Les pouvoirs publics sont confrontés à des pressions croissantes pour obtenir des résultats dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté. Relever ces défis exige des politiques cohérentes et fondées sur des éléments probants, capables de renforcer la résilience économique, de soutenir l’innovation et d’améliorer le bien-être des populations. Dans ce contexte, les interactions entre les marchés publics, la politique industrielle et la politique commerciale revêtent une importance croissante.
Les marchés publics ne constituent plus une simple fonction administrative. En tant que composante importante des dépenses publiques, ils représentent un levier stratégique permettant d’orienter les marchés, de stimuler l’innovation et de soutenir des secteurs prioritaires. Par leurs décisions d’achat, les pouvoirs publics peuvent contribuer au développement des capacités productives, influencer l’organisation des chaînes d’approvisionnement et façonner les conditions de fonctionnement des marchés aux niveaux national et international.
Les marchés publics occupent ainsi une place centrale à l’interface entre politique industrielle et politique commerciale. La politique industrielle fixe des objectifs stratégiques, tels que le développement de secteurs émergents ou le renforcement de la résilience des chaînes d’approvisionnement, tandis que les marchés publics constituent un instrument concret pour soutenir ces objectifs par le biais de la demande publique. Dans le même temps, la politique commerciale définit le cadre dans lequel s’inscrivent les marchés publics, notamment en matière d’ouverture des marchés, de concurrence et d’accès aux fournisseurs étrangers.
Une bonne cohérence entre ces trois domaines d’action publique est essentielle. Une coordination insuffisante peut conduire à des résultats fragmentés ou à des effets non intentionnels sur les échanges, tandis qu’une approche cohérente peut renforcer l’efficacité des politiques publiques, améliorer l’utilisation des ressources publiques et favoriser des chaînes d’approvisionnement résilientes et diversifiées. Un meilleur alignement permet également de concilier plus efficacement les priorités nationales avec les engagements internationaux.
Toutefois, le contexte actuel - marqué par l’émergence de nouveaux risques et par une succession de chocs mondiaux, notamment la pandémie de COVID‑19, la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et le conflit au Moyen‑Orient - a mis en évidence le rôle essentiel du commerce international pour garantir l’accès à des biens et services essentiels, tout en révélant les vulnérabilités des chaînes de valeur mondiales. Ces vulnérabilités ont accentué les tensions entre certains objectifs de politique industrielle et l’ouverture des échanges, conduisant les gouvernements à réexaminer leurs approches en matière de politique industrielle, d’ouverture commerciale, de résilience et de sécurité d’approvisionnement. Ces évolutions ont des incidences directes sur les marchés publics, notamment en ce qui concerne la concurrence, l’accès aux technologies et la sécurité d’approvisionnement.
Le présent rapport a été préparé comme document de référence pour la Réunion du Conseil au niveau des Ministres (RCM) de l’OCDE, intitulée « Bien concevoir les politiques industrielles au service de marchés ouverts, de la croissance et de la prospérité », qui s’est tenue à Paris les 3 et 4 juin 2026. Il examine le rôle des marchés publics en tant qu’instrument de mise en œuvre des politiques industrielles et analyse les interactions entre marchés publics, politique industrielle et commerce international tout au long des chaînes de valeur mondiales.