Cette publication s’appuie sur de nouvelles estimations et analyses de l’OCDE pour éclairer les décideurs publics sur l’ampleur, la structure et l’évolution de l’économie mondiale de la mer au cours de la période 1995-2025.
Panorama de l’économie de la mer
Résumé
Copier le lien de RésuméL’économie de la mer est un élément majeur et croissant de la prospérité mondiale
Copier le lien de L’économie de la mer est un élément majeur et croissant de la prospérité mondialeL’économie mondiale de la mer a généré 3 500 milliards USD de valeur ajoutée brute (VAB) en 2025, soit une hausse de 132 % en termes réels depuis 1995. Cette progression est supérieure à celle de l’ensemble de l’économie mondiale, qui a crû de 125 % en termes réels depuis 1995. La zone OCDE représentait environ la moitié de la VAB mondiale de l’économie de la mer en 2025, après être remontée du point bas de 46.6 % enregistré en 2020 pendant la pandémie de COVID-19. La part de l’Asie hors OCDE est passée de 16.0 % en 1995 à 36.0 % en 2025, ce qui en fait la première économie régionale de la mer depuis 2010.
La contribution de l’économie de la mer à l’économie mondiale a fluctué entre 3 % et 4 % en termes de VAB. Sa part dans la VAB mondiale aux prix courants est passée de 2.9 % en 1995 à un sommet de 3.7 % en 2012. Elle est ensuite tombée à 2.7 % en 2020 pendant la pandémie, avant de remonter à 3.0 % en 2025. Cette part a été chaque année plus élevée hors de la zone OCDE que dans celle-ci. En 2025, l’économie de la mer représentait 4.0 % de la VAB totale des économies non Membres de l’OCDE, contre 2.6 % dans la zone OCDE.
Le tourisme marin et côtier et l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques se sont tour à tour classés au premier rang des composantes de l’économie de la mer en termes de VAB, tandis que les industries maritimes ont enregistré la croissance la plus rapide. Le tourisme occupait la première place au début de la période, en 1995, comme à la fin, en 2025, bien que sa part dans la VAB de l’économie de la mer soit passée de 33.5 % à 28.6 %. La part de l’énergie en mer et des ressources marines non biologiques est passée de 17.4 % à un sommet de 34.6 % en 2012, avant de retomber à 23.7 %. Les industries maritimes ont occupé la première place pendant une année, en 2020, durant la pandémie, et représenté environ un quart de la VAB de l’économie de la mer tout au long de la période. Leur VAB réelle a atteint 3.4 fois son niveau de 1995 en 2025, soit une croissance de 4.2 % par an, la plus rapide de toutes les composantes. L’enseignement et la recherche sur l’océan et la distribution de biens se sont classés au deuxième rang, avec une croissance de 3.1 % par an, contre 2.8 % pour l’économie de la mer et 2.7 % pour l’ensemble de l’économie. Le tourisme marin et côtier et la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation ont progressé chacun de 2.6 % par an. L’énergie en mer et les ressources marines non biologiques ont affiché la croissance la plus faible, à 1.8 % par an, leur VAB n’augmentant que de 71 % en termes réels sur la période.
L’emploi dans l’économie de la mer a atteint 103 millions d’équivalents temps plein (ETP) en 2025 et sa structure a profondément évolué depuis 1995. À l’échelle mondiale, l’emploi dans la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation a diminué, sa part dans les ETP de l’économie de la mer étant passée de 40 % à 20 %. Les ETP du tourisme marin et côtier sont passés de 22.8 millions à 43.4 millions, cette composante remplaçant la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation au premier rang des employeurs en 2005. L’enseignement et la recherche sur l’océan et la distribution de biens les ont également dépassés en 2023. Parmi les dix premières économies de la mer en termes d’emploi, huit ne sont pas Membres de l’OCDE.
Les gains de productivité du travail dans l’économie de la mer ont dépassé ceux enregistrés dans l’ensemble de l’économie
Copier le lien de Les gains de productivité du travail dans l’économie de la mer ont dépassé ceux enregistrés dans l’ensemble de l’économieLa progression plus modérée de l’emploi, conjuguée à une forte croissance de la VAB réelle, a accru de 75 % la productivité du travail dans l’économie de la mer, contre 58 % dans l’ensemble de l’économie. En termes d’ETP, l’emploi dans l’économie de la mer a progressé de 33 % entre 1995 et 2025, contre 42 % dans l’ensemble de l’économie. Mesurée par la VAB par ETP, la productivité du travail a plus que triplé en termes réels dans la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation, et plus que doublé dans les industries maritimes. Elle a augmenté de 13 % dans le tourisme marin et côtier et diminué de 16 % dans l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques. Aux prix courants de 2025, la productivité du travail dans l’économie de la mer était 1.22 fois supérieure à celle de l’ensemble de l’économie à l’échelle mondiale, mais ne lui était égale qu’à 0.84 fois dans la zone OCDE, contre 1.65 fois hors de celle-ci. L’avantage de productivité de l’économie de la mer se situe donc hors de la zone OCDE.
Les travaux scientifiques consacrés à l'océan accordent une attention croissante aux grandes transformations qui façonnent l'économie de la mer
Copier le lien de Les travaux scientifiques consacrés à l'océan accordent une attention croissante aux grandes transformations qui façonnent l'économie de la merLes publications scientifiques liées à l’océan ont progressé au même rythme que l’ensemble des publications scientifiques et se sont réorientées vers l’ingénierie et la technologie. Le nombre de publications sur l’océan a été multiplié par 4.6 depuis 1996 pour atteindre 65 641 en 2024. Les thèmes ont évolué de la vie marine et de l’océan physique vers l’ingénierie et les technologies océaniques. L’acoustique, la détection, les communications et la robotique sous-marines, technologies liées à la transformation numérique de l’économie de la mer, constituaient en 2024 le premier des 24 thèmes décelés, avec 6.7 % des publications sur l’océan, contre 3.2 % en 1996. Les thèmes liés à l’éolien en mer et aux énergies houlomotrice et marémotrice, ainsi qu’aux technologies de dessalement et de traitement de l’eau, ont enregistré la croissance la plus rapide, à respectivement 16.0 % et 13.5 % par an, contre 6.3 % pour l’ensemble des thèmes.
La proportion d’initiatives de politique publique en faveur de la science, de la technologie et de l’innovation (STI) liées à l’océan qui contribuent à la transition vers la neutralité carbone est trois fois supérieure à celle observée pour l’ensemble des initiatives recensées dans la Boussole STIP CE-OCDE. La transition vers la neutralité carbone est prise en compte dans 47.8 % des politiques de STI liées à l’océan, souvent dans le cadre de politiques climatiques plus larges, contre 15.7 % de l’ensemble des initiatives. Ces politiques accordent davantage d’importance au renforcement des capacités de recherche et à la coordination entre organisations que l’ensemble des initiatives recensées. Les politiques spécifiquement consacrées à l’océan ciblent les infrastructures collaboratives dans une proportion supérieure de 10.7 points de pourcentage à celle observée pour l’ensemble des initiatives. En revanche, le soutien ciblé aux entreprises innovantes est moins fréquent dans les politiques liées à l’océan que dans les autres politiques recensées dans la Boussole STIP : il concerne 27.4 % de l’ensemble des initiatives, contre 16.1 % des initiatives spécifiquement consacrées à l’océan.
L’amélioration des données est essentielle à l’efficacité de la gestion et de la gouvernance de l’océan
Copier le lien de L’amélioration des données est essentielle à l’efficacité de la gestion et de la gouvernance de l’océanÀ mesure que l’économie de la mer gagne en taille, en sophistication technologique et en importance stratégique, l’amélioration de sa mesure deviendra toujours plus indispensable à l’efficacité de la gestion et de la gouvernance de l’océan. Alors que les pays cherchent à élaborer des comptes thématiques de l’économie de la mer adaptés à leurs priorités nationales, l’OCDE soutiendra ces efforts en faisant progresser une mesure cohérente à l’échelle internationale et en élargissant son analyse des dimensions économiques, sociales, environnementales, financières, scientifiques et innovantes de l’économie de la mer. Ce programme élargi pourrait notamment couvrir les actifs et services écosystémiques marins et, à terme, fournir les données nécessaires pour éclairer la gouvernance de l’océan, renforcer sa gestion et favoriser l’utilisation durable, la conservation et la restauration des écosystèmes marins.