Ce chapitre met en lumière les pratiques et les innovations des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 pour atteindre les ambitions environnementales sur lesquelles les organisateurs mais aussi les pouvoirs publics s’étaient engagés. Il met en évidence le rôle central joué par les marchés publics et les stratégies d’achat adoptées par les organisateurs. Il discute également de l’influence de ces stratégies sur différents secteurs, et notamment sur celui de la construction, et des bénéfices que peuvent en tirer à la fois les pouvoirs adjudicateurs mais également le secteur privé.
L’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024
2. Des Jeux plus responsables : Améliorer la durabilité grâce aux infrastructures et aux marchés publics
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Quelle est la problématique ?
Copier le lien de Quelle est la problématique ?Les Jeux et autres événements sportifs internationaux ont un impact environnemental significatif. Les précédents Jeux Olympiques et Paralympiques d'été, dont Tokyo 2020, Rio 2016 et Londres 2012, ont émis en moyenne 3,5 millions de tonnes de CO2, selon le comité d'organisation de Paris 2024, soit l’équivalent de plus de 400,000 fois le tour de la terre en voiture ou près de 2 millions d’aller-retours Paris-New York en avion (ADEME and Impact CO2, n.d.[1]). Parmi ces émissions, une étude longitudinale des 16 dernières éditions des Jeux Olympiques (été et hiver, d’Albertville 1992 à Tokyo 2020) a mis en avant la faible performance de l’indicateur relatif aux nouvelles constructions pour les Jeux Olympiques en matière de durabilité (Nature Sustainability, 2021[2]).
Les émissions des gaz à effet de serre liées à la construction, la livraison et l’opération des infrastructures sont en effet une problématique déjà bien connue. Selon un rapport conjoint de l'UNOPS, du PNUE et de l'Université d'Oxford, les infrastructures sont responsables de 79 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre et représentent 88 % de tous les coûts d'adaptation au changement climatique (UNOPS, 2021[3]).
Compte tenu de l’importance des enjeux climatiques liés aux infrastructures, un grand nombre de pays de l’OCDE ont aligné leurs plans d’investissements et de livraison d’infrastructures avec leurs engagements nationaux de lutte contre le changement climatique. L’indicateur de l’OCDE sur la gouvernance des infrastructures (IGI) relatif au service d’infrastructures durables et résistantes au climat donne un aperçu des différents éléments qui favorisent la création de telles infrastructures : conditions favorables, planification jusqu’à l’évaluation des projets, préparation du budget d’investissement, financement et suivi.
Graphique 2.1. Indicateur composite sur la fourniture d’infrastructures durables sur le plan environnemental et résistantes au changement climatique, 2022
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Note : L’IGI sur la gouvernance au service d’infrastructures durables sur le plan environnemental et résistantes au changement climatique comporte cinq sous-rubriques de même coefficient (20 %) : les conditions favorables, la planification, l'évaluation des projets, la budgétisation et le financement des investissements et le suivi. L’indice global est compris entre 0 (valeur la plus basse) et 1 (la plus élevée).
Source : (OCDE, 2023[4])
L’importance de plans d’investissements favorisant les infrastructures durables et résilientes face au changement climatique ne diminue pas lorsqu’on s’intéresse à l’organisation d’évènements sportifs majeurs, tels que les Jeux Olympiques et Paralympiques. En effet, sur le périmètre des Jeux de Paris 2024, les trois-quarts du bilan carbone de 2018 à 2023 sont associés à la prise en charge des impacts totaux des nouvelles constructions pérennes (Paris 2024, 2024[5]). Ces émissions proviennent de diverses étapes du cycle de vie des infrastructures, notamment la production de matériaux de construction tels que le ciment et l'acier, le transport des matériaux et des travailleurs sur les chantiers, la gestion de l'infrastructure elle-même, et enfin, l'utilisation d'équipements pour son entretien et sa mise hors service.
Ces émissions peuvent néanmoins être minimisées par la prise en compte de ces éléments dans l’attribution des marchés publics liés aux infrastructures. En effet, les marchés publics, permettant de verdir leur construction, livraison et opération, sont susceptibles de jouer un rôle crucial dans la promotion des infrastructures durables.
Les gouvernements peuvent améliorer la performance environnementale de leurs chaînes d'approvisionnement en intégrant des critères de durabilité explicites dans leurs décisions d'achat. Cela inclut l’évaluation de l'efficacité des ressources et la valorisation de pratiques à faible émission de carbone. De plus, en favorisant l'utilisation de matériaux locaux et d'une main-d'œuvre locale, les marchés publics peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport, tout en soutenant l'économie locale. Les exigences de contenu local pour les nouveaux développements peuvent également renforcer l'économie régionale et promouvoir l'emploi inclusif (UNOPS, 2021[3]).
Cependant, même en affichant une volonté de réduire l’empreinte environnementale du bâti, les infrastructures représentent toujours une source majeure d’émission de gaz à effet de serre. En effet, comme indiqué précédemment, à la fin de l’année 2023 les trois-quarts des émissions de Paris 2024 avaient été générées par la construction des infrastructures pérennes, illustrant ainsi la nécessité d’une stratégie de sobriété d'infrastructure (Management & RSE, 2024[6]). Cette stratégie reflète une tendance émergente au sein des pays les plus avancés et notamment lors de l’organisation d’évènements planétaires. À l’issue des Jeux Olympiques, Paris 2024 avait généré un impact carbone de 2,085 MteqCO2, dont 19% étaient issus des constructions permanentes (CGDD, 2025[7]).
Paris 2024 : Une ambition environnementale collective
Copier le lien de Paris 2024 : Une ambition environnementale collectiveDe façon générale, Paris 2024 a adopté une approche basée sur deux piliers fondamentaux « faire avec moins » et « faire mieux ». Concrètement cela consiste à limiter au maximum la construction de nouvelles infrastructures :
Pour « faire avec moins », 95 % des sites sont des structures temporaires ou déjà existantes. Seulement deux sites hors compétition (le Village des athlètes et le Village des médias) et deux sites de compétition (le Centre Aquatique et l’Aréna Porte de la Chapelle) ont été construits pour les besoins des Jeux. Ils sont utilisés par Paris 2024 pour les Jeux et laissés en héritage aux territoires (Paris 2024, 2024[5]). Ce choix stratégique a permis d’économiser 1448 KteqCO2 selon le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD, 2025[7]).
Pour « faire mieux », Paris 2024 a également identifié les postes d'émissions de gaz à effet de serre (GES) des Jeux et a mis en place un plan d'action pour réduire les émissions liées aux constructions, aux opérations et aux transports (Paris 2024, 2024[5])
Pour atteindre ces objectifs, une approche holistique, systématique et intégrée de la livraison des Jeux Olympiques et Paralympiques a été essentielle pour limiter les impacts environnementaux de l’événement. Cela est passé notamment par l’intégration d’objectifs en matière d’action climatique et de développement durable dès la phase de planification afin de garantir la coordination des différents acteurs tout au long du cycle de vie.
Ainsi, Paris 2024 a mis en place quatre axes d'action autour d’objectifs environnementaux : la lutte contre le changement climatique, l'économie circulaire, la préservation de la biodiversité et la résilience. Paris 2024 avait pour ambition générale de réduire de moitié l’empreinte carbone des Jeux par rapport aux éditions précédentes. Pour atteindre cet objectif, les parties prenantes ont eu recours à différents leviers de stratégie achat qui ont permis de traduire cet engagement en mesures concrètes.
Graphique 3.2. Ambition environnementale et application aux stratégies d’achat
Copier le lien de Graphique 3.2. Ambition environnementale et application aux stratégies d’achatPour piloter la mise en œuvre de ces engagements, Paris 2024 a créé le Comité pour la Transformation Écologique des Jeux (CTEJ). Le CTEJ est composé de huit experts en biodiversité, climat, restauration, économie circulaire, numérique, constructions et innovation responsable. Il avait pour rôle de conseiller et de suivre la mise en œuvre des engagements de Paris 2024 dans sa stratégie climatique et environnementale, y compris dans le déploiement de ses activités d’achats (Paris 2024, 2024[5]).
Cette stratégie répond aux exigences de la commande publique française (Paris 2024, 2024[5]). En effet, depuis la loi « climat et résilience » du 22 août 2021, l'intégration des critères environnementaux dans la commande publique est devenue une obligation. À partir de 2026, au moins un critère environnemental devra être pris en compte dans les offres, et à partir de 2030, les matériaux biosourcés devront représenter 25% des rénovations lourdes et des constructions.
Paris 2024 a été également à l’initiative de la réflexion sur la révision de la norme ISO 20121. Soutenue par l’AFNOR et l’ensemble de la filière évènementielle française, ainsi que par le CIO, Paris 2024 a mené le groupe de travail international dédié à cette évolution. Plus d’une dizaine de pays se sont réunis à plusieurs reprises entre mars et octobre 2023 pour écrire une nouvelle version de la norme. Parmi les évolutions majeures, la nouvelle norme inclut désormais des mentions sur les achats responsables fixant des règles précises aux donneurs d’ordre comme aux candidats à des appels d’offres ou aux fournisseurs (International Standards Organisation, 2024[9]). Par ailleurs, Paris 2024 a obtenu la certification « AFAQ 20400 Focus RSE Achats Responsables » de l’AFNOR, avec un niveau qualifié d’exemplaire en alignement avec la norme ISO 20400. Cela fait de Paris 2024 la première organisation en France à atteindre ce niveau de certification (Paris 2024, 2024[5]).
Des traductions différentes dans les stratégies d’achats des donneurs d’ordre
Compte tenu de leur portefeuille d’achats spécifiques, les principales parties prenantes ont traduit ces objectifs en s’appuyant sur des leviers légèrement différents. Afin d’intégrer ces objectifs dans toutes les relations avec ses prestataires, le COJOP a mis en place une stratégie responsable des achats, articulée autour de cinq axes, plaçant les exigences environnementales et sociales à toutes les phases du projet (Paris 2024, 2023[10]).
Organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques demande des ressources considérables. Le budget achats de Paris 2024 s'élève à environ 2,7 milliards d'euros, répartis sur plus de 500 catégories d'achats, et ayant donné lieu à l’attribution de près de 1500 marchés (Paris 2024, 2024[11]). La stratégie responsable des achats a été élaborée pour intégrer les exigences environnementales et sociales dans chaque décision d'achat, à toutes les étapes du projet (stratégie, négociations, exécution et héritage).
Encadré 2.1. Stratégie responsable des achats Paris 2024
Copier le lien de Encadré 2.1. Stratégie responsable des achats Paris 2024Cette stratégie se décline en cinq engagements prioritaires :
L’économie circulaire : L’ensemble des parties prenantes des Jeux est encouragé à recourir à l’éco-conception, à limiter l’utilisation des ressources premières/non-renouvelables, la production de déchets, le gaspillage et à prendre en compte la fin de vie ou la transmission post-Jeux de leurs produits.
La réduction de l'impact carbone et la préservation de l'environnement : Paris 2024 privilégie les propositions qui concourent à la neutralité́ carbone des Jeux et au respect de l’environnement sur ses territoires d’implantation et en particulier à la préservation de la biodiversité́ locale, des ressources en eau, de la qualité́ de l’air et des sols.
L’innovation sociale : Paris 2024 valorise les initiatives et les acteurs innovants qui inventent et développent des solutions innovantes pour aider à l’insertion économique des publics vulnérables ou éloignés de l’emploi, favoriser l’égalité́ entre les femmes et les hommes, encourager la diversité́, lutter contre toute forme de discrimination, et participer au développement du sport et de la convivialité́ comme accélérateur de lien social.
L’inclusion des publics, travailleurs et usagers en situation de handicap : Paris 2024 s’engage pour une meilleure prise en compte des personnes en situation de handicap dans la société, grâce à la possibilité de réserver des marchés aux secteurs protégés, à l’accessibilité universelle des infrastructures, produits et services, à une attention portée à l’inclusion professionnelle et sociale des personnes en situation de handicap et à la promotion d’actions de sensibilisation autour du handicap dans toutes les sphères de la société, en particulier le sport.
La création de valeur sur les territoires. Paris 2024 encourage les acteurs et initiatives qui créent de la valeur économique, sociale et environnementale pérenne sur les territoires, à travers des actions directes ou indirectes d’engagement ou de partenariat.
Le Comité d’Organisation a donc utilisé le levier des achats publics pour améliorer la performance écologique des Jeux en intégrant au moins un critère dédié à la performance environnementale et sociale dans tous les appels d’offres dont le montant est supérieur à 1 million d’euros. La pondération moyenne de ce critère, d’environ 20 % et allant même jusqu’à 30 % dans certains cas, a placé ces considérations au centre des décisions d’achats.
Pour harmoniser l'ensemble de ses processus, Paris 2024 a créé en mai 2019 une commission hebdomadaire d'appels d'offres examinant et validant les marchés supérieurs à 1 million d'euros, représentant trois quarts des appels d’offres. Cette commission, qui réunit des représentants de l'État, des membres permanents de Paris 2024 (notamment les Directions Administrative et Financière, Excellence Environnementale, Planification) et les référents des directions concernées, avait examiné près de 90 % du montant total des appels d'offres lancés par Paris 2024 à la fin 2023.
Fin mars 2024, 823 appels d'offres avaient été lancés (Paris 2024, 2024[12]). Plus de 1 600 fournisseurs, dont 88% français et 80 de TPE-PME, avaient contracté avec le COJOP, mettant en évidence l'engagement en faveur des entreprises locales et des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) (Commission des Affaires Culturelles et de l'Education de l'Assemblée Nationale, 2023[13]).
La réduction de l’empreinte carbone des prestations a été intégrée comme critère dans les marchés les plus stratégiques. Ainsi, 25 prestataires répartis sur 38 marchés se sont contractuellement engagés sur le reporting de leur empreinte carbone et la mise en œuvre d’actions de réduction, suivis spécifiquement via un outil dédié. (Paris 2024, 2024[5])
Encadré 2.2. Influencer le marché via les contrats des Jeux, opportunités et limites
Copier le lien de Encadré 2.2. Influencer le marché via les contrats des Jeux, opportunités et limitesUn appel à manifestation d'intérêt (AMI) a été lancé pour la production de mascottes en peluche. Cet AMI visait à sélectionner des fabricants capables de produire ces mascottes tout en respectant les critères environnementaux et sociaux définis par le COJOP dans sa stratégie responsable des achats. Ainsi, l’AMI publiée incluait des critères spécifiques liés à l’économie circulaire (préférence pour des matériaux recyclables et des processus de production durables), la neutralité carbone (évaluation de l’empreinte carbone), l’innovation sociale (promotion de l'insertion professionnelle et de l'inclusion des personnes en situation de handicap) et la création de valeur territoriale (engagement des fournisseurs à contribuer au développement économique local).
Doudou et Compagnie, une PME française, a été sélectionnée pour la production et la livraison de 60% des mascottes, alors qu’au moment de la publication du marché, la production mondiale de peluches était concentrée à 99% en Chine. Leur engagement a ainsi permis d'augmenter la production nationale de 30%, malgré les défis industriels dans ce secteur. Le COJOP s'est efforcé de concilier compétitivité économique et responsabilité sociale dans ses marchés publics, conformément à la loi « climat et résilience ». Néanmoins, le marché français des peluches reste limité, avec des coûts de production plus élevés par rapport à l'Asie. Le développement de la production locale à plus grande échelle dépend donc de l'acceptation des consommateurs à payer un prix plus élevé pour des produits fabriqués en France.
Le marché des mascottes de Paris 2024 donne un exemple éclairant des objectifs poursuivis mais aussi des défis rencontrés. Il illustre à la fois l'engagement du COJOP à intégrer des critères environnementaux et sociaux dans ses marchés publics, tout en soutenant l'économie locale et en visant des objectifs de durabilité mais souligne également les défis rencontrés lors de l’implémentation de ces stratégies.
De son côté, la SOLIDEO, responsable de la livraison de toutes les infrastructures pérennes, a également intégré des objectifs environnementaux concrets dans la définition, la mise en œuvre et le suivi des projets dont elle avait la charge. Ainsi, en octobre 2018, la SOLIDEO a présenté un plan adopté par son Conseil d’Administration pour des ambitions environnementales dans les constructions liées aux Jeux. Ce plan comporte un cahier de prescription d’excellence environnementale qui donne le cap d’un objectif de réduction des émissions de carbone des bâtiments en adéquation avec la stratégie des achats de Paris 2024 et qui s’articule autour de 3 axes majeurs :
Axe 1 : Vers la neutralité carbone en 2050 : le Village des athlètes s’inscrit dans cette trajectoire, par l’utilisation de matériaux biosourcés, le recours au réemploi, la sobriété énergétique des bâtiments.
Axe 2 : Confort urbain, adaptation et résilience aux changements climatiques : garantir un confort quotidien alors que la situation climatique standard correspondra aux épisodes extrêmes d’aujourd’hui.
Axe 3 : Biodiversité urbaine : rechercher un apport positif des infrastructures créées pour l’écosystème (SOLIDEO, n.d.[14]).
La SOLIDEO s’est par la suite dotée d’une stratégie d’excellence environnementale ambitieuse s’articulant autour de 4 objectifs environnementaux majeurs).
Graphique 3.3. Stratégie d’excellence environnementale de la SOLIDEO
Copier le lien de Graphique 3.3. Stratégie d’excellence environnementale de la SOLIDEOAppliquée aux achats de construction, cette stratégie a donné lieu à la mise en place d’un « budget carbone ». Afin d’atteindre l’objectif de réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre, la SOLIDEO a mis en place une stratégie innovante pour réduire les émissions de carbone de toutes les infrastructures olympiques pérennes sur leur cycle de vie complet, notamment le village des athlètes. Cette stratégie repose sur l'établissement d'un « budget carbone », qui fixe un seuil absolu de CO2 équivalent en tonnes. Pour chaque opération, mode constructif et typologie, un scénario de référence est défini pour atteindre un certain niveau de performance, conforme aux standards de construction de 2019 et à la réglementation thermique en structure béton (SOLIDEO, n.d.[16]).
Des retombées concrètes mais une évaluation à affiner dans le temps
Pour mesurer la performance et l'impact des marchés publics attribués pour l’organisation des Jeux, Paris 2024 a défini cinq indicateurs prioritaires. Ceux-ci sont alignés avec les critères du CIO, les Objectifs de Développement Durable (ODD) et les standards de la Global Reporting Initiative. Ces indicateurs sont :
Part des produits loués ou achetés dont la seconde vie a été anticipée : réemploi, réutilisation, recyclage.
Respect du budget carbone : suivi des émissions en tonnes équivalent CO2.
Nombre d’emplois créés pour des personnes en insertion : via l’Économie Sociale et Solidaire (ESS).
Montants des marchés attribués aux entreprises du secteur du handicap : incluant les Travailleurs Indépendants Handicapés (TIH).
Part des marchés attribués aux TPE-PME et acteurs de l’ESS (Paris 2024, 2021[17]).
Quand bien même le COJOP s’est doté d’une stratégie responsable des achats ambitieuse, une Commission parlementaire a mis en avant l’absence d'objectifs chiffrés spécifiques pour le suivi des impacts sociaux et environnementaux, contrairement à d’autres organismes comme la SOLIDEO. (Commission des Affaires Culturelles et de l'Education de l'Assemblée Nationale, 2023[13])
Le COJOP s’est toutefois engagé avec l’État dans une démarche partagée d’évaluation de l’héritage. Un comité de suivi de l’évaluation, composé d’experts français et internationaux, portera un regard indépendant sur les travaux réalisés sur l’évaluation des impacts des Jeux. Ce comité a publié un rapport intermédiaire à la fin de l’année 2023 et en a publié un autre, en 2025, un an après les Jeux. Le dernier rapport d’évaluation sera lui publié cinq ans plus tard. Le rapport intermédiaire et le rapport d’évaluation publié en avril 2025 (CGDD, 2025[7]) mettent d’ores et déjà en lumière que l’introduction de considérations environnementales dans les contrats signés avec les prestataires de Paris 2024 a produit différents bénéfices, comme la montée en compétences au sein des sociétés sur les questions de durabilité de leurs opérations ou la diffusion des considérations environnementales tout au long des chaînes de valeurs.
Études de cas
Copier le lien de Études de casLes sections suivantes illustrent des initiatives concrètes dans lesquelles Paris 2024 a eu recours aux marchés publics afin d’atteindre les objectifs de performance environnementale exprimés dans sa stratégie et dans ses engagements vis-à-vis de l’ensemble des parties prenantes.
L’innovation verte au sein du village des athlètes
Objectifs et activités
Inciter le secteur privé à réduire l’empreinte carbone des infrastructures pérennes
Afin de réduire le coût environnemental des infrastructures dont elle avait la charge, la SOLIDEO a mis en œuvre plusieurs stratégies parallèles ayant pour point commun de recourir à des procédés de construction innovants. Ainsi, les objectifs environnementaux de la SOLIDEO intègrent l'utilisation de matériaux à faibles émissions et biosourcés, chaque fois que possible, en tenant compte des conditions de réalisation des projets. Parmi ces matériaux, le bois occupe une place prépondérante. Il a été utilisé non seulement pour les structures et les façades, mais aussi pour l'isolation et le second œuvre. L'utilisation du bois pour les constructions des Jeux Olympiques de Paris 2024 visait à atteindre plusieurs objectifs clés :
Réduction du bilan carbone en utilisant un matériau renouvelable, biosourcé et à faible empreinte écologique.
Valorisation du bois européen avec une traçabilité stricte, en privilégiant l'utilisation de bois français et européen.
Fédérer, grâce à la création de FranceBois 2024, les acteurs de la filière bois autour de ce projet ambitieux (SOLIDEO, 2022[18]).
L’utilisation du bois pour les bâtiments de moins de 28 mètres de hauteur a été quasiment systématique, mais le choix final des moyens utilisés revenait aux constructeurs (SOLIDEO, n.d.[16]). Au final, 100 % des bâtiments de logement de moins de 28 mètres, sur les 41 bâtiments qui constituent le village font intervenir du bois en structure (poutres, poteaux, planchers). Sur un total de près de 280 000 m2 de surface de plancher, 200 000 m2 font intervenir du bois en façade et 80 000 m2 utilisent du bois en structure (poteaux et /ou poutres et /ou planchers) (SOLIDEO, 2022[18]).
En parallèle, d’autres stratégies ont également été utilisées pour réduire l’impact environnemental des constructions, telles que l’utilisation de béton ultra bas carbone. En effet, la SOLIDEO et les maîtres d’ouvrage du Village des Athlètes ont entamé une réflexion conjointe sur le développement de nouveaux matériaux afin de répondre aux ambitions environnementales de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques.
Ces innovations, comme d’autres projets, ont pu voir le jour grâce au recours à un fonds dédié créé et financé par la SOLIDEO permettant de s’affranchir de certaines contraintes liées à l’utilisation des marchés publics, en particulier les seuils de mise en concurrence, la complexité des dossiers de candidature ou encore la rigidité des critères de sélection qui favorisent souvent les solutions établies au détriment des nouvelles approches innovantes. Ce fonds visait à encourager l'émergence de solutions novatrices pour la ville de demain en subventionnant les surcoûts associés aux phases d'expérimentation et de recherche nécessaires à leur mise en œuvre. 16 projets du Village des Athlètes ont bénéficié des subventions de ce fonds (SOLIDEO, 2022[18]).
Encadré 2.3. Fonds Innovations et Écologie de la SOLIDEO
Copier le lien de Encadré 2.3. Fonds Innovations et Écologie de la SOLIDEOLa SOLIDEO a créé un fonds « Innovations et écologie » doté de 36 millions d’euros. Ce fonds a financé des innovations dans les ouvrages olympiques et les espaces publics adjacents, ayant pour objectif d’aller au-delà des normes et des bonnes pratiques traditionnelles en matière environnementales en :
Favorisant la mise en place d’innovations : en compensant les coûts supplémentaires sur le marché dus à la non-généralisation de l’innovation.
Créant des liens entre constructeurs et entreprises innovantes.
Soutenant l'émergence d'innovations : en expérimentant et favorisant leur réplicabilité.
34 solutions innovantes pour la ville de demain ont émergé grâce à ce fonds. Ces innovations ont touché divers domaines, notamment :
Économie circulaire : Exemple - Sièges en plastiques recyclés réalisés à partir de déchets plastiques locaux.
Neutralité carbone : Exemple - Charpente en bois du Centre Aquatique Olympique réduisant la consommation de chauffage grâce à sa forme concave.
Confort urbain : Exemple - Ombrières dépolluantes atteignant un taux d’abattement de la pollution de 90 à 95%.
Accessibilité universelle : Exemple - Signalétique inclusive pour l'orientation de tous les visiteurs.
Biodiversité : Exemple - Suivi participatif des écosystèmes sur le village des athlètes et le cluster des médias.
Outre l’héritage urbain matériel laissé aux territoires, ce sont également de nouvelles compétences professionnelles et connaissances scientifiques acquises qui ont été léguées. Des techniques constructives telles que l'utilisation du bois en structure ou en façade et la réalisation de douches zéro ressaut sur plancher bois, dites « à la française », en sont des exemples.
Source : (SOLIDEO, n.d.[19])
Tout au long de sa mission, la SOLIDEO a cherché à démontrer la viabilité en grandeur nature de solutions innovantes. Ainsi elle a mis en œuvre une stratégie spécifique pour l'utilisation de bétons bas carbone, voire ultra bas carbone, un procédé de construction encore expérimental lors de la mise en œuvre de cette stratégie, afin d'atteindre les objectifs de réduction des émissions (SOLIDEO, 2022[18]). Tout au long des différentes phases de conception, elle a surveillé les projections de bilan carbone réalisées par les bureaux d'études et les entreprises de construction, mettant en évidence la nécessité d'une utilisation ambitieuse de ces matériaux.
La mobilisation de tous les acteurs en amont des passations de marchés, une étape cruciale pour répondre aux objectifs fixés
L'engagement des parties prenantes est essentiel dans la construction des infrastructures pour les Jeux Olympiques, car il assure une gestion efficace et inclusive des projets. Selon les indicateurs de gouvernance des infrastructures de l'OCDE, une participation continue des parties prenantes permet une identification précise des besoins et favorise la transparence, ce qui renforce la légitimité des projets et la confiance du public (Ruiz Rivadeneira, Dekyi and Cruz, 2023[20]). Cela implique d'informer, de consulter et d'engager de manière proactive les parties prenantes tout au long du cycle de vie des infrastructures, afin de garantir que la planification et les investissements en infrastructures soient guidés par une compréhension des besoins des citoyens (Ruiz Rivadeneira, Dekyi and Cruz, 2023[20]). Par exemple, 58% des pays de l’OCDE ont adopté une orientation nationale sur la participation des parties prenantes mais seulement 27% ont adopté une exigence formelle de considérer et de répondre aux contributions issues des consultations des parties prenantes (OECD, n.d.[21]).
Graphique 2.4. Adoption d'un guide national sur la participation des parties prenantes dans les pays de l'OCDE, 2022
Copier le lien de Graphique 2.4. Adoption d'un guide national sur la participation des parties prenantes dans les pays de l'OCDE, 2022Graphique 2.5. Exigence formelle d'examen et de réponse aux commentaires issus des consultations des parties prenantes dans les pays de l'OCDE, 2022
Copier le lien de Graphique 2.5. Exigence formelle d'examen et de réponse aux commentaires issus des consultations des parties prenantes dans les pays de l'OCDE, 2022Pour les Jeux de Londres 2012, la communication à long terme avec les entreprises, les résidents et les prestataires de services a été cruciale pour gérer les services tels que la gestion du trafic et la sécurité, démontrant l'importance de l'engagement des parties prenantes dès les premières phases de planification (OCDE/CIO, 2023[23]).
À Los Angeles, pour les Jeux de 2028, des groupes de travail et un conseil de la jeunesse ont été établis pour représenter les voix différentes de la population. Ces groupes fournissent des conseils sur des aspects tels que l'embauche locale, la durabilité et les opportunités de marchés pour les petites entreprises locales. Cette approche assure que les Jeux reflètent la diversité et les besoins de la population locale, et garantit une participation active et significative des parties prenantes tout au long de la préparation et de la réalisation des Jeux (OCDE/CIO, 2023[23]).
La construction du Village des Athlètes a été marquée par une collaboration étroite entre la SOLIDEO et les différents promoteurs. Le principe de base était que les promoteurs construisaient les bâtiments et achetaient les terrains en collaboration avec les collectivités locales. La SOLIDEO, en tant qu'aménageur, avait plusieurs rôles importants :
Réalisation des travaux sur les espaces publics.
Vérification de la qualité des bâtiments réalisés, conformément aux normes.
Supervision et respect du calendrier.
Le rôle des aménageurs dans le développement d’un urbanisme plus respectueux de l’environnement et les synergies existantes avec l’action publique ont depuis longtemps été mis en avant (Côme Pelée de Saint Maurice, n.d.[24]). L’aménageur joue un rôle de prescripteur pour l’utilisation de matériaux biosourcés. Inscrites dans le projet urbain de l’opération, puis négociées lors de la cession des terrains, ses ambitions en termes de matériaux biosourcés influent sur les projets des maîtres d’ouvrage.
La SOLIDEO a veillé à établir une gouvernance efficace en s’assurant de la collaboration des collectivités locales, notamment la ville de Saint-Denis. Dès 2018, la SOLIDEO a organisé une concertation en vue de la création du Village olympique et paralympique incluant notamment deux ateliers à Saint-Denis ainsi qu’à Saint-Ouen afin de présenter les aspects techniques du projet et d’échanger et répondre aux questions et remarques sur le projet, et une réunion publique d’information à l’île Saint-Denis. La concertation a permis d’informer le public, rappeler la genèse des projets et expliquer leur gouvernance, recueillir des observations sur les éléments présentés afin d’enrichir les projets et renforcer l’héritage (SOLIDEO, n.d.[25]).
Les conventions cadres établies entre les différents promoteurs sélectionnés pour la construction des différents lots du village des athlètes et la SOLIDEO ont ensuite reflété les résultats de ces échanges. Elles incluaient des critères sociaux et environnementaux figurant dans la stratégie d'achats durables de Paris 2024 et la stratégie environnementale de la SOLIDEO. Ces conventions intégraient notamment les principes et objectifs de la lutte contre le travail illégal, d'insertion sociale et les ambitions environnementales, architecturales, urbaines et paysagères. Les promoteurs ont ensuite répercuté ces critères à leurs entreprises générales, faisant ainsi ruisseler les objectifs de durabilité et de responsabilité sociale sur l’ensemble des chaînes de fournisseurs.
Au-delà de la mobilisation des parties prenantes dans la conception des ouvrages, il a fallu également s’assurer que le marché avait la capacité de répondre à ces exigences. Ainsi, la valorisation du bois dans les procédés constructifs a pu être fortement encouragée grâce à une préparation poussée en amont, à travers une consultation du marché et de ses principaux acteurs, ce qui a permis de s’assurer que les compétences et les capacités nécessaires pour atteindre l’objectif étaient bien présentes. C’est ainsi que dès 2018, la filière bois-construction a initié des consultations avec Nicolas Ferrand, alors directeur général de la SOLIDEO, pour présenter des offres de partenariat et s'engager à répondre aux objectifs de décarbonation et de délais pour la construction du Village des athlètes (France Bois 2024, 2024[26]).
Cette phase initiale a permis de définir des mesures concrètes pour traduire les ambitions environnementales des porteurs du projet. Tous les bois utilisés devaient ainsi être certifiés issus de forêts gérées durablement, soit par le programme PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières), soit par le FSC (Forest Stewardship Council, Conseil de soutien de la forêt) (SOLIDEO, 2022[18]). Le traçage de l’origine du bois utilisé dans les constructions des JO 2024 a pu être réalisé grâce à un partenariat avec l'institut technologique FCBA et FranceBois 2024.
Ensuite, l'acheminement du bois a été organisé de manière à réduire encore le bilan carbone de l'initiative. Ainsi, l'acheminement par voie fluviale a été promu, afin de limiter les émissions de CO2 liées au transport. Au total, le recours au transport fluvial sur les chantiers olympiques aura concerné 1,4 million de tonnes de matériaux à approvisionner et à déblayer, dont 500 000 tonnes de déblais liés à la seule construction du Village des Athlètes (SOLIDEO, 2022[18]).
Vis-à-vis des chantiers eux-mêmes, l'utilisation du bois a permis une organisation différente, plus efficace et plus durable. Il y a eu plus de travail en atelier et moins sur site, ce qui a réduit les durées de déplacement et les déchets de chantier générés. De plus, cela a permis une meilleure maîtrise des dépenses énergétiques, grâce à la mutualisation sur un site unique. Enfin, l'utilisation du bois dans les constructions des JOP 2024 a favorisé le regroupement des ATEx (Appréciations de Technique d'Expérimentation) pour la filière bois sur un gros projet. Cela a permis de faciliter les démarches administratives et de renforcer la collaboration entre les acteurs de la filière (SOLIDEO, 2022[18]).
Un partage des risques nécessaire pour la mise en œuvre de solutions innovantes
Le risque est inhérent à l’innovation et nécessite d’être activement géré. Le développement de solutions innovantes dans le cadre de relations contractuelles entre un établissement public tel que la SOLIDEO et le secteur privé nécessite une compréhension et une volonté commune d’assumer les risques liés à la dimension innovante des solutions proposées. En effet, l’aversion au risque a depuis longtemps été identifiée comme un des freins principaux à l’innovation (OECD, 2017[27]).
L’utilisation à grande échelle de matériaux innovants, comme le bas ultra bas carbone, démontre l’importance d’une juste répartition des aléas. Sur le secteur Universeine, VINCI a souhaité utiliser des matériaux innovants, notamment du béton ultra bas carbone, développé spécialement pour ce projet. Ce projet a permis d’illustrer la collaboration entre la SOLIDEO et VINCI ainsi que de mettre en avant le partage des risques et des coûts nécessaires pour permettre le déploiement de solutions innovantes.
Encadré 2.4. Collaboration et partage de risques dans les marchés des Jeux
Copier le lien de Encadré 2.4. Collaboration et partage de risques dans les marchés des JeuxLa SOLIDEO, pour atteindre ses objectifs de durabilité, a dû travailler de concert avec les différents opérateurs immobiliers. Sur le secteur Universeine, développé par VINCI, un béton ultra bas-carbone a été mis au point et coulé sur place pour les radiers et les planchers du principal bâtiment de bureaux après une première expérimentation sur le chantier du siège de VINCI. Ce béton affiche un bilan carbone inférieur à 100 kg de CO2 par m³, contre 250 kg de CO2 par m³ pour un béton classique.
En juin 2021, la SOLIDEO et VINCI ont décidé ensemble d'utiliser ce nouveau procédé de béton ultra bas carbone, avant même d'obtenir la certification européenne NF EN 206/CN en octobre 2021. Cette prise de risque a permis de tester à grande échelle ce matériau innovant, donnant ainsi à VINCI un avantage compétitif significatif par rapport à d'autres acteurs de la construction.
L’utilisation du béton ultra bas carbone a été rendue possible grâce à une subvention de 993,000 € du Fonds d'Innovation et d'Écologie de la SOLIDEO. D’ici fin 2024, VINCI Construction France ainsi que ses partenaires impliqués dans l’’utilisation du béton ultra bas carbone remettront un rapport détaillant le retour d'expérience, contribuant ainsi à faire progresser l'ensemble de la filière.
S’agissant des relations fournisseurs de Paris 2024, des approches similaires ont été mises en place avec ses prestataires, notamment spécialisés dans le secteur de l’évènementiel. Paris 2024 a structuré ses accords pour distinguer ce qui est forfaitaire et fixe et ce qui n'est pas stable dans l'événementiel. Décidant de travailler à « livre ouvert », ces nouveaux contrats ont permis de moduler une partie de la prestation et de gérer à la fois les quantités et les prix et ainsi garantir un équilibre et une bonne gestion de risque pour ses prestataires stratégiques.
Source : Entretien avec VINCI et (SOLIDEO, 2022[28]), (SOLIDEO, 2022[18]) (Décision Achats, n.d.[29])
Défis rencontrés et les solutions adoptés pour y répondre
La vérification du respect des obligations contractuelles : un défi pour les donneurs d’ordre
S’assurer du respect des engagements pris par les titulaires de marchés peut présenter des complications administratives et nécessiter des ressources importantes. Bien que le bois soit considéré comme un matériau à faible empreinte carbone en raison de sa capacité à stocker du carbone, l'impact environnemental total d'un projet ayant recours au bois dépend de facteurs tels que la distance de transport et les méthodes de traitement. Par ailleurs, l’utilisation non durable du bois peut contribuer à la déforestation et à la perte de biodiversité. C’est la raison pour laquelle, la SOLIDEO a fixé le double objectif de 100% de bois issu de forêts certifiées (par les labels PEFC et FSC) et de 30% de bois français (via le label Bois de France). Or, au moment de la passation des contrats de construction, ces labels complémentaires nécessitaient des procédures de vérification distinctes, compliquant ainsi le suivi de l’exécution contractuelle.
Pour répondre à ce défi, France Bois 2024 a lancé l'initiative France Bois Traçabilité. Celle-ci a réuni les principaux labels de certification (PEFC, FSC® et BOIS DE FRANCE) sous des audits communs par l'Institut technologique FCBA. Cela a permis de standardiser les pratiques et de simplifier le processus de certification pour les entreprises de la filière. Ce nouvel outil simplifiant la traçabilité, inexistant au début des opérations de construction, a permis avec du retard de fournir à la SOLIDEO l’assurance que ces exigences en termes d’origine et de production du bois étaient bien respectées lors de la phase d’exécution contractuelle (France Bois 2024, 2024[26]).
Réussir à mobiliser un grand nombre d’acteurs autour d’objectifs communs
Les acteurs impliqués dans un projet d'envergure comme la construction du village des athlètes peuvent avoir des intérêts et des priorités parfois divergents. Par exemple, les entreprises de construction auront naturellement tendance à prioriser la rentabilité et la gestion des coûts, tandis que les donneurs d’ordres ou les autorités publiques comme la SOLIDEO ou les collectivités locales peuvent mettre l'accent sur la durabilité et le respect des normes environnementales.
La création de relations de confiance entre tous les acteurs facilite une communication ouverte et transparente. Les contrats et les accords entre les différents acteurs étant complexes cela peut compromettre la fluidité de la collaboration si les attentes ne sont pas clairement définies dès le départ. La réussite du projet reposait donc également sur une collaboration étroite entre la SOLIDEO, les collectivités locales, et les entreprises de construction. Cela a permis d'identifier et de résoudre rapidement les problèmes rencontrés tout au long du processus de construction. Par exemple, des réunions régulières entre la SOLIDEO, les entreprises de construction et les représentants des collectivités locales ont permis de discuter des défis opérationnels et de trouver des solutions pragmatiques (France Bois 2024, 2024[26]).
Résultats
Une empreinte environnementale en phase de construction réduite grâce à des procédés constructifs ou des matériaux innovants
Les matériaux de construction représentent 9% des émissions globales de gaz à effet de serre liés à la consommation d’énergie (PNUE, 2022[30]), plus que la consommation énergétique de l’Europe entière et la demande pour ces matériaux ne fait que grandir. La majorité des émissions du secteur de la construction viennent de deux produits : l’acier et le béton. Dès lors, trouver des alternatives moins émettrices devait permettre de réduire sensiblement l’empreinte des constructions liées aux Jeux.
Ainsi, la décision stratégique de favoriser l'utilisation du bois dans les marchés de construction des JOP 2024 a eu un impact significatif sur le bilan carbone de l’organisation des Jeux. Une étude récente montre que le bois lamellé croisé (Cross Laminated Timber - CLT) permet d’obtenir une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’environ 40% par rapport à l’utilisation traditionnelle du béton et de l’acier (Younis and Dodoo, 2022[31]). Cependant, pour atteindre effectivement cet objectif, il convient également de s’assurer des conditions de production de ce bois et du fait qu’il soit issu de forêts gérées de façon durable (Massachussets Institute of Technology, n.d.[32]). Au total, 100% des logements construits pour les Jeux font intervenir du bois en structure et 49% sont en structure tout bois (SOLIDEO, n.d.[16]). Grâce à cela et bien que les résultats soient toujours en cours de consolidation, l’impact carbone du Village des athlètes a été réduit de moitié (47%) par rapport à une construction classique (SOLIDEO, n.d.[16]).
De plus, sur l’ensemble des réalisations des Jeux, environ 40,000 m3 de bois transformés auront été mis en œuvre. Cela représente un stockage de 40,000 tonnes de carbone, soit l’équivalent de près de 5,000 fois l’émission annuelle d’un citoyen européen moyen (ALPLA Group, n.d.[33]). La SOLIDEO a imposé que tous les bois utilisés soient certifiés PEFC ou FSC, garantissant une gestion durable des forêts. Cela a favorisé des pratiques forestières responsables et assuré que les matériaux proviennent de sources durables. Un minimum de 30% de bois français a été requis pour les constructions. Cette mesure a stimulé la demande pour le bois local, soutenant ainsi l'économie forestière française et réduisant l'empreinte carbone associée au transport des matériaux (SOLIDEO, 2022[18]). Par ailleurs, l'utilisation du bois dans les constructions des JOP 2024 a permis des innovations et a servi d'incubateur de solutions pour la filière bois. Ainsi, de nouveaux procédés de construction et de nouveaux produits en bois ont été développés, ce qui renforce la compétitivité de la filière.
La création d’un label Bois de France voué à se généraliser dans les marchés publics
France Bois 2024 a été créé en novembre 2018. Ce projet a été mis en place pour favoriser l’utilisation des solutions de construction et d’aménagement en bois, notamment français, dans les réalisations des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. En étroite collaboration avec la SOLIDEO, il visait à apporter les informations collectives nécessaires aux maîtres d’ouvrage et à faciliter la participation d’un maximum d’entreprises de la filière.
En 2020, le label Bois de France a vu le jour, la SOLIDEO ayant exigé qu’un tiers du bois utilisé pour la construction des bâtiments et des ouvrages olympiques soit issu des forêts françaises et transformé en France. En avril 2024, les constructions liées aux Jeux contenaient environ 45 % de bois tricolore selon le responsable du label (France Bois Fôret, 2024[34]). Le label Bois de France est le seul label national à garantir la traçabilité du bois français, de la forêt jusqu’à son utilisation dans les produits de consommation et de la construction (Bois de France, 2024[35]).
Le label Bois de France joue un rôle prépondérant dans la réduction de l'empreinte carbone et l'analyse du cycle de vie (ACV) des projets de construction. En certifiant que le bois provient de forêts françaises gérées durablement, il favorise la proximité géographique, réduisant ainsi les émissions de CO2 liées au transport. Dans l'ACV, le label fournit des données précises sur l'origine du bois et ses pratiques forestières, facilitant une évaluation détaillée de son impact environnemental sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment. Cela permet aux décideurs de comparer efficacement les bénéfices environnementaux du bois avec ceux d'autres matériaux de construction, soutenant ainsi des choix plus durables et responsables (Bois de France, 2024[36]). Depuis janvier 2020, près de 100 entreprises françaises se sont déjà engagées dans le label Bois de France. En 2022, l’entreprise LIDL, en partenariat avec CBI et Arbonis (Vinci construction france), inaugurait à Épinal le 1er supermarché 100% bois de son parc labellisé bois de France (Bois de France, 2022[37]).
Au-delà des Jeux, l’utilisation de ce label a vocation à se généraliser dans la commande publique. S’inspirant de l’expérience acquise lors de la construction des ouvrages olympiques, un guide sur l’utilisation du label Bois de France dans les marchés publics a été publié en novembre 2021. Le guide a pour objectif de fournir aux acheteurs soumis au Code de la commande publique un contenu pratique et directement utilisable leur permettant l’intégration dans leurs marchés des engagements et exigences liés aux critères « empreinte carbone » et « traçabilité des bois et objectifs de gestion durable des forêts » (Bois de France, 2022[38]) pour concourir pleinement à la Stratégie Nationale Bas Carbone et à l'atteinte de la neutralité carbone d'ici 2050.
La montée en compétence de la filière bois et du secteur de la construction
Afin de mettre en œuvre ces objectifs d’utilisation massive du bois, des initiatives de formation et d'accompagnement ont été soutenues par la SOLIDEO. Par exemple, la publication d'un guide méthodologique pour les études PAC EXE et l'organisation de journées techniques dédiées aux conducteurs de travaux ont été mises en place. Ces actions ont permis de former les professionnels et de diffuser les bonnes pratiques (SOLIDEO, 2022[18]). De plus, le projet mené par VINCI Constructions a facilité une montée en compétence au sein de la filière bois, tant en termes de production que de technique. En intégrant des pratiques innovantes comme l'utilisation du bois lamellé-collé avant même le coulage du béton, VINCI a transformé la manière dont les entreprises générales abordent ce matériau. À travers sa filiale Arbonis, VINCI a également internalisé une expertise qui va au-delà du simple recours à des sous-traitants spécialisés, permettant ainsi à l'entreprise générale de maîtriser directement les compétences nécessaires pour travailler efficacement le bois et d’assumer les risques qui y sont attachés.
Par ailleurs, les équipes ont été formées directement sur place, permettant à des chefs d'équipe et des ouvriers habitués au béton de diversifier leurs compétences dans la construction en bois. Ce changement a été accueilli positivement par les compagnons, qui ont exprimé leur satisfaction d'explorer de nouvelles techniques et d'étendre leurs compétences. Cette montée en compétence a également simplifié l'exécution des projets pour VINCI, en sécurisant davantage les plannings grâce à une gestion plus intégrée des processus de construction. Le fait de confier la responsabilité de la production à une seule entité sur le chantier permet de réduire les risques et d'assurer une meilleure coordination1.
Enfin, l'initiative a permis de générer de l'emploi. Ainsi, l’activité générée aura représenté l’emploi d’environ 1200 personnes de la filière forêt-bois (France Bois 2024, 2024[26]). Cela a également permis l'acquisition de nouvelles compétences par la formation des ouvriers, renforçant ainsi les capacités de la filière pour les projets futurs.
L’évaluation de la performance environnementale pour augmenter la compétitivité des entreprises innovantes dans les marchés publics
La performance environnementale va devenir une source de compétition entre les entreprises répondant aux appels d’offres. La loi Climat et Résilience promulguée en 2021 fixe en effet aux acheteurs publics une date à horizon 2026 pour introduire des considérations environnementales, notamment en termes de critères d’attribution, dans l’ensemble des marchés publics. Par ailleurs, depuis l’entrée en vigueur de la réglementation environnementale RE 2020 le 1er janvier 2022 (pour les bâtiments résidentiels), toutes les variantes proposées dans le cadre d’appels d’offres doivent respecter le bilan carbone figurant dans l’étude environnementale réalisée au moment du dépôt du permis de construire. C’est-à-dire que le bilan global des émissions de gaz à effet de serre ne doit pas être dégradé – mais peut être amélioré – par l’introduction de variantes.
Pour les entreprises, il est donc primordial de pouvoir évaluer l’impact environnemental de celles qu’elles proposent pour qu’elles soient acceptées. Or, dans la pratique, elles se voyaient souvent refuser leurs propositions de variantes, faute de pouvoir justifier de leur impact carbone.
Pour remédier à cet état de fait, la FFB a développé un nouveau module dans son outil BatiCarbone. Structuré autour de modules spécifiques aux différents corps d’état, cet outil doit permettre aux entreprises innovantes sur les matériaux de construction proposés de valoriser leurs innovations et de faire en sorte qu’une meilleure performance environnementale soit prise en compte dans les décisions des acheteurs publics.
Par ailleurs, l’innovation favorise la coopération entre les parties prenantes. L’utilisation des bétons ultra bas carbone dans la construction du Village des athlètes répondant à la volonté d’atteindre des objectifs environnementaux ambitieux en matière de construction d'infrastructures a profondément transformé la relation entre les donneurs d’ordres publics et les entreprises privées. Ce changement s'est manifesté par une évolution significative d'une relation historiquement antagoniste vers une collaboration plus étroite et basée sur la confiance mutuelle.
Les entreprises, soutenues par le secteur public à travers des incitations financières et une réglementation proactive, ont été encouragées à innover et à assumer une certaine prise de risques pour atteindre des objectifs environnementaux partagés. Cette collaboration renforcée a permis de repenser les pratiques traditionnelles de construction, tout en intégrant des solutions durables et en réduisant l'empreinte carbone des infrastructures urbaines, marquant ainsi un tournant vers une construction plus responsable et résiliente.
Des innovations sur lesquelles les entreprises pourront capitaliser lors de l’attribution de marchés publics
L’innovation, qu’elle soit technologique avec le béton ultra bas carbone ou constructive avec l’utilisation du bois, a permis de démontrer la viabilité de ces solutions sur un projet de grande ampleur. Le soutien de l'État, illustré par le fonds innovation mis en place par la SOLIDEO, a joué un rôle déterminant dans la montée en compétence du secteur de la construction en France. En subventionnant des initiatives novatrices et en permettant la mise en œuvre de technologies de pointe à grande échelle, ce fonds a permis aux entreprises de tester et de perfectionner des processus avant-gardistes tel que l’utilisation du béton ultra bas carbone.
Cette démarche proactive devrait non seulement propulser les acteurs de la construction à l'avant-garde du marché européen, mais également stimuler l'innovation au sein de la filière. En effet, en 2023, moins de 10% des constructions neuves utilisent du béton bas carbone en France, malgré les avantages environnementaux significatifs de ce matériau, qui peut émettre jusqu'à 70% moins de CO2 par rapport au béton traditionnel ((n.a.), 2023[39]).
La France est pourtant le premier pays à légiférer sur l'utilisation du béton bas carbone avec la réglementation environnementale RE2020 (AFP, n.d.[40]). Elle impose depuis 2022 des normes de CO2 au mètre carré construit, contraignantes et évolutives avec des seuils d'émissions qui diminuent jusqu'en 2031. La RE2020 vise à diminuer l'empreinte carbone du secteur de la construction et encourage l'utilisation de matériaux plus durables, comme le béton bas carbone (Ministère de la Transition Ecologique, 2020[41]).
Dès lors, l'organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024 a pu jouer un rôle catalyseur dans son adoption sur des projets constructifs de grande ampleur. Compte tenu des différents plans d’investissement massif dans les infrastructures, l’expérience acquise lors de la préparation des Jeux Olympiques de Paris 2024 devrait offrir aux grandes compagnies françaises du bâtiment un avantage non négligeable dans les futurs marchés publics. Selon ses principaux acteurs, cette dynamique devrait permettre d'accélérer l'usage du béton bas carbone dans d'autres projets de construction en France2. Cette généralisation de l’intégration des impacts environnementaux dans l’attribution des marchés publics liés à la construction se traduit ailleurs, comme en Nouvelle-Zélande, par le développement d’outils pour aider les acheteurs publics à intégrer de façon effective ces dimensions.
Encadré 2.5. L’intégration des impacts environnementaux dans l’attribution des marchés publics : capitaliser sur les expériences en Nouvelle-Zélande
Copier le lien de Encadré 2.5. L’intégration des impacts environnementaux dans l’attribution des marchés publics : capitaliser sur les expériences en Nouvelle-ZélandeLe guide néo-zélandais intitulé Procurement Guide to reducing carbon emissions in buildings and construction est un outil stratégique conçu pour aider les acteurs du secteur de la construction à intégrer des pratiques durables dans leurs projets. Destiné principalement aux autorités contractantes, aux gestionnaires de projets, et aux fournisseurs, ce guide offre une feuille de route pour réduire les émissions de carbone associées aux projets de construction et de bâtiment.
Rôle du Guide :
Réduction des Émissions de Carbone : Le guide fournit des stratégies concrètes pour minimiser le carbone incorporé (lié aux matériaux de construction) et le carbone opérationnel (lié à l'exploitation des bâtiments).
Encouragement à l'Innovation : En intégrant des critères de durabilité dès les premières étapes de conception, le guide encourage l'innovation et l'adoption de nouvelles technologies écologiques.
Renforcement des Capacités : Le guide propose des outils pour évaluer et renforcer les capacités des parties prenantes, garantissant que tous les acteurs sont équipés pour mettre en œuvre des pratiques durables.
Public cible :
Autorités Contractantes : Les gouvernements locaux et les agences publiques responsables de l'approvisionnement et de la gestion des projets de construction.
Gestionnaires de Projets : Les responsables de la planification et de l'exécution des projets de construction.
Fournisseurs et Entrepreneurs : Les entreprises impliquées dans la fourniture de matériaux et de services de construction.
Le guide offre des conseils pratiques et outils sur :
Évaluation du Cycle de Vie : Le guide propose des méthodes pour évaluer les émissions de carbone tout au long du cycle de vie des projets, permettant ainsi de choisir des matériaux et des méthodes de construction plus durables.
Utilisation d'Outils de Notation : Il recommande l'utilisation d'outils de notation pour les bâtiments durables, tels que HQE ou BREEAM, afin d'assurer une évaluation complète des impacts environnementaux et sociaux.
Engagement du Marché : Le guide souligne l'importance d'engager les fournisseurs tôt dans le processus de planification pour encourager des solutions innovantes et durables.
Clauses Contractuelles : Il conseille d'inclure des clauses spécifiques dans les contrats pour garantir la conformité aux pratiques durables et aux objectifs de réduction des émissions de carbone.
Suivi et Rapport : Le guide insiste sur la nécessité de mettre en place des systèmes de suivi rigoureux pour mesurer les performances en matière de durabilité et garantir la transparence.
Pour que les efforts déployés pour rendre les infrastructures des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 innovantes et durables soient reproductibles dans d'autres projets d'infrastructures, les principaux acteurs pourraient développer un guide commun basé sur l'expérience acquise lors des Jeux, en s’inspirant du modèle néo-zélandais. Un tel guide, destiné aux pouvoirs adjudicateurs, aux gestionnaires de projets et aux fournisseurs, permettrait de réduire les émissions de carbone dans le secteur de la construction et de généraliser les bonnes pratiques acquises lors du développement des infrastructures nécessaires aux Jeux.
Références
[39] (n.a.) (2023), EN FRANCE, MOINS DE 10% DES CONSTRUCTIONS NEUVES UTILISENT DU BÉTON BAS CARBONE.
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[25] SOLIDEO (n.d.), Bilan de la concertation préalable à la création de ZAC Village Olympique et Paralympique.
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