L’imposition des revenus du travail est un facteur déterminant du lien entre fiscalité, inégalités et croissance économique dans les pays de l’OCDE. Les impôts sur les revenus du travail influent directement sur les résultats en matière de redistribution, en particulier lorsqu’ils sont utilisés en conjonction avec des prestations en espèces ; ils ont également une incidence indirecte sur d’autres variables économiques, telles que le taux d’activité, via leur effet sur les décisions des entreprises et des travailleurs. À partir des informations détaillées et harmonisées contenues dans Les impôts sur les salaires sur la conception et les paramètres de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, des cotisations de sécurité sociale et des prestations, cette Étude spéciale examine la progressivité de l’imposition des revenus du travail dans les pays de l’OCDE, où un système fiscal est considéré comme progressif si le taux moyen d’imposition augmente avec le revenu.
Pour ce faire, ses auteurs utilisent et développent l’indicateur de la progressivité légale présenté dans l’édition 2013 de la publication Les impôts sur les salaires afin d’évaluer dans quelle mesure le coin fiscal sur les revenus du travail varie en fonction du niveau de rémunération et de la composition des ménages actifs dans les pays de l’OCDE. Ils s’intéressent en outre aux composantes du système d’imposition des revenus du travail de chaque pays qui rendent compte de sa progressivité légale (ou de son absence), et à l’évolution de cette progressivité légale dans la zone OCDE entre 2000 et 2025.
Faute d’informations sur la répartition des revenus, l’Étude spéciale n’analyse pas la progressivité effective de l’imposition des revenus du travail. Par ailleurs, Les impôts sur les salaires ne tiennent pas compte de tous les instruments qu’un pays peut mettre en place pour compléter le revenu disponible des travailleurs. Ce chapitre se fonde néanmoins sur des informations détaillées et comparables figurant dans Les impôts sur les salaires pour apporter aux responsables de l’action publique, aux universitaires et à la société civile des éclairages inédits sur la manière dont les différentes composantes des systèmes d’imposition des revenus du travail peuvent influer sur les résultats en matière de redistribution. Il s’intéresse en particulier aux niveaux de revenu auxquels l’imposition du travail est la plus progressive dans les pays de l’OCDE, et aux instruments qui expliquent cette progressivité.
L’analyse révèle que la progressivité de l’imposition des revenus du travail (y compris des prestations en espèces aux ménages actifs) varie selon les pays de l’OCDE. On retrouve toutefois certaines caractéristiques dans la majorité d’entre eux. Par exemple, la progressivité est généralement plus élevée pour les ménages avec enfants et à des niveaux de rémunération plus bas, car les allégements fiscaux et les prestations en espèces réduisent davantage la charge fiscale moyenne des bas revenus que celle des travailleurs situés plus haut dans la distribution des revenus. Par ailleurs, la progressivité a augmenté en moyenne dans les pays de l’OCDE entre 2000 et 2025, en grande partie en raison la progressivité accrue du coin fiscal sur les revenus inférieurs au salaire moyen.
Le présent chapitre est structuré de la façon suivante : il explique tout d’abord la décision d’examiner la progressivité légale de l’imposition des revenus du travail dans le cadre de la publication Les impôts sur les salaires, en précisant comment cette analyse se rattache au programme d’action sur la fiscalité, les inégalités et la croissance, et résume les conclusions des analyses de la progressivité présentées dans des éditions antérieures de cette publication. Il présente ensuite la méthodologie de calcul de l’indicateur de progressivité établi par l’OCDE et son application dans cette Étude spéciale. La troisième partie examine la variation de l’indicateur de progressivité au sein des pays de l’OCDE et entre eux en fonction des différentes composantes du coin fiscal, en se fondant sur différents niveaux de rémunération et diverses compositions de ménage. La quatrième partie contient une analyse de l’évolution de la progressivité légale dans les pays de l’OCDE, et la cinquième partie présente des conclusions.