S’attaquer aux masculinités restrictives est essentiel pour un développement inclusif. Les normes associant la masculinité à la domination, au contrôle, au rôle de pourvoyeur et à l’autorité continuent de freiner l’autonomisation des femmes, tout en exerçant une pression sur les hommes pour qu’ils se conforment à des attentes rigides et renforcent les inégalités. Transformer ces normes est donc crucial pour faire progresser l’égalité entre les sexes, améliorer le bien-être et favoriser des sociétés plus inclusives.
Le nouveau rapport de l’OCDE, Masculinité et égalité des genres : enseignements tirés de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, attire opportunément l’attention sur cette question, dans des contextes où les masculinités restrictives continuent de façonner l’autonomisation des femmes et, plus largement, les résultats en matière d’égalité de genre. Il s’appuie sur les travaux du Centre de développement de l’OCDE, notamment à travers l’Indice des institutions sociales et du genre (SIGI) et le rapport de 2021 Être un homme, est-ce suffisant ? Mesurer les normes masculines pour promouvoir l’autonomisation des femmes, qui constituent ensemble le socle conceptuel de cette analyse.
En Côte d’Ivoire et au Sénégal, les masculinités restrictives restent structurées autour d’attentes liées au rôle de pourvoyeur, à l’autorité, au contrôle et à une mise à distance des activités de care. Ces attentes entravent l’autonomisation économique des femmes, limitent leur capacité d’agir au sein du foyer et de la société, et contribuent à la persistance des violences fondées sur le genre. Dans le même temps, elles imposent des coûts aux hommes et aux garçons, en liant la reconnaissance sociale à des idéaux de masculinité de plus en plus difficiles à atteindre. Ces données inédites de l’OCDE mettent également en évidence des leviers de changement, notamment là où le soin, la non-violence, la prise de décision partagée et la participation économique des femmes sont de plus en plus reconnus comme compatibles avec des formes de masculinité plus positives et équitables.
Cet événement permettra de :
- Présenter les principales conclusions du rapport et ses recommandations politiques, en mettant en évidence leur pertinence pour faire progresser l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
- Faciliter un dialogue stratégique sur la mise en œuvre des recommandations, en accordant une attention particulière à la promotion de masculinités positives afin de renforcer l’autonomisation économique des femmes, de prévenir les violences fondées sur le genre et de soutenir des relations plus équitables et épanouissantes, notamment grâce au partage des responsabilités de care, à une prise de décision plus égalitaire et à des relations respectueuses et non violentes.
- Formuler des recommandations pour mobiliser les hommes et les garçons en tant qu’acteurs concernés, bénéficiaires et agents du changement, en favorisant des attitudes et des comportements équitables qui renforcent le pouvoir d’agir des femmes, remettent en question les normes de genre néfastes, réduisent l’acceptabilité de la violence et allègent les pressions liées aux attentes rigides associées à la masculinité.