La France est l’une des principales puissances spatiales mondiales et un acteur central de l’écosystème spatial européen. En 1965, elle est devenue le troisième pays, après l’Union soviétique et les États-Unis, à placer un satellite en orbite au moyen de son propre lanceur, grâce à la fusée Diamant qui a lancé Astérix. Elle accueille également le port spatial de l’Europe à Kourou, en Guyane française. Sa situation proche de l’équateur permet un accès efficace à une grande diversité d’orbites et contribue à garantir l’autonomie européenne en matière de lancements.
Panorama de l’économie spatiale 2026
France
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Indicateur |
France |
Moyenne OCDE |
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Premier satellite mis en orbite |
Astérix (1965) |
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Premier lancement orbital réussi |
1965 (Diamant A) |
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Nombre de satellites en orbite au 23 juin 2026 (part des satellites détenus par des acteurs privés) |
104 (75%) |
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Nombre de satellites lancés depuis 2019 (juin 2026) |
98 |
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Nombre de ports spatiaux |
1 (Kourou Space Centre in French Guiana) |
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Budget spatial civil institutionnel en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) |
0.082% |
0.065% |
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Budget spatial civil institutionnel par habitant |
40.2 |
35.4 |
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Nombre fractionnaire de publications scientifiques dans le domaine spatial pour 100 000 habitants |
1.7 |
2.1 |
La France figure également parmi les principaux contributeurs de l’Agence spatiale européenne et dispose de capacités dans les domaines des systèmes de lancement, de la fabrication de satellites, de l’observation de la Terre, des télécommunications, des sciences spatiales et de la défense, ainsi que d’un écosystème dynamique de jeunes entreprises du secteur spatial.
Évolution du budget public civil consacré aux activités spatiales en France
Copier le lien de Évolution du budget public civil consacré aux activités spatiales en FranceEn millions d’EUR et d’USD constants, année de référence 2015
Note : Les estimations budgétaires comprennent les activités nationales ainsi que les contributions à l’Agence spatiale européenne (ASE), à EUMETSAT et les contributions estimées au programme spatial de l’Union européenne.
Source : Analyse de l’OCDE fondée sur des sources institutionnelles.
En juin 2026, la France se classait au sixième rang mondial pour le nombre de satellites détenus, environ 75 % de ses satellites actifs étant exploités à des fins commerciales, et au septième rang pour le nombre de satellites lancés depuis 2019. Si l’activité orbitale récente est principalement portée par le secteur commercial, la France conserve un vaste portefeuille de satellites gouvernementaux destinés à des applications civiles, sécuritaires et militaires.
En 2025, le budget spatial civil de l’État français s’élevait à 2 760,8 millions USD (soit 2 443,2 millions EUR). Il comprenait les activités nationales et multilatérales, les contributions à l’Agence spatiale européenne (ESA) et à Eumetsat, ainsi que les contributions estimées au Programme spatial de l’Union européenne (UE), principalement calculées sur la base de la part de chaque pays dans le revenu national brut agrégé de l’UE. En termes réels, ce budget enregistrait une légère hausse par rapport à 2024 et aux niveaux antérieurs à la pandémie de COVID-19. L’observation de la Terre et les lanceurs constituaient les principaux postes budgétaires des contributions à l’ESA, tandis que le programme national était axé sur le maintien de l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe, ainsi que sur la promotion de la recherche et développement (R-D).
Dévoilée le 12 novembre 2025, la nouvelle Stratégie nationale spatiale a réaffirmé les grandes priorités de la France : la souveraineté, l’accès autonome à l’espace, la compétitivité industrielle, la défense, la transition environnementale et la coopération européenne. Auparavant, en juin 2025, la feuille de route de décarbonation de la filière spatiale française avait fixé des objectifs formels visant à réduire son empreinte carbone.
La France réévalue actuellement sa méthode de mesure du secteur spatial afin de mieux prendre en compte l’ensemble des activités concernées. Le secteur spatial français est à la fois vaste et à forte intensité technologique. Il couvre tous les segments de l’industrie, de la fabrication à l’exploitation des données et des signaux satellitaires. Le pays compte également plusieurs maîtres d’œuvre situés au sommet de la chaîne de valeur de la fabrication spatiale. Le principal pôle industriel se trouve dans le sud-ouest du pays et entretient des liens étroits avec l’aéronautique. Le nombre de start-up du secteur spatial augmente en France, avec le soutien de deux centres d’incubation d’entreprises de l’Agence spatiale européenne (ESA BIC) et du programme d’accompagnement Connect by CNES. À partir de 2026, le Centre spatial guyanais disposera d’un complexe dédié aux micro- et mini-lanceurs privés.
La France représentait 7,7 % des demandes mondiales de brevets liés au spatial sur la période 2020-2023, contre 16,4 % sur la période 2010-2013, comme l’illustre le graphique 2. Parmi ses principaux domaines de spécialisation figurent la propulsion et le contrôle des systèmes spatiaux, qui représentent respectivement 14 % et 10 % des demandes mondiales de brevets. La France dispose d’un solide avantage technologique révélé (ATR), ce qui signifie que sa part dans les dépôts de brevets liés au spatial est équivalente à sa part dans l’ensemble des activités de brevetage. La spécialisation relative de la France dans les brevets portant sur les technologies spatiales a diminué depuis la période 2010-2013.
France: Brevet spatiaux
Copier le lien de France: Brevet spatiauxFamilles de brevets IP5, par date de priorité et localisation du déposant, avec une méthode de comptage fractionné.
Note: Les familles de brevets IP5 correspondent à des familles de brevets déposées auprès d’au moins deux offices de propriété intellectuelle dans le monde, dont au moins l’un des cinq plus grands offices de propriété intellectuelle (IP5), à savoir : l’Office européen des brevets (OEB), l’Office japonais des brevets (JPO), l’Office coréen de la propriété intellectuelle (KIPO), l’Administration nationale chinoise de la propriété intellectuelle (CNIPA) et l’Office des brevets et des marques des États-Unis (USPTO). Les brevets liés aux technologies spatiales ont été identifiés par l’OEB à l’aide de la base de données EPO-PATSTAT 2025b (https://www.epo.org/patstat).
Source : OCDE (2026[1]), STI Micro-data Lab : Base de données sur la propriété intellectuelle, http://oe.cd/ipstats, Juin 2026.
En ce qui concerne la production scientifique liée au domaine spatial, la production de la France, mesurée selon un comptage fractionné, est restée stable au fil du temps, mais demeure inférieure à la moyenne de l’OCDE pour 100 000 habitants. La part des publications cosignées à l’échelle internationale a augmenté depuis 2009 et atteint un niveau élevé, supérieur à 70 %. S’agissant des citations, couramment utilisées comme indicateur indirect de l’excellence scientifique, 10.5 % de la littérature spatiale française figuraient parmi les 10 % de publications les plus citées en 2024. Le score normalisé de citations de la France, qui permet de comparer les profils de citation au sein de domaines scientifiques spécifiques, se situait au niveau ou légèrement en deçà de la moyenne mondiale dans les catégories « Sciences de la Terre et des planètes » et « Physique et astronomie » de la classification All Science Journal Classification (ASJC).
France : Production scientifique dans le domaine spatial et indicateurs d’excellence en 2024
Copier le lien de France : Production scientifique dans le domaine spatial et indicateurs d’excellence en 2024Comptage fractionné
Note : Le périmètre des documents repose sur une sélection de titres de revues et de codes de la classification All Science Journal Classification dans la base de données Scopus.
Source : Calculs de l’OCDE fondés sur les données Scopus Custom Data, Elsevier, Version 1.2026, Avril 2026.
D’après les données du Système de notification des pays créanciers du Comité d’aide au développement de l’OCDE, la France est le premier fournisseur mondial d’aide publique au développement liée au secteur spatial, avec des engagements d’environ 201 millions de dollars des États-Unis à prix constants sur la période 2010-2023 (graphique 4). Ces engagements ont principalement concerné la diffusion satellitaire gratuite dans les pays francophones, par l’intermédiaire de Canal France International, ainsi que le transport aérien, notamment l’utilisation de données et de signaux satellitaires pour améliorer la sécurité.
France : Aide au développement liée au spatial
Copier le lien de France : Aide au développement liée au spatialEn millions de dollars américains constants (année de base = 2023)
Source : Calculs fondés sur les données de l’OCDE (2025[2])), “Creditor Reporting System (CRS)", OECD.stat (database), https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=CRS1.
References
[3] McDowell, J. (2026), Jonathan’s Space Report, https://www.planet4589.org/index.html (accessed on 23 June 2026).
[1] OECD (2026), STI Micro-data Lab: Intellectual Property Database, http://oe.cd/ipstats (accessed on June 2026).
[2] OECD (2025), Creditor Reporting System (CRS), database, https://data-explorer.oecd.rg.