La Roumanie a connu une expansion économique vigoureuse au cours des deux dernières décennies, pendant lesquelles ses niveaux de revenu et de productivité ont convergé vers ceux de la zone OCDE. Il est nécessaire de continuer à mener des réformes visant à améliorer la situation des finances publiques, à renforcer la compétitivité et à rehausser le taux d’activité afin d’améliorer encore les perspectives de croissance de la Roumanie et le niveau de vie de sa population, selon un nouveau rapport de l’OCDE.
D’après l’Étude économique de l’OCDE consacrée à la Roumanie, la croissance de son PIB devrait atteindre 1.0 % cette année, puis se hisser à 2.2 % en 2027, après avoir été de 0.7 % l’année dernière. L’inflation devrait rester élevée et s’établir à 6.6 % en 2026, avant de refluer à 3.0 % en 2027, à mesure que s’atténuera l’impact des mesures fiscales antérieures.
« La Roumanie a bénéficié d’une forte progression des revenus, alimentée par des gains de productivité importants. Dans les temps à venir, le gouvernement doit rester prioritairement attaché au maintien d’une discipline budgétaire rigoureuse, pour faire face à l’inflation persistante et à la montée des tensions exercées sur les dépenses par le vieillissement démographique », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, lors de la présentation de l’Étude à Bucarest, aux côtés du Premier ministre roumain, Ilie Bolojan. « Il sera important de renforcer l’innovation, les compétences et la transformation numérique pour améliorer la compétitivité. Des réformes concernant le secteur de la santé, le marché du travail et les compétences faciliteraient une hausse du taux d’emploi des seniors, des femmes et des jeunes. »
Améliorer l’efficience des dépenses reste une priorité pour que la situation des finances publiques soit saine et que la croissance soit résiliente. Poursuivre les efforts déployés pour élargir la base d’imposition et améliorer le respect des obligations fiscales en poursuivant la conversion au numérique de l’administration fiscale et en renforçant ses capacités de réaliser des contrôles fondés sur les risques contribueraient à assurer la viabilité budgétaire. Étant donné que des efforts supplémentaires d’assainissement seront requis après 2026, une planification budgétaire à moyen terme, fondée sur une budgétisation axée sur les résultats et des examens des dépenses, contribuerait à assurer la discipline budgétaire et une affectation efficace des fonds publics.
Une meilleure intégration des entreprises roumaines dans les chaînes d’approvisionnement mondiales est nécessaire pour libérer le potentiel économique du pays. Poursuivre les efforts de simplification et de dématérialisation des procédures de délivrance des autorisations professionnelles permettrait d’alléger les coûts administratifs et de renforcer la dynamique des entreprises. Une amélioration des incitations à la recherche-développement (R-D), en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), stimulerait l’innovation. Investir dans le capital humain, notamment en mettant pleinement en œuvre la vaste réforme de l’enseignement et en améliorant l’adéquation du système d’enseignement et de formation professionnels avec les besoins du marché du travail, contribuerait à accroître l’offre de compétences avancées requises pour gravir les échelons de la chaîne de valeur.
Rehausser le taux d’activité des seniors, des femmes et des jeunes contribuerait à atténuer les problèmes démographiques dus au vieillissement de la population et à l’émigration. Favoriser un vieillissement en bonne santé – via les soins préventifs, le dépistage précoce et la promotion de modes de vie plus sains – tout en s’appuyant sur la formation tout au long de la vie et des modalités flexibles d’organisation du travail, permettrait d’améliorer l’employabilité des seniors. Une amélioration des incitations à la reprise du travail après la naissance d’un enfant, consistant par exemple à étoffer l’offre de services d’accueil des jeunes enfants et à raccourcir le congé parental, ainsi que de nouvelles mesures de lutte contre la discrimination au travail contribueraient à tirer vers le haut le taux d’activité des femmes. Des politiques actives du marché du travail plus efficaces, notamment une amélioration des actions « d’aller-vers » les jeunes inactifs et de l’accès à des formations utiles sur le marché de l’emploi, permettraient d’étayer davantage l’emploi des jeunes.
Le changement climatique représente une menace importante pour la Roumanie, en particulier du fait des inondations et des sécheresses. Une application renforcée des règles interdisant les activités de construction en zone inondable, une amélioration des systèmes de protection contre les inondations et un élargissement de la couverture assurantielle des catastrophes permettraient de renforcer la résilience face aux risques. Moderniser les infrastructures pour éviter les pertes d’eau et les pratiques d’irrigation inefficaces, tout en mettant à niveau le traitement des eaux usées, contribuera à remédier aux problèmes de rareté des ressources hydriques.
On trouvera ici une Synthèse de l’Étude économique de la Roumanie reprenant ses principales conclusions et ses graphiques clés (vous êtes invités à inclure ce lien dans vos articles).
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La Roumanie est l’un des huit pays (les sept autres étant l’Argentine, le Brésil, la Bulgarie, la Croatie, l’Indonésie, le Pérou et la Thaïlande) avec lesquels des discussions d’adhésion sont en cours. Le Conseil de l’OCDE a entamé des discussions en vue de l’adhésion de la Roumanie au début de 2022 et, le 10 juin 2022, le Conseil réuni au niveau des Ministres a adopté la Feuille de route concernant le processus d’adhésion à l’OCDE de la Roumanie, qui définit les modalités, les conditions et le processus devant lui permettre de rejoindre l’Organisation. Conformément à cette Feuille de route, la Roumanie a entamé un dialogue technique approfondi avec les comités techniques de l’OCDE, composés d’experts de l’action publique représentant chacun des Membres de l’Organisation. L’objectif de ce dialogue est de mettre en adéquation la législation, les politiques et les pratiques de la Roumanie avec les instruments juridiques et les meilleures politiques et pratiques de l’OCDE, couvrant de multiples domaines de l’action publique, notamment la politique économique, mais aussi les politiques sociales, du marché du travail, de l’éducation et de la santé.
Le processus d’adhésion à l’OCDE est un vecteur de transformation, qui se traduit par des progrès pour la Roumanie et ses citoyens. Tout au long du processus d’adhésion, l’OCDE travaille en étroite collaboration avec la Roumanie pour favoriser l’adoption de réformes pérennes dans cette optique. La Roumanie participe aussi activement au Programme régional de l’OCDE pour l’Europe du Sud-Est depuis sa création en 2000, dans le cadre duquel elle échange des informations sur ses politiques et ses bonnes pratiques avec d’autres économies de la région et contribue au dialogue sur les politiques à suivre et aux activités d’apprentissage entre pairs au niveau régional.
Pour en savoir plus sur la Roumanie et l’OCDE, veuillez consulter : https://www.oecd.org/fr/countries/romania.html.
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