Les pays continuent de mener des réformes visant à modifier leurs lois, leurs institutions et leurs politiques afin d’atténuer les risques de corruption. Cependant, la mise en application de ces réformes reste un défi de taille. C’est ce que souligne l’OCDE dans un nouveau rapport.
Dans l’édition 2026 de ses Perspectives sur l’intégrité et la lutte contre la corruption, l’OCDE analyse les systèmes nationaux d’intégrité de 62 pays à travers le monde, en axant son examen sur sept domaines thématiques : les stratégies adoptées en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption, le lobbying, les conflits d’intérêts, le financement de la vie politique, la transparence de l’information publique, l’intégrité dans les systèmes disciplinaires applicables aux fonctionnaires et l’intégrité dans les systèmes judiciaires.
En se fondant sur ses Indicateurs d’intégrité publique (IIP), l’OCDE évalue dans ce rapport les forces et les faiblesses des systèmes d’intégrité des différents pays étudiés, et met en avant les progrès qui ont été accomplis tout comme les lacunes qui se font jour dans de nombreux pays sur le plan de la mise en œuvre des mesures en faveur de l’intégrité. Elle passe également en revue les outils permettant d’atténuer les risques de corruption qui évoluent en lien avec la fraude, les marchés publics et la criminalité organisée, et formule des recommandations d’actions pour renforcer les systèmes nationaux d’intégrité et les cadres de lutte contre la corruption.
D’après les données de l’OCDE, l’écart moyen entre la force des réglementations relatives à l’intégrité (63 %) et leur mise en œuvre (44 %), tous domaines confondus, s’élève à 19 points de pourcentage dans les pays de l’OCDE, contre 26 points pour les pays partenaires. Cet écart montre qu’il reste beaucoup à faire, un constat également mis en évidence par un autre chiffre : seul un Membre de l’OCDE sur quatre – et environ la moitié des pays non-Membres – assure un suivi de la mise en œuvre de la stratégie adoptée pour lutter contre la corruption.
« Des garde-fous robustes en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption sont fondamentaux pour une action publique efficace, une utilisation efficiente des ressources publiques et un environnement sécurisant pour les entreprises et propice à l’investissement », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « Les pays doivent redoubler d’efforts pour mener à bien leurs réformes et combler les lacunes de leurs cadres en vigueur afin de répondre aux attentes des citoyens, qui exigent des services publics efficaces et fiables, tout en affrontant la menace croissante que représente la criminalité organisée. Pour ce faire, ils peuvent mettre à profit les outils innovants tels que l’IA et associer plus étroitement les entreprises et la société civile à leur action. »
Le renforcement de l’intégrité dans les systèmes de justice constitue l’un des principaux domaines dans lesquels des améliorations sont possibles. Si les pays ont, pour la plupart, mis en place des dispositifs de gestion des conflits d’intérêts à l’intention des juges et des procureurs, ces agents publics ne procèdent systématiquement aux déclarations d’intérêts requises que dans moins d’un tiers des pays de l’OCDE. Celle-ci indique dans ses Perspectives que le contrôle des conflits d’intérêts devrait se concentrer sur les situations présentant le niveau de risque le plus élevé, et que les dispositifs en matière de déclarations d’intérêts devraient être renforcés.
Outre les mesures prévues concernant les administrations publiques, l’OCDE explique dans son rapport que les pays fixent souvent des objectifs stratégiques ciblant particulièrement la corruption dans le secteur privé. Bien qu’il s’agisse d’une évolution positive, il faudrait que les pays prennent des mesures complémentaires destinées à protéger d’autres secteurs vulnérables, notamment les entreprises publiques et les partenariats public-privé.
En outre, l’OCDE explique dans ses Perspectives que les pays recourent de plus en plus aux données et aux technologies numériques pour optimiser la mise en œuvre des stratégies qu’ils poursuivent et renforcer l’intégrité publique. On peut notamment citer le recours accru à l’apprentissage automatique et à l’analyse de données, qui permettent d’améliorer la gestion des risques et les audits, ou à l’intelligence artificielle pour repérer les fraudes, le gaspillage et d’autres irrégularités.
Le rapport a été officiellement présenté à l’occasion de l’édition 2026 du Forum mondial de l’OCDE sur l’intégrité et la lutte anti-corruption, qui offre aux responsables publics et aux autres parties prenantes un espace de dialogue pour examiner en quoi les initiatives menées en faveur de l’intégrité et de la lutte contre la corruption, traditionnellement perçues comme des garde-fous, peuvent aussi agir comme des moteurs de la performance, de la résilience et de l’innovation. Ce Forum, qui mise sur les leçons à tirer des expériences des secteurs public et privé, se consacre à la manière dont une mise en application robuste, une gouvernance efficace et des systèmes d’intégrité agiles et fondés sur des données factuelles permettent de prévenir la fraude, d’améliorer la prise de décision et de favoriser un environnement propice à des pratiques éthiques dans les entreprises ainsi qu’à une croissance économique résiliente. Les stratégies innovantes y seront mises à l’honneur pour montrer dans quelle mesure la lutte contre la corruption peut avoir pour effet direct de favoriser l’efficience économique, la confiance des investisseurs et la création de valeur à long terme au service de l’ensemble de la population.
On trouvera sur cette page de plus amples informations sur le rapport, notamment les principaux constats et graphiques qu’il contient (ce lien peut être utilisé dans les articles de presse).
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