L’économie de la Nouvelle-Zélande est en train d’amorcer une reprise conjoncturelle, portée par de solides exportations et un assouplissement monétaire même si les perspectives sont devenues plus incertaines Grâce à un vaste ensemble de réformes cohérentes, la Nouvelle-Zélande commence à s’attaquer aux racines de son problème de productivité chronique. Les turbulences politiques mondiales, le coût de l’électricité et les incertitudes entourant sa production, les tensions budgétaires liées au vieillissement démographique, l’insuffisance des investissements, le manque de profondeur des marchés de capitaux et l’offre limitée de capital-risque sont autant de facteurs qui nécessitent le maintien de la dynamique de réforme.
Bien que la surchauffe observée dans la période post-COVID se soit atténuée, des difficultés subsistent concernant la stabilité macroéconomique. La maîtrise de l’inflation est compliquée par des facteurs structurels, dont la faiblesse des pressions concurrentielles. Compte tenu des répercussions du conflit au Moyen-Orient, il importera de veiller à ce que les anticipations d’inflation restent bien ancrées. Le niveau élevé de l’endettement des ménages appelle à la vigilance dans la gestion macroprudentielle, tandis que les tensions budgétaires liées au vieillissement démographique et les faibles taux de remplacement des pensions plaident en faveur d’une plus grande efficience des dépenses de santé et de réformes des retraites coordonnées.
Malgré la part élevée de l’utilisation d’énergies renouvelables et l’existence d’une filière solide de production d'électricité à partir de sources renouvelables, les prix de l’électricité sont structurellement trop élevés en raison de la baisse des approvisionnements en gaz et de l’insuffisance des investissements dans des centrales de remplacement destinées à en sécuriser l’approvisionnement (« firming »). Le GNL devrait être considéré comme un outil de transition à court terme. L’accessibilité financière restera difficile à atteindre sans mesures permettant de décorréler les prix de l’électricité de ceux du gaz, à savoir développement de mécanismes de réponse à la demande, renforcement de la concurrence et déploiement d’installations ne fonctionnant pas au gaz destinées à sécuriser durablement l’approvisionnement en électricité. Il faut pour cela mettre en place un marché obligatoire destiné à répondre aux besoins de sécurisation et de flexibilité de l’approvisionnement en électricité et il pourrait être nécessaire que l’État investisse en tant qu’actionnaire minoritaire dans des centrales de remplacement indépendantes ne fonctionnant pas au gaz destinées à sécuriser durablement l’approvisionnement en électricité.
La transformation numérique du secteur de la santé ouvre des perspectives dont le potentiel, très élevé, est de ceux qui ne se présentent pas souvent. Le développement plus large de solutions de santé numériques et fondées sur l’IA pourrait alléger les tensions causées par le vieillissement démographique et celles qui concernent les effectifs en améliorant l’accès aux soins, en réduisant la charge administrative et en favorisant des gains de productivité. Les progrès en la matière dépendront de la mise en place d’un cadre réglementaire plus lisible, d’une amélioration de l’infrastructure numérique et d’une accélération du renforcement des capacités des personnels de santé.
Un approfondissement des marchés de capitaux est indispensable à la croissance. En effet, leur manque de profondeur, conjugué à la faiblesse de l’épargne-retraite individuelle, limite les financements à destination des entreprises innovantes. Faire en sorte d’accroître les cotisations au régime KiwiSaver, faire porter la fiscalité sur les retraits plutôt que sur les versements et les revenus de placement sont des mesures essentielles. Développer le capital-risque et le capital-développement, relancer les introductions en bourse et approfondir les marchés de la dette des PME permettrait de mobiliser l’épargne, donnerait aux entreprises la possibilité de se développer et serait bénéfique pour la productivité.