Même si la diminution des coûts d’approvisionnement en énergie a fait baisser le coût budgétaire du soutien aux énergies fossiles en 2023, l’Inventaire OCDE montre que les gouvernements ont maintenu de nombreuses mesures qui soutiennent la consommation et la production de combustibles fossiles. Par conséquent, le coût budgétaire des mesures de soutien aux énergies fossiles reste élevé par rapport à sa moyenne historique. En outre, les transferts budgétaires directs au titre des combustibles fossiles et le bas niveau des accises sur les produits énergétiques ont affaibli les incitations économiques en faveur de la décarbonation, telles que mesurées par le TEC net, par rapport à 2021.
Le coût budgétaire élevé du soutien et la faiblesse du TEC net soulignent les défis à relever pour tenir les engagements de neutralité carbone sur fond de tensions économiques et géopolitiques. Atteindre cette neutralité nécessite de déployer bien plus rapidement les technologies non fossiles (AIE, 2023[20]), d’autant que la récente crise de l’énergie a fait de la sécurité énergétique un motif de préoccupation et révélé les limites des combustibles fossiles en tant que source d’énergie fiable (OCDE, 2022[12]). La réforme du soutien aux énergies fossiles et la suppression progressive des mesures inefficaces peuvent permettre de dégager des ressources qui font cruellement défaut pour accompagner la transition vers la neutralité carbone, accélérer l’innovation au service de l’efficacité énergétique et aider à réduire la dépendance à l’égard des énergies fossiles et, partant, la vulnérabilité des ménages aux chocs de prix.
Dans le cadre de leurs efforts de réforme, les gouvernements peuvent éliminer les mesures de soutien dont bénéficient l’ensemble des ménages et des entreprises, qui ont tendance à profiter à des acteurs qui n’en ont pas forcément le plus besoin, et opter pour des politiques plus ciblées. De fait, les mesures de soutien aux combustibles fossiles sont souvent très inefficaces, dans la mesure où seule une petite partie des avantages qu’elles procurent bénéficie concrètement aux consommateurs ou secteurs de l’économie qu’elles sont officiellement censées aider. En les réformant et en les redéfinissant, les pouvoirs publics limiteraient les coûts budgétaires et rétabliraient le bon signal-prix pour un plus grand nombre de consommateurs finals de combustibles fossiles, créant ainsi des incitations à économiser l’énergie et à passer aux énergies non fossiles (OCDE, 2022[12]). Des mesures autres que les mesures de soutien aux combustibles fossiles, comme les paiements directs destinés à soutenir le revenu des ménages, peuvent être moins coûteuses pour les finances publiques et avoir moins d’effets négatifs (Wooders, 2024[10] ; OCDE, 2022[12]).
En donnant aux consommateurs d’énergie plus de moyens pour opérer la transition vers les énergies propres, les pouvoirs publics servent leurs objectifs tout à la fois climatiques, énergétiques et sociaux (OCDE, 2022[12]). À l’heure actuelle, la réalisation des objectifs dans ces trois domaines est freinée par les politiques qui encouragent la poursuite de la consommation et de la production de combustibles fossiles. Les pays devraient par conséquent réaffirmer et respecter les engagements pris dans le cadre des ODD d’éliminer et de réformer le soutien inefficace aux combustibles fossiles, en vue d’assurer une politique budgétaire plus cohérente avec les objectifs climatiques.