La confiance envers le gouvernement varie de manière systématique selon les groupes de population définis par leurs caractéristiques démographiques, leur situation socio-économique et leurs attitudes politiques. Parmi ces facteurs, la perception de la capacité d’action politique et l’appartenance politique sont les plus étroitement associés aux niveaux de confiance. Dans le présent chapitre, les « écarts de confiance » désignent différence, entre groupes, de la proportion de répondants déclarant une confiance élevée ou modérément élevée envers différentes institutions publiques Outre la description des variations des niveaux de confiance entre les différents groupes de population, ce chapitre analyse l’évolution de ces écarts de confiance au fil du temps, en accordant une attention particulière aux tendances récentes concernant les écarts de confiance liés à l’appartenance politique et au niveau d’instruction.
Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques
2. Conditions socio-économiques, capacité d’action politique et confiance
Copier le lien de 2. Conditions socio-économiques, capacité d’action politique et confianceDescription
Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsLa perception de la capacité d’action politique est étroitement liée à la confiance dans le gouvernement. Dans les pays de l’OCDE, les individus qui ont l’impression que le système politique permet aux citoyens comme eux d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ou sont convaincus de leur capacité à participer à la vie politique sont davantage susceptibles de déclarer avoir une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national. Cependant, seul un répondant sur trois environ (31 %) estime que les citoyens comme eux ont leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement.
L’appartenance politique agit sur la confiance. Au sein de l’OCDE, la confiance envers le gouvernement national est supérieure de 26 points de pourcentage chez les personnes qui s’auto-identifient comme partisans des partis actuellement au pouvoir. Ces disparités partisanes s’observent également au niveau des institutions administratives telles que la fonction publique, et se sont accrues au fil du temps.
Les caractéristiques socio-économiques sont elles aussi associées à des écarts de confiance, bien que dans une moindre mesure. Les personnes préoccupées par leur situation financière sont environ 18 points de pourcentage moins susceptibles de faire confiance au gouvernement national. Un écart de 14 points de pourcentage est observable entre les personnes présentant des niveaux d’instruction différents, ainsi que parmi les personnes qui s’identifient comme appartenant à un groupe faisant l’objet de discriminations.
Les caractéristiques démographiques révèlent des écarts de confiance relativement moins marqués. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, les femmes sont moins susceptibles, de près de 7 points de pourcentage, d’avoir confiance dans le gouvernement national que les hommes. De même, les jeunes (18-29 ans) font moins confiance, de près de 5 points de pourcentage, que les adultes plus âgés (50 ans et plus).
Les schémas des écarts de confiance sont globalement similaires dans les pays de l’OCDE et les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’enquête. Dans ces deux groupes de pays, le sentiment de pouvoir faire entendre sa voix sur ce que fait le gouvernement et l’appartenance politique sont plus fortement liés à la confiance que les caractéristiques socio-économiques ou les facteurs démographiques.
Les écarts de confiance demeurent globalement stables au fil du temps. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la plupart des écarts ont peu évolué d’un cycle d’enquête à l’autre, même si les tendances diffèrent selon les pays. Les changements les plus notables concernent l’âge, avec un écart nettement réduit entre les jeunes (18-29 ans) et les personnes plus âgées (50 ans et plus). En revanche, les écarts liés à la capacité d’action politique et au niveau d’instruction se sont creusés au cours des trois cycles d’enquête, parmi les pays ayant participé aux trois cycles.
2.1. Introduction
Copier le lien de 2.1. IntroductionLes gouvernements font face à un double enjeu. Ils doivent améliorer en permanence les processus et les résultats de la gouvernance publique pour répondre aux attentes de la population, ce qui peut renforcer la confiance dans les institutions publiques. Mais les gouvernements doivent également reconnaître que ces améliorations ne permettront pas nécessairement de renforcer la confiance au sein de l’ensemble des groupes au même rythme. Par exemple, les groupes issus de milieux socio-économiques défavorisés déclarent souvent des niveaux de confiance inférieurs envers les institutions publiques et participent moins aux processus politiques, ce qui complique la conception et la mise en œuvre de politiques qui les atteignent. Dans ce contexte, il est essentiel de comprendre les variations de confiance entre les différents groupes de population afin de concevoir des politiques efficaces.
Les écarts de confiance, définis comme les différences entre groupes de population quant à la part des répondants déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans une institution donnée, fournissent des indications importantes sur les domaines où les disparités de confiance envers les institutions publiques sont les plus marquées. L’évaluation systématique de ces écarts aide les gouvernements à identifier les groupes qui ont l’impression d’être moins représentés ou soutenus par les institutions publiques et met en évidence les domaines dans lesquels des mesures ciblées permettraient de renforcer la confiance de la manière la plus efficace. Des écarts importants peuvent révéler des déficits de confiance préoccupants qui pourraient être corrigés par des interventions ciblées des pouvoirs publics. Mais même dans les situations où des interventions ciblées sur des groupes ne s’imposent pas, l’examen des écarts de confiance peut aider les décideurs publics à mieux comprendre si les niveaux de confiance globaux sont largement partagés dans l’ensemble de la société ou concentrés parmi certains groupes.
Le présent chapitre analyse les disparités entre les différents groupes de population définis par des caractéristiques démographiques (telles que l’âge), des caractéristiques socio-économiques (notamment le sentiment de discrimination, le niveau d’études et les préoccupations financières) et des dimensions politiques concernant la part d’individus qui, dans l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance, ont déclaré avoir une confiance élevée ou modérément élevée. Ces dimensions politiques englobent la capacité d’action politique – traduisant le sentiment de pouvoir faire entendre sa voix ou d’avoir son mot à dire dans la sphère politique et de pouvoir participer à la vie politique – ainsi que l’appartenance politique.
2.2. Disparités des niveaux de confiance entre les groupes de population
Copier le lien de 2.2. Disparités des niveaux de confiance entre les groupes de populationLes résultats de l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance indiquent que les écarts les plus importants sont observés selon les dimensions politiques, notamment l’appartenance politique et la capacité d’action politique (Graphique 2.1). Les écarts au niveau des caractéristiques socio-économiques, notamment le sentiment de discrimination, le niveau d’études et les préoccupations financières, sont moins marqués. Enfin, c’est autour des caractéristiques démographiques que l’on observe les disparités de confiance les plus faibles. Si le Graphique 2.1 met en évidence ce schéma dans les pays de l’OCDE, celui-ci se vérifie dans les cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’enquête.
Graphique 2.1. La confiance envers le gouvernement national varie davantage selon la perception de la capacité d’action politique et l’appartenance politique que selon l’appartenance à des groupes socio-économiques ou démographiques
Copier le lien de Graphique 2.1. La confiance envers le gouvernement national varie davantage selon la perception de la capacité d’action politique et l’appartenance politique que selon l’appartenance à des groupes socio-économiques ou démographiquesPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, en fonction des caractéristiques socio-économiques et démographiques, de l’appartenance politique et de la capacité d’action politique des répondants, OCDE, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes non pondérées de l’OCDE, calculées à partir des moyennes pondérées des réponses des pays de l’OCDE à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? », en fonction du sentiment de capacité d’action politique, de l’appartenance politique, du profil socio-économique et des caractéristiques démographiques des répondants. Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs 6 à 10, regroupées en fonction du sentiment de capacité d’action politique (perception que les gens « comme eux » ont leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, et confiance dans leur propre capacité à participer à la vie politique) et de l’appartenance politique (vote en faveur d’un parti actuellement au pouvoir lors des dernières élections), du profil socio-économique (préoccupations financières, niveau d’instruction, dentification comme membre d’un groupe faisant l’objet de discriminations) et des caractéristiques démographiques (hommes et femmes, groupes d’âge) des répondants. Les préoccupations financières sont mesurées en posant la question suivante : « En général, lorsque vous pensez aux deux années à venir, dans quelle mesure êtes-vous préoccupé(e) par la situation économique de votre foyer ? » On entend par niveau d’instruction faible un niveau d’instruction inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et par niveau d’instruction élevé un niveau d’études supérieur (classification CITE 2011). L’identification en tant que membre d’un groupe sujet à des discriminations est mesurée par les réponses « Oui » à la question « Vous décririez-vous comme faisant partie d’un groupe faisant l’objet de discriminations dans votre pays ? » La Nouvelle-Zélande n’est pas comprise dans la moyenne de l’OCDE relative à l’appartenance politique car l’enquête menée dans le pays n’incluait pas la question sur le vote en faveur d’un parti faisant partie du gouvernement, conformément aux exigences de neutralité politique.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
2.2.1. La perception de la capacité d’action politique et l’appartenance politique ont une forte corrélation avec les niveaux de confiance
Les écarts de confiance les plus marqués dans les pays de l’OCDE sont observés par rapport aux dimensions liées à la perception de la capacité d’action politique et de l’appartenance politique. Ces résultats soulignent l’importance de la perception qu’ont les individus de leur « voix politique », définie comme la perception que les gens « comme eux » ont leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, ainsi que leur affinité politique avec les partis politiques élus au gouvernement, dans la construction de la confiance envers le gouvernement national. L’ampleur des écarts de confiance liés à la capacité d’action politique et à l’appartenance politique est globalement cohérente avec les données probantes existantes, qui indiquent que des niveaux plus faibles de perception de disposer des moyens de participer à la vie politique s’accompagne également d’une confiance nettement moindre dans les institutions à caractère politique (OCDE, 2024[1] ; OCDE, 2022[2]).
Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, plus de deux tiers des répondants (69 %) qui estiment que les citoyens comme eux ont leur mot à dire sur les décisions du gouvernement ont confiance dans le gouvernement national, contre seulement un cinquième (22 %) de ceux qui ont l’impression de ne pas avoir leur mot à dire – soit un écart de confiance de 47 points de pourcentage. C’est en Australie que l’écart est le plus important (60 points de pourcentage), suivie du Danemark et de la Nouvelle-Zélande (respectivement 57 et 58), tandis que les écarts les plus faibles sont enregistrés en Autriche et au Costa Rica (38 points de pourcentage), ainsi qu’au Chili (36 points de pourcentage). Parmi les cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’enquête, l’écart est le plus important au Brésil (53 points de pourcentage) et le plus faible en Bulgarie (38 points de pourcentage).
Un schéma similaire se dessine s’agissant des personnes interrogées qui ont confiance en leur propre capacité à participer à la vie politique, avec un écart plus réduit. Environ 55 % des répondants des pays de l’OCDE qui ont confiance en leur aptitude à participer à la vie politique déclarent avoir confiance dans leur gouvernement national, contre 28 % de ceux qui n’ont pas confiance en eux (Graphique 2.2). Cela correspond à un écart de confiance de 27 points de pourcentage. L’écart de confiance le plus important au sein de l’OCDE est observé en Pologne (44 points de pourcentage), et le plus faible en Slovénie (13 points de pourcentage). Cet écart est également relativement faible en Croatie et au Pérou (15 points de pourcentage).
Ces écarts de confiance liés à la capacité d’action politique – à savoir la perception d’une capacité d’avoir son mot à dire dans la prise de décision du gouvernement et la conviction d’avoir les capacités nécessaires afin de participer à la vie politique – sont considérables. Il est particulièrement préoccupant de constater qu’une grande partie de la population des pays de l’OCDE fait état de niveaux de capacité d’action politique faibles, et que cette situation n’a guère évolué au fil du temps.
Parmi les 19 pays étudiés en 2021, 2023 et 2025 pour lesquels des données sont disponibles, seuls 31 % (2021 et 2023) et 32 % (2025) des personnes interrogées indiquent que le système politique leur permet d’avoir leur mot à dire sur les décisions du gouvernement. De même, seuls 42 % des individus interrogés en 2021 et 40 % en 2023 et 2025 déclarent avoir confiance dans leur capacité à participer à la vie politique. Ces résultats suggèrent que le renforcement du sentiment de capacité d’action politique des citoyens constitue un défi permanent pour les gouvernements.
Graphique 2.2. Les individus qui ont l’impression d’avoir une capacité d’action politique expriment une confiance plus grande dans le gouvernement national
Copier le lien de Graphique 2.2. Les individus qui ont l’impression d’avoir une capacité d’action politique expriment une confiance plus grande dans le gouvernement nationalPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, selon qu’elle estime avoir son mot à dire sur l’action du gouvernement (en bleu) et selon son niveau de confiance dans sa propre capacité à participer à la vie politique (en jaune), 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? » en fonction du sentiment des répondants d’avoir leur mot à dire (en bleu) et de leur confiance quant à leur propre capacité à participer à la vie politique (en jaune). Il illustre la part des individus interrogés faisant état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupés selon que les répondants ont ou non l’impression que les citoyens comme eux ont leur mot à dire (en bleu) d’après les réponses à la question : « Dans quelle mesure diriez-vous que le système politique dans votre pays permet aux gens comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? » et selon qu’ils sont ou non convaincus de leur capacité à participer à la vie politique (en jaune) d’après les réponses à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) de votre capacité à participer à la vie politique ? » La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
À l’instar des cycles d’enquête menés antérieurement par l’OCDE en 2021 et 2023, la perception de la capacité d’action politique est plus élevée chez les individus qui ont voté ou auraient voté pour un parti au pouvoir que chez ceux qui ne l’ont pas fait, ce qui permet de dire que la capacité d’action politique est liée à l’appartenance politique (OCDE, 2022[2] ; OCDE, 2024[1]). Mais il convient de noter que, même parmi les répondants qui ont voté ou auraient voté pour un parti au pouvoir, seule une minorité a l’impression d’avoir son mot à dire ou a confiance dans sa capacité à participer à la vie politique. Parmi les personnes ayant voté pour un parti au pouvoir, 38 % estiment que des gens « comme elles » ont voix au chapitre dans les décisions du gouvernement, contre 25 % parmi celles qui n’ont pas voté pour un parti au pouvoir. De plus, 45 % de ces électeurs disent se disent confiant quant à leur capacité à participer à la vie politique, contre 38 % de ceux qui n’ont pas élu l’un des partis au pouvoir.
Graphique 2.3. Les électeurs du parti actuellement au pouvoir ont généralement davantage confiance dans le gouvernement national
Copier le lien de Graphique 2.3. Les électeurs du parti actuellement au pouvoir ont généralement davantage confiance dans le gouvernement nationalPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, selon que les personnes ont voté ou non pour un parti au pouvoir, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? » selon l’appartenance politique des répondants. Il illustre la part des individus interrogés faisant état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupés selon qu’ils ont (ou auraient) voté pour le gouvernement au pouvoir et identifiés par leur réponse à la question suivante : « Le parti pour lequel vous avez voté lors des dernières élections nationales du [DATE] fait-il actuellement partie du gouvernement ?» La Nouvelle-Zélande n’est pas comprise dans le graphique car l’enquête menée dans le pays n’incluait pas la question sur le vote en faveur de l’administration en place, conformément aux exigences de neutralité politique. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Par ailleurs, ces disparités partisanes en termes de capacité d’action politique se traduisent également dans les résultats relatifs à la confiance. Comme le montre le Graphique 2.3, 54 % en moyenne des personnes interrogées ayant voté pour un parti au pouvoir déclarent avoir confiance dans le gouvernement national, contre seulement 28 % de celles qui n’ont pas voté pour ce parti, soit un écart partisan de 26 points de pourcentage. Cet écart est particulièrement élevé en Italie (39 points de pourcentage) et en Irlande (38 points de pourcentage), tandis qu’il est nettement plus faible en Lituanie (7 points de pourcentage) et aux Pays-Bas (12 points de pourcentage). Parmi les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’enquête, l’écart est important au Brésil (38 points de pourcentage) et nettement plus faible en Bulgarie (11 points de pourcentage).
Les écarts de confiance liés à l’appartenance politique ne sont peut-être pas surprenants concernant les institutions politiques, telles que le gouvernement national ou le pouvoir législatif. Toutefois, de tels écarts sont moins attendus s’agissant des institutions administratives telles que la police ou la fonction publique, conçues pour fonctionner de manière non partisane. Le Graphique 2.4 montre la présence d’écarts partisans dans toutes les institutions publiques, bien que leur ampleur varie considérablement. S’agissant des institutions politiques, les écarts partisans sont importants. L’écart s’élève à 26 points de pourcentage pour le gouvernement national, 19 points de pourcentage pour le pouvoir législatif national et 18 points de pourcentage pour les autorités régionales. Il est légèrement inférieur pour les partis politiques (15 points de pourcentage) et les autorités municipales (communes, mairie) (14 points de pourcentage). Toutefois, on observe également des écarts partisans concernant des institutions perçues comme fonctionnant de manière plus neutre ou administrative. Il s’agit notamment de la fonction publique nationale (avec une variation de 15 points de pourcentage), de la police (12 points de pourcentage) et de la fonction publique régionale (12 points de pourcentage).
Graphique 2.4. La confiance dans les institutions varie systématiquement en fonction de l’appartenance politique
Copier le lien de Graphique 2.4. La confiance dans les institutions varie systématiquement en fonction de l’appartenance politiquePart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans différentes institutions, selon leur appartenance politique indépendamment du fait qu’ils aient voté ou auraient voté pour un des partis au pouvoir, 2025
Note : Ce graphique présente la moyenne non pondérée de l’OCDE, calculée à partir des moyennes pondérées des réponses des pays de l’OCDE à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance [à telle institution] ? », selon l’appartenance politique des répondants. Il illustre la part des individus interrogés qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupés selon qu’ils ont (ou auraient) voté pour le gouvernement en place, et identifiés par leur réponse à la question suivante : « Le parti pour lequel vous avez voté lors des dernières élections nationales du [DATE] fait-il actuellement partie du gouvernement ?» La Nouvelle-Zélande n’est pas comprise dans la moyenne de l’OCDE car l’enquête menée dans le pays n’incluait pas la question sur le vote en faveur de l’administration en place, conformément aux exigences de neutralité politique.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Encadré 2.1. Les disparités partisanes concernant la confiance vont-elles au-delà des institutions politiques ?
Copier le lien de Encadré 2.1. Les disparités partisanes concernant la confiance vont-elles au-delà des institutions politiques ?Au-delà de déterminer si les personnes ont voté (ou auraient voté) pour un parti actuellement au pouvoir lors de la dernière élection nationale, l’Enquête de l’OCDE sur la confiance ne comporte pas de mesures plus générales des préférences politiques, telles que l’orientation idéologique des personnes interrogées (présentée par exemple dans (Esteban et Ray, 2011[3])). Les disparités de confiance entre les partisans et les non-partisans d’un parti au pouvoir constituent donc un indicateur permettant d’examiner la variation de la confiance selon les groupes politiques. Même si on observe couramment de telles disparités concernant les institutions politiques, par exemple le gouvernement national, elles sont particulièrement riches d’enseignements lorsqu’elles visent les institutions administratives, telles que la fonction publique. On s’attend généralement à ce que la confiance dans la fonction publique d’État soit le reflet des perceptions de professionnalisme, d’impartialité et d’efficacité plutôt que d’’une appartenance politique (OCDE, 2025[4]). Les disparités de confiance importantes observées entre les partisans et les non-partisans d’un parti au pouvoir pourraient indiquer que les attitudes politiques dépassent les institutions politiques et influencent la perception des institutions administratives, pourtant censées fonctionner de manière politiquement neutre (OCDE, 2024[1]).
Graphique 2.5. Au fil du temps, les écarts de confiance dans la fonction publique liés à l’appartenance politique se sont accentués
Copier le lien de Graphique 2.5. Au fil du temps, les écarts de confiance dans la fonction publique liés à l’appartenance politique se sont accentuésPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans la fonction publique d’État, selon qu’elle a voté ou non pour un parti au pouvoir, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? » en fonction du sentiment des répondants d’avoir leur mot à dire (en bleu) et de leur conviction de participer à la vie politique (en jaune). Il illustre la part des individus interrogés faisant état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupés selon que les répondants ont ou non l’impression que les citoyens comme eux ont leur mot à dire (en bleu) d’après les réponses à la question : « Dans quelle mesure diriez-vous que le système politique de votre pays permet aux gens comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? » et selon qu’ils sont ou non convaincus de leur capacité à participer à la vie politique (en jaune) d’après les réponses à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) de votre capacité personnelle à participer à la vie politique ? » La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
On observe des écarts partisans concernant la fonction publique d’État dans presque tous les pays de l’OCDE visés par l’enquête (Graphique 2.5). En outre, en moyenne ces écarts se sont accentués, passant de 10 points de pourcentage en 2021 à 13 points de pourcentage en 2023, puis à 15 points de pourcentage en 2025. Cet élargissement n’est pas dû à une augmentation de la confiance parmi les partisans du gouvernement, chez lesquels les niveaux de confiance demeurent globalement stables. Il reflète plutôt une baisse de la confiance chez les personnes interrogées qui n’ont pas voté pour le gouvernement, les niveaux de confiance passant de 47 % en 2021 à 43 % en 2023 et à 42 % en 2025. Ces disparités de confiance entre les groupes politiques pourraient avoir des implications plus larges sur le plan de la gouvernance démocratique, notamment concernant l’élaboration et la mise en œuvre de l’action gouvernementale.
Comme indiqué dans l’Encadré 2.1, les disparités partisanes concernant la confiance dans la fonction publique d’État méritent une attention particulière, car elles pourraient signaler une divergence de confiance plus large dans les groupes politiques, ce qui signifie que les partisans de différents partis politiques expriment systématiquement des niveaux de confiance différents envers les institutions publiques, et non seulement envers le gouvernement ou le corps législatif.
2.2.2. Un statut socio-économique inférieur est associé à une confiance moindre dans les institutions publiques
Les caractéristiques socio-économiques sont associées à des écarts de confiance envers le gouvernement national moins importants que ceux liés à la capacité d’action et à l’appartenance politique. Les hétérogénéités les plus marquées concernent les préoccupations financières, tandis que les disparités liées à l’appartenance autodéclarée à un groupe faisant l’objet de discriminations et au niveau d’études sont évidentes mais relativement moins importantes. Par ailleurs, les caractéristiques socio-économiques sont souvent étroitement liées. Par exemple, les personnes qui s’identifient comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations sont également plus susceptibles de faire état de préoccupations financières ; la part de celles qui font état de préoccupations financières est supérieure de 13 points de pourcentage à celle des personnes qui ne s’identifient pas de cette manière. Malgré ces recoupements, il reste utile d’examiner séparément les écarts de confiance en fonction de chaque caractéristique, car cela permet de mettre en lumière les facteurs socio-économiques les plus étroitement liés aux disparités de confiance envers le gouvernement national.
Le Graphique 2.6 montre que la perception d’insécurité financière est un facteur qui influe de manière significative sur la confiance dans le gouvernement national. Parmi les caractéristiques socio-économiques examinées, les préoccupations financières sont associées aux écarts de confiance les plus importants envers le gouvernement national. La moitié des répondants (53 %) sans préoccupations financières ont confiance dans le gouvernement national, contre seulement un tiers (35 %) de ceux ayant des préoccupations financières, soit un écart de confiance substantiel de 18 points de pourcentage (Graphique 2.6). Les répondants ayant des préoccupations financières sont également plus susceptibles de considérer les pressions économiques comme un problème majeur. 57 % des individus préoccupés par leur avenir financier citent l’inflation comme une préoccupation majeure, contre 44 % de ceux sans préoccupations financières. En outre, les personnes ayant des préoccupations financières sont moins optimistes concernant la possibilité de bénéficier d’une aide financière en cas de crise économique (36 % estiment que cela est probable, contre 53 % de celles qui n’ont pas de préoccupations) (voir le chapitre 4).
On observe toutefois des variations importantes concernant l’écart de confiance lié aux préoccupations financières, selon les pays. Les écarts les plus importants sont observés en Irlande (33 points de pourcentage), au Portugal (28 points de pourcentage) et en Grèce (27 points de pourcentage). À l’inverse, les écarts les plus faibles se trouvent en France (8 points de pourcentage), au Royaume-Uni (8 points de pourcentage) ainsi qu’en Croatie (10 points de pourcentage).
Graphique 2.6. Dans l’ensemble des pays, les individus aux prises avec des préoccupations financières ont moins confiance dans le gouvernement national
Copier le lien de Graphique 2.6. Dans l’ensemble des pays, les individus aux prises avec des préoccupations financières ont moins confiance dans le gouvernement nationalPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national en fonction de ses préoccupations financières, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? ». Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées selon les réponses 3 ou 4 (quelque peu ou très préoccupé(e)) ou 1 et 2 (pas du tout ou peu préoccupé(e)) apportées à la question : « En général, lorsque vous pensez aux deux années à venir, dans quelle mesure êtes-vous préoccupé(e) par la situation économique de votre foyer ? ». La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Le niveau d’études est également en corrélation avec la confiance1. Aux fins de cette analyse, la comparaison porte sur les personnes interrogées ayant un niveau d’instruction faible (absence de diplôme de l’enseignement secondaire de deuxième cycle) et celles ayant un niveau d’instruction élevé (détention d’un diplôme de l’enseignement post-secondaire). Les personnes interrogées ayant suivi un enseignement secondaire de deuxième cycle (niveau d’instruction moyen) sont exclues de cette comparaison, car elles se trouvent entre les deux autres niveaux et les disparités de confiance sont les plus marquées entre le groupe ayant le niveau d’instruction le plus faible et celui ayant le niveau d’instruction le plus élevé. L’ensemble complet des résultats, incluant le groupe de niveau d’éducation intermédiaire, est présenté en annexe (Tableau 2.1).
Le Graphique 2.7 montre que 48 % des personnes interrogées dans l’ensemble de l’OCDE ayant obtenu un diplôme de l’enseignement post-secondaire (c’est-à-dire un diplôme obtenu après l’enseignement secondaire de deuxième cycle) ont confiance dans le gouvernement national, contre 34 % des répondants n’ayant pas terminé leurs études secondaires. Cela représente un écart de confiance en fonction du niveau d’instruction de 14 points de pourcentage. L’écart de confiance en fonction du niveau d’instruction varie considérablement d’un pays à l’autre et est particulièrement important en Suisse (35 points de pourcentage), au Portugal et au Royaume-Uni (31 points de pourcentage dans les deux cas). À l’inverse, la confiance dans le gouvernement national est plus élevée chez les personnes interrogées ayant un niveau d’instruction moins élevé au Mexique (18 points de pourcentage) et en Bulgarie (7 points de pourcentage).
Ces disparités s’inscrivent dans un contexte d’amélioration constante du niveau d’études. En 2024, près de la moitié (48 %) des jeunes adultes avaient achevé des études supérieures – contre 27 % en 2000 – et ce chiffre devrait encore augmenter en moyenne dans l’ensemble de l’OCDE (OCDE, 2025[5]). Compte tenu de la corrélation positive entre l’éducation et la confiance, l’augmentation continue du niveau d’études pourrait conduire à des niveaux de confiance globaux plus élevés au fil du temps. Toutefois, cela n’implique pas nécessairement une réduction des écarts de confiance selon le niveau d’instruction à long terme.
Graphique 2.7. Les individus ayant un niveau d’études moins élevé ont presque universellement moins confiance dans le gouvernement
Copier le lien de Graphique 2.7. Les individus ayant un niveau d’études moins élevé ont presque universellement moins confiance dans le gouvernementPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national en fonction des groupes de niveaux d’instruction, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? ». Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées selon le niveau d’études atteint par les répondants : niveau d’études plus élevé (diplôme post-secondaire) ou inférieur (sans diplôme secondaire de deuxième cycle). La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
L’écart de confiance lié à la perception de discrimination est similaire à celui observé en fonction du niveau d’instruction. Au sein de l’OCDE, seules 31 % des individus qui s’identifient comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations ont confiance dans le gouvernement national, contre 45 % de ceux ne s’identifiant pas de cette manière (Graphique 2.8)2. Cela correspond à un écart de 14 points de pourcentage. Ces résultats concordent avec les études démontrant que les individus s’identifiant comme membres d’un groupe marginalisé peuvent avoir l’impression d’être exclues des processus politiques et percevoir les institutions publiques comme moins réactives ou accessibles (OCDE, 2025[4] ; Tyrberg, 2024[6]).
Toutefois, l’ampleur de cet écart varie considérablement d’un pays à l’autre. L’écart est particulièrement important en Estonie (24 points de pourcentage) et au Luxembourg (26 points de pourcentage), tandis qu’il est négligeable en Colombie (1 point de pourcentage) et au Brésil (2 points de pourcentage). Le Japon est le seul pays participant où la part des personnes ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national est plus élevée parmi les répondants qui s’identifient comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations, avec un écart de confiance de 7 points de pourcentage.
Graphique 2.8. Chez les personnes s’identifiant comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations, la confiance dans le gouvernement national varie systématiquement d’un pays à l’autre
Copier le lien de Graphique 2.8. Chez les personnes s’identifiant comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations, la confiance dans le gouvernement national varie systématiquement d’un pays à l’autrePart des répondants s’identifiant comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées concernant les réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement en général ? », au regard des perceptions des répondants liées à leur appartenance à un groupe faisant l’objet de discriminations. Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées selon que les répondants ont exprimé ou non le sentiment d’être membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations en réponse à la question : « Vous décririez-vous comme faisant partie d'un groupe victime de discrimination dans votre pays ? ». La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Dans l’ensemble, ces résultats soulignent l’importance des facteurs socio-économiques dans la construction de la confiance dans le gouvernement. En dépit de la corrélation de ces caractéristiques entre elles, l’analyse de régression montre que chaque variable demeure statistiquement significative lorsque les variables démographiques, socio-économiques et politiques sont contrôlées simultanément3. En d’autres termes, les perceptions liées aux préoccupations financières perçues, le sentiment de discrimination et les niveaux d’instruction contribuent chacun aux variations de confiance.
Encadré 2.2. La confiance dans les institutions varie considérablement en fonction des niveaux de confiance interpersonnelle
Copier le lien de Encadré 2.2. La confiance dans les institutions varie considérablement en fonction des niveaux de confiance interpersonnelleDans l’ensemble de l’OCDE, les répondants ayant des niveaux de confiance interpersonnelle faibles – à savoir la confiance envers les autres – déclarent avoir nettement moins confiance dans toutes les institutions publiques. Toutefois, l’ampleur de l’écart diffère sensiblement entre les institutions perçues comme neutres axées sur la mise en œuvre, et celles explicitement politiques et représentatives. Par exemple, 75 % des personnes ayant une confiance interpersonnelle élevée déclarent avoir confiance dans la police, contre 38 % de celles ayant une confiance interpersonnelle plus limitée. La confiance dans le gouvernement national présente un écart encore plus important, passant de 54 % à 14 % entre ces deux groupes (Graphique 2.9). En termes relatifs, les personnes faisant preuve d’une grande confiance interpersonnelle sont environ deux fois plus susceptibles que celles dont la confiance interpersonnelle est faible d’avoir confiance dans la police, et quatre fois plus susceptibles d’avoir confiance dans le gouvernement national. Ce gradient suggère que la confiance interpersonnelle constitue une grille de référence à partir de laquelle les institutions sont évaluées. Les institutions perçues comme appliquant les règles de manière impartiale inspirent généralement une relativement plus élevé, y compris parmi les personnes les plus sceptiques (Rothstein et Teorell, 2008[7]). À l’inverse, les institutions politiques, sont davantage associées à la contestation et à l’exercice d’un pouvoir discrétionnaire. La confiance qu’elles suscitent dépend donc plus fortement des croyances préalables concernant la fiabilité d’autrui et l’équité du système, ce qui accentue les fractures liées à la confiance interpersonnelle (Hwang, 2017[8]).
Graphique 2.9. Les écarts de confiance liés à la confiance interpersonnelle sont relativement plus marqués à l’égard des institutions politiques, 2025
Copier le lien de Graphique 2.9. Les écarts de confiance liés à la confiance interpersonnelle sont relativement plus marqués à l’égard des institutions politiques, 2025Part de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans différentes institutions, en fonction des niveaux de confiance interpersonnelle des répondants, OCDE 2025
Note : Ce graphique présente la moyenne non pondérée de l’OCDE, calculée à partir des moyennes pondérées des réponses des pays de l’OCDE à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance [à telle institution] ? » Ce graphique illustre la part des personnes interrogées qui ont une « confiance interpersonnelle élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des réponses allant de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, ou une « confiance interpersonnelle faible ou inexistante », sur la base de l’agrégation des réponses comprises entre 0 et 4 sur une échelle de 0 à 10.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
2.2.3. Les écarts de confiance les plus faibles sont liés aux caractéristiques démographiques
Si l’on examine de plus près les variations démographiques, la confiance dans le gouvernement national ne varie que très peu entre les hommes et les femmes. Dans les pays de l’OCDE, 44 % des hommes accordent une confiance élevée ou modérément élevée au gouvernement national, contre 37 % des femmes, soit un écart de confiance de 7 points de pourcentage (Graphique 2.10). C’est en Nouvelle-Zélande que cet écart de confiance est le plus important, avec 24 points de pourcentage, tandis qu’il n’existe aucun écart de confiance selon que l’on soit une femme ou un homme en Estonie et en Lettonie. Dans trois pays, le schéma est inversé, les femmes déclarant des niveaux de confiance plus élevés que les hommes. C’est le cas en Norvège (6 points de pourcentage), en Islande (5 points de pourcentage) ainsi qu’au Brésil (4 points de pourcentage).
Un examen plus approfondi montre que l’écart de confiance entre les hommes et les femmes est plus marqué chez les répondants jeunes et d’âge moyen4. Les niveaux de confiance chez les hommes des pays de l’OCDE sont relativement stables d’un groupe d’âge à l’autre, allant de 44 % chez les plus jeunes (âgés de 18 à 29 ans) à 42 % chez ceux âgés de 30 à 49 ans et à 45 % chez les plus âgés (50 ans et plus). Chez les femmes des pays de l’OCDE, en revanche, la confiance est la plus élevée chez celles âgées de 50 ans et plus (41 %), contre 32 % chez les femmes d’âge moyen (30-49 ans) et 34 % chez les plus jeunes (18-29 ans). En conséquence, l’écart de confiance envers le gouvernement national entre les hommes et les femmes est plus important chez les répondants les plus jeunes (10 points de pourcentage) et chez ceux d’âge moyen (10 points de pourcentage) que chez les plus âgés (4 points de pourcentage).
Graphique 2.10. Les hommes sont généralement plus enclins à avoir confiance dans le gouvernement national que les femmes
Copier le lien de Graphique 2.10. Les hommes sont généralement plus enclins à avoir confiance dans le gouvernement national que les femmesPart des hommes et des femmes déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? » relatives aux femmes et aux hommes. ll illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, en distinguant les femmes et les hommes. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
De même, l’âge est associé à un léger écart de confiance. Dans les pays de l’OCDE, 43 % des personnes interrogées âgées de 50 ans et plus déclarent avoir confiance dans le gouvernement national, contre 37 % chez les 30-49 ans et 38 % chez les 18-29 ans (Graphique 2.11). Cela correspond à un écart de 5 points de pourcentage entre la génération la plus âgée et la plus jeune. Ce schéma, qui montre une confiance plus faible dans le gouvernement national chez les jeunes par rapport aux personnes plus âgées, se vérifie dans 23 pays de l’OCDE. Cependant, plusieurs pays affichent une tendance inverse, avec une confiance plus élevée chez les jeunes : au sein des pays de l’OCDE, il s’agit de l’Australie, du Chili, de la France, du Japon, des Pays-Bas et du Royaume-Uni. En Australie, par exemple, 60 % des 18-29 ans et 45 % des 50 ans et plus ont une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national. Dans les cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’enquête, le niveau de confiance est également plus élevé chez les jeunes que chez les personnes plus âgées en Bulgarie et au Pérou.
Graphique 2.11. Chez les personnes âgées, la confiance dans le gouvernement national est généralement plus élevée
Copier le lien de Graphique 2.11. Chez les personnes âgées, la confiance dans le gouvernement national est généralement plus élevéePart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, selon leur âge, 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) que le gouvernement national prend en compte les intérêts des générations actuelles et futures de manière équilibrée ? », en fonction de l’âge des répondants. Il illustre la part des répondants qui sont « convaincus », sur la base de l’agrégation des réponses allant de 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, réparties en trois tranches d’âge : 1) 18-29 ; 2) 30-49 ; 3) 50 et plus. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
2.2.4. De nombreux écarts de confiance sont restés globalement stables depuis 2021, mais l’écart de confiance lié au niveau d’instruction se creuse tandis que celui lié à l’âge se réduit
Les différences entre les groupes de population reflètent souvent des prédispositions durables forgées au cours des premiers processus de socialisation (van der Meer, la Roi et van Alebeek, 2025[9]). Si la confiance des individus peut augmenter ou diminuer au cours de leur vie en réaction à des évolutions politiques ou institutionnelles, ces changements laissent souvent intactes les disparités relatives entre les groupes. Par conséquent, les écarts de confiance peuvent résister aux changements à court terme, même si la confiance globale fluctue.
Graphique 2.12. Les écarts de confiance demeurent globalement stables au fil du temps, avec des disparités liées à l’âge qui se réduisent et des fractures liées au niveau d’instruction qui se creusent
Copier le lien de Graphique 2.12. Les écarts de confiance demeurent globalement stables au fil du temps, avec des disparités liées à l’âge qui se réduisent et des fractures liées au niveau d’instruction qui se creusentPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, en fonction des caractéristiques socio-économiques et démographiques des personnes interrogées, de leur appartenance politique et de leur capacité d’action politique, en 2021, 2023 et 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? », en fonction du sentiment de capacité d’action politique, de l’appartenance politique, du profil socio-économique et des caractéristiques démographiques des répondants. Il illustre la part des personnes interrogées qui font état d’une « confiance élevée ou modérément élevée », sur la base de l’agrégation des valeurs 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10, regroupées en fonction du sentiment de capacité d’action politique (perception que les gens « comme eux » ont leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, et confiance dans leur propre capacité à participer à la vie politique) et de l’appartenance politique (vote en faveur d’un parti actuellement au pouvoir lors des dernières élections), du profil socio-économique (préoccupations financières, niveau d’instruction, identification comme membre d’un groupe faisant l’objet de discriminations) et des caractéristiques démographiques (hommes et femmes, groupe d’âge) des répondants. Les préoccupations financières sont mesurées en posant la question suivante : « En général, lorsque vous pensez aux deux années à venir, dans quelle mesure êtes-vous préoccupé(e) par la situation économique de votre foyer ? », puis en agrégeant les réponses 3 (quelque peu préoccupé(e)) et 4 (très préoccupé(e)). On entend par niveau d’instruction faible un niveau d’instruction inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et par niveau d’instruction élevé un niveau d’études supérieur, conformément à la classification CITE 2011. L’identification en tant que membre d’un groupe faisant l’objet de discriminations est mesurée par les réponses « Oui » à la question « Vous décririez-vous comme faisant partie d'un groupe victime de discriminations dans votre pays ? » Le graphique présente l’évolution dans le temps de tous les pays pour lesquels des données pertinentes sont disponibles en 2021, 2023 et 2025. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Conformément à cette attente, les disparités de confiance entre les différents segments de la population ont tendance à se maintenir. Afin de garantir la comparabilité dans le temps, l’analyse longitudinale présentée dans cette section ne porte que sur les 18 pays de l’OCDE pour lesquels des données cohérentes sur la confiance et les caractéristiques des groupes de population sont disponibles sur l’ensemble des cycles d’enquête. Par souci d’exhaustivité, le Tableau 2.1 rend compte des écarts de confiance non seulement pour ces 18 pays, mais aussi pour les 29 pays ayant participé aux cycles d’enquête de 2023 et 2025.
Le Graphique 2.12 montre que la plupart des écarts de confiance sont restés globalement stables entre 2021 et 2025. Le classement relatif des écarts est également resté largement inchangé, les disparités les plus marquées étant systématiquement observées relativement à la capacité d’action politique et l’appartenance politique. Dans le même temps, l’ampleur de certains écarts au sein de ces catégories a évolué dans une faible mesure pour certains groupes de population, notamment au regard de l’âge, du niveau d’instruction et de la capacité d’action politique.
Le seul écart de confiance qui n’a cessé de se réduire au fil du temps est celui lié à l’âge. L’écart de confiance lié à l’âge, qui révèle des niveaux de confiance plus élevés chez les répondants âgés de 50 ans et plus par rapport à ceux âgés de 18 à 29 ans, a nettement diminué, passant de 10 points de pourcentage en 2021 à 4 en 2023, puis à seulement 2 en 2025. Cette évolution s’explique par une confiance croissante chez les répondants plus jeunes, associée à une légère baisse chez les individus plus âgés. En 2021, 37 % des personnes interrogées âgées de 18 à 29 ans ont déclaré avoir confiance dans le gouvernement national. Ce chiffre est passé à 39 % en 2023 et à 42 % en 2025. La confiance parmi les répondants plus âgés a légèrement diminué, passant de 47 % en 2021 à 43 % en 2023, puis à 44 % en 2025.
Contrairement à la convergence observée s’agissant de l’écart de confiance lié à l’âge, les écarts de confiance se rapportant à la capacité d’action politique se sont creusés au fil du temps. Ces tendances laissent entrevoir un creusement progressif du fossé de confiance entre les personnes qui ont le sentiment d’avoir les moyens d’agir sur le plan politique et celles à qui ce sentiment fait défaut. L’écart relatif à la conviction de participer à la vie politique s’est progressivement creusé au fil du temps, passant de 22 points de pourcentage en 2021 à 25 en 2023 et à 27 en 2025. À l’inverse, l’écart de confiance relatif à la possibilité d’avoir son mot à dire sur les décisions du gouvernement s’est principalement creusé entre 2021 (44 %) et 2023 (48 %), puis s’est stabilisé depuis lors à 48 % en 2025.
On observe une augmentation encore plus marquée des écarts de confiance liés au niveau d’études. Le déficit de confiance entre les répondants ayant un niveau d’instruction élevé et ceux ayant un niveau d’instruction faible est passé de 10 points de pourcentage en 2021 à 13 points de pourcentage en 2023 et à 16 points de pourcentage en 2025. S’agissant du gouvernement national, cela représente l’élargissement le plus important des disparités de confiance observé parmi tous les groupes de population analysés dans le présent chapitre. Il est important de noter que cette tendance ne se limite pas à la confiance dans le gouvernement national. On observe un schéma similaire concernant la confiance dans le parlement national, pour lequel l’écart lié au niveau d’instruction est passé de 10 points de pourcentage en 2021 à 14 en 2023 et à 17 en 2025 (voir le chapitre 7).
L’élargissement de l’écart de confiance dans le gouvernement national s’explique en partie par une baisse de confiance chez les personnes interrogées ayant un niveau d’instruction plus faible. Alors que la confiance des personnes ayant un niveau d’instruction élevé est restée relativement stable (49 % en 2021, 47 % en 2023 et 51 % en 2025), la part des personnes ayant un niveau d’instruction inférieur exprimant leur confiance est passée de 39 % en 2021 à 34 % en 2023, avec une légère remontée à 35 % en 2025. Ces variations peuvent refléter des variations dans la manière dont les individus ont accès aux informations et les interprètent (OCDE, 2024[10]). Les disparités en matière de compétences en lecture et en écriture et d’analyse critique, liées à l’instruction, pourraient influencer la manière dont les individus interagissent avec les environnements numériques et les réseaux sociaux. Cela pourrait, à son tour, avoir des répercussions sur la confiance, en particulier chez les personnes ayant un niveau d’instruction inférieur.
On observe toutefois de fortes disparités entre les pays concernant cet écart (Graphique 2.13). Au Portugal, par exemple, l’écart de confiance lié au niveau d’instruction a augmenté régulièrement, passant de 11 % en 2021 à 14 % en 2023 et à 31 % en 2025. À l’inverse, cet écart a diminué en Norvège, passant de 21 % en 2021 à 20 % en 2023 et à 15 % en 2025. Au Royaume-Uni, la relation entre le niveau d’instruction et la confiance a évolué au fil du temps : en 2021 et 2023, les répondants ayant un niveau d’instruction moins élevé ont déclaré avoir davantage confiance dans le gouvernement national, avec un écart de 8 points de pourcentage en 2021 et de 7 points de pourcentage en 2023. En 2025, la situation s’est inversée, les personnes ayant un niveau d’instruction plus élevé faisant état de davantage de confiance, ce qui s’est traduit par un écart de 31 points de pourcentage.
Graphique 2.13. Les écarts de confiance liés au niveau d’instruction se creusent au fil du temps, avec des variations importantes selon les pays
Copier le lien de Graphique 2.13. Les écarts de confiance liés au niveau d’instruction se creusent au fil du temps, avec des variations importantes selon les paysPart de la population déclarant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national selon le niveau d’instruction des répondants, 2021, 2023 et 2025
Note : Ce graphique présente les moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? » en fonction du niveau d’instruction des répondants, regroupés selon le niveau d’études le plus élevé atteint : niveau d’instruction plus élevé (diplôme de l’enseignement post-secondaire) ou niveau d’instruction inférieur (sans diplôme de l’enseignement secondaire de deuxième cycle). Le graphique présente l’évolution dans le temps de tous les pays pour lesquels des données pertinentes sont disponibles en 2021, 2023 et 2025. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
2.3. Domaines d’action pour améliorer la confiance
Copier le lien de 2.3. Domaines d’action pour améliorer la confianceLes mesures suivantes pourraient contribuer à renforcer la confiance dans les institutions publiques au sein des différents groupes de population :
Renforcer les perceptions de capacité d’action politique et de réactivité, tout en élargissant les possibilités de participation. La part des individus qui ont l’impression que les citoyens comme eux ont leur mot à dire sur les décisions du gouvernement ayant confiance dans le gouvernement national est plus de trois fois supérieure à ceux qui ont le sentiment de ne pas avoir leur mot à dire. Comme le montrent également les résultats de l’analyse de régression (voir le chapitre 1), le renforcement de la perception de la capacité d’action politique pourrait constituer un levier puissant pour améliorer la confiance dans les institutions. Dans le même temps, ces perceptions sont façonnées par la mesure dans laquelle les individus détiennent des possibilités réelles de participer à la prise de décision et ont l’impression d’être écoutés par les décideurs. L’élargissement des canaux d’accès permettant la participation du public – et les réponses concrètes apportées par les décideurs publics – peut donc contribuer à renforcer la capacité d’action politique à la fois supposée et réelle. Le chapitre 6 fournit des indications plus détaillées sur les obstacles perçus à la participation politique et à son impact, ainsi que sur les actions des pouvoirs publics susceptibles d’être prises pour y remédier.
Renforcer la perception de neutralité des institutions administratives. Afin d’empêcher que les divisions partisanes n’érodent la confiance générale dans les institutions, les gouvernements pourraient envisager des moyens de renforcer les perceptions de neutralité, de transparence et de redevabilité des institutions publiques. Cela pourrait inclure la sauvegarde de l’indépendance des organes de contrôle, le renforcement des cadres d’intégrité et la promotion d’un dialogue structuré entre les partis.
Renforcer la participation aux processus d’élaboration des politiques en faveur des groupes défavorisés sur le plan socio-économique. Les niveaux de confiance sont plus faibles chez les personnes ayant des préoccupations financières, celles qui s’identifient comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations et celles ayant des niveaux d’instruction inférieurs. Pour améliorer la confiance du public au sein de ces groupes de population, des politiques visant à mieux les atteindre, à renforcer leur participation aux processus politiques et à leur donner « le sentiment d’être entendus » pourraient contribuer à réduire les hétérogénéités de confiance.
Tableau 2.1. Évolution des écarts de confiance au sein des différents groupes de population au fil du temps
Copier le lien de Tableau 2.1. Évolution des écarts de confiance au sein des différents groupes de population au fil du tempsPart des répondants qui ont confiance dans le gouvernement national, par sous-groupe, en 2021, 2023 et 2025
|
Groupes de pays |
2021 |
2023 |
2025 |
2021 |
2023 |
2025 |
2021 |
2023 |
2025 |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Sentiment d’avoir son mot à dire sur les décisions du gouvernement |
Sentiment de ne pas avoir son mot à dire sur les décisions du gouvernement |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
68% |
70% |
69% |
25% |
22% |
22% |
43 p.p. |
48 p.p. |
47 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
70% |
70% |
- |
22% |
22% |
48 p.p. |
48 p.p. |
|||
|
OCDE (18 pays) |
70% |
71% |
72% |
26% |
23% |
24% |
44 p.p. |
48 p.p. |
48 p.p. |
||
|
Confiance dans sa capacité à participer à la vie politique |
Peu ou pas de confiance dans sa capacité à participer à la vie politique |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
53% |
54% |
55% |
32% |
28% |
28% |
21 p.p. |
26 p.p. |
27 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
54% |
55% |
- |
28% |
29% |
- |
26 p.p. |
26 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
55% |
55% |
58% |
33% |
30% |
31% |
22 p.p. |
25 p.p. |
27 p.p. |
||
|
Vote pour un des partis au pouvoir |
Pas de vote pour un des partis au pouvoir |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
55% |
54% |
54% |
28% |
27% |
28% |
27 p.p. |
27 p.p. |
26 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
54% |
55% |
- |
27% |
28% |
- |
27 p.p. |
27 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
57% |
54% |
56% |
30% |
27% |
31% |
27 p.p. |
27 p.p. |
25 p.p. |
||
|
Préoccupations financières faibles |
Préoccupations financières faibles |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
50% |
52% |
53% |
34% |
36% |
35% |
16 p.p. |
16 p.p. |
18 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
52% |
53% |
- |
36% |
36% |
- |
16 p.p. |
17 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
53% |
53% |
54% |
35% |
35% |
36% |
18 p.p. |
18 p.p. |
18 p.p. |
||
|
Niveau d’instruction élevé |
Niveau d’instruction faible |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
47% |
47% |
48% |
38% |
34% |
34% |
9 p.p. |
13 p.p. |
14 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
47% |
48% |
- |
34% |
34% |
- |
13 p.p. |
14 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
49% |
47% |
51% |
39% |
34% |
35% |
10 p.p. |
13 p.p. |
16 p.p. |
||
|
Niveau d’instruction élevé |
Niveau d’instruction moyen |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
47% |
47% |
48% |
39% |
38% |
38% |
8 p.p. |
9 p.p. |
10 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
47% |
48% |
- |
38% |
38% |
- |
9 p.p. |
10 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
49% |
47% |
51% |
40% |
38% |
39% |
9 p.p. |
9 p.p. |
12 p.p. |
||
|
Sentiment de discrimination |
Absence de sentiment de discrimination |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
- |
30% |
31% |
- |
44% |
45% |
- |
-14 p.p. |
-14 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
30% |
31% |
- |
44% |
46% |
- |
-14 p.p. |
-15 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
||
|
Femmes |
Hommes |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
40% |
36% |
37% |
43% |
44% |
44% |
-3 p.p. |
-8 p.p. |
-7 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
36% |
37% |
- |
44% |
44% |
- |
-8 p.p. |
-7 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
42% |
37% |
40% |
44% |
45% |
46% |
-2 p.p. |
-7 p.p. |
-6 p.p. |
||
|
18-29 ans |
Plus de 50 ans |
Écarts de confiance |
|||||||||
|
OCDE (tous pays) |
35% |
36% |
38% |
45% |
43% |
43% |
-10 p.p. |
-7 p.p. |
-5 p.p. |
||
|
OCDE (29 pays) |
- |
36% |
39% |
- |
43% |
44% |
- |
-7 p.p. |
-5 p.p. |
||
|
OCDE (18 pays) |
37% |
39% |
42% |
47% |
43% |
44% |
-10 p.p. |
-4 p.p. |
-2 p.p. |
||
Remarque : Le tableau montre les variations de confiance dans le gouvernement national en fonction des différents sous-groupes de population. Il met en évidence les disparités entre les individus estiment avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement et ceux dont ce n’est pas le cas, entre ceux ont confiance en leur capacité à participer à la vie politique et ceux dont ce n’est pas le cas (ces deux aspects étant définis comme l’écart de capacité d’action politique) ; entre ceux qui ont voté pour un parti au pouvoir et ceux dont ce n’est pas le cas (écart partisan) ; et entre les individus qui ne sont pas préoccupés par leur situation financière et ceux qui le sont (écart en fonction des préoccupations financières). En outre, il compare les niveaux de confiance entre les individus en fonction de l’obtention d’un diplôme d’études supérieures (écart lié au niveau d’instruction), entre les hommes et les femmes, et entre les répondants plus âgés (50 ans et plus) et plus jeunes (18-29 ans) (écart entre les générations). La confiance dans le gouvernement est mesurée sur une échelle de 0 à 10, les notes de 6 à 10 correspondant à l’expression d’une confiance modérément élevée à élevée dans le gouvernement. Le vote en faveur d’un parti au pouvoir désigne les individus qui ont voté pour le parti actuellement au pouvoir ou qui voteraient pour ce parti. Le fait de se préoccuper de son bien-être financier est mesuré sur une échelle de 0 à 4, les notes de 3 à 4 correspondant aux individus qui se préoccupent de leur bien-être financier. « OCDE (tous les pays) » désigne l’ensemble des pays ayant participé à l’Enquête de l’OCDE sur la confiance lors d’un cycle donné ; « OCDE (29 pays) » désigne les pays ayant participé à la fois en 2023 et en 2025 ; et « OCDE (18 pays) » désigne ceux ayant participé en 2021, 2023 et 2025. Veuillez noter que 19 pays ont participé aux cycles de 2021, 2023 et 2025, mais que pour la Finlande, la question « Confiance dans le gouvernement national » n’a pas été posée en 2021, ce qui signifie que les écarts de confiance ne sont disponibles que pour 18 pays au sein de l’OCDE. Toutes les moyennes indiquées sont des moyennes non pondérées des groupes de pays respectifs.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2021, 2023 et 2025.
Références
[3] Esteban, J. et D. Ray (2011), « Linking Conflict to Inequality and Polarization », American Economic Review, vol. 101/4, pp. 1345-1374, https://doi.org/10.1257/aer.101.4.1345.
[8] Hwang, I. (2017), « Which Type of Trust Matters?:Interpersonal vs. Institutional vs. Political Trust », Economic Research Institute, vol. Documents de travail/2017-15.
[4] OCDE (2025), OECD Survey on Drivers of Trust in Public Institutions in Latin America and the Caribbean 2025 Results, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ea3385cf-en.
[5] OCDE (2025), Regards sur l’éducation 2025 : Indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b26d545c-fr.
[1] OCDE (2024), Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques – Résultats 2024 : Instaurer la confiance dans un contexte complexe, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/80ddd09b-fr.
[10] OCDE (2024), What Does Child Empowerment Mean Today?: Implications for Education and Well-being, La recherche et l’innovation dans l’enseignement, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8f80ce38-en.
[2] OCDE (2022), Instaurer la confiance pour renforcer la démocratie : Principales conclusions de l’enquête 2021 de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, Building Trust in Public Institutions, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f6a31728-fr.
[7] Rothstein, B. et J. Teorell (2008), « What is quality of government? A theory of impartial government institutions », Governance, vol. 21/2, pp. 165-190, https://doi.org/10.1111/j.1468-0491.2008.00391.x.
[6] Tyrberg, M. (2024), « The impact of discrimination and support on immigrant trust and belonging », European Political Science Review, vol. 16/1, pp. 18-34, https://doi.org/10.1017/S1755773923000139.
[9] van der Meer, T., C. la Roi et C. van Alebeek (2025), « Socialized to (Dis)trust? A Panel Study into the Origins of Dispositional Institutional Trust », Social Indicators Research, vol. 178, pp. 371-391, https://doi.org/10.1007/s11205-025-03564-3.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Il convient de noter que, pour la Bulgarie, le Costa Rica et la Croatie, le quota de répondants ayant un niveau d’instruction plus faible (c’est-à-dire ceux sans diplôme de l’enseignement secondaire de deuxième cycle) n’a pas été atteint en 2025, même après application des pondérations de post-stratification. De même, les quotas par niveau d’études pour les personnes ayant un niveau d’instruction plus faible n’ont pas été atteints au Chili, au Costa Rica, en Colombie, au Danemark, en Grèce, en Estonie, au Portugal et en Corée du Sud en 2023. Par ailleurs, les quotas par niveau d’études n’ont pas été atteints en Estonie, en Finlande, en Irlande, en Lettonie, au Luxembourg, en Nouvelle-Zélande et en Norvège en 2021. Par conséquent, pour ces pays et ces années, les résultats présentés doivent être considérés avec prudence.
← 2. La question relative à l’auto-identification à un groupe faisant l’objet de discriminations s’inspire d’une question de l’Enquête sociale européenne (ESS). Dans l’ESS, cette question est suivie d’une autre visant à déterminer les motifs sur la base desquels ce groupe fait l’objet de discriminations, les réponses possibles incluant la couleur de peau ou la race, la nationalité, la religion, la langue, etc. La composition du groupe de répondants s’identifiant comme membres d’un groupe faisant l’objet de discriminations est susceptible de varier d’un pays à l’autre. En raison de contraintes d’espace et de la difficulté d’obtenir des estimations cohérentes en cas de groupes de population restreints vu la taille de l’échantillon de 2 000 répondants, cette question complémentaire a été omise dans l’Enquête de l’OCDE sur la confiance.
← 3. Plus précisément, les résultats d’un modèle logit estimant la probabilité d’avoir confiance dans le gouvernement national montrent que toutes les variables explicatives sont statistiquement significatives à un niveau de 5 % ou plus. Le modèle inclut des mesures normalisées sur la perception d’avoir voix au chapitre dans la sphère politique (sentiment d’avoir son mot à dire dans le système politique), la perception de capacité à participer à la vie politique et la confiance interpersonnelle, ainsi que des variables de contrôle concernant l’âge, l’âge au carré, le niveau d’études, les préoccupations financières et le soutien envers un parti au pouvoir.
← 4. L’Enquête de l’OCDE sur la confiance applique des quotas représentatifs afin de garantir une représentation adéquate des principaux groupes de population dans chaque pays participant. Toutefois, si les quotas relatifs aux caractéristiques telles que le sexe et l’âge sont globalement respectés, la conception de l’enquête ne garantit pas une représentativité totale pour les combinaisons de caractéristiques (par exemple, que la part des femmes au sein de chaque tranche d’âge des personnes interrogées corresponde à celle dans la population adulte). L’examen des données pondérées semble indiquer que les quotas pour les hommes et les femmes sont globalement respectés dans toutes les catégories d’âge. Dans l’ensemble, l’échantillon comprend environ 49 % d’hommes et 51 % de femmes. Au sein des groupes d’âge, les femmes représentent 48 % des personnes interrogées âgées de 18 à 29 ans, 51 % de celles âgées de 30 à 49 ans et 53 % de celles âgées de 50 ans et plus. Néanmoins, comme pour toute analyse s’appuyant sur une enquête, les résultats concernant les sous-groupes, en particulier lorsqu’ils combinent plusieurs caractéristiques, devraient être interprétés avec la prudence qui s’impose.