Les maladies chroniques constituent un défi majeur pour le système de santé français. Elles touchent près de 25 millions de personnes, sont responsables d’un grand nombre de décès prématurés et mobilisent environ 60 % des dépenses de l’Assurance Maladie en 2023. Face à ce fardeau croissant, la prévention apparaît comme un levier essentiel, notamment en ciblant les principaux facteurs de risque comportementaux tels que l’alimentation, l’inactivité physique ou la consommation d’alcool à risque. Cette étude de cas analyse sept interventions préventives déployées dans divers contextes : soins primaires, milieu scolaire, milieu professionnel et environnement de consommation. En s’appuyant sur le modèle de micro-simulation SPHeP-NCDs de l’OCDE, elle évalue leurs impacts sanitaires et économiques à l’horizon 2050. Les résultats apportent un éclairage clé aux décideurs publics en évaluant l’impact populationnel et l’efficience des interventions, contribuant ainsi à une allocation plus optimale des ressources et au renforcement des politiques de prévention.
Prévention des maladies chroniques en France : impacts sanitaires et économiques à long terme
Description
Les maladies chroniques, un défi majeur
Copier le lien de Les maladies chroniques, un défi majeurLes maladies chroniques – telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, et les cancers – représentent aujourd’hui un défi majeur pour le système de santé français. Touchant 25 millions de personnes (soit 37 % de la population) en France et responsables d’un grand nombre de décès prématurés, ces pathologies exercent une pression considérable sur le plan sanitaire et économique (Barthélémy et al., 2025[1]). Leur prise en charge mobilise environ 60 % des dépenses de l’Assurance Maladie, soit environ 126 milliards d’euros en 2023 (ibid), auxquelles s’ajoutent les coûts indirects liés à la non-participation au marché du travail, la perte de productivité des travailleurs, les arrêts de travail et la dégradation de la qualité de vie des patients et de leurs proches. D’ici 2050, le fardeau des maladies chroniques pourrait s’alourdir avec une hausse de 66 % des personnes atteintes de multimorbidité et une hausse de 40 % des dépenses de santé par habitant (OECD, 2026[2]).
Face à l’ampleur de ce fardeau, la prévention primaire s’impose comme un levier stratégique prioritaire. En agissant en amont sur les facteurs de risque modifiables – alimentation, sédentarité, activité physique, tabac, alcool, santé mentale – les politiques de prévention offrent la possibilité de réduire significativement l’incidence des maladies chroniques et d’alléger durablement la charge pesant sur le système de soins.
Cette étude de cas porte sur sept interventions de prévention identifiées comme prioritaires par l’Assurance Maladie, et vise à mesurer l’impact de leur déploiement à l’échelle nationale en France sur la période 2026‑2050. Cette étude apporte un éclairage et des chiffrages concrets d’aide à la décision pour orienter et renforcer les stratégies de prévention en France. Plus spécifiquement, l’étude poursuit deux objectifs complémentaires : mesurer l’impact populationnel de la montée en charge des interventions et évaluer leur efficience, c’est-à-dire le rapport entre les coûts engagés et les bénéfices sanitaires attendus.
Sept interventions de prévention évaluées à l’horizon 2050
Copier le lien de Sept interventions de prévention évaluées à l’horizon 2050L’analyse repose sur le modèle de micro-simulation de l’OCDE Strategic Public Health Planning for Non-Communicable Diseases (SPHeP-NCD), un outil avancé de modélisation d’aide à la planification stratégique des politiques de santé publique. Le modèle SPHeP-NCD permet d’évaluer l’efficacité et l’efficience des politiques de prévention en projetant leurs effets sanitaires et économiques au niveau populationnel jusqu’en 2050 (OECD, 2019[3] ; Devaux et al., 2023[4]). Les résultats sont estimés par comparaison avec un scénario de référence supposant le maintien des conditions observées à l’année de base (2026) tout au long de la période de simulation jusqu’à 2050. Par exemple, pour les politiques déjà partiellement ou localement mises en œuvre le scénario de référence tient compte de leur niveau de déploiement effectif en 2026. La comparaison entre le scénario de référence et le scénario de montée en charge des politiques permet ainsi d’estimer les effets attendus d’un déploiement à grande échelle d’ici 2050.
Les sept interventions analysées, présentées ci-dessous, ciblent des publics variés et s’inscrivent dans des cadres de mise en œuvre distincts : soins primaires, milieu scolaire, milieu professionnel et environnement de consommation. Cette diversité reflète l’ampleur des leviers mobilisables pour renforcer la prévention en santé. Ces interventions ne se substituent pas les unes aux autres ; elles sont complémentaires et agissent à des moments différents du parcours de vie, sur des déterminants et des facteurs de risque variés, avec pour objectif commun l’amélioration des modes de vie. Les sept interventions sont les suivantes :
Prescription de l’activité physique : dispositif dans lequel des professionnels de santé prescrivent de l’activité physique adaptée à l’état de santé et aux préférences des patients. Le dispositif tient compte du remboursement de la prescription médicale, et non des coûts liés à la pratique de l’activité physique elle‑même (OECD, 2022[5]).
Programme d’amélioration des modes de vie pour les patients ayant un diabète type 2 : programme de soutien combinant conseils en nutrition et activité physique et accompagnement médical visant à favoriser la rémission du diabète de type 2 et réduire le recours aux traitements hypoglycémiants, inspiré du programme néerlandais Reverse Diabetes 2 Now (Care4Diabetes, 2023[6] ; OECD, forthcoming[7]).
Programme de santé mentale en milieu scolaire : intervention de santé mentale dispensée par des enseignants formés et comprenant dix séances fondées sur une pédagogie active inspirée de la thérapie cognitivo-comportementale. Les séances incluent des leçons structurées, des discussions de groupe et des activités ciblées visant à renforcer les capacités sociales, émotionnelles et cognitives des élèves, notamment en matière de la résilience, la résolution de problèmes, de communication et de capacités d’adaptation (OECD, 2026[8]).
Programmes de réduction de la sédentarité au travail : initiative visant à diminuer le temps passé assis grâce à la mise à disposition de bureaux réglables en hauteur et de bureaux tapis de course (OECD, 2019[9]).
Programmes de bien-être au travail : mesures visant à améliorer la santé et promouvoir des modes de vie plus sains, combinant outils d’évaluation des risques pour la santé des employés, dispositifs d’auto‑assistance, consultations téléphoniques individuelles, formations et activités collectives. Ces programmes peuvent inclure la diffusion de messages éducatifs, la promotion de l’usage des escaliers, l’amélioration de l’offre alimentaire au travail, des incitations financières ou des mesures visant à faciliter l’accès à des infrastructures sportives (OECD, 2019[9]).
Intervention brève au travail visant à réduire la consommation d’alcool à risque : dépistage en entreprise, suivi d’une consultation médicale brève pour les employés identifiés à risque, puis d’une évaluation dix mois après l’entrée dans le programme (OECD, 2021[10]).
Déploiement obligatoire du Nutri-Score : système d’étiquetage nutritionnel apposé sur l’avant des emballages alimentaires destiné à informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits et encourager des choix plus sains (OECD, 2022[5]).
Outre le cadre de déploiement, les interventions se distinguent aussi par leur niveau d’efficacité, la durée des effets, le taux d’exposition (c’est-à-dire la part des individus effectivement bénéficiaires de l’intervention, exprimé en proportion de la population cible et en proportion de la population totale), et le coût de mise en œuvre (Tableau 1). Ces paramètres constituent la base de l’évaluation.
Tableau 1. Paramètres de modélisation des interventions
Copier le lien de Tableau 1. Paramètres de modélisation des interventions|
Interventions |
Efficacité |
Durée de l’efficacité |
Population cible – définition |
Hypothèse de déploiement de l’intervention |
Taux d’exposition (% de la population exposée à l’intervention) |
Coût de mise en œuvre |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Prescription de l’activité physique |
Diminution de l’IMC : ‑0.4 kg/m2 Augmentation activité physique : +636 MET-min/semaine |
18 mois. Efficacité maximale à 6 mois, maintenue jusqu’à 12 mois, puis diminution les 6 mois suivants |
Adultes de 18 ans et plus, inactifs ou faiblement actifs et qui sont soit obèses (IMC > 30) ou ayant une maladie chronique et en surpoids (IMC > 25) |
Part de la population cible recevant le programme augmente de 0 à 12 %, avec un taux d’abandon de 50 % |
12.0 % de la population cible (représentant 0.9 % de la population totale) |
1.12 EUR par habitant |
|
Programme d’amélioration des modes de vie pour les patients ayant un diabète de type 2 |
Diminution de l’IMC : ‑2.36 kg/m2 Augmentation de la qualité de vie : +2.7 % Réduction de dépenses de médicaments : ‑0.3 % |
5 ans. Efficacité maximale à 6 mois, maintenue jusqu’à la 4ème année, et réduite la dernière année |
Adultes de 18‑80 ans ayant un diabète de type 2 et sans autre comorbidité |
Part de la population cible recevant le programme augmente de 0 à 3.6 % |
3.6 % de la population cible (soit 0.1 % de la population totale) |
1.26 EUR par habitant |
|
Programme de santé mentale en milieu scolaire |
Réduction de 0.41 points sur l’échelle du PHQ‑8, et de 1.12 points sur l’échelle du GAD‑7. |
12 mois. Efficacité maximale à 6 mois, puis diminution les 6 mois suivants |
Enfants de 8 à 18 ans |
Part des enfants recevant le programme augmente de 8 % à 90 % |
67.5 % de la population cible (soit 7.3 % de la population totale) |
2.61 EUR par habitant |
|
Réduction de la sédentarité au travail |
Réduction de 72.78 min de la sédentarité pour une journée de travail de 8h |
Maintenue. Efficacité maximale à 12 mois, puis maintenue jusqu’au départ à la retraite ou au chômage. |
Adultes de 18‑65 ans travaillant dans de grandes entreprises |
Part des entreprises proposant le programme augmente de 32 % à 70 % |
23.8 % de la population cible (soit 2.7 % de la population totale) |
1.92 EUR par habitant |
|
Programme de bien-être au travail |
Diminution de l’IMC : Avant 12 mois : ‑0.64 kg/m2 Entre 12 et 24 mois : ‑0.16 kg/m2 |
36 mois. Efficacité maximale à 12 mois, maintenue sur les 12 mois suivants, et réduite la dernière année. |
Adultes de 18‑65 ans travaillant dans de grandes entreprises |
Part des entreprises proposant le programme augmente de 27 % à 70 % |
23.8 % de la population cible (soit 8.2 % de la population totale) |
1.59 EUR par habitant |
|
Intervention brève au travail sur la consommation d’alcool à risque |
Réduction de la consommation d’alcool de 41 grammes par semaine |
5 ans. Efficacité maximale à 12 mois, maintenue jusqu’à la 4ème année, et réduite la dernière année. |
Adultes de 18‑65 ans travaillant dans de grandes entreprises |
Part des entreprises proposant le programme augmente de 36 % à 70 % |
8.6 % de la population cible (soit 0.3 % de la population totale) |
0.16 EUR par habitant |
|
Nutri-Score obligatoire |
Réduction de l’apport calorique de 1.56 % |
Maintenue. Efficacité maximale à 2 ans, maintenue par la suite. |
Population entière |
Part des produits transformés étiquetés augmente de 55 % à 100 % |
73.0 % de la population cible (soit 73.0 % de la population totale) |
0.03 EUR par habitant |
Note : IMC : Indice de masse corporelle ; MET : Metabolic Equivalent Task ; MET-minutes est une mesure d’intensité d’une activité physique ; PHQ‑8 (Patient Health Questionnaire‑8 items) échelle de mesure des symptômes dépressifs ; GAD‑7 (Generalised Anxiety Disorder‑7 items) échelle de mesure de la sévérité du trouble d’anxiété.
Source : Élaboration de l’OCDE basée sur OECD (2019[9]), The Heavy Burden of Obesity: The Economics of Prevention, https://doi.org/10.1787/67450d67-en; OECD (2021[10]), Preventing Harmful Alcohol Use, https://doi.org/10.1787/6e4b4ffb-en; OECD (2022[5]), Healthy Eating and Active Lifestyles : Best Practices in Public Health, https://doi.org/10.1787/40f65568-en; OECD (2026[8]), The Economic Case for Preventing Mental Ill Health, https://doi.org/10.1787/16668f16-en; OECD (forthcoming[7]), Reverse Diabetes 2 Now: Analyses of best practices in public health, https://www.oecd.org/en/about/projects/best-practices-in-public-health.html.
Des bénéfices sanitaires et économiques considérables
Copier le lien de Des bénéfices sanitaires et économiques considérablesDéployées à l’échelle nationale sur la période 2026‑2050, les sept interventions étudiées pourraient générer des bénéfices sanitaires et économiques considérables. Elles contribueraient à réduire la mortalité prématurée, prévenir l’apparition précoce des maladies chroniques, accroître les années de vies corrigées de l’incapacité (AVCI, indicateur des années de vie en bonne santé), contenir les dépenses de santé, et à augmenter la productivité des travailleurs. Les effets seraient visibles dès les dix premières années (période 2026‑2035) et s’amplifieraient dans la majorité des cas à mesure que les interventions bénéficient de différentes cohortes et que leurs effets se matérialisent avec le vieillissement, via la prévention des maladies.
Pour cinq des sept interventions étudiées, des centaines de cas de mortalité prématurée seraient évitées chaque année en moyenne (Graphique 1). La prescription de l’activité physique et le Nutri-Score obligatoire présenteraient les effets les plus marqués, avec plus de 100 décès prématurés évités chaque année. A l’inverse, les programmes de santé mentale dans les écoles et de bien-être au travail n’auraient pas d’effet mesurable sur la mortalité prématurée.
Graphique 1. Bénéfices sanitaires et économiques annuels, 2026-2035 et 2026-2050
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Note : AVCI : années de vie corrigées de l’incapacité. ETP : Équivalent temps plein. Mortalité prématurée avant 75 ans. (*) Les maladies évitées comprennent les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers et la dépression. Certaines interventions, par exemple les interventions au travail visant à réduire la consommation d’alcool à risque, ont des effets sur d’autres maladies chroniques non présentées dans ce graphique.
Source : Estimations de l’OCDE basées sur le modèle SPHeP-NCDs, avril 2026.
Les interventions permettraient également d’éviter des milliers de cas de maladies chroniques, notamment cardiovasculaires, diabète, cancers et dépression. Les impacts les plus importants seraient observés pour les programmes de santé mentale à l’école, le Nutri‑Score obligatoire et la prescription de l’activité physique. Sur la période 2026‑2050, entre plus de 550 et jusqu’à 4 000 cas de maladies pourraient ainsi être évités chaque année selon l’intervention. Certaines interventions auraient également des effets bénéfiques sur d’autres pathologies ou événements (maladies du foie, blessures) non détaillés ici.
Sur la période 2026‑2050, les gains annuels en années de vie en bonne santé varient de 1 à 18 années pour 100 000 habitants selon l’intervention. Les résultats les plus élevés concernent les programmes de santé mentale en milieu scolaire (18 années pour 100 000 habitants) et le Nutri-Score obligatoire (10).
Les économies annuelles sur les dépenses de santé s’élèveraient à 0.6 EUR par habitant, en moyenne sur l’ensemble des sept interventions sur la période 2026‑2050. Les gains les plus importants seraient observés pour le Nutri‑Score obligatoire (1.5 EUR), la prescription de l’activité physique (1.0 EUR) et les programmes d’amélioration des modes de vie (0.7 EUR).
Grâce à l’amélioration de l’état de santé de la population, la participation au marché du travail et la productivité des travailleurs augmenteraient. Les gains de productivité – mesurés en termes de taux d’emploi, d’absentéisme, de présentéisme et de recours à la retraite anticipée – seraient les plus marqués pour les interventions ciblant le bien‑être et la sédentarité au travail, et le Nutri‑Score obligatoire, dans la mesure où elles concernent principalement la population en âge de travailler. Pour ces interventions, les gains sont d’environ 5 équivalents temps plein pour 100 000 personnes en âge de travailler.
Les écarts d’impact observés entre les interventions reflètent non seulement des différences d’efficacité et de modalité de déploiement, mais aussi des niveaux d’exposition variables au sein de la population. Le taux d’exposition varie fortement, allant de 0.1 % de la population totale pour le programme d’amélioration des modes de vie destiné aux personnes atteintes de diabète de type 2, à près de 73 % pour le déploiement obligatoire du Nutri‑Score (Tableau 1).
Prenant en compte le coût de déploiement de l’intervention, les économies sur les dépenses de santé, et les gains en années de vie en bonne santé sur la période 2026‑2050, l’étude estime un ratio coût-efficacité pour chacune des interventions étudiées. La majorité d’entre elles présentent un rapport coût‑efficacité compris entre 1 700 EUR et 65 400 EUR par année de vie en bonne santé gagnée. Les interventions affichant les meilleurs profils coût‑efficacité sont la prescription de l’activité physique et les interventions au travail visant à réduire la consommation d’alcool à risque. Par ailleurs, le déploiement obligatoire du Nutri‑Score constitue un investissement rentable, les coûts engagés étant compensés par les économies réalisées sur les dépenses de santé à long terme.
Conclusion et discussion
Copier le lien de Conclusion et discussionLes sept interventions évaluées génèrent des bénéfices sanitaires et économiques importants sur la période 2026-2050. L’ensemble des interventions analysées contribuent à réduire significativement le nombre de cas de maladies chroniques, tout en générant un retour positif en termes de réduction des dépenses de santé et de gains en productivité.
Sur le plan sanitaire, l’impact populationnel est le plus marqué pour quatre interventions : les programmes de santé mentale en milieu scolaire, le Nutri-Score obligatoire, la prescription de l’activité physique, et les programmes d’amélioration des modes de vie – qui concentrent l’essentiel des gains en année de vie en bonne santé. Sur le plan économique, la réduction des dépenses de santé est particulièrement notable pour le Nutri-Score obligatoire, les programmes d’amélioration des modes de vie et la prescription de l’activité physique, alors que les gains de productivité sont les plus importants pour le Nutri-Score obligatoire, les programmes visant la sédentarité et le bien-être au travail. Les interventions les plus coût‑efficaces sont la prescription de l’activité physique et les interventions au travail visant à réduire la consommation d’alcool à risque, tandis que le Nutri‑Score obligatoire constitue un investissement rentable. Chaque intervention présente des bénéfices sanitaires et économiques documentés. Leur mise en œuvre peut toutefois se heurter à des enjeux d’acceptabilité politique ou à la présence d’intérêts divergents, notamment lorsque ces mesures présentent un caractère contraignant ou réglementaire, impliquant des arbitrages de la part des décideurs publics.
Cette étude comporte néanmoins des limites qu’il convient de souligner. Les estimations reposent sur un ensemble d’hypothèses, détaillées dans le Tableau 1, relatives à l’efficacité des interventions, à la durée des effets, aux niveaux d’exposition de la population, et aux coûts de mise en œuvre. Ces hypothèses s’appuient sur la littérature internationale, dont la transférabilité au contexte national peut être partielle. Les données d’efficacité proviennent rarement d’études de suivi à long terme, ce qui limite la capacité à apprécier la persistance des effets dans le temps. Enfin, les estimations des coûts reposent en partie sur des hypothèses fondées sur des programmes similaires ou sur des agrégats (notamment coûts administratifs), en l’absence de données empiriques détaillées pour chacune des interventions.
Malgré ces limites, les résultats obtenus constituent un outil stratégique majeur pour éclairer les choix de politique en matière de santé publique. Les estimations produites par le modèle SPHeP-NCDs apportent un éclairage essentiel aux décideurs politiques dans le domaine de la prévention en santé. Elles permettent d’orienter les choix stratégiques quant au déploiement de ces interventions offrant une lecture tant sur l’effet populationnel que sur l’efficience, contribuant à une allocation plus optimale des ressources et au renforcement des politiques de prévention en santé.
Références
[1] Barthélémy, P. et al. (2025), « Les déterminants de la croissance des dépenses de santé de 2015 à 2023 : Une analyse médicalisée. », Points de repère, https://data.ameli.fr/ (consulté le 20 avril 2026).
[6] Care4Diabetes, E. (2023), Project Summary, https://c4djointaction.eu/project-summary/ (consulté le 10 April 2026).
[4] Devaux, M. et al. (2023), « Évaluation du programme national de lutte contre le tabagisme en France », Documents de travail de l’OCDE sur la santé, n° 155, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b656e9ac-fr.
[8] OECD (2026), The Economic Case for Preventing Mental Ill Health, OECD Health Policy Studies, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/16668f16-en.
[2] OECD (2026), The Health and Economic Benefits of Tackling Non‑Communicable Diseases: France, OECD Publishing, Paris, https://www.oecd.org/en/publications/the-health-and-economic-benefits-of-tackling-non-communicable-diseases_cf2ee573-en/france_c216b7b9-en.html.
[5] OECD (2022), Healthy Eating and Active Lifestyles : Best Practices in Public Health, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/40f65568-en.
[10] OECD (2021), Preventing Harmful Alcohol Use, OECD Health Policy Studies, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/6e4b4ffb-en.
[3] OECD (2019), Modelling the burden of disease, OECD, Paris, http://oecdpublichealthexplorer.org/ncd-doc/_2_1_Modelling_Principles.html.
[9] OECD (2019), The Heavy Burden of Obesity: The Economics of Prevention, OECD Health Policy Studies, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/67450d67-en.
[7] OECD (forthcoming), Reverse Diabetes 2 Now: Analyses of best practices in public health, OECD Publishing, https://www.oecd.org/en/about/projects/best-practices-in-public-health.html.
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