La croissance rapide de l’intelligence artificielle (IA), de l’informatique en nuage et des objets connectés fait accroitre la demande pour une connectivité plus rapide et plus fiable dans l’ensemble de la zone OCDE, selon les dernières statistiques de l’OCDE sur le haut débit. Pour répondre à ces besoins, les pays Membres de l’OCDE modernisent leurs infrastructures numériques et passent d’une logique d’extension de l’accès à une logique d’amélioration des performances réseaux.
La demande de réseaux à très haut débit se traduit par l’essor rapide des offres commerciales de grande performance au sein de l’OCDE. La part des abonnements permettant des débits de l’ordre du gigabit est passée de 4 % de l’ensemble des abonnements au haut débit fixe en 2020 à 24 % en 2025, soit une multiplication par six en seulement cinq ans.
Une demande croissante de données mobiles
En 2025, la consommation de données mobiles dans la zone OCDE a atteint 17 Go par carte SIM et par mois, soit une hausse de 130 % par rapport aux 7,4 Go enregistrés en 2020, les utilisateurs recourant de plus en plus aux réseaux mobiles pour des activités fortement consommatrices de données. La République slovaque a connu la plus forte croissance, avec un taux de croissance annuel de 42 % en 2020-2025, passant de 1,4 Go à 8,2 Go. La Bulgarie, la Tchéquie et la Grèce ont également enregistré une croissance annuelle rapide (respectivement 38 %, 37 % et 36 %). Parallèlement, la Lettonie (66 Go), la Lituanie (54 Go) et la Finlande (49 Go) affichaient la plus forte consommation de données mobiles par abonnement. Cette tendance témoigne d’une demande croissante de données mobiles, soutenue par l’extension de la 5G, par des forfaits plus abordables et par le déploiement grandissant des objets connectés.
Des réseaux fibre et 5G rapides et fiables au service des technologies numériques transformatrices d’aujourd’hui
Face à la demande croissante de connexions fiables et haut débit, la fibre poursuit son expansion dans la zone OCDE. Elle représente désormais plus de la moitié (51 %) de l’ensemble des abonnements au haut débit fixe, contre 31 % en 2020. Cette évolution intervient sur des marchés du haut débit fixe largement matures : entre 2020 et 2025, le taux moyen de pénétration du haut débit fixe dans la zone OCDE n’a progressé que de 2,2 % par an, passant de 33 à 37 abonnements pour 100 habitants.
La croissance de la fibre traduit principalement les changements d’usage des abonnés existants qui quittent progressivement les technologies anciennes telles que la DSL et le câble. La Grèce a enregistré la plus forte croissance annuelle des abonnements à la fibre entre 2020 et 2025 (162 %), suivie du Pérou (63 %), de la Belgique (57 %), d’Israël (55 %) et du Royaume-Uni (55 %). Cela reflète la forte expansion des réseaux fibres des opérateurs pour répondre à la demande croissante de connexions haut débit.
L’adoption de la fibre a progressé entre 2020 et 2025 dans toutes les régions où des pays de l’OCDE sont présents, avec une croissance particulièrement forte en Amérique latine, reflet d’investissements continus dans les réseaux très haut débit. Ainsi, dans les pays latino-américains de l’OCDE, la part de la fibre dans l’ensemble du haut débit fixe a presque triplé, passant de 24 % à 68 % entre 2020 et 2025.
En 2025, huit pays de l’OCDE affichaient une part d’abonnements à la fibre par rapport à l’ensemble des abonnements fixes supérieure à 80 % : l’Islande (96 %), la Corée (92 %), l’Espagne (91 %), la Finlande (85 %), le Chili (84 %), la France (82 %), la Lituanie (82 %) et la Lettonie (80 %). Six de ces pays leaders sont européens, même si le continent présente aussi une forte hétérogénéité : l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique affichent les parts de fibre les plus faibles de l’OCDE, toutes inférieures à 20 %. Parmi les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, la fibre représente une part élevée des connexions au haut débit fixe, dépassant dans la plupart des cas la moyenne OCDE de 51 % : la Roumanie (87 %), le Pérou (83 %), le Brésil (79 %) et la Bulgarie (57 %), tandis que la Croatie reste en dessous de cette moyenne, à 33 %. Plusieurs pays Membres de l’OCDE ont également réalisé des progrès notables entre 2020 et 2025, la part des abonnements fibre ayant augmenté de plus de 40 points de pourcentage en Israël, au Costa Rica, en France, en Colombie et au Chili.
La 5G est désormais déployée dans tous les pays de l’OCDE et devient la technologie mobile dominante dans la zone, représentant 46 % des abonnements au haut débit mobile en 2025, contre 19 % en 2022. Sa grande capacité en termes de débits et sa faible latence permettent de prendre en charge des applications fortement consommatrices de données, notamment les services d’IA, l’informatique en nuage et les objets connectés.
L’adoption varie fortement selon les pays : en 2025, la 5G représentait plus de 60 % des abonnements au haut débit mobile au Danemark (85 %), en Hongrie (80 %), en Allemagne (64 %) et en Suède (62 %), tandis qu’elle restait inférieure à 25 % en Estonie, en Colombie et au Mexique, probablement en raison du calendrier des enchères de fréquences. La Hongrie, l’Allemagne et la République slovaque ont enregistré la plus forte progression depuis 2022, chacune gagnant environ 50 points de pourcentage au cours des trois dernières années (période 2022-25). Parmi les pays candidats à l’adhésion, la Thaïlande (41 %) et la Bulgarie (37 %) se rapprochent de la moyenne OCDE, tandis que le Brésil (28 %), la Roumanie (26 %) et le Pérou (17 %) en sont encore à un stade plus précoce de l’adoption de la 5G.
Dans des marchés matures, les réseaux haut débit fixes et mobiles gagnent en vitesse et en qualité
Dans la zone OCDE, le nombre total d’abonnements au haut débit fixe a augmenté de 2,2 % par an entre 2020 et 2025. Dans ce marché qui arrive à maturité, le nombre d’abonnements pour 100 habitants est passé de 33 à 37 sur la période. Le nombre total d’abonnements au haut débit mobile dans la zone OCDE a lui progressé de 4,6 % par an entre 2020 et 2025, pour atteindre 2,03 milliards en 2025. Sur la même période, le nombre d’abonnements pour 100 habitants est passé de 118 à 144, signe que les marchés approchent de la maturité. Malgré cela, les abonnements continuent de croître de manière régulière, portés par la hausse de la demande de données mobiles, l’extension des réseaux 5G et la multiplication des objets connectés. Cette croissance durable souligne le rôle central du haut débit mobile dans la connectivité des particuliers comme des entreprises.
Alors que la transition vers la fibre continue de remodeler les marchés du haut débit fixe dans la zone OCDE, l’accès sans fil fixe et le haut débit par satellite gagnent du terrain et permettent d’étendre la couverture dans les zones mal desservies.
Les accès sans fil fixe et par satellite progressent et peuvent contribuer à réduire les écarts de connectivité
L’accès sans fil fixe joue un rôle de plus en plus important dans l’extension de la connectivité haut débit là où le déploiement de la fibre est difficile ou coûteux. Dans la zone OCDE, il représentait 5,8 % des abonnements au haut débit fixe en 2025, contre 4,8 % en 2023. Certains pays y recourent beaucoup plus largement que d’autres. La Tchéquie arrive en tête de l’OCDE, avec 38 % des abonnements au haut débit fixe fournis par accès sans fil, suivie de la Bulgarie (23 %), de la République slovaque (22 %), de la Croatie (21 %) et de la Nouvelle-Zélande (20 %). Ces chiffres mettent en évidence le rôle de cette technologie complémentaire pour étendre la connectivité à haut débit dans les zones rurales, isolées et mal desservies.
Les évolutions de la connectivité par satellite au cours des deux dernières années remodèlent les marchés des communications, avec l’essor des communications directes avec les appareils et la croissance des connexions fixes à haut débit par satellite. Bien que le haut débit fixe par satellite représente encore une faible part du total des connexions fixes, il constitue l’une des composantes à la croissance la plus rapide du paysage de la connectivité dans la zone OCDE : sa part a plus que doublé en deux ans, passant de 0,5 % en 2023 à 1,15 % en 2025, tandis que le nombre total d’abonnements par satellite progressait de 122 % sur la même période. Les États-Unis comptaient le plus grand nombre d’abonnements par satellite en 2025 (4 millions), suivis de l’Australie et du Mexique. Bien que l’adoption reste concentrée dans les pays comportant de vastes zones isolées ou peu peuplées, le haut débit par satellite continue de jouer un rôle important pour étendre la connectivité partout où les réseaux terrestres sont difficiles ou coûteux à déployer.
Les anciennes technologies d’accès au haut débit poursuivent leur déclin
Les abonnements à la DSL ont diminué de 47 % dans la zone OCDE entre 2020 et 2025, les utilisateurs choisissant de plus en plus des réseaux fibre offrant une plus grande capacité. Le recul a été particulièrement marqué dans les pays qui ont rapidement développé leurs infrastructures fibre, notamment la Grèce, la Belgique et Israël. Le déclin de la DSL marque une transformation structurelle du haut débit fixe, les opérateurs abandonnant progressivement les technologies anciennes au profit d’infrastructures numériques pérennes.
Les abonnements par câble ont eux diminué de 16 % dans la zone OCDE entre 2020 et 2025, sous l’effet d’une concurrence croissante de la fibre et des réseaux 5G. Malgré ce recul, le câble demeure une composante importante du paysage du haut débit dans certains pays : il représente plus de la moitié des abonnements au haut débit fixe aux États-Unis (54 %) et en Belgique (51 %), et conserve une place notable au Canada (47 %), aux Pays-Bas (39 %) et en Hongrie (39 %). Toutefois, à mesure que la fibre se déploie et que les technologies sans fil continuent de progresser, la part de marché du câble diminue graduellement.
Les abonnements de machine à machine (M2M) ont progressé de 98 % dans la zone OCDE entre 2020 et 2025, sous l’effet de l’essor de l’Internet des objets (IdO) et de l’automatisation industrielle. La Lituanie a enregistré le taux de croissance annuel le plus élevé (42 %), suivie de l’Espagne (40 %) et du Portugal (36 %). En valeur absolue, les États-Unis comptaient le plus grand nombre d’abonnements M2M en 2025 (282 millions), suivis de l’Allemagne (86 millions). Cette expansion continue de la connectivité M2M témoigne de son rôle croissant dans des applications allant de l’automatisation industrielle et de la logistique aux villes intelligentes et aux infrastructures numériques connectées, ainsi que de l’augmentation du nombre d’objets connectés détenus par les particuliers, tels que les montres intelligentes, les voitures connectées et les appareils domestiques intelligents.
La connectivité évolue vers davantage de qualité et de performance
Dans la zone OCDE, la connectivité est de plus en plus définie non seulement par l’accès au réseau, mais aussi par sa qualité. L’extension des réseaux fibre et 5G, parallèlement à la croissance de l’accès sans fil fixe et des services par satellite, améliore la vitesse, la capacité et la fiabilité de la connectivité numérique.
Dans le même temps, la baisse des prix et la disponibilité croissante des services permettant des débits de l’ordre du gigabit rendent une connectivité très performante plus accessible aux ménages et aux entreprises. Alors que la demande d’applications intensives en consommation de données continue d’augmenter, les pays de l’OCDE poursuivent leurs investissements dans les réseaux nécessaires à la prochaine génération de services numériques.
Les données, graphiques et cartes sur le haut débit par pays peuvent être téléchargés et consultés dans l’Explorateur de données de l’OCDE.
Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Kim Chardon au service des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00) ; les autres personnes peuvent contacter Alexia González Fanfalone (alexia.gonzalezfanfalone@oecd.org), cheffe de l’Unité des services et infrastructures de connectivité de l’OCDE.
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