La Belgique est le 10e membre du Comité d’aide au développement (CAD) le plus généreux en proportion du revenu national brut (RNB). Après des années de forte réduction budgétaire, le budget de l’aide publique au développement (APD) est relativement stable depuis 2015, atteignant 0.42 % du RNB en 2019. Bien que le public et le Parlement soutiennent l’objectif inscrit dans la loi de verser 0.7 % du RNB au titre de l’APD, la Belgique ne s’est toujours pas dotée d’une feuille de route pragmatique pour revenir à des prévisions de croissance de l’aide, enjeu majeur suite à la pandémie de COVID-19.
Les allocations bilatérales, majoritairement sous forme de subventions, sont globalement en accord avec les priorités énoncées dans la Loi de coopération au développement. Elles montrent notamment :
une forte concentration sur les pays les moins avancés (PMA) et les contextes fragiles avec près d’un tiers de l’aide bilatérale déboursée dans ces contextes ;
une certaine dispersion thématique : les principaux secteurs que sont l’éducation, la santé, l’agriculture et la gouvernance, ne représentant au maximum que 7 % chacun de l’aide bilatérale engagée en 2017-18 ;
un fort engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes avec 59 % de l’APD bilatérale ventilable en 2017-18 visant cet objectif ;
une adéquation entre le principe du droit d’initiative des organisations de la société civile et des modalités de financement qui favorise l’aide aux organisations non gouvernementales (ONG) et non l’aide via les ONG.
Les allocations aux organisations multilatérales reflètent l’importance que la Belgique accorde au multilatéralisme pour une coopération efficace. Dotée d’une stratégie de financement full-core (contributions aux budgets centraux), la Belgique a affecté en moyenne 40 % de son APD totale aux budgets centraux d’organisations multilatérales sur la période d’examen. Conformément à la stratégie d’influence belge, la coopération multilatérale est concentrée sur l’Union européenne et 15 organisations internationales.
La Belgique a lancé plusieurs initiatives pour mobiliser des ressources additionnelles au financement du développement. Ces initiatives, aux succès variables, incluent le renoncement à l’exonération d’impôt sur les dépenses d’APD, l’émission d’obligations d’impact humanitaire et la création d’un fonds d’investissement ouvert aux investissements privés au sein de la Société belge d'investissement pour les pays en développement, BIO. Alors que BIO renforce ses mécanismes de mesure des résultats, des efforts accrus pour clarifier la contribution de chaque investissement aux objectifs de développement durable (ODD), en complément de la nouvelle théorie du changement propre à l’ensemble de l’organisation, renforceraient son efficacité.