Le pouvoir de transformation de la science, de la technologie et de l’innovation (STI) est indispensable pour accroître le bien-être économique tout en relevant les grands défis environnementaux mondiaux que sont, entre autres, le changement climatique, la pollution et le déclin de la biodiversité. Or, pour l’exploiter et le canaliser efficacement, les responsables de l’action publique doivent mettre en œuvre des mesures adaptées qui tiennent compte de la contribution multidimensionnelle de la science et de l’innovation, du rôle joué par les différents acteurs et de l’effet des politiques en la matière. Le rapport Mesurer la science et l’innovation au service de la croissance durable fournit des éléments probants inédits et complets sur la contribution de la science et de l’innovation à la durabilité des ressources et de l’environnement. Il fait fond sur les statistiques existantes ainsi que sur des indicateurs, des analyses et des bases de données récemment créés en vue de cartographier les principales tendances et questions structurelles, en comparant les capacités des pays dans cet important domaine afin d’éclairer la prise de décision. Les observations suivantes se dégagent des éléments probants recueillis :
Mesurer la science et l’innovation au service de la croissance durable (version abrégée)
Résumé
Copier le lien de RésuméL’innovation environnementale transforme les marchés et rend l’énergie et les transports bas carbone plus abordables, plus rapidement qu’on ne pouvait l’imaginer.
Copier le lien de L’innovation environnementale transforme les marchés et rend l’énergie et les transports bas carbone plus abordables, plus rapidement qu’on ne pouvait l’imaginer.Les réductions de coûts rendues possibles par l’innovation technologique accélèrent l’adoption de nouvelles technologies dans les secteurs clés. En 2023, par exemple, l’électricité produite à partir du solaire photovoltaïque à grande échelle était 56 % moins chère que l’électricité produite à partir de combustibles fossiles – alors qu’elle coûtait quatre fois plus en 2010. Le parc mondial de voitures électriques a atteint près de 58 millions d’unités fin 2024, soit plus de trois fois plus qu’en 2021.
Dans le pays médian de l’OCDE, plus de 40 % des entreprises innovantes ont introduit au moins une innovation bénéfique pour l’environnement au cours des trois années écoulées.
Les startups de l’écotechnologie ont attiré 17 % du total des fonds de capital-risque et représentent une part croissante de la population nationale de startups dans trois pays étudiés sur quatre.
La science sous-tend l’innovation énergétique et environnementale par des canaux essentiels mais souvent sous-estimés.
Copier le lien de La science sous-tend l’innovation énergétique et environnementale par des canaux essentiels mais souvent sous-estimés.De nouveaux indicateurs montrent que près de 28 % des publications scientifiques sont liées aux objectifs sociétaux en matière d’énergie et d’environnement.
La collaboration internationale est significativement plus fréquente dans les sciences de l’énergie et de l’environnement que dans d’autres domaines.
Les dépôts de brevets relatifs à l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets s’appuient plus directement sur les connaissances scientifiques que ceux portant sur les technologies à émissions de carbone élevées, et citent près de six fois plus d’articles soumis à un comité de lecture. Les principales disciplines concernées sont l’ingénierie, la chimie et la science des matériaux ; l’informatique joue également un rôle plus important dans les brevets portant sur les technologies bas carbone que dans ceux concernant les technologies à forte intensité de carbone.
Les startups dans les secteurs de l’énergie et du développement durable occupent la deuxième place du classement des startups dont les fondateurs sont titulaires d’un doctorat (16 %), ce qui souligne l’importance de la science dans l’activité entrepreneuriale.
Les pays de l’OCDE ne sont plus à l’avant-garde de la science et de l’innovation visant des objectifs énergétiques et environnementaux.
Copier le lien de Les pays de l’OCDE ne sont plus à l’avant-garde de la science et de l’innovation visant des objectifs énergétiques et environnementaux.La Chine est aujourd’hui le premier contributeur mondial aux publications scientifiques dans les revues consacrées à l’énergie et représente 40 % des 10 % de publications liées à l’environnement et l’énergie les plus citées.
Les brevets de haute qualité portant sur des technologies environnementales déposés en Chine ont été multipliés par plus de six entre 2010 et 2020, alors que la hausse est restée inférieure à 20 % aux États-Unis et dans l’UE. Près d’un quart des brevets internationaux déposés en Chine visent désormais des résultats environnementaux, contre seulement 10 % aux États-Unis.
La part du capital-risque investi dans des startups axées sur l’environnement a progressé de 25 points de pourcentage en Chine entre 2010 et 2022, alors qu’elle a augmenté de seulement 6 points de pourcentage dans l’UE et a stagné à l’échelle de la zone OCDE.
La Chine domine également la production de technologies propres et arrive en tête des exportations de biens environnementaux, le pays étant passé du statut de retardataire à celui de chef de file en l’espace de trois décennies.
Le soutien public à la recherche et à l’innovation dans les domaines de l’énergie et de l’environnement a récemment progressé, après être resté atone pendant des décennies.
Copier le lien de Le soutien public à la recherche et à l’innovation dans les domaines de l’énergie et de l’environnement a récemment progressé, après être resté atone pendant des décennies.Le soutien à des technologies spécifiques dans le cadre de l’innovation bas carbone a diminué dans l’ensemble de l’OCDE entre 2012 et 2019, alors même que les politiques environnementales se sont durcies.
Entre le début des années 1980 et 2006, les budgets publics consacrés à la R-D dans les domaines de l’énergie et de l’environnement sont restés essentiellement stables en termes réels. En 2023, ils ont augmenté de 29 % dans la zone OCDE, représentant en moyenne 7 % des budgets nationaux dédiés à la R-D. Moins de 5 % sont consacrés à la recherche, au développement et à la démonstration dans le domaine des énergies bas carbone.
Les dépenses de relance consacrées à l’innovation servant des objectifs environnementaux après la pandémie de COVID-19 ont été fortement orientées vers le déploiement de technologies, seulement 6.5 % ayant été alloués à la R-D.
L’analyse des portefeuilles de financement de la R-D des organismes de financement publics montre que les objectifs énergétiques et environnementaux ont bénéficié d’environ 20 % des fonds en 2023, pour un montant de près de 40 milliards USD.
Le soutien ciblé à la R-D semble plus efficace que les instruments neutres pour soutenir l’innovation dans les domaines liés à l’environnement.
Copier le lien de <strong>Le soutien ciblé à la R-D semble plus efficace que les instruments neutres pour soutenir l’innovation dans les domaines liés à l’environnement.</strong>Une nouvelle analyse montre une corrélation positive entre le financement public direct de la R-D des entreprises et l’adoption d’innovations présentant des effets bénéfiques pour l’environnement, en particulier celles contribuant à la réduction des émissions de CO₂, de la pollution ou de l’intensité d’utilisation des ressources. Les entreprises recevant des aides directes déposent également davantage de brevets ayant trait à l’environnement.
À l’inverse, les incitations fiscales en faveur de la R-D n’ont pas d’effet évident sur les résultats environnementaux ou la composition de la R-D privée dans les pays de l’UE. Les entreprises citent la demande du marché, la réputation, les réglementations et les pressions sur les coûts parmi les principaux facteurs motivant l’innovation environnementale.
L’opinion publique soutient la science et l’innovation au service de la transition verte.
Copier le lien de <strong>L’opinion publique soutient la science et l’innovation au service de la transition verte.</strong>Les préoccupations environnementales restent en tête des priorités des pouvoirs publics, en particulier au sein de l’UE, même si les problématiques économiques et de sécurité continuent d’occuper une place importante. Le pourcentage de répondants qui sont d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que les questions environnementales seront principalement résolues grâce aux progrès technologiques est le plus élevé en Israël (62 %) ; suivent la Suède (48 %) et les États-Unis (47 %).
La confiance dans les climatologues est forte partout dans le monde et l’on observe un soutien en faveur de l’action climatique, notamment sous la forme de subventions aux technologies bas carbone.
Les taxes sur le carbone sont mieux acceptées lorsqu’elles sont associées à des investissements dans les technologies propres, ce qui témoigne de l’intérêt du public pour des solutions stratégiques cohérentes et fondées sur la science.
Une action ciblée et concertée est nécessaire pour produire des données probantes sur la contribution de la science et de l’innovation aux objectifs environnementaux et pour mieux étayer l’action publique.
Copier le lien de Une action ciblée et concertée est nécessaire pour produire des données probantes sur la contribution de la science et de l’innovation aux objectifs environnementaux et pour mieux étayer l’action publique.D’importants déficits de données factuelles entravent la prise de décision à l’intersection de la science, de l’innovation et de la croissance durable. Les pouvoirs publics peuvent réagir en adoptant un programme de mesure reposant sur trois piliers :
Pilier 1 : Construire les fondations
Exploiter diverses sources de données et méthodes avec une planification à objectifs multiples ; aligner les efforts de mesure sur la science et l’innovation environnementales ; et favoriser la propriété partagée et les partenariats pour une utilisation efficace des données.
Pilier 2 : Parer aux déficits de données probantes
Tenir compte des vastes contributions de la recherche en amont ; assurer le suivi de l’adoption des technologies vertes et de la portée de l’innovation environnementale au-delà des entreprises ; suivre le soutien public au-delà de la R-D ; évaluer les rôles systémiques de la STI dans l’économie et l’environnement ; et prendre en considération l’empreinte environnementale propre à la STI.
Pilier 3 : Mesurer les incidences
Concevoir des systèmes d’indicateurs adaptés aux besoins des pouvoirs publics et intégrer l’évaluation dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques d’innovation.