Les corps législatifs constituent un pilier essentiel de la gouvernance démocratique. Ils façonnent les politiques publiques en adoptant des lois, servent d’instances délibératives et représentatives, et jouent un rôle central dans le système de contrepoids en assurant le contrôle et la reddition de comptes à l’égard du pouvoir exécutif. Ce chapitre présente les niveaux de confiance dans les corps législatifs nationaux des pays de l’OCDE ainsi que de cinq pays candidats à l’adhésion. Il met en évidence les écarts de confiance entre différents groupes de population et en suit l’évolution depuis 2021. Il offre également une vue d’ensemble des perceptions liées aux interactions quotidiennes avec les institutions publiques et les processus décisionnels, notamment la manière dont les responsables politiques répondent aux sollicitations de la population, ou l’efficacité avec laquelle les assemblées législatives concilient des intérêts régionaux et de groupes divers, en identifiant les principaux déterminants de la confiance dans les corps législatifs.
Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques
7. L’évolution de la confiance envers le corps législatif national et ses déterminants
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Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsLa confiance dans le corps législatif national est faible mais stable. Dans les pays de l’OCDE, 37 % des individus expriment une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de leur parlement ou congrès, avec toutefois des différences prononcées d’un pays à l’autre. En moyenne, les niveaux de confiance sont restés relativement stables entre 2021 et 2025 et l’orientation des évolutions de la confiance portée au corps législatif reflète dans une large mesure celle de la confiance à l’égard du gouvernement national. Dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, la confiance dans le corps législatif reste inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE.
Les principaux déterminants de la confiance envers le corps législatif font fortement écho aux attentes quant au rôle qui est le sien dans un système démocratique solide et fonctionnel. Dans les différents pays, la confiance envers le corps législatif est fortement corrélée à la perception de l’efficacité avec laquelle le législateur parvient à concilier les intérêts de différentes régions et composantes de la population et à faire en sorte que le gouvernement rende des comptes.
La perception de l’efficacité avec laquelle le législateur parvient à concilier les intérêts de différentes régions et composantes de la population est la variable la plus étroitement corrélée à la confiance dans le corps législatif du pays. Or, seuls 36 % des répondants estiment que le législateur obtient de bons résultats dans ce domaine.
La perception de la réactivité des représentants élus vis-à-vis des citoyens et le sentiment que le corps législatif fait en sorte que le gouvernement rende des comptes sont également des déterminants majeurs de la confiance.
De plus, les déterminants de la confiance dans le gouvernement national jouent un rôle important dans la confiance portée au législateur. Parmi eux figurent la perception par les citoyens qu’ils ont leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, que la prise de décision repose sur des données probantes et que les intérêts des différentes générations sont pris en compte de manière équilibrée.
Sans surprise, les interactions du quotidien avec les institutions publiques revêtent de l’importance, bien que moindre. On constate ainsi une corrélation positive entre la satisfaction à l’égard des services administratifs et le sentiment que les données sont utilisées de manière légitime, d’une part, et la confiance envers le législateur, d’autre part, mais les effets marginaux sont relativement faibles.
Les citoyens qui estiment pouvoir exercer une influence sur ce que fait le gouvernement, ceux qui sont confiants quant à leur capacité à participer à la vie politique et ceux qui ont voté pour le gouvernement en place expriment une confiance bien plus importante à l’égard du corps législatif.
Les facteurs socio-économiques et démographiques continuent de jouer un rôle, bien qu’il soit moins déterminant. Parmi les 19 pays pour lesquels des données comparables sont disponibles depuis 2021, comme pour le gouvernement national, l’écart de confiance associé au niveau d’instruction des répondants s’est fortement creusé (hausse de 7 points de pourcentage) ; il s’agit de la plus forte augmentation en ce qui concerne les écarts de confiance liés à des caractéristiques individuelles.
7.1. L’importance de la confiance à l’égard du corps législatif
Copier le lien de 7.1. L’importance de la confiance à l’égard du corps législatifLe législateur est une pierre angulaire de la gouvernance démocratique. Premièrement, en sa qualité d’organe législatif, il contribue à façonner les politiques publiques en faisant valoir la position des citoyens, en adoptant les lois et en assumant la fonction d’assemblée délibérative et représentative. Deuxièmement, en tant que rouage essentiel des mécanismes de contrôle et de maintien de l’équilibre du système démocratique, il supervise et contrôle l’action de l’exécutif, assure l’examen public des activités de l’administration et s’efforce de faire obstacle à tout abus de pouvoir. Troisièmement, le travail du législateur peut également favoriser une implication plus active des citoyens et une meilleure compréhension des processus politiques et décisionnels, par exemple en mettant à leur disposition des canaux de communication avec leurs représentants.1
L’Enquête de l’OCDE sur la confiance pointe un niveau de confiance stable mais relativement faible dans le corps législatif national au cours des six dernières années. Pour autant, les travaux de recherche sur les déterminants de cette confiance à l’égard du législateur restent limités. Alors que certaines études mettent en exergue des facteurs culturels ou sociodémographiques, l’analyse menée à partir des données de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance révèle que ces caractéristiques jouent un rôle moindre que le sentiment des individus d’avoir une voix sur le plan politique et leur appartenance politique. Bien qu’au cours des six dernières années, l’écart de confiance selon le niveau bas ou élevé d’instruction se soit davantage creusé en ce qui concerne le pouvoir législatif qu’en ce qui concerne le gouvernement national, les écarts de confiance liés à l’instruction et à d’autres facteurs socioéconomiques restent plus réduits à l’égard du premier qu’à l’égard du second.
Ce chapitre précise également les facteurs relevant de la gouvernance publique facilement identifiables et actionnables qui influent sur la confiance dans le parlement ou le congrès. Comme pour la confiance dans le gouvernement, les principaux déterminants de la confiance envers le législateur ont trait à la gestion des enjeux complexes et à long terme des politiques publiques telle qu’elle est perçue par les citoyens et, bien qu’à un degré moindre, aux répercussions de l’action du législateur sur leur quotidien. À l’heure actuelle, les principaux déterminants de la confiance à l’égard du corps législatif sont étroitement liés à la façon dont il est perçu dans ses fonctions premières. En font partie les perceptions du public quant à l’efficacité avec laquelle le législateur concilie les intérêts des différentes régions et composantes de la société, sa capacité à amener le gouvernement à rendre des comptes sur ses politiques et son comportement, et la réactivité des représentants élus aux prises de contact et aux préoccupations des citoyens. La perception de la réactivité du système, à savoir le sentiment que le citoyen lambda peut exercer une influence sur ce que fait le gouvernement, est tout aussi importante pour la confiance dans le législateur que pour celle portée au gouvernement du pays.
7.2. Niveaux de confiance envers le corps législatif du pays et tendances observées
Copier le lien de 7.2. Niveaux de confiance envers le corps législatif du pays et tendances observées7.2.1. Dans l’OCDE comme dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, la confiance à l’égard du corps législatif du pays est relativement faible
Dans les pays de l’OCDE, moins de quatre personnes sur dix (37 %) font état d’une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du corps législatif du pays. Une proportion plus importante, 47 %, exprime une confiance faible ou nulle, et 16 % un niveau de confiance neutre (Graphique 7.1). Les disparités entre les pays sont considérables et encore plus importantes que celles observés pour la confiance envers le gouvernement : l’écart entre la part la plus haute et la part la plus basse de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif atteint 45 points de pourcentage, contre 40 points de pourcentage pour ce qui est de la confiance dans le gouvernement. La proportion de citoyens affichant une confiance élevée ou modérément élevée dépasse 50 % dans seulement cinq pays : l’Islande, la Finlande, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse. Au Chili, en Colombie, au Costa Rica, en France, en Lettonie et en Slovaquie, la confiance n’atteint pas les 25 %. Dans les pays candidats à l’adhésion, les niveaux de confiance dans le corps législatif national restent inférieurs aux moyennes OCDE et c’est le Brésil, avec 32 %, qui enregistre la proportion la plus importante de confiance élevée ou modérément élevée à son égard.
Graphique 7.1. En moyenne, près de la moitié des résidents des pays Membres de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion portent une confiance faible ou inexistante envers le législateur de leur pays
Copier le lien de Graphique 7.1. En moyenne, près de la moitié des résidents des pays Membres de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion portent une confiance faible ou inexistante envers le législateur de leur paysParts respectives des différents niveaux de confiance envers le corps législatif national, en pourcentage de la population, 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » S’agissant des réponses, « confiance faible ou inexistante » correspond à un niveau de confiance compris entre 0 et 4, « neutre » au niveau 5 et « confiance élevée ou modérément élevée » à un niveau compris entre 6 et 10. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
En moyenne dans la zone OCDE, le corps législatif du pays recueille des niveaux de confiance légèrement plus bas (37 %) que le gouvernement (40 %), mais plus élevés que les partis politiques (26 %) (Graphique 7.2).
Ce schéma d’une confiance légèrement plus élevée envers le gouvernement du pays se vérifie non seulement en moyenne dans les pays de l’OCDE mais également dans les cinq pays candidate à l’adhésion à l’OCDE qui ont fourni des données pour l’édition 2025 de l’Enquête sur la confiance. Cependant, dans un petit nombre de pays, la confiance dans le gouvernement est supérieure de 10 points de pourcentage ou plus à celle accordée au corps législatif : au Chili, en Corée, au Costa Rica, au Japon et au Mexique. Inversement, dans d’autres pays également peu nombreux, à savoir l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, la Norvège et la Suède, le corps législatif bénéficie d’une confiance plus importante que le gouvernement. Parmi les pays candidats à l’adhésion, l’écart le plus important entre les parts respectives de la population déclarant une confiance élevée dans le gouvernement national et celles déclarant une confiance élevée dans le corps législatif (écart de 6 points de pourcentage) s’observe au Brésil, tandis que la Croatie enregistre l’écart le plus faible (2 points de pourcentage).
En revanche, dans l’ensemble des pays étudiés, les partis politiques sont systématiquement l’institution politique qui recueille le plus faible niveau de confiance. Il n’y a qu’aux Pays-Bas que le différentiel entre la confiance dans le corps législatif et celle dans les partis politiques est inférieur à 5.
Graphique 7.2. En moyenne et dans de nombreux pays pris individuellement, les individus sont moins nombreux à accorder une confiance élevée ou modérément élevée au législateur qu’au gouvernement
Copier le lien de Graphique 7.2. En moyenne et dans de nombreux pays pris individuellement, les individus sont moins nombreux à accorder une confiance élevée ou modérément élevée au législateur qu’au gouvernementPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée envers le corps législatif, le gouvernement et les partis politiques du pays, 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance à chacune des institutions suivantes ? » Une valeur de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10 correspond à une confiance « élevée ou modérément élevée ». La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
7.2.2. Après une légère baisse entre 2021 et 2023, les niveaux de confiance moyens se sont stabilisés dans 19 pays de l’OCDE en 2025
Par rapport aux résultats des précédentes éditions de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance, les niveaux de confiance dans le gouvernement national sont restés relativement stables. Dans les 19 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles pour les éditions 2021, 2023 et 2025, la part de la population exprimant une confiance élevée ou modérément élevée a perdu 2 points de pourcentage entre 2021 et 2023, de 41 % à 39 %, avant de remonter légèrement, à 40 %, en 2025 (Graphique 7.3). Pour les 29 pays de l’OCDE figurant tant dans l’édition 2023 que dans l’édition 2025, cette part est restée stable, à 37 %. Ces évolutions minimes dans les niveaux de confiance moyens au cours des six dernières années s’inscrivent dans la droite ligne des faibles variations observées en ce qui concerne la confiance dans le gouvernement national (voir chapitre 1).
En revanche, dans les pays pris individuellement, les niveaux de confiance ont varié plus fortement. C’est en Australie, en Colombie et au Japon que se sont produites les évolutions les plus marquées entre 2021 et 2025 ; les niveaux de confiance dans le corps législatif y ont augmenté de 12, 11 et 16 points de pourcentage respectivement au cours de cette période. L’évolution est également prononcée pour le seul pays candidat à l’adhésion pour lequel des données sont disponibles pour les différentes années, à savoir le Brésil : les niveaux de confiance dans le corps législatif ont doublé entre 2022 et 2025 et sont passés de 16 % à 32 %. En Estonie, en Islande, en Corée et en Norvège, les niveaux de confiance ont chuté entre 2021 et 2023, avant de remonter en 2025. Globalement, les évolutions qui ont marqué la confiance dans le corps législatif reflètent celles observées pour le gouvernement national. Certains pays se démarquent néanmoins : au Danemark, la confiance à l’égard du gouvernement est restée stable entre 2023 et 2025, tandis que celle envers le corps législatif a légèrement baissé ; au Costa Rica, en Finlande et en Slovénie, la confiance à l’égard du gouvernement a connu une légère hausse tandis que celle portée au corps législatif a diminué. Inversement, en Estonie, la confiance dans le gouvernement a baissé de manière régulière de 2021 à 2025, tandis que la confiance portée au corps législatif a chuté en 2023 avant de connaître une légère hausse en 2025.
Graphique 7.3. La confiance envers le corps législatif national est restée relativement stable dans les pays de l’OCDE depuis 2021
Copier le lien de Graphique 7.3. La confiance envers le corps législatif national est restée relativement stable dans les pays de l’OCDE depuis 2021Part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée envers le corps législatif national, 2021, 2023 et 2025
Note : Ce graphique présente la part de personnes qui ont fourni une réponse de 6 à 10 à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » OCDE‑19 correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées des pays de l’OCDE pour lesquels la donnée est disponible pour toutes les années d’enquête ; OCDE‑29 correspond à la même moyenne pour les pays pour lesquels la donnée est disponible en 2023 et en 2025 ; et OCDE‑33 correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées des pays de l’OCDE ayant participé à l’enquête 2025. Pour le Brésil, la première collecte de données ayant été réalisée en avril 2022 à l’aide d’une version adaptée du questionnaire de l’édition 2021 de l’enquête, les données sont donc regroupées sous les réponses de l’édition 2021.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2021, 2023 et 2025.
7.2.3. Les niveaux de confiance dans le corps législatif varient davantage en fonction du sentiment des individus qu’ils ont leur mot à dire sur ce que font les pouvoirs publics et de leur appartenance politique qu’en fonction de facteurs socioéconomiques ou démographiques
Le corps législatif est l’institution représentative fondamentale des démocraties. C’est dans son enceinte qu’un large éventail d’intérêts publics sont exprimés, débattus puis incorporés dans des décisions affectant l’ensemble de la population, en s’efforçant de tenir effectivement compte des vues de ses différentes composantes au fil des processus législatifs. Il s’ensuit que l’analyse de la confiance portée au corps législatif par les différentes composantes de la population fournit des informations précieuses sur l’efficacité avec laquelle elles estiment qu’il prend en compte et concrétise leurs divers intérêts et attentes au cours du processus d’élaboration des politiques publiques.
Parmi les caractéristiques individuelles, dans les pays de l’OCDE et les pays candidats à l’adhésion, le sentiment de capacité politique et l’appartenance politique des individus sont les facteurs les plus déterminants des variations de la confiance dans le législateur. En revanche, les caractéristiques socio-économiques et démographiques semblent avoir une influence plus limitée (Graphique 7.4). Ce constat vaut également pour la confiance à l’égard du gouvernement (voir chapitre 2) et dans le temps (Graphique 7.9). Toutefois, les différentiels de proportion en ce qui concerne les citoyens exprimant une confiance élevée ou modérément élevée selon la catégorie de population, que nous appellerons ici « écarts de confiance », sont légèrement plus réduits pour la confiance envers le corps législatif que pour celle portée au gouvernement. Seul fait exception l’écart associé à la confiance des individus en leur capacité à participer à la vie politique, qui est similaire pour ces deux institutions.
Graphique 7.4. La part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national est particulièrement faible parmi les personnes qui estiment ne pas avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement
Copier le lien de Graphique 7.4. La part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national est particulièrement faible parmi les personnes qui estiment ne pas avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernementPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée envers le corps législatif national, en fonction des caractéristiques socio-économiques et démographiques, de l’appartenance politique et de la capacité d’action politique des répondants, OCDE, 2025
Note : Le graphique présente les moyennes OCDE non pondérées des moyennes nationales pondérées des pays de l’OCDE des réponses à la question« Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? », en fonction de la capacité d’action politique perçue, de l’appartenance politique, des caractéristiques socio-économiques et des caractéristiques démographiques des répondants. Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs 6 à 10, regroupées en fonction de la capacité d’action politique perçue (sentiment de pouvoir faire entendre sa voix sur l’action du gouvernement, confiance quant à sa propre participation à la vie politique) et de l’appartenance politique (fait d’avoir voté pour le gouvernement en place lors des dernières élections nationales), des caractéristiques socio-économiques (préoccupations financières, niveau d’instruction, identification comme membre d’un groupe faisant l’objet de discriminations) et des caractéristiques démographiques (hommes et femmes, groupes d’âge) des répondants. Les préoccupations financières sont mesurées en posant la question suivante : « En général, lorsque vous pensez aux deux années à venir, dans quelle mesure êtes-vous préoccupé(e) par la situation économique de votre foyer ? », et en agrégeant les réponses 3 (« plutôt préoccupé(e) ») et 4 (« très préoccupé(e) »). Le faible niveau d’éducation est défini comme un niveau inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et le niveau d’éducation élevé comme l’enseignement supérieur (tertiaire). (classification CITE 2011). L’identification en tant que membre d’un groupe sujet à des discriminations est mesurée par les réponses « Oui » à la question « Vous décririez-vous comme faisant partie d’un groupe victime de discrimination dans votre pays ? »
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Les individus qui estiment avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement et se sentent capables de participer à la vie politique font état de niveaux de confiance bien plus élevés que ceux qui estiment ne pas pouvoir se faire entendre sur le plan politique. Parmi ceux qui pensent pouvoir exercer une influence sur ce que fait le gouvernement, 65 % expriment une confiance élevée ou modérément élevée envers le corps législatif de leur pays, contre seulement 19 % parmi ceux qui pensent n’avoir aucune influence (Graphique 7.5.). Ces chiffres sont similaires, en moyenne, pour les pays candidats à l’adhésion (53 % et 11 %). Bien que l’écart soit beaucoup plus marqué en Australie, au Canada et en Nouvelle-Zélande (60, 58, et 56 points de pourcentage, respectivement), il est près de deux fois moins important en Colombie, au Costa Rica et en Bulgarie, où la part des administrés affichant un niveau de confiance élevé est globalement plus faible, quel que soit leur sentiment d’avoir voix au chapitre sur le plan politique.
De même, la confiance à l’égard du corps législatif est corrélée à la confiance des individus dans leur capacité à participer à la vie politique. En moyenne, dans l’OCDE, on constate un écart de confiance de 28 points de pourcentage entre ceux qui ont confiance quant à leur capacité à y participer et ceux qui n’ont pas cette confiance (Graphique 7.5). Les disparités d’un pays à un autre vont d’écarts relativement réduits, de quelque 10 p.p. en Grèce et en Slovénie (ainsi qu’en Croatie et au Pérou) à des écarts de plus de 40 p.p. au Canada, en Corée, en Pologne et en Suisse.
Graphique 7.5. L’écart de confiance envers le corps législatif national selon la perception qu’ont les individus d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement est important dans tous les pays ayant participé à l’enquête
Copier le lien de Graphique 7.5. L’écart de confiance envers le corps législatif national selon la perception qu’ont les individus d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement est important dans tous les pays ayant participé à l’enquêtePart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national, selon qu’elle estime avoir son mot à dire sur l’action du gouvernement (en bleu) et selon son niveau de confiance dans sa propre capacité à participer à la vie politique (en jaune), 2025.
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » en fonction du sentiment des répondants d’avoir leur mot à dire (en bleu) et de leur confiance quant à leur capacité à participer à la vie politique (en jaune). Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées selon que les personnes ont ou non le sentiment d’avoir leur mot à dire (en bleu) d’après les réponses à la question : « Dans quelle mesure diriez-vous que le système politique de votre pays permet aux personnes comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? » et selon qu’elles sont ou non convaincues de leur capacité personnelle à participer à la vie politique (en jaune) d’après les réponses à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) de votre capacité à participer à la vie politique ? » La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée pour l’ensemble des pays. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
L’appartenance politique joue également un rôle majeur dans la confiance envers le corps législatif. Moins de la moitié (47 %) des répondants qui ont indiqué avoir voté pour le parti au pouvoir expriment un niveau de confiance élevé ou modérément élevé dans le corps législatif, une proportion qui soutient toutefois avantageusement la comparaison avec les 28 % de ceux qui n’ont pas voté ainsi (Graphique 7.6). L’écart en fonction de l’appartenance politique (19 points de pourcentage) n’est supérieur à 30 % que dans deux pays, en Australie et au Canada. Ces résultats corroborent les travaux de recherche universitaires selon lesquels les citoyens ont tendance à exprimer des niveaux de confiance plus élevés lorsque le parti pour lequel ils ont voté est représenté dans le gouvernement ou appartient à la majorité siégeant au parlement2. En moyenne, l’écart associé à l’appartenance politique est beaucoup plus réduit pour la confiance à l’égard du corps législatif que pour celle portée au gouvernement. Ce résultat semble logique si l’on considère que la plupart des partis sont représentés au parlement, ce qui n’est généralement pas le cas au gouvernement.
Graphique 7.6. L’écart de confiance envers le corps législatif lié à l’appartenance politique est marqué dans de nombreux pays
Copier le lien de Graphique 7.6. L’écart de confiance envers le corps législatif lié à l’appartenance politique est marqué dans de nombreux paysPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national, selon qu’elle a voté ou non pour un parti au pouvoir, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » selon l’appartenance politique des répondants. Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées selon qu’elles ont (ou auraient) voté pour le gouvernement en place, et identifiées par leur réponse à la question suivante : « Le parti pour lequel vous avez voté lors des dernières élections nationales du [DATE] fait-il actuellement partie du gouvernement ? » La Nouvelle-Zélande ne figure pas sur le graphique car l’enquête n’y incluait pas la question sur le vote en faveur du gouvernement en place. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Au-delà des postures et penchants politiques des citoyens, d’autres traits individuels comme le profil socio-économique et les caractéristiques démographiques sont corrélés aux niveaux de confiance. En particulier, le sentiment d’insécurité économique est associé à des niveaux de confiance moins élevés (voir le chapitre 2).
Les données de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance confirment que la perception qu’ont les individus de leur situation financière joue un rôle dans la confiance envers le corps législatif. Parmi les répondants qui ont fait état de préoccupations financières, 32 % en moyenne expriment une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du corps législatif, contre 48 % parmi ceux qui estiment jouir d’une plus grande stabilité financière (écart de 16 points de pourcentage) (Graphique 7.7). Les différentiels les plus importants se constatent en Irlande et au Japon, où les écarts sont de 28 et 27 points de pourcentage respectivement ; viennent ensuite le Chili, la Norvège et le Portugal avec des écarts de 25 p.p. C’est en Espagne et en France que ces écarts sont les plus réduits, avec 6 et 5 points de pourcentage respectivement. La Colombie est le seul pays dans lequel les personnes exprimant des préoccupations financières font état de niveaux de confiance (22 %) à peine plus élevés que celles qui n’ont pas ce type de préoccupations (21 %).
Graphique 7.7. Le sentiment d’insécurité financière est généralement associé à des niveaux de confiance plus faibles à l’égard du corps législatif du pays
Copier le lien de Graphique 7.7. Le sentiment d’insécurité financière est généralement associé à des niveaux de confiance plus faibles à l’égard du corps législatif du paysPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national en fonction des préoccupations financières, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées selon les réponses 3 ou 4 (quelque peu ou très préoccupé(e)) ou 1 et 2 (pas du tout ou peu préoccupé(e)) apportées à la question : « En général, lorsque vous pensez aux deux années à venir, dans quelle mesure êtes-vous préoccupé(e) par la situation économique de votre foyer ? » La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée de l’OCDE calculée à partir des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Le niveau d’instruction constitue également un indicateur fort. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la proportion des personnes titulaires d’un diplôme de l’enseignement post-secondaire qui ont confiance dans le corps législatif est supérieure de 13 points de pourcentage à celle des personnes qui n’ont pas obtenu de diplôme d’enseignement secondaire de deuxième cycle. Cette différence varie considérablement d’un pays à l’autre puisqu’elle s’étale de 1 à 30 points de pourcentage. Font exception la Corée, le Japon, le Mexique et la République slovaque, où les individus qui ont un niveau d’études plus faible affichent une confiance plus élevée dans le corps législatif que ceux ayant atteint un niveau d’études élevé. L’Encadré 7.1 présente les variations dans le temps depuis 2021 (pour les pays ayant participé aux trois éditions de l’enquête) et semble indiquer que les écarts concernant la confiance dans le corps législatif associés à l’instruction augmentent lentement.
De même qu’à l’égard du gouvernement national, les femmes et les jeunes ont tendance à moins faire confiance au corps législatif que les hommes et les personnes plus âgées. Toutefois, ces écarts restent relativement réduits. En 2025, en moyenne dans les pays de l’OCDE, 34 % des femmes déclarent accorder une confiance élevée ou modérément élevée au corps législatif, contre 39 % des hommes. Cet écart est beaucoup plus important en Nouvelle-Zélande ainsi qu’en Irlande et en Suède. En revanche, en Corée, en Islande et en Norvège (ainsi qu’au Brésil pour ce qui est des pays candidats à l’adhésion), les femmes font état de niveaux de confiance envers le corps législatif plus élevés que les hommes (Graphique 7.8).
Enfin, en 2025, 36 % des plus jeunes répondants à l’enquête font état d’une confiance élevée ou modérément élevée envers le législateur du pays, une proportion proche de celle observée parmi la population plus âgée. Toutefois, les disparités entre les pays sont prononcées. Au Danemark, en Finlande et en Pologne, l’écart entre la confiance accordée au corps législatif par la population plus âgée et par les plus jeunes est très supérieur à la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 3 points de pourcentage. Dans de nombreux autres pays, dont l’Australie, le Chili, la France, le Japon, l’Islande et le Royaume--Uni, les jeunes affichent en revanche des niveaux de confiance plus élevés envers le corps législatif que la population plus âgée (Graphique 7.8).
Graphique 7.8. Les hommes et les populations plus âgées affichent des niveaux de confiance plus élevés dans le corps législatif national que les femmes et les jeunes
Copier le lien de Graphique 7.8. Les hommes et les populations plus âgées affichent des niveaux de confiance plus élevés dans le corps législatif national que les femmes et les jeunesPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national par groupe d’âge et selon qu’il s’agit d’hommes ou de femmes, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » Ce graphique illustre la part des personnes interrogées qui ont une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des réponses allant de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, en distinguant les femmes des hommes, et selon trois tranches d’âge : 1) 18-29 ; 2) 30-49 ; 3) 50 et plus. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée de l’OCDE calculée à partir des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Encadré 7.1. Tendances et évolution des écarts de confiance dans le corps législatif, 2021-2025
Copier le lien de Encadré 7.1. Tendances et évolution des écarts de confiance dans le corps législatif, 2021-2025Dans les 19 pays pour lesquels des données comparables sont disponibles depuis 2021, certains écarts de confiance ont évolué de manière inégale dans le temps, ce qui révèle des schémas fluctuants dans la façon dont les différentes composantes de la population perçoivent le corps législatif de leur pays. Alors que les écarts de confiance liés au fait d’avoir son mot à dire, de se sentir capable de participer à la vie politique, et ceux associés au niveau d’études se sont creusés, les écarts liés à l’appartenance politique et aux préoccupations financières sont restés stables, et ceux liés à l’âge se sont resserrés. On observe des tendances et des évolutions similaires en ce qui concerne les écarts de confiance dans le gouvernement national entre les différentes composantes de la population. Seul fait exception l’écart de confiance lié au sentiment « d’avoir son mot à dire », qui s’est accentué pour la confiance envers le corps législatif tandis qu’il est resté stable pour celle portée au gouvernement. Cette divergence s’explique en partie par les niveaux élevés, au fil du temps, de la confiance portée au corps législatif par les individus qui estiment avoir voix au chapitre. Hormis ce point, les données font ressortir plusieurs tendances constantes en ce qui concerne la posture politique des citoyens envers les institutions représentatives du pays (voir le chapitre 2). L’écart lié à la voix des individus sur le plan politique (« avoir son mot à dire ») s’est creusé, avec une hausse de 5 points de pourcentage entre 2021 et 2025 (de 44 à 49 p.p.). Les hausses les plus significatives se sont produites en Irlande (+25 p.p.) et en Australie (+17 p.p.). On observe une tendance similaire en ce qui concerne l’écart lié à la capacité d’action politique, qui a également augmenté de 5 points de pourcentage en moyenne au cours de cette même période. Le Royaume-Uni et l’Australie ont enregistré des hausses particulièrement fortes (+21 p.p. et +17 p.p., respectivement) tandis que le Luxembourg se démarque par une baisse conséquente de 20 points de pourcentage. Considérées dans leur ensemble, ces tendances longitudinales mettent en exergue un point de plus en plus problématique : des disparités croissantes en ce qui concerne le sentiment d’influence et de voix sur le plan politique, et les implications de ces facteurs pour la confiance dans le corps législatif et d’autres institutions publiques (voir chapitre 6).
L’écart de confiance selon le niveau d’instruction a enregistré une hausse significative de 7 points de pourcentage, la plus importante parmi les écarts de confiance liés à des caractéristiques individuelles (Graphique 7.9). Cette hausse concorde pour l’essentiel avec celle de l’écart de confiance vis-à-vis du gouvernement national selon le niveau d’instruction. En revanche, l’écart de confiance moyen associé au sentiment d’être sujet à des discriminations n’a que peu augmenté (d’1 p.p.) entre 2021 et 2025.
Graphique 7.9. L’écart de confiance envers le corps législatif national lié au niveau d’instruction s’est creusé au fil du temps
Copier le lien de Graphique 7.9. L’écart de confiance envers le corps législatif national lié au niveau d’instruction s’est creusé au fil du tempsPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le corps législatif national selon le niveau d’instruction des répondants, 2021, 2023 et 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au parlement/congrès national ? » en fonction du niveau d’instruction des répondants, regroupés selon le niveau d’études le plus élevé atteint : niveau d’instruction plus élevé (diplôme de l’enseignement post-secondaire) ou niveau d’instruction inférieur (sans diplôme de l’enseignement secondaire de deuxième cycle). Le graphique présente l’évolution dans le temps de tous les pays pour lesquels des données pertinentes sont disponibles en 2021, 2023 et 2025 ; les pays ayant participé à l’enquête en 2025 n’ont pas tous participé aux trois éditions. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée calculée à partir des moyennes nationales pondérées des pays inclus dans le graphique.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2021, 2023 et 2025.
Les écarts de confiance entre les hommes et les femmes ont également fluctué dans le temps, les hommes étant plus enclins à accorder leur confiance au corps législatif. Parmi les pays pour lesquels des données sont disponibles pour toutes les éditions de l’enquête depuis 2021, l’écart a augmenté de 4 points de pourcentage en 2023 avant de se réduire à nouveau en 2025, ce qui fait écho aux tendances plus larges observées entre les femmes et les hommes en ce qui concerne la confiance envers le gouvernement national. La Nouvelle-Zélande se démarque par un creusement continu de cet écart entre les femmes et les hommes, de 7 p.p. en 2021 à 21 p.p. en 2025.
Enfin, les disparités en fonction de l’âge se sont réduites dans la majorité des 19 pays pour lesquels des données sont disponibles depuis 2021. Le Royaume-Uni se distingue particulièrement, avec un écart qui s’est totalement inversé : alors qu’en 2021, le niveau de confiance des plus jeunes répondants était de 15 points de pourcentage inférieur à celui des plus âgés, il lui est supérieur de 18 points de pourcentage, soit une variation de 33 points de pourcentage, en 2025. Toutefois, la tendance générale au resserrement des écarts souffre quelques exceptions. En Colombie, au Danemark, en Finlande, en Nouvelle-Zélande et en Suède, l’écart de confiance en fonction de l’âge s’est creusé au cours de cette même période.
7.3. Les déterminants de la confiance envers le corps législatif liés à la gouvernance publique
Copier le lien de 7.3. Les déterminants de la confiance envers le corps législatif liés à la gouvernance publiqueLa confiance des citoyens dans le corps législatif du pays est déterminée par un ensemble complexe de facteurs qui se renforcent mutuellement, et dont beaucoup agissent en conjonction avec les déterminants de la confiance envers le gouvernement national, en particulier, ainsi qu’envers d’autres institutions publiques. Il ressort de l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance que les principaux éléments qui influent sur la confiance dans le corps législatif ont trait à la façon dont sont traitées les grandes questions de gouvernance. Bien que certains aspects liés aux interactions quotidiennes des citoyens avec les institutions publiques jouent également un rôle, ils sont bien moins fortement corrélés à la confiance qu’ils portent au corps législatif.
Ces résultats sont intéressants en eux-mêmes, et particulièrement instructifs dans une optique comparative. Ils fournissent en effet des indications sur la façon dont les efforts déployés par les pays peuvent influencer simultanément la confiance envers différentes institutions publiques et sur les domaines qui mériteraient des efforts plus ciblés. Une comparaison des principaux déterminants de la confiance envers le corps législatif et ceux de la confiance envers le gouvernement national fait ressortir plusieurs points communs et tendances manifestes :
Certains déterminants importants de la confiance dans le corps législatif ont directement trait à la façon dont les administrés perçoivent ses fonctions de base. Jouent notamment un rôle l’efficacité avec laquelle le corps législatif concilie les intérêts des différentes régions et composantes de la société, sa capacité à amener le gouvernement à rendre des comptes, et celle des représentants élus à répondre de manière constructive aux prises de contact du public.
La façon dont les individus perçoivent la réactivité du système, à savoir s’ils estiment qu’ils peuvent ou non exercer une influence sur ce que fait le gouvernement, est tout aussi importante pour la confiance envers le législateur qu’envers le gouvernement.
Dans le même temps, plusieurs autres facteurs, comme le sentiment que la prise de décision s’appuie sur des données probantes, et la perception de l’équité entre les générations, de la coopération avec les parties prenantes ou du soutien apporté en période de crise économique, revêtent une importance en ce qui concerne la confiance dans ces deux institutions, mais leurs effets marginaux tendent à être plus faibles pour le corps législatif que pour le gouvernement.
Graphique 7.10. Déterminants de la confiance envers le corps législatif national en 2025
Copier le lien de Graphique 7.10. Déterminants de la confiance envers le corps législatif national en 2025Déterminants relevant de la gouvernance publique qui présentent une relation statistiquement significative avec la confiance dans le corps législatif national, OCDE, 2025
Guide de lecture : Ce graphique présente un ensemble d’informations issues de l’analyse de régression de la confiance dans le corps législatif national par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique et aux variables de contrôle, ainsi que l’écart de la perception moyenne du déterminant correspondant par rapport à un seuil de 80 %. Les déterminants qui présentent la plus forte corrélation positive avec la confiance et pour lesquels en moyenne seule une faible part de la population des pays de l’OCDE a une perception positive peuvent avoir un plus fort impact potentiel sur la confiance, dans la mesure où ils offrent une importante marge d’amélioration et où cette amélioration s’accompagnerait vraisemblablement d’une augmentation des niveaux de confiance. D’autre part, les déterminants présentant une faible corrélation positive avec la confiance et pour lesquels les perceptions sont déjà plutôt positives dans les pays de l’OCDE ont une moindre probabilité de contribuer à des améliorations substantielles de la confiance. Néanmoins, tous les déterminants mentionnés dans ce graphique sont statistiquement significatifs, aussi toute amélioration dans les domaines correspondants peut-elle contribuer à renforcer la confiance.
Note : Ce graphique présente les déterminants statistiquement significatifs de la confiance dans le corps législatif national, obtenus à l’aide de régressions logistiques de la confiance par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique. Les analyses tiennent compte des caractéristiques individuelles, par exemple si la personne a voté ou aurait voté pour l’un des partis actuellement au pouvoir, ainsi que des niveaux autodéclarés de confiance interpersonnelle, et des effets fixes par pays. Toutes les variables représentées sont statistiquement significatives au seuil de 1 %. Les effets marginaux moyens estimés sur lesquels repose ce graphique sont présentés dans le Tableau A.5, colonne 7, à l’annexe A.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
7.3.1. La conciliation des différents intérêts et besoins est l’élément le plus déterminant de la confiance dans le corps législatif
À l’heure actuelle, dans les pays de l’OCDE, la variable relevant de la gouvernance publique qui affiche, et de loin, la plus forte corrélation avec la confiance dans le corps législatif est le sentiment qu’il prend en compte de manière équilibrée les besoins des différentes régions et composantes de la société lorsqu’il examine de nouvelles politiques publiques. Une perception positive sur ce point est associée à une augmentation de 4.9 points de pourcentage de la propension à exprimer une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du corps législatif du pays, toutes variables constantes par ailleurs. Le sentiment de pouvoir faire entendre sa voix sur le plan politique est également corrélé à la confiance dans le corps législatif et accroît la probabilité de faire état d’une confiance élevée de 3.4 points de pourcentage.
Toutefois, les citoyens restent relativement sceptiques quant à l’équité du législateur, à la mesure dans laquelle il tient compte des différents besoins et intérêts, et à leur propre voix sur le plan politique (voir chapitre 6). En moyenne, dans les pays de l’OCDE, seuls 36 % des répondants estiment probable que le corps législatif de leur pays tienne compte de manière équilibrée des besoins de différentes catégories de population et régions à l’occasion de l’examen d’une nouvelle politique publique (Graphique 7.11). Cette proportion est néanmoins très variable : la Suisse est le seul pays dans lequel plus de la moitié de la population affiche une perception positive sur ce point, suivie par l’Australie, le Canada et le Mexique. À l’extrémité inférieure, en Estonie, en Lettonie et en République slovaque ainsi que dans trois pays candidats à l’adhésion, à savoir la Bulgarie, la Croatie et le Pérou, moins d’un répondant sur quatre exprime ce sentiment positif. Pour les 29 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles3, la proportion moyenne est restée stable entre 2023 et 2025, avec une baisse d’un point de pourcentage seulement. Néanmoins, quelques pays ont connu des évolutions notables : ainsi, au Royaume-Uni, cette perception a bondi de 15 points de pourcentage, tandis qu’elle a reculé de 9 points de pourcentage en Colombie.
Graphique 7.11. Dans les pays de l’OCDE, un peu plus d’une personne sur trois estime probable que le corps législatif national prenne en compte les besoins des différents groupes ou régions de manière équilibrée
Copier le lien de Graphique 7.11. Dans les pays de l’OCDE, un peu plus d’une personne sur trois estime probable que le corps législatif national prenne en compte les besoins des différents groupes ou régions de manière équilibréePart de la population qui estime que le corps législatif national est susceptible de prendre en compte les intérêts de différents groupes de manière équilibrée, 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question : « Si le parlement/congrès débattait d’une nouvelle politique publique, à quel point pensez-vous qu’il serait susceptible de prendre en compte les besoins des différentes régions et groupes de la société de manière équilibrée ? » La proportion « Susceptible » correspond à la somme des réponses de 6 à 10 sur l’échelle ; « neutre » correspond à une réponse de 5 ; « Peu susceptible » correspond à la somme des réponses de 0 à 4 ; et « Je ne sais pas » constitue un choix de réponse séparé. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée de l’OCDE, calculée à partir des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2023 et 2025.
7.3.2. Le sentiment d’être écouté est corrélé positivement à la confiance envers le corps législatif
Il ressort de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance que le sentiment d’avoir une voix sur le plan politique, qui correspond à la perception par l’administré qu’il a son mot à dire sur ce que fait le gouvernement, est l’un des facteurs les plus déterminants de la confiance dans le corps législatif (correspond à la pastille 6 dans le Graphique 7.10). Les individus qui estiment probable que le système politique leur permette d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement sont plus enclins (3.4 points de pourcentage de plus) à faire confiance au corps législatif, toutes variables constantes par ailleurs. En moyenne dans les pays de l’OCDE, parmi les personnes qui pensent avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, 65 % expriment une confiance élevée ou modérément élevée envers le corps législatif (Graphique 7.5).
La confiance envers le législateur est également influencée, bien qu’à un degré plus modéré, par la perception de l’efficacité avec laquelle les représentants élus répondent aux citoyens qui les contactent. Ces conclusions ont pu être tirées grâce à l’ajout d’une nouvelle question au questionnaire de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance. Le sentiment que les représentants élus apportent une réponse constructive aux demandes et observations des citoyens est associé à une hausse de 2.4 points de pourcentage de la propension à exprimer une confiance élevée ou modérément élevée envers le corps législatif du pays, toutes variables constantes par ailleurs.
Même s’il ne s’agit pas du principal moyen de communication avec l’administration publique, en moyenne dans les pays de l’OCDE, plus d’un répondant sur dix (11 %) indique avoir contacté un responsable politique ou un représentant du gouvernement au cours de l’année précédente (voir chapitre 6). Cependant, dans les pays de l’OCDE, moins d’un tiers des répondants estiment probable que, s’ils contactaient un membre du parlement ou du congrès de leur pays, ce dernier lui apporterait une réponse constructive (Graphique 7.12).
Recevoir une réponse constructive d’un représentant élu ne constitue qu’un seul des nombreux éléments pouvant influer sur la façon dont les citoyens perçoivent leurs représentants et le corps législatif de leur pays, mais cet élément n’en est pas moins important. Dans les démocraties représentatives, le principe voulant que ces représentants « assurent la présence des absents » est fondamental. Une réponse constructive, qui peut consister simplement à diriger l’auteur de la demande vers la source d’information pertinente, est donc une condition nécessaire, sans pour autant être suffisante, pour que les citoyens se sentent écoutés.
Un examen plus approfondi de ces deux perceptions et de la façon dont elles peuvent être influencées par le comportement des responsables politiques fournit plusieurs enseignements spécifiques aux pays qui méritent d’être relevés (Graphique 7.12). Par exemple, en Suisse, alors que la proportion de personnes qui déclarent avoir contacté un responsable politique (8 %) est inférieure à la moyenne de l’OCDE, ce pays affiche la plus forte proportion de répondants ayant le sentiment que les représentants fourniront une réponse constructive à un citoyen qui les contacterait, et il s’agit du seul pays de l’OCDE dans lequel elle est supérieure à 50 % (54 %). La situation est similaire en Nouvelle-Zélande. En revanche, en Irlande et en Slovénie, les répondants sont bien plus nombreux à déclarer contacter des responsables politiques (49 % et 31% respectivement), une proportion qui est nettement supérieure à la moyenne des pays. Or, le sentiment que les représentants répondront de manière constructive est inférieur à la moyenne de l’OCDE (30 % en Irlande et 25 % en Slovénie).
Graphique 7.12. En moyenne, un tiers seulement de la population estime qu’elle recevrait une réponse constructive en contactant un représentant élu
Copier le lien de Graphique 7.12. En moyenne, un tiers seulement de la population estime qu’elle recevrait une réponse constructive en contactant un représentant éluPart de la population qui estime que les représentants élus seraient susceptibles de lui apporter une réponse constructive si elle les contactaient, 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question « Si vous contactiez un membre du parlement/congrès national, dans quelle mesure serait-il selon vous susceptible de vous répondre de manière pertinente ? » La proportion « Susceptibles » correspond à la somme des réponses de 6 à 10 sur l’échelle ; « neutre » correspond à une réponse de 5 ; « Peu susceptibles » correspond à la somme des réponses de 0 à 4 ; et « Je ne sais pas » constitue un choix de réponse séparé. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée de l’OCDE, calculée à partir des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2023 et 2025.
Au-delà du seul fait que les représentants élus répondent aux prises de contact individuelles, les corps législatifs dans le monde ont mené de nombreuses réformes pour renforcer l’implication du public et favoriser l’ouverture et la transparence (Leston-Bandeira, 2012[1]), ce qui a (très certainement) contribué à améliorer l’accès à l’information sur la question législative et les activités du législateur (Scheidig et Obergassel, 2024[2]).
7.3.3. La confiance de la population à l’égard du corps législatif est renforcée lorsqu’il s’acquitte efficacement de sa fonction de contrôle et de maintien de l’équilibre des pouvoirs
Le rôle du législateur ne se limite pas à représenter les citoyens et à élaborer les lois. Il assure également une fonction fondamentale dans toute démocratie, qui est de superviser d’autres institutions publiques et de préserver leur intégrité dans leurs activités. Le sentiment que le législateur amène le gouvernement à rendre des comptes est associé à une hausse de 3 points de pourcentage de la propension à exprimer une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du corps législatif du pays, toutes variables constantes par ailleurs. Ce constat révèle à la fois l’importance des différents rôles dont s’acquitte le corps législatif dans les systèmes démocratiques et la façon dont ces rôles ont évolué dans le temps.
En moyenne, 39 % des répondants des pays de l’OCDE estiment probable que le corps législatif amène le gouvernement à rendre des comptes sur ses politiques et son comportement, par exemple en interrogeant les ministres ou en examinant le budget. Entre 2023 et 2025, pour les 29 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, cette proportion est restée stable4 (Graphique 7.13). C’est en Suisse, au Danemark et au Mexique que s’observent les plus hauts niveaux de perception positive quant à la redevabilité entre les différentes branches du pouvoir. De manière générale, les individus ont tendance à avoir davantage confiance dans le rôle lié au contrôle et au maintien de l’équilibre des institutions que dans la capacité des représentants élus à apporter des réponses constructives après une prise de contact (Graphique 7.12). Ce constat vaut pour la plupart des pays. Seules font exception la Finlande et la Lituanie, où la proportion de répondants estimant l’un et l’autre probables est à peu près identique.
Graphique 7.13. Près de 40 % des répondants estiment que le corps législatif peut amener le gouvernement à rendre des comptes
Copier le lien de Graphique 7.13. Près de 40 % des répondants estiment que le corps législatif peut amener le gouvernement à rendre des comptesPart de la population qui estime que le corps législatif est susceptible d’amener l’exécutif à rendre des comptes, 2023 et 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question : « Dans quelle mesure le parlement fédéral/national est-il réellement susceptible de demander des comptes au gouvernement fédéral/central/national sur ses politiques et son comportement, en interrogeant par exemple un ministre ou en examinant le budget ? » La proportion « Susceptible » correspond à la somme des réponses de 6 à 10 sur l’échelle ; « neutre » correspond à une réponse de 5 ; « Peu susceptible» correspond à la somme des réponses de 0 à 4 ; et « Je ne sais pas » constitue un choix de réponse séparé. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée de l’OCDE, calculée à partir des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2023 et 2025.
7.3.4. Le lien entre la plupart des perceptions quant aux interactions quotidiennes et la confiance dans le corps législatif est relativement faible
Au-delà du renforcement des processus généraux de prise des décisions, notamment dans l’optique qu’ils éclairent l’élaboration de politiques anticipant les besoins de la société, les institutions publiques doivent également consacrer des efforts à l’amélioration continue de leurs interactions quotidiennes avec les citoyens grâce à des services publics de qualité.
De fait, les expériences positives des usagers vis-à-vis des services publics, ainsi que leur sentiment que les institutions utilisent les données à caractère personnel à des fins légitimes, contribuent à expliquer non seulement la confiance envers la fonction publique ou les autorités, mais également celle portée au corps législatif, bien que le lien soit moins manifeste. La satisfaction à l’égard des services administratifs et la conviction que les autorités utiliseront les données à caractère personnel exclusivement à des fins légitimes sont associées à des niveaux de confiance dans le corps législatif plus élevés, et accroît la probabilité de déclarer une confiance élevée ou modérément élevée d’2.1 et de 1.9 points de pourcentage respectivement.
7.4. Domaines d’action pour améliorer la confiance
Copier le lien de 7.4. Domaines d’action pour améliorer la confianceLe renforcement de la capacité du corps législatif à prendre des décisions de politique publique en tenant compte d’un large éventail d’intérêts et en restant à l’écoute des citoyens constitue un levier majeur de la confiance à long terme.
Il est essentiel d’accroître la capacité des individus à participer à la vie politique et leur sentiment de pouvoir exercer une influence sur l’élaboration des politiques publiques. (voir chapitre 6). La capacité politique, notamment si elle favorisée en amont par une éducation civique précoce (comme c’est le cas en Norvège), joue un rôle important et revêt une pertinence croissante eu égard aux écarts de confiance dans le corps législatif liés à l’âge. D’un point de vue général, il sera crucial pour la confiance de fournir au corps législatif des moyens efficaces et institutionnalisés de communiquer avec les citoyens. Dans ce contexte, l’amélioration de la capacité des représentants à apporter des réponses constructives à la suite d’une prise de contact par le public sera également importante.
Garantir la perception d’équité, ainsi que la capacité des corps législatifs à concilier différents intérêts dans la prise de décision, y compris les intérêts régionaux, sera également déterminant. Les assemblées législatives peuvent renforcer leurs liens avec l’ensemble des groupes de la société et avec toutes les parties du territoire national grâce à des mécanismes qui associent les personnes, répondent à leurs préoccupations, intègrent diverses perspectives régionales et communiquent les résultats de la prise de décision.
Renforcer la capacité du pouvoir législatif à améliorer les mécanismes de contrepoids au sein de l’ensemble du système national de prise de décision demeure une pierre angulaire de la gouvernance démocratique et un facteur clé de soutien à la confiance dans les institutions représentatives.
Références
[4] Anderson, C. et C. Guillory (1997), « Political Institutions and Satisfaction with Democracy: A Cross-National Analysis of Consensus and Majoritarian Systems », American Political Science Review, vol. 91/1, pp. 66-81, https://doi.org/10.2307/2952259.
[3] Holmberg, S., S. Lindberg et R. Svensson (2017), « Trust in parliament », Journal of Public Affairs, vol. 17/1-2, https://doi.org/10.1002/pa.1647.
[1] Leston-Bandeira, C. (2012), « Studying the Relationship between Parliament and Citizens », The Journal of Legislative Studies, vol. 18/3-4, pp. 265-274, https://doi.org/10.1080/13572334.2012.706044.
[7] Pasquino, G. et R. Pelizo (2006), Parlamenti Democratici, Il Mulino, Bologna.
[6] Saiegh, S. (2005), The Role of Legislatures in the Policymaking Process.
[2] Scheidig, F. et N. Obergassel (2024), « Does a visit to parliament change the political trust of adults? », The Journal of Legislative Studies, vol. 31/4, pp. 1144-1160, https://doi.org/10.1080/13572334.2024.2398940.
[5] Teixeira, C. et A. Freire (2010), « Decline, Transformation and Trust in Parliaments: the Portuguese Case in a Longitudinal and Comparative Perspective », RIEL- Revista Iberoamericana de Estudos Legislativos Belo Horizonte, n.1, 2010, vol. 1/1.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Pour plus de détails, voir (Pasquino et Pelizo, 2006[7] ; Teixeira et Freire, 2010[5] ; Saiegh, 2005[6]).
← 2. Voir par exemple, (Anderson et Guillory, 1997[4] ; Holmberg, Lindberg et Svensson, 2017[3]).
← 3. Les données pour cette variable ne sont disponibles que pour 2023 et 2025.
← 4. Les données pour cette variable ne sont disponibles que pour 2023 et 2025.