Dans l’ensemble de l’OCDE, s’agissant de la confiance à l’égard du gouvernement national, les individus qui déclarent avoir une confiance élevée ou modérément élevée (40 %) sont moins nombreux que ceux qui indiquent avoir peu ou pas confiance (43 %). Après avoir légèrement décliné entre 2021 et 2023, le niveau moyen de confiance s’est stabilisé, et il s’est quelque peu redressé dans la moitié environ des pays où il avait baissé. La fonction publique, les administrations locales, la police et les tribunaux continuent de susciter davantage de confiance que le gouvernement national.
Le degré de confiance dans le gouvernement national continue de varier nettement selon que les personnes considèrent ou non que le système politique permette aux gens comme eux d’avoir leur mot à dire : l’écart, qui est stable, s’élève à 47 points de pourcentage. Les écarts de confiance en fonction de l’appartenance à différents groupes démographiques ou socio-économiques sont moins marqués. La confiance continue de baisser parmi les individus dotés des plus faibles niveaux d’instruction formelle. L’écart entre les jeunes adultes et les adultes plus âgés s’est nettement resserré, et l’écart entre les hommes et les femmes est resté globalement stable.
Le ressenti des administrés quant à leurs interactions quotidiennes avec les institutions publiques, y compris dans le cadre de services publics tels que les services de santé, les services éducatifs ou les services administratifs, reste en moyenne positif, et on constate même une légère tendance à l’amélioration. Ce ressenti, qui contribue au maintien des niveaux de confiance, reste plus positif que les perceptions relatives à la prise de décision des pouvoirs publics au sujet des enjeux complexes et de long terme : en la matière, les opinions restent peu favorables, ce qui contribue à des niveaux de confiance qui, en moyenne, sont faibles.
Sur l’ensemble des pays de l’OCDE, on constate une association forte entre la formulation d’avis positifs sur l’élaboration et l’adoption des décisions complexes par les pouvoirs publics — par exemple, le fait de considérer que les pouvoirs publics sont susceptibles de fonder leurs décisions sur les meilleures données probantes disponibles, de tenir compte de l’avis de la population et des parties prenantes et de prendre en compte de façon équilibrée les intérêts des générations actuelles et futures — et la confiance dans le gouvernement national. Ces avis positifs influent aussi sur la confiance à l’égard du corps législatif national (parlement), de même que les avis relatifs à la façon dont le parlement remplit ses missions essentielles (telles que contrôler l’action du gouvernement national et prendre en compte de manière équilibrée les besoins des différentes régions et des différents groupes sociaux).
Il est encourageant de constater qu’une proportion de la population légèrement plus élevée qu’en 2023 considère que les responsables publics sont à l’écoute de la population et que les personnalités politiques et les pouvoirs publics sont intègres. Néanmoins, les résultats d’enquête la nécessité persistante d’un renouveau de la gouvernance démocratique : alors que deux tiers (68 %) de la population déclarent que le vote influence l’action du gouvernement, un résultat rassurant pour les démocraties, moins d’un tiers (31 %) jugent probable que le système politique permette à des personnes comme elles d’avoir une influence sur ce que fait le gouvernement. Or, il s’agit là de l’un des principaux déterminants de la confiance. Ce pourcentage montre que, de plus en plus, les citoyens nourrissent des attentes insatisfaites quant à la possibilité d’avoir leur mot à dire dans les décisions qui sont prises, au-delà du seul cadre des élections. Seules 39 % des personnes déclarent que le fait de participer à une consultation publique influence l’action du gouvernement.
Le ressenti positif quant aux interactions quotidiennes avec l’administration est essentiellement associé à des niveaux plus élevés de confiance à l’égard des administrations locales et de la fonction publique nationale. La satisfaction à l’égard des services administratifs est élevée, puisque 68 % des citoyens ayant eu affaire à de tels services au cours de l’année écoulée se déclarent satisfaits ; cette proportion a augmenté avec le temps. Cette amélioration des niveaux de satisfaction est peut-être liée à un accroissement modeste de la proportion des citoyens qui considère que les services publics sont à l’écoute face aux réclamations et aux idées novatrices.
Pour préserver la confiance et pour donner aux administrations la possibilité de se moderniser, il est crucial de mesurer les attentes et les perceptions relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) par les pouvoirs publics. Un peu plus de quatre personnes sur dix estiment que l’utilisation de l’IA par leur gouvernement pourrait se traduire par des services mieux adaptés aux besoins ou par une réduction des coûts. En revanche, la confiance est plus limitée quant à l’usage de l’IA par les pouvoirs public et au respect de principes essentiels du secteur public, comme l’équité, la protection de la vie privée et la transparence, ainsi qu’au maintien d’une supervision humaine.