La Belgique a mis en place plusieurs mécanismes d’échange et de consultation avec ses pays et territoires partenaires pour renforcer l’appropriation de son appui. Les interventions belges font systématiquement l’objet de consultations avec les gouvernements partenaires et portent sur plusieurs niveaux – politique, pilotage, rapportage et technique – auxquels correspondent des comités spécifiques6. Les conventions spécifiques relatives à la coopération bilatérale directe discutées et signées par les représentants des gouvernements belge et partenaire renforcent les mécanismes de transparence et de redevabilité entre partenaires7. De plus, la Belgique a participé aux évaluations de redevabilité mutuelle dans la moitié des pays où elles ont eu lieu entre 2016 et 2017 et dans près des trois quarts des pays et territoires partenaires (OECD/UNDP, 2019[7]).
Néanmoins, la création d’Enabel et les changements de procédures qui en ont découlé ont créé un certain flou sur les modalités et les rôles de chacun dans la consultation des gouvernements partenaires, notamment lors de l’identification et de la rédaction des portefeuilles pays. L’administration et l’agence ayant rapidement identifié ces faiblesses, des mesures sont en cours d’adoption pour clarifier et renforcer le rôle et l’implication des pays et territoires partenaires dans la programmation belge (Chapitre 4).
La performance de la coopération belge en matière d’alignement semble baisser. D’après le Partenariat mondial, la part des objectifs des projets alignés sur les priorités des pays et territoires partenaires a chuté de 94 à 40 % entre 2016 et 2018, et ne représente que 29 % pour les pays de coopération bilatérale directe (OECD/UNDP, 2019[7]). Cette tendance se retrouve également dans la moindre utilisation des systèmes statistiques, de gestion et suivi des résultats et de gestion financière des partenaires, qui a chuté entre 2016 et 2018, passant de 53 à 30 %. Cette faible performance peut s’expliquer en partie par le fait que l’aide-pays programmable – qui ne représente que 20 % de l’aide bilatérale (Chapitre 3) – est composée quasi exclusivement d’interventions de type projets (Annexe B, tableau B.2)8 qui, lorsqu’elles sont sous la responsabilité d’Enabel, mobilisent avant tout les instruments et procédures de cette dernière.9
Certes la Belgique concentre sa coopération dans les pays les moins avancés (PMA) et contextes de fragilité, souvent caractérisés par des systèmes nationaux peu robustes, mais la performance moyenne des autres PTF dans ces pays n’est en général pas si faible. Alors que l’administration belge et ses partenaires sont surpris par ces résultats, il sera nécessaire de mener une réflexion entre acteurs de coopération belge pour s’assurer que les ambitions d’alignement soient perçues comme telles par les gouvernements partenaires et que le séquençage des consultations permette aux partenaires d’influer sur les orientations des stratégies et programmes. De plus, alors que les portefeuilles pays disposent systématiquement d’une composante de renforcement des capacités10, il serait intéressant qu’Enabel s’assure que cet objectif de renforcement des capacités se traduise à terme par une plus grande utilisation des systèmes pays, nationaux comme locaux.