1. La Suisse devrait inverser la tendance à la baisse prévue du ratio APD/RNB, de façon à concrétiser son engagement de consacrer 0.5 % du RNB à l’APD d’ici 2030 et devrait s’efforcer d’accroître encore progressivement son APD.
2. Afin d’optimiser son avantage comparatif, et de préserver la qualité de la coopération au développement, la Suisse devrait continuer à s’engager dans des projets complexes dans une perspective de long terme, en adoptant une démarche patiente au regard des résultats, qui assure une certaine prévisibilité aux partenaires et incite d’autres donneurs à apporter leur soutien.
3. S’appuyant sur son soutien continu et basé sur des principes au système multilatéral de développement, et pour atteindre son objectif de réduction de la pauvreté, la Suisse devrait accroître la part de l’APD allouée aux pays les moins avancés de façon à être en conformité avec son engagement auprès de l’ONU ; en s’appuyant sur l’approche de la DDC visant à ne laisser personne de côté, la Suisse devrait veiller à ce que la réduction de la pauvreté soit systématiquement prise en compte dans l’ensemble de ses programmes.
4. Dans le cadre de la gestion de ses ressources humaines, la Suisse devrait tenir compte des spécificités de la coopération au développement pour :
a. attirer et retenir les agents dans les contextes fragiles, en assouplissant la durée des détachements et en proposant des incitations non financières ;
b. renforcer l’expertise autour de thématiques prédéfinies, en rendant le système de rotation plus flexible et en favorisant les évolutions de carrière axées sur des domaines thématiques dans les différentes entités fédérales ;
c. améliorer les perspectives de carrière des agents locaux.
5. Afin d’améliorer la gestion axée sur les résultats et l’apprentissage, la Suisse devrait : harmoniser le recours à la plateforme numérique de gestion des données sur les résultats entre la DDC, le SECO et la DPDH ; continuer les évaluations conjointes sur les thèmes pertinents ; et faire en sorte d’utiliser davantage les conclusions des évaluations dans les travaux des sections thématiques, les réseaux internes, les parcours d’apprentissage et les réunions à l’échelon régional.
6. Pour accroître le soutien du public et de la classe politique à sa coopération internationale, la Suisse devrait adopter une approche plus stratégique de la communication, en mettant au point un discours convaincant mettant en avant la réputation de la Suisse sur la scène internationale, les avantages de la coopération pour le développement sur le plan intérieur, et les contributions du pays au développement durable et à la stabilité mondiale.
7. En vue d’améliorer sa manière d’aborder la fragilité et d’atteindre ses objectifs en matière de recherche de la paix, la Suisse devrait :
a. appliquer une analyse de la fragilité à tous les contextes, et pas seulement à ceux en situation de crise ;
b. inciter ses agents à consacrer du temps à l’instauration de partenariats et à l’approfondissement de leur compréhension du contexte politique.
8. Pour accroître l’impact de ses partenariats avec le secteur privé, la Suisse devrait continuer de renforcer la coordination entre le SECO et la DDC sur des thèmes communs (environnement favorable, compétences et développement des PME, par exemple), sur la base des avantages comparatifs, et mieux articuler les liens avec la SIFI, le SIFEM et les fonds d’investissement.
9. Reconnaissant la performance de la Suisse sur le déliement de l’aide, afin d’optimiser l’utilisation de ses ressources et conformément à la Recommandation du CAD sur le déliement de l’aide publique au développement, la Suisse devrait veiller à ce que son APD demeure non liée, y compris dans le cas du programme pour l’Ukraine.
10. En vue d’accroître la cohérence des politiques, la Suisse devrait renforcer la prise en compte des effets transnationaux dans les mécanismes de consultation et de coordination établis dans le cadre de la Stratégie pour le développement durable 2030, comme la réduction des risques dans le commerce de matières premières et la lutte contre les flux financiers illicites.