Ce chapitre examine la manière dont le public perçoit la prise de décision des pouvoirs publics face à des défis de politique publique complexes, incertains et de long terme, à partir des résultats de l’Enquête 2025 de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques Il s’attache à comprendre comment les citoyens jugent la capacité des gouvernements à arbitrer entre des objectifs concurrents, à s’appuyer sur des données probantes, à agir avec intégrité et à intégrer les contributions du public et des parties prenantes, dans des contextes où les résultats demeurent incertains et où les bénéfices ne se matérialisent parfois qu’à long terme. Dans l’ensemble, le chapitre met en évidence que l’incertitude, les horizons temporels étendus et la confrontation d’intérêts divergents exposent particulièrement l’élaboration de politiques complexes au scepticisme, tout en montrant que des améliorations en matière d’usage des preuves, de réactivité, d’intégrité et de collaboration peuvent contribuer de façon tangible à renforcer la confiance dans les institutions publiques.
Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques
4. Perspectives sur la prise de décision publique face aux enjeux complexes et la confiance
Copier le lien de 4. Perspectives sur la prise de décision publique face aux enjeux complexes et la confianceDescription
Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsLa confiance des populations dans la capacité de leur administration de les protéger lors de situations d’urgence de grande ampleur est généralement plus grande que leur confiance dans la capacité de celle-ci à résoudre des problèmes à long terme ou très complexes. Si 51 % des administrés de l’OCDE jugent probable que les pouvoirs publics soient préparés à protéger la vie des citoyens dans une situation d’urgence à grande échelle, seuls 34 % ont confiance dans le fait que les administrations parviennent à concilier les intérêts des générations actuelles et futures, un enjeu complexe qui suppose des compromis à long terme.
Dans l’ensemble de l’OCDE, 42 % de la population estiment qu’il est probable que l’administration prenne des décisions basées sur des données probantes et 40 % jugent que les services publics s’adaptent suffisamment à l’évolution des besoins de la société. Ces deux points de vue sont fortement corrélés aux niveaux national et individuel, mais leur rapport avec la confiance varie selon les institutions : alors que les appréciations positives concernant la prise de décisions fondées sur des données probantes sont fortement associées à la confiance dans le gouvernement national et modérément associées à la confiance dans d’autres institutions, une plus grande confiance dans la capacité des services publics à s’adapter à l’évolution des besoins à long terme est uniquement associée à une plus grande confiance dans la fonction publique nationale.
Près d’un administré de l’OCDE sur quatre (39 %) et plus d’un tiers des personnes des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête jugent probable qu’une politique soit modifiée si une majorité de personnes s’opposait à celle-ci, tandis qu’une proportion semblable (41 %) estime peu probable qu’elle le soit. Toutefois, la perception de la réactivité est en hausse dans l’ensemble des pays ayant déjà participé à l’enquête de l’OCDE sur la confiance.
Seuls 37 % des administrés de l’OCDE jugent probable que leur gouvernement national soit capable de collaborer avec les principales parties prenantes, comme les organisations du secteur privé et les syndicats, afin de mieux aborder les enjeux à long terme. Il s’agit là d’un important déterminant de la confiance dans l’administration nationale.
Une faible proportion de la population estime que les politiciens et les pouvoirs publics sont intègres. Toutefois, la légère baisse observée entre 2021 et 2023 de la proportion de personnes estimant qu’il est peu probable qu’un responsable politique accorde une faveur politique en échange d’un poste lucratif dans le secteur privé s’est inversée entre 2023 et 2025. La proportion de personnes qui estiment probable que les pouvoirs publics résistent aux pressions exercées par un lobbying en faveur d’une politique susceptible d’aller à l’encontre de l’intérêt général a également légèrement augmenté depuis 2023.
4.1. Introduction
Copier le lien de 4.1. IntroductionFournir des services essentiels de grande qualité qui répondent aux besoins de la population et veiller à ce qu’elle perçoive de manière positive ses interactions quotidiennes avec les institutions publiques représente des défis multiples pour ces dernières, comme illustré au Chapitre 3. Néanmoins, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques dans ces domaines visent principalement à relever des défis qui persistent depuis des années et qui sont relativement bien compris.
Il n’en va pas de même pour bon nombre d’autres enjeux délicats, complexes et tournés vers l’avenir, notamment ceux qui exigent de faire des sacrifices aujourd’hui pour en récolter les fruits dans un avenir lointain et de manière diffuse. Dans bien des domaines d’action, il est difficile de prévoir quels résultats produiront les décisions prises et les transitions mises en œuvre, et quels seront les besoins futurs. Dans ce genre de situations, les responsables politiques prennent des décisions en disposant d’informations incomplètes et dans un contexte d’incertitude quant à l’avenir. Parallèlement, l’évolution rapide des technologies et du contexte socio-économique, ainsi que la complexité croissante des enjeux politiques, y compris ceux qui ont une dimension transfrontalière, rendent l’élaboration des politiques plus complexe.
Or, ce sont précisément les perceptions des résultats et des processus de prise de décisions des pouvoirs publics sur des enjeux stratégiques complexes qui sont les plus étroitement liées à la confiance accordée à l’administration nationale (voir Chapitre 1) et au parlement et congrès nationaux (voir Chapitre 7). De même, la confiance accordée aux collectivités locales et à la fonction publique nationale est étroitement liée à de nombreux indicateurs de la perception concernant la prise de décisions complexes, et ce, dans une mesure qui correspond à peu près à l’importance accordée à la perception des interactions quotidiennes avec les institutions publiques (voir Chapitre 1).
Lorsque l’incertitude entre différents objectifs et intérêts se fait plus grande, la population est moins convaincue qu’il est possible d’atteindre des objectifs stratégiques complexes et à long terme. Ce manque d’optimisme s’explique en partie par une confiance limitée dans le fait que les décisions sont fondées sur des données probantes, prennent en compte les contributions de la population et des parties prenantes concernées, et sont prises dans l’intérêt général plutôt que dans celui d’intérêts privés. Néanmoins, par rapport à 2023, on observe une légère augmentation de la proportion de personnes ayant une opinion favorable de l’intégrité et de la réactivité du processus de prise de décisions des pouvoirs publics.
4.2. Perceptions des résultats des décisions prises par les pouvoirs publics concernant des enjeux complexes de politique publique
Copier le lien de 4.2. Perceptions des résultats des décisions prises par les pouvoirs publics concernant des enjeux complexes de politique publiqueLa confiance des populations dans la capacité de leur administration à anticiper et à faire face aux défis stratégiques varie en fonction de leur complexité et de leur échéance. De manière générale, le public a davantage confiance dans la capacité des institutions à le protéger lors de situations d’urgence à grande échelle que dans celle des pouvoirs publics à réguler les nouvelles technologies, à soutenir les personnes touchées par les crises économiques, à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à veiller à ce que les intérêts des générations actuelles et futures soient dûment pris en compte (Graphique 4.1). Les résultats de l’analyse de régression montrent que les opinions favorables en matière d’équité intergénérationnelle sont plus étroitement liées à la confiance accordée au gouvernement et au corps législatif nationaux que ne le sont les perceptions relatives à la réalisation d’autres objectifs stratégiques (voir le Chapitre 1).
Graphique 4.1. Une majorité de personnes a confiance dans la capacité des pouvoirs publics à protéger les vies en cas d’urgence, et cette proportion est supérieure à celle des personnes qui estiment que ceux-ci parviennent à concilier les intérêts des différentes générations
Copier le lien de Graphique 4.1. Une majorité de personnes a confiance dans la capacité des pouvoirs publics à protéger les vies en cas d’urgence, et cette proportion est supérieure à celle des personnes qui estiment que ceux-ci parviennent à concilier les intérêts des différentes générationsPart de la population exprimant différents degrés de confiance quant à la réalisation des objectifs stratégiques formulés, OCDE
Note : ce graphique présente les moyennes OCDE non pondérées des moyennes nationales pondérées des réponses aux questions suivantes : 1) « En cas de situation d’urgence de grande ampleur, dans quelle mesure estimez-vous probable que les institutions publiques soient prêtes à protéger les vies humaines ? », 2) « Si de nouvelles technologies (telles que l’intelligence artificielle) venaient à être disponibles, dans quelle mesure estimez-vous probable que les autorités de votre pays les régulent comme il convient de sorte à aider les entreprises et les citoyens à les utiliser de manière responsable ? », 3) « En cas de crise économique, dans quelle mesure pensez-vous que le gouvernement fédéral/central/national apporterait un soutien adéquat aux personnes touchées ? », 4) « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous confiant dans le fait que votre pays parviendra à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les dix prochaines années ? » et 5) « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure faites-vous confiance à votre administration nationale pour établir un juste équilibre entre les intérêts des générations présentes et de celles à venir ? ». S’agissant des réponses, « probable/convaincu(e) » correspond à un niveau de confiance compris entre 6 et 10, « neutre » au niveau 5, et « peu probable/pas convaincu(e) » à un niveau compris entre 1 et 4 ; « ne sait pas » était également une réponse possible.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
4.2.1. De manière générale, les populations estiment que les pouvoirs publics sont mieux à même de les protéger contre les situations d’urgence à grande échelle que contre les crises économiques
Garantir la sécurité et la stabilité de la population est généralement considéré comme l’une des fonctions essentielles des États modernes. Les habitants des pays de l’OCDE sont généralement plus sereins au sujet de leur sécurité physique, du moins dans le contexte de situations d’urgence à grande échelle pouvant mettre des vies en danger, qu’ils ne le sont quant à la capacité des pouvoirs publics à préserver leur stabilité économique.
En 2025, une majorité (51 %) des administrés de l’OCDE jugent probable que les pouvoirs publics soient préparés à protéger les vies des personnes en cas de situations d’urgence de grande ampleur (Graphique 4.2). Ce pourcentage dépasse 50 % dans 18 des 33 pays de l’OCDE participants, et atteint plus de 75 % en Finlande. En revanche, en Croatie – le pays candidat à l’adhésion à l’OCDE participant à l’enquête où la préparation aux situations d’urgence est perçue le plus favorablement –, 42 % des personnes interrogées estiment probable que les pouvoirs publics soient prêts à faire face à ce type de situation. La proportion moyenne dans un échantillon choisi de pays de l’OCDE est restée stable, avec une variation inférieure à 1 point de pourcentage entre 2023 et 2025.
La proportion de la population de l’OCDE qui estime que les pouvoirs publics apporteront un soutien adéquat aux personnes touchées en cas de crise économique s’élève à 41 %, soit 10 points de pourcentage de moins que la proportion de ceux qui ont confiance dans l’état de préparation des autorités face à une situation d’urgence. Dans les pays européens candidats à l’adhésion1, la part moyenne s’élève à 29 %. Dans chacun des pays Membres et des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, on constate que les personnes interrogées ont davantage confiance dans la préparation des pouvoirs publics face à une situation d’urgence que dans la mise en place d’un soutien adéquat en période de crise économique.
Ce constat est corroboré par les résultats de l’édition 2024 de l’Enquête de l’OCDE sur les risques qui comptent, menée auprès des habitants de 27 pays et consacrée à leur perception des risques économiques et de la protection sociale. Cette enquête révèle que seul un peu plus d’un tiers de la population estime pouvoir compter sur les pouvoirs publics pour l’aider à surmonter des difficultés financières (OCDE, 2025[1]). En outre, il en ressort que les personnes interrogées sont largement favorables à l’intervention des pouvoirs publics en matière de sécurité économique : depuis 2018, les différents cycles d’enquête ont systématiquement montré qu’environ 70 % des personnes souhaitent que leurs pouvoirs publics agissent davantage pour garantir la sécurité économique.
Graphique 4.2. Dans l’ensemble des pays, les individus sont plus nombreux à penser que les pouvoirs publics sont en mesure de protéger des vies en cas d’urgence qu’ils ne soutiennent les personnes en période de crise économique
Copier le lien de Graphique 4.2. Dans l’ensemble des pays, les individus sont plus nombreux à penser que les pouvoirs publics sont en mesure de protéger des vies en cas d’urgence qu’ils ne soutiennent les personnes en période de crise économiquePart la population qui estime que les pouvoirs publics sont en mesure de protéger la vie des personnes en cas de situation d’urgence de grande ampleur et qu’ils apportent un soutien adéquat aux personnes touchées lors d’une crise économique, 2025
Note : Le graphique présente la part pondérée des réponses « Probable » aux questions : « Face à une situation d’urgence à grande échelle, quelle est, selon vous, la probabilité que les institutions publiques soient préparées à protéger la vie des citoyens ? » et « En cas de crise économique, dans quelle mesure le gouvernement serait-il à même d’apporter un soutien approprié aux personnes affectées selon vous ? ». La proportion « Probable » résulte de l’agrégation des réponses comprises entre 6 et 10 sur une échelle allant de 0 à 10. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Les personnes qui ont davantage confiance que la moyenne dans le fait de bénéficier d’un soutien adéquat de la part des pouvoirs publics en cas de crise économique sont 3.1 points de pourcentage plus enclines à faire confiance, à un degré élevé ou modérément élevé, au gouvernement national, et 1.3 point de pourcentage plus enclines à faire confiance au corps législatif national. Il n’existe aucune corrélation entre les perceptions liées à cet indicateur et la confiance accordée aux collectivités locales ou à la fonction publique. En revanche, les opinions positives concernant la préparation aux situations d’urgence sont associées, dans une moindre mesure mais de manière plus constante, à la confiance dans les institutions publiques : les personnes qui estiment particulièrement probable que les pouvoirs publics soient en mesure de protéger la vie des citoyens sont de 1.6 à 2.3 points de pourcentage plus enclines à faire confiance aux institutions considérées, qu’il s’agisse de la fonction publique, de l’exécutif et du corps législatif nationaux ou des autorités locales (voir les Chapitres 1 et 7).
4.2.2. La population a moins confiance dans l’action publique en rapport avec des enjeux émergents et à long terme
Assurer la prévention des catastrophes et la protection de la population contre celles-ci, de même que fournir une aide au revenu en période de crise économique, n’est en aucun cas un exercice facile et s’avère généralement coûteux. Or, d’autres enjeux sont caractérisés par de fortes incertitudes, sans compter les compromis importants qu’ils exigent en matière d’objectifs stratégiques. Face à ces enjeux, seule une minorité fait confiance aux pouvoirs publics.
Au sein des pays Membres de l’OCDE, moins de quatre personnes sur dix ont confiance dans la capacité de leur pays à réduire ses émissions de GES et de concilier les intérêts des générations actuelles et futures. La part des personnes qui estiment probable que les pouvoirs publics réglementent de manière appropriée les nouvelles technologies afin d’aider les individus et les entreprises à les utiliser de façon responsable est légèrement plus élevée, à 42 % (Graphique 4.1).
En moyenne dans les pays de l’ OCDE, la part des personnes qui sont convaincues que leur pays parviendra à réduire ses émissions de GES au cours de la prochaine décennie (38 %) est quasiment identique à celle des personnes qui ne le sont pas (37 %) (Graphique 4.1). En Finlande et en Suisse, ainsi qu’au Brésil, une majorité se montre confiante (Graphique 4.3). Dans la plupart des pays, la part de la population qui estime probable que leur pays réduise ses émissions de gaz à effet de serre est légèrement supérieure à celle qui estime que les intérêts intergénérationnels seront conciliés. L’Australie, l’Estonie et le Mexique font exception, car une plus grande proportion des citoyens y estime que les pouvoirs publics sont à même de concilier les intérêts des différentes générations. Les points de vue des populations concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre ont évolué au fil du temps : en 2021, parmi les 18 pays de l’OCDE pour lesquels des données avaient été recueillies lors des trois vagues d’enquête, 36 % des personnes interrogées se disaient confiantes, contre 40 % en 2023 et 37 % en 2025. Cette variation est plus importante que celle observée en rapport avec les points de vue sur la gouvernance publique mesurés dans le cadre de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance.
Graphique 4.3. Près de quatre personnes sur dix ont confiance dans la capacité de leur gouvernement à réduire les émissions de GES, une proportion légèrement supérieure à celle des personnes convaincues que leur gouvernement saura concilier les intérêts des différentes générations
Copier le lien de Graphique 4.3. Près de quatre personnes sur dix ont confiance dans la capacité de leur gouvernement à réduire les émissions de GES, une proportion légèrement supérieure à celle des personnes convaincues que leur gouvernement saura concilier les intérêts des différentes générationsPart de la population convaincue que son pays réduira ses émissions de gaz à effet de serre au cours de la prochaine décennie et que les pouvoirs publics parviendront à concilier de manière adéquate les intérêts des générations actuelles et futures, 2025
Note : Le graphique présente la part pondérée des réponses « Probable » aux questions : « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) que votre pays parviendra à réduire ses émissions de gaz à effet de serre au cours des 10 prochaines années ? » et « Sur une échelle de 0 à 10, quel degré de confiance accordez-vous à l’administration nationale s’agissant de concilier les intérêts des générations actuelles et futures ? ». Le pourcentage de « confiants » correspond au total des réponses comprises entre 6 et 10 sur l’échelle allant de 0 à 10. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Peu d’individus estiment que leur gouvernement parvient à concilier les intérêts des générations actuelles et futures lorsqu’elle prend des décisions : seul un tiers environ des résidents de l’OCDE (34 %) se disent confiants (Graphique 4.3), tandis que 44 % ne le sont pas (Graphique 4.1). Dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, on observe la même tendance, avec un écart plus important parmi les pays candidats européens que parmi ceux d’Amérique latine. Dans les 29 pays de l’OCDE qui ont participé aux éditions 2023 et 2025 de l’enquête, la part des personnes se disant confiantes a baissé, passant de 38 % à 35 %2.
Il n’existe pas de réponse simple quant à la manière dont il convient de concilier les intérêts des jeunes et des personnes âgées d’aujourd’hui (ainsi que ceux des générations à venir) dans les situations où ces intérêts peuvent s’opposer, ni quant à l’impact probable d’une politique ou d’un programme donné sur les différentes générations. En premier lieu, il peut être utile aux responsables politiques d’avoir conscience que ce facteur joue un rôle important dans la confiance accordée aux institutions publiques : les personnes qui sont particulièrement convaincues que les politiques mises en œuvre concilient de manière adéquate les intérêts des différentes générations sont 4.2 points de pourcentage plus enclines à accorder une confiance élevée ou modérément élevée à l’administration nationale, ce qui en fait le deuxième déterminant le plus important de la confiance. Elles sont également 2.6 points de pourcentage plus enclines à faire confiance au corps législatif national que des personnes comparables. En deuxième lieu, analyser les effets potentiels d’une mesure à l’aide d’un outil comme celui permettant d’évaluer l’équité intergénérationnelle des politiques peut aider les responsables politiques à réfléchir à ses retombées sur les différentes générations (OCDE, 2021[2]).
4.3. Perceptions du processus décisionnel des pouvoirs publics concernant des enjeux stratégiques complexes
Copier le lien de 4.3. Perceptions du processus décisionnel des pouvoirs publics concernant des enjeux stratégiques complexesLes citoyens jugent les politiques et réévaluent leur confiance envers les pouvoirs publics non seulement en fonction des résultats de ces politiques, mais aussi du processus qui a permis d’aboutir à ces résultats. Les individus pensent-ils que les responsables politiques tiennent compte des préférences de la population et qu’ils sont guidés par l’intérêt général, ou considèrent-ils au contraire que les décisions sont trop influencées par des intérêts particuliers, voire par les intérêts des responsables politiques eux-mêmes ? Estiment-ils probable ou peu probable que les décisions prises par les pouvoirs publics s’appuient sur les meilleures données disponibles et tiennent compte de l’expertise des parties prenantes ?
L’analyse des indicateurs pertinents de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance montre que, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, la part des citoyens ayant une opinion favorable de ces aspects de la prise de décision en rapport avec des enjeux complexes est d’environ quatre personnes sur dix, voire moins. Or, un certain nombre de ces perceptions, au premier rang desquels le fait que les décisions du gouvernement sont fondées ou non sur des données factuelles, sont étroitement liées à la confiance. L’association entre les opinions relativement négatives qui prévalent actuellement concernant ces indicateurs de la perception axés sur les processus et le lien relativement fort avec la confiance, en particulier envers l’administration nationale, fait de ces indicateurs des leviers potentiels pour des mesures stratégiques visant à renforcer la confiance.
4.3.1. L’action publique n’est pas toujours perçue comme tenant compte des meilleures données disponibles ni comme s’adaptant à l’évolution des besoins de la société
Les résultats de l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance donnent à penser que plus d’un tiers des habitants des pays de l’OCDE doutent du fait que les décisions stratégiques sont fondées sur des données probantes et anticipent l’évolution des besoins.
Dans l’OCDE, 42 % des personnes jugent probable que les décisions soient prises sur la base de données probantes (Graphique 4.4), contre 37 % qui jugent cela peu probable. Parmi les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête, le Brésil est le seul où autant de personnes estiment que cette affirmation est probable que peu probable. Dans les quatre autres pays candidats à l’adhésion participant à l’Enquête, la part de répondants qui estiment que cette affirmation est peu probable est beaucoup plus importante.
La proportion de répondants qui estime que le gouvernement national prend des décisions fondées sur des données probantes est restée stable dans les 29 pays de l’OCDE ayant participé aux éditions de 2023 et de 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance3. Néanmoins, la façon dont cette question est perçue a beaucoup évolué dans plusieurs pays. Par exemple, en Corée, la proportion de personnes qui estime qu’il est probable que les décisions prises reposent sur des données probantes a augmenté de 11 points de pourcentage entre 2023 et 2025.
Au niveau des pays, la part de la population estimant que les pouvoirs publics s’appuient sur des données pertinentes et celle estimant probable que les services publics s’adaptent à l’évolution des besoins de la société – 40 % en moyenne dans l’OCDE – sont fortement corrélées (affichant un R² de 0.6 et un coefficient de corrélation de 0.77) (Graphique 4.4). Cette corrélation étroite existe également au niveau individuel, même si elle est moins marquée.
Les liens entre ces deux perceptions et la confiance dans les institutions publiques varient : une vision positive de la prise de décision fondée sur des données probantes est associée à une augmentation de 6.0 points de pourcentage de la propension à avoir une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, mais aussi à une augmentation de 2.2 à 3.5 points de pourcentage de la propension à faire confiance au corps législatif, à la fonction publique et aux collectivités locales. En revanche, le fait d’être davantage convaincu que les services publics s’adaptent à l’évolution des besoins à long terme n’est associé qu’à une confiance accrue dans la fonction publique nationale4, et l’effet marginal moyen n’est que de 1.6 point de pourcentage.
Graphique 4.4. Les perceptions concernant l’utilisation de données probantes sont corrélées à celles concernant la planification à long terme face à l’évolution des besoins de la société.
Copier le lien de Graphique 4.4. Les perceptions concernant l’utilisation de données probantes sont corrélées à celles concernant la planification à long terme face à l’évolution des besoins de la société.Part de la population estimant probable que les pouvoirs publics prennent des décisions sur la base des meilleures données probantes disponibles (axe des abscisses) et qu’ils adaptent les services publics à l’évolution des besoins de la société (axe des ordonnées), 2025
Note : Le graphique présente la part pondérée des réponses « Probable » aux questions : « Si l’administration nationale prend une décision, quelle est la probabilité, selon vous, qu’elle s’appuie sur les meilleures données probantes, statistiques, et travaux de recherche disponibles ? » et « Dans quelle mesure pensez-vous les services publics capables de s’adapter à l’évolution des besoins de la société ? ». La proportion « Probable » résulte de l’agrégation des réponses comprises entre 6 et 10 sur l’échelle allant de 0 à 10. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE. Les points représentés en bleu clair représentent les pays candidats à l’adhésion, qui ne sont pas pris en compte dans la moyenne de l’OCDE et n’influent pas sur la ligne de régression.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
De nombreux gouvernements renforcent leur capacité à tenir compte de différentes sources d’informations dans leur prise de décision et veillent à ce que les services publics continuent de s’adapter à l’évolution des besoins. Pour favoriser efficacement l’utilisation de données probantes dans l’action publique, une approche systématique doit être mise en place afin de garantir que les données pertinentes soient disponibles au moment opportun – côté offre – et que les responsables politiques soient incités à y accéder et à les utiliser – côté demande (OCDE/Commission européenne, 2025[3]). Néanmoins, il n’en est pas toujours ainsi. Par exemple, l’édition de 2024 de l’enquête Au service des citoyens de l’OCDE révèle que si 23 des 31 pays ayant répondu (soit 74 %) collectent des données relatives aux indicateurs de performance, seuls 16 d’entre eux (51 %) prennent réellement en compte ces données dans leurs processus décisionnels (OCDE, à paraitre[4]).
4.3.2. Peu de personnes estiment que les responsables politiques sont ouverts aux critiques formulées à l’encontre d’une politique ou capables de collaborer avec les principales parties prenantes pour répondre aux enjeux stratégiques majeurs
Les perceptions concernant la probabilité que les politiques soient étayées par des coopérations avec d’autres parties prenantes clés et qu’elles tiennent compte des préférences de la majorité sont également partagées de manière égale.
Près de quatre administrés de l’OCDE sur dix (39 %) et plus d’un tiers des personnes des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête jugent probable qu’une politique soit modifiée si une majorité de personnes s’oppose à celle-ci, tandis qu’une proportion semblable (41 %) estime peu probable qu’elle le soit (Graphique 4.5). La proportion de individus qui jugent probable qu’une mesure soit modifiée pour tenir compte des retours est proche de 50 % ou supérieure à ce chiffre en Australie, au Canada, en Corée, en Finlande, au Mexique et en Suisse, ainsi qu’au Brésil. Parmi les 17 pays pour lesquels des données sont disponibles pour les trois années, la proportion de personnes qui jugent cette affirmation probable a augmenté de 2 points de pourcentage par rapport à 2021 et de 3 points de pourcentage par rapport à 2023. Par rapport à 2023, la part des administrés qui jugent cette affirmation probable a augmenté de plus de 10 points de pourcentage en Corée, en Islande et au Royaume-Uni.
Graphique 4.5. Seules quatre personnes sur dix environ estiment probable qu’une mesure impopulaire puisse être modifiée, mais cette proportion augmente avec le temps
Copier le lien de Graphique 4.5. Seules quatre personnes sur dix environ estiment probable qu’une mesure impopulaire puisse être modifiée, mais cette proportion augmente avec le tempsPart de la population qui estime probable ou peu probable que le gouvernement modifie une politique nationale si la majorité de la population se prononce contre, 2025 et évolution des réponses entre 2021 et 2025, OCDE-17
Note : Le graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question : « Si plus de la moitié de la population de votre pays se prononçait clairement contre une mesure d’action publique nationale, quelle est, selon vous, la probabilité que celle-ci soit modifiée ? ». S’agissant des réponses, « Probable » correspond à un niveau de probabilité compris entre 6 et 10, « Neutre » au niveau 5, et « Peu probable » à un niveau compris entre 0 et 4 ; « Ne sait pas » est une autre réponse possible. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE. La barre « OCDE-17 » présente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées des 17 pays pour lesquels ces données sont disponibles pour les trois années.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2021, 2023, and 2025.
Si une minorité seulement des administrés des pays Membres et candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête jugent probable que les pouvoirs publics modifieraient une politique si une majorité de citoyens s’opposait à celle-ci, la part de ceux qui pensent que le gouvernement collabore avec les autres parties prenantes est encore inférieure. En moyenne dans l’OCDE, 37 % des administrés jugent probable que leurs pouvoirs publics soient capables de collaborer avec d’autres parties prenantes nationales, comme les organisations du secteur privé et les syndicats, afin de mieux relever les enjeux à long terme (Graphique 4.6). Ils sont 18 % à fournir une réponse neutre et 38 % à estimer que cette affirmation est peu probable. La Suisse et le Brésil sont les seuls pays où une majorité de personnes croit à la capacité de leur administration nationale dans ce domaine. La manière dont est perçue ce volet de la gouvernance publique un déterminant important de la confiance dans le gouvernement national.
Graphique 4.6. Il n’y a qu’un petit nombre de pays où une majorité de la population estime que les pouvoirs publics collaborent efficacement avec les autres parties prenantes pour relever les défis à long terme
Copier le lien de Graphique 4.6. Il n’y a qu’un petit nombre de pays où une majorité de la population estime que les pouvoirs publics collaborent efficacement avec les autres parties prenantes pour relever les défis à long termePart de la population exprimant différents degrés de conviction quant à la probabilité que le gouvernement collabore avec les parties prenantes afin de mieux relever les enjeux à long terme, 2025
Note : Le graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) de la capacité du gouvernement national à coopérer avec d’autres acteurs nationaux, tels que les organisations du secteur privé et les syndicats, afin de mieux relever les enjeux de long terme ? ». S’agissant des réponses, « Convaincu(e) » correspond à un niveau de conviction compris entre 6 et 10, « Neutre » au niveau 5, et « Peu convaincu(e) » à un niveau compris entre 1 et 4 ; « Ne sait pas » est une autre réponse possible. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Il n’existe pas de niveau et de nature de consultation des parties prenantes qui conviennent à tous les cas de figure, et les pratiques varient considérablement d’un pays et d’un domaine d’action à l’autre. Dans l’ensemble, la plupart des administrations nationales de l’OCDE disposent d’un large éventail de mécanismes de consultation des parties prenantes, mais cet exercice reste complexe : comment rendre ces consultations constructives et efficaces, comment distinguer la consultation des citoyens de celle des parties prenantes, et quelle est la représentativité de ces dernières ? Toutes ces questions sont aujourd’hui au cœur des priorités stratégiques en matière de gouvernance (OCDE, 2025[5]). De nombreuses personnes considèrent que les responsables politiques et les pouvoirs publics sont exposés à une influence injustifiée, mais l’opinion du public à l’égard de cette question s’est légèrement améliorée depuis 2023.
Le fait que le public doute que les politiques tiennent compte des opinions de la majorité et qu’elles aient fait l’objet de consultations approfondies auprès des différentes parties prenantes tient peut-être aux doutes qui pèsent sur l’intégrité des responsables politiques et à l’influence cachée des intérêts privés.
Seul un tiers des administrés des pays Membres de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion participant à l’Enquête estime probable qu’un haut responsable politique refuse d’accorder une faveur politique en contrepartie d’un poste bien rémunéré dans le secteur privé. Plus précisément, 32 % des personnes interrogées en moyenne dans les pays de l’OCDE et 34 % de celles interrogées dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE estiment qu’elles seraient susceptibles de refuser d’octroyer une telle faveur (Graphique 4.7). La part de celles qui estiment qu’il est peu probable que les responsables politiques refusent d’accorder une faveur est nettement plus élevée, s’établissant à 48 % dans l’ensemble de l’OCDE et à 52 % dans les pays candidats à l’adhésion. Compte tenu du scepticisme profond à l’égard de l’intégrité des responsables politiques, il est particulièrement intéressant de noter que l’opinion publique semble s’améliorer légèrement sur ce point : dans le sous-échantillon des pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles pour les trois années, la part des personnes qui estime qu’il est peu probable que les responsables politiques accordent une faveur a augmenté de 2 points de pourcentage par rapport à 2023, retrouvant ainsi le niveau de 2021.
Graphique 4.7. Les personnes qui jugent peu probable qu’un responsable politique refuse d’octroyer une faveur politique en contrepartie d’un poste bien rémunéré dans le secteur privé sont plus nombreuses que celles qui jugent cette affirmation probable
Copier le lien de Graphique 4.7. Les personnes qui jugent peu probable qu’un responsable politique refuse d’octroyer une faveur politique en contrepartie d’un poste bien rémunéré dans le secteur privé sont plus nombreuses que celles qui jugent cette affirmation probablePart de la population qui juge probable qu’un responsable politique refuse un emploi bien rémunéré dans le secteur privé offert en contrepartie d’une faveur politique, 2025
Note : Le graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question : « Si une personnalité politique se voyait proposer un emploi bien rémunéré dans le secteur privé en contrepartie d’une faveur politique, quelle est la probabilité, selon vous, qu’elle refuse la proposition ? » La proportion « Probable » résulte de l’agrégation des réponses comprises entre 6 et 10 ; « Neutre » correspond à la réponse 5 ; « Peu probable » résulte de l’agrégation des réponses allant de 1 à 4 ; « Ne sait pas » faisait partie des choix de réponses proposés. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Par ailleurs, la population doute de la résistance de l’administration face à une influence indue du secteur privé dans le secteur public. Dans les pays de l’OCDE, 32 % des répondants jugent probable que l’administration refuse une demande d’entreprise susceptible de nuire à la société, contre 41 % qui jugent ce refus peu probable(Graphique 4.8). Dans les cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’enquête, 33 % des personnes estiment qu’il est probable que l’administration rejette ce type de demande; au Pérou, c’est le cas de 39 % d’entre elles. Constat positif : dans les 29 pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données pour 2023 et 2025, la part de la population estimant probable que l’administration refuse ce type de demande a augmenté de 3 points de pourcentage. En effet, la part des personnes ayant une opinion optimiste a augmenté de plus de deux points de pourcentage dans les deux tiers des pays, et n’a baissé de plus de deux points de pourcentage que dans quatre pays.
Graphique 4.8. Seul un tiers environ de la population pense que l’administration résiste face à une influence indue, une proportion en légère hausse depuis 2023
Copier le lien de Graphique 4.8. Seul un tiers environ de la population pense que l’administration résiste face à une influence indue, une proportion en légère hausse depuis 2023Part de la population qui estime probable que l’administration rejette la demande formulée par une entreprise de mettre en œuvre une politique susceptible de nuire à la société dans son ensemble, en 2023 et en 2025
Note : Le graphique présente la proportion de réponses « Probable » aux questions : « Si une entreprise promouvait une politique publique qui bénéficiait à son secteur, mais qui pourrait nuire à la société dans son ensemble, dans quelle mesure le gouvernement serait-il susceptible d’accéder à la demande de cette entreprise ? ». Pour faciliter le travail d’analyse, les questions ont été reformulées afin d’associer la réponse probable à une affirmation positive. C’est-à-dire que la proportion de réponses « Probable que le gouvernement accède à la demande » de la question initiale correspond aux réponses « Peu probable que le gouvernement refuse » ci-dessus. Ainsi, la proportion « Probable » est l’agrégation des réponses comprises entre 0 et 4 sur l’échelle allant de 0 à 10. « OCDE-25 » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées de tous les pays de l’OCDE participant au cycle d’enquête de 2025. « OCDE-29 » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées des 29 pays de l’OCDE ayant participé aux cycles d’enquête de 2023 et 2025.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2023 et 2025.
Le renforcement des dispositifs d’intégrité en matière de conflits d’intérêts et de lobbying pourrait constituer un moyen d’améliorer la perception de l’intégrité. Les données issues des Indicateurs d’intégrité publique de l’OCDE (OCDE, 2026[6]) révèlent que si 80 % des critères relatifs à la réglementation des conflits d’intérêts sont pris en compte dans les pays de l’OCDE, seuls 45 % de ceux-ci sont effectivement mis en œuvre. En outre, les pays de l’OCDE tiennent compte de 43 % des critères de réglementation du lobbying et mettent en œuvre 38 % de ceux-ci. En fonction des règles déjà en vigueur, les pays pourraient s’attacher à combler les lacunes en matière de mise en œuvre et d’information et à actualiser leurs systèmes de lutte contre la corruption afin de faire face aux nouveaux risques de corruption.
4.4. Domaines d’action pour améliorer la confiance
Copier le lien de 4.4. Domaines d’action pour améliorer la confianceLa manière dont la population perçoit la prise de décision des pouvoirs publics face à des enjeux stratégiques complexes est étroitement liée à la confiance envers le gouvernement national et le pouvoir législatif. Elle constitue également un déterminant de la confiance dans l’administration locale et la fonction publique nationale. Dès lors, des mesures susceptibles d’améliorer la perception du public à cet égard peuvent contribuer à renforcer la confiance dans l’ensemble des institutions publiques.
Continuer à accorder de l’importance à la préparation aux situations d’urgence, jugée positivement par une courte majorité au sein de l’OCDE, peut avoir des effets favorables sur la confiance envers les pouvoirs publics à tous les niveaux. Par ailleurs, le fait de reconnaître que moins d’un tiers des personnes interrogées estiment que les pouvoirs publics soutiennent adéquatement les personnes touchées par les crises économiques, et prendre des mesures pour aider celles en situation de précarité financière, pourrait permettre de renforcer davantage la confiance dans le gouvernement national. Si les contraintes budgétaires imposent de rationaliser les programmes d’aide sociale, faciliter l’accès des individus aux prestations auxquelles ils ont droit pourrait constituer un premier pas dans cette direction (OCDE, 2025[1]).
Favoriser une communication bidirectionnelle sur les mesures qui exigent de concilier des objectifs stratégiques et les intérêts de différents groupes pourrait renforcer la confiance envers le gouvernement national et le pouvoir législatif. Par exemple, seuls 34 % jugent probable que les administrations parviennent à concilier les intérêts des générations actuelles et ceux des générations futures. Étant donné qu’il n’existe pas une seule « bonne » façon de concilier ces différents éléments, le fait de donner à différents groupes de population la possibilité d’exprimer leur point de vue sur diverses initiatives des pouvoirs publics et de communiquer en toute transparence sur les décisions stratégiques – notamment sur la manière dont les différents objectifs ou intérêts ont été arbitrés – pourrait contribuer à améliorer la perception de ces déterminants clés liés à la gouvernance publique.
Renforcer le recours aux données probantes et la planification à long terme en matière d’élaboration des politiques et de prestation des services publics peut s’avérer essentiel pour accroître la confiance. Au sein de l’OCDE, environ quatre personnes sur dix estiment probable que les pouvoirs publics s’appuient sur les meilleures connaissances disponibles lors de la prise de décisions et que les services publics s’adaptent à l’évolution des besoins de la société. Renforcer l’utilisation judicieuse des données probantes par les responsables politiques, d’une part, et associer les outils de planification traditionnels à des approches prospectives, d’autre part, pourrait contribuer à améliorer la prise de décision fondée sur des éléments probants et à permettre une adaptation rapide des services publics essentiels à l’évolution des besoins. De plus, le fait d’informer les gens sur les données utilisées et sur les types de données auxquelles ils accordent de l’importance pourrait également contribuer à renforcer la confiance. Au fil du temps, ces améliorations peuvent se traduire par des opinions plus favorables. Cela peut contribuer à accroître la confiance dans l’ensemble des institutions publiques, en particulier dans le gouvernement nation, en ce qui concerne prise de décisions fondées sur des éléments probants, et dans la fonction publique en ce qui concerne l’adaptation des services publics à l’évolution des besoins de la société.
Le fait de lever les obstacles perçus à la possibilité d’« avoir son mot à dire » sur l’action des pouvoirs publics (voir le Chapitre 6) pourrait également contribuer à améliorer la confiance et à renforcer le sentiment chez les citoyens d’avoir la capacité de faire entendre leur voix sur le plan politique.
Même si les doutes quant à l’intégrité des élus et des autorités demeurent élevés, même lorsque celles-ci prennent des mesures pour la préserver, les administrations des pays de l’OCDE devraient néanmoins continuer à mettre en place des cadres d’intégrité globaux qui non seulement respectent les bonnes pratiques en matière de conception réglementaire, mais garantissent également la transparence de même qu’une mise en œuvre efficace.
Références
[6] OCDE (2026), Perspectives de l’OCDE sur l’intégrité et la lutte contre la corruption 2026 : Faire de l’intégrité un atout stratégique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9b8b4cae-fr.
[1] OCDE (2025), More Effective Social Protection for Stronger Economic Growth : Main Findings from the 2024 OECD Risks that Matter Survey, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3947946a-en.
[7] OCDE (2025), OECD Survey on Drivers of Trust in Public Institutions in Latin America and the Caribbean 2025 Results, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ea3385cf-en.
[5] OCDE (2025), Participation citoyenne au cycle de l’action publique, Examens de l’OCDE sur la gouvernance publique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a697cb85-fr.
[2] OCDE (2021), Observatory of Public Service Innovation - Intergenerational Fairness Poliy Assessment Toolkit, https://oecd-opsi.org/innovations/intergenerational-fairness-policy-assessment-toolkit/ (consulté le 30 March 2026).
[4] OCDE (à paraitre), Serving Citizens, Éditions OCDE, Paris.
[3] OCDE/Commission européenne (2025), Strengthening National Evidence-Informed Policymaking Ecosystems: Lessons from Seven European Countries, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/855c5286-en.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Cette question n’a pas été posée au Brésil et au Pérou, où les données ont été recueillies antérieurement dans le cadre de l’Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques en Amérique latine et dans les Caraïbes (OCDE, 2025[7]).
← 2. La question n’était pas encore posée lors du cycle d’enquête de 2021.
← 3. La question n’était pas encore posée lors du cycle d’enquête de 2021.
← 4. Cette variable a aussi un effet légèrement positif de 1 point de pourcentage sur la confiance dans les collectivités locales. Néanmoins, cet effet marginal moyen n’est statistiquement significatif qu’au seuil de 5 %, contre 1 % pour les autres effets marginaux moyens évoqués dans le présent rapport.