L’approche belge dans le domaine de la fragilité et des urgences repose sur une longue expérience d’engagement dans les contextes fragiles, un cadre institutionnel révisé pour améliorer sa flexibilité et sa réactivité, et le renforcement de la cohérence pangouvernementale et la gestion des risques. Cette mise en adéquation du système de l’aide publique au développement (APD) belge aux défis spécifiques de la fragilité et de la mise en œuvre de l’approche dite « du Nexus » (c’est-à-dire, visant à renforcer les liens entre les domaines humanitaire, du développement et de la paix) a mobilisé l’ensemble des acteurs concernés pendant plusieurs années. Capitaliser sur ces investissements nécessitera d’approfondir, de consolider et de diffuser les acquis dans les années à venir.
Au sein des instances multilatérales, la Belgique fait valoir son expertise géographique et thématique en matière de fragilité pour défendre des propositions en faveur de la prévention des conflits, la sécurité humaine, le respect des droits humains, et l’attention spécifique aux groupes les plus vulnérables. Elle se distingue également par une approche stratégique équilibrée en matière de migrations et de déplacements forcés, cohérente avec sa politique étrangère d’ensemble, ainsi que par l’intérêt qu’elle a porté ces dernières années aux approches innovantes dans le domaine humanitaire et à l’inclusion du secteur privé dans les contextes fragiles et de crise.
Bien que la Belgique ait mis l’accent sur des thématiques claires et pertinentes au regard de l’agenda de la fragilité, ces choix n’apparaissent pas toujours de façon limpide au niveau du financement et de la programmation. Ainsi, l’analyse préalable à la définition des orientations programmatiques pays en matière de prise en compte du genre nécessiterait d’être étayée pour permettre l’articulation d’interventions plus ciblées dans ce domaine. Un décalage similaire entre vision et moyens est visible dans les domaines de la consolidation de la paix, la prévention des conflits et la réforme onusienne de la paix et de la sécurité, tous chers à la Belgique et pourtant peu financés.
La Belgique est un acteur humanitaire très apprécié, tant pour son plaidoyer stratégique au sein d’instances telles que le Conseil de sécurité que pour ses efforts pour assurer un financement flexible, prévisible et en accord avec ses convictions. L’écart croissant entre le budget humanitaire et les effectifs pose un sérieux risque de réputation.