David Haugh
Kyongjun Kwak
Axel Purwin
David Haugh
Kyongjun Kwak
Axel Purwin
Après deux ans d’oscillation de la croissance à un bas niveau, l’économie néo-zélandaise est entrée dans une phase de reprise alimentée par la baisse des taux d’intérêt et les exportations. Le dynamisme des échanges dans un contexte caractérisé par une forte incertitude politique à l’échelle mondiale et par l’imposition de nouveaux droits de douane tient en grande partie aux accords de libre-échange couvrant plus de 70 % des exportations, à l’augmentation du tourisme et à la vigueur de la demande étrangère de produits laitiers et de viande. L’assouplissement marqué de la politique monétaire devrait favoriser une reprise de plus en plus forte et généralisée, ainsi qu’une baisse du chômage. Les tensions budgétaires sont considérables. Le vieillissement de la population entraînera une forte hausse des coûts de la santé, des soins de longue durée et des retraites, ce qui mettra en péril la viabilité de la dette si les réformes ne s’accélèrent pas. Il est essentiel de préserver l’indépendance de la politique monétaire et la stabilité financière, tout en maintenant la dynamique de réforme au moyen d’un assainissement des finances publiques, d’un approfondissement des marchés financiers et d’une intensification de la concurrence pour accroître la productivité. Même si la reprise s’accélère, les perspectives de croissance sous-jacente demeurent modestes, freinées par la faiblesse de l’investissement, le niveau élevé des coûts de l’énergie et la persistance des écarts de productivité. Le gouvernement s’attache à remédier à certains obstacles majeurs à la croissance de la productivité qui existent de longue date, notamment en mettant en œuvre des réformes phares du système éducatif. Augmenter l’épargne-retraite privée, redoubler d’efforts pour renforcer la concurrence dans l’ensemble de l’économie, moderniser les infrastructures, réduire les coûts de l’électricité et tirer parti de la transformation numérique et de l’IA sont autant de mesures qui peuvent contribuer à soutenir la résilience et la croissance de la productivité à long terme.
L’économie néo-zélandaise a commencé à se redresser au second semestre de 2025, bien que la croissance reste modérée et à la traîne de nombreux pays comparables de l’OCDE (Graphique 1.1, partie A). L’investissement, en demi-teinte, pèse sur la reprise, en partie du fait de l’incertitude qui entoure l’environnement commercial mondial. Avant le début du conflit au Moyen-Orient, des signes timides d’amélioration étaient perceptibles, l’investissement s’étant stabilisé après une période d’atonie (Graphique 1.1, partie B). Malgré l’instabilité de l’environnement extérieur, l’activité a continué d’être soutenue par les exportations et, dans une moindre mesure, la consommation des ménages, même si la demande intérieure est restée faible. Les droits de douane instaurés par les États-Unis en 2025 (d’un taux de 10 % en avril, porté à 15 % en août, avant d’être remplacé temporairement par un taux de 10 % en février 2026) ont pesé sur les anticipations de prix à l’exportation. Leur impact immédiat a toutefois été amorti par le recul du taux de change et les tensions sur les marchés mondiaux des produits laitiers et de la viande bovine, ainsi que par la vigueur des prix des produits de base. Le tourisme a également contribué à la reprise jusqu’ici. Début 2026, certaines enquêtes de conjoncture, dont les indices des directeurs d’achat, ont laissé entrevoir un regain de confiance et un affermissement provisoire de l’activité. La croissance est toutefois restée volatile, et la reprise n’était pas encore fermement installée même avant le choc énergétique.
1. Erreur statistique comprise.
Source : Base de données des comptes nationaux trimestriels de l’OCDE ; et base de données des Perspectives économiques de l’OCDE.
L’inflation s’est établie à 3.1 % au quatrième trimestre de 2025, légèrement au-dessus de la fourchette cible de 1- 3 %, après avoir culminé à 7.3 % à la mi-2022, ce qui a contribué à une stabilisation des revenus réels des ménages et à un assouplissement des conditions financières. Avant le choc récent lié aux prix de l’énergie, l’inflation devait reculer progressivement jusqu’au point médian de la fourchette, à 2 %, en raison de l’existence de capacités inutilisées et de la modération des tensions sur le plan intérieur. La baisse des taux d’intérêt avait commencé à se répercuter sur les coûts d’emprunt, stimulant la consommation, le secteur du logement et l’investissement des entreprises.
Cependant, l’envolée des prix de l’énergie au niveau mondial, et notamment la hausse des prix du gazole qui ont plus que doublé à la pompe en Nouvelle-Zélande à la suite du déclenchement du conflit, devrait provoquer un regain de tensions inflationnistes en 2026, que ce soit de façon directe, via les coûts des carburants, ou indirecte, via l’augmentation des coûts de transport et de production, y compris dans les secteurs d’activité primaire. Le processus de désinflation s’en trouvera probablement ralenti, et les revenus réels des ménages en pâtiront. Dans le même temps, l’incertitude entourant la durée de la crise accroît les risques pesant sur les anticipations d’inflation. Si la demande intérieure demeure atone, les tensions persistantes sur les coûts, en particulier sur les coûts liés à l’énergie, continue d’éroder la compétitivité-coûts et de freiner l’investissement.
Après une longue période de faible croissance, le marché du travail s’est sensiblement détendu. Le taux d’activité et le taux d’emploi ont diminué entre 2023 et 2025, tandis que le taux de chômage s’est inscrit en hausse par rapport au point bas atteint après la pandémie en 2021, se hissant à 5.4 % au quatrième trimestre de 2025 (Graphique 1.2, partie A). La croissance des salaires s’est modérée, principalement sous l’effet du fléchissement de la demande de main-d’œuvre. Une chute de l’immigration nette par rapport au pic enregistré à la fin de 2023 a réduit la croissance de l’offre de main-d’œuvre et, partant, contribué à limiter la hausse du chômage (Graphique 1.2, partie B). Des données plus récentes laissent entrevoir un redressement provisoire des flux migratoires. Néanmoins, les départs continuent de concerner principalement des citoyens néo‑zélandais partant s’installer en particulier en Australie, ce qui a accentué les difficultés d’embauche dans certains secteurs malgré l’atonie globale du marché du travail.
La croissance économique devrait se redresser progressivement pour s’établir à 1.4 % en 2026, puis 2.3 % en 2027. Les perspectives sont soutenues par l’assouplissement monétaire antérieur ainsi que par la résilience des exportations et les incitations fiscales à l’amortissement accéléré (dispositif Investment Boost), qui devraient stimuler la consommation et l’investissement privés. La reprise devrait toutefois rester fragile et inégalement répartie à court terme. Les chaînes d’approvisionnement mondiales en pétrole et en engrais ainsi que d’autres chaînes d’approvisionnement critiques ont déjà subi des perturbations importantes. Les marchés mondiaux vont donc rester sous tension dans l’immédiat.
La montée des prix de l’énergie et des produits de base entraînera une hausse des coûts de production et pèsera sans doute sur l’activité à brève échéance. Le niveau élevé des prix de l’énergie entamera également les revenus réels, la confiance et la demande intérieure, retardant un redressement plus net de la consommation et de l’investissement. Les résultats à l’exportation restent vulnérables à de nouveaux chocs mondiaux, mais ils devraient bénéficier de la demande extérieure soutenue dans les secteurs exportateurs primaire et manufacturier, en particulier dans ceux liés à l’alimentation. L’inflation devrait grimper en 2026 du fait des répercussions sur les prix de la hausse des coûts de l’énergie et des transports. Sur fond de dissipation de ces effets et de persistance de capacités inutilisées, elle devrait se redescendre petit à petit à moyen terme vers le point médian de la fourchette retenue comme objectif (2 %), même si le calendrier et l’ampleur de cet ajustement sont sujets à une incertitude considérable eu égard au risque de chocs futurs (Tableau 1.1). Les conditions sur le marché du travail ne devraient s’améliorer que progressivement en 2027, la croissance de l’emploi étant appelée à se redresser à mesure que la reprise s’installera plus fermement.
Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire, en volume (prix de 2009/10)
|
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
2026 |
2027 |
|
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Prix courants (milliards NZD) |
||||||
|
Produit intérieur brut (PIB) |
385.7 |
2.1 |
-0.3 |
0.5 |
1.4 |
2.3 |
|
Consommation privée |
224.0 |
1.1 |
-0.2 |
1.4 |
1.0 |
2.5 |
|
Consommation publique |
81.9 |
0.1 |
-0.9 |
2.5 |
2.6 |
0.1 |
|
Formation brute de capital fixe |
98.0 |
-0.3 |
-4.9 |
-1.5 |
0.9 |
4.2 |
|
Variation des stocks¹ |
3.7 |
-1.4 |
0.4 |
-0.1 |
0.6 |
0.0 |
|
Demande intérieure totale |
407.6 |
-1.0 |
-1.1 |
0.8 |
2.0 |
2.4 |
|
Exportations de biens et de services |
90.1 |
11.5 |
4.7 |
2.7 |
2.2 |
1.9 |
|
Importations de biens et de services |
112.0 |
-0.7 |
1.7 |
3.4 |
3.2 |
1.9 |
|
Solde extérieur¹ |
-21.9 |
2.9 |
0.7 |
-0.2 |
-0.3 |
0.0 |
|
Pour mémoire : |
||||||
|
Déflateur du PIB |
4.9 |
3.9 |
3.6 |
4.0 |
2.8 |
|
|
Indice des prix à la consommation |
5.7 |
2.9 |
2.8 |
3.7 |
2.6 |
|
|
Indice d’inflation sous-jacente² |
5.6 |
3.5 |
2.4 |
3.0 |
2.3 |
|
|
Croissance potentielle |
2.7 |
2.4 |
2.0 |
1.9 |
1.8 |
|
|
Écart de production³ |
2.0 |
-0.7 |
-2.1 |
-2.6 |
-2.0 |
|
|
Taux de chômage |
3.8 |
4.8 |
5.3 |
5.4 |
5.1 |
|
|
Termes de l’échange |
-2.8 |
3.0 |
5.4 |
1.1 |
0.7 |
|
|
Solde des paiements courants5 |
-6.3 |
-4.7 |
-3.6 |
-3.9 |
-3.6 |
|
|
Dette brute des administrations publiques5, 6 |
54.7 |
57.5 |
59.4 |
61.3 |
62.8 |
|
|
Solde budgétaire des administrations publiques5 |
-3.5 |
-2.9 |
-3.2 |
-3.9 |
-3.5 |
|
|
Solde primaire des administrations publiques corrigé des variations cycliques³ |
-4.1 |
-2.0 |
-1.4 |
-1.8 |
-1.6 |
|
|
Taux du marché monétaire à trois mois, moyenne |
5.5 |
5.3 |
3.2 |
2.4 |
2.5 |
1. Erreur statistique comprise.
Source : Base de données des comptes nationaux trimestriels de l’OCDE ; et base de données des Perspectives économiques de l’OCDE.
1. Contribution aux variations du PIB réel.
2. Indice des prix à la consommation, hors produits alimentaires et énergie.
3. En pourcentage du PIB potentiel.
4. En pourcentage de la population.
5. En pourcentage du PIB.
6. Sur la base des comptes nationaux, hors engagements non capitalisés des régimes de retraite des fonctionnaires.
Source : Perspectives économiques de l’OCDE, n° 118 ; et Secrétariat de l’OCDE. [Mise à jour partielle de la base de données des Perspectives économiques n° 118 réalisée le 18 février 2026 pour intégrer des données récentes, dont le PIB du troisième trimestre de 2025 et l’Enquête sur la population active du quatrième trimestre de 2025. Prochaine révision complète des prévisions prévue en avril 2026.]
Les risques à la baisse restent considérables. Le choc récent sur les prix de l’énergie lié au conflit au Moyen-Orient a accru le risque d’un affaiblissement de la croissance et d'une montée de l’inflation sous l’effet de l’érosion des revenus réels des ménages, de la hausse des coûts de production et de transport et de l’accentuation de l’incertitude. Le fait que la Nouvelle‑Zélande dépende fortement de combustibles liquides raffinés importés, et que ses sources d’approvisionnement soient peu diversifiées, l’expose à des perturbations de son approvisionnement en carburants, en particulier en gazole, lequel est critique pour le transport, l’agriculture et les chaînes d’approvisionnement. Des pénuries de carburants pourraient fortement perturber la production dans les secteurs d’activité primaire et les exportations et entraîner une grave récession. Une dégradation de l’environnement mondial, une nouvelle escalade des tensions commerciales ou un renforcement des restrictions aux échanges pourraient aussi peser sur la croissance des exportations et l’investissement, certes dans une moindre mesure. Des événements climatiques tels que de graves inondations ou sécheresses font peser des risques supplémentaires sur la production agricole et hydroélectrique. À l’inverse, une répercussion plus rapide que prévu de l’assouplissement de la politique monétaire ou un redressement plus prompt de la confiance et de l’investissement des entreprises, à la faveur d’une accélération de la transition verte déclenchée par le conflit au Moyen-Orient, de l’adoption de l’IA et du dispositif d’amortissement accéléré « Investment Boost » instauré en mai 2025, pourrait se traduire par une reprise plus forte qu’anticipé. Un redémarrage plus marqué que prévu du tourisme récepteur, en particulier en provenance de Chine, embellirait encore un peu plus les perspectives (Tableau 1.2).
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Risques |
Conséquences possibles |
Mesures envisageables par les pouvoirs publics |
|---|---|---|
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L’intensification des guerres provoquent de nouveaux chocs négatifs pour la croissance mondiale, des flambées des prix de l’énergie et des produits alimentaires et des pénuries de carburants, ainsi que de nouvelles évolutions inattendues des restrictions aux échanges. La production nationale de gaz pourrait diminuer encore plus rapidement que prévu, accroissant ainsi la dépendance au gaz importé. |
Recul du volume d’exportations et de la croissance du PIB. Inflation et notamment hausse des prix de l’énergie. |
Mettre en place d’autres mesures d’aide ciblées et temporaires pour atténuer les répercussions de la hausse des prix de l’énergie sur les groupes vulnérables si nécessaire en s’appuyant sur des indicateurs de pauvreté et d’autres critères de référence. Continuer de diversifier les marchés d’exportation en approfondissant la coopération économique et en signant des accords de libre-échange. Accélérer la transition écologique, y compris en électrifiant les transports, et améliorer la sécurité énergétique en éliminant progressivement le gaz dans la production d’électricité. |
|
Catastrophes naturelles résultant de tremblements de terre et de conditions météorologiques extrêmes. |
Ralentissement de la croissance du PIB, hausse de l’inflation et pertes humaines et matérielles importantes. |
Accroître l’utilisation des données et des informations sur les risques de catastrophe naturelle dans le cadre de l’aménagement du territoire. Veiller à ce que la tarification et la couverture de l’assurance tiennent mieux compte des risques sous-jacents. |
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Résurgence d’une pandémie causée par un virus hautement contagieux et mortel. |
Fermeture des frontières, baisse du PIB, hausse de l’inflation, pertes humaines importantes et maladies. |
Constituer des stocks et mettre en place des accords d’approvisionnement multiples pour les produits et équipements essentiels. |
Compte tenu de la petite taille du marché intérieur, qui est fortement tributaire des échanges internationaux, la Nouvelle-Zélande doit renforcer sa capacité à faire face aux turbulences politiques mondiales pour maintenir le cap de la reprise face à ces risques. L’environnement commercial international des petites économies ouvertes comme la Nouvelle-Zélande s’est détérioré, à la suite de la mise en place de nouvelles restrictions aux échanges et de la remise en question de l’ordre international fondé sur des règles. Les exportations en pourcentage du PIB (25 % en 2025) ont reculé depuis le début des années 2000 et restent bien inférieures à celles d’autres petites économies ouvertes, et même à la moyenne de l’OCDE (28 % en 2024). La vulnérabilité de la Nouvelle-Zélande est toutefois très grande, sachant qu’environ un emploi sur quatre est lié à la production de biens ou de services exportés.
En avril 2025, les États-Unis ont imposé un droit de douane de base de 10 % sur les importations en provenance de Nouvelle-Zélande ; ce taux a ensuite été révisé à la hausse et porté à 15 % en juillet. En février 2026, ces droits ont été remplacés par un droit de douane temporaire appliqué au niveau mondial, d’environ 10 % pour la plupart des importations, susceptible d’être relevé à 15 %. Certaines exportations agricoles, comme la viande bovine et les kiwis, qui représentent environ un quart des marchandises exportées par la Nouvelle‑Zélande vers les États-Unis, restent exonérés de droits de douane.
Jusqu’à présent, toutefois, l’effet direct de l’augmentation des droits de douane a été atténué par la diversification des partenaires commerciaux et la composition des exportations néo-zélandaises, qui sont dominées par des produits agricoles pour lesquels l’offre est insuffisante aux États-Unis, comme la viande bovine, et par des produits manufacturiers très spécialisés (Graphique 1.3). L’intensification des échanges avec les États-Unis qui a précédé les vastes annonces de tarifs douaniers en avril a mis en évidence un phénomène d’anticipation de la part des entreprises importatrices. Depuis l’entrée en vigueur des droits de douane, les exportations des principaux produits néo-zélandais (produits laitiers, viande et produits ligneux transformés) vers les États-Unis et les autres grands partenaires commerciaux du pays se révèlent résilientes. Cela s’explique en grande partie par le fait que le secteur primaire néo-zélandais a bénéficié de la hausse des prix mondiaux des produits laitiers et de la viande bovine, de la faiblesse du dollar néo-zélandais, de conditions de culture favorables dans le pays, ainsi que d’une offre mondiale de viande bovine limitée (Graphique 1.4). Compte tenu du niveau élevé des prix à l’exportation, les termes de l’échange pour les marchandises atteignent des niveaux records. Le conflit au Moyen-Orient et les peurs qu’il fait naître concernant la baisse de la production mondiale de denrées alimentaires ont encore fait monter la tension et les prix sur les marchés pour les produits agricoles néo-zélandais. L’ouverture des frontières et l’expansion du tourisme, conjuguées à la faible croissance des importations, sont à l’origine d’une amélioration de la balance commerciale. Conséquence, le déficit des paiements courants a nettement diminué après avoir culminé à 9 % du PIB en décembre 2022, même s’il s’est légèrement creusé pour s’établir à environ 3.7 % du PIB pendant l’année qui a pris fin en décembre 2025. L’essor des prix mondiaux de l’énergie devrait mettre quelque peu sous tension la balance commerciale du fait de la hausse des coûts à l’importation, elle-même atténue par l’augmentation des prix des exportations de produits de base néo-zélandais.
1. En glissement annuel en juin 2025.
Source : Office statistique de Nouvelle-Zélande (Stats NZ, Statistics New Zealand).
La bonne tenue initiale des exportations néo-zélandaises dans le paysage commercial mondial plus incertain s’explique en grande partie par une conjonction de facteurs conjoncturels favorables. Pour maintenir ces résultats à l’exportation dans le contexte international agité à moyen terme et progresser vers l’objectif ambitieux du gouvernement consistant à doubler les exportations en valeur d’ici à 2034, il convient de poursuivre les mesures de politique commerciale déjà engagées et de procéder à un ensemble plus vaste de réformes structurelles pour encourager une nouvelle génération d’entreprises exportatrices à élargir leurs gammes de produits et en développer de nouvelles.
La stratégie fructueuse mise en œuvre de longue date qui consiste à conclure des accords de libre-échange (ALE) pour promouvoir la diversification des marchés a ralenti la baisse tendancielle du ratio exportations/PIB de la Nouvelle-Zélande. En mai 2024, l’accord de libre-échange (ALE) entre la Nouvelle-Zélande et l’UE est entré en vigueur, exonérant de droits de douane 91 % des exportations néo-zélandaises actuelles vers l’UE (un chiffre qui passera à 97 % d’ici à 2031). D’après les estimations des autorités néo-zélandaises, l’ALE conclu avec l’UE accroîtra la valeur des exportations néo-zélandaises de 1.8 milliard USD (0.4 % du PIB) par an et le PIB de 1.4 milliard USD par an d’ici à 2035. Au cours de la première année qui a suivi la conclusion de cet ALE, les exportations néo-zélandaises de produits laitiers et industriels vers les pays de l’UE ont augmenté de 64 % et 44 % respectivement.
1. Indice de taux de change réel pondéré par les échanges de la RBNZ.
2. Les données sur les termes de l’échange pour les biens sont publiées trimestriellement et ont été interpolées pour obtenir des valeurs mensuelles.
3. Exportations et importations de marchandises. Données pour l’année se terminant en juin.
Source : ANZ Bank ; Office statistique de Nouvelle-Zélande (Statistics New Zealand) ; et Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ, Reserve Bank of New Zealand).
La diversification accrue des marchés d’exportation grâce aux ALE offre également une assurance importante contre les fortes fluctuations des politiques commerciales à l’échelle internationale et les ralentissements économiques chez les partenaires commerciaux. En effet, plus de 70 % des exportations néo-zélandaises sont couvertes par des ALE, conclus notamment avec des partenaires commerciaux de premier plan comme l’Australie, la Chine et l’UE. Alors que la Chine, les États-Unis et l’Australie restent les principaux marchés d’exportation de la Nouvelle-Zélande, représentant environ la moitié des exportations, le gouvernement poursuit sa stratégie de diversification des marchés, en nouant de nouveaux partenariats commerciaux avec des économies de plus petite taille, comme la Suisse, Singapour et le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe six pays, à savoir les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman. La Nouvelle-Zélande a en outre récemment conclu un ALE avec l’Inde, lequel supprime ou réduit progressivement les droits de douane sur 95 % des exportations néo-zélandaises.
La vaste couverture des ALE, conjuguée à des niveaux élevés de productivité et de production agricoles, a étayé les bons résultats passés de la Nouvelle-Zélande en matière d’exportation. En effet, le secteur primaire a vu la croissance de sa productivité dépasser celle des autres secteurs (la productivité du secteur agricole a augmenté de plus de 40 % entre 2000 et 2024) et restera un moteur essentiel des exportations à moyen terme. Le gouvernement devrait poursuivre sa stratégie en matière d’ALE et de diversification des marchés, mais cela ne sera pas suffisant. La Nouvelle-Zélande devra diversifier son portefeuille de produits d’exportation, en particulier ses services, si elle veut pouvoir atteindre ses objectifs d’exportation et préserver sa résilience dans un environnement mondial instable.
Les possibilités d’ALE s’amenuisent, sachant que moins de 30 % des échanges internationaux de la Nouvelle-Zélande ne sont pas couverts par des ALE et que deux des trois plus grands marchés mondiaux (la Chine et l’UE) font déjà l’objet de tels accords. L’augmentation de la production agricole se heurte par ailleurs à des contraintes relatives à l’utilisation des sols et à des risques liés à des conditions météorologiques de plus en plus instables. En outre, bien qu’une proportion relativement élevée des exportations de produits de base puisse également renforcer la résilience (de nombreux produits primaires exportés présentent une faible élasticité-prix, ce qui veut dire que l’exposition à la volatilité des cycles économiques externes diminue), le Trésor néo-zélandais estime qu’au vu de la structure actuelle des échanges, la concentration des produits exportés présente un risque économique plus élevé que la concentration des marchés d’exportation (Treasury, 2025).
Les exportations de services pourraient être considérablement développées. Elles représentent moins d’un tiers des exportations totales, soit moins que dans d’autres petits pays ouverts de l’OCDE, même si l’on tient compte du secteur touristique relativement important de la Nouvelle-Zélande. Le tourisme n’est qu’indirectement touché par les droits de douane, via leur effet négatif sur les revenus réels des consommateurs dans les économies des marchés sources, et le tourisme à destination de la Nouvelle-Zélande a largement retrouvé ses niveaux antérieurs à la pandémie. Les arrivées en provenance de Chine constituent l’exception notable, sur fond de lente reprise du tourisme depuis la Chine vers des destinations situées en dehors de l’Asie du Sud-Est après la pandémie de COVID-19. De ce fait, la Chine n’est plus la deuxième mais la troisième plus grande source d’arrivées de touristes étrangers, derrière l’Australie et les États-Unis. Le gouvernement a assoupli la procédure d’obtention de visas et a récemment levé l’obligation de visa pour les voyageurs chinois transitant par l’Australie afin d’attirer des touristes en provenance de Chine.
Alors que les exportations de biens sont orientées de façon prépondérante vers les pays asiatiques, les partenaires commerciaux traditionnels comme l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni représentent une part plus importante des exportations de services, ce qui laisse penser qu’il existe une marge de diversification et d’expansion. La persistance de l’importance relative des économies occidentales dans les exportations de services tient probablement à des obstacles culturels, mais aussi à d’autres obstacles non tarifaires. À cet égard, l’initiative du ministère des Affaires étrangères et du Commerce de négocier un accord multilatéral avec d’autres pays s’étant engagés à limiter les obstacles non tarifaires est bienvenue. Des mesures horizontales, comme l’amélioration de l’accès des PME aux marchés financiers, sont essentielles pour favoriser la diversification des produits d’exportation. L’expérience internationale montre que les nouveaux secteurs d’activité (comme les technologies bas carbone, par exemple) peuvent être freinés par des régimes réglementaires obsolètes ou insuffisants (OECD, 2015a). Il faudrait également s’attacher en priorité à moderniser la réglementation en fonction de l’avantage comparatif de la Nouvelle-Zélande et de ses secteurs émergents. Selon les données de 2021 tirées de la base de données longitudinale sur les entreprises (Longitudinal Business Database), environ 12 000 entreprises néo-zélandaises ont exporté au moins une fois, mais environ un tiers seulement maintiennent une activité exportatrice durable. Pour améliorer encore le cadre d’action, il est essentiel de déterminer les causes sous-jacentes qui poussent certaines entreprises à renoncer à exporter et de recenser celles qui poursuivent leurs activités d’export.
Pour entretenir la reprise tout en évitant la surchauffe et l’inflation, il faudra également remédier à d’autres obstacles structurels. Malgré une réglementation du marché du travail largement conforme aux bonnes pratiques, qui soutient une forte utilisation de la main-d’œuvre et la croissance à long terme (Gault, 2023), et malgré les réformes en cours du marché du travail (Tableau 1.3), les pénuries de compétences devraient réapparaître à mesure que la reprise s’accélère. La délégation limitée des tâches (OECD, 2024a) et les disparités persistantes entre les hommes et les femmes restreignent l’offre de main-d’œuvre et doivent être corrigées.
La Nouvelle-Zélande est l’un des pays de l’OCDE les plus mieux classés en matière d’égalité des genres, affichant un taux d’activité des femmes de 66.9 % (deuxième derrière l’Islande) et un écart de rémunération entre les genres de 4.2 %, soit un taux bien inférieur à la moyenne de l’OCDE, qui est de 11.6 % (OECD, 2025a). Ces progrès s’expliquent par des mesures comme le plan d’équité salariale de la fonction publique (Kia Toipoto) et les modalités de travail flexibles (Ministry for Women, 2024). En dépit des progrès, des écarts persistent, ce qui nuit à l’offre de main-d’œuvre. Les femmes n’occupent que 31 % des postes de direction au sein des entreprises cotées à la bourse néo-zélandaise, contre une moyenne d’environ 40 % dans les pays nordiques et de 44 % en France, où des quotas sont fixés par la loi (Dennis, 2022). La ségrégation professionnelle persiste : les femmes sont majoritaires dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux, mais restent sous-représentées dans les secteurs à rémunération élevée comme la finance, la technologie et les STIM (OCDE, 2025a). La pénalité de rémunération liée à la maternité est importante, en raison du coût élevé des services de garde des enfants et du faible recours au congé parental partagé (OECD, 2024a). Les femmes assument en outre majoritairement les soins non rémunérés aux personnes âgées, qui constituent un défi croissant compte tenu du vieillissement de la population (OECD, 2024b). Les écarts intersectionnels sont marqués : les femmes maories et des îles du Pacifique gagnent respectivement 12 % et 15.8 % de moins que les hommes (Ministry for Women, 2024). Les mesures visant à réaliser des économies budgétaires estimées à 2.7 milliards NZD par an dans la loi de finances 2025 empêcheront de combler ces écarts au moyen d’un relèvement du seuil permettant de démontrer une sous-rémunération discriminatoire fondée sur le genre.
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Recommandations antérieures |
Mesures prises depuis les précédentes Études |
|---|---|
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Revoir à la hausse le salaire minimum requis pour l’obtention d’un visa de travail auprès d’un employeur accrédité (AEWV, Accredited Employer Work Visa). |
Non mise en œuvre : le critère du salaire médian pour l’obtention d’un visa AEWV a été remplacé par le taux du marché à compter de mars 2025. |
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Évaluer l’efficacité des changements visant à renforcer le processus d’accréditation des employeurs et de validation des offres d’emploi pouvant faire l’objet d’un visa AEWV, et durcir les règles si les plaintes relatives à des abus de la part des employeurs ne diminuent pas sensiblement. |
Partiellement mise en œuvre : certaines règles ont été durcies et leur application a été renforcée, mais les visas liés à l’employeur restent un problème systémique. |
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Renforcer l’offre de compétences locales en élargissant l’accès à la formation professionnelle et en cours d’emploi, ainsi qu’à la formation tout au long de la vie. |
Le contrôle de l’enseignement professionnel a été redonné aux régions grâce au rétablissement d’écoles polytechniques autonomes et au remplacement des conseils pour le développement de la main-d’œuvre (Workforce Development Councils) par des conseils sectoriels des compétences (Industry Skills Boards). |
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Réformer la réglementation afin de permettre un recours accru à la délégation de tâches et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour renforcer les capacités de la main-d’œuvre. |
Adoption de la loi sur les normes réglementaires (Regulatory Standards Act) pour rationaliser la réglementation et favoriser la délégation des tâches et l’innovation. Lancement d’une stratégie en matière d’IA assortie d’orientations et de mesures facultatives à l’intention des entreprises visant à réduire les obstacles à l’adoption de l’IA (incertitude réglementaire, préoccupations éthiques, etc.). |
Des services abordables de garde d’enfants et de prise en charge des personnes âgées sont essentiels à la pérennité des carrières (OECD, 2024b). La pénalité de rémunération liée à la maternité, c’est-à-dire la perte de rémunération due au temps passé sans emploi à s’occuper de jeunes enfants, contribue de manière importante à l’écart de rémunération entre les genres (Sin et al., 2018). Le dispositif « Family Boost », mis en place par le gouvernement en 2024, prévoit une allocation sous condition de ressources destinée à couvrir les coûts des services d’éducation et d’accueil des jeunes enfants. Cette mesure bienvenue devrait contribuer indirectement à réduire l’écart de rémunération entre les genres en rendant les services de garde d’enfants abordables et en permettant ainsi à un plus grand nombre de femmes de reprendre le travail plus tôt, mais elle ne constitue pas une solution complète (Johnston et al., 2024). Dans les pays nordiques, ces pressions sont atténuées par la possibilité d’aménagement souple des congés et un congé parental non transférable réservé aux pères. La Nouvelle-Zélande devrait intégrer la prise en charge des personnes âgées dans les stratégies en matière d’égalité des genres et de retraite (régime KiwiSaver, par exemple), parallèlement à la mise en place de modalités de travail flexible et de programmes de réinsertion professionnelle. Une plus grande souplesse au niveau des postes de direction est en outre essentielle pour briser le plafond de verre. En l’absence de rapports standardisés, des inégalités salariales cachées perdureront. Pour accélérer les progrès, le gouvernement devrait rendre obligatoire la diffusion d’informations sur les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, comme cela a été fait en France, au Royaume-Uni et dans les pays nordiques. Une telle mesure peut être combinée à des audits sur l’égalité salariale et à des systèmes d’évaluation des emplois neutres du point de vue du genre (OECD, 2021). S’agissant des postes de direction, les données des pays nordiques montrent que les quotas permettent d’accroître rapidement la représentation féminine sans nuire aux résultats des entreprises (Dennis, 2022). Pour réduire la ségrégation professionnelle, les pays nordiques ont recours à des bourses d’études, à des programmes de mentorat pilotés par le secteur privé et à des politiques visant à favoriser une plus grande mixité femmes‑hommes dans le choix des filières universitaires, assorties de mécanismes de responsabilité en matière de recrutement (OECD, 2021). La Nouvelle-Zélande pourrait adopter des mesures analogues, ainsi que des dispositifs de parrainage par des entreprises, de formation aux biais et de campagnes publiques visant à promouvoir des modèles féminins dans les secteurs à rémunération élevée.
La faiblesse persistante de la croissance de la productivité demeure également l’une des principales contraintes pesant sur les perspectives à moyen terme de la Nouvelle-Zélande. Bien que des réformes récentes aient été mises en œuvre, de nouveaux progrès doivent être réalisés pour accroître la capacité de production de l’économie. Parmi les facteurs structurels qui continuent de limiter les gains de productivité et l’investissement dans des secteurs essentiels, on peut notamment mentionner la petite taille du marché intérieur, la faible profondeur des marchés financiers, l’éloignement géographique, la dégradation des résultats scolaires, le niveau élevé des coûts de l’énergie et l’obsolescence des cadres réglementaires et de planification. La concurrence est freinée par la forte concentration des marchés (en particulier dans les secteurs de la banque, des matériaux de construction, de l’énergie et du commerce alimentaire), sur lesquels les entreprises en place ont recours à des accords d’approvisionnement exclusif, à des pratiques d’intégration verticale et à des prix d’éviction pour restreindre l’accès aux intrants essentiels et dissuader l’entrée de nouveaux concurrents. Ces problèmes qui existent de longue date sont aggravés par des réglementations obsolètes dans des domaines en évolution rapide tels que les marchés numériques. La réglementation des marchés de produits de la Nouvelle-Zélande est plus rigoureuse que la moyenne de l’OCDE dans des domaines clés ; les procédures d’obtention d’autorisations et de permis sont inefficaces et la réglementation des marchés numériques est obsolète. La lente adaptation de la réglementation à l’innovation numérique freine l’investissement et entrave à la fois l’entrée sur le marché et la concurrence, en particulier dans les secteurs comme la banque, qui sont dominés par de grandes plateformes et les entreprises en place (OECD, 2026). Ces contraintes ont contribué à la sous-performance persistante de la Nouvelle-Zélande par rapport aux économies comparables de l’OCDE (Graphique 1.5). En l’absence de réformes plus vastes et plus poussées visant à lever ces obstacles structurels, la reprise restera probablement modeste et/ou entraînera une hausse de l’inflation et, partant, des taux d’intérêt.
Productivité du travail
Note : La productivité du travail est mesurée par le PIB corrigé des parités de pouvoir d’achat (PPA) rapporté à l’emploi total.
Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE.
En sus de la modernisation récente de sa réglementation, la Nouvelle-Zélande devrait s’attacher à mettre en place des outils de dissuasion plus puissants et à adopter une approche anticipative en matière d’organisation du marché, notamment en renforçant les pouvoirs de la Commission du commerce, en élargissant la reconnaissance mutuelle des normes étrangères et en créant des marchés des intrants essentiels et une autorité d’élaboration de codes afin de se conformer aux bonnes pratiques préconisées par l’OCDE. Garantir des approvisionnements en électricité et en gaz abordables, sûrs et durables peut avoir des retombées positives importantes sur la productivité, même à court terme, mais le gouvernement devra poursuivre son programme de réformes pour en tirer pleinement parti (chapitre 2). La transformation numérique et l’IA offrent une occasion importante d’accroître la productivité dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre comme la santé, où le progrès technologique a toujours amélioré les résultats, mais à un coût plus élevé (chapitre 3). Des réformes s’imposent pour approfondir les marchés financiers, notamment en favorisant un renforcement du marché boursier, afin qu’ils puissent financer une nouvelle génération d’entreprises technologiques innovantes en forte croissance (chapitre 4). Ces réformes sont également essentielles pour diversifier les produits d’exportation néo-zélandais ; de fait, leur efficacité se mesurerait à une croissance robuste de nouvelles filières d’exportation comme les technologies médicales et les biens et services à forte intensité énergétique (pyrolyse du méthane pour la production de carbone solide utilisé dans les batteries, par exemple).
Pour que ces réformes portent leurs fruits, il est indispensable que la Nouvelle-Zélande conserve les atouts institutionnels qui la placent parmi les pays les mieux classés de l’OCDE. Dans l’ensemble, la Nouvelle-Zélande connaît un faible niveau de corruption selon les indices mondiaux, et ses citoyens ont une confiance relativement élevée dans les institutions publiques et dans leurs pairs (Graphique 1.6). La lutte contre le blanchiment de capitaux est efficace et les politiques menées pour contrer la corruption sont généralement considérées comme exemplaires parmi les pays de l’OCDE. Le Bureau des fraudes graves (Serious Fraud Office) a récemment piloté un groupe de travail sur la lutte contre la corruption, dont l’objectif était de recenser les risques de corruption dans l’ensemble de la fonction publique et les priorités en matière d’amélioration des politiques.
Note : La partie A présente des estimations ponctuelles et leur marge d’erreur. La partie B montre la part des entreprises ayant fait l’objet d’au moins une demande de versement de pot-de-vin. La partie C correspond aux notations attribuées au pays considéré dans le cadre du processus d’évaluation mutuelle du Groupe d’action financière (GAFI), qui est mené pour chacun de ses membres afin d’évaluer la mesure dans laquelle ils appliquent les Recommandations du GAFI. Ces notations indiquent le niveau d’efficacité des mesures prises par le pays considéré au regard de 11 résultats immédiats. « Enquêtes et poursuites¹ » renvoie au blanchiment de capitaux. « Enquêtes et poursuites² » se rapporte au financement du terrorisme. La partie D met en évidence les sous-composantes par secteur de l’indicateur de « Maîtrise de la corruption » du projet V-Dem (Varieties of Democracy).
Source : Banque mondiale ; OCDE, Groupe d’action financière (GAFI) ; et projet Varieties of Democracy, base de données V-Dem v15.
Toutefois, la réglementation lacunaire des activités de lobbying constitue une faiblesse importante. Ces activités sont relativement moins réglementées en Nouvelle-Zélande ; les anciens ministres peuvent rapidement exercer des fonctions de lobbying, et la transparence quant aux acteurs du lobbying et à leurs motivations est faible. Les pressions exercées (dans le cadre de la législation relative au tabac, par exemple) ont parfois été très fortes. Jusqu’à une date récente, les lobbyistes bénéficiaient d’un accès par carte magnétique aux bâtiments du parlement, ce qui leur permettait de contourner les contrôles de sécurité publics habituels. Diverses initiatives visant à freiner les activités de lobbying ont été lancées au cours de la dernière décennie mais n’ont pas encore abouti à une réglementation contraignante. L’instauration de périodes de carence pour les hauts responsables politiques et administratifs et la création d’un registre des lobbyistes pourraient renforcer la transparence et la confiance du public.
Sur fond d’atonie de l’économie et de recul de l’inflation, la politique monétaire a été orientée vers un assouplissement à partir de la mi-2024. La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ, Reserve Bank of New Zealand) a réduit le taux officiel de l’argent au jour le jour (Official Cash Rate, OCR) de 325 points de base au total entre août 2024 et novembre 2025, le ramenant à 2.2 % (Graphique 1.7, partie A), compte tenu du recul de l’inflation, de l’ancrage solide des anticipations d’inflation et de l’augmentation du volant des capacités inutilisées dans l’économie. La politique monétaire désormais accommodante apporte un soutien à la croissance, l’OCR se situant en deçà du taux neutre estimatif de la RBNZ, qui est de l’ordre de 3 à 3.5 %, même si la répercussion sur les taux débiteurs reste progressive. Les perspectives sont néanmoins devenues plus incertaines depuis le choc récent sur les prix de l’énergie lié au conflit au Moyen-Orient. En avril 2026, la RBNZ a maintenu son taux directeur inchangé, à 2.25 %, tablant sur le fait que le renchérissement des prix de l’énergie ferait monter l’inflation à court terme, mais freinerait aussi la reprise. Il conviendrait que le cap de la politique monétaire soit maintenu indépendamment du choc lié aux prix de l’énergie tant que les anticipations d’inflation à moyen terme resteront bien ancrées.
1. L’inflation des produits exportables couvre les biens et services importés ou en concurrence avec des biens étrangers. L’inflation des biens et services non exportables comprend les biens et services qui ne sont pas confrontés à la concurrence internationale, comme les frais gouvernementaux.
2. Salaire et salaire horaire ordinaire, secteur privé. Les salaires réels ont été corrigés de l’IPC.
Source : Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (Reserve Bank of New Zealand, RBNZ) et Office statistique de Nouvelle-Zélande (Statistics New Zealand, Stats NZ).
Les anticipations d’inflation des ménages et des entreprises s’étaient calmées avant la guerre au Moyen-Orient, mais elles repartiront inévitablement à la hausse pour ce qui est de l’inflation à court terme du fait de l’augmentation des prix de l’énergie. Si l’atonie de la demande intérieure et l’existence de capacités inutilisées limiteront vraisemblablement l’accentuation des effets indirects, l’ampleur et la persistance des tensions inflationnistes restent incertaines et la RBNZ devra suivre de près les nouvelles données recueillies. Les évolutions sur le marché du travail sont déterminantes. Les tensions salariales se sont atténuées, en raison de la faiblesse de la demande de main-d’œuvre (Graphique 1.7, partie B) et devraient rester modérées, en particulier parce que l’ajustement de l’offre de main-d’œuvre peut être rapide grâce aux migrations si la situation se tend effectivement. Néanmoins, la destruction d’installations de production de pétrole et de gaz au Moyen-Orient et le risque de perturbations importantes dans les chaînes d’approvisionnement en énergie et en produits alimentaires laissent augurer une période prolongée de hausse des prix des biens échangeables.
Les chocs liés aux prix de l’énergie sont sources de difficultés pour toute banque centrale car ils mettent en jeu des forces contraires s’exerçant sur l’inflation. En Nouvelle-Zélande, ces tensions se conjuguent à des facteurs structurels, comme la faiblesse des pressions concurrentielles, la hausse des prix administratifs et les tensions sur les coûts de l’assurance climatique, qui exercent des tensions persistantes sur l’inflation, alors que ces facteurs sont largement hors du périmètre d’action de la politique monétaire. Tous ces facteurs soulignent l’importance de la crédibilité et de l’indépendance de la RBNZ, qui sont primordiales pour ancrer les anticipations d’inflation au coût économique le plus faible.
La stabilité du cadre de politique monétaire fait partie intégrante de cette crédibilité et de cette indépendance. Des décisions ont été prises récemment dans un contexte d’ajustements fréquents du mandat et de la compétence de la banque centrale par suite des efforts qu’elle a déployés pour renforcer la clarté, la responsabilité et la résilience. Depuis 2019, ces changements se sont concrétisés par : l’adoption d’un double mandat ajoutant « le soutien maximum à l’emploi durable » à la stabilité des prix ; le transfert de la prise de décision vers un comité de politique monétaire (CPM) ; l’ajout (en 2021) puis la suppression (en 2023) de considérations liées au logement dans le périmètre de sa compétence ; et, en 2023, le retour à la stabilité des prix comme objectif principal unique, les considérations relatives à l’emploi repassant au second plan. La charte du CPM a également été renforcée afin d’exiger des explications plus claires lorsque l’inflation sort de la fourchette cible de 1 à 3 %.
Le rétablissement d’un mandat unique ciblé sur l’inflation permet de recentrer la politique monétaire sur la maîtrise de l’inflation après des chocs liés à une pandémie ou des chocs d’offre d’ampleur mondiale. L’expérience internationale montre que la conception du mandat se traduit principalement par ses effets sur les anticipations d’inflation, plutôt que par son libellé (Bem et al., 2018 ; BRI, 2022). Le retour à un mandat unique contribue à ancrer les anticipations en dissipant le sentiment que la RBNZ pourrait s’abstenir de prendre les mesures nécessaires par souci de l’emploi. Il réduit également les éventuels conflits entre les politiques publiques en cas de chocs d’offre négatifs. En tout état de cause, des modifications du cadre peuvent, si elles sont trop fréquentes, se traduire par un affaiblissement de la prévisibilité (OECD, 2024a). Elles peuvent aussi accroître le risque d’erreurs de politique monétaire, puisque la RBNZ doit alors faire face à de nouvelles contraintes alors qu’elle doit simultanément prendre des décisions opérationnelles difficiles, comme c’est le cas pendant la crise des prix de l’énergie de 2026. La stabilité est fondamentale car c’est la RBNZ qui apprécie si les anticipations restent ancrées et qui, si elles le restent, peut alors ne pas réagir au choc sur les prix de l’énergie. Au vu du nombre et du rythme des modifications opérées ces dernières années, maintenir la stabilité de son mandat et de sa compétence sur l’ensemble du cycle quinquennal (c’est-à-dire jusqu’à l’examen quinquennal de 2028) favoriserait la prévisibilité, la crédibilité du régime de politique monétaire et la confiance dans celui-ci.
Une séparation claire entre le commentaire politique et la décision de politique monétaire est aussi capitale pour l’indépendance et la crédibilité ainsi que pour une transmission efficace. Des données internationales suggèrent également que même le simple sentiment que des pressions politiques sont exercées peut affaiblir la crédibilité tout en accentuant les incertitudes relatives à l’inflation (Rogoff, 1985 ; Cukierman et al., 1992 ; Alesina et Summers, 1993 ; Lim, 2021 ; Yıldırım et al., 2024 ; IMF, 2025). Le cadre institutionnel de la Nouvelle-Zélande reste solide au regard des normes internationales, avec une banque centrale responsable, crédible, indépendante sur le plan opérationnel, et transparente. Les comparutions régulières des hauts responsables de la RBNZ devant la Commission parlementaire des finances et des dépenses constituent un mécanisme efficace garantissant la redevabilité de la RBNZ devant les institutions démocratiques entre cinq examens annuels. La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a continué à juste titre de mettre en avant son mandat, inscrit dans la loi, et ses décisions fondées sur des données. Elle a également souligné à bon escient que la protection de son indépendance opérationnelle peut coexister avec un dialogue constructif avec les pouvoirs publics et les parties prenantes concernées, à condition que les rôles respectifs restent clairement définis et que les décisions prises restent fondées sur le mandat que lui confère la loi (RBNZ, 2025a).
La solidité de la redevabilité devrait être le volet complémentaire de l’indépendance. Elle fonctionne déjà avec une transparence considérable et, si certaines banques centrales publient leurs propres avis sur l’action publique, il ressort de l’expérience internationale qu’une telle ligne de conduite peut, dans certaines situations, accentuer les pressions politiques, même si elle peut, aussi, renforcer les signaux en direction des marchés. En février 2026, le gouvernement a lancé un examen du programme d’achats d’actifs à grande échelle (Large Scale Asset Purchase, LSAP) et de la réponse plus générale de la politique monétaire à la pandémie de COVID-19. Si la réalisation d’examens de ce type est une caractéristique distinctive normale et importante des cadres de redevabilité utilisés au niveau international et si cet examen est conduit par des experts internationaux indépendants, ils peuvent amener à réouvrir le débat sur le cadre de la politique monétaire de façon plus large, en particulier si le processus est perçu comme entaché de considérations politiciennes. Il importera de faire clairement savoir que l’examen est une évaluation technique de la politique monétaire, d’autant plus que la publication de septembre 2026 aura lieu à l’approche des élections législatives.
Les banques centrales doivent en outre être dotées de bons outils pour remplir efficacement leur mandat. Des données fiables et à jour demeurent ainsi essentielles à l’efficacité de la politique monétaire. Plusieurs indicateurs à haute fréquence, en particulier relatifs aux salaires, à l’offre de main-d’œuvre, aux coûts du logement et à la fixation des prix par les entreprises, continuent de faire l’objet de retards ou d’une couverture limitée, ce qui complique le diagnostic porté sur la persistance de l’inflation, ainsi que le calibrage de la politique monétaire. Les données trimestrielles sur le PIB présentent une volatilité économiquement peu plausible, même pour une petite économie, et les révisions à effectuer sont importantes. Les investissements opportuns engagés par le gouvernement pour un montant de pas moins de 100 millions NZD, qui sont destinés à améliorer la disponibilité et la qualité des données administratives et d’enquête, renforceront les outils d’analyse, l’exactitude des prévisions et la communication sur les politiques de la RBNZ. L’enveloppe budgétaire totale de 100 millions NZD devrait être dépensée, car elle permettra d’éviter des erreurs d’action publique qui peuvent coûter des milliards de dollars en pertes de production et des milliers d’emplois (Encadré 1.1).
La Nouvelle-Zélande est le seul pays de l’OCDE à ne pas disposer d’un IPC mensuel, et les chiffres du PIB sont publiés avec l’un des plus longs délais de l’OCDE. Les premières estimations du PIB font également l’objet de révisions importantes et biaisées à la hausse (Knowles et Patel, 2025). La volatilité trimestrielle du PIB est si forte qu’elle ne rend souvent pas compte des conditions économiques sous-jacentes, ce qui conduit les institutions chargées de définir les politiques à s’appuyer davantage sur les indicateurs du marché du travail pour évaluer l’écart de production. Il est donc essentiel de moderniser les statistiques pour produire des IPC mensuels et des estimations plus rapides et plus fiables du PIB (Yung, 2021). Les indicateurs en temps réel aident les banques centrales et les ministères des Finances à ajuster les taux d’intérêt, à gérer les anticipations d’inflation et à calibrer la politique budgétaire, ce qui réduit les risques d’erreurs de politique lors des chocs (Croushore, 2011 ; Orphanides et van Norden, 2002). Depuis mai 2024, le gouvernement s’est engagé à consacrer 100 millions NZD à la mise à niveau des statistiques macroéconomiques, dont 62 millions NZD à huit indicateurs clés et 16.5 millions NZD à la publication de l’IPC mensuel d’ici à 2027, au moyen d’une nouvelle plateforme sur l’environnement des indices de prix et d’un élargissement des sources de données, telles que les données numérisées, l’extraction de données à partir de pages web et les données communiquées par les entreprises.
Au-delà de l’IPC, Stats NZ modernise les comptes nationaux à l’aide de normes internationales actualisées, d’analyses comparatives du PIB plus fréquentes et d’une meilleure communication d’informations sur la balance des paiements. Il met également à niveau l’infrastructure de données intégrée (IDI) afin d’accroître les capacités et d’améliorer l’intégration des données pour enrichir l’analyse des microdonnées. L’extension des indicateurs à haute fréquence, tels que les données mensuelles sur le marché du travail et l’activité des entreprises, notamment l’adoption de l’IA, permettrait à la Nouvelle-Zélande de se conformer aux pratiques courantes de l’OCDE. Une meilleure intégration des données administratives et du secteur privé, dans le respect de cadres rigoureux de protection de la vie privée, peut apporter des éclairages supplémentaires sur l’action publique (OECD, 2022). L’investissement dans l’analytique avancée et dans l’IA peut accélérer cette transition, à condition de préserver la transparence et l’assurance qualité (OECD, 2024c). La poursuite de l’alignement sur les normes mondiales et la participation aux initiatives internationales en matière de données contribueront à assurer que le système statistique de la Nouvelle-Zélande reste adapté à sa mission dans un environnement de plus en plus interconnecté.
Source : Office statistique de Nouvelle-Zélande (Statistics New Zealand, Stats NZ) (2024-2025), Programme de modernisation de l’IPC et annonces de mise à niveau des statistiques économiques.
D’après l’édition 2025 du Rapport sur la stabilité financière de la RBNZ, les risques pesant sur la stabilité financière demeurent élevés, en raison de l’incertitude internationale et de la faiblesse de certains pans de l’économie nationale, même si le système financier reste globalement résilient (RBNZ, 2025b). Bien que les conditions financières se soient stabilisées par rapport au début de la période de resserrement monétaire, la croissance du crédit reste modérée dans un contexte d’atonie de la demande et de durcissement des critères d’octroi des prêts. Les marchés de financement de gros se sont également stabilisés, mais restent sensibles à la volatilité des marchés financiers mondiaux. La résilience est favorisée par des exigences réglementaires de fonds propres et de liquidité strictes (Graphique 1.8).
La mise en œuvre de la Loi de 2023 sur les institutions collectives de dépôts est entrée dans une nouvelle phase, le système d’indemnisation des déposants étant opérationnel depuis juillet 2025. Il s’agit d’une étape importante dans la transition vers le régime prudentiel unifié instauré par ce texte de loi. Ce dispositif assure les dépôts à concurrence de 100 000 NZD par déposant et par institution. Il est financé par des prélèvements sectoriels, et devrait renforcer la confiance dans les dépôts des particuliers et favoriser l’instauration de règles du jeu plus équitables entre les institutions de dépôts. Les travaux progressent sur l’intégration pluriannuelle des banques et des institutions de collecte de dépôts non bancaires dans le nouveau cadre d’agrément, de surveillance et de résolution, notamment le renforcement des obligations des administrateurs, l’élargissement des pouvoirs d’inspection de la RBNZ et la modernisation des outils de gestion de crise. Une attention et des ressources constantes contribueront à assurer la fluidité de la mise en œuvre au service des objectifs de résilience du nouveau cadre.
L’environnement macroéconomique est de plus en plus propice à la stabilité du secteur financier. L’amélioration récente des conditions de financement de gros et la stabilisation de la qualité des actifs confortent ces perspectives. Les banques restent bien capitalisées et liquides, et leur rentabilité est restée globalement positive. Une rentabilité élevée favorise également la résilience, mais elle a un coût élevé. En effet, comme on le verra plus loin, celle-ci s’explique en partie par la faiblesse de la concurrence et par des marges élevées par rapport aux normes internationales. Les ratios de fonds propres dépassent largement les minima réglementaires et sont restés stables ces dernières années, soutenus par la vigueur persistante des résultats malgré une légère modération des rendements des fonds propres (Graphique 1.8, partie A). Les prêts restent concentrés dans le secteur du logement, qui représente environ 60 % de l’encours total, mais les ratios de prêts non performants restent globalement faibles, malgré une légère augmentation des arriérés dans les secteurs du logement et des entreprises non agricoles (Graphique 1.8, parties B et C). Cette concentration peut également s’expliquer par des caractéristiques structurelles du système financier, notamment la profondeur relativement limitée des marchés de capitaux (voir le chapitre 4). Les conditions de liquidité restent stables, avec des ratios de financement de base élevés, à environ 90 %, bien supérieurs au minimum réglementaire de 75 % (Graphique 1.8, partie D). L’exposition au financement de gros reste gérable, mais elle est sensible à la volatilité des taux d’intérêt à l’échelle mondiale et à l’évolution de la perception du risque.
1. Rendement des fonds propres Données du quatrième trimestre jusqu’en 2024. Les données se rapportent au deuxième trimestre de 2025 pour l’Australie et l’UE et au troisième trimestre pour la Nouvelle-Zélande.
2. Ratio des fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) aux actifs pondérés en fonction des risques. ANZ, ASB, BNZ et Westpac pour la Nouvelle-Zélande. Jusqu’en septembre 2025 pour la Nouvelle-Zélande et jusqu’en juin 2025 pour la zone euro et l’Australie.
3. Ratio des dépôts et titres de créance au total des passifs.
4. Ensemble des financements dont l’échéance résiduelle est supérieure à un an par rapport au total des prêts et avances. Pour plus de détails, voir https://www.rbnz.govt.nz/statistics/series/registered-banks/banks-core-funding-ratio.
Source : Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ, Reserve Bank of New Zealand), Banque centrale européenne (BCE) et Autorité australienne de réglementation prudentielle (Australian Prudential Regulation Authority).
Selon les récents résultats des tests de résistance de la RBNZ, publiés en novembre 2025, le système bancaire resterait résilient en cas de grave récession (RBNZ, 2025c). Dans le scénario défavorable, qui repose sur l’hypothèse d’une baisse de 6.5 % de la production intérieure, d’une montée du chômage à 10.5 % et d’une baisse de 35 % des prix des logements, le ratio global des fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) des grandes banques reculerait, passant d’environ 13.2 % à un point bas de quelque 9.6 %, tout en restant supérieur aux exigences réglementaires minimales. Un scénario complémentaire intégrant une fermeture temporaire des marchés de financement de gros et une sortie de capitaux de 18 % montre que les volants de liquidités sont suffisants pour absorber le choc, même si le redressement des structures de financement est plus lent que dans des conditions de tensions macroéconomiques normales. Si la rentabilité devrait diminuer sensiblement dans les deux scénarios, les résultats confirment la capacité du secteur à résister à des chocs de grande ampleur, tout en soulignant l’importance de conserver des volants de fonds propres solides, des sources de financement diversifiées et des plans de financement d’urgence crédibles.
En raison des exigences de fonds propres prudentes utilisées pour assurer la stabilité financière, on a pu s’inquiéter qu’elles contribuent à affaiblir la concurrence dans le secteur bancaire (Encadré 1.2). L’enquête de la commission parlementaire des finances et des dépenses (FEC) sur la concurrence dans le secteur bancaire, publiée en août 2025, a mis en évidence des problèmes structurels persistants sur le marché néo-zélandais de la banque de détail, notamment une forte concentration du marché, des changements de fournisseurs limités et des obstacles à l’entrée pour les petites banques et les entreprises de la FinTech (FEC, 2025). Les responsables de l’enquête ont recommandé de renforcer les pressions concurrentielles en réduisant les doublons réglementaires, en améliorant l’accès aux infrastructures de paiement de base, en accélérant le déploiement de la banque connectée et en réévaluant les éléments du cadre prudentiel susceptibles d’affecter les petits prêteurs beaucoup plus que les autres. Le gouvernement et la RBNZ ont fait savoir qu’ils étaient favorables aux recommandations formulées dans l’enquête, ce qui est une bonne chose pour dissiper les préoccupations de longue date relatives à la concurrence. Ils se sont engagés à faire avancer les réformes, notamment en améliorant l’accès aux systèmes de paiement et en faisant avancer progressivement le déploiement de la banque connectée (Treasury, 2025 ; RBNZ, 2025d). À la suite de l’enquête menée par la FEC, la RBNZ a procédé à un réexamen de son cadre d’exigences de fonds propres et a annoncé, en décembre 2025, une révision des paramètres, notamment des ajustements des pondérations de risque, des volants de fonds propres et l’adoption d’exigences supplémentaires concernant la capacité d’absorption des pertes, en raison d’un recalibrage de ses paramètres de risque prudentiel faisant par suite des commentaires recueillis lors de la consultation (RBNZ, 2025e).
La réglementation relative aux fonds propres des banques néo-zélandaises est l’une des plus prudentes au monde depuis l’examen des fonds propres de la RBNZ réalisé en 2019, qui a porté le ratio de fonds propres totaux des grandes banques à 18 % des actifs pondérés en fonction des risques d’ici à 2028, leur CET1 étant relevé à 13.5 % et celui des petits établissements bancaires à 16 % (RBNZ, 2019). Ces pourcentages sont nettement supérieurs à l’exigence effective de CET1 de 10.25 % en vigueur en Australie. Cette mesure visait à s’assurer que les banques seraient capables de résister au pire choc biséculaire qui pourrait survenir. Toutefois, des préoccupations se sont exprimées quant à ses répercussions sur l’offre de crédit, en particulier s’agissant des prêts aux entreprises. Selon certaines données internationales, le relèvement des exigences de fonds propres réduit l’offre de crédit et amplifie les écarts de rendement, ce qui pourrait accroître le pouvoir de marché des grandes banques (Corbae and d’Érasmo, 2021). Une hausse d’un point de pourcentage entraîne généralement une augmentation des taux débiteurs d’environ 9 points de base et une baisse des prêts d’environ 10 % (Glancey & Kurzman, 2018 ; Fraisse et al., 2017). Les estimations de la RBNZ ont été similaires, prévoyant une hausse de 28 à 61 points de base des taux débiteurs des entreprises d’ici à 2028 (RBNZ, 2019). Les banques semblent avoir donné la priorité aux prêts à haut rendement, contribuant à l’encours modeste des prêts aux entreprises, qui s’est élevé à 128 milliards NZD, soit 18 % des prêts en 2024 contre 30 % en Australie, et à des écarts de rentabilité élevés des PME.
En 2025, la RBNZ a lancé un examen visant à mieux concilier stabilité et efficience (RBNZ, 2025d), examinant la conception des volants de fonds propres, le calibrage de la pondération des risques et les instruments d’absorption des pertes. Il importe de disposer de pondérations des risques plus fines pour ne pas limiter indûment le financement des PME (OECD, 2025e). L’examen a entraîné une réévaluation des pondérations de risque pour les prêts aux PME, les prêts hypothécaires et les prêts ruraux, qui peuvent être trop grossières. Des données internationales montrent que des règles de fonds propres bien calibrées réduisent les risques de crise (Pogach, 2022). Le calibrage peut également être facilité par la prise en compte des exigences de fonds propres dans un cadre plus large incluant les paramètres macroprudentiels. Les règles devraient être contracycliques et ne pas être excessivement durcies en période de récession. Elles devraient également prendre en compte les outils fondés sur les emprunteurs, comme les quotités de financement, qui peuvent être plus efficaces pour gérer les risques systémiques et avoir moins d’effets sur l’offre de crédit que le relèvement des exigences de fonds propres (Budnik, 2020). L’examen s’est conclu en décembre 2025 par un abaissement sensible des exigences relatives aux CET1, de l’ordre de 12 %, 11 % et 10 % respectivement pour les établissements de dépôts de grande, moyenne et petite taille. Dans ce cadre a été fixée une exigence minimale de fonds propres totaux de 9 %, et par l’ajout d’instruments d’absorption des pertes et de pondérations des risques plus granulaires (RBNZ, 2025e). Les fonds propres de base de catégorie 1 des institutions collectives de dépôts devraient diminuer d’environ 10 % (environ 5 milliards NZD), tandis que le total des fonds propres réglementaires augmentera d’environ 18 % grâce à de nouveaux instruments. Ces changements devraient permettre de réduire légèrement les coûts de financement tout en préservant la capacité de résistance.
Conformément aux recommandations tirées de l’enquête de la FEC, la RBNZ a mis en place un nouveau comité de politique financière chargé des paramètres prudentiels et macroprudentiels. Les activités de ce comité, composé du président du conseil d’administration, du gouverneur, de trois administrateurs et d’un maximum de deux experts extérieurs, ont commencé en 2026. Il ne compte aucun haut responsable de la RBNZ, contrairement à ce qui est le cas en Irlande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Sa création vise à renforcer la gouvernance, à fournir une capacité de prise de décision dédiée sur les questions relatives aux risques systémiques et à améliorer la coordination des moyens d’action prudentiels. Une structure institutionnelle plus claire devrait également contribuer à améliorer la transparence et à favoriser une politique macroprudentielle plus prévisible sur l’ensemble du cycle.
Les progrès se sont également poursuivis concernant le déploiement de la banque connectée, les premières étapes étant axées sur l’établissement de normes communes pour le partage des données et le consentement des consommateurs. Ces réformes visent à améliorer la portabilité des données, à élargir le choix des consommateurs et à favoriser une plus grande concurrence dans le domaine des services financiers de détail, en particulier s’agissant des paiements et des prêts aux PME. Un système bancaire ouvert réglementé a officiellement été déployé en décembre 2025, en application de la Loi de 2025 relative aux données sur les clients et les produits. Depuis, les quatre plus grandes banques sont tenues d’exploiter des systèmes bancaires ouverts de base et le MBIE commence à accréditer les demandeurs de données tiers. Kiwibank rejoindra ce régime en 2026. Alors que le cadre passe de la participation volontaire à un système réglementé avec une mise en conformité progressive, l’adoption et l’investissement plus larges du secteur dans le soutien aux infrastructures numériques resteront essentiels pour tirer pleinement parti des avantages de la banque connectée.
Le resserrement de la politique monétaire et le ralentissement marqué de l’économie ont moins pénalisé les bilans des ménages et la performance des prêts qu’au cours des précédents cycles de durcissement, et le patrimoine net des ménages s’est globalement stabilisé. Toutefois, l’ajustement des bilans est toujours en cours, et les incertitudes prévalant sur les marchés financiers mondiaux, conjuguées aux tensions structurelles intérieures, justifient une vigilance constante. Malgré le récent assouplissement, des taux d’intérêt, les ménages et les entreprises continuent de faire l’objet d’ajustements après la hausse antérieure de la dette, de nombreux emprunteurs continuant de se refinancer à des taux d’intérêt plus bas et de reconstituer des volants de liquidités. Cet ajustement reste inégal à la fois entre les secteurs et parmi les ménages. Si la baisse des taux d’intérêt a commencé à atténuer les tensions sur le service de la dette, la confiance des ménages reste quelque peu fragile (Graphique 1.9).
Les pressions sur la trésorerie dans les secteurs cycliques, en particulier la construction, l’hébergement et la restauration, et la vente au détail, se sont quelque peu allégées en raison de la baisse des coûts d’emprunt, mais elles restent élevées. Les ratios de couverture des intérêts ne se sont améliorés que peu à peu et restent inférieurs à leur niveau normal dans certains secteurs. La demande de crédit des PME est encore faible, ce qui s’explique par une confiance prudente, des retards dans les projets d’investissement et des coûts du crédit élevés. De fait, les conditions de crédit aux entreprises demeurent inégales. Les grandes entreprises conservent généralement un accès diversifié aux financements et ont bénéficié de l’amélioration des conditions extérieures et de la solidité de leurs bilans. À l’inverse, les PME restent confrontées à des conditions de prêt plus restrictives et à des exigences de garanties plus élevées, en partie en raison de la faiblesse de la concurrence bancaire et des marchés de capitaux pour la dette peu profonds (chapitre 4). D’après les enquêtes menées auprès des banques, l’appétence pour le risque reste prudente, en raison des incertitudes entourant la demande, de la hausse des coûts des intrants et de la modération des intentions d’investissement.
Note de bas de page : moyennes trimestrielles pour la partie A.
1. Données de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande, incluant les dettes contractées pour investir dans l’immobilier locatif.
Source : Banque de réserve de Nouvelle-Zélande ( Reserve Bank of New Zealand, RBNZ) ; OCDE, base de données des comptes nationaux.
Les vulnérabilités des ménages demeurent une source de risque. Le poids élevé du service de la dette continue de peser sur les ménages les plus endettés, et certaines catégories d’emprunteurs restent vulnérables à de nouveaux chocs sur les revenus ou les taux d’intérêt. Les niveaux d’endettement restent élevés par rapport aux normes internationales (Graphique 1.9, partie B), et même s’ils ont diminué par rapport aux pics récents, les ratios du service de la dette sont encore sensibles aux variations des taux d’intérêt. La part des ménages affichant des ratios dette/revenu élevés a légèrement diminué après le cycle de resserrement monétaire précédent, mais des vulnérabilités pourraient réapparaître si les tensions inflationnistes s’accentuent ou si la croissance des revenus reste faible.
La volatilité du marché du logement demeure un important vecteur de retombées macrofinancières, ce qui a des répercussions sur la consommation des ménages, les portefeuilles de prêts bancaires et, plus généralement, la stabilité financière. Le marché est passé d’une période d’ajustement important à une phase rapide de stabilisation et de redressement. Les prix des logements se sont globalement stabilisés depuis la fin de 2024, tandis que les ventes de logements ont légèrement rebondi par rapport à leur point bas antérieur (Graphique 1.9, partie A), grâce à la baisse des taux hypothécaires et à l’amélioration progressive de la confiance des acheteurs. L’activité du secteur de la construction neuve reste inférieure à sa moyenne de long terme, même si elle a montré des signes précoces de reprise.
Les outils macroprudentiels jouent un rôle central dans la maîtrise des risques liés au logement. Les restrictions relatives à la quotité de financement ont été assouplies en décembre 2025. Pour les propriétaires occupants, la part des nouveaux prêts assortis d’une quotité de financement supérieure à 80 % passera de 20 % à 25 %, et pour les investisseurs, la part des prêts assortis d’une quotité de financement supérieure à 70 % passera de 5 % à 10 % (RBNZ, 2025). Conformément aux recommandations formulées dans les précédentes Études économiques de l’OCDE (Tableau 1.4), un nouvel encadrement du ratio dette/revenu a été mis en place en juillet 2024. Il limite les nouveaux prêts aux propriétaires occupants dont le ratio dette/revenu est supérieur à 6 et les prêts aux investisseurs dont le ratio dette/revenu est supérieur à 7 à 20 % au maximum du nouvel engagement. Ces mesures complètent les outils existants en limitant les prêts à haut risque et en renforçant la capacité de résistance financière des nouveaux emprunteurs. Il sera essentiel de maintenir une coordination étroite entre les politiques monétaire et macroprudentielle pour atténuer la dynamique procyclique à mesure que le redressement du marché du logement s’accélérera. Le fait que les deux fonctions soient rattachées à la banque centrale, comme c’est le cas du modèle de la RBNZ, renforce cette coordination en permettant une évaluation des risques et des réponses politiques plus intégrées.
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Recommandations antérieures |
Mesures prises depuis la dernière Étude |
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Compléter les restrictions imposées aux plafonds des quotités de financement en exigeant des banques qu’elles appliquent des taux d’intérêt minimums pour évaluer la capacité de remboursement des emprunteurs, ou en plafonnant le ratio dette/revenu. |
La RBNZ a mis en place un encadrement du ratio dette/revenu en 2024. |
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Accroître la fréquence d’indicateurs macroéconomiques importants tels que l’indice des prix à la consommation |
Depuis mai 2024, le gouvernement a consacré 100 millions NZD à la modernisation des systèmes de données de l’Office statistique de Nouvelle-Zélande (Stats NZ), notamment pour financer des projets de publication de l’IPC mensuel d’ici à 2027. |
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Mettre en œuvre la loi relative aux institutions collectrices de dépôts de 2023 et revoir à la hausse les exigences de fonds propres imposées aux banques comme prévu au cours des prochaines années. |
Le dispositif d’indemnisation des déposants prévu par la loi est entré en vigueur le 1er juillet 2025, et l’examen des exigences de fonds propres est achevé et la mise en œuvre de ses conclusions en cours. |
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Promouvoir une plus grande stabilité dans le temps de la charte et du mandat de la RBNZ. |
Aucune mesure prise. Les modifications demeurent fréquentes et des examens des compétences continuent d’être menés en marge du principal cycle d’examen. |
Des risques plus importants de révision à la baisse par rapport aux prévisions subsistent. Un ralentissement plus prolongé de l’activité intérieure, un nouvel affaiblissement du marché du logement ou une dégradation des conditions financières à l’échelle mondiale pourraient intensifier les tensions sur les ménages et les entreprises. Les événements climatiques continuent également d’exposer l’agriculture, les infrastructures et les assurances à des risques importants. L’orientation générale de la politique monétaire reste globalement appropriée pour faire face à ces incertitudes, même si une vigilance continue et une surveillance active des risques sont de mise.
Le solde budgétaire de base des administrations publiques est passé d’un excédent moyen de 0.8 % du PIB entre 2014 et 2018 à un déficit de 3.3 % du PIB à partir de 2023-2025. L’orientation très expansionniste de la politique budgétaire pendant la pandémie de COVID-19 s’est traduite par une des plus fortes augmentations de la dette publique observées dans la zone OCDE, dont le niveau s’est hissé de 37 % du produit intérieur brut en 2018 à 60 % du PIB en 2025 (Graphique 1.10). Conséquence de l’augmentation de la dette et des taux d’intérêt, la charge d’intérêts de la dette publique est passée d’un point bas de 1.2 % du PIB en 2020 à 2.2 % du PIB en 2025, et elle devrait continuer d’augmenter pour atteindre 2.4 % du produit intérieur brut en 2027.
La Nouvelle‑Zélande affiche un déficit budgétaire structurel faisant suite à l’augmentation constante des dépenses pendant la la crise du COVID-19 (OECD, 2024a). Un programme complet d’assainissement budgétaire est en place depuis 2024 et des progrès sensibles ont été réalisés. D’après les estimations de l’OCDE, le solde structurel des administrations publiques s’est hissé de -4 % du PIB environ en 2023 à -1.2 % du produit intérieur brut approximativement en 2025. À court terme, le gouvernement prévoit de ramener sa mesure du solde budgétaire de base de l’administration centrale – le solde de fonctionnement de la Couronne avant profits et pertes hors Commission d’indemnisation des accidents (ACC, Accident Compensation Commission) – à un niveau excédentaire d’ici à l’exercice budgétaire s’achevant en juin 2029. Sur la base de la différence observée après la pandémie de COVID-19 entre les deux, cela correspondrait à un objectif de léger déficit de l’ordre de 1 % du PIB pour les administrations publiques au sens du système de comptabilité nationale (SCN). Si un certain assainissement a été mis en œuvre pendant les premières années du programme, la majeure partie de l’ajustement encore à opérer est prévu pour plus tard au cours de la période des projections. Les estimations de l’OCDE, comme celles du Trésor, impliquent que l’orientation de la politique budgétaire devrait s’assouplir en 2026. Étant donné que le solde structurel balance est encore déficitaire et que l’économie amorce une reprise, l’adoption de mesures d’assainissement supplémentaires sera peut-être justifiée à court terme. Cependant, le mouvement devra être graduel sachant que l’activité commence tout juste à se redresser après environ trois années de croissance moyenne proche de zéro et que les risques de divergence à la baisse par rapport aux prévisions, notamment ceux découlant de la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, demeurent élevés.
Jusqu’à présent, l’ajustement s’est opéré principalement à travers une réduction des dépenses. Le crédit additionnel de fonctionnement annuel a été fortement réduit pour 2025, ramené de 2.4 milliards NZD (0.5 % du PIB) à 1.3 milliard NZD (0.3 % du PIB), même s’il doit revenir à 2.4 milliards NZD sur la période 2026-29. L’accent a été mis de manière bienvenue sur l’efficience des dépenses (Tableau 1.5). Cela s’est notamment traduit par un plafonnement des budgets des organismes relevant de l’administration centrale à la suite d’une forte augmentation du nombre d’agents des services publics et des dépenses consacrées à des consultants de 2017 à 2023. Conformément aux meilleures pratiques internationales, le gouvernement s’est attaché à redéployer des crédits budgétaires pour financer de nouvelles initiatives destinées à stimuler la croissance, en examinant les dépenses de base pour identifier les possibilités d’économies (Tryggvadottir, 2022). Cela représente un changement important par rapport à un processus budgétaire suivant lequel le financement des nouvelles mesures repose sur l’affectation du nouveau crédit additionnel de fonctionnement, ce qui semble avoir contribué à une montée inexorable de ce crédit dans le cadre du processus budgétaire, dont la justification était parfois limitée (OECD, 2024a).
Les mesures de soutien budgétaire ont aussi été bien conçues. Les mesures temporaires d’aide énergétique annoncées en mars 2026 en réponse à la hausse des coûts de l’énergie due au conflit au Moyen-Orient, notamment sous la forme d’un crédit d’impôt sur le revenu ciblé supplémentaire qui sera désactivé au bout de 12 mois ou lorsque les prix seront tombés en-dessous d’un seuil prédéfini de déclenchement de la mesure, sont conformes aux meilleures pratiques internationales au sens où elles sont opportunes, ciblées et temporaires et où elles préservent les incitations à économiser l’énergie (Hemmerlé et al., 2023). L’utilisation d’un seuil de déclenchement explicite fondé sur les prix est particulièrement judicieuse, sachant que l’expérience acquise au niveau international montre qu’il est souvent difficile de s’assurer que les mesures d’aide énergétique prises en réponse à une crise sont déployées en temps voulu et que les mécanismes de sortie automatique contribuent à la préservation de la discipline budgétaire.
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Recommandations antérieures |
Mesures prises depuis les précédentes Études |
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Réduire régulièrement le déficit budgétaire pour atteindre l’équilibre budgétaire. Mettre en place des crédits additionnels de fonctionnement et des mesures fiscales qui conduiront à un assainissement progressif des finances publiques et s’y tenir. |
Le gouvernement s’est engagé à faire en sorte que le solde budgétaire redevienne excédentaire sur l’exercice 2029 et à financer intégralement les baisses d’impôts. Dans le budget 2025, il a réduit le crédit additionnel de fonctionnement destiné à financer les nouvelles augmentations de dépenses annuelles. |
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Envisager de renforcer le cadre budgétaire en ajoutant un objectif chiffré de dépenses de fonctionnement à tous les principaux documents budgétaires. |
Un objectif de réduction des dépenses de la Couronne au sens étroit, consistant à les ramener vers 30 % du PIB, a été fixé. |
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Envisager de mettre en place une institution budgétaire indépendante qui rendrait compte au Parlement du coût des politiques. |
Cette mesure a été étudiée mais pas adoptée. |
Dans le cadre du budget 2025, le gouvernement a mis en œuvre, à hauteur de 5.3 milliards NZD (1.2 % du PIB) par an, des initiatives d’économie, englobant le redéploiement d’une enveloppe d’environ 0.6 milliard NZD vers des projets d’éducation prioritaire majeurs. Intégrer un examen annuel systématique des dépenses dans le processus budgétaire constituerait un ajout important au cadre budgétaire, qui contribuerait à ancrer ce changement essentiel concernant l’élaboration de la politique budgétaire. Conformément au cadre budgétaire fondé sur des principes, le gouvernement pourrait choisir le périmètre de cet exercice annuel, mais il devrait démontrer au Parlement que cet exercice a eu des retombées concrètes et amélioré l’efficience des dépenses publiques. Une institution budgétaire indépendante pourrait aider le Parlement à réaliser cette évaluation.
Au titre de l’exercice 2025 prenant fin en juin, la dette nette de la Couronne a représenté 41.8 % du PIB et elle culminera, selon les prévisions, à 46.9% en 2029 (New Zealand Treasury, 2025b). Suivant son cadre budgétaire fondé sur des principes, la Nouvelle‑Zélande adopte une approche à long terme de la gestion budgétaire, notamment de la gestion du bilan de la Couronne. Selon ce cadre, l’objectif à court terme du gouvernement consiste à ramener la dette nette de la Couronne sur une trajectoire descendante tendant vers 40 % du PIB, et d’y parvenir au moyen d’une maîtrise des dépenses à moyen terme. Une fois que la dette sera passée en-dessous de la barre des 40 %, l’objectif à long terme sera de maintenir la dette nette de la Couronne entre 20 % et 40 % du PIB. En l’absence de réformes, les fortes tensions sur les dépenses à long terme résultant du vieillissement démographique (New Zealand Treasury, 2025c) finiront par tirer nettement vers le haut la dette publique. D’après les estimations de l’OCDE, à politiques inchangées, à mesure que la population néo-zélandaise vieillit, les dépenses de santé, de soins de longue durée et de retraite augmenteront de 5 points de PIB environ d’ici à 2060 (Graphique 1.11).
Dépenses annuelles, variation entre 2025 et 2060
D’après l’écart moyen mesuré entre les deux séries sur la période 2021-2025, l’objectif de la Nouvelle-Zélande consistant à ramener la dette nette de la Couronne entre 20 % et 40 % du PIB correspond à un objectif de dette brute des administrations publiques au sens du SCN, comparable au niveau international, compris dans une fourchette approximative de 40 % à 70 % du PIB, sachant que le plafond prévu pour cet agrégat dans l’Union européenne (UE) est de 60 % du produit intérieur brut. L’objectif de la Nouvelle-Zélande est nettement inférieur au niveau moyen de la dette des administrations publiques des pays de l’OCDE, qui s’établit à 110 % du PIB, mais il est essentiel de maintenir la dette publique à un bas niveau pour conserver des marges de manœuvre budgétaires (Graphique 1.12). Compte tenu de la vulnérabilité de la Nouvelle-Zélande face aux catastrophes naturelles (Fall et al., 2015), la prudence voudrait que les autorités ciblent l’extrémité basse de la fourchette retenue comme objectif.
Des estimations montrent que, sur longue période, environ 10 % du PIB par décennie sont nécessaires pour faire face à des chocs majeurs tels que des séismes, des inondations et des pandémies (New Zealand Treasury, 2025c). De fait, la transition vers une économie neutre en gaz à effet de serre (GES) et l’adaptation au changement climatique imposeront probablement d’engager des investissements publics supplémentaires pour étayer la transformation du système électrique (Chapitre 2) et renforcer les infrastructures publiques face à des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, qui causent déjà des dommages importants (OECD, 2024a). Une dette plus faible s’accompagne en outre d’un allègement des charges d’intérêts, libérant des ressources pour satisfaire les besoins d’investissement public, notamment en matière d’infrastructures (Treasury, 2010), qui sont élevés (Chapitre 4), et elle constitue un déterminant clé de la notation financière AA+ attribuée à la Nouvelle-Zélande malgré ces vulnérabilités (S&P, 2025).
Dette des administrations publiques, en pourcentage du PIB
Note : Le scénario « Politiques inchangées » se fonde sur la base de données des Perspectives économiques de l’OCDE jusqu’en 2027, puis sur le modèle économique à long terme de l’OCDE. Le scénario « Trajectoire prudente » repose sur l’hypothèse de la mise en œuvre des mesures d’assainissement décrites dans le Tableau 1.7. Le scénario « Trajectoire prudente et impact de réformes structurelles sur la croissance » se fonde sur l’hypothèse d’un supplément de croissance annuelle du PIB réel de l’ordre de 0.2 point de pourcentage résultant des mesures présentées dans le Tableau 1.6.
Source : Modèle à long terme de l’OCDE.
Sur la base des orientations actuelles de l’action publique, y compris des mesures budgétaires prévues en 2026 et 2027 mais pas au-delà, le déficit budgétaire finirait par augmenter de nouveau, et placerait le ratio d’endettement public sur une trajectoire très ascendante (Graphique 1.12). Il est essentiel de ramener la dette publique sur une trajectoire descendante pour préserver la résilience budgétaire, assurer l’équité intergénérationnelle et garantir la crédibilité de l’action publique (McLiesh, 2023 ; Barnes & Lord, 2009). La Nouvelle‑Zélande doit réduire sa dette pour reconstituer des marges de manœuvre budgétaires, tout en stimulant la croissance de son PIB en menant des réformes propices aux gains de productivité (Rennie, 2025). Pour ramener la dette nette à son niveau d’avant la pandémie de COVID-19, proche de zéro, et la dette brute à 40 % du PIB, tout en renforçant la croissance du produit intérieur brut et surtout celle de la productivité, il faut adopter un train de mesures supplémentaires d’économie ou d’augmentation des recettes pour la période postérieure à 2027 d’une ampleur approximative de 2.8 points de PIB, ainsi que des réformes structurelles. L’Encadré 1.3 présente une palette de mesures qui permettraient de le faire et correspondent aux recommandations formulées dans la présente Étude, notamment l’adoption de mesures structurelles destinées à renforcer la croissance exigeant d’engager des dépenses supplémentaires, par exemple pour passer progressivement à l’application d’un régime EET à l’épargne financière, et la réduction des versements de dividendes des producteurs-détaillants d’électricité dont le capital est partiellement détenu par l’État.
Concilier assainissement à court terme et nécessité d’investir demeure un enjeu de politique budgétaire absolument central. Si la reconstitution des marges de manœuvre budgétaires exige une maîtrise des dépenses primaires courantes, les enseignements de l’expérience acquise au niveau international laissent penser qu’il conviendrait de protéger les investissements publics bénéfiques pour la croissance même lorsque la dette et les charges d’intérêts sont élevées. Des projets d’investissement bien conçus donnant lieu à des injections de capitaux ponctuelles, notamment des investissements dans des projets d’infrastructure, de capital-risque ou encore dans des fonds d’actions de croissance ou des fonds d’innovation, peuvent libérer la production potentielle, mobiliser l’investissement privé et renforcer la base d’imposition future, et ainsi contribuer à faire baisser les ratios d’endettement avec le temps au lieu de les faire augmenter.
Le redressement des finances publiques peut aussi obéir à une stratégie visant à réduire de la même manière tous les types de dépenses publiques pendant les phases d’assainissement. Cependant, une telle stratégie risque de se révéler pro‑cyclique à l’excès si elle conduit à considérer l’investissement productif et les dépenses courantes comme équivalents. Une stratégie plus tenable dans la durée consiste à arrimer l’assainissement à un strict contrôle des dépenses de fonctionnement tout en l’associant à un train d’investissements et de réformes structurelles ciblés favorisant la croissance. S’inscrire dans une perspective à plus long terme aide à concilier la discipline budgétaire à court terme et la nécessité d’accroître la productivité et de relever le niveau de vie pour, en fin de compte contribuer à la viabilité budgétaire.
Cet encadré résume les effets potentiels à moyen terme que certaines réformes budgétaires et structurelles évoquées dans la présente Étude pourraient avoir sur le PIB (Tableau 1.6) et sur le solde budgétaire (Tableau 1.7). Les mesures de réforme mentionnées et l’estimation de leurs effets n’ont qu’une valeur indicative. L’estimation des effets budgétaires correspond uniquement à l’impact direct de ces mesures et ne tient pas compte des réactions comportementales pouvant éventuellement résulter des modifications apportées aux politiques publiques. Les réformes recommandées dans la présente Étude ont des effets sur le budget et le PIB, mais il n’est pas possible de tous les chiffrer en raison des limites du modèle. Les dépenses d’investissement ponctuelles, comme les investissements dans de nouvelles infrastructures de production d’électricité et liées à la transformation numérique du secteur de la santé, ne sont pas prises en compte, dans la mesure où elles sont sans incidence ou n’ont qu’un effet ponctuel sur le solde budgétaire.
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Domaine d’action |
Mesure |
Effet cumulé à 10 ans, % |
Effet cumulé à 25 ans, % |
|---|---|---|---|
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Âge d’ouverture des droits à la pension publique de retraite |
Lier l’âge d’ouverture des droits à pension à l’espérance de vie, en plafonnant à 69 ans l’âge départ à la retraite |
0.5 |
1.8 |
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Coûts de l’énergie |
Des co-investissements dans un portefeuille d’actifs de production d’électricité d’appoint et une augmentation des investissements des producteurs-détaillants d’électricité contribuent à réduire de 20 % les prix de gros de l’électricité. |
1.6 |
1.6 |
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Marché du capital-risque et des capitaux de croissance |
Rehausser l’investissement des entreprises de 2.5 points de PIB |
1.5 |
3.3 |
Source : Modèle à long terme de l’OCDE et calculs du Secrétariat de l’OCDE.
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Mesure |
Scénario |
Effet sur le solde budgétaire, % du PIB |
|---|---|---|
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Total des recettes, dont |
0.5 |
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Modification de zonage |
Appliquer une taxe de 50 % sur les plus-values exceptionnelles résultant du reclassement de terrains |
0.3 |
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Taxes environnementales |
Remplacer les droits d’accise sur les carburants par des redevances d’utilisation des routes appliquées à tous les véhicules légers en fonction de leur poids, et mettre en place un péage de décongestion à Auckland. |
0.3 |
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Réduction des taux de distribution des dividendes |
Ramener à 60 % les taux de distribution des dividendes des producteurs-détaillants d’électricité. |
-0.1 |
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Total des dépenses, dont |
2.6 |
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NZSF |
Accroître de 0.6 point de PIB par an les contributions au fonds d’investissement souverain NZSF, et tirer parti de l’augmentation des actifs accumulés qui en résultera pour financer une part plus importante des dépenses publiques de retraite de 2040 à 2065, et réduire ce faisant la part de ces dépenses de retraite assumée par l’État. |
0.6 |
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Âge d’ouverture des droits à la pension publique de retraite |
Lier l’âge d’ouverture des droits à pension à l’espérance de vie, en plafonnant à 69 ans l’âge départ à la retraite |
0.6 |
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Augmentation de l’épargne-retraite privée |
Favoriser une augmentation de l’accumulation d’épargne-retraite privée ainsi que des revenus de cette épargne, et soumettre à conditions de ressources les pensions publiques versées aux personnes appartenant au décile supérieur de la distribution des revenus |
-0.1 à court terme et 0.4 à long terme |
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Gains d’efficience liés au déploiement de l’intelligence artificielle (IA) |
Renforcer l’efficience du secteur de la santé en utilisant davantage l’IA |
1.0 |
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Soutien aux marchés d’actions de croissance |
Allégements fiscaux au titre des coûts d’introduction en bourse et de cotation des petites entreprises, aides à la réalisation d’études de bourse portant sur de petites capitalisations. |
-0.01 à court terme |
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Mise en place d’un compte d’épargne-actions (NZESA) |
Dans le cadre d’une vaste réforme fiscale, portant notamment sur l’application d’un régime de type EET aux fonds placés au titre du régime KiwiSaver et sur un compte d’épargne en actions néozélandaises (NZESA) |
-0.1 à court terme ; globalement neutre à long terme |
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Effet total |
3.1 |
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Source : Modèle à long terme de l’OCDE et calculs du Secrétariat de l’OCDE.
Note : Sauf indication contraire, il s’agit des effets à long terme. Les estimations des recettes tirées des modifications de zonage reposent sur l’hypothèse d’une fenêtre temporelle limitée pour la réalisation d'un bien. Les incidences budgétaires dépendent de la rapidité avec laquelle la taxe devient exigible après la modification du zonage. Les estimations reposent sur l’hypothèse que les gains exceptionnels sont imposés au moment de la vente ou de la réalisation présumée d’un bien dans un délai maximum de cinq ans après la modification du zonage. Au vu des observations faites au niveau international, et plus particulièrement dans l’État de Victoria (Australie), accorder des délais plus longs de report du paiement de l’impôt retarderait la perception des recettes, affaiblirait les incitations à mettre des terrains sur le marché et amplifierait la rétention foncière. Les estimations des coûts de l’électricité reposent sur des règles empiriques élémentaires selon lesquelles une hausse de 5 % des prix de l’électricité fait baisser la productivité à l’échelle de l’ensemble de l’économie d’environ 0.4 % (André et al., 2023). S’agissant de la réforme relative aux taxes environnementales, les recettes de ces taxes pourraient diminuer si les consommateurs optent pour des véhicules plus petits à la suite de cette réforme. On suppose que la soumission à conditions de ressources des pensions publiques sera mise en place petit à petit pour le décile supérieur de la distribution des revenus, et que les économies réalisées augmenteront progressivement pour atteindre environ 0.1 % du PIB, mais seulement vers la fin des années 2030 (voir le graphique 1.13, partie B). Dans l’immédiat, elles sont plus modestes et en partie contrebalancées par des coûts budgétaires transitoires associés aux mesures visant à faciliter une augmentation de l’épargne-retraite privée, notamment les coûts associés au report de la perception de recettes résultant d’une amélioration du traitement fiscal ou d’un relèvement des cotisations. Les effets budgétaires nets à court terme sont donc modestes alors que les économies budgétaires à long terme sont nettement plus importantes. L’incidence budgétaire à court terme de la mise en place d’un compte d’épargne en actions néo-zélandaises (NZESA) auquel s’applique un régime de type EET (exonération des versements, exonération des placements et taxation des retraits) est mesurée par comparaison avec le maintien du traitement actuel de l’épargne financière selon un régime de type TTE (taxation des versements, taxation des revenus de placement et exonération des retraits de fonds). L’effet initial, en termes de recettes, résulte de l’application d'une fiscalité plus faible aux produits accumulés sur le compte d’épargne, et il est partiellement compensé par une réorientation de l’épargne au détriment de solutions de placement peu imposées, voire défiscalisées, et par une imposition progressive des retraits de fonds. Avec le temps, l’augmentation des soldes cumulés et l’imposition à la sortie devraient globalement compenser le report de recettes initial, de sorte que la réforme serait quasiment neutre, en termes de recettes, exprimées en valeur actualisée, dans l’hypothèse standard selon laquelle les estimations relatives au soutien aux actions de croissance sont calibrées en référence aux pratiques internationales et le volume des introductions en bourse faibles ; les coûts augmenteraient uniquement si l’activité sur les marchés boursiers se développait augmentait de manière significative.
Comme dans de nombreux autres pays de l’OCDE, assurer la viabilité des finances publiques et garantir à chacun des revenus adéquats au moment de la retraite malgré le vieillissement rapide de la population constitue une des tâches les plus difficiles qui attend les pouvoirs publics en Nouvelle‑Zélande. L’âge d’ouverture des droits à la pension publique universelle de retraite (NZS, New Zealand Superannuation) est de 65 ans, sachant qu’environ 870 000 personnes (soit 16 % de la population) étaient plus âgées en 2024 (Encadré 1.4). La proportion de la population admissible au bénéfice de la NZS continuera d’augmenter, pour atteindre 20 % en 2035 et 26 % en 2065. Le problème est donc urgent. Comme dans d’autres pays de l’OCDE, l’augmentation des dépenses publiques de retraite se fait déjà sentir, puisqu’elles sont passées de 0.4 % à 5.4 % du PIB entre 2019 et 2025. À politiques inchangées, elles continueront de croître régulièrement, pour s’établir à 6.4 % du PIB en 2035 et à 7.8 % du PIB en 2060.
La plupart des pays de l’OCDE s’appuient à la fois sur des régimes publics de retraite liée aux revenus d’activité antérieurs, souvent financés par des cotisations de sécurité sociale obligatoires, et des dispositifs privés obligatoires d’épargne-retraite. La Nouvelle-Zélande, en revanche, est lourdement tributaire d’un régime de pension universelle forfaitaire, financé à partir des recettes budgétaires générales, accompagné de dispositifs facultatifs d’épargne-retraite privée. Ce système combine trois principaux éléments : la pension publique de retraite (NZS, New Zealand Superannuation), le Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande (NZSF, New Zealand Superannuation Fund) et le régime KiwiSaver. La NZS est une pension publique universelle forfaitaire que les Néo-Zélandais peuvent percevoir à partir de 65 ans, sous réserve de satisfaire certains critères de résidence, mais qui n’est soumise à aucune condition de revenu ou de patrimoine. Ce système de pension forfaitaire se traduit par une distribution des revenus particulière parmi les retraités, puisque les transferts publics représentent une part nettement plus importante des revenus des retraités modestes, tandis que l’épargne privée joue un rôle prédominant pour les retraités ayant eu des revenus d’activité élevés (OECD, 2025 ; Retirement Commission, 2024). De fait, la NZS relève suivant la classification de l’OCDE du premier pilier du système de retraite, et sa fonction première est la prévention de la pauvreté. Elle constitue la principale source de revenu pour les seniors néo-zélandais, et elle est quasiment la seule pour 40 % des personnes âgées de 65 ans ou plus, tandis que pour 20 % des membres de cette tranche d’âge, la NZS n’est complétée que par un modeste montant supplémentaire (Retirement Commission, 2024). Le NZSF est un fonds d’investissement souverain créé pour préfinancer en partie le coût futur des pensions publiques de retraite compte tenu du vieillissement de la population. Un régime de retraite à cotisations définies auquel l’adhésion est automatique mais qui demeure facultatif, KiwiSaver, complète la NZS en favorisant l’épargne-retraite privée. En 2024-25, le gouvernement y a apporté des modifications, notamment en portant les taux des cotisations salariales et patronales appliqués par défaut de 3 % à 3.5 % en 2026 puis à 4 % en 2028, et en réduisant l’abondement de l’État à partir de juillet 2025 (New Zealand Government, 2025). Les fonds placés au titre du régime KiwiSaver sont investis par défaut dans des fonds équilibrés si l’investisseur ne choisit pas et sont des fonds à frais peu élevés (Financial Markets Authority, 2023). Les fonds utilisés par défaut pour placer l’épargne accumulée sont assujettis à des prescriptions en matière de répartition des actifs visant à garantir un équilibre entre croissance et risque tout au long du cycle de vie : les fonds équilibrés retenus par défaut sont tenus de détenir un portefeuille diversifié d’actifs de croissance (actions et biens immobiliers notamment) et d’actifs produisant des revenus (sous forme d’intérêts fixes ou d’espèces), et les options au cours du cycle de vie permettent de réduire progressivement l’exposition aux actifs de croissance à mesure que les membres approchent de la retraite, sauf si les intéressés décident d’opter pour un autre fonds ou une autre stratégie de placement.
Des fondations importantes ont été posées pour remédier au problème des retraites publiques. Cela recouvre notamment la mise en place du Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande (NZSF) – un fonds d’investissement souverain dans lequel sont accumulés des actifs pour contribuer à lisser les futures tensions sur les dépenses – et d’un régime privé de retraite facultatif, KiwiSaver (Chapitre 4). Bien que la question de la refonte du régime public de retraite soit débattue depuis longtemps, notamment en ce qui concerne l’âge d’ouverture des droits à pension, aucun consensus politique et social ne s’est fait jour jusqu’à présent, en partie parce que les politiques relatives aux retraites se caractérisent généralement par de nombreux objectifs et contraintes, allant de l’équité à la viabilité budgétaire. Pour atteindre ces objectifs multiples et obtenir des interactions fortes entre les retraites publiques et d’autres dimensions de l’action publique ainsi que les comportements d’épargne privée, il faut élaborer un train de réformes plus vaste concernant le régime public de retraite, le régime KiwiSaver et le NZSF. Lors de la conception de ces réformes, il faudrait également tenir compte du fait qu’une composante clé de la stratégie de la plupart des Néo-Zélandais concernant leurs revenus à la retraite consiste à être propriétaires d’un logement libre d’hypothèque à ce moment-là.
Il est essentiel de mettre en œuvre des réformes qui soient cohérentes pour parvenir à la viabilité budgétaire et garantir un revenu pleinement satisfaisant aux retraités, et de le faire en par des moyens atténuant les effets négatifs potentiels induits sur les incitations des ménages à épargner et en assurant l’équité entre les générations, les genres et les catégories de revenu. Le taux de remplacement assuré par les retraites publiques en Nouvelle-Zélande est un des plus bas de la zone OCDE, car la NZS est une prestation forfaitaire qui ne s’ajuste pas en fonction des revenus d’activité perçus sur l’ensemble de la vie. Dans la zone OCDE considérée dans son ensemble, le taux de remplacement net moyen assuré par les régimes obligatoires de retraite est de 63 % du revenu disponible avant la retraite (OECD, 2025). En Nouvelle-Zélande en revanche, si la NZS offre aux retraités à faible revenu une solide protection en termes de revenus et de ce fait constitue un outil de prévention de la pauvreté, les taux de remplacement diminuent fortement pour les personnes à revenu moyen ou élevé (Creedy et al., 2015). Pour les travailleurs percevant 50 % du salaire moyen, le taux de remplacement est de 65 % en Nouvelle-Zélande, un chiffre niveau proche de la moyenne de l’OCDE, tandis que pour ceux qui perçoivent 100 % et 200 % du salaire moyen, il ressort à respectivement 40 % (52 % dans la zone OCDE) et 20 % (42 % dans la zone OCDE) du revenu net avant la retraite. C’est pourquoi le régime KiwiSaver et les autres dispositifs privés d’épargne-retraite sont essentiels pour assurer un revenu adéquat au moment de la retraite aux personnes ayant eu antérieurement des revenus d’activité moyens ou élevés. Les réformes qui accroissent l’accumulation d’épargne-retraite privée au titre du régime KiwiSaver et confèrent un rôle accru au NZSF peuvent donc contribuer à réduire les tensions à long terme sur les dépenses publiques de retraite et à limiter l’ampleur des ajustements de l’âge d’ouverture des droits à pension ou des taux de remplacement qui seront nécessaires pour assurer la viabilité du système (Encadré 1.5).
Dix-neuf pays de l’OCDE ont procédé à des hausses ponctuelles de l’âge légal de la retraite ces dernières années (Mitchell and O’Quinn, 2024). En parallèle, neuf pays de l’OCDE ont directement lié les âges d’ouverture des droits à la retraite à l’espérance de vie pour préserver la viabilité des finances publiques à mesure que leur population vieillit (Reilly, 2024). Les mécanismes automatiques permettent d’ajuster les âges d’ouverture des droits à pension en fonction de l’évolution de l’espérance de vie, mais cette indexation se fait généralement suivant un rapport inférieur à 1 (en Suède, par exemple, l’ajustement est réalisé à hauteur de deux tiers des gains d’espérance de vie environ). Cela permet de répartir de manière plus égale le coût de l’augmentation de la longévité entre les générations, ce qui réduit la nécessité de négociations politiques répétées concernant l’âge de départ à la retraite (Whitehouse, 2007). L’expérience récente de la France montre que ces débats peuvent être très clivants. Dans le cas de la Nouvelle‑Zélande, l’adoption d’un mécanisme d’ajustement automatique similaire améliorerait l’équité intergénérationnelle, en garantissant qu’à mesure de l’allongement de la durée moyenne de la vie humaine, le ratio entre années de vie active et années de retraite soit plus constant d’une génération à l’autre, ce qui est crucial pour préserver à la fois la viabilité des systèmes publics de retraite et l’adéquation des pensions publiques (OECD, 2011). La situation de la Nouvelle‑Zélande est cependant compliquée par de nettes différences d’espérance de vie entre groupes ethniques, en raison desquelles une simple augmentation de l’âge d’ouverture des droits à la pension publique pourrait avoir des effets régressifs, en particulier pour les Maoris et les Insulaires du Pacifique, dont l’espérance de vie est plus courte en moyenne. Il faudrait donc intégrer des objectifs de redistribution et de protection des groupes vulnérables dans les réformes des régimes publics de retraite, pour éviter qu’elles ne débouchent sur des résultats inéquitables (OECD, 2011). Les autorités pourraient prendre des mesures d’accompagnement consistant notamment à accroître le soutien apporté aux travailleurs âgés exerçant un métier physiquement pénible, à renforcer les programmes relatifs à la santé et à l’emploi, ainsi qu’à mettre en place des dispositions transitoires pour les catégories de personnes confrontées à une diminution des pensions publiques qui leur seraient versées sur l’ensemble de leur vie.
En tant que fonds d’investissement souverain existant depuis longtemps pour lequel les demandes de retrait sont connues, le NZSF est en mesure de bien gérer le risque de liquidité : il peut réaliser des investissements à long terme pour accroître leur rendement corrigé des risques en sachant que son investisseur, l’État, n’exigera pas soudainement la restitution de ses capitaux. Le NZSF a également de solides antécédents en matière de gestion des risques liés à des projets. Sa faible exposition au risque de liquidité ainsi que les connaissances approfondies dont il dispose et la forte rentabilité de ses placements, dont le rendement est supérieur de 6.7 points de pourcentage à celui des obligations de l’État néozélandais à 90 jours depuis sa création, soulèvent la question de savoir si celui-ci devrait revoir sa politique de contribution au NZSF et renforcer encore son rôle d’allègement des engagements futurs de l’État au titre des retraites publiques. D’après des travaux de modélisation des autorités, la réserve constituée par le NZSF commencera à être utilisée toujours plus à partir du début des années 2050. Le solde du NZSF aura sensiblement augmenté d’ici là, mais sa contribution aux dépenses de retraite futures restera modeste, même si elle jouera un rôle important. Les retraits de capitaux du NZSF et les impôts qu’il acquitte sur les revenus de ses placements devraient couvrir environ 12.7 % du coût net des pensions publiques de retraite en 2040, et approximativement 16 % en 2060 (Guardians of New Zealand Superannuation, 2025).
La politique de contribution au NZSF, exposée dans la loi de 2001 sur les pensions publiques et les revenus des retraités en Nouvelle-Zélande, lie les versements de l’État à la situation budgétaire et aux prévisions d’engagements au titre des retraites. Compte tenu de l’augmentation de la valeur des actifs et de la diminution des engagements prévus au titre des retraites en proportion du PIB, les contributions budgétaires ont été nettement revues à la baisse, et ramenées de 900 millions NZD précédemment à 61 millions NZD pour l’exercice 2025/26, somme qui a été ensuite réaffectée au Fonds Elevate NZ Venture (dit « Fonds Elevate »), si bien que la contribution au NZSF a été réduite à néant. Du point de vue d’un investisseur et dans l’optique de la gestion des engagements de retraite à long terme, la politique actuelle semble contre-intuitive : plus le rendement du NZSF est élevé, plus la contribution qui lui est versée ensuite par l’État est faible. Cette situation est la conséquence de l’application de la formule de calcul du taux de cotisation au NZSF fixé par la législation, qui tient compte des actifs du Fonds parmi les paramètres influant sur les cotisations et les retraits. Les pouvoirs publics pourraient toutefois choisir de s’affranchir de cette règle et de relever les cotisations au-delà du niveau requis en vertu de la formule. Continuer de verser périodiquement des contributions pourrait aider l’État à accumuler les revenus de placement au fil du temps, à renforcer l’équité intergénérationnelle, et à atténuer les futures tensions budgétaires liées au vieillissement démographique. Ainsi, porter la contribution de l’État à 0.6 % du PIB se traduirait in fine par une augmentation du solde budgétaire net (correspondant à la différence entre le montant des pensions publiques financé à partir des retraits de capitaux du NZSF et la contribution de l’État au NZSF) de 0.6 point de PIB par an (Graphique 1.13, partie A).
Une réforme de la fiscalité peut contribuer fortement à renforcer l’accumulation d’épargne-retraite privée, et réduire ainsi les futurs engagements implicites au titre des retraites publiques. Le régime d’imposition de type TTE (taxation des versements, taxation des revenus de placement et exonération des retraits de fonds) appliqué en Nouvelle‑Zélande aux produits d’épargne, y compris aux dispositifs d’épargne-retraite, conjugué à la faible imposition des logements forme un système complexe et exceptionnellement distorsifs pour la zone OCDE. La Nouvelle‑Zélande, l’Australie et la Türkiye sont les seuls pays de l’OCDE à utiliser un régime TTE au titre de l’imposition des revenus. La quasi-totalité des pays de l’OCDE a recours à un régime de type EET ou TEE, le premier étant le plus courant. Le régime TTE d’imposition de l’épargne-retraite appliqué en Nouvelle‑Zélande réduit sensiblement l’accumulation de patrimoine à long terme par rapport à des systèmes de référence d’imposition des dépenses comme le régime EET (Coleman, 2024). Or, cette moindre accumulation accroît la proportion d’individus (40 % environ) qui atteignent l’âge de 65 ans avec une épargne privée insuffisante et qui sont totalement tributaires de la pension publique, ce qui alourdit les engagements implicites futurs de l’État au titre des retraites. Faire évoluer la fiscalité du régime KiwiSaver vers un système d’imposition plus proche d’un régime de type EET renforcerait donc à la fois l’adéquation des revenus des retraités et la résilience à long terme du système public de retraite. Dans le cadre d’une réforme globale de la fiscalité des revenus de l’épargne et du capital en Nouvelle‑Zélande, le gouvernement devrait transférer progressivement la charge fiscale pesant sur l’épargne-retraite des cotisations et des revenus de placement vers les retraits de fonds (chapitre 4).
Solde budgétaire, en pourcentage du PIB
Note : La partie A montre l’effet induit sur le solde budgétaire par une augmentation des contributions au Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande (NZSF, New Zealand Superannuation Fund) à partir de 2026, puis à partir de 2040 étant donné que l’on tire parti de l’augmentation des actifs accumulés qui en résultera pour financer une part plus importante des dépenses publiques de retraite. On pose l’hypothèse que le rendement nominal annuel des actifs du NZSF est de 8 %. La partie B montre l’effet induit sur le solde budgétaire par la soumission à conditions de ressources des pensions publiques pour le décile supérieur de la distribution des revenus. Ces conditions de ressources sont calibrées de telle sorte que la pension publique serait réduite de la moitié du flux de revenu supplémentaire qu’un ménage est estimé recevoir parce qu’il a accumulé davantage d’actifs dans le régime KiwiSaver.
Source : Calculs effectués par le Secrétariat de l’OCDE.
Des allègements fiscaux au titre des cotisations d’épargne-retraite et des revenus de placement réduiraient les recettes publiques à court terme. D’après des calculs fondés sur les fonds sous gestion dans le cadre du régime KiwiSaver et sur des hypothèses relatives aux taux de rendement par catégorie d’actifs, l’État perçoit au titre de l’imposition des revenus de placement des recettes estimées à 1 milliard NZD (0.2 % du PIB). Néanmoins, la répartition du patrimoine compte. Une plus forte accumulation d’épargne-retraite privée améliore l’adéquation des revenus des retraités, réduit les futures tensions budgétaires et étoffe les marchés financiers locaux. Cela vaut même si le patrimoine national est identique d’un point de vue comptable statique, qui repose implicitement sur l’hypothèse que l’État est un aussi bon investisseur que le secteur privé. Ces considérations de répartition et de comportement justifient d’étudier la possibilité d’instaurer des allègements fiscaux concernant l’épargne accumulée au titre du régime KiwiSaver dans le cadre d’un examen plus général de la fiscalité de l’épargne (Chapitre 4).
Le passage à un régime EET présente deux principaux inconvénients : une perte initiale de recettes budgétaires et une tendance à bénéficier aux individus ayant de hauts revenus auxquels s’appliquent des taux marginaux d’imposition élevés (OECD, 2024). Un déploiement progressif permettrait de gérer l’effet budgétaire à court terme d’un allègement de la fiscalité des revenus de placement au titre du régime KiwiSaver. Cela pourrait consister, par exemple, à appliquer ce nouveau traitement fiscal uniquement aux comptes ouverts après une date donnée, ou à élargir progressivement le champ d’application de cet allègement en fonction de l’âge. Une option envisageable pour préserver la viabilité des recettes à long terme consisterait à conjuguer la non-imposition des revenus de placement avec une taxation modeste des retraits de fonds. L’État engrangerait donc des recettes fiscales plus tard, mais les ménages bénéficieraient nettement de plusieurs décennies d’accumulation d’épargne non imposée, en particulier ceux dont les avoirs accumulés sont moins importants. Ainsi, une réforme sans incidence sur les recettes, consistant à supprimer l’imposition des revenus de placement de KiwiSaver perçus sous forme de dividendes ou d’intérêts et à la remplacer par une taxe de sortie ponctuelle prélevée à l’âge minimum de la retraite, pourrait se traduire par une augmentation de l’accumulation totale d’épargne-retraite privée de l’ordre de 75 points de PIB d’ici à 2060 en valeur actualisée nette, même en l’absence de modification des cotisations, ce qui contribuerait à stimuler l’apport de capitaux aux marchés financiers (Chapitre 4).
Cette évaluation budgétaire à long terme dépend du taux d’actualisation retenu (Encadré 1.6). L’exercice de modélisation réalisé à titre indicatif repose sur le taux de préférence sociale pour le présent, qui est proche du taux des emprunts d’État et correspond donc à la contrainte budgétaire intertemporelle qui s’applique aux questions de temporalité de l’imposition. L’utilisation d’un taux d’actualisation plus élevé, plus proche des rendements escomptés sur le marché, réduirait les gains budgétaires nets estimés résultant de la mise en place d’une fiscalité plus similaire à un régime EET, mais elle ne modifie pas le sens de l’effet induit : l’accumulation d’épargne non taxée dans KiwiSaver améliore sensiblement le niveau des avoirs détenus dans le cadre du régime d’épargne-retraite privée auquel l’adhésion est automatique.
Pour les questions de temporalité de l’imposition, consistant par exemple à comparer les régimes TTE (taxation des versements, taxation des revenus de placement et exonération des retraits de fonds) et EET, le bon taux d’actualisation de référence correspond à la contrainte budgétaire intertemporelle de l’État, pour laquelle on retient généralement comme valeur approchée le taux des emprunts d’État. Dans des conditions normales en matière de finances publiques (taux d’imposition constants, absence de contrainte de liquidité et taux d’actualisation correspondant à la contrainte budgétaire intertemporelle), les régimes TTE et EET sont équivalents en valeur actualisée (Atkinson-Stiglitz, 1976 ; Diamond an-Mirrlees, 1971a ; Diamond and Mirrlees, 1971b ; IFS, 2011) du point de vue des recettes publiques. Le taux de préférence sociale pour le présent est un taux d’actualisation adapté pour évaluer des objectifs publics à long terme tels que l’adéquation des revenus des retraités et l’équité intergénérationnelle, et il est généralement proche du taux des emprunts d’État. Si un taux de marché élevé est appliqué de manière incorrecte à un problème de temporalité de l’imposition, il portera mécaniquement à conclure qu’un report de la taxation serait coûteux sur le plan budgétaire, biaisant du même coup l’analyse en faveur de la collecte de recettes à court terme et au détriment des incitations à l’épargne-retraite à long terme. Il est également judicieux d’utiliser un taux d’actualisation inférieur au taux de rendement du marché pour analyser les possibilités de placement du Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande (NZSF, New Zealand Superannuation Fund). D’après des études empiriques, les fonds d’investissement souverains n’ont pas d’engagements explicites et leurs contraintes de liquidité sont minimales, ce qui va de pair avec un coût d’opportunité du capital plus faible que celui des investisseurs privés (Bortolotti, Fotak & Megginson, 2015).
À mesure que le patrimoine-retraite privé augmente, les tensions sur les futures dépenses publiques de retraite peuvent s’atténuer, ce qui améliore la viabilité budgétaire tout en étayant l’adéquation des revenus des retraités. Un changement de fiscalité globalement bénéfique peut tout de même faire des perdants et de nets gagnants en fonction de leurs revenus, de leur horizon de placement et de leur situation personnelle, notamment de leur situation au regard de l’emploi et de leur proximité de l’âge de la retraite. Pour garantir l’équité du système, on pourrait calibrer les taux de la taxe de sortie en fonction de l’âge des individus au moment de la réforme, afin de veiller à ce qu’aucune cohorte ne paie davantage en valeur actualisée que dans le cadre du régime annuel d’imposition. Pour préserver la progressivité, cette taxe ponctuelle pourrait aussi être calibrée en fonction du taux annuel d’imposition antérieur de l’investisseur, ou la pension publique pourrait être soumise à conditions de ressources (Graphique 1.13, partie B). On pourrait renforcer encore la progressivité du nouveau régime d’imposition en exonérant de cette taxe ponctuelle les avoirs détenus en deçà d’un seuil modeste, et en appliquant un taux augmentant progressivement au-dessus de ce seuil.
Dans la mesure où le patrimoine est très concentré, puisqu’on estime qu’environ 50 % des actifs accumulés au titre du régime KiwiSaver sont détenus par le décile supérieur de la distribution des revenus, une suppression de l’imposition des revenus de placement au titre du régime KiwiSaver permettrait également aux ménages ayant des revenus élevés de tirer des bénéfices supplémentaires considérables de leur accumulation de patrimoine au titre du régime Kiwisaver. En contrepartie, on pourrait soumettre à conditions de ressources leur accès aux pensions publiques, en fonction des revenus supplémentaires qu’ils tirent de l’augmentation de leurs avoirs dans KiwiSaver résultant de la réforme du régime d’imposition des revenus de l’épargne-retraite. Limiter l’application de conditions de ressources au décile supérieur de la distribution des revenus contribuerait aussi à réduire au minimum son effet de contre-incitation à l’épargne-retraite privée, même si cet effet semble marginal lorsque des changements de fiscalité sont réalisés dans le cadre d’un régime auquel l’adhésion est automatique comme KiwiSaver (Chapitre 4). De fait, à supposer que le patrimoine-retraite privé supplémentaire soit converti en rente versée sur une période de 22 ans (qui correspond à l’espérance de vie à 65 ans en Nouvelle‑Zélande), et que l’État récupère 50 % de ce flux de revenus en versant des pensions publiques réduites au décile supérieur de la distribution des revenus du fait de la soumission à conditions de ressources de ces pensions, cela pourrait également se traduire par des économies considérables et une amélioration du solde budgétaire au fil du temps (Graphique 1.13, partie B).
Comme d’autres pays de l’OCDE, la Nouvelle-Zélande est confrontée à de fortes tensions sur les dépenses publiques de santé, qui devraient augmenter d’environ 2.6 % du PIB entre 2025 et 2060. Cela s’explique par le vieillissement de la population et par la loi de Baumol (ou « maladie des coûts »), lorsque les salaires dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et à faible productivité, comme la santé, augmentent pour correspondre à ceux des secteurs à forte productivité. Des études empiriques attribuent à cet effet 20 à 80 % de la croissance des dépenses de santé, en particulier dans les services à forte intensité de main-d’œuvre comme les diagnostics et les soins de longue durée (OECD, 2025f). Toutefois, la transformation numérique, et en particulier l’IA, offre la possibilité de réaliser des économies budgétaires importantes tout en préservant la qualité des soins de santé. L’IA offre la possibilité d’une rupture structurelle en automatisant des tâches auparavant considérées comme non automatisables, comme l’interprétation des tomographies par émission de positons (TEP scans) et des IRM, le tri des cas et l’assistance à la chirurgie robotique (chapitre 3). Selon l’analyse de l’OCDE et des études universitaires, l’IA pourrait permettre de réaliser des économies de l’ordre de 5 à 10 % des dépenses totales de santé (Sahini et al., 2022). Si un ensemble de réformes est mis en œuvre pour favoriser le déploiement à plus grande échelle de l’IA et des technologies numériques dans le domaine de la santé (chapitre 3), les économies potentielles sont susceptibles d’être importantes. Des simulations à titre indicatif du modèle à long terme de l’OCDE d’amélioration de la productivité du secteur de la santé, correspondant à l’extrémité supérieure de cette fourchette d’économies, indiquent une amélioration du solde budgétaire d’environ 1 % du PIB.
Les réformes des recettes publiques peuvent également contribuer à assurer la viabilité des finances publiques. Le ratio impôts/PIB de la Nouvelle-Zélande s’établissait à 33.7 % en 2023, ce qui correspond à la moyenne de l’OCDE. Sachant que la Nouvelle-Zélande applique exceptionnellement la TVA aux services publics, ce qui accroît les recettes de TVA enregistrées d’environ 1 % du PIB, le pays est davantage tributaire que la moyenne de la TVA, celle-ci représentant 29.2 % (environ 26 % hors TVA sur les services publics) des recettes (contre 20.5 % dans la zone OCDE), des impôts sur les bénéfices des sociétés (12.6 % contre 11.9 % dans la zone OCDE) et des impôts sur la propriété immobilière (5.9 % contre 5.1 %). Les impôts sur le revenu des personnes physiques et les cotisations de sécurité sociale représentent au total 41.7 % du PIB, soit un niveau bien inférieur à la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 49.2 %. La Nouvelle-Zélande a déjà eu recours à certaines des options relativement efficaces pour accroître les recettes, qui sont couramment utilisées dans les pays de l’OCDE. En particulier, les exonérations du taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 15 % sont minimales, comme le montre le ratio des recettes de TVA (TVA collectée/recettes potentielles maximales) de 0.96, l’un des plus élevés de la zone OCDE.
Néanmoins, il reste possible d’accroître les recettes en améliorant la structure fiscale. Comme indiqué dans l’édition 2024 de l’Étude économique de l’OCDE consacrée à la Nouvelle-Zélande, taxer les gains exceptionnels (Murray, 2021) découlant du reclassement des terrains d'un usage rural à un usage résidentiel pourrait contribuer à répondre aux besoins budgétaires, notamment en faveur d’infrastructures plus résilientes au changement climatique. Des simulations illustratives d’une taxe de 50 % sur les gains exceptionnels résultant du reclassement des terrains, sur la base du volume annuel typique de terrains reclassés à la limite de la zone urbaine d’Auckland, indiquent que cette taxe pourrait générer environ 0.3 % du PIB à long terme. Les flux de trésorerie à court terme générés par cet impôt dépendraient des règles de report de l’exigibilité. En Australie, dans l’État de Victoria, l’impôt dû au titre de la modification de zonage peut être différé jusqu’à 30 ans ou jusqu’à la vente. Cela a limité les flux de trésorerie initiaux et semble trop généreux, encourageant de fait la constitution de réserves foncières et le report de la vente des terrains, alors que la modification du zonage faisant passer des terrains agricoles en terrains résidentiels laisse supposer qu’il existe un besoin de nouveaux logements. Les incidences budgétaires dépendent de la rapidité avec laquelle la taxe devient exigible après la modification du zonage, les estimations présentées reposant sur l’hypothèse que les plus-values exceptionnelles sont imposées au moment de la vente ou de la réalisation présumée d’un bien dans un délai maximum de cinq ans après la modification du zonage. Accorder des délais plus longs de report du paiement de l’impôt retarderait la perception des recettes, affaiblirait les incitations à mettre des terrains sur le marché et amplifierait la rétention foncière. La proposition irait au-delà des règles de modification de zonage existantes (IRD, 2025), qui ne taxent les gains que lorsqu’un bien est vendu avant 10 ans et qu’au moins 20 % de ces gains sont dus à une modification du zonage ou à des modifications réglementaires connexes, des exemptions, et notamment un changement de zone pour les terres agricoles, limitant encore la couverture. Par conséquent, de nombreuses plus-values importantes résultant de reclassements de terrains échappent à l’impôt parce que les propriétaires peuvent attendre la fin du délai requis ou prétendre à des exclusions. Un impôt spécifique sur les plus-values exceptionnelles permettrait ainsi d’appréhender l’amélioration liée à la modification de zonage de manière plus cohérente en taxant directement cette hausse de la valeur des terrains, indépendamment du calendrier de vente ou des critères d’intention.
Les taxes liées à l’environnement représentaient 4.75 % du total des recettes en 2022, soit plus que la moyenne de l’OCDE, qui est de 4.3 %. Cependant, à mesure que les ménages adoptent les véhicules hybrides et électriques (VE), la Nouvelle-Zélande, comme tous les pays de l’OCDE, doit remplacer les taxes sur les combustibles fossiles par d’autres recettes pour couvrir les coûts des routes, des infrastructures et autres coûts liés aux voitures particulières, tout en préservant au moins le niveau d’incitation à l’adoption des VE que ces taxes permettent actuellement d’atteindre. Une redevance au titre du système d’échange de quotas d’émission (SEQE) et un droit d’accise sur les carburants sont actuellement intégrés dans le prix de l’essence, le carburant dominant des voitures en Nouvelle-Zélande. Le gouvernement propose de supprimer le droit d’accise sur les carburants et de le remplacer par des redevances d’utilisation de la route pour tous les véhicules de transport de personnes à compter de 2027. À l’heure actuelle, les redevances d’utilisation de la route augmentent progressivement avec le poids du véhicule au-delà de 3 500 kg, mais le barème n’est pas suffisamment progressif en deçà de 3 500 kg. En effet, le barème proposé pour la tarification uniforme au kilomètre des véhicules pesant jusqu’à 3 500 kg ne tient pas suffisamment compte des coûts sociaux car il ne distingue pas entre petites voitures urbaines à trois portes et grands SUV d'une part, ni entre véhicules thermiques et VE d’autre part. L’imposition d’un barème d’utilisation de la route plus progressif en fonction du poids du véhicule, lorsqu’il est inférieur à 3 500 kg, permettrait d’accroître les recettes totales au-delà des droits d’accise actuels sur les carburants. Un barème progressif devrait être calibré pour tenir compte du risque plus élevé de blessures et de décès pour les piétons, les cyclistes et les occupants d’autres véhicules que les véhicules plus lourds font courir (Robinson et al., 2026).
En outre, si le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) internalise de manière appropriée l’externalité climatique des émissions, il cible les émissions. S’en remettre uniquement au SEQE après la suppression du droit d’accise sur les carburants affaiblirait sensiblement les incitations à électrifier le parc automobile, ce qui peut se justifier pour des raisons autres que la réduction des émissions. Le droit d’accise sur les carburants renchérit actuellement d’environ 70 cents par litre le prix de l'essence, soit une majoration plus de deux fois supérieure au signal-prix fondé uniquement sur le SEQE (représentant environ 20-30 cents par litre). Le supprimer sans le remplacer réduirait sensiblement l’avantage procuré, en termes de coût d’utilisation, par les véhicules électriques par rapport aux véhicules thermiques. Il est donc important de maintenir un écart notable entre les coûts d’utilisation des véhicules thermiques et des véhicules électriques, non seulement pour réduire les émissions, mais aussi pour des raisons de sécurité énergétique et de résilience économique. La Nouvelle-Zélande est très exposée à des perturbations de son approvisionnement en combustibles liquides importés qui peuvent avoir de graves conséquences pour les transports, les chaînes d’approvisionnement et les services essentiels. Cette vulnérabilité est mise en évidence par le conflit récent au Moyen-Orient. Accélérer l’électrification des transports réduirait sensiblement l’exposition à de tels chocs car cela permettrait de réorienter la demande d’énergie vers de l’électivité produite dans le pays. De ce point de vue, la préservation et, si nécessaire, le renforcement des incitations à l’adoption des véhicules électriques devraient être considérés comme une priorité stratégique nationale.
Un barème progressif de redevances routières pourrait être associé à des péages de décongestion, en particulier à Auckland, où l’on estime que la congestion coûtera 2.6 milliards NZD (0.6 % du PIB) en 2026 (EY & ARUP, 2025). Les simulations d’un système de redevances d’utilisation de la route à trois niveaux de poids, calibré en fonction du poids des véhicules de transport de personnes du parc néo-zélandais, associé à une redevance de décongestion modérée à Auckland, indiquent que des recettes à hauteur de 0.3 % du PIB pourraient être perçues tout en tenant mieux compte de toutes les externalités que les véhicules de transport de personnes génèrent. Les recettes pourraient diminuer progressivement si la mesure parvient à inciter les consommateurs à se tourner vers des voitures plus petites.
L’utilisation efficiente du vaste bilan de la Couronne peut également avoir un effet important sur les résultats budgétaires. Un choix politique concernant le niveau d’intervention de l’État dans l’économie ayant été fait, il est essentiel pour la viabilité budgétaire de bien gérer ces actifs. La taille du bilan de la Couronne a plus que doublé depuis 2014, atteignant 571 milliards NZD (131 % du PIB) en actifs et 380 milliards NZD (87 % du PIB) en passifs en 2024. Toutefois, la valeur nette devrait diminuer d’environ 10 % d’ici à 2029 si les paramètres actuels de l’action publique restent inchangés (Treasury, 2025a). Le vieillissement des actifs sociaux, les entités commerciales sous-performantes et l’exposition aux risques dans le portefeuille financier doivent faire l’objet d'une action.
L’approche de la Nouvelle-Zélande en matière de gestion du bilan repose en grande partie sur des procédures, l’accent étant mis sur l’amélioration de l’information et du suivi plutôt que sur l’intégration complète des principes de gestion des actifs et des passifs souverains, la coordination globale entre les portefeuilles et le suivi des passifs éventuels (Treasury, 2025c ; OECD, 2018). Dans le cadre d’une approche similaire aux examens des dépenses, le gouvernement a annoncé une approche plus proactive de la gestion du bilan, consistant à évaluer régulièrement si les actifs atteignent leurs objectifs ou si ces derniers pourraient être mieux atteints au moyen d’une autre combinaison d’actifs. Une approche plus proactive est conforme aux meilleures pratiques de l’OCDE, qui préconisent l’adoption de cadres intégrés de gestion des actifs et des passifs souverains, l’établissement de déclarations régulières sur les risques budgétaires et le recyclage actif des actifs afin d’optimiser les rendements corrigés des risques et de réduire les vulnérabilités (OECD, 2018 ; OECD, 2023).
Ce processus devrait commencer par faire en sorte que toutes les entités commerciales détenues par la Couronne, y compris les producteurs-détaillants d’électricité qu’elle détient partiellement, aient un objet social qui corresponde aux objectifs stratégiques plus larges du gouvernement (chapitre 4). Il s’agit d’une étape essentielle pour pouvoir améliorer la gestion des actifs afin d’accroître la valeur des investissements existants, en garantissant que l’allocation du capital soit en phase avec les priorités stratégiques et en renforçant les pratiques de gestion des risques afin de préserver la résilience et la solvabilité (Treasury, 2025a).
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CONCLUSIONS |
RECOMMANDATIONS (principales recommandations en gras) |
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Maintenir le cap de la reprise |
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Une stratégie qui consiste à conclure des accords de libre-échange et à diversifier les marchés, conjuguée à une forte hausse tendancielle des prix agricoles, a permis à la Nouvelle-Zélande de se prémunir contre la hausse des droits de douane aux États-Unis et ailleurs, mais le ratio échanges/PIB de la Nouvelle-Zélande est en baisse tendancielle et la gamme de produits d’exportation néo-zélandais n’est pas suffisamment diversifiée. |
Améliorer l’accès des PME aux marchés financiers. Promouvoir la croissance et la diversification des produits d’exportation en mettant l’accent sur la modernisation de la réglementation dans les secteurs dans lesquels la Nouvelle-Zélande dispose d’un avantage comparatif, notamment les services. |
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La faiblesse de la concurrence dans de nombreux secteurs clés de l’économie, notamment le secteur bancaire et l’énergie, fait augmenter l’inflation et freine la productivité et la croissance. La réglementation des marchés de produits sur les marchés numériques est obsolète et, avec la réglementation des autorisations et permis, inférieure à la moyenne de l’OCDE. |
Promouvoir la concurrence en conférant à la Commission du commerce des pouvoirs de rédaction de codes, en élargissant la reconnaissance mutuelle des normes étrangères, en créant des marchés des intrants essentiels, en promouvant la portabilité des données et l’interopérabilité afin de réduire les coûts de transfert, et en dématérialisant les systèmes d’autorisations et de permis. |
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Les activités de lobbying sont trop peu réglementées. Les anciens ministres peuvent rapidement exercer des fonctions de lobbying, et la transparence quant aux acteurs du lobbying et à leurs motivations est faible. Les initiatives visant à lutter contre les pratiques de lobbying inappropriées ne sont pas contraignantes. |
Instaurer des périodes de carence pour les hauts responsables politiques et administratifs et créer un registre des lobbyistes. |
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Des pénuries de compétences réapparaîtront à mesure que la reprise se confirmera. Globalement, l’écart salarial et l’écart de taux d’activité entre les hommes et les femmes sont faibles, mais celles-ci restent sous-représentées aux postes de direction et dans les secteurs offrant des rémunérations élevées comme la finance et les STIM. Les écarts de salaire sont plus marqués pour les femmes Maori et du Pacifique ; le dispositif « Family Boost » qui prévoit une allocation destinée à couvrir partiellement les coûts des services d’accueil des jeunes enfants réduira indirectement l’écart de rémunération entre les genres en permettant aux femmes de reprendre le travail, mais il ne s’agit pas d’une solution qui résout tous les problèmes. |
Instaurer une obligation de déclaration des écarts de rémunération entre les genres. Fixer des quotas minimums de femmes dans les conseils d’administration. Promouvoir la place des femmes dans la finance et les STIM en s’appuyant sur les politiques universitaires, le mentorat et les campagnes publiques. Élargir les possibilités de travail flexible, en particulier pour les postes de haut niveau dans le secteur privé. |
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Veiller à ce que l’inflation reste dans la fourchette cible |
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Même avant le début du conflit au Moyen-Orient, l’inflation se situait bien au-dessus de la fourchette de 1 à 3 % retenue comme objectif La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a abaissé son taux officiel de l’argent au jour le jour de 325 points de base au total depuis la mi-2024, cette baisse des taux d’intérêt ayant contribué à soutenir la demande intérieure. |
Il conviendrait que la RBNZ ne réagisse pas au choc initial sur les prix des carburants tout en veillant à ce que les anticipations d’inflation restent ancrées. |
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Depuis 2019, des modifications ont fréquemment été apportées aux missions et aux compétences en matière de politique monétaire. Un nouvel examen de l’application de la politique monétaire est en cours ; il englobe notamment un examen du programme d’achats d’actifs de grande ampleur en 2026. La RBNZ se présente régulièrement devant la commission parlementaire des finances et des dépenses (FEC). |
Garantir une reddition de comptes rigoureuse en veillant à la transparence de l’élaboration des décisions du Comité de politique monétaire et en conduisant régulièrement des évaluations. Renforcer la grande indépendance opérationnelle et la forte crédibilité de la RBNZ, notamment en maintenant la stabilité de son mandat et de sa compétence entre les examens ayant lieu tous les cinq ans. |
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Le manque de données administratives et à haute fréquence continue de limiter l’évaluation en temps utile de la persistance de l’inflation et le calibrage de la politique monétaire. |
Améliorer l’actualité, le niveau de détail et la qualité des statistiques macroéconomiques grâce à des IPC mensuels, à des mises à jour du PIB plus rapides et plus fiables, et à davantage d’indicateurs à haute fréquence sur le travail et les entreprises. |
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Préserver la résilience financière et remédier aux principales vulnérabilités |
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La RBNZ a mis en place un cadre de ratio dette/revenu en 2024, tout en assouplissant les restrictions relatives au ratio prêt/valeur du bien à compter de décembre 2025. Le nouveau Comité de politique financière assure désormais la surveillance des paramètres macroprudentiels. |
Assurer une coordination étroite de la politique monétaire et des politiques prudentielles pour éviter toute dynamique procyclique potentielle. |
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L’enquête du comité des finances et des dépenses sur le secteur bancaire a mis en évidence des problèmes de concurrence de longue date, notamment une forte concentration du marché, des changements de fournisseurs limités et des barrières à l’entrée. |
Continuer de renforcer la concurrence dans le secteur bancaire en améliorant l’accès aux systèmes de paiement, en accélérant la mise en œuvre de la banque ouverte et en réévaluant les exigences prudentielles susceptibles d’avoir une incidence disproportionnée sur les petits prêteurs. |
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Stabiliser la dette publique face aux tensions sur les dépenses liées au vieillissement démographique |
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Face au déficit structurel, le gouvernement met en œuvre un programme d’assainissement à moyen terme privilégiant la maîtrise des dépenses. Les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur la Nouvelle‑Zélande pourraient exiger une réponse budgétaire supplémentaire. |
Poursuivre le redressement des finances publiques à court et moyen terme. Un soutien à la politique budgétaire pourrait être nécessaire pour agjr temporairement en accordant des aides ciblées afin de contrecarrer les effets du conflit sur la Nouvelle‑Zélande. |
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Le vieillissement de la population exerce des tensions croissantes sur le déficit budgétaire et, en l’absence de réformes, la dette publique augmentera de manière non viable pour atteindre 200 % du PIB. |
Mettre en œuvre une réforme combinée des régimes de retraite publics et privés et du Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande (NZSF), notamment en liant l’âge d’ouverture des droits à pension publique à l’espérance de vie avec prise en compte des différences professionnelles et ethniques, en engageant des réformes fiscales et des réformes des conditions de ressources pour accroître l’accumulation d’épargne-retraite privée. |
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Les dépenses de santé et de soins de longue durée augmenteront de 2.6 % du PIB d’ici à 2060 en raison du vieillissement démographique. |
Réaliser des investissements ponctuels dans les systèmes de données et d’autres infrastructures afin d’intensifier l’utilisation du numérique et de l’IA et d’accroître l’efficience des dépenses à long terme. |
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La politique fiscale répond largement aux principes de l’assiette large et des taux bas relevant des bonnes pratiques, mais les recettes pourraient être augmentées tout en améliorant la durabilité environnementale. |
Remplacer les droits d’accise sur les carburants par un système universel de redevances d’utilisation des routes, calibrées en fonction du poids des véhicules, avec une redevance supplémentaire pour les véhicules thermiques, et par un péage de décongestion à Auckland. Mettre en place une taxe sur les plus-values exceptionnelles résultant du reclassement des terrains. |
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