Seize pays membres de l’OCDE ont participé activement au groupe de travail « Anticiper et se préparer aux flux migratoires » (MAP) . L’aperçu global des pratiques de prévision repose principalement sur les réponses à un questionnaire distribué à ces pays, complétées par des exemples choisis provenant d’autres membres de l’OCDE. Le Tableau 2.1 donne un aperçu des pratiques actuelles en matière de prévision, en précisant quels pays s’y livrent et dans quels domaines des migrations. Au moins 13 pays de l’OCDE procèdent régulièrement à des exercices de prévision pour anticiper les demandes d’asile. Malgré une place de plus en plus importante sur l’agenda politique de nombreux pays de l’OCDE, les prévisions relatives aux franchissements irréguliers des frontières restent peu développées. À ce jour, seuls les États-Unis et la Suède fournissent de telles prévisions. La plupart des pays de l’UE utilisent toutefois le modèle d’évaluation commune et intégrée des risques (CIRAM) de Frontex pour anticiper les migrations irrégulières, mais celui-ci n’estime pas directement les flux futurs.
Huit pays prévoient les migrations de travail sur une base annuelle, tandis que cinq le font pour les étudiants internationaux et seulement quatre pour les migrations familiales. Les États-Unis et la Suède effectuent des exercices de prévision réguliers pour toutes les catégories et la Norvège pour toutes les catégories sauf les franchissements de frontières irréguliers. Le Royaume‑Uni a également effectué des prévisions pour presque toutes les catégories, mais sous forme d’exercices ponctuels. Le Canada et la France envisagent d’étendre leurs travaux de prévision de routine à toutes les catégories, tandis que le Japon prévoit de le faire uniquement pour les catégories de migration régulière.
Des informations supplémentaires sont tirées d’une enquête ad hoc lancée par la Finlande en 2024 sur les « méthodes de prévision des tendances migratoires futures », à laquelle 21 États membres de l’UE ont répondu, dont 12 pays membres ou candidats à l’OCDE (BEL, BGR, HRV, CZE, EST, FIN, HUN, LVA, LTU, PRT, SVK, SVN)1. Dans cette liste, la majorité des pays, à l’exception de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Lettonie et de la Lituanie, utilisent des méthodes ou des modèles pour prévoir ou analyser les tendances migratoires futures, mais la plupart d’entre eux se concentrent uniquement sur les demandes d’asile. La Tchéquie, la Slovénie et la République slovaque utilisent le CIRAM (modèle d’évaluation commune et intégrée des risques) 2.1 ou 3.0 de Frontex pour analyser les risques migratoires2. La Belgique a développé son propre modèle. Aucun pays n’a déclaré modéliser régulièrement les flux migratoires réglementés tels que les migrations à des fins d’études, de travail ou familiales.