groupes d’âge de la génération qui apparaissent dans au moins deux années d’enquête sont inclus ; les années d’enquête pour lesquelles le groupe d’âge de la génération représente une part plus importante de la population ont un poids plus important. Pour certains pays, les données LIS étant limitées pour les années les plus récentes, les milléniaux ne sont observés que jusqu’à l’âge de 35 ans. Le revenu disponible équivalent des ménages correspond au revenu du ménage après impôts et transferts, ajusté en fonction de la taille du ménage, pour chaque membre du ménage. Les revenus sont exprimés en dollars américains ajustés à la PPA de 2017.
Source : calculs de l’OCDE fondés sur la Base de données LIS. Les données de l’Indice des prix à la consommation sont déjà disponibles dans la base de données LIS et sont issues du Programme de comparaison internationale (ICP) de la Banque mondiale.
Si les jeunes générations d’aujourd’hui bénéficient généralement de revenus réels plus élevés que leurs prédécesseurs au même âge, elles ont connu une croissance plus lente de leurs revenus au cours de leur vie. Dans la plupart des pays, à quelques exceptions près comme l’Italie et l’Espagne (Graphique 2.16, partie A), chaque génération successive a bénéficié de revenus plus élevés que les précédentes au même âge. Les trajectoires de revenus se sont toutefois aplanies pour les générations qui ont suivi les baby-boomers (Graphique 2.16, partie B). Cette tendance est particulièrement prononcée pour les milléniaux qui, dans de nombreux pays, n’ont connu qu’une croissance limitée, voire nulle, de leurs revenus au cours de leur vingtaine et de leur trentaine. Si ce ralentissement persiste, les milléniaux de certains pays pourraient entrer dans l’âge mûr avec des revenus réels comparables, voire inférieurs, à ceux des générations précédentes. Dans un tiers seulement des pays pour lesquels des données sont disponibles, les milléniaux bénéficient de revenus plus élevés et d’une trajectoire de revenus similaire à celle des générations précédentes (Graphique 2.16, partie C).
Deux facteurs expliquent que la trajectoire des revenus des milléniaux soit plus plate dans la plupart des pays de l’OCDE :
1. Ralentissement de la croissance de la productivité du travail depuis les années 2000 : la plupart des économies avancées ont souffert d’un ralentissement de la croissance de la productivité du travail depuis le début des années 2000, notamment après la crise financière mondiale de 2008 (Goldin et al., 2024[32] ; Fernald, Inklaar et Ruzic, 2024[27] ; OCDE, 2019[109] ; 2024[19]). Cette décélération a été plus prononcée en Europe occidentale et méridionale, et moins en Europe centrale et orientale, en Corée et aux États-Unis, où la croissance de la productivité est restée soutenue ces dernières années (OCDE, 2019[109]). Comme indiqué plus haut dans ce chapitre, il semble peu probable que la croissance de la productivité du travail retrouve les taux élevés du passé dans les économies avancées. Les milléniaux pourraient donc rester confrontés à des trajectoires de revenus plus plates tout au long de leur vie.
2. Les effets dévastateurs des récessions économiques répétées : les milléniaux ont été affectés de manière disproportionnée par la crise financière mondiale. Les pertes d’emploi ont concerné principalement les jeunes travailleurs, qui étaient plus susceptibles d’avoir des contrats temporaires et précaires (Carcillo et al., 2015[110]). En conséquence, la proportion de jeunes qui n’ont pas d’emploi et ne suivent ni études ni formation (NEET) a fortement augmenté et il a fallu plusieurs années pour qu’elle retrouve son niveau d’avant la crise financière mondiale dans plusieurs pays de l’OCDE. En outre, les jeunes qui ont décroché leur premier emploi pendant la crise financière mondiale ont perçu des salaires inférieurs à ceux des cohortes précédentes (Schwandt et von Wachter, 2019[111] ; Altonji, Kahn et Speer, 2016[112]). Dans de nombreux pays européens, la crise de la zone euro qui a suivi a prolongé les conditions difficiles du marché du travail pour les jeunes jusqu’au milieu des années 2010, ce qui s’est traduit par un écart de revenus persistant entre les milléniaux et les générations précédentes (Freedman, 2023[107] ; Bentolila et al., 2021[113])49. Ces enjeux peuvent se traduire par des droits à pension plus faibles et une capacité d’épargne réduite pour les seniors de la génération des milléniaux par rapport aux générations précédentes, alors que les dépenses liées à leur vieillesse devraient augmenter en raison d’une meilleure espérance de vie (voir Graphique 2.1).
Le patrimoine, qui est un facteur déterminant du niveau de vie des ménages et du bien-être économique à long terme, a tendance à se concentrer au sein des générations seniors. Tandis que les revenus représentent le flux continu de ressources financières, qu’il s’agisse de revenus du travail ou de loyers du capital, Le patrimoine est le stock cumulé de l’épargne passée et de l’appréciation des actifs. Le patrimoine n’a pas seulement une valeur de consommation immédiate, par exemple lorsqu’il prend la forme d’un logement ou d’une garantie. Il a également une valeur d’assurance qui permet de se prémunir contre les chocs de revenus ou les besoins de consommation inattendus. Lorsqu’il est investi, le patrimoine peut générer des revenus futurs par le biais du paiement d’intérêts et de dividendes. Dans 19 économies de l’OCDE, les ménages dirigés par des personnes âgées de 55 à 65 ans et de 65 ans et plus détiennent en moyenne un patrimoine net six fois supérieur à celui des ménages dirigés par des personnes âgées de 25 à 34 ans, avec toutefois des écarts importants entre les pays (Graphique 2.17, partie A)50.
Les tendances à long terme de la répartition des patrimoines, bien que limitées par la disponibilité des données, indiquent une intensification des disparités entre les générations. Au cours des 50 dernières années, les rapports patrimoine/revenu ont bondi dans les pays de l’OCDE, sous l’effet d’une progression historique des marchés boursiers et immobiliers (OCDE, 2020[114]). Le patrimoine des propriétaires représente aujourd’hui 95 % de la richesse nationale en moyenne (Balestra, Caisl et Hermida, 2025[115]), la propriété étant concentrée dans les cohortes seniors qui ont acheté des propriétés à une époque où les prix étaient abordables (Knoll, Schularick et Steger, 2017[116] ; Causa, Woloszko et Leite, 2019[117]). Dans cinq des six pays de l’OCDE disposant de données comparables depuis le début des années 2000 (Espagne, Italie, Australie, Allemagne et Canada), l’écart de patrimoine entre les générations seniors et les générations plus jeunes s’est creusé ; seuls les États-Unis affichent un recul (Graphique 2.17, partie B)51.
La tendance récente à limiter la désépargne à un âge avancé et à retarder les legs risque d’accentuer la concentration du patrimoine chez les seniors (Balestra et Tonkin, 2018[118]). Les modèles standard de cycle de vie (Modigliani et Brumberg, 1954[119]) posent comme principe une accumulation de patrimoine pendant les années de travail, suivie d’une période de désépargne pendant la retraite, un schéma général qui est effectivement observé dans les données sur la distribution du patrimoine des ménages (Cowell et al., 2017[120]). Toutefois, contrairement aux prévisions du modèle concernant la désépargne après la retraite, les seniors ont de plus en plus tendance à conserver leur patrimoine au cours de leurs dernières années. Cette conservation du patrimoine est probablement motivée par trois raisons principales :
1. S’assurer contre les risques de longévité, car l’allongement de l’espérance de vie et les coûts potentiels des soins de santé et des soins de longue durée nécessitent une épargne de précaution ;
2. Transmettre par héritage, les seniors conservant leur patrimoine pour le transmettre plutôt que pour l’utiliser à des fins de consommation ; et
3. Conserver les actifs, car les frictions sur le marché du logement et les incitations à tirer parti de la plus-value immobilière retardent la liquidation (French, Jones et McGee, 2023[121]).
Une littérature de plus en plus abondante sur les paramètres de choix de l’épargne‑retraite montre que si l’auto‑assurance en prévision des soins de longue durée ou des frais médicaux non assurés domine pour la plupart des ménages, c’est la possibilité de transmettre son patrimoine par héritage qui motive l’épargne des plus fortunés (De Nardi et al., 2025[122]). Ainsi aux États‑Unis par exemple, si 53 % des retraités épargnent principalement pour des raisons de précaution, c’est la perspective de transmission du patrimoine aux héritiers qui prévaut pour les 20 % les plus fortunés. La richesse étant très concentrée, c’est la motivation de transmission par héritage qui prévaut pour la majeure partie du patrimoine.
Dans les cohortes plus jeunes, il est de plus en plus difficile pour les personnes n’ayant pas l’opportunité de recevoir un héritage ou une donation de se constituer un patrimoine. La part des trentenaires propriétaires de leur résidence principale a diminué dans 17 des 24 pays de l’OCDE au cours des trois dernières décennies, avec des baisses supérieures à 15 points de pourcentage en Irlande, en Grèce, au Royaume‑Uni, en Espagne et en Australie (Graphique 2.18, partie A). Les jeunes à faibles revenus ont été particulièrement affectés (Graphique 2.18, partie B). Au Royaume‑Uni, entre 2000 et 2017, l’écart entre les taux d’accession à la propriété des personnes ayant grandi dans un logement locatif et des personnes ayant grandi dans un logement en propriété a doublé (Eyles, Elliot Major et Machin, 2022[123])52.
Note : Les résultats se réfèrent à la répartition des actifs et passifs financiers et non financiers entre les ménages, sans ajustement lié aux différences de taille des ménages. Le patrimoine lié aux régimes de pensions publics et professionnels n’est pas pris en compte ; le patrimoine détenu dans des régimes privés volontaires est inclus. Les périodes d’observation varient légèrement d’un pays à l’autre : les années 2000 correspondent à 2000 ou à l’année disponible la plus proche ; l’année récente correspond à la dernière année pré-COVID‑19, ou à 2022/23 si elle est disponible. Le patrimoine médian net est exprimé en dollars USD à PPA 2017. Dans la partie A, le patrimoine médian de la population sera plus élevé dans les économies comprenant de plus grandes cohortes seniors (et plus fortunées). Par conséquent, la normalisation par la médiane de la population sous-estime l’ampleur de la concentration de la richesse nette dans les cohortes seniors. Moyenne : moyenne non pondérée des pays indiqués.
Source : calcul de l’OCDE à partir de la base de données Luxembourg Wealth Study (LWS). Partie A adaptée de Balestra, Caisl et Hermida (2025[115]), « Household wealth distribution in OECD countries: trends and gaps », en utilisant les données LWS.
Le recul de l’accession à la propriété chez les jeunes cohortes traduit différentes contraintes : la hausse des prix de l’immobilier a rendu la propriété de plus en plus inabordable pour les jeunes ménages alors que, dans le même temps, l’accès au crédit hypothécaire s’est durci ; les conditions économiques et du marché du travail sont devenues moins sûres pour les jeunes, tandis que le coût croissant des loyers et les remboursements élevés de la dette étudiante dans certains pays de l’OCDE ont réduit leur capacité à épargner (OCDE, 2020[114]). Même les héritages – qui constituent traditionnellement un transfert de richesse des personnes âgées vers les jeunes – risquent d’arriver plus tard dans la vie, et si c’est le cas, (Bourquin, Joyce et Sturrock, 2020[124]), trop tard pour faciliter l’achat d’un logement et plutôt pour accroître le montant du patrimoine à un âge plus avancé de la vie active.
Note : les taux d’accession à la propriété comprennent à la fois les personnes qui ont un crédit en cours et celles qui sont pleinement propriétaires. Les périodes d’observation varient légèrement d’un pays à l’autre : le milieu des années 1990 correspond à 1995 ou à l’année disponible la plus proche ; l’année récente correspond à la dernière année pré-COVID‑19, ou à 2022/23 si elle est disponible. Moyenne : moyenne non pondérée des pays indiqués.
Source : calculs de l’OCDE fondés sur la Base de données LIS.
Si les analyses des trajectoires du revenu médian et des modèles d’augmentation du patrimoine apportent des indications essentielles sur les tendances générales du bien-être économique entre les générations, des écarts importants de niveau de vie persistent, et justifient que l’on s’intéresse tout particulièrement aux personnes les moins favorisées. Des recherches antérieures de l’OCDE (OCDE, 2017[7]) ont mis en évidence une évolution notable du risque de pauvreté entre les groupes d’âge entre le milieu des années 1980 et le début des années 2010, l’impact social se déplaçant des seniors vers les jeunes et les personnes d’âge très actif – en particulier les moins de 25 ans. Des données récentes indiquent que les taux de pauvreté des seniors (65 ans et plus) se sont réduits depuis le milieu des années 2000 dans la plupart des pays de l’OCDE, 18 pays sur 32 faisant désormais état de taux de pauvreté inférieurs pour ce groupe par rapport aux enfants (moins de 18 ans) (Graphique 2.19)53. Dans 14 de ces pays, il est notamment relevé que même les personnes « très seniors » (âgées de plus de 76 ans), traditionnellement confrontées à un risque de pauvreté plus élevé, connaissent des taux de pauvreté inférieurs à ceux des enfants. Toutefois, la pauvreté du grand âge est très présente dans certains pays, tels que les États baltes et la Corée, et affecte souvent les femmes de manière disproportionnée (OCDE, 2023[4]).
Le basculement du risque de pauvreté des générations seniors vers les générations plus jeunes correspond à des évolutions démographiques, politiques et du marché du travail interdépendantes. Premièrement, l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail et l’emploi croissant des travailleurs seniors ont permis aux générations seniors d’accumuler des périodes de cotisation plus longues et des droits à pension plus élevés. Deuxièmement, les réformes des régimes de retraites mises en œuvre depuis les années 1990 ont relevé l’âge normal de départ à la retraite pour répondre à des préoccupations de viabilité budgétaire, mais elles ont aussi inclus des périodes de transition parfois longues ainsi que des clauses de « droits acquis » qui protègent les travailleurs seniors des réductions de prestations et du durcissement des conditions d’éligibilité. Par conséquent, les retraités actuels et les générations de travailleurs seniors ont été moins impactés que ne le seront les générations futures (OCDE, 2019[125] ; 2021[126]). Troisièmement, l’évolution du risque de pauvreté peut illustrer les préférences d’un électorat vieillissant et s’aligner sur des perceptions publiques plus larges qui ont traditionnellement considéré les seniors comme les groupes méritant le plus le soutien des pouvoirs publics (Heuer et Zimmermann, 2020[127]), bien que des données récentes suggèrent que ces attitudes pourraient évoluer – voir Hoynes, Joyce et Waters (2024[128]) pour une discussion sur les attitudes sociales au Royaume‑Uni.
En outre, les mesures conventionnelles de la pauvreté fondées sur le revenu peuvent sous-estimer les véritables écarts de niveau de vie entre les ménages à faibles revenus d’âges différents. En effet, ils ne tiennent pas compte des différences dans les dépenses fixes, notamment le logement, qui est en moyenne le poste de dépenses le plus important pour les ménages, quelle que soit leur catégorie de revenus (OCDE, 2019[129]).54 En raison du déclin des taux d’accession à la propriété parmi les jeunes générations (Graphique 2.18), une part croissante des jeunes adultes vit en location et consacre un budget important au logement. Selon la base de données de l’OCDE sur le logement abordable, les charges liées au logement sur le marché locatif dépassent celles des propriétaires occupants dans 34 des 37 pays de l’OCDE, même en tant compte du remboursement du capital dans le cadre d’un emprunt immobilier (OCDE, 2024[130]). La concentration des jeunes dans des zones métropolitaines au coût élevé, que ce soit pour étudier ou travailler, accentue encore les écarts entre les générations en termes de charges liées au logement. Toutes formes d’occupation confondues, les ménages dont le membre le plus âgé a entre 25 et 34 ans consacrent en moyenne 14 points de pourcentage de plus de leur revenu disponible au loyer ou au remboursement d’un emprunt que les ménages dont le membre le plus âgé a plus de 65 ans (OCDE, 2025[131]). Par conséquent, la proportion de jeunes vivant avec leurs parents a augmenté dans certains pays de l’OCDE (OCDE, 2020[114]), ce qui retarde leur indépendance, leur mobilité géographique et la création de leur propre famille.55
Note : Les taux de pauvreté indiquent la proportion de personnes vivant dans des ménages dont le revenu disponible équivalent est inférieur à 50 % de la médiane nationale. Le revenu disponible équivalent des ménages correspond au revenu du ménage après impôts et transferts, ajusté en fonction de la taille du ménage, pour chaque membre du ménage. Les périodes d’observation de la partie B varient légèrement d’un pays à l’autre : le début des années 2000 correspond à 2000 ou à l’année disponible la plus proche ; l’année récente correspond à la dernière année pré-COVID‑19, ou à 2022/23 si elle est disponible. Dans un souci de comparabilité, les années utilisées pour les pays disposant d’informations sur les loyers imputés sont les mêmes que celles utilisées dans Graphique d’annexe 2.A.11. Moyenne : moyenne non pondérée des pays indiqués.
Source : calculs de l’OCDE fondés sur la Base de données LIS.
La prise en compte des avantages financiers de l’accession à la propriété accentue encore les écarts mesurés en matière de risque de pauvreté entre les seniors et les jeunes. Une fois que le loyer imputé – c’est-à-dire la valeur économique que les propriétaires tirent du fait de vivre dans leur propre propriété au lieu de la louer à la valeur du marché56 – est ajouté au revenu disponible des propriétaires, les taux de pauvreté des seniors diminuent, pour atteindre 10.9 % dans les 24 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles (voir Graphique d’annexe 2.A.12, partie A)57. En revanche, les taux de pauvreté augmentent légèrement pour les enfants (14.8 %) et les personnes en âge de travailler (10.7 %), étant donné que le seuil de pauvreté relative augmente en raison de cet ajustement et que ces groupes sont moins susceptibles de vivre dans des ménages propriétaires de leur logement. Si les loyers imputés sont pris en compte, les seniors sont moins susceptibles d’être en situation de pauvreté que les enfants dans 21 des 24 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles – ce n’est qu’en Estonie, en Lituanie et en Suisse que les seniors restent les plus vulnérables à la pauvreté. Dans neuf pays de l’OCDE (République slovaque, Danemark, Pays-Bas, Luxembourg, Grèce, France, Espagne, Italie et Tchéquie), le taux de pauvreté des seniors représente moins de la moitié de celui observé chez les enfants. En outre, si l’on examine les tendances au fil du temps, après prise en compte des loyers imputés, les taux de pauvreté relative des seniors ont diminué depuis le début du siècle dans 8 des 14 pays de l’OCDE pour lesquels des séries chronologiques sont disponibles (voir Graphique d’annexe 2.A.12, partie B), ce qui creuse encore davantage cet écart de pauvreté entre les générations.
Les tendances décrites dans ce chapitre – vieillissement des populations, explosion des taux de dépendance et diminution de la main-d’œuvre appelée à financer les besoins d’une population dépendante croissante – ont de profondes implications pour la répartition des ressources entre les différents groupes d’âge. L’expansion de la main-d’œuvre et le renforcement de la participation au marché du travail, comme indiqué dans la section précédente, seront essentiels au maintien des niveaux de vie. Mais au-delà, si les pays veulent répondre aux exigences budgétaires prévues et éviter d’exacerber les conséquences de l’évolution démographique sur l’équité intergénérationnelle, ils devront peut-être réexaminer la composition des sources de financement et l’équilibre des contributions et des prestations tout au long du cycle de vie. Un rééquilibrage de l’imposition des revenus du travail et du capital pourrait contribuer à garantir le financement de la protection sociale et à soutenir la croissance de l’emploi et des salaires (OCDE, 2024[132]). Des droits de succession bien conçus et des impôts périodiques sur la propriété immobilière plus importants pourraient freiner la hausse des prix de l’immobilier et contribuer à réduire les écarts de richesse (Causa, Woloszko et Leite, 2019[133] ; OCDE, 2018[134] ; 2021[135]). Parallèlement, le rééquilibrage des dépenses sociales en faveur des investissements dans la petite enfance – y compris les services de garde et l’aide aux familles – pourrait alléger les pressions financières qui pèsent sur les jeunes familles et relever le niveau de vie, tout en contribuant à réduire l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi et en améliorant la productivité à long terme.
L’allongement de l’espérance de vie et le recul de la fécondité sont deux phénomènes séculaires qui ont fait augmenter le rapport de dépendance économique des pays de l’OCDE et qui vont continuer de le faire à l’avenir. Les pays de l’OCDE sont en effet en train de passer d’un système dans lequel l’apport de main-d’œuvre contribuait à la croissance du PIB par habitant à un autre dans lequel la diminution de cet apport va être un frein à la croissance au cours des 35 prochaines années. Si les pouvoirs publics ne prennent pas de mesures complémentaires ou que les liens individuels avec le marché du travail n’évoluent pas, les changements démographiques vont peser lourdement sur la croissance économique et la capacité des pays de l’OCDE à continuer d’améliorer leur niveau de vie. De plus, il ressort des données disponibles que ces changements ont de fortes répercussions sur les inégalités intergénérationnelles.
En simulant des scénarios complémentaires et très simplifiés, le présent chapitre a étudié la mesure dans laquelle différentes pistes d’action peuvent permettre de relever les défis que pose pour la croissance un vieillissement démographique souvent alarmant. Il fait d’abord observer que les perspectives de relance sont incertaines et qu’il serait par conséquent risqué de miser exclusivement sur l’espoir d’une accélération durable de la croissance de la productivité. Il semble en revanche que la mobilisation des ressources de main-d’œuvre inutilisées soit très prometteuse. Chacune des pistes envisagées ici (combler l’écart entre les genres, favoriser l’emploi des seniors et accroître l’immigration) pourrait avoir d’importants effets positifs sur la croissance du PIB par habitant.
Il semble que stimuler l’emploi des seniors soit l’une des solutions les plus prometteuses pour augmenter la main-d’œuvre. En ramenant leur taux de sortie de l’emploi à celui des 10 % des pays de l’OCDE parmi les plus performants dans ce domaine et en comblant l’écart d’emploi entre les genres, les pays de l’OCDE pourraient voir augmenter la croissance de leur PIB par habitant de 0.26 point de pourcentage, soit environ 60 % du recul prévu du PIB par habitant dans le scénario de référence. Tirer parti des possibilités offertes par l’emploi des seniors en bonne santé serait non seulement nécessaire pour compenser efficacement l’effet du vieillissement sur la croissance, mais toute autre stratégie poserait aussi des problèmes d’équité étant donné que les inégalités intergénérationnelles ont progressé en faveur des générations plus âgées.
Le reste de la publication examinera plus en détail les défis du vieillissement démographique pour le marché du travail et les solutions envisageables par les pouvoirs publics. Le chapitre 3 s’intéresse aux mesures nécessaires pour accroître les taux d’activité et d’emploi des seniors et leur permettre dans le même temps de s’épanouir sur le marché du travail en accédant à des emplois de qualité. Il est crucial, en plus de s’assurer que les travailleurs se préparent à des carrières plus longues et que leurs incitations à continuer de travailler sont appropriées, de veiller à ce que la demande de main-d’œuvre ne diminue pas avec l’âge et de préserver l’employabilité des seniors. Employeurs, pouvoirs publics et partenaires sociaux ont tous un rôle à jouer pour améliorer la formation continue et la qualité des emplois et promouvoir la santé au travail, afin de soutenir durablement l’employabilité et le bien-être des travailleurs seniors. Mais l’attention des pouvoirs publics et les mesures qu’ils prennent devraient également se concentrer sur les travailleurs en milieu de carrière, l’une des principales conclusions du chapitre 3 étant que le fait d’occuper un emploi sans interruption à la cinquantaine est déterminant pour les liens avec le marché du travail et les trajectoires d’emploi à la soixantaine.
La formation tout au long de la vie est fondamentale : le chapitre 4 montre en effet que les compétences en traitement de l’information et les aptitudes physiques diminuent avec l’âge. En outre, les mutations du marché du travail ont tendance à rendre obsolètes certaines compétences des cohortes plus âgées. La participation à la formation et l’apprentissage par la pratique diminuent toutefois aussi avec l’âge. Les politiques publiques doivent non seulement promouvoir la formation continue et améliorer les possibilités de formation pour les travailleurs seniors, mais aussi mettre en place des services d’orientation professionnelle pour aider les travailleurs en milieu et en fin de carrière à revenir sur leur parcours professionnel et à combler leurs éventuelles lacunes en matière de compétences, en particulier dans la mesure où certaines professions permettent plus facilement aux seniors de rester plus longtemps sur le marché du travail.
Combler les déficits de compétences peut aussi réduire en partie l’effet négatif éventuel d’une structure vieillissante de l’emploi sur la productivité, ce que beaucoup redoutent (voir l’Encadré 2.3). Au-delà du fait que la productivité diminue à un moment ou à un autre avec l’âge, l’une des raisons de cette crainte est que les travailleurs seniors sont moins mobiles, et qu’une main-d’œuvre vieillissante pourrait dans la pratique ralentir le redéploiement de la main-d’œuvre propice à la croissance. Le chapitre 5 analyse comment la mobilité externe et le processus connexe de redéploiement interentreprises font augmenter la croissance de la productivité et envisage la possibilité qu’une part accrue de travailleurs seniors occupés entraîne un ralentissement de la croissance de la productivité. Le chapitre met clairement en évidence un fort gradient négatif entre l’âge et la mobilité professionnelle, qui fait ralentir, et pourrait continuer de faire ralentir, la croissance agrégée des salaires et de la productivité. Il importera en conséquence de remédier aux tensions et aux blocages qui influencent ce gradient pour éviter que le vieillissement de la main-d’œuvre n’ait un effet négatif sur la croissance de la productivité.
[154] Acemoglu, D., D. Autor et C. Patterson (2024), « Bottlenecks: Sectoral Imbalances and the US Productivity Slowdown », NBER Macroeconomics Annual, vol. 38, pp. 153-207, https://doi.org/10.1086/729196.
[162] Acemoglu, D. et al. (2025), « When Big Data Enables Behavioral Manipulation », American Economic Review: Insights, https://doi.org/10.1257/aeri.20230589.
[42] Acemoglu, D. et P. Restrepo (2021), « Demographics and Automation », The Review of Economic Studies, vol. 89/1, pp. 1-44, https://doi.org/10.1093/restud/rdab031.
[41] Acemoglu, D. et P. Restrepo (2017), « Secular Stagnation? The Effect of Aging on Economic Growth in the Age of Automation », American Economic Review, vol. 107/5, pp. 174-79, https://doi.org/10.1257/AER.P20171101.
[21] Aghion, P., B. Jones et C. Jones (2017), Artificial Intelligence and Economic Growth, National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w23928.
[112] Altonji, J., L. Kahn et J. Speer (2016), « Cashier or Consultant? Entry Labor Market Conditions, Field of Study, and Career Success », Journal of Labor Economics, vol. 34/S1, pp. S361-S401, https://doi.org/10.1086/682938.
[97] André, C. et P. Gal (2024), Reviving productivity growth: A review of policies, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/61244acd-en.
[15] André, C., P. Gal et M. Schief (2024), Enhancing productivity and growth in an ageing society : Key mechanisms and policy options, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/605b0787-en.
[37] Azoulay, P. et al. (2020), « Age and High-Growth Entrepreneurship », American Economic Review: Insights, vol. 2/1, pp. 65-82, https://doi.org/10.1257/AERI.20180582.
[23] Baily, M., E. Brynjolfsson et A. Korinek (2023), Machines of Mind: The Case for an AI-Powered Productivity Boom, Brookings Institution, https://www.brookings.edu/articles/machines-of-mind-the-case-for-an-ai-powered-productivity-boom/.
[139] Balcázar, C. et al. (2017), « Rent-Imputation for Welfare Measurement: A Review of Methodologies and Empirical Findings », Review of Income and Wealth, vol. 63/4, pp. 881-898, https://doi.org/10.1111/ROIW.12312.
[29] Baldwin, R. (2012), Global supply chains: Why they emerged, why they matter, and where they are going, CEPR, Londres, https://cepr.org/publications/dp9103.
[115] Balestra, C., J. Caisl et L. Hermida (2025), Mapping trends and gaps in household wealth across OECD countries, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4bb6ec53-en.
[153] Balestra, C. et F. Oehler (2023), Measuring the joint distribution of household income, consumption and wealth at the micro level, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f9d85db6-en.
[118] Balestra, C. et R. Tonkin (2018), Inequalities in household wealth across OECD countries : Evidence from the OECD Wealth Distribution Database, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/7e1bf673-en.
[99] Barro, R. et J. Lee (2010), A New Data Set of Educational Attainment in the World, 1950-2010, National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w15902.
[50] Baudin, T., D. de la Croix et P. Gobbi (2015), « Fertility and Childlessness in the United States », American Economic Review, vol. 105/6, pp. 1852-1882, https://doi.org/10.1257/aer.20120926.
[39] Baumol, W. (1993), « Health Care, Education and the Cost Disease: A Looming Crisis for Public Choice », Public Choice, vol. 77/1, pp. 17-28, http://www.jstor.org/stable/30027203.
[49] Becker, G. (1960), « An Economic Analysis of Fertility », Demographic and Economic Change in Developed Countries, Roberts, G. B. (dir. pub.) (National Bureau of Economic Research, Inc., New York), pp. 209-240.
[70] Beine, M., G. Peri et M. Raux (2023), « International college students’ impact on the US skilled labor supply », Journal of Public Economics, vol. 223, p. 104917, https://doi.org/10.1016/j.jpubeco.2023.104917.
[95] Bello, P. et V. Galasso (2020), « The politics of ageing and retirement: Evidence from Swiss referenda », Population Studies, vol. 75/1, pp. 3-18, https://doi.org/10.1080/00324728.2020.1841270.
[113] Bentolila, S. et al. (2021), « Lost in recessions: youth employment and earnings in Spain », SERIEs, vol. 13/1-2, pp. 11-49, https://doi.org/10.1007/s13209-021-00244-6.
[103] Bianchi, N. et M. Paradisi (2024), Countries for Old Men: An Analysis of the Age Pay Gap, National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w32340.
[33] Bilal, A. et D. Känzig (2024), The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global vs. Local Temperature, National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w32450.
[51] Bisin, A. et T. Verdier (2000), « « Beyond the Melting Pot »: Cultural Transmission, Marriage, and the Evolution of Ethnic and Religious Traits* », Quarterly Journal of Economics, vol. 115/3, pp. 955-988, https://doi.org/10.1162/003355300554953.
[73] Boeri, T. et al. (2024), « Pay-as-they-get-in: attitudes toward migrants and pension systems », Journal of Economic Geography, vol. 24/1, pp. 63-78, https://doi.org/10.1093/jeg/lbad036.
[38] Bornstein, G. (2021), Entry and profits in an aging economy: The role of consumer inertia., Non publié.
[124] Bourquin, P., R. Joyce et D. Sturrock (2020), Inheritances and inequality within generations, Institute for Fiscal Studies (IFS) Report R173, https://doi.org/10.1920/re.ifs.2020.0173.
[20] Brynjolfsson, E. et T. Mitchell (2017), « What can machine learning do? Workforce implications », Science, vol. 358/6370, pp. 1530-1534, https://doi.org/10.1126/science.aap8062.
[110] Carcillo, S. et al. (2015), NEET Youth in the Aftermath of the Crisis : Challenges and Policies, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/1815199X.
[152] Carta, F. et M. De Philippis (2023), « The Forward-Looking Effect of Increasing the Full Retirement Age », The Economic Journal, vol. 134/657, pp. 165-192, https://doi.org/10.1093/ej/uead051.
[117] Causa, O., N. Woloszko et D. Leite (2019), Housing, wealth accumulation and wealth distribution: Evidence and stylized facts, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/86954c10-en.
[133] Causa, O., N. Woloszko et D. Leite (2019), Housing, wealth accumulation and wealth distribution: Evidence and stylized facts, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/86954c10-en.
[100] Cipollone, A., E. Patacchini et G. Vallanti (2014), « Female labour market participation in Europe: novel evidence on trends and shaping factors », IZA Journal of European Labor Studies, vol. 3/1, https://doi.org/10.1186/2193-9012-3-18.
[53] Cohen, M. et A. Piquero (2015), « Benefits and costs of a targeted intervention program for youthful offenders: The YouthBuild USA offender project », Journal of Benefit-Cost Analysis, vol. 6/03, pp. 603-627.
[26] Committee on Automation and the U.S. Workforce (2024), Artificial Intelligence and the Future of Work, National Academies Press, Washington D.C., https://doi.org/10.17226/27644.
[36] Conseil national de recherches (2012), Aging and the Macroeconomy: Long-Term Implications of an Older Population, National Academies Press, Washington, D.C, https://doi.org/10.17226/13465.
[31] Constantinescu, C., A. Mattoo et M. Ruta (2016), « Does the global trade slowdown matter? », Journal of Policy Modeling, vol. 38/4, pp. 711-722, https://doi.org/10.1016/j.jpolmod.2016.05.013.
[40] Cravino, J., A. Levchenko et M. Rojas (2022), « Population Aging and Structural Transformation », American Economic Journal: Macroeconomics, vol. 14/4, pp. 479-98, https://doi.org/10.1257/MAC.20200371.
[30] Criscuolo, C. et J. Timmis (2018), GVC centrality and productivity : Are hubs key to firm performance?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/56453da1-en.
[69] d’Aiglepierre, R. et al. (2020), A global profile of emigrants to OECD countries : Younger and more skilled migrants from more diverse countries, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/1815199X.
[84] Daminger, A. (2019), « The Cognitive Dimension of Household Labor », American Sociological Review, vol. 84/4, pp. 609-633, https://doi.org/10.1177/0003122419859007.
[122] De Nardi, M. et al. (2025), « Why Do Couples and Singles Save during Retirement? Household Heterogeneity and Its Aggregate Implications », Journal of Political Economy, vol. 133/3, pp. 750-792, https://doi.org/10.1086/733421.
[75] Docquier, F. et H. Rapoport (2025), The Vicious Circle of Xenophobia: Immigration and Right-Wing Populism, IZA, Bonn, https://docs.iza.org/dp17754.pdf.
[96] Draghi, M. (2024), The future of European competitiveness: Part B | In-depth analysis and recommendations, https://commission.europa.eu/document/download/ec1409c1-d4b4-4882-8bdd-3519f86bbb92_en?filename=The%20future%20of%20European%20competitiveness_%20In-depth%20analysis%20and%20recommendations_0.pdf.
[43] Eggertsson, G., M. Lancastre et L. Summers (2019), « Aging, Output Per Capita, and Secular Stagnation », American Economic Review: Insights, vol. 1/3, pp. 325-42, https://doi.org/10.1257/AERI.20180383.
[123] Eyles, A., L. Elliot Major et S. Machin (2022), Social Mobility: Past, Present and Future, https://www.suttontrust.com/our-research/social-mobility-past-present-and-future/.
[83] Farré, L., J. Jofre-Monseny et J. Torrecillas (2023), « Commuting time and the gender gap in labor market participation », Journal of Economic Geography, vol. 23/4, pp. 847-870, https://doi.org/10.1093/jeg/lbac037.
[27] Fernald, J., R. Inklaar et D. Ruzic (2024), « The Productivity Slowdown in Advanced Economies: Common Shocks or Common Trends? », Review of Income and Wealth, https://doi.org/10.1111/roiw.12690.
[45] Fernández, R. et A. Fogli (2009), « Culture: An Empirical Investigation of Beliefs, Work, and Fertility », American Economic Journal: Macroeconomics, vol. 1/1, pp. 146-177, https://doi.org/10.1257/mac.1.1.146.
[24] Filippucci, F. et al. (2024), The impact of Artificial Intelligence on productivity, distribution and growth : Key mechanisms, initial evidence and policy challenges, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8d900037-en.
[16] Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), Gender equality and economic growth : Past progress and future potential, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en.
[44] Fluchtmann, J., V. van Veen et W. Adema (2023), Fertility, employment and family policy : A cross-country panel analysis, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/326844f0-en.
[12] FMI (2025), Perspectives de l’économie mondiale 2025, Fonds monétaire international, https://www.imf.org/fr/Publications/WEO/Issues/2025/04/22/world-economic-outlook-april-2025 (consulté le 22 avril 2025).
[107] Freedman, M. (2023), « Earnings, Cohort Effects, and Inter‐Generational Inequality: Evidence From the Luxembourg Income Study », Review of Income and Wealth, vol. 70/2, pp. 278-290, https://doi.org/10.1111/roiw.12641.
[121] French, E., J. Jones et R. McGee (2023), « Why Do Retired Households Draw Down Their Wealth So Slowly? », Journal of Economic Perspectives, pp. 91–114.
[151] García-Miralles, E. et J. Leganza (2024), « Joint retirement of couples: Evidence from discontinuities in Denmark », Journal of Public Economics, vol. 230, p. 105036, https://doi.org/10.1016/j.jpubeco.2023.105036.
[9] Garmany, A. et A. Terzic (2024), « Global Healthspan-Lifespan Gaps Among 183 World Health Organization Member States », Journal of the American Medical Association Network Open, vol. 7/12, p. e2450241, https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2024.50241.
[105] Genda, Y., A. Kondo et S. Ohta (2010), « Long-Term Effects of a Recession at Labor Market Entry in Japan and the United States », Journal of Human Resources, vol. 45/1, pp. 157-196, https://doi.org/10.3368/jhr.45.1.157.
[32] Goldin, I. et al. (2024), « Why Is Productivity Slowing Down? », Journal of Economic Literature, vol. 62/1, pp. 196-268, https://doi.org/10.1257/jel.20221543.
[60] Grabowski, D., J. Gruber et B. McGarry (2023), Immigration, The Long-Term Care Workforce, and Elder Outcomes in the U.S., National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w30960.
[28] Grossman, G. et E. Rossi-Hansberg (2008), « Trading Tasks: A Simple Theory of Offshoring », American Economic Review, vol. 98/5, pp. 1978-1997, https://doi.org/10.1257/aer.98.5.1978.
[150] Gruijters, R., Z. Van Winkle et A. Fasang (2023), « Life Course Trajectories and Wealth Accumulation in the United States: Comparing Late Baby Boomers and Early Millennials », American Journal of Sociology, vol. 129/2, pp. 530-569, https://doi.org/10.1086/726445.
[94] Guardiancich, I. et M. Guidi (2020), « The political economy of pension reforms in Europe under financial stress », Socio-Economic Review, vol. 20/2, pp. 817-840, https://doi.org/10.1093/ser/mwaa012.
[138] Guillemette, Y. et J. Château (2023), « Long-term scenarios: incorporating the energy transition », OECD Economic Policy Papers, n° 33, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/153ab87c-en.
[149] Guillemette, Y. et D. Turner (2021), « The long game : Fiscal outlooks to 2060 underline need for structural reform », OECD Economic Policy Papers, n° 29, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a112307e-en.
[148] Guillemette, Y. et D. Turner (2018), « The Long View: Scenarios for the World Economy to 2060 », OECD Economic Policy Papers, n° 22, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b4f4e03e-en.
[48] Gustafsson, S. (2001), « Optimal age at motherhood. Theoretical and empirical considerations on postponement of maternity in Europe », Journal of Population Economics, vol. 14/2, pp. 225-247, https://doi.org/10.1007/s001480000051.
[147] Gustman, A. et T. Steinmeier (2000), « Retirement in Dual‐Career Families: A Structural Model », Journal of Labor Economics, vol. 18/3, pp. 503-545, https://doi.org/10.1086/209968.
[108] Guvenen, F. et al. (2017), Lifetime Incomes in the United States over Six Decades, National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w23371.
[71] Hainmueller, J. et D. Hopkins (2014), « Public Attitudes Toward Immigration », Annual Review of Political Science, vol. 17/1, pp. 225-249, https://doi.org/10.1146/annurev-polisci-102512-194818.
[120] Hamilton, K. et C. Hepburn (dir. pub.) (2017), Wealth, Top Incomes and Inequality, Oxford University Press.
[35] Hanushek, E. et al. (2025), « Age and cognitive skills: Use it or lose it », Science Advances, vol. 11/10, https://doi.org/10.1126/sciadv.ads1560.
[93] Häusermann, S., T. Kurer et D. Traber (2018), « The Politics of Trade-Offs: Studying the Dynamics of Welfare State Reform With Conjoint Experiments », Comparative Political Studies, vol. 52/7, pp. 1059-1095, https://doi.org/10.1177/0010414018797943.
[68] Hermans, K. et al. (2020), « Migration and homelessness: measuring the intersections », European Journal of Homelessness, vol. 14/3, pp. 13-34.
[127] Heuer, J. et K. Zimmermann (2020), « Unravelling deservingness: Which criteria do people use to judge the relative deservingness of welfare target groups? A vignette-based focus group study », Journal of European Social Policy, vol. 30/4, pp. 389-403, https://doi.org/10.1177/0958928720905285.
[128] Hoynes, H., R. Joyce et T. Waters (2024), « Benefits and tax credits », Oxford Open Economics, vol. 3/Supplement_1, pp. i1142-i1181, https://doi.org/10.1093/ooec/odad022.
[146] Immervoll, H. (2024), Financing social protection in OECD countries : Role and uses of revenue earmarking, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/1815199X.
[92] Jensen, C. (2012), « Labour market- versus life course-related social policies: understanding cross-programme differences », Journal of European Public Policy, vol. 19/2, pp. 275-291, https://doi.org/10.1080/13501763.2011.599991.
[145] Johnsen, J., K. Vaage et A. Willén (2021), « Interactions in Public Policies: Spousal Responses and Program Spillovers of Welfare Reforms », The Economic Journal, vol. 132/642, pp. 834-864, https://doi.org/10.1093/ej/ueab053.
[61] Jun, H. et D. Grabowski (2024), « Mental health in nursing homes: The role of immigration in the long-term care workforce », Social Science & Medicine, vol. 351, p. 116978, https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2024.116978.
[116] Knoll, K., M. Schularick et T. Steger (2017), « No Price Like Home: Global House Prices, 1870–2012 », American Economic Review, vol. 107/2, pp. 331-353, https://doi.org/10.1257/aer.20150501.
[144] Koutsogeorgopoulou, V. et H. Morgavi (à paraître), Population ageing: Fiscal implications and policy responses, Éditions OCDE, Paris.
[143] Lalive, R. et P. Parrotta (2017), « How does pension eligibility affect labor supply in couples? », Labour Economics, vol. 46, pp. 177-188, https://doi.org/10.1016/j.labeco.2016.10.002.
[22] Lu, C. (2021), « The impact of artificial intelligence on economic growth and welfare », Journal of Macroeconomics, vol. 69, p. 103342, https://doi.org/10.1016/j.jmacro.2021.103342.
[142] Maestas, N., M. Messel et Y. Truskinovsky (2024), « Caregiving and Labor Supply: New Evidence from Administrative Data », Journal of Labor Economics, vol. 42/S1, pp. S183-S218, https://doi.org/10.1086/728810.
[106] Malmendier, U. et S. Nagel (2011), « Depression Babies: Do Macroeconomic Experiences Affect Risk Taking?* », The Quarterly Journal of Economics, vol. 126/1, pp. 373-416, https://doi.org/10.1093/qje/qjq004.
[82] Mas, A. et A. Pallais (2017), « Valuing Alternative Work Arrangements », American Economic Review, vol. 107/12, pp. 3722-3759, https://doi.org/10.1257/aer.20161500.
[72] McCann, K., M. Sienkiewicz et M. Zard (2023), The role of media narratives in shaping public opinion toward refugees: A comparative analysis, Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), Genève.
[119] Modigliani, F. et R. Brumberg (1954), Utility Analysis and the Consumption Function: An Interpretation of Cross-Section Data, MIT Press.
[136] Morgan, D. et M. Mueller (2023), Understanding international measures of health spending : Age-adjusting expenditure on health, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/043ed664-en.
[74] Moriconi, S., G. Peri et R. Turati (2022), « Skill of the immigrants and vote of the natives: Immigration and nationalism in European elections 2007–2016 », European Economic Review, vol. 141, p. 103986, https://doi.org/10.1016/j.euroecorev.2021.103986.
[141] Mullan, K., H. Sutherland et F. Zantomio (2011), « Accounting for Housing in Poverty Analysis », Social Policy and Society, vol. 10/4, pp. 471-482, https://doi.org/10.1017/s1474746411000224.
[155] Nations Unies (2025), World Fertility Report 2024, Nations Unies, https://www.un.org/development/desa/pd/sites/www.un.org.development.desa.pd/files/undesa_pd_2025_wfr-2024_advance-unedited.pdf (consulté le 15 avril 2025).
[63] Nations Unies (2024), International Migrant Stock 2024, en ligne, https://www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock.
[11] Nations Unies (2024), World Population Prospects 2024, en ligne, Nations Unies, https://population.un.org/wpp/.
[159] Nations Unies (2007), Indicators of Sustainable Development: Guidelines and Methodologies - Methodology Sheets, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, https://www.un.org/esa/sustdev/natlinfo/indicators/methodology_sheets.pdf.
[46] Newson, L. et P. Richerson (2009), « Why Do People Become Modern? A Darwinian Explanation », Population and Development Review, vol. 35/1, pp. 117-158, https://doi.org/10.1111/j.1728-4457.2009.00263.x.
[98] OCDE (2025), Base de données de l’OCDE des dépenses sociales (SOCX), https://www.oecd.org/fr/data/datasets/social-expenditure-database-socx.html.
[90] OCDE (2025), Les systèmes de santé tiennent-ils leurs promesses ? : Résultats de l’enquête PaRIS fondés sur les déclarations des patients, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/81af0784-fr.
[131] OCDE (2025), OECD Affordable Housing Database, https://www.oecd.org/en/data/datasets/oecd-affordable-housing-database.html.
[78] OCDE (2025), Promoting Better Career Mobility for Longer Working Lives in Austria, Vieillissement et politiques de l’emploi, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/db85473f-en.
[161] OCDE (2024), Affordable Housing Database - HM1.4 Living arrangements by age groups, https://webfs.oecd.org/Els-com/Affordable_Housing_Database/HM1-4-Living-arrangements-age-groups.pdf.
[14] OCDE (2024), How’s Life? 2024. Well-being and Resilience in Times of Crisis, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/90ba854a-en.
[132] OCDE (2024), Megatrends and the Future of Social Protection, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6c9202e8-en.
[130] OCDE (2024), OECD Affordable Housing Database - HC1.2. Housing Costs over Income, https://webfs.oecd.org/Els-com/Affordable_Housing_Database/HC1-2-Housing-costs-over-income.pdf.
[19] OCDE (2024), OECD Compendium of Productivity Indicators 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b96cd88a-en.
[5] OCDE (2024), Panorama de la société 2024 : Les indicateurs sociaux de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6af21682-fr.
[3] OCDE (2024), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2024 : Transition vers la neutralité carbone et marché du travail, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a859bbac-fr.
[56] OCDE (2024), Perspectives des migrations internationales 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4fa9de98-fr.
[6] OCDE (2024), Perspectives économiques de l’OCDE, Volume 2024 Numéro 2, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0481cf21-fr.
[86] OCDE (2024), Promoting Better Career Choices for Longer Working Lives : Stepping Up Not Stepping Out, Vieillissement et politiques de l’emploi, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/19901038.
[25] OCDE (2024), Using AI in the workplace: Opportunities, risks and policy responses, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/73d417f9-en.
[160] OCDE (2023), Beyond Applause? Improving Working Conditions in Long-Term Care, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/27d33ab3-en.
[89] OCDE (2023), Integrating Care to Prevent and Manage Chronic Diseases : Best Practices in Public Health, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9acc1b1d-en.
[58] OCDE (2023), Introduction Measures for Newly-Arrived Migrants, Making Integration Work, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5aeddbfe-en.
[76] OCDE (2023), Joining Forces for Gender Equality: What is Holding us Back?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/67d48024-en.
[158] OCDE (2023), Panorama de la santé 2023 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5108d4c7-fr.
[4] OCDE (2023), Pensions at a Glance 2023: OECD and G20 Indicators, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/678055dd-en.
[2] OCDE (2023), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2023 : Intelligence artificielle et marché du travail, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/aae5dba0-fr.
[55] OCDE (2023), « Proposal for an action plan to reduce early school leaving in Spain », OECD Education Policy Perspectives, n° 71, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0c249e7a-en.
[81] OCDE (2023), Reporting Gender Pay Gaps in OECD Countries : Guidance for Pay Transparency Implementation, Monitoring and Reform, Égalité des genres au travail, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ea13aa68-en.
[88] OCDE (2022), Guidebook on Best Practices in Public Health, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4f4913dd-en.
[156] OCDE (2022), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2022 : Reconstruire des marchés du travail plus inclusifs, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f4bcd6ab-fr.
[18] OCDE (2022), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2022 : Reconstruire des marchés du travail plus inclusifs, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f4bcd6ab-fr.
[87] OCDE (2022), Promoting Health and Well-being at Work : Policy and Practices, Études de l’OCDE sur les politiques de santé, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/20743211.
[135] OCDE (2021), Impôt sur les successions dans les pays de l’OCDE, Études de politique fiscale de l’OCDE, n° 28, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/33d40568-fr.
[67] OCDE (2021), Language Training for Adult Migrants, Making Integration Work, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/02199d7f-en.
[126] OCDE (2021), Pensions at a Glance 2021: OECD and G20 Indicators, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/878b2235-fr.
[17] OCDE (2021), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2021 : Affronter la crise du COVID-19 et préparer la reprise, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/40fac915-fr.
[114] OCDE (2020), Housing and Inclusive Growth, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6ef36f4b-en.
[8] OCDE (2020), Promoting an Age-Inclusive Workforce : Living, Learning and Earning Longer, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/59752153-en.
[54] OCDE (2019), Des emplois de qualité pour tous dans un monde du travail en mutation : La stratégie de l’OCDE pour l’emploi, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4e6a92fa-fr.
[109] OCDE (2019), OECD Compendium of Productivity Indicators 2019, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b2774f97-en.
[77] OCDE (2019), Part-time and Partly Equal: Gender and Work in the Netherlands, Égalité des genres au travail, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/204235cf-en.
[1] OCDE (2019), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2019 : L’avenir du travail, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b7e9e205-fr.
[129] OCDE (2019), Sous pression : la classe moyenne en perte de vitesse, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2b47d7a4-fr.
[125] OCDE (2019), « Will future pensioners work for longer and retire on less? », Éditions OCDE, Paris, https://www.oecd.org/en/publications/will-future-pensioners-work-for-longer-and-retire-on-less_0fa49b9b-en.html.
[80] OCDE (2018), Atteindre l’égalité femmes-hommes : Un combat difficile, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264203426-fr.
[134] OCDE (2018), The Role and Design of Net Wealth Taxes in the OECD, Études de politique fiscale de l’OCDE, n° 26, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264290303-en.
[66] OCDE (2017), Making Integration Work: Assessment and Recognition of Foreign Qualifications, Making Integration Work, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264278271-en.
[65] OCDE (2017), Making Integration Work: Family Migrants, Making Integration Work, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264279520-en.
[157] OCDE (2017), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2017, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/empl_outlook-2017-fr.
[7] OCDE (2017), Preventing Ageing Unequally, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264279087-en.
[79] OCDE (2017), Recommandation de 2013 du Conseil de l’OCDE sur l’égalité hommes-femmes en matière d’éducation, d’emploi et d’entrepreneuriat, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264279407-fr.
[64] OCDE (2016), Les clés de l’intégration : Les réfugiés et autres groupes nécessitant une protection, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264258365-fr.
[13] OCDE (2011), Comment va la vie ? : Mesurer le bien-être, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264121195-fr.
[62] OCDE (à paraître), International Migration Outlook 2025, Éditions OCDE, Paris.
[10] OCDE/Commission européenne (2024), Health at a Glance: Europe 2024 : State of Health in the EU Cycle, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b3704e14-en.
[91] OIT/OCDE (2024), Women at Work in G20 countries: Progress and policy action in 2023, G20 Employment Working Group, https://www.ilo.org/publications/women-work-g20-countries-progress-and-policy-action-2023.
[101] Pancrazi, R. et G. Guiatoli (2024), « Age-Income Gaps », Warwick Economics Research Papers, n° 1504.
[34] Prskawetz, A. et T. Lindh (dir. pub.) (2006), The impact of population ageing on innovation and productivity growth in Europe, Vienna: Vienna Institute of Demography.
[59] Rapp, T. et J. Sicsic (2020), « The contribution of the immigrant population to the U.S. long-term care workforce », Social Science & Medicine, vol. 263, p. 113305, https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2020.113305.
[85] Reich-Stiebert, N., L. Froehlich et J. Voltmer (2023), « Gendered Mental Labor: A Systematic Literature Review on the Cognitive Dimension of Unpaid Work Within the Household and Childcare », Sex Roles, vol. 88/11-12, pp. 475-494, https://doi.org/10.1007/s11199-023-01362-0.
[102] Resolution Foundation (2018), International comparisons of intergenerational trends, https://www.resolutionfoundation.org/app/uploads/2018/02/IC-international.pdf.
[104] Schmillen, A. et M. Umkehrer (2017), « The scars of youth: Effects of early‐career unemployment on future unemployment experience », International Labour Review, vol. 156/3-4, pp. 465-494, https://doi.org/10.1111/ilr.12079.
[52] Schochet, P., J. Burghardt et S. McConnell (2006), National Job Corps study and longer-term follow-up study: Impact and benefit-cost findings using survey and summary earnings records data, Mathematica Policy Research, Princeton, https://wdr.doleta.gov/research/FullText_Documents/National%20Job%20Corps%20Study%20and%20Longer%20Term%20Follow-Up%20Study%20-%20Final%20Report.pdf (consulté le 28 mai 2018).
[111] Schwandt, H. et T. von Wachter (2019), « Unlucky Cohorts: Estimating the Long-Term Effects of Entering the Labor Market in a Recession in Large Cross-Sectional Data Sets », Journal of Labor Economics, vol. 37/S1, pp. S161-S198, https://doi.org/10.1086/701046.
[137] Sengupta, M. et al. (2022), Post-acute and Long-term Care Providers and Services Users in the United States, 2017–2018, National Center for Health Statistics (U.S.), https://doi.org/10.15620/cdc:115346.
[47] Sobotka, T. (2008), « Overview Chapter 6: The diverse faces of the Second Demographic Transition in Europe », Demographic Research, vol. 19, pp. 171-224, https://doi.org/10.4054/demres.2008.19.8.
[57] Spielvogel, G. et M. Meghnagi (2018), Assessing the role of migration in European labour force growth by 2030, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6953a8ba-en.
[140] Van Houtven, C., N. Coe et M. Skira (2013), « The effect of informal care on work and wages », Journal of Health Economics, vol. 32/1, pp. 240-252, https://doi.org/10.1016/j.jhealeco.2012.10.006.
Augmentation en points de pourcentage de la part de seniors dans la population en âge de travailler, intervalles de probabilité, 2023‑60
Note : le graphique compare les écarts projetés en points de pourcentage dans le rapport entre la population senior et la population en âge de travailler entre 2060 et 2023, sur la base des projections probabilistes des Nations unies. La projection moyenne des Nations Unies et la projection médiane pour chaque pays. Un taux situé dans l’intervalle de probabilité de 80 % est projeté comme ayant une probabilité de 80 % de se produire. p.p. : points de pourcentage. OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE.
Source : calculs de l’OCDE d’après Organisation des Nations Unies (2024), Perspectives de la population mondiale2024, Département des affaires économiques et sociales, Division de la population, Édition en ligne https://population.un.org/wpp/.
Croissance du PIB par habitant comparée aux autres indicateurs
Note : Le revenu brut des ménages est calculé en termes réels et comprend les revenus des institutions sans but lucratif au service des ménages. PIB : Produit intérieur brut BLI : l’indicateur du vivre mieux de l’OCDE (indice agrégé). p.p. : points de pourcentage.
Source : calculs de l’OCDE d’après l’Explorateur des données de l’OCDE, “Niveaux de productivité”, http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; « Tableau de bord sur les ménages », http://data-explorer.oecd.org/s/258 ; OECD (2024), Comment va la vie ? 2024, https://doi.org/10.1787/90ba854a-en.
Taux de croissance annuel moyen du PIB réel par personne occupée, 1991‑2000 et évolutions entre 1991‑2000 et 2011‑19
Note : croissance moyenne dans les années 1990 basée sur 1992‑2000 pour la République tchèque, 1993‑2000 pour le Costa Rica, la Hongrie et le Mexique, 1994‑2000 pour la Pologne, 1995‑2000 pour l’Estonie et la République slovaque, 1996‑2000 pour la Lettonie, la Lituanie et la Slovénie. Croissance moyenne dans les années 2010 basée sur 2011‑17 pour l’Australie et 2013‑19 pour la Grèce. p.p. : points de pourcentage. PIB : Produit intérieur brut.
Source : Explorateur des données de l’OCDE, « Niveaux de productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254.
2021‑24 et 2024‑60, moyennes annuelles, pourcentage de la population de l’année précédente
Note : Les taux net d’immigration sont définis comme la différence entre la variation de la population née à l’étranger et celle de la population née dans le pays, mais vivant à l’étranger, divisée par la taille de la population au cours de l’année t‑1. Pays classés par ordre croissant du taux net d’immigration moyen sur la période 2021‑24. Les taux projetés sont basés sur le scénario moyen des Nations unies.
Source : calculs de l’OCDE d’après Organisation des Nations unies (2024), Population immigrée 2024, Édition en ligne, www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock, et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Différence en points de pourcentage des taux d’emploi entre 2060 et 2023, par scénario, femmes âgées de 20 à 64 ans
Note : Le graphique compare, pour les femmes actives âgées de 20 à 64 ans, les différences projetées en points de pourcentage entre les taux d’emploi en 2023, le scénario de référence en 2060 et un scénario dans lequel l’écart entre les taux d’emploi des hommes et des femmes est comblé (égalité de genre) à cette date. TE : Taux d’emploi OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE. p.p. : points de pourcentage.
Source : calculs de l’OCDE à partir Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux »http://data-explorer.oecd.org/s/253 Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Profils des taux d’emploi des différentes catégories d’âge au-delà de 50‑54 ans
Note : le graphique représente le profil des taux d’emploi par catégorie d’âge pour un pays hypothétique (pays A) dont les taux d’emploi dans certaines des catégories d’âge supérieures à 50‑54 ans sont, dans le scénario de référence, plus élevés que la moyenne des pays dont les taux de sortie sont inférieurs au premier décile de la distribution entre les pays (ou, de manière équivalente, dont le rapport des taux d’emploi dans la catégorie d’âge concernée par rapport à ceux de la catégorie 50‑54 ans est supérieur au 90e centile). Les lignes pleines indiquent les profils de taux d’emploi dans le scénario de référence. La ligne en pointillé indique le profil de taux d’emploi dans le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des seniors.
Écart de points de pourcentage en moyenne. Croissance du PIB par habitant : scénario de référence et scénario des travailleurs seniors, 2024‑60
Note : le graphique compare les écarts projetés en points de pourcentage dans les taux de croissance annuels moyens du PIB par habitant entre le scénario de référence et deux scénarios avec un taux d’emploi élevé des travailleurs seniors : l’un i) tenant compte de l’écart dans le nombre d’heures travaillées par les travailleurs seniors par rapport au travailleur moyen (scénario incluant la marge intensive) et l’autre ii) ne tenant pas compte des écarts dans le nombre d’heures travaillées (étudié dans le texte principal). Le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors repose sur l’hypothèse que, d’ici 2060, chaque pays aura atteint dans chaque catégorie d’âge supérieure à 50‑54 ans (pour le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé) un taux d’emploi qui réduirait le taux de déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Pour l’autre genre, dans chaque pays et dans chaque catégorie d’âge, les taux d’emploi projetés sont supposés être de nature à maintenir le même écart d’emploi entre les hommes et les femmes que dans le scénario de référence. OCDE : moyenne pondérée des pays indiqués. p.p. : points de pourcentage PIB : Produit intérieur brut.
Source : calculs de l’OCDE à partir Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux » http://data-explorer.oecd.org/s/253 « Nombre moyen d’heures hebdomadaires habituelles travaillées dans le cadre de l’emploi principal », http://data-explorer.oecd.org/s/259 et « Niveau de la productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential »,https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en; et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Différence en points de pourcentage des taux d’emploi entre 2060 et 2023, par catégorie d’âge et scénario
Note : Le graphique compare les écarts projetés en points de pourcentage entre les taux d’emploi en 2023, le scénario de référence en 2060 et un scénario qui augmente le taux d’emploi des seniors. L’autre scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors repose sur l’hypothèse que, d’ici 2060, chaque pays aura atteint dans chaque catégorie d’âge supérieure à 50‑54 ans (pour le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé) un taux d’emploi qui réduirait le taux de déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Pour l’autre genre, dans chaque pays et dans chaque catégorie d’âge, les taux d’emploi projetés sont supposés être de nature à maintenir le même écart d’emploi entre les hommes et les femmes que dans le scénario de référence. OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE. p.p. : points de pourcentage.
Source : calculs de l’OCDE à partir Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux »http://data-explorer.oecd.org/s/253 Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Croissance annuelle du PIB par habitant et gains potentiels résultant des différentes stratégies, 2024‑60
Note : Le graphique compare, d’une part, la croissance moyenne du PIB réel par habitant pouvant être atteinte grâce à une stratégie globale alternative en mobilisant tous les circuits alternatifs de main-d’œuvre aux deux tiers de leur potentiel et en relançant la croissance de la productivité et, d’autre part, le taux de croissance moyen de l’ensemble des pays en 2006‑19. La productivité est censée être relancée jusqu’à ce que la croissance nationale du PIB par personne occupée atteigne la moitié de la médiane des pays pour la période 1991‑2000 (les gains potentiels liés à la réalisation de cet objectif sont indiqués comme « Gains potentiels liés à l’augmentation de la productivité »). Le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des travailleurs seniors repose sur l’hypothèse que, d’ici 2060, chaque pays aura atteint dans chaque catégorie d’âge supérieure à 50‑54 ans (pour le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé) un taux d’emploi qui réduirait le taux de déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Pour l’autre genre, dans chaque pays et dans chaque catégorie d’âge, les taux d’emploi projetés sont supposés être de nature à maintenir le même écart d’emploi entre les hommes et les femmes que dans le scénario de référence. Les scénarios d’égalité des genres supposent qu’en 2060, pour les hommes comme pour les femmes, les taux d’emploi dans chaque catégorie d’âge soient aussi élevés que ceux du genre ayant le taux le plus élevé dans le scénario de référence. Le scénario de forte immigration établit les futurs taux migratoires nets à un niveau égal au 75e centile de la distribution entre les pays en 2021‑24. J & ATA : jeunes et âge très actif OCDE : moyenne pondérée des pays de l’OCDE . p.p. : points de pourcentage PIB : Produit intérieur brut.
Source : Calculs de l’OCDE d’après OCDE (2024), Perspectives des migrations internationales, https://doi.org/10.1787/50b0353e-en ; Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux, http://data-explorer.oecd.org/s/253 et « Résultats des immigrés sur le marché du travail – Taux d’emploi, de chômage et de participation par sexe », http://data-explorer.oecd.org/s/255 et « Niveaux de productivité », http://data-explorer.oecd.org/s/254 ; Fluchtmann, J., M. Keese et W. Adema (2024), « Gender equality and economic growth: Past progress and future potential », https://doi.org/10.1787/fb0a0a93-en ; Organisation des Nations unies (2024), Population immigrée 2024, www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock, et Organisation des Nations unies (2024), Perspectives de la population mondiale 2024, https://population.un.org/wpp/.
Note : la partie A indique la répartition des dépenses sociales publiques en matière de pensions de vieillesse et de réversion entre les individus seniors. Pour obtenir les parts de dépenses de santé par âge par rapport au PIB, la méthode applique les parts de dépenses relatives présentées par Morgan et Mueller (2023[136])aux données sur les dépenses de santé publique fournies dans la base de données de l’OCDE sur les dépenses sociales Pour les pays qui ne disposent pas de données sur les dépenses de santé publique par âge, mais qui fournissent simultanément des informations sur les dépenses de santé publique et privée, il est supposé que la répartition par âge des dépenses de santé publique et privée est identique. Les chiffres des dépenses de santé incluent la plupart des dépenses publiques des pays en matière de soins de longue durée. Pour les pays dans lesquels les données sur les dépenses de santé par groupe d’âge excluent les soins de longue durée, la part des dépenses de soins de longue durée destinées aux seniors de plus de 65 ans est supposée correspondre à la part de ce groupe dans les bénéficiaires de soins de longue durée. Si cette information est également manquante, la moyenne non pondérée de l’OCDE est utilisée à la place. La partie B présente la croissance annuelle historique (2010‑29) et projetée (2024‑60) en points de pourcentage des dépenses de santé et de retraite en pourcentage du PIB. Pays classés en fonction des écarts entre les variations annuelles historiques et projetées. L’OCDE représente la moyenne non pondérée des pays de l’OCDE dans la partie A, tandis que dans la partie B, elle représente une partie de la zone OCDE correspondant aux 33 pays dont les données sont disponibles.
Source : la patrie A utilise les calculs de l’OCDE d’après la base de données de l’OCDE sur les dépenses sociales, les données démographiques historiques de l’OCDE ; les statistiques de santé de l’OCDE ; Les données du Bureau du recensement (Census Bureau) des États-Unis, estimations démographiques nationales 2019 ; Morgan and Mueller (2023[136]), « Understanding international measures of health spending: Age‑adjusting expenditure on health », https://doi.org/10.1787/043ed664-en; Sengupta et al. (2022[137]), « Post-acute and long term care providers and services users in the United States 2017‑18 », https://dx.doi.org/10.15620/cdc:115346 ; la partie B utilise des projections du modèle de long terme du Département des affaires économiques de l’OCDE, voir Guillemette et Château (2023[138]), “Long-term scenarios: incorporating the energy transition”, https://doi.org/10.1787/153ab87c-en, pour un résumé de cette approche.
Pourcentage du salaire moyen, 2023
Note : Les données se rapportent aux politiques de 2023. Les calculs reposent sur un couple avec deux enfants de deux et trois ans et deux salaires. Le premier salarié gagne 100 % du salaire moyen et le partenaire 67 % du salaire moyen. La catégorie « Prestations de garde d’enfants » comprend les droits liés à l’utilisation de structures de garde d’enfants ainsi que les prestations visant à soutenir les personnes qui s’occupent des enfants à la maison. Cette catégorie comprend également les réductions de tarifs accordées aux utilisateurs de services de garde d’enfants en fonction de circonstances familiales particulières. Le groupe « Modification fiscale » se réfère à la modification des impôts liée au fait d’avoir des enfants, c’est-à-dire en comparant les impôts payés par un couple sans enfant à ceux d’un couple identique avec des enfants. « Modification des autres prestations » comprend la modification des prestations liées au logement et à la famille liée à un recours à des services de garde d’enfant. Les informations sur les coûts nets de garde d’enfants sont actuellement manquantes pour la Türkiye. Moyenne : moyenne non pondérée des pays indiqués.
Source : modèles TaxBEN de l’OCDE, version 2.7.1, « OECD calculator of taxes and benefit », www.oecd.org/en/data/tools/oecd-calculator-of-taxes-and-benefits.html.
Note : Les taux de pauvreté indiquent la proportion de personnes vivant dans des ménages dont le revenu disponible équivalent est inférieur à 50 % de la médiane nationale. Le revenu disponible équivalent des ménages correspond au revenu du ménage après impôts et transferts, ajusté en fonction de la taille du ménage, pour chaque membre du ménage. Les périodes d’observation de la partie B varient légèrement d’un pays à l’autre : le début des années 2000 correspond à 2000 ou à l’année disponible la plus proche ; l’année récente correspond à la dernière année pré-COVID‑19, ou à 2022/23 si elle est disponible. Les loyers bruts imputés sont une estimation de la valeur que les propriétaires paieraient sur le marché locatif pour leur logement. La plupart des pays estime les loyers imputés à l’aide d’une méthode de régression ou de stratification basée sur les loyers réels (c’est-à-dire une prédiction du prix associé à une maison basée sur les loyers payés pour des logements similaires), à l’exception de CHL, COL, ITA et MEX qui utilisent la méthode d’auto-évaluation (c’est-à-dire le montant que les ménages estiment qu’ils paieraient pour louer leur propre maison), et de CZE, EST et SVK qui utilisent la méthode du coût d’usage (c’est-à-dire le taux de rendement d’un placement de la valeur nette de la maison sur un compte rémunéré). Voir Balcázar et al., (2017[139]) pour une étude des méthodes d’imputation des loyers. Les loyers imputés nets déduisent les impôts fonciers et les intérêts hypothécaires des valeurs brutes. Pour les pays pour lesquels les loyers imputés nets ne peuvent être calculés, les valeurs brutes sont utilisées à la place. Les classements par pays présentés dans ce graphique doivent être interprétés avec prudence, compte tenu des différences dans les méthodes d’imputation et de la disponibilité limitée des données. Moyenne : moyenne non pondérée des pays indiqués.et pour lesquels les loyers imputés nets étaient disponibles.
Source : calculs de l’OCDE fondés sur la Base de données LIS.
← 1. D’après le scénario moyen des projections démographiques des Nations Unies, la population totale sera plus nombreuse en 2060 qu’en 2023 dans la moitié des pays de la zone OCDE et dans l’OCDE en général (Nations Unies, 2024[11]).
← 2. L’évolution future de la fécondité est toutefois très incertaine (Nations Unies, 2025[155]), même si l’intervalle de probabilité à 95 % autour des projections moyennes demeure tout entier très en dessous du seuil de renouvellement des générations.
← 3. Habituellement, un indice de fécondité de 2.1 est estimé nécessaire pour un renouvellement des générations sans immigration nette positive – voir Nations Unies (2007[159])
← 4. Il montera en flèche jusqu’à 2050 avant de se stabiliser dans la plupart des pays.
← 5. Le taux de dépendance global (absent du diagramme) est généralement défini comme la somme de la population âgée de moins de 15 ans et de 65 ans et plus rapportée à la population âgée de 15 à 64 ans – voir Nations Unies (2007[159]).
← 6. Le scénario moyen correspond à la médiane des projections probabilistes de l’ONU. D’autres projections démographiques, comme celles d’Eurostat ou des offices statistiques nationaux, donnent des résultats quantitatifs différents, bien que pointant dans la même direction (OCDE, 2023[4]). Les projections de l’ONU sont préférées ici pour des raisons de comparabilité.
← 7. Ce qui peut s’exprimer par l’équation , où Pop correspond à la population globale, E à l’emploi total, H au nombre total d’heures travaillées, WAPop à la population d’âge actif, à la productivité horaire du travail, h au nombre moyen d’heures travaillées, ER au taux d’emploi et DR au taux de dépendance.
← 8. Plus particulièrement en raison de la hausse du taux d’activité des femmes au fil du temps.
← 9. Fluchtmann, Keese et Adema (2024[16]) prennent les taux d’activité observée et de chômage par cohorte comme points de départ et parviennent aux taux futurs en supposant des taux de chômage futurs constants et, pour chaque tranche d’âge et chaque genre, des taux futurs d’entrée et de sortie du marché du travail égaux aux taux les plus récents de la même catégorie (en prenant la moyenne sur une période de 5 ans et en excluant les années de la crise du COVID‑19). Le taux d’entrée sur le marché du travail correspond à la variation en pourcentage du taux de non-emploi de l’âge t à l’âge t+1 pour la même cohorte, lorsque cette variation est négative ou nulle (c’est-à-dire le pourcentage de diminution lorsqu’il s’agit effectivement d’une diminution). Le taux de sortie du marché du travail correspond à la variation en pourcentage du taux d’emploi de l’âge t à l’âge t+1 pour la même cohorte, lorsque cette variation est négative ou nulle (c’est-à-dire, ici aussi, le pourcentage de diminution lorsqu’il s’agit effectivement d’une diminution). Par construction, ni l’effet des améliorations futures en santé et en éducation ni les éventuelles réformes structurelles susceptibles de modifier les taux d’entrée et de sortie ne sont pris en compte. Pour obtenir les projections de taux d’emploi final, les taux d’emploi prévus par âge et par genre sont ensuite combinés avec les projections de taille et de structure de la population (scénario moyen) des Nations Unies. Puis, dans le graphique 2.6, l’effet direct des variations de la structure de la population est obtenu en supposant un taux d’emploi par âge et par genre constant en 2023 ; l’effet de remplacement de cohorte correspond à la différence entre la projection de référence (qui comprend les projections de taux d’emploi par âge et par genre) et la projection de taux d’emploi constant.
← 10. En Colombie, en Espagne et en Israël, la contribution négative du canal du remplacement des cohortes est importante en raison d’une forte diminution des jeunes cohortes dans la main-d’œuvre dans la seconde moitié des années 2010.
← 11. 0.7 % pour l’ensemble de la zone OCDE. Cette hypothèse pourrait, en principe, être jugée réaliste à long terme. Les travaux récents menés par l’OCDE dans ce domaine, notamment son modèle de projections à long terme, supposent effectivement des rendements d’échelle constants et des rapports capital/travail constants à long terme – voir par exemple Guillemette et Turner (2018[148] ; 2021[149])) et Fluchtmann, Keese et Adema (2024[16]).
← 12. Les années plus récentes sont exclues du calcul des tendances de productivité de référence pour éviter l’influence de la crise du COVID‑19. La période 2006‑19 est choisie de manière à couvrir un cycle économique complet et à avoir des points de départ et de fin qui correspondent à des stades comparables du cycle économique. Les exercices de robustesse (disponibles sur demande) utilisant des périodes différentes (2007‑19, 2006‑18 et 2007‑18) donnent des résultats analogues, à savoir une baisse prévue du PIB par habitant dans la zone OCDE d’environ 40 % et un recul de la croissance dans tous les pays de l’OCDE, à l’exception de l’Irlande et des États‑Unis.
← 13. Le FMI (2025[12]) prévoit un plus fort ralentissement (0.5 point de pourcentage pour le monde entier en 2025‑50, et plus pour les économies avancées). Cette projection tient cependant pour l’essentiel à la comparaison avec 2016‑18, une période de croissance rapide du facteur travail pendant la phase expansionniste du précédent cycle économique. En utilisant la même période comme référence, la méthode de projection utilisée ici donne des résultats qualitativement comparables.
← 14. D’un point de vue dynamique, la perte de croissance du PIB par habitant devrait commencer aux alentours de 2030 et plafonner en 2045‑50 dans la plupart des pays de la zone OCDE. Les résultats peuvent être obtenus auprès du Secrétariat de l’OCDE.
← 15. L’analyse d’une corrélation possible entre la réduction des heures de travail par travailleur et l’amélioration du niveau de vie n’entre pas dans le champ de ce chapitre. La question des heures de travail et du niveau de vie est abordée de manière approfondie dans OCDE (2021[17] ; 2022[18]).
← 16. La raison du ralentissement de la productivité ne fait pas l’unanimité dans les études publiées. La décélération de l’accumulation de capital humain, l’investissement dans le capital physique et l’expansion des échanges, mais aussi les goulets d’étranglement technologiques entraînant des déséquilibres entre les secteurs font partie des explications avancées – voir par exemple Goldin et al. (2024[32]) et Acemoglu, Autor et Patterson (2024[154]).
← 17. D’autres chercheurs croient toutefois moins au potentiel de l’IA en ce qui concerne la croissance globale de la productivité – voir par exemple Acemoglu et al. (2025[162]).
← 18. Par exemple, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, la Lituanie, le Mexique et la Türkiye, où plus de 15 % des jeunes de 15 à 29 ans étaient sans emploi et sortis du système éducatif en 2022 (source :www.oecd.org/fr/themes/emploi-des-jeunes-et-politiques-sociales.html).
← 19. Dans certains pays, les hommes d’âge très actif sans emploi constituent également des ressources de main-d’œuvre inutilisées. D’un point de vue macroéconomique, cependant, leur contribution potentielle est négligeable. L’écart de taux d’emploi des hommes d’âge très actif entre les pays est en fait faible, ce qui donne à penser qu’il y aurait peu à gagner à renforcer l’emploi dans cette catégorie – voir par exemple OCDE (2017[157] ; 2019[54]).
← 20. La différence entre la variation du stock de personnes nées à l’étranger dans le pays d’accueil entre l’année t‑1 et t et la variation du stock de personnes nées dans le pays qui vivent à l’étranger entre t‑1 et t, exprimées dans les deux cas en pourcentage de la taille totale de la population du pays d’accueil en t‑1.
← 21. Les taux d’immigration nette prévus sont inférieurs dans deux tiers des pays de l’OCDE affichant un taux d’immigration nette positif en 2021‑24 (Annexe graphique 2.A.4) et deux tiers de ceux qui affichent un taux positif en 2016‑20 . Ils sont également inférieurs dans 55 % des pays de l’OCDE qui affichent un taux d’immigration nette positif en 2010‑15.
← 22. Ou leurs compétences ne sont pas reconnues (OCDE, 2017[66]).
← 23. Plus particulièrement parce que l’évolution à long terme des écarts d’emploi entre les personnes nées dans le pays et celles nées à l’étranger est un domaine clé de suivi et de mesures en faveur de l’intégration, exclu du champ de cette analyse.
← 24. Dans ces exercices de simulation, la hausse des flux nets d’immigration est redistribuée proportionnellement aux flux nets d’immigration prévus par genre et par tranche d’âge en fonction du scénario de base après avoir fixé le minimum de la distribution à zéro.
← 25. Les gains totaux prévus pour l’ensemble de la zone OCDE sont inférieurs (0.10 %), en raison de gains limités ou de l’absence de gains dans quelques grands pays comme le Mexique.
← 26. La croissance constante du PIB par personne occupée fait partie des hypothèses maintenues. Cela signifie que le scénario simplifié d’égalité hommes-femmes examiné ici que le travail à temps partiel soit moins fréquent chez les femmes entrant sur le marché du travail, étant donné que le taux de travail à temps partiel chez les femmes est actuellement plus élevé que dans l’ensemble de la population dans tous les pays de l’OCDE – voir, par exemple, l’Annexe statistique de cette publication.
← 27. En particulier, dans ces deux pays, en 2023, le rapport entre les taux d’emploi des femmes âgées de 60 à 64 ans et celles âgées de 50 à 54 ans était plus de trois fois supérieur au même rapport pour leurs homologues masculins (Voir Explorateur des données de l’OCDE, « Emploi et chômage par groupe d’âge quinquennal et par sexe – niveaux », http://data-explorer.oecd.org/s/253).
← 28. Il est également important de surmonter les disparités de genre en matière de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées afin de réduire le taux de sortie des femmes du marché du travail (Van Houtven, Coe et Skira, 2013[140] ; Maestas, Messel et Truskinovsky, 2024[142]) et combler ainsi l’écart hommes-femmes en matière de taux d’emploi des seniors – voir aussi le chapitre 3. Mais les politiques en matière de retraite jouent également un rôle fondamental dans les écarts de taux d’emploi de ces catégories d’âge, dans la mesure où les couples mariés ont tendance à prendre des décisions conjointes en matière de retraite, les femmes anticipant ou retardant généralement leur cessation d’activité pour la faire coïncider avec celle de leur mari (Gustman et Steinmeier, 2000[147] ; Lalive et Parrotta, 2017[143] ; Johnsen, Vaage et Willén, 2021[145] ; Carta et De Philippis, 2023[152] ; García-Miralles et Leganza, 2024[151]).
← 29. En revanche, le rapport n’est que de un à deux pour la catégorie d’âge des 55‑59 ans, et bien inférieur si l’on exclut la Türkiye.
← 30. En particulier, le coefficient de variation entre les pays de l’espérance de vie en bonne santé à 65 ans est presque deux fois moins élevé que celui des taux d’emploi dans la catégorie d’âge 65‑69 ans.
← 31. En d’autres termes, d’ici 2060, chaque pays atteindrait dans chaque catégorie d’âge au-dessus de la tranche des 50‑54 ans un taux d’emploi au moins égal à celui qui réduirait le déclin des taux d’emploi des plus de 55 ans au niveau du 10e centile de la distribution entre les pays, comme le prévoit le scénario de référence. Plus précisément, dans le scénario d’un taux d’emploi plus élevé des seniors, pour chaque pays et chaque catégorie d’âge, le taux d’emploi du sexe ayant le taux d’emploi le plus élevé d’ici à 2060 dans le scénario de référence est obtenu en plusieurs étapes : i) pour chaque pays et chaque sexe, les rapports entre le taux d’emploi de chaque catégorie d’âge supérieure à 54 ans (55‑59 ans, 60‑64 ans et 65 ans et plus) et le taux d’emploi des personnes âgées de 50 à 54 ans dans le même pays sont calculés ; ii) pour chaque pays et chaque catégorie d’âge concernée, le rapport retenu est le plus élevé des deux genres ; iii) le 90e percentile de la distribution internationale des rapports retenus est ensuite calculé pour chaque catégorie d’âge supérieure à 54 ans – ces rapports sont dénommés « rapports cibles » ci‑après ; et enfin, iv) pour chaque pays et chaque catégorie d’âge, le taux d’emploi du sexe ayant le taux d’emploi le plus élevé est multiplié par le « rapport cible » correspondant, réduisant ainsi le taux de sortie de l’emploi de ce groupe, sauf si le taux d’emploi de ce groupe est plus élevé dans le scénario de référence (auquel cas il est laissé inchangé). Cette méthode de comparaison est plus précise que l’utilisation des centiles supérieurs de la distribution des taux d’emploi entre les pays, qui confondent les fluctuations de l’emploi liées au genre, et même aux travailleurs d’âge très actif, avec les variations de l’emploi dues exclusivement au taux de sortie de l’emploi des travailleurs seniors. Il convient de noter que les pays présentant les meilleurs rapports retenus ne sont pas nécessairement ceux qui affichent les taux d’emploi les plus élevés (même si c’est souvent le cas). Dans certains pays, le taux d’emploi d’une catégorie d’âge donnée peut être supérieur à celui de la moyenne des pays dont les rapports retenus sont au-dessus du 90e centile, et néanmoins le taux d’emploi augmenterait parce que le taux de sortie projeté diminuerait dans ce scénario (voir ). Il convient également de noter que les taux nets de sortie de l’emploi sont également positifs pour les travailleurs âgés de 45 à 54 ans – voir le chapitre 3. Ils sont toutefois généralement très faibles jusqu’à 55‑59 ans. Pour cette raison, et pour simplifier le texte, la catégorie d’âge 50‑54 ans est prise comme catégorie de référence, et le terme « travailleurs seniors » est adopté pour désigner les travailleurs âgés de 55 ans et plus. Refaire les calculs en utilisant la catégorie d’âge 40‑44 ans comme référence donnerait néanmoins des résultats similaires.
← 32. Dans le scénario de référence, il existe quelques pays et catégories d’âge dans lesquels les femmes devraient avoir, en 2060, un taux d’emploi légèrement supérieur à celui des hommes.
← 33. Comme la méthode de projection ne concerne que le genre ayant le taux d’emploi le plus élevé, le taux d’emploi de l’autre genre est simplement obtenu en appliquant l’écart entre hommes et femmes prévu dans le scénario de référence.
← 34. Les données relatives aux heures travaillées par âge et par genre n’étant pas disponibles (ou pas comparables) dans tous les pays de l’OCDE (voir Box 2.5), ce scénario suppose que toute augmentation de l’emploi des travailleurs seniors ne modifierait pas la croissance du PIB par personne occupée. Ce n’est pas réaliste, car les travailleurs seniors travaillent moins d’heures par semaine. Toutefois, comme le montre l’Annex Figure 2.A.7, pour les pays pour lesquels des données sont disponibles, recalculer la contribution de l’augmentation de l’emploi des travailleurs seniors en supposant que chaque nouveau travailleur senior travaillerait le même nombre d’heures que la moyenne de ses pairs occupant actuellement un emploi dans la même catégorie d’âge et de genre n’entraîne qu’une faible réduction des gains potentiels simulés découlant de cette piste d’amélioration – environ 10 % pour l’ensemble de la zone de l’OCDE.
← 35. Une légère stimulation supplémentaire est déjà attendue du fait que les cohortes plus jeunes ont tendance à travailler davantage que les cohortes plus âgées, en particulier en ce qui concerne les femmes (effet de cohorte). Ce simple effet de cohorte se traduirait déjà par des taux d’emploi plus élevés en 2060 qu’en 2023 dans le scénario de référence, en particulier pour les personnes âgées de 55 à 64 ans. (Annex Figure 2.A.8). Pour les seniors de plus de 65 ans, l’effet global de cohorte sera accentué par la modification de la composition par âge de cette catégorie, et les taux d’emploi devraient diminuer dans le scénario de référence dans de nombreux pays, en particulier ceux dans lesquels les taux d’emploi sont déjà relativement élevés.
← 36. Ce scénario prévoit également une forte augmentation des taux d’emploi dans cette catégorie d’âge pour la Türkiye. Toutefois, le simple effet de cohorte, tel qu’il est intégré dans le scénario de référence, en expliquerait plus de la moitié.
← 37. Il convient toutefois de garder à l’esprit que ces scénarios sont très simplifiés et qu’ils sont présentés ici comme une mesure permettant de saisir l’ampleur du potentiel de chaque voie d’amélioration. Ils ne doivent pas être considérés comme des prévisions précises.
← 38. Voir les taux de croissance du PIB par habitant et du PIB par personne occupée dans le Graphique 1.7 ci-dessus.
← 39. Toutefois, dans le cas de la Grèce et de l’Italie, les taux de croissance du PIB par habitant projetés resteraient négatifs.
← 40. Il convient de noter que, comme indiqué plus haut, compte tenu des hypothèses sur la croissance de la productivité, il existe une correspondance biunivoque entre les effets relatifs des différents canaux sur le ratio emploi/population et la croissance du PIB par habitant.
← 41. La base de données de l’OCDE sur les dépenses sociales (SOCX) fournit actuellement des données sur les dépenses sociales publiques jusqu’en 2023, mais les ventilations par catégorie de dépenses ne vont encore que jusqu’en 2021 pour la plupart des pays. (OCDE, 2025[98]).
← 42. Dans les 18 pays de l’OCDE pour lesquels les dépenses de santé publique peuvent être réparties par âge, 11 consacrent plus de la moitié aux seniors de plus de 65 ans. Seule l’Australie consacre moins de 45 % des dépenses de santé publique aux seniors (Morgan et Mueller, 2023[136]). Les chiffres des dépenses de santé incluent la plupart des dépenses publiques des pays pour les soins de longue durée, qui représentent environ 1.8 % du PIB dans les pays de l’OCDE en moyenne, mais atteignent plus de 3 % du PIB dans des pays tels que les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et la Belgique (OCDE, 2023[158]).
← 43. Voir aussi Koutsogeorgopoulou et Morgavi (à paraître[144]).
← 44. Au cours des deux décennies qui ont précédé la crise du COVID‑19, les recettes des cotisations sociales en pourcentage du PIB ont augmenté dans la zone OCDE, passant de 8.4 % en 2000 à 8.9 % en 2019, tout en finançant une part décroissante des dépenses sociales, qui sont passées de 47.5 % à 43.5 % (Immervoll, 2024[146]).
← 45. Dans le même temps, alors que le vieillissement de la population compromet la viabilité du financement de la protection sociale par répartition, les jeunes générations sont confrontées à des prestations de moins en moins généreuses. Dans de nombreux pays de l’OCDE, les futurs retraités devraient bénéficier de taux de remplacement des pensions inférieurs à ceux des retraités actuels en raison des réformes déjà adoptées (OCDE, 2019[125]). Les systèmes de prise en charge à long terme financés par l’État manquent de ressources dans de nombreux pays (OCDE, 2023[160]). Les jeunes générations sont donc confrontées à une double charge : financer les prestations de l’importante cohorte de retraités actuels tout en accumulant de l’épargne privée pour compenser des prestations publiques moins généreuses lors de leur propre retraite.
← 46. Pour des données sur les niveaux de revenus et les inégalités dans les pays de l’OCDE sur des périodes longues, voir également la base de données sur la distribution des revenus et la pauvreté de l’OCDE, www.oecd.org/en/data/datasets/income-and-wealth-distribution-database.html.
← 47. Pancrazi et Guiatoli (2024[101]) s’intéressent à un large éventail de pays membres et non membres de l’OCDE pour la période allant de 2004 à 2018. Leur approche méthodologique diffère légèrement de celle utilisée dans cette section, car Pancrazi et Guiatoli privilégient le revenu disponible individuel plutôt que le revenu disponible équivalent des ménages, et utilisent des tranches d’âge et des revenus moyens légèrement différents sur plusieurs années.
← 48. Dans certains pays, comme l’Australie et la Suisse, les retraités sont autorisés à percevoir tout ou partie de leurs droits à pension obligatoire sous la forme d’une somme forfaitaire au moment de leur départ à la retraite. Comme les données LIS ne suivent pas les personnes dans le temps, ces montants forfaitaires ne peuvent pas être lissés sur les années de retraite dans l’analyse. Pour chaque année d’enquête, les retraités ayant opté pour ce mode de versement apparaissent donc comme ayant des revenus plus faibles. Étant donné que les résultats de la Figure 2.16 sont une moyenne sur l’ensemble des seniors de 65 ans ou plus, en regroupant les retraités qui demandent le versement cette année‑là avec ceux qui l’ont demandé plus tôt, l’impact net sur le revenu moyen des retraités est probablement modeste. En revanche, l’impact sur les statistiques de la pauvreté est potentiellement important (voir la section 2.4.3 ci-dessous).
← 49. Les jeunes ont également été affectés de manière disproportionnée par la crise du COVID‑19, et leurs taux d’emploi se sont rétablis plus lentement que ceux des travailleurs d’âge très actif et seniors (OCDE, 2022[18]).
← 50. La quantification du patrimoine utilisée ici suit l’analyse précédente de l’OCDE en excluant tout patrimoine détenu dans des régimes de pensions professionnels, bien que le patrimoine détenu dans des régimes de pension privés facultatifs soit inclus (Balestra et Tonkin, 2018[118]). Les écarts de patrimoine entre les groupes d’âge seraient encore plus marqués si l’on prenait en compte les régimes de pension professionnels.
← 51. L’écart de patrimoine entre les générations seniors et les générations plus jeunes s’est également creusé aux États-Unis si l’on considère uniquement la période allant jusqu’en 2019.
← 52. Des données montrent que les inégalités de patrimoine au sein d’une même génération se sont accrues dans certains pays. Aux États-Unis, les milléniaux les plus pauvres ont moins de patrimoine que les baby-boomers, mais les milléniaux les plus riches détiennent un patrimoine supérieur à celui des baby-boomers (Gruijters, Van Winkle et Fasang, 2023[150]).
← 53. Dans certains pays, comme l’Australie et la Suisse, les retraités sont autorisés à percevoir tout ou partie de leurs droits à pension obligatoire sous la forme d’une somme forfaitaire au moment de leur départ à la retraite. Comme les données LIS ne suivent pas les personnes dans le temps, ces montants forfaitaires ne peuvent pas être lissés sur les années de retraite dans l’analyse. Pour chaque année d’enquête, les retraités ayant opté pour ce mode de versement apparaissent donc comme ayant des revenus plus faibles. Cette situation peut augmenter artificiellement les taux de pauvreté des seniors dans Figure 2.19 et Annex Figure 2.A.12 pour ces pays.
← 54. Avec l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail, les frais de garde d’enfants grèvent de plus en plus les dépenses discrétionnaires. En moyenne, dans l’OCDE, les frais de garde nets auxquels doit faire face un couple avec deux salaires ayant deux enfants de moins de quatre ans représentent 11 % du salaire moyen, et jusqu’à 40 % aux États-Unis (Annex Figure 2.A.11, voir le calculateur de l’OCDE pour les impôts et les prestations sociales), www.oecd.org/en/data/tools/oecd-calculator-of-taxes-and-benefits.html). Pour une analyse plus générale du rôle des dépenses essentielles sur les inégalités de niveau de vie, voir Balestra et Oehler (2023[153]).
← 55. Dans 17 pays de l’OCDE, plus de 50 % des jeunes entre 20 et 30 ans vivent chez leurs parents, cette proportion dépassant les 75 % en Corée, en Italie, en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande et en République slovaque (OCDE, 2024[161]).
← 56. Certains locataires ne louent pas leur logement à la valeur du marché parce qu’ils vivent dans des logements subventionnés ou mis à disposition gratuitement. Cependant, pour sept des 24 pays de l’OCDE couverts par l’analyse, les données LIS sur les loyers imputés ne fournissent des informations que sur les propriétaires. Pour une meilleure comparabilité, les informations sur les loyers imputés pour les locataires payant moins que la valeur du marché n’ont donc pas été prises en compte, même lorsqu’elles étaient disponibles.
← 57. Les classements par pays présentés dans Annex Figure 2.A.12doivent être interprétés avec prudence, compte tenu de l’harmonisation imparfaite des méthodes d’imputation et de la disponibilité limitée des données. Pour une analyse des implications de la prise en compte des loyers imputés sur l’analyse de la pauvreté, voir Mullan, Sutherland et Zantomio (2011[141]).