Les activités économiques liées à la mer reposent sur les connaissances scientifiques et sur les politiques qui favorisent leur production, leur diffusion et leur application. Ce chapitre examine sous deux angles distincts les systèmes de science, technologie et innovation (STI) liés à l’océan qui sous-tendent l’ensemble des activités de l’économie de la mer analysées dans les chapitres suivants. Le premier porte sur les publications scientifiques liées à la mer, recensées dans une vaste base de données bibliographiques internationale. Le second concerne les politiques de STI relatives à l’économie de la mer répertoriées dans l’EC-OECD STIP Compass.
Panorama de l’économie de la mer
2. Évolution de la recherche sur l’océan et des politiques de science, technologie et innovation liées à l’océan
Copier le lien de 2. Évolution de la recherche sur l’océan et des politiques de science, technologie et innovation liées à l’océanDescription
En bref
Copier le lien de En brefLe volume des publications scientifiques liées à l’océan a évolué au même rythme que l’ensemble des publications scientifiques entre 1996 et 2024, mais sa croissance a ralenti après 2019. Le nombre de publications liées à l’océan a atteint 65 641 en 2024, soit 4.6 fois son niveau de 1996, et est resté proche de 1.5 % de l’ensemble des publications sur toute la période.
La plupart des publications scientifiques sur l’océan sont désormais produites hors de la zone OCDE, la République populaire de Chine occupant la première place. Depuis 2021, les économies non Membres de l’OCDE publient chaque année davantage de travaux scientifiques sur l’océan que la zone OCDE.
Les thèmes scientifiques liés à l’océan se sont réorientées de la vie marine et de l’océan physique vers l’ingénierie et la technologie. L’acoustique, la détection, les communications et la robotique sous-marines constituaient le premier thème en 2024. L’éolien en mer, l’énergie houlomotrice et marémotrice, ainsi que les technologies de dessalement et de traitement de l’eau, ont enregistré la croissance la plus rapide. L’Asie hors OCDE est spécialisée dans ces thèmes d’ingénierie.
Les politiques de science, technologie et innovation (STI) relatives à l’économie de la mer représentent une faible part des politiques de STI enregistrées dans le CE-OCDE STIP Compass et ciblent bien plus souvent les transitions vers la neutralité carbone que les politiques de STI en général. Elles représentent 4.4 % des initiatives que les pays et l’Union européenne déclarent dans le STIP Compass CE-OCDE : 87 sont expressément consacrées à l’océan et 300 sont des politiques plus larges comportant des volets liés à l’océan. Parmi ces initiatives, 47.8 % concernent les transitions vers la neutralité carbone, contre 15.7 % de l’ensemble des initiatives.
La spécialisation dans les publications scientifiques sur l’océan et dans les politiques de STI liées à l’océan enregistrées dans le CE-OCDE STIP Compass est souvent associée à la dépendance d’un pays à l’égard de l’économie de la mer. La Norvège se classe au premier rang selon les deux indicateurs : l’économie de la mer y représente 28.9 % de la valeur ajoutée brute et 16.4 % des initiatives de politique de STI portent sur l’océan.
Le nombre de publications liées à l’océan a été multiplié par 4.6 entre 1996 et 2024, soit une progression légèrement supérieure à celle de l’ensemble des publications scientifiques (Graphique 2.1). Leur part dans l’ensemble des publications est restée proche de 1.5 % sur toute la période. À l’échelle mondiale, 14 221 publications sur l’océan ont été publiées en 1996 et 65 641 en 2024. Leur part dans l’ensemble des publications est passée de 1.41 % à un sommet de 1.62 % en 2013, puis s’est établie à 1.52 % en 2024. Les publications sur l’océan ont progressé de 6.0 % par an sur la période 1996-2008 et de 6.1 % par an sur la période 2008-2019, soit plus rapidement que l’ensemble des publications, mais de 3.5 % par an sur la période 2019-2024, contre 4.5 % pour l’ensemble des publications. L’essentiel de la croissance de la science océanique reflète donc celle de la recherche en général, et le ralentissement postérieur à 2019 coïncide avec la baisse de la production de la zone OCDE (voir Graphique 2.2).
Graphique 2.1. Les publications scientifiques liées à l’océan ont progressé légèrement plus vite que l’ensemble de la production scientifique entre 1996 et 2024
Copier le lien de Graphique 2.1. Les publications scientifiques liées à l’océan ont progressé légèrement plus vite que l’ensemble de la production scientifique entre 1996 et 2024Publications sur l’océan et leur part dans l’ensemble des publications, %, ainsi que croissance annuelle des publications sur l’océan et de l’ensemble des publications, %, 1996-2024
Note : La partie A présente le nombre de publications sur l’océan. La partie B présente leur part dans l’ensemble des publications ; la ligne en pointillés indique l’année où cette part a culminé, en 2013. La partie C présente la croissance annuelle des publications sur l’océan et de l’ensemble des publications. Les publications sur l’océan sont délimitées au moyen d’une recherche par mots-clés dans les titres, résumés et mots-clés d’auteur, uniquement pour les notices en langue anglaise, avec un ensemble de termes de recherche pour chaque groupe d’activités économiques liées à la mer et un autre pour les sciences de la mer en général.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026.
La part de l’Asie hors OCDE dans les publications mondiales sur l’océan est passée de 6.6 % en 1996 à 47.3 % en 2024, ce qui en fait la première région productrice depuis 2017 (Graphique 2.2). Elle a dépassé les Amériques OCDE en 2013 et l’Europe OCDE en 2017. Le nombre de publications sur l’océan de la zone OCDE a culminé en 2019 et, depuis 2021, les économies non Membres de l’OCDE publient ensemble davantage de travaux scientifiques sur l’océan que la zone OCDE. La part de la zone OCDE dans les publications mondiales sur l’océan est tombée de 84.4 % à 42.7 % entre 1996 et 2024 ; celle des Amériques OCDE, de 37.0 % à 13.6 % ; et celle de l’Europe OCDE, de 33.8 % à 20.3 %. L’Asie hors OCDE a enregistré le plus fort gain de part sur la période 2008-2019, avec 17.5 points de pourcentage (p.p.), puis un gain supplémentaire de 13.5 p.p. sur la période 2019-2024. La production scientifique sur l’océan s’est donc principalement déplacée vers l’Asie hors de la zone OCDE.
Graphique 2.2. L’Asie hors OCDE est devenue en 2017 la première région productrice de publications scientifiques liées à l’océan
Copier le lien de Graphique 2.2. L’Asie hors OCDE est devenue en 2017 la première région productrice de publications scientifiques liées à l’océanParts des groupes régionaux dans les publications mondiales sur l’océan, %, 1996, 2008, 2019 et 2024, et publications sur l’océan des économies Membres et non Membres de l’OCDE, comptages fractionnés, 1996-2024
Note : Les groupes régionaux correspondent aux régions M49 des Nations Unies, ventilées selon l’appartenance à l’OCDE. La partie A présente la part de chaque groupe dans les publications mondiales sur l’océan au début et à la fin de chacune des trois périodes. La partie B présente les publications sur l’océan de la zone OCDE et des économies non Membres de l’OCDE ; la ligne en pointillés indique 2021, première année où les économies non Membres ont publié davantage que la zone OCDE. Les comptages fractionnés répartissent chaque publication entre les affiliations institutionnelles de ses auteurs.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026.
La République populaire de Chine (ci-après « la Chine ») est devenue en 2018 le premier producteur de publications scientifiques sur l’océan (Graphique 2.3). Elle a produit 30.9 % des publications mondiales sur l’océan en 2024, contre 1.7 % en 1996, année où elle se classait au 13e rang des économies. L’Inde, au 12e rang en 1996, occupait la troisième place en 2024 après avoir dépassé le Royaume-Uni en 2020 ; l’Indonésie est passée du 48e au cinquième rang. Le Japon, l’Italie, la Fédération de Russie, l’Allemagne et l’Australie complètent les dix premiers producteurs, dont six sont Membres de l’OCDE. Les économies qui ont le plus progressé dans le classement se situent en Asie.
Graphique 2.3. Depuis 2018, la Chine produit chaque année plus de publications scientifiques sur l’océan que toute autre économie
Copier le lien de Graphique 2.3. Depuis 2018, la Chine produit chaque année plus de publications scientifiques sur l’océan que toute autre économieDix premiers producteurs de publications sur l’océan en 2024, comptages fractionnés, 1996 et 2024
Note : Le graphique classe les économies selon leur nombre de publications sur l’océan en 2024, représenté par le cercle plein ; le cercle vide indique leur nombre de publications en 1996 et leur rang de 1996 parmi les économies figure entre parenthèses. Les économies qui ne sont pas individualisées dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer ne sont pas classées. Les marqueurs foncés indiquent les Membres de l’OCDE. Les comptages fractionnés répartissent chaque publication entre les affiliations institutionnelles de ses auteurs.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026.
L’éolien en mer, l’énergie houlomotrice et marémotrice, ainsi que les technologies de dessalement et de traitement de l’eau, ont enregistré la croissance la plus rapide parmi tous les thèmes décelés dans la science océanique entre 1996 et 2024 (Graphique 2.4). Les publications consacrées à l’éolien en mer et aux énergies houlomotrice et marémotrice ont progressé de 16.0 % par an, et celles portant sur les technologies de dessalement et de traitement de l’eau de 13.5 % par an, contre 6.3 % pour l’ensemble des thèmes. Cinq thèmes liés à la vie marine comptaient moins de publications en 2024 qu’en 2020. Sur la période 2020-2024, les publications relatives à l’écologie corallienne, benthique et des organismes ont diminué de 2.5 % par an, après avoir progressé de 3.2 % par an entre 2015 et 2019. L’acoustique, la détection, les communications et la robotique sous-marines ont connu la croissance la plus rapide entre 2020 et 2024, soit 16.3 % par an. Après 2020, la croissance s’est donc concentrée encore davantage sur les thèmes relevant de l’ingénierie et des technologies océaniques.
Graphique 2.4. L’éolien en mer, l’énergie houlomotrice et marémotrice, ainsi que les technologies de dessalement et de traitement de l’eau, ont affiché la plus forte croissance parmi les thèmes de la science océanique entre 1996 et 2024
Copier le lien de Graphique 2.4. L’éolien en mer, l’énergie houlomotrice et marémotrice, ainsi que les technologies de dessalement et de traitement de l’eau, ont affiché la plus forte croissance parmi les thèmes de la science océanique entre 1996 et 2024Croissance annuelle moyenne des publications dans chaque thème, %, comptages fractionnés, 1996-2024
Note : Le graphique présente la croissance annuelle moyenne entre 1996 et 2024. La barre grise correspond à l’ensemble des publications rattachées à un thème. Les thèmes sont issus d’un modèle qui regroupe les publications scientifiques sur l’océan en sujets à partir du contenu de leurs titres et résumés. Les 304 sujets décelés par le modèle ont ensuite été regroupés en 24 thèmes. Les comptages fractionnés répartissent chaque publication entre les affiliations institutionnelles de ses auteurs.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026.
L’Asie hors OCDE est spécialisée dans les thèmes d’ingénierie de la science océanique, tandis que l’Océanie OCDE et les Amériques OCDE le sont dans la vie marine (Graphique 2.5). Entre 2020 et 2024, la part de l’acoustique, de la détection, des communications et de la robotique sous-marines dans les publications sur l’océan de l’Asie hors OCDE était 1.6 fois supérieure à leur part mondiale. Ce ratio était également de 1.6 pour les structures marines, les matériaux et l’ingénierie géotechnique, et de 1.5 pour les technologies de dessalement et de traitement de l’eau. L’Asie hors OCDE a produit 43 % des publications mondiales sur l’océan au cours de la période, soit davantage que toute autre région, mais son indice de spécialisation dans la biologie et la conservation de la faune marine n’était que de 0.19. L’indice de l’Océanie OCDE atteignait 2.8 pour l’écologie corallienne, benthique et des organismes, et celui des Amériques OCDE 2.3 pour la biologie et la conservation de la faune marine.
Graphique 2.5. Les régions se spécialisent dans différents thèmes de la science océanique : l’ingénierie domine en Asie hors OCDE, et la vie marine dans les Amériques OCDE et l’Océanie OCDE
Copier le lien de Graphique 2.5. Les régions se spécialisent dans différents thèmes de la science océanique : l’ingénierie domine en Asie hors OCDE, et la vie marine dans les Amériques OCDE et l’Océanie OCDEIndice de spécialisation de chaque région dans chaque thème, comptages fractionnés, 2020-2024
Note : Chaque cellule indique la part du thème dans les publications sur l’océan de la région, divisée par sa part dans les publications mondiales sur l’océan. Un indice de spécialisation supérieur à 1 signifie que le thème représente une part plus importante des publications sur l’océan de la région que des publications mondiales. Les cellules bleues correspondent à un indice inférieur à 1 et les cellules rouges à un indice supérieur à 1. Une cellule vide signifie que la région ne compte aucune publication dans le thème. Les thèmes sont issus d’un modèle qui regroupe les publications scientifiques sur l’océan en sujets à partir du contenu de leurs titres et résumés. Les 304 sujets décelés par le modèle ont ensuite été regroupés en 24 thèmes. Les groupes régionaux correspondent aux régions M49 des Nations Unies, ventilées selon l’appartenance à l’OCDE. Les parts sont calculées sur les publications rattachées à un thème. Les comptages fractionnés répartissent chaque publication entre les affiliations institutionnelles de ses auteurs.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026.
Encadré 2.1. Comment les statistiques sur les publications scientifiques liées à l’océan ont-elles été estimées ?
Copier le lien de Encadré 2.1. Comment les statistiques sur les publications scientifiques liées à l’océan ont-elles été estimées ?Les données bibliométriques présentées dans ce chapitre sont issues de calculs de l’OCDE fondés sur Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026. Le sous-ensemble final lié aux sciences océaniques contient au total plus de 2 millions de documents uniques sur l’ensemble de la période, soit environ 70 000 par an en moyenne. Les données couvrent la période 1996-2024 et se limitent aux documents uniques de Scopus Custom Data dont le titre ou le résumé est rédigé en anglais pour le moment.
Le sous-ensemble de documents liés aux sciences océaniques a été délimité à l’aide d’une requête structurée, composée de blocs distincts de mots-clés pour chaque groupe d’activités économiques liées à la mer, auxquels s’ajoutait un bloc consacré aux domaines scientifiques. Les mots-clés ont été déterminés dans les titres, les résumés et les mots-clés fournis par les auteurs. Les documents contenant des termes renvoyant sans ambiguïté à l’océan, tels que « marine sediments », « offshore wind » et « seafood », ont été considérés comme relevant dès lors que ces termes apparaissaient dans l’un des champs de leur notice. Les termes ambigus, comme « ship », n’ont été pris en compte que s’ils apparaissaient aux côtés de termes, tels que « ocean », « maritime » ou « Arctic ». La requête a été révisée après examen manuel. À l’issue de ce processus, certains termes, tels que « bulk carrier » — qui désigne un type de grand navire de transport maritime, mais apparaît aussi dans un grand nombre de publications d’ingénierie consacrées aux semi-conducteurs —, ont été entièrement exclus afin de réduire le nombre de faux positifs.
Chaque document considéré a ensuite été attribué à des pays à partir des affiliations de ses auteurs. La même couverture géographique que celle utilisée pour les analyses relatives aux activités économiques liées à la mer a été retenue. Les documents sont attribués selon un comptage fractionné, de sorte que le comptage total associé à un document soit toujours égal à un. Les comptages fractionnés ont ensuite été agrégés par économie, région et autres groupements. Les agrégats relatifs à l’océan ont enfin été comparés aux résultats des mêmes calculs effectués sur l’ensemble des documents en langue anglaise de Scopus Custom Data, afin d’obtenir leur part dans la production scientifique.
Une technique statistique appelée modélisation thématique a ensuite été utilisée pour comparer entre eux les contenus des documents liés à l’océan afin d’estimer les indicateurs relatifs à leurs thèmes de recherche. Les documents portant sur des sujets étroitement apparentés sont regroupés pour former des sujets. Chaque sujet est décrit par les mots qui le distinguent le plus des autres. À titre d’exemple, l’un de ces sujets comprenait les termes « eDNA », « metabarcoding », « environmental DNA », « species » et « fish ». Tous les sujets obtenus ont fait l’objet d’un examen manuel fondé sur leurs principaux termes, les sujets voisins les plus proches et les titres des documents. Un intitulé descriptif a été attribué à chacun sur cette base. Le sujet contenant les termes de l’exemple ci-dessus a ainsi été intitulé « ADN environnemental et métabarcoding de l’ADNe ». Tous les sujets ont ensuite été regroupés manuellement, selon leur degré de similarité, en thèmes plus larges couvrant des sujets apparentés. Le sujet « ADN environnemental et métabarcoding de l’ADNe » a, par exemple, été regroupé avec plusieurs autres pour former le thème intitulé « Méthodes de taxonomie, de génétique et d’étude de la biodiversité marines ». Les indicateurs fondés sur les thèmes ont ensuite été agrégés selon les mêmes règles de comptage fractionné que celles exposées ci-dessus.
Les politiques de science, technologie et innovation (STI) relatives à l’économie de la mer ciblent les transitions vers la neutralité carbone trois fois plus souvent que les politiques de STI en général (Graphique 2.6). Parmi les 63 pays et l’Union européenne qui communiquent des informations au STIP Compass CE-OCDE, 387 des 8 819 initiatives sont soit consacrées à l’océan, soit des politiques plus larges comportant un volet explicite relatif à l’océan. Elles représentent 4.4 % du total des initiatives de la base de données. Les transitions vers la neutralité carbone sont abordées par 47.8 % des politiques liées à l’océan (46.0 % des politiques de STI expressément consacrées à l’océan et 48.3 % des politiques plus larges), contre 15.7 % de l’ensemble des initiatives du STIP Compass, souvent dans le cadre de politiques climatiques plus larges. Parmi les thèmes de politique de STI couverts par l’enquête, quatre des cinq qui sont davantage représentés dans les initiatives liées à l’océan que dans les autres concernent les transitions vers la neutralité carbone. Dans les politiques liées à l’océan, la part des transitions vers la neutralité carbone dans l’alimentation et l’agriculture est 4.8 fois supérieure à celle observée dans l’ensemble des initiatives du STIP Compass. Le soutien ciblé aux petites et moyennes entreprises et aux jeunes entreprises innovantes figure parmi les thèmes les moins courants, tant dans les politiques expressément consacrées à l’océan que dans les politiques plus larges. Les politiques de STI liées à l’océan recensées dans le STIP Compass CE-OCDE sont donc plus souvent conçues comme un volet de la transition vers la neutralité carbone que comme un soutien aux personnels de recherche ou aux jeunes entreprises.
Graphique 2.6. Les politiques de STI liées à l’océan abordent les transitions vers la neutralité carbone bien plus souvent que les politiques de STI en général
Copier le lien de Graphique 2.6. Les politiques de STI liées à l’océan abordent les transitions vers la neutralité carbone bien plus souvent que les politiques de STI en généralInitiatives abordant chaque domaine d’action, % des initiatives, politiques de STI expressément consacrées à l’océan, politiques plus larges liées à l’océan et ensemble des initiatives du STIP Compass
Note : Le graphique présente la part des initiatives qui abordent chacun des sept domaines d’action couverts par l’enquête. Les politiques de STI expressément consacrées à l’océan ont l’océan pour objet principal. Les politiques de STI plus larges comportent, parmi d’autres, un objectif, un instrument, une installation, un axe de travail ou un secteur cible explicitement lié à l’océan. Les parts couvrent tous les pays et l’Union européenne qui communiquent des informations au STIP Compass. Une initiative peut aborder plusieurs domaines d’action ; la somme des parts est donc supérieure à 100 %.
Source : CE-OCDE (2025), STIP Compass: International Database on Science, Technology and Innovation Policy (STIP), édition d’octobre 2026, https://stip.oecd.org/.
Les politiques de STI expressément consacrées à l’océan privilégient les infrastructures collaboratives, tandis que les politiques de STI plus larges comportant un volet explicite relatif à l’océan recourent davantage aux instruments de gouvernance (Graphique 2.7). Les unes comme les autres combinent davantage d’instruments par initiative que les politiques de STI en général. Les infrastructures collaboratives, qui comprennent les infrastructures de recherche, les réseaux et les services de données, sont utilisées dans 28.7 % des initiatives de politique de STI expressément consacrées à l’océan, contre 18.0 % de l’ensemble des initiatives du STIP Compass et 17.3 % des politiques plus larges. Les instruments de gouvernance sont utilisés dans 69.3 % des initiatives plus larges, contre 48.4 % de l’ensemble des initiatives. Les politiques de STI liées à l’océan recensées dans le STIP Compass CE-OCDE mettent donc l’accent sur le développement des capacités de recherche, par exemple les équipements scientifiques à grande échelle, les bases de données spécialisées, les installations de calcul intensif et les installations de démonstration, ainsi que sur la coordination entre organisations.
Graphique 2.7. Les politiques de STI expressément consacrées à l’océan privilégient les infrastructures collaboratives, tandis que les politiques plus larges privilégient les instruments de gouvernance
Copier le lien de Graphique 2.7. Les politiques de STI expressément consacrées à l’océan privilégient les infrastructures collaboratives, tandis que les politiques plus larges privilégient les instruments de gouvernanceInitiatives utilisant chaque famille d’instruments, % des initiatives, politiques de STI expressément consacrées à l’océan, politiques plus larges liées à l’océan et ensemble des initiatives du STIP Compass
Note : Le graphique présente la part des initiatives qui utilisent au moins un instrument de chacune des cinq familles d’instruments couvertes par l’enquête. Une initiative pouvant faire appel à plusieurs familles d’instruments, la somme des parts est supérieure à 100 %. Chaque initiative est comptée une seule fois, quel que soit le nombre d’instruments qu’elle utilise.
Source : CE-OCDE (2025), STIP Compass: International Database on Science, Technology and Innovation Policy (STIP), édition d’octobre 2026, https://stip.oecd.org/.
Les économies dans lesquelles l’économie de la mer représente une part importante de la valeur ajoutée brute (VAB) tendent à être davantage spécialisées dans la science océanique et à avoir renseigné un plus grand nombre d’initiatives de politique de STI liées à l’océan (Graphique 2.8). En 2024, le poids de la science océanique dans les publications scientifiques ne reflétait généralement pas celui de l’économie de la mer dans l’activité économique néanmoins. Dans 70 économies, sa part dans les publications était inférieure à la contribution de l’économie de la mer à la VAB totale, contre seulement 13 économies où elle lui était supérieure. Ce décalage était particulièrement important dans les économies fortement tournées vers la mer. En Norvège, l’économie de la mer représentait 28.9 % de la VAB, mais la science océanique seulement 5.9 % des publications. Une relation positive ressort néanmoins des données entre le poids économique des activités liées à la mer et leur prise en compte dans les politiques de STI. Une hausse de 10 points de pourcentage de la part de l’économie de la mer était associée, en tendance, à une hausse de 4.2 points de la part des initiatives de politique de STI liées à l’océan. La Norvège occupait la première place selon les deux indicateurs, avec 16.4 % de ses initiatives expressément consacrées à l’océan ou intégrant un volet explicite dans ce domaine.
Graphique 2.8. La spécialisation dans la science océanique est faiblement associée à la dépendance d’un pays à l’égard de l’économie de la mer
Copier le lien de Graphique 2.8. La spécialisation dans la science océanique est faiblement associée à la dépendance d’un pays à l’égard de l’économie de la merPart de l’océan dans les publications de chaque économie, comptages fractionnés, %, rapportée à la part de l’économie de la mer dans sa valeur ajoutée brute, prix courants, %, 2024
Note : Le graphique présente chaque économie individualisée dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer ; la ligne en pointillés indique l’égalité des parts. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base et aux prix courants. Les deux sources sont appariées pour 2024, dernière année couverte à la fois par la base de données sur les publications et par les tableaux des ressources et des emplois. Les économies qui ne sont pas individualisées dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer ne sont pas classées. Les marqueurs foncés indiquent les Membres de l’OCDE. Les comptages fractionnés répartissent chaque publication entre les affiliations institutionnelles de ses auteurs.
Source : Calculs de l’OCDE à partir de Scopus Custom Data, Elsevier, version 1.2026, avril 2026 et OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
Pour en savoir plus
COI-UNESCO (2026), Global Ocean Science Report 2026: Investing in Sustainable Ocean Solutions, Executive Summary, IOC Policy Series 2026-2. https://doi.org/10.71245/MSEK9116
Lévy, M. et al. (2026), « The 2026 Starfish Barometer », State of the Planet, vol. 7-osr10, Copernicus Publications. https://doi.org/10.5194/sp-7-osr10-1-2026
Global Ocean Observing System (GOOS) (2026), Global Ocean Observing System - Status Report 2025. https://www.ocean-ops.org/goosreport/
OCDE (2025), L’économie de la mer à l’horizon 2050, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/a9096fb1-en
Jolly, C., J. Jolliffe et C. Abdallah (2025), « From Ocean Observation to Socio-Economic Benefits: Mapping the Value Chains of Open Marine Data », One Ocean Science Congress 2025. https://doi.org/10.5194/oos2025-363
Jolliffe, J. et K. Aben Athar (2024), « Understanding the contribution of Flanders’ public marine data to society », OECD Science, Technology and Industry Working Papers, nᵒ 2024/04, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/da9d7b66-en
Stevens, B., C. Jolly et J. Jolliffe (2021), « A new era of digitalisation for ocean sustainability?: Prospects, benefits, challenges », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, nᵒ 111, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/a4734a65-en
OCDE (2019), Repenser l’innovation au service d’une économie maritime durable, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/9789264311053-en