L’économie de la mer fournit aux sociétés du monde entier de l’énergie, des aliments, des transports, des loisirs et des connaissances. Ce chapitre utilise les statistiques expérimentales de l’OCDE pour donner une vue d’ensemble de cette économie dans cinq secteurs : pêche en mer, aquaculture marine et transformation des produits de la mer ; ressources énergétiques et non biologiques marines ; industries maritimes ; tourisme maritime et littoral ; éducation, recherche et distribution des biens en lien avec la mer.
Panorama de l’économie de la mer
1. Ampleur, structure et performances de l’économie mondiale de la mer
Copier le lien de 1. Ampleur, structure et performances de l’économie mondiale de la merDescription
En bref
Copier le lien de En brefDepuis 1995, l’économie de la mer a généré environ 3 % à 4 % de la valeur ajoutée brute mondiale et a progressé plus rapidement que l’ensemble de l’économie. En 2025, elle a généré 3 500 milliards USD en termes réels, soit une hausse de 132 % par rapport à 1995, contre 125 % pour l’ensemble de l’économie.
L’activité économique liée à la mer s’est déplacée de la zone OCDE vers l’Asie hors OCDE, devenue en 2010 la première économie régionale de la mer. La part de la zone OCDE dans la valeur ajoutée brute mondiale de l’économie de la mer est passée de 73 % à environ la moitié. Ce recul concerne toutes les composantes, mais il est le plus marqué dans la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation.
Le tourisme marin et côtier et l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques se sont tour à tour classés au premier rang des composantes de l’économie de la mer, tandis que les industries maritimes ont enregistré la croissance la plus rapide. Les industries maritimes ont progressé de 4.2 % par an en termes réels et ont été le principal moteur de la croissance plus souvent que toute autre composante, tandis que le tourisme a représenté 82 % de la contraction de 11.3 % observée pendant la pandémie.
L’emploi dans l’économie de la mer a progressé moins vite que dans l’ensemble de l’économie, tandis que son avantage de productivité se concentre hors de la zone OCDE. Les équivalents temps plein ont augmenté de 33 % et la valeur ajoutée brute réelle par équivalent temps plein de 75 %, contre respectivement 42 % et 58 % dans l’ensemble de l’économie. Dans la zone OCDE, la valeur ajoutée brute par équivalent temps plein était inférieure à celle de l’ensemble de l’économie ; hors de cette zone, elle lui était 1.65 fois supérieure.
Les écarts entre économies nationales quant au poids relatif de l’économie de la mer se sont resserrés. Globalement, la part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute nationale a diminué dans 44 des 81 économies, les plus fortes baisses étant généralement observées là où la dépendance initiale à l’égard de l’économie de la mer était la plus élevée.
L’OCDE prévoit d’élaborer de futurs indicateurs afin de rendre compte de nouvelles dimensions de l’économie de la mer et de ses interdépendances avec les écosystèmes marins. Mené avec les principales parties prenantes, cet élargissement du programme de mesure pourrait couvrir les activités d’administration publique et de défense, l’innovation liée à l’océan, les actifs et services écosystémiques marins ainsi que les activités illicites en mer.
La valeur ajoutée brute (VAB) de l’économie de la mer s’est élevée à 3 500 milliards USD en termes réels en 2025, soit environ 3.0 % de la VAB mondiale aux prix courants ; entre 1995 et 2025, sa part de la VAB a été chaque année plus élevée hors de la zone OCDE qu’au sein de celle-ci (Graphique 1.1). La part de l’économie de la mer dans la VAB mondiale est passée de 2.9 % en 1995 à un point culminant de 3.7 % en 2012. Elle est tombée à 2.7 % pendant la pandémie, en 2020, avant de remonter à 3.0 % en 2025. Cette année-là, l’économie de la mer représentait 4.0 % de la VAB des économies non Membres de l’OCDE, contre 2.5 % dans la zone OCDE. Dans le pays type, sa part s’établissait à 3.2 %, soit un niveau proche de la part mondiale.
Graphique 1.1. La part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute mondiale a culminé en 2012 et a été chaque année plus élevée hors de la zone OCDE
Copier le lien de Graphique 1.1. La part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute mondiale a culminé en 2012 et a été chaque année plus élevée hors de la zone OCDEValeur ajoutée brute de l’économie de la mer, milliards USD en termes réels, et part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute, %, prix courants, 1995-2025
Note : Le partie A présente la valeur ajoutée brute de l’économie de la mer en termes réels. Le partie B présente la part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute mondiale, celle de la zone OCDE et celle des économies non Membres de l’OCDE, ainsi que sa part dans le pays type, le tout aux prix courants. Dans le partie B, les lignes en pointillés indiquent 2012 et 2020, années où la part mondiale a respectivement atteint son niveau le plus élevé et son niveau le plus faible. L’agrégat Monde regroupe les économies Membres et non Membres de l’OCDE. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base et aux prix courants. Les données en termes réels correspondent à des volumes chaînés aux prix de l’année précédente, l’année de référence étant 2022. Le pays type correspond à l’économie médiane. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
Entre 1995 et 2025, la VAB de l’économie de la mer a progressé de 132 % en termes réels, soit plus rapidement que celle de l’ensemble de l’économie, qui a augmenté de 125 % (Graphique 1.2). L’économie de la mer a crû plus vite que l’ensemble de l’économie sur la période 1995-2008 (3.5 % par an, contre 2.9 %), moins vite sur la période 2008-2019 (2.2 %, contre 2.6 %) et au même rythme sur la période 2019-2025. Son avance sur l’ensemble de l’économie a culminé à 12 points d’indice en 2015, a disparu pendant la pandémie de COVID-19, puis s’établissait à 7 points en 2025. L’amplitude de ses fluctuations annuelles a été environ deux fois supérieure à celle de l’ensemble de l’économie : sa VAB a reculé de 2.5 % en 2009, après la crise financière mondiale, et de 11.4 % en 2020, pendant la pandémie de COVID-19, avant de rebondir de 9.0 % en 2021 et de 8.9 % en 2022. L’avance sur l’ensemble de l’économie tient principalement à la forte croissance des plus grandes économies non Membres de l’OCDE, qui ont représenté 86 % des gains par rapport à la tendance mondiale, au premier rang desquelles la République populaire de Chine (ci-après « la Chine »), l’Indonésie et Singapour. Les industries maritimes et l’enseignement et la recherche sur l’océan et la distribution de biens ont été les composantes les plus dynamiques, progressant respectivement de 4.2 % et 3.1 % par an, contre 2.7 % pour l’ensemble de l’économie. Hors de la zone OCDE, la VAB de l’économie de la mer a augmenté de 255 % en termes réels, contre 68 % au sein de la zone. L’avantage de l’économie de la mer sur l’ensemble de l’économie s’est donc principalement constitué avant 2008 et repose sur ses plus grands producteurs non Membres de l’OCDE.
Graphique 1.2. L’économie de la mer a progressé plus rapidement que l’ensemble de l’économie entre 1995 et 2025
Copier le lien de Graphique 1.2. L’économie de la mer a progressé plus rapidement que l’ensemble de l’économie entre 1995 et 2025Valeur ajoutée brute, indice en termes réels (1995 = 100), 1995-2025, et croissance annuelle réelle, %, 1996-2025
Note : Le partie A présente la valeur ajoutée brute réelle de l’économie mondiale de la mer et de l’ensemble de l’économie mondiale sous forme d’indices, 1995 étant égal à 100. Le partie B présente leur croissance annuelle réelle ; les segments horizontaux indiquent la croissance annuelle réelle moyenne de chacune sur les trois périodes. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base. Les données en termes réels correspondent à des volumes chaînés aux prix de l’année précédente, l’année de référence étant 2022. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
L’Asie hors OCDE est devenue en 2010 la première région productrice de VAB de l’économie de la mer, après avoir dépassé l’Asie OCDE en 2002 et l’Europe OCDE en 2010 ; la part de la zone OCDE dans la VAB mondiale de l’économie de la mer est passée de 73.2 % en 1995 à moins de la moitié entre 2019 et 2024 (Graphique 1.3). La part de l’Asie hors OCDE dans la VAB mondiale de l’économie de la mer aux prix courants est passée de 16.0 % en 1995 à un sommet de 39.0 % en 2020, puis à 36.0 % en 2025. Parmi les neuf groupes régionaux, l’Asie OCDE a enregistré le plus fort recul, sa part passant de 27.3 % à 8.6 %. Celle de l’Europe OCDE est passée de 27.4 % à 21.4 %. La part de la zone OCDE a atteint un point bas de 46.6 % pendant la pandémie de COVID-19 en 2020, avant de remonter à 50.5 % en 2025. Le déplacement hors de la zone OCDE a concerné toutes les composantes de l’économie de la mer. En 2025, la zone OCDE produisait néanmoins encore plus de la moitié de la VAB mondiale des industries maritimes, du tourisme marin et côtier, ainsi que de l’enseignement et de la recherche sur l’océan et de la distribution de biens. Cette proportion était de 34.0 % pour l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques et de 25.3 % pour la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation.
Graphique 1.3. L’Asie hors OCDE est devenue en 2010 la première région productrice de valeur ajoutée brute de l’économie de la mer, tandis que la part de la zone OCDE a reculé dans chacune des composantes
Copier le lien de Graphique 1.3. L’Asie hors OCDE est devenue en 2010 la première région productrice de valeur ajoutée brute de l’économie de la mer, tandis que la part de la zone OCDE a reculé dans chacune des composantesParts de la valeur ajoutée brute mondiale de l’économie de la mer, %, prix courants, 1995-2025, et part de la zone OCDE dans la valeur ajoutée brute mondiale, %, prix courants, 1995 et 2025
Note : Les groupes régionaux correspondent aux régions M49 des Nations Unies, ventilées selon l’appartenance à l’OCDE. Le partie A présente les parts des quatre groupes régionaux les plus importants ; les lignes en pointillés indiquent 2002, année où l’Asie hors OCDE a dépassé l’Asie OCDE, et 2010, année où elle a dépassé l’Europe OCDE. Le partie B présente la part de la zone OCDE dans la valeur ajoutée brute mondiale de l’économie de la mer et de chacune de ses composantes. Le cercle vide correspond à 1995 et le cercle plein à 2025. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base et aux prix courants. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
Le tourisme marin et côtier a été la première composante de l’économie de la mer en termes de VAB pendant 19 des 31 années comprises entre 1995 et 2025 ; l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques l’ont été pendant 11 années, et les industries maritimes en 2020, durant la pandémie de COVID-19 (Graphique 1.4). La part de l’énergie en mer et des ressources marines non biologiques dans la VAB de l’économie de la mer aux prix courants est passée de 17.4 % en 1995 à un sommet de 34.6 % en 2012, avant de retomber à 23.7 % en 2025. Celle du tourisme marin et côtier a reculé de 33.5 % à 28.6 %, soit la plus forte baisse parmi les cinq composantes, après un point bas de 22.3 % en 2021. Le tourisme a repris la première place en 2015, puis de nouveau en 2023. Les industries maritimes ont représenté environ un quart de la VAB de l’économie de la mer sur l’ensemble de la période (24.8 % en 1995 et 25.6 % en 2025), et l’enseignement et la recherche sur l’océan et la distribution de biens environ un huitième (12.6 % et 13.0 %). La part de la pêche maritime, de l’aquaculture et de la transformation a diminué de 11.7 % à 9.0 %. La composition de l’économie de la mer a donc oscillé entre ses deux principales composantes, tandis que les parts des trois autres ont varié de moins de 3 points de pourcentage sur la période.
Graphique 1.4. Le tourisme marin et côtier et l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques se sont tour à tour classés au premier rang des composantes de l’économie de la mer en termes de valeur ajoutée brute
Copier le lien de Graphique 1.4. Le tourisme marin et côtier et l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques se sont tour à tour classés au premier rang des composantes de l’économie de la mer en termes de valeur ajoutée bruteParts de la valeur ajoutée brute de l’économie de la mer, %, prix courants, 1995-2025
Note : La somme des cinq composantes correspond au total de l’économie de la mer. La bande située au-dessus des colonnes est colorée selon la composante arrivée en tête chaque année. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base et aux prix courants. Les totaux régionaux et mondiaux comprennent des économies qui ne sont pas individualisées dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
Les industries maritimes ont enregistré la croissance la plus rapide, soit 4.2 % par an en termes réels entre 1995 et 2025, et ont le plus contribué à la croissance réelle de l’économie de la mer sur la période (Graphique 1.5). Le tourisme marin et côtier a été le principal moteur de la croissance pendant 11 années et a représenté 81 % de la contraction de 11.4 % de l’économie de la mer pendant la pandémie de COVID-19. L’enseignement et la recherche sur l’océan et la distribution de biens ont enregistré la deuxième croissance la plus rapide, soit 3.1 % par an, un rythme supérieur à celui de l’économie de la mer (2.8 %) et à celui de l’ensemble de l’économie (2.7 %). Le tourisme marin et côtier a progressé de 2.6 % par an, tout comme la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation ; l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques ont affiché la croissance la plus faible, à 1.8 %. En 2020, le tourisme a, à lui seul, retranché 9.3 points de pourcentage à la croissance de l’économie de la mer, tandis que l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques ont progressé pendant la pandémie. En 2009, seule autre année en dehors de 2020 au cours de laquelle l’économie de la mer s’est contractée, les industries maritimes ont été la principale composante du recul de 2.5 %. Ensemble, les industries maritimes et le tourisme ont représenté 90 % du rebond de 2021 et 2022. Les fluctuations de l’économie de la mer sont donc imputables aux industries maritimes et au tourisme, les deux composantes dont les contributions ont le plus varié, tandis que l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques ont progressé lentement et contribué à les contrebalancer.
Graphique 1.5. Les industries maritimes ont enregistré la croissance la plus rapide parmi les cinq composantes et ont été le principal moteur de la croissance de l’économie de la mer pendant plus d’années que toute autre composante, tandis que l’essentiel du recul observé pendant la pandémie de COVID-19 est imputable au tourisme marin et côtier
Copier le lien de Graphique 1.5. Les industries maritimes ont enregistré la croissance la plus rapide parmi les cinq composantes et ont été le principal moteur de la croissance de l’économie de la mer pendant plus d’années que toute autre composante, tandis que l’essentiel du recul observé pendant la pandémie de COVID-19 est imputable au tourisme marin et côtierCroissance annuelle réelle moyenne de la valeur ajoutée brute, %, 1995-2025, et contribution de chaque composante à la croissance annuelle réelle de la valeur ajoutée brute de l’économie de la mer, points de pourcentage, 1996-2025
Note : Le partie A présente la croissance annuelle réelle moyenne de la valeur ajoutée brute entre 1995 et 2025. Le partie B présente la contribution de chaque composante à la croissance annuelle réelle de l’économie de la mer. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base. Les données en termes réels correspondent à des volumes chaînés aux prix de l’année précédente, l’année de référence étant 2022. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
En 2025, un éventail plus large d’économies contribuait de manière significative à la VAB mondiale de l’économie de la mer qu’en 1995 (Graphique 1.6). Aux prix courants, la Chine et les États-Unis ont généré respectivement 500 milliards USD et 443 milliards USD en 2025, soit ensemble 28.4 % du total mondial. Sur la période, la composition des dix premières économies de la mer a évolué, la Norvège, l’Arabie saoudite, l’Indonésie, l’Australie et le Brésil ayant accru leur contribution relative. Six des dix principales économies de la mer sont membres de l’OCDE. Globalement, les résultats montrent que les dix premières économies de la mer de 2025 sont géographiquement plus diversifiées qu’au début de la période, lorsque la zone OCDE dominait.
Graphique 1.6. Les dix premières économies de la mer en 2025 sont géographiquement plus diversifiées qu’en 1995
Copier le lien de Graphique 1.6. Les dix premières économies de la mer en 2025 sont géographiquement plus diversifiées qu’en 1995Valeur ajoutée brute de l’économie de la mer dans les dix premières économies de la mer en 2025, milliards USD, prix courants, et valeur ajoutée brute de l’économie de la mer de trois grandes économies de la mer, milliards USD, prix courants, 1995-2025
Note : Le partie A classe les économies selon la valeur ajoutée brute de leur économie de la mer en 2025 ; leur rang de 1995 figure à côté de chaque barre. Le partie B présente la valeur ajoutée brute de l’économie de la mer des trois économies qui ont occupé la première place ; les lignes en pointillés indiquent les années où elles se sont dépassées. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base et aux prix courants. Les économies qui ne sont pas individualisées dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer ne sont pas classées. Les barres foncées indiquent les membres de l’OCDE. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
L’emploi dans l’économie de la mer a augmenté de 33 % entre 1995 et 2025 pour atteindre 103 millions d’équivalents temps plein (ETP), soit moins rapidement que dans l’ensemble de l’économie (42 %) ; en 2005, le tourisme marin et côtier a remplacé la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation au premier rang des employeurs (Graphique 1.7). Dans la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation, le nombre d’ETP est passé de 31.5 millions à 20.5 millions, soit de 40 % à 20 % des ETP de l’économie de la mer, tandis que celui du tourisme marin et côtier est passé de 22.8 millions à 43.4 millions, soit de 29 % à 42 %. Le nombre d’ETP dans l’enseignement et la recherche sur l’océan et la distribution de biens est passé de 11.1 millions à 21.3 millions et a dépassé celui de la pêche maritime, de l’aquaculture et de la transformation en 2023. Il est passé de 11.3 millions à 16.6 millions dans les industries maritimes, et de 1.1 million à 1.7 million dans l’énergie en mer et les ressources marines non biologiques. Le nombre d’ETP de l’économie de la mer a reculé de 14 % pendant la pandémie, en 2020. La Chine est restée le premier employeur, avec 21.5 millions d’ETP en 2025, soit légèrement moins que les 22.4 millions enregistrés en 1995. En Inde, le nombre d’ETP a doublé, passant de 5.4 millions à 11.0 millions. Le Nigéria est passé de la neuvième à la quatrième place, et le Bangladesh de la quatorzième à la huitième. Comme la Chine, le Japon employait moins d’ETP à la fin de la période qu’en 1995. Huit des dix principaux employeurs sont des économies non Membres de l’OCDE. Les emplois de l’économie de la mer sont donc concentrés hors de la zone OCDE.
Graphique 1.7. En 2005, le tourisme marin et côtier a remplacé la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation au premier rang des employeurs de l’économie de la mer
Copier le lien de Graphique 1.7. En 2005, le tourisme marin et côtier a remplacé la pêche maritime, l’aquaculture et la transformation au premier rang des employeurs de l’économie de la merÉquivalents temps plein, millions, 1995-2025, et équivalents temps plein des dix principaux employeurs en 2025, millions
Note : Le partie A présente les équivalents temps plein de chacune des composantes de l’économie de la mer. Le partie B classe les économies selon le nombre d’équivalents temps plein de leur économie de la mer en 2025 ; chaque flèche relie la valeur de 1995 à celle de 2025. Le rang de chaque économie en 1995 est indiqué à côté de celle-ci. Les flèches foncées indiquent les membres de l’OCDE. Les économies qui ne sont pas individualisées dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer ne sont pas classées. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
La productivité du travail dans l’économie de la mer a augmenté de 75 % en termes réels entre 1995 et 2025, soit plus rapidement que dans l’ensemble de l’économie (58 %), avec une hausse de 153 % hors de la zone OCDE et de 54 % au sein de celle-ci (Graphique 1.8). Mesurée par la VAB réelle par ETP, la productivité du travail a progressé plus vite dans l’économie de la mer que dans l’ensemble de l’économie, car le nombre d’ETP y a augmenté plus lentement. Aux prix courants, la VAB par ETP de l’économie de la mer était, en 2025, 1.22 fois plus élevée que celle de l’ensemble de l’économie à l’échelle mondiale. Ce ratio était de 1.10 en 1995 et avait culminé à 1.51 en 2012. Dans la zone OCDE, il s’établissait à 0.84 en 2025 et n’a jamais dépassé 1.01 sur la période. Hors de la zone OCDE, il atteignait 1.65 en 2025 et n’est jamais descendu en dessous de 1.61 sur la période. Rapportées à l’ensemble de l’économie dans laquelle elles s’inscrivent, les activités économiques liées à la mer sont donc des activités à forte VAB dans les économies non Membres de l’OCDE, et se situent à peu près dans la moyenne dans les économies membres. L’avantage mondial de productivité du travail reflète donc le poids des économies non Membres de l’OCDE dans l’emploi de l’économie de la mer.
Graphique 1.8. La productivité du travail dans l’économie de la mer a progressé plus rapidement que dans l’ensemble de l’économie
Copier le lien de Graphique 1.8. La productivité du travail dans l’économie de la mer a progressé plus rapidement que dans l’ensemble de l’économieValeur ajoutée brute par équivalent temps plein, indice en termes réels (1995 = 100), et ratios entre la valeur ajoutée brute par équivalent temps plein de l’économie de la mer et celle de l’ensemble de l’économie, prix courants, 1995-2025
Note : Le partie A présente la valeur ajoutée brute par équivalent temps plein de l’économie de la mer en termes réels sous forme d’un indice, 1995 étant égal à 100, ainsi que le même indice pour l’ensemble de l’économie. Le partie B présente, aux prix courants, le ratio entre la valeur ajoutée brute par équivalent temps plein de l’économie de la mer et celle de l’ensemble de l’économie dans le même agrégat. L’agrégat Monde regroupe les économies Membres et non Membres de l’OCDE. Les données en termes réels correspondent à des volumes chaînés aux prix de l’année précédente, l’année de référence étant 2022. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
Entre 1995 et 2025, la dépendance à l’égard de l’économie de la mer, mesurée par sa contribution à la VAB nationale, a convergé entre les économies (Graphique 1.9). Les deux plus fortes hausses ont été observées en Norvège, où la part de l’économie de la mer est passée de 21.0 % à 27.8 %, et en Grèce, où elle est passée de 6.2 % à 11.7 %. La plus forte diminution a concerné le Viet Nam, où cette part est tombée de 18.0 % à 4.6 %. Celle de l’Angola a également reculé, depuis un niveau élevé de 41.8 % jusqu’à 31.6 %, ce qui ne l’a pas empêché de rester l’économie la plus dépendante de l’économie de la mer en 1995 comme en 2025. Globalement, dans une économie où la part de l’économie de la mer était supérieure de 10 points de pourcentage en 1995, la baisse observée à l’horizon 2025 était en moyenne plus importante de 2.1 points. Le 90e centile de la distribution de cette part entre les économies est passé de 12.1 % à 9.6 %, tandis que la médiane est passée de 3.3 % à 3.2 %. En moyenne, les économies les plus dépendantes ont donc réduit leur dépendance à l’égard de l’économie de la mer, dont la part dans la VAB nationale s’est rapprochée de celle observée dans le pays type.
Graphique 1.9. La dépendance à l’égard de l’économie de la mer en termes de valeur ajoutée brute nationale a convergé entre les économies de 1995 à 2025
Copier le lien de Graphique 1.9. La dépendance à l’égard de l’économie de la mer en termes de valeur ajoutée brute nationale a convergé entre les économies de 1995 à 2025Part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute nationale, %, prix courants, 1995 et 2025, et parts le long de la distribution, %, prix courants, 1995-2025
Note : Le partie A met en regard la part de l’économie de la mer dans la valeur ajoutée brute nationale en 2025 et sa part en 1995. La ligne en tirets correspond à une absence de variation. Les points situés au-dessous de cette ligne correspondent donc à une part moins élevée en 2025 qu’en 1995. Le partie B présente le 10e centile, la médiane et le 90e centile de la distribution de cette part entre les économies. L’agrégat Monde regroupe les économies Membres et non Membres de l’OCDE. La valeur ajoutée brute est exprimée aux prix de base et aux prix courants. Les économies qui ne sont pas individualisées dans les tableaux expérimentaux des ressources et des emplois de l’économie de la mer ne sont pas classées. Une régression par les moindres carrés de la variation de la part sur son niveau de 1995 donne une pente de -0.21 et un coefficient de détermination R² de 0.26. Les données de 2025 sont des projections.
Source : OCDE (2026), OCEANSTAT : estimations de l’OCDE relatives à l’activité économique liée à la mer.
Comment l’OCDE prévoit-elle d’élargir son programme de mesure de l’économie de la mer ?
Copier le lien de Comment l’OCDE prévoit-elle d’élargir son programme de mesure de l’économie de la mer ?Les indicateurs de performance économique de l’économie de la mer présentés ci-dessus constituent, à partir de statistiques économiques, une base factuelle complète et comparable à l’échelle internationale au service des processus d’action publique nationaux et internationaux. L’OCDE entend toutefois élargir son programme de mesure de l’économie de la mer à d’autres dimensions tout aussi importantes, au moyen de nouveaux indicateurs qui seront intégrés aux futurs rapports. Pour assurer une bonne gestion de l’océan, une attention particulière doit être accordée à la mesure des interdépendances réciproques entre les activités économiques liées à la mer et les actifs et services écosystémiques marins dont elles dépendent, comme le recommande la publication de l’OCDE L’économie de la mer à l’horizon 2050 (OCDE, 2025). En étroite coordination avec différents acteurs, un programme de mesure élargi pourrait porter sur cinq domaines importants : les actifs et services écosystémiques marins ; les activités d’administration publique et de défense ; l’innovation liée à l’océan ; le suivi des infrastructures océaniques ; et les activités illicites en mer.
Actifs et services écosystémiques marins : Les écosystèmes marins rendent à la société des services essentiels, notamment la protection du littoral, le piégeage et le stockage du carbone, la fourniture de zones de nourricerie et d’habitats pour les poissons, l’épuration de l’eau, la régulation des nutriments ainsi que des services culturels et d’agrément. Bien que le Système de comptabilité économique et environnementale - Comptabilité des écosystèmes (SCEE-CE) ait permis d’améliorer la mesure de certains de ces services dans certains pays, on ne dispose pas encore d’estimations cohérentes et comparables à l’échelle internationale. L’OCDE pourrait appuyer les efforts nationaux et internationaux visant à améliorer la mesure des liens entre l’environnement et l’économie, en élaborant des indicateurs qui combinent statistiques économiques et informations environnementales, et en recourant à la modélisation économique pour comprendre les effets à long terme des mesures de gestion du milieu marin, notamment les plans de l’espace maritime et les aires protégées, tant sur les activités économiques liées à la mer que sur les écosystèmes dont elles dépendent.
Les écosystèmes marins concernés comprennent notamment les mangroves, les marais salés, les herbiers marins, les récifs coralliens et ostréicoles, les forêts de laminaires, les estuaires, les vasières intertidales et les zones humides côtières. Les espèces et groupes de populations apparentés incluent les poissons, les requins et les raies, les mammifères marins, les oiseaux de mer, les tortues, les espèces liées aux récifs et la végétation structurante des habitats. À titre d’illustration, le World Register of Marine Species (WoRMS) recense actuellement environ 250 000 espèces marines acceptées, auxquelles pourraient s’ajouter jusqu’à 2 millions d’espèces restant à décrire et/ou à découvrir (WoRMS, 2026). Plus de 2 500 espèces officiellement décrites sont ajoutées chaque année à la base de données, tandis que les navires de recherche des flottes nationales, les opérateurs commerciaux de prospection ou les organisations philanthropiques découvrent chaque année environ 2 000 espèces supplémentaires qui restent à décrire officiellement. À plus de 500 mètres de profondeur, le World Register of Deep-Sea Species recense à ce jour plus de 30 800 espèces décrites. Toutefois, ces registres importants portent principalement sur l’identification et la classification des espèces marines ; ils ne renseignent pas sur l’abondance des espèces et ne permettent pas de comparer l’effort d’observation entre les pays. De nouvelles recherches scientifiques, des campagnes d’observation et une observation soutenue de l’océan seront donc nécessaires pour élaborer des indicateurs comparables à l’échelle internationale concernant la représentativité écologique, la connectivité, l’efficacité de la gestion et les résultats observés en matière de biodiversité, comme le prévoit le Cadre mondial de la biodiversité. En collaboration avec les organisations scientifiques et internationales compétentes, l’OCDE pourrait contribuer à identifier des indicateurs de biodiversité et d’état des écosystèmes adaptés aux comparaisons internationales, et les relier à des données originales sur les activités économiques, les pressions, les réponses des pouvoirs publics et la fourniture de services écosystémiques.
Administration publique et défense : Les administrations publiques et la défense jouent un rôle essentiel dans la mise en place des cadres juridiques et réglementaires et des dispositifs opérationnels de sécurité sur lesquels repose l’économie de la mer. Leur contribution n’est toutefois encore que partiellement prise en compte dans les estimations internationales actuelles. Les activités concernées comprennent la politique et la réglementation maritimes, la sûreté et la sécurité, les services hydrographiques et de navigation, les opérations de garde-côtes, les contrôles douaniers et aux frontières, le suivi de l’environnement marin et le contrôle de l’application des règles, ainsi que les activités de défense liées à l’océan. Il est difficile de mesurer les biens et services fournis par ces activités, car ils sont généralement comptabilisés au sein d’institutions publiques, de programmes de dépenses et de catégories d’emploi plus larges. Plusieurs pays intègrent déjà certaines composantes de l’administration publique et de la défense dans leurs comptes thématiques de l’économie de la mer. Toutefois, les différences de définition et d’organisation institutionnelle limitent la comparabilité internationale. L’OCDE s’emploie à combler ces lacunes en précisant les types de biens et services qui devraient entrer dans le périmètre de mesure et en étudiant des méthodes permettant d’affecter les dépenses publiques et l’emploi à leurs composantes liées à l’océan. En 2026, elle a organisé un atelier technique réunissant des praticiens, première étape vers l’élaboration d’approches communes et l’amélioration de la cohérence des estimations entre pays.
Innovation liée à l’océan : Les nouveaux indicateurs des tendances des publications scientifiques et des politiques de science, technologie et innovation présentés dans ce rapport portent principalement sur la recherche fondamentale et les politiques connexes. Or, la recherche fondamentale n’est qu’une étape d’un processus plus large d’innovation liée à l’océan, par lequel les connaissances se transforment en nouvelles technologies, nouveaux produits, services et modèles économiques. En s’appuyant sur des ensembles de données uniques, la prochaine étape des travaux de l’OCDE pourrait consister à élaborer des indicateurs comparables à l’échelle internationale sur les brevets liés à l’océan, la commercialisation, l’investissement et le changement d’échelle des entreprises innovantes. Forte de sa première analyse des réseaux d’innovation marine, des utilisations des données publiques sur le milieu marin dans l’activité économique liée à la mer, ainsi que de son expertise en matière de données sur les brevets et les entreprises, l’OCDE pourrait également examiner les écosystèmes, les compétences, les financements et les conditions-cadres qui permettent à l’innovation liée à l’océan d’accompagner les transitions de l’économie de la mer.
Suivi des infrastructures océaniques : La croissance rapide des infrastructures océaniques, en particulier sur les fonds marins, appelle une amélioration des mesures. L’OCDE pourrait soutenir l’élaboration de mesures comparables portant sur les usages, le développement des capacités et la résilience économique des principales infrastructures liées à l’océan. Ainsi, près de 1.6 million de kilomètres de câbles sous-marins de télécommunications à fibres optiques ont été ajoutés depuis 1995, parallèlement à un développement considérable des infrastructures énergétiques en mer, notamment des éoliennes et des plateformes pétrolières et gazières. Les systèmes d’observation soutenue de l’océan deviennent eux aussi des infrastructures essentielles au service d’objectifs publics et privés. De nouveaux indicateurs comparables de l’OCDE, élaborés avec les principales parties prenantes, pourraient aider les économies à suivre les capacités et la couverture, et à repérer les dépendances stratégiques concernant plusieurs infrastructures océaniques clés.
Activités illicites en mer : Un dernier défi de mesure concerne « l’économie clandestine de la mer ». Les activités illicites existent de longue date en mer, mais leur ampleur, leur complexité et leurs conséquences économiques pourraient s’accroître à mesure que l’économie de la mer se développe et que les activités maritimes deviennent plus interconnectées, notamment la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ; la piraterie et les vols à main armée en mer ; ou encore le trafic de drogues, d’armes et de carburants. Diverses organisations internationales, autorités nationales et initiatives spécialisées recueillent déjà des informations sur certaines activités illicites en mer à des fins opérationnelles, réglementaires, de suivi ou de contrôle de l’application des règles. Ces données ne visent toutefois pas à fournir une mesure intégrée ou comparable à l’échelle internationale de l’ampleur économique et des conséquences de l’économie clandestine de la mer. À terme, l’OCDE pourrait compléter les initiatives existantes en analysant les dimensions économiques et les enjeux d’action publique des activités illicites en mer, et étudier des méthodes permettant d’évaluer leur valeur économique directe ainsi que leurs effets plus larges sur les entreprises légitimes, les recettes publiques, les conditions de travail et les écosystèmes marins.
Pour en savoir plus
OCDE (2025), L’économie de la mer à l’horizon 2050, Éditions OCDE, Paris, www.oecd.org/fr/publications/l-economie-de-la-mer-a-l-horizon-2050-version-abregee_66051cab-fr.html
OCDE (2025), Environmental Outlook on the Triple Planetary Crisis: Stakes, Evolution and Policy Linkages, Perspectives de l’OCDE sur l’environnement, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/257ffbb6-en
OCDE (2025), Promoting Sustainable Ocean Economies: Guidance for Development Co-operation, Best Practices in Development Co-operation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/72055d7f-en
OCDE (2025), « The ocean economy and climate change nexus: The case of Portugal », OECD Net Zero+ Policy Papers, no 16, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3d4949c2-en
Jolliffe, J., C. Jolly et B. Stevens (2021), « Blueprint for improved measurement of the international ocean economy: An exploration of satellite accounting for ocean economic activity », OECD Science, Technology and Industry Working Papers, no 2021/04, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/aff5375b-en
OCDE (2019), Repenser l’innovation au service d’une économie maritime durable, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264311053-en
WoRMS (2026), World Register of Marine Species, site web : www.marinespecies.org/