Ce chapitre présente le contexte dans lequel s’inscrit la confiance dans les institutions publiques dans les pays Membres et les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, ainsi que les principaux éléments probants en la matière, en s’appuyant sur le troisième cycle (2025) de l’Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques. Il met en évidence que la confiance constitue une ressource essentielle pour les administrations publiques, confrontées à un environnement toujours plus complexe, marqué par des pressions démographiques, économiques, technologiques et géopolitiques, des marges de manœuvre budgétaires limitées et des attentes croissantes du public. Enfin, il souligne que la confiance dépend à la fois de l’expérience des interactions quotidiennes avec les institutions publiques et de l’appréciation de la manière dont le gouvernement prend des décisions sur des enjeux de politique publique complexes.
Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques
1. Déterminants de la confiance au fil du temps : enseignements tirés du troisième cycle de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance
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Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsDans les pays Membres de l’OCDE et les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques (ci-après « l’Enquête de l’OCDE sur la confiance »), la proportion de individus ayant peu ou pas confiance dans leur gouvernement national (43 % dans l’OCDE) est supérieure à celle des personnes lui accordant une confiance élevée ou modérément élevée (40 % en moyenne dans l’OCDE).
Après avoir connu une baisse entre 2021 et 2023, les niveaux de confiance se sont maintenus à un niveau moyen robuste entre 2023 et 2025. Dans de nombreux pays, on observe soit une stabilisation des niveaux de confiance au cours des deux dernières années, soit une inversion tendant vers les niveaux de confiance enregistrés en 2021.
De nombreuses personnes ont une opinion plus positive de la manière dont leur administration gère les interactions quotidiennes avec le public que de ses décisions concernant des enjeux stratégiques complexes et à long terme.
Si les opinions favorables concernant la gestion quotidienne des affaires publiques sont modérément liées à la confiance envers le gouvernement national (de manière positive), le lien entre la perception qu’ont les individus des processus de prise de décision complexes et la confiance envers le gouvernement national est quant à lui beaucoup plus fort. Dans l’ensemble de l’OCDE, on constate un lien étroit entre la confiance dans les pouvoirs publics et le sentiment que les décisions de ces derniers sont fondées sur les meilleures données disponibles, sont prises en concertation avec les principales parties prenantes, tiennent compte des préférences du public et concilient les intérêts des générations actuelles et futures, entre autres. Ces déterminants de la confiance envers le gouvernement national sont similaires dans les pays Membres de l’OCDE et dans les pays candidats à l’adhésion.
Dans les pays de l’OCDE où la confiance à l’égard du gouvernement national a évolué de manière modérée à importante entre 2023 et 2025, les variations sont davantage liées à l’évolution des perceptions concernant la prise de décision sur des enjeux stratégiques complexes qu’à celles des interactions quotidiennes. Les variations de la perception de la réactivité et de la fiabilité des institutions publiques en matière de prise de décisions complexes expliquent en moyenne une part plus importante des évolutions de la confiance que les variations de la perception de l’équité, de l’intégrité et de la transparence dont font preuve ces institutions en rapport avec ces décisions.
La police, les tribunaux et les forces armées sont les institutions qui jouissent des niveaux de confiance les plus élevés selon l’Enquête de l’OCDE sur la confiance. De même, les autorités locales et la fonction publique inspirent davantage confiance que le gouvernement national, et leur cote de confiance varie peu au fil du temps.
Les attentes à l’égard des services publics essentiels et la façon dont ils sont perçus, ainsi que d’autres indicateurs liés aux interactions quotidiennes avec l’administration, jouent un rôle bien plus déterminant dans l’instauration de la confiance dans la fonction publique et les autorités locales que dans le gouvernement national. Parmi les usagers récents des services administratifs, ils sont 65 % dans l’ensemble de l’OCDE et 46 % dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’enquête à se déclarer satisfaits de ceux-ci ; ce déterminant de la confiance est l’un des plus importants pour les institutions publiques à tous les niveaux. La proportion de personnes satisfaites, même au sein de la population générale, a augmenté modestement mais régulièrement depuis le premier cycle d’enquête, passant de 64 % en 2021 à 65 % en 2023 et à 67 % en 2025 parmi le groupe de pays pour lesquels des données sont disponibles pour toutes les années d’enquête.
1.1. Introduction
Copier le lien de 1.1. IntroductionLes gouvernements et les administrations publiques des pays de l’OCDE font face à de fortes attentes afin d’élaborer de meilleures politiques pour de meilleures vies, dans un environnement complexe. D’une part, les pouvoirs publics doivent faire face à toute une série de défis liés aux évolutions démographiques, économiques, géopolitiques et technologiques. De l’autre a capacité d’action des gouvernements est contrainte par la réduction des marges budgétaires, la lenteur des processus internes et les difficultés importantes à parvenir à un consensus, tant public que politique
Néanmoins, pour les pouvoirs publics, l’époque est aussi propice à la réalisation de nouvelles avancées qui profiteront à la population. De plus en plus, ils prennent conscience que le statu quo ne suffit plus à répondre aux attentes croissantes ni à faire face à la complexité et aux contraintes en matière de ressources grandissantes. La transformation numérique des administrations qui est en cours, notamment grâce à l’utilisation prudente des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle générative, est source d’occasions uniques pour soutenir des réformes porteuses de transformations en matière de conception, de mise en œuvre et d’application des politiques publiques (OCDE, 2025[1]). Le nombre élevé de fonctionnaires partant à la retraite, auquel s’ajoute un budget limité pour les remplacer, rend cette transformation d’autant plus urgente.
Pour traverser cette période avec succès et en limitant au maximum les incertitudes, il faut pouvoir compter sur une confiance solide dans les institutions publiques. Les pouvoirs publics et les institutions qui jouissent de la confiance du public peuvent mettre en œuvre plus facilement des réformes et susciter l’adhésion à leurs politiques sans devoir recourir à des mesures coercitives.
La confiance dans les institutions constitue donc une préoccupation de plus en plus importante pour les responsables publics de l’ensemble des pays de l’OCDE (OCDE, 2025[2]), même si certains facteurs qui influent sur la confiance échappent à leur contrôle direct : les expériences vécues par les individus dès leur plus jeune âge, leur situation personnelle et la confiance qu’ils accordent aux autres peuvent les prédisposer à faire plus ou moins confiance aux institutions. Les tendances économiques et politiques, ainsi que les convictions politiques des citoyens, peuvent également influencer la façon dont le public perçoit non seulement les responsables publics, mais aussi d’autres institutions publiques.
Néanmoins, la confiance reflète aussi la manière dont les citoyens considèrent que les institutions publiques, qu’ils considèrent plus ou moins fiables, réactives et guidées par des valeurs telles que l’intégrité, l’ouverture et l’équité (Brezzi et al., 2021[3]). Dans les démocraties, la confiance dans les institutions fluctue au fil du temps et constitue, entre autres, un indicateur de l’évolution des attentes de la population à la lumière des performances des institutions. Cette évolution incite les institutions à s’améliorer et à s’adapter en permanence, et constitue l’un des fondements de systèmes démocratiques transparents et performants.
L’Enquête de l’OCDE sur les déterminants de confiance dans les institutions publiques (Enquête de l’OCDE sur la confiance) s’inscrit dans le cadre des efforts considérables déployés par les Membres pour comprendre comment la confiance du public se forme et peut être préservée. Ce rapport présente les conclusions du troisième cycle de l’Enquête sur la confiance. ll présente des données sur les expériences et les perceptions des citoyens à l’égard des institutions publiques dans 33 pays de l’OCDE et 5 pays candidats à l’adhésion, et analyse l’évolution de ces perceptions depuis 2021 (voir l’Encadré 1.1). L’enquête porte sur un échantillon représentatif de la population adulte de chaque pays participant et a été réalisée entre septembre et novembre 2025 dans la plupart de ces pays.
Conscient que les démocraties du monde entier sont confrontées à des défis similaires et ont tout à gagner à mutualiser leurs expériences, le Comité de la gouvernance publique de l’OCDE, avec l’accord du Conseil de l’OCDE, a lancé en 2024 le Projet d’enquête internationale sur la confiance. Cela a permis à certains pays non Membres de l’OCDE de participer à l’enquête pour la première fois, sur un pied d’égalité avec les pays Membres de l’OCDE.
Ce chapitre introductif pose le cadre et apporte des éléments de contexte sur l’environnement qui façonne la relation entre la population et l’État. Il présente ensuite l’état actuel de la confiance vis-à-vis du gouvernement national et d’autres institutions publiques, ainsi que l’évolution de cette confiance au fil du temps. Cinq ans après la pandémie, certains pays ont réussi à stabiliser, voire à renforcer la confiance dans les institutions, tandis que d’autres ont encore du chemin à parcourir ou ont vu cette confiance diminuer. Par ailleurs, ce chapitre étudie la relation entre la confiance et façon dont le public perçoit les compétences et les valeurs des pouvoirs publics, en particulier en ce qui concerne le gouvernement national, les autorités locales et la fonction publique. En recensant les principaux déterminants de la confiance, il met en évidence les domaines où l’action publique pourrait la renforcer.
S’appuyant sur le contexte présenté dans le présent chapitre, le Chapitre 2 illustre comment les particularités propres au parcours de chaque individu influent sur la probabilité d’éprouver une confiance élevée ou modérément élevée vis-à-vis du gouvernement national. Le Chapitre 3 dresse un tableau détaillé de la façon dont les citoyens perçoivent leurs interactions quotidiennes avec les institutions publiques. Le Chapitre 4 porte sur la façon dont est perçue la prise de décision des pouvoirs publics concernant des enjeux stratégiques complexes. Le Chapitre 5 se penche sur leurs opinions concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle par les pouvoirs publics et le Chapitre 6 sur des obstacles à leur participation politique et civique et de leurs répercussions potentielles. Le Chapitre 7 aborde l’évolution de la confiance dans les corps législatifs nationaux ainsi que ses déterminants.
Encadré 1.1. Enquête 2025 de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques
Copier le lien de Encadré 1.1. Enquête 2025 de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiquesL’Enquête de l’OCDE sur la confiance s’appuie sur un cadre analytique théorique (Brezzi et al., 2021[3] ; OCDE, 2017[4]). La confiance y est définie comme étant « la conviction d’un individu qu’une autre personne ou une institution adoptera systématiquement le comportement positif qu’il escompte ». Par ailleurs, la méthodologie utilisée pour cette enquête repose également sur des lignes directrices relatives à la mesure de la confiance (OCDE, 2017[5]) ainsi que sur des études par pays menées antérieurement en Corée (OCDE/KDI, 2018[6]) et en Finlande (OCDE, 2021[7]).
Le questionnaire comprend des questions sur les niveaux de confiance à l’égard des différentes institutions publiques et des médias, des questions situationnelles sur les déterminants de la confiance liés à la gouvernance publique, ainsi que des modules portant sur la satisfaction à l’égard des services publics, la participation politique, les défis mondiaux et intergénérationnels, et les informations générales propres aux répondants. Les questions relatives aux niveaux de confiance et aux déterminants utilisent une échelle de réponse allant de 0 à 10, et une option permettant de répondre « Ne sait pas ».
L’essentiel du questionnaire est resté inchangé d’un cycle à l’autre, permettant ainsi de suivre l’évolution des indicateurs au fil du temps, mais de nouvelles questions ont été ajoutées à chaque cycle d’enquête afin d’approfondir l’analyse de certains sujets et de s’adapter aux nouveaux besoins en matière d’information. Les délégués techniques et à haut niveau issus de l’OCDE et des ministères et des offices nationaux des statistiques des pays participant au Projet d’enquête mondiale sur la confiance contribuent à l’amélioration continue de l’enquête : ils apportent notamment leur expertise concernant les modifications éventuelles à apporter au questionnaire, procèdent à des tests préliminaires des nouvelles questions et proposent des améliorations concernant la manière dont les résultats sont analysés et présentés. L’Enquête a également bénéficié des contributions d’universitaires de premier plan spécialistes de la confiance dans les institutions, d’abord par leur participation au groupe consultatif sur l’Enquête de l’OCDE sur la confiance, puis dans le cadre d’échanges informels ainsi que d’un atelier organisé conjointement avec l’Institut El-Erian et le Laboratoire de psychologie politique de l’université de Cambridge en mars 2025.
L’Enquête de l’OCDE sur la confiance a été menée pour la première fois en 2021 dans 22 pays de l’OCDE, puis en 2023 dans 30 pays de l’OCDE et en 2025 dans 33 pays de l’OCDE. Le Tableau 1.1 dresse la liste des pays ayant participé aux différents cycles d’enquête. Vingt pays ont participé aux trois cycles et 29 ont participé à la fois en 2023 et en 2025. En outre, en 2025 six pays d’Amérique latine non Membres de l’OCDE (le Brésil, la République dominicaine, l’Équateur, le Guatemala, le Paraguay et le Pérou) ont participé à la première édition de l’Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance en Amérique latine et dans les Caraïbes, et la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie ont participé à l’enquête de l’OCDE sur la confiance. Les résultats des pays candidats à l’adhésion participant à l’enquête (Brésil, Bulgarie, Croatie, Pérou et Roumanie) figurent dans le présent rapport.
La collecte des données pour l’enquête 2025 de l’OCDE sur la confiance a eu lieu de septembre à novembre 2025 dans la plupart des pays. Au Brésil et au Pérou, celle-ci a été menée en mai et juin 2025. Dans la plupart des pays, les enquêtes nationales ont été réalisées en ligne par l’institut d’étude Ipsos ; par les offices nationaux de statistique en Finlande (Centre national des statistiques de Finlande), en Irlande (Office central des statistiques d’Irlande) et au Mexique (l’Institut nation de statistique et de géographie du Mexique); par un institut national de recherche en Islande et en Norvège, par une société d’enquêtes. Hormis en Norvège, où certains répondants ont participé à l’enquête au moyen de formulaires sur papier, et au Mexique, où les répondants ont été interrogés en personne, la collecte de données s’est faite par le biais d’enquêtes en ligne. De manière générale, les données sont représentatives de la population adulte au niveau national et recueillies selon une méthode d’échantillonnage non probabiliste par quotas. Au Mexique, elle est représentative de la population adulte en milieu urbain.
Tableau 1.1. Participation des pays de l’OCDE aux différents cycles d’enquête
Copier le lien de Tableau 1.1. Participation des pays de l’OCDE aux différents cycles d’enquête|
2021 |
2023 |
2025 |
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Australie, Belgique, Canada, Colombie, Corée, Danemark, Estonie, Finlande, France, Irlande, Islande, Lettonie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. |
X |
X |
X |
|
Allemagne, Chili, Costa Rica, Espagne, Grèce, Italie, République slovaque, Slovénie, Suisse |
X |
X |
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République tchèque |
X |
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Autriche, Japon |
X |
X |
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Lituanie, Pologne |
X |
1.2. Contexte dans lequel les données de l’édition 2025 de l’Enquête sur la confiance ont été recueillies
Copier le lien de 1.2. Contexte dans lequel les données de l’édition 2025 de l’Enquête sur la confiance ont été recueilliesComprendre les préoccupations des administrés peut aider les pouvoirs publics à cerner leurs attentes vis-à-vis des institutions publiques. En 2025, dans les pays de l’OCDE et les pays candidats à l’adhésion, la plupart des gens se disent préoccupés par les questions économiques. Toutefois, dans certains pays, la sécurité intérieure et nationale, les services essentiels, le logement, l’immigration et la corruption – autant de sujets qui peuvent être étroitement liés aux préoccupations économiques – figurent également parmi les principales préoccupations des habitants.
Dans les pays de l’OCDE, ce sont les questions économiques, et en particulier l’inflation, qui continuent de préoccuper le plus la population. Lorsqu’on leur a demandé de citer les trois principaux problèmes auxquels leur pays est confronté, une majorité (52 %) des personnes interrogées dans les 33 pays de l’OCDE participants a mentionné l’inflation (Graphique 1.1). Il s’agit de loin de la proportion la plus élevée enregistrée sur l’ensemble des questions posées, et elle est tout aussi importante dans la plupart des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE qui ont participé à l’enquête de 2025 (Tableau 1.2). L’inflation est la préoccupation la plus souvent citée dans 23 pays de l’OCDE et en Croatie. Dans quelques pays, à savoir le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Danemark et le Pérou, un tiers de la population tout au plus cite l’inflation, alors qu’elle est citée par plus des deux tiers de la population en Australie, en Croatie, en Estonie, au Japon et en Nouvelle-Zélande.
D’autres questions économiques préoccupent fortement bon nombre de personnes. En moyenne, dans l’OCDE, 27 % des personnes interrogées citent la pauvreté et les inégalités sociales et 23 % citent le chômage et l’emploi parmi les trois principales sources de préoccupation dans leur pays (Graphique 1.1). En Estonie, en Grèce, en Bulgarie et en Roumanie, environ quatre personnes sur dix se disent particulièrement préoccupées par les inégalités, tandis qu’en Finlande, plus de deux personnes sur trois s’inquiètent du chômage et de l’emploi, le sujet le plus fréquemment évoqué dans ce pays (Tableau 1.2). Sans surprise, une proportion plus élevée de personnes vivant dans un foyer touché par une perte d’emploi au cours de l’année écoulée sont susceptibles de citer le chômage comme une préoccupation majeure (33 %), contre 20 % dans les foyers non touchés.
Graphique 1.1. Une majorité de la population des pays de l’OCDE considère le coût de la vie comme l’un des trois principaux problèmes auxquels son pays est confronté, tandis que plus d’un quart s’inquiètent de la criminalité ou de la pauvreté
Copier le lien de Graphique 1.1. Une majorité de la population des pays de l’OCDE considère le coût de la vie comme l’un des trois principaux problèmes auxquels son pays est confronté, tandis que plus d’un quart s’inquiètent de la criminalité ou de la pauvretéPart de la population qui considère que la question figure parmi les trois plus importantes auxquelles son pays doit faire face, OCDE, 2025
Note : Ce graphique présente la moyenne OCDE non pondérée des moyennes nationales pondérées des réponses à la question « Quels sont, selon vous, les trois problèmes les plus importants auxquels votre pays est confronté ?». Le nombre de pays listés, où cette question figure parmi les cinq principales préoccupations, correspond au nombre de pays dans lesquels la question est l’une des cinq plus fréquemment citées par les répondants.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Si les questions économiques continuent de préoccuper la population, la sécurité prend de plus en plus d’importance dans de nombreux pays de l’OCDE. En moyenne, 28 % des personnes interrogées dans l’OCDE citent la criminalité et la violence parmi les trois principaux problèmes auxquels leur pays est confronté (Graphique 1.1). Cette proportion est particulièrement élevée en Amérique latine et dans les Caraïbes, où la part des personnes citant la criminalité et la violence dépasse 50 % et où il s’agit du sujet le plus fréquemment mentionné, sauf en Colombie. Il en va de même en Suède, où ce sujet est également le plus fréquemment cité, par 51 % des personnes interrogées (Tableau 1.2). La sécurité nationale est mentionnée par une proportion moindre de la population (18 %). Cependant, en particulier dans les pays d’Europe orientale, comme l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, la sécurité nationale est citée beaucoup plus fréquemment. Au Danemark, la sécurité nationale est la préoccupation la plus citée.
L’immigration est un autre sujet qui revêt une grande importance dans un certain nombre de pays. En moyenne, au sein de l’OCDE, une personne sur quatre (25 %) mentionne cette question, mais là encore avec des variations importantes selon les pays. En Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, quatre à cinq personnes sur dix citent l’immigration, et s’agit du deuxième sujet le plus fréquemment mentionné en Autriche, en Belgique, au Chili et en Suisse (Tableau 1.2).
En ce qui concerne les autres enjeux, en moyenne 24 % des administrés dans les pays Membres de l’OCDE estiment que les soins de santé et services essentiels constituent une source de préoccupation majeure, cette part étant légèrement inférieure dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête. Il s’agit du thème le plus fréquemment mentionné en Islande ; il constitue également une source de préoccupation très importante en Finlande. Les questions d’accessibilité et de coût de logement sont citées par 20 % de la population dans l’OCDE. En Irlande et au Luxembourg, le logement est le sujet le plus fréquemment mentionné.
Enfin, pour 18 % des personnes interrogées, la corruption figure parmi les trois principaux problèmes auxquels leur pays doit faire face. La corruption est une source de préoccupation pour un grand nombre de citoyens en Bulgarie, en Colombie et en Roumanie, où il s’agit du problème le plus souvent cité (Tableau 1.2). De même, une majorité des habitants des autres pays candidats à l’adhésion à l’OCDE se disent préoccupés par ce sujet. Le fait de s’être senti contraint de verser un pot-de-vin au cours de l’année écoulée – ce qui, selon les participants à l’enquête, n’est arrivé qu’à très peu d’entre eux – est associé à une plus grande probabilité de citer la corruption parmi les trois principales préoccupations. La proportion de personnes appartenant à cette catégorie qui mentionnent la corruption est de 30 %1.
Selon la période où les enquêtes sont menées, les questions de gouvernance qui retiennent l’attention du public peuvent varier, ce qui peut avoir une incidence sur la confiance qui est accordée aux pouvoirs publics (voir l’Encadré 1.3). Néanmoins, comme le montre la suite de ce chapitre, la confiance accordée aux institutions publiques dépend en grande partie des attentes des individus et de la manière dont ils perçoivent la gouvernance publique, mais aussi de leur propre vécu.
Les administrations publiques participent à l’Enquête de l’OCDE sur la confiance dans l’optique de mieux comprendre l’évolution des déterminants de la confiance à l’égard de la gouvernance publique et leur incidence sur la confiance accordée aux différentes institutions publiques. La suite de ce chapitre présente les niveaux de confiance actuels vis-à-vis des différentes institutions publiques, ainsi que leur évolution depuis 2021. Le chapitre fournit également des données économétriques sur la manière dont les niveaux de confiance et leur évolution sont liés aux principaux déterminants de la confiance dans la gouvernance publique.
Tableau 1.2. La majorité des personnes interrogées dans l’OCDE s’inquiète du coût de la vie
Copier le lien de Tableau 1.2. La majorité des personnes interrogées dans l’OCDE s’inquiète du coût de la viePart de la population qui considère que la question correspondante est l’une des trois plus importantes auxquelles son pays doit faire face, 2025
Note : Ce tableau présente les moyennes pondérées des réponses à la question « Quels sont, selon vous, les trois problèmes les plus importants auxquels votre pays est confronté ? ». Plus la nuance de vert est sombre, plus la question est fréquemment mentionnée dans le pays.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
1.3. Niveaux de confiance envers le gouvernement national et évolutions observées dans le temps
Copier le lien de 1.3. Niveaux de confiance envers le gouvernement national et évolutions observées dans le temps1.3.1. En moyenne, 40 % de la population dans l’ensemble de l’OCDE et un quart dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’enquête expriment une confiance élevée ou modérément élevée envers leur gouvernement national
Dans l’OCDE, le nombre de personnes qui ont peu ou pas confiance dans leur gouvernement national est supérieur à celui des personnes qui ont une confiance élevée ou modérément élevée en celle-ci2. En moyenne, 40 % des personnes indiquent accorder une confiance élevée ou modérément élevée au gouvernement national, fournissant une réponse comprise entre 6 à 10 sur une échelle de 0 (« pas du tout ») à 10 (« totalement ») (Graphique 1.2). Ce chiffre est inférieur à la part des personnes (43 %) qui font peu ou pas confiance au gouvernement national (qui fournissent une réponse comprise entre les niveaux 0 à 4 sur la même échelle). Enfin, 15 % ont fourni une réponse neutre (niveau 5 de l’échelle), et 1 % a indiqué ne pas savoir.
Exception faite du Brésil, dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, la proportion de la population qui exprime une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du gouvernement national est inférieure à la moyenne de l’OCDE.
La répartition des niveaux de confiance varie d’un pays à l’autre, ce qui s’explique par un ensemble de facteurs, notamment les expériences, les attentes et les perceptions vis-à-vis des institutions publiques, ainsi que les caractéristiques socio-économiques et les facteurs culturels (Brezzi et al., 2021[3]). Il n’y a que huit pays, l’Australie, le Canada, la Corée, l’Islande, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège et la Suisse – où la majorité des personnes interrogées déclarent avoir une confiance modérée ou élevée dans leur gouvernement national.
Graphique 1.2. Dans les pays de l’OCDE, environ quatre personnes sur dix font état d’une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du gouvernement national
Copier le lien de Graphique 1.2. Dans les pays de l’OCDE, environ quatre personnes sur dix font état d’une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard du gouvernement nationalParts respectives des différents niveaux de confiance envers le gouvernement national (exprimés sur une échelle de 0 à 10), en pourcentage de la population, 2025
Note : Ce graphique présente pour chaque pays la répartition des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10, (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national? ». S’agissant des réponses, « confiance faible ou inexistante » correspond à un niveau de confiance compris entre 0 et 4, « neutre » au niveau 5 et « confiance élevée ou modérément élevée » à un niveau compris entre 6 et 10. La barre « OCDE » représente la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
1.3.2. En moyenne, dans les pays de l’OCDE la confiance envers le gouvernement national se stabilise
Dans l’OCDE, la confiance envers le gouvernement national s’est stabilisée, après avoir enregistré une légère baisse entre 2021 et 20233.
Dans les 18 pays4 pour lesquels des données sont disponibles sur cette période, la part des personnes déclarant avoir une confiance modérément élevée ou élevée a enregistré une baisse de 2 points de pourcentage en moyenne entre 2021 et 2023 (OCDE, 2024[8]). Dans de nombreux pays, la confiance semble avoir été renforcée par la crise du COVID-19, ce qui a peut-être entraîné une hausse des niveaux de confiance au cours de la période 2020-2021, suivie d’une baisse de la confiance entre 2021 et 2023. Plusieurs facteurs ont pu façonner la tendance observée entre 2021 et 2023, notamment les perturbations inhabituelles survenues après la pandémie de COVID-19, comme les pics d’inflation.
À l’inverse, entre 2023 et 2025, aucune baisse de la confiance n’a été observée. Dans les pays pour lesquels des données sont disponibles pour les trois cycles, la part de la population affichant une confiance élevée ou modérément élevée est presque revenue aux niveaux de 2021 (passant de 43.2 % en 2021 à 40.8 % en 2023 et à 42.7 % en 2025). Quant à l’échantillon, plus large, des 29 pays de l’OCDE ayant participé à l’enquête sur la confiance en 2023 et en 2025, les parts de ceux qui font état d’une confiance élevée ou modérément élevée (40.0 % en 2023 et 40.7 % en 2025) et d’une confiance faible ou inexistante (43.3 % en 2023 et 43.2 % en 2025) sont restées stables (Graphique 1.3).
Graphique 1.3. En moyenne dans l’OCDE, la part des personnes qui déclarent avoir une confiance élevée ou plutôt élevée dans leur gouvernement national est restée stable entre 2023 et 2025
Copier le lien de Graphique 1.3. En moyenne dans l’OCDE, la part des personnes qui déclarent avoir une confiance élevée ou plutôt élevée dans leur gouvernement national est restée stable entre 2023 et 2025Part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, 2021, 2023 et 2025
Note : Ce graphique présente la part de personnes qui ont fourni une réponse de 6 à 10 à la question « Sur une échelle de 0 à 10, (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ?» OCDE-18 désigne les pays pour lesquels ces données sont disponibles pour toutes les éditions de l’enquête ; OCDE-29 désigne les pays pour lesquels elles sont disponibles pour 2023 et 2025. Pour le Brésil, la première collecte de données ayant été réalisée en avril 2022 à l’aide d’une version adaptée du questionnaire de l’édition 2021 de l’enquête, les données sont donc regroupées sous les réponses de l’édition 2021.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
1.3.3. Pourtant, certains pays affichent encore des changements importants en matière de confiance par rapport à 2023
Parmi les pays pour lesquels des données sont disponibles pour les trois cycles de l’enquête, trois grands profils se dégagent.
Un premier groupe de pays a connu des évolutions modérées à importantes entre 2021 et 2023, suivies d’une stabilisation à un niveau proche des valeurs de 2023. Le Canada, le Danemark, l’Irlande, la Lettonie et la Suède sont les pays ayant enregistré des évolutions modérées entre 2021 et 2023, et la Finlande se situe dans la catégorie des évolutions importantes. Pour ces pays, 2021 a peut-être constitué une valeur atypique, ou la période 2023-2025 a conduit à une consolidation après une évolution antérieure.
Un deuxième groupe de pays, ayant connu des évolutions importantes entre 2023 et 2025, avait déjà enregistré de fortes variations au cours de la période de deux ans précédente :
En Islande, en Norvège, en Corée, au Portugal et au Royaume-Uni, de fortes baisses de confiance ont été suivies de fortes hausses. Dans le cas de l’Islande et de la Corée, la hausse a été telle qu’en 2025, le niveau de confiance est supérieur à celui de 2021. Au Portugal et au Royaume-Uni, l’écart dans la part de la population exprimant une confiance élevée ou modérément élevée était inférieur à deux points de pourcentage en 2025 par rapport à 2021.
À l’inverse, en Belgique, une hausse importante de la confiance entre 2021 et 2023 a été partiellement compensée par une baisse entre 2023 et 2025.
En France, une hausse plus modeste de la confiance dans l’immédiat après-COVID a été plus que compensée par une baisse plus marquée de la confiance entre les vagues 2023 et 2025.
Enfin, quelques pays se distinguent par des trajectoires plus uniformes, stables, en amélioration continue ou en baisse continue sur les trois cycles. Au Luxembourg, la part de la population exprimant une confiance élevée ou modérément élevée a varié de moins d’un point de pourcentage entre 2021 et 2023, puis de nouveau entre 2023 et 2025. Aux Pays-Bas, cette part a diminué au cours des deux périodes successives d’un nombre égal de points de pourcentage ; et en Australie, une hausse plus importante entre 2021 et 2023 a été suivie d’une hausse supplémentaire en 2025, plus modeste mais néanmoins significative.
Parmi les pays pour lesquels les données ne sont disponible que pour 2023 et 2025, beaucoup présentent des niveaux de confiance relativement stables.
Au Costa Rica, en Allemagne, en Italie, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, en Slovénie et en Suisse, la part de la population adulte exprimant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national a varié de moins de deux points de pourcentage entre 2023 et 2025.
En revanche, la part exprimant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national a diminué plus fortement au Chili, en Grèce et en République slovaque.
En Espagne, la part de la population exprimant une confiance élevée ou modérément élevée a augmenté plus fortement.
Le nombre limité de pays ayant participé uniquement aux vagues 2021 et 2025 de l’Enquête sur la confiance a enregistré une hausse de la part de leur population exprimant une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national. Ces hausses ont été modestes en Autriche (3 points de pourcentage (p.p.)) et plus importantes au Japon (22 p.p.)5. Au Brésil, le niveau de confiance a augmenté de manière substantielle, de 12 p.p. depuis le début de 20226.
Le rôle que (les changements de) perceptions de la gouvernance publique jouent dans (les changements de) la confiance envers le gouvernement est abordé dans les sections 1.5.1 et 1.5.2. Mais, au-delà de ces changements, il faut également reconnaître que des facteurs historiques et structurels peuvent avoir des effets à long terme sur la confiance, indépendamment des variations à court terme liées, par exemple, au cycle électoral. Les données sur la relation entre le fait d’avoir connu une transition démocratique quelques décennies auparavant et la confiance actuelle dans les institutions sont mitigées, la majorité des résultats suggérant que les perceptions de la performance institutionnelle aujourd’hui comptent davantage que les héritages historiques. En revanche, des crises structurelles profondes peuvent entraîner des baisses de confiance qui mettent beaucoup de temps à se résorber (voir l’Encadré 1.2).
Encadré 1.2. Rétablir la confiance dans les institutions publiques en Grèce
Copier le lien de Encadré 1.2. Rétablir la confiance dans les institutions publiques en GrèceBien avant crise économique qui a commencé en 2009-2010 et a duré pendant la majeure partie des années 2010, au cours de laquelle la Grèce a perdu un quart de son PIB de 2008 et a vu le chômage culminer à 27 %, la confiance dans le gouvernement et dans les institutions publiques n’était pas particulièrement élevée. À la suite de la crise économique, les niveaux de confiance semblent s’être établis sur un niveau de base plus faible, avec une volatilité plus importante.
Les données Eurobaromètre montrent deux tendances de plus long terme (voir Graphique 1.4). Après un pic en 2004 (l’année où la Grèce a accueilli les Jeux olympiques, avec des niveaux de confiance dépassant 50 %), une forte tendance à la baisse est visible. Cette tendance à la baisse s’est poursuivie jusqu’en 2012, point le plus bas de la crise économique, lorsque la part de la population ayant tendance à faire confiance au gouvernement national s’est effondrée à un niveau historiquement bas de 7 %. Par la suite, une tendance plus progressive à la hausse peut être observée, reflétant l’amélioration lente mais instable des conditions macroéconomiques. Au cours de cette période, la confiance a atteint un pic en 2015, correspondant à la promesse d’un nouveau gouvernement de mettre fin à l’austérité, mais qui a au contraire adopté le troisième programme d’austérité lié au plan de sauvetage, et en 2020, lorsque — comme dans de nombreux autres pays — des perceptions possiblement positives de la gestion de la pandémie ont contribué à une hausse de la confiance. Toutefois, même lors des pics relatifs de 2015 et de 2020, la confiance n’a jamais dépassé 37 %, un niveau nettement inférieur à la moyenne de confiance pré‑2008, qui s’établissait à 44 % sur l’ensemble des années disponibles.
La pandémie de COVID-19 en 2020 a interrompu la lente reprise économique qui avait suivi la crise post-2009 en Grèce. Contrairement à la lente reprise des années 2010, le PIB par habitant est revenu au niveau d’avant 2020 beaucoup plus rapidement — dès le troisième trimestre 2021 (OCDE, 2024[9]) — et les niveaux de croissance ont depuis lors systématiquement dépassé la moyenne de la zone euro. Le chômage a diminué, passant de 16 % en 2020 à 8.5 % en 2025, et le revenu disponible a augmenté pour toutes et tous, en particulier pour les déciles les plus faibles de la distribution des revenus.
Graphique 1.4. Les hausses et les baisses des niveaux de confiance en Grèce sont plus prononcées depuis le début des années 2010
Copier le lien de Graphique 1.4. Les hausses et les baisses des niveaux de confiance en Grèce sont plus prononcées depuis le début des années 2010Part de la population ayant tendance à faire confiance au gouvernement national, Grèce, 1995-2023
Note : Le graphique montre la part des personnes qui répondent « ont tendance à faire confiance » à la question suivante de l’enquête Eurobaromètre : « J’aimerais vous poser une question sur le niveau de confiance que vous accordez à certaines institutions. Pour chacune des institutions suivantes, veuillez indiquer si vous avez tendance à lui faire confiance ou si vous avez tendance à ne pas lui faire confiance. Gouvernement. »
Source : Tufis, C., L. Ghica et B. Radu (2024[10]), Long-Term trends of Political Trust Dynamics (1980-2023), https://doi.org/10.7910/DVN/7ETG2Q, Harvard Dataverse, V1.
Ces dernières années ont été marquées par d’importants investissements publics en faveur d’une gestion économique prudente et de la modernisation de l’administration, posant des bases solides pour renforcer, à plus long terme, l’efficacité institutionnelle et la confiance dans les institutions. L’excédent budgétaire enregistré en 2024 et 2025 (ainsi que des excédents primaires durables sur de nombreuses années depuis 2013) fait suite à une décennie de modernisation du système de gestion des finances publiques du pays (OCDE, 2026[11]). Dans le champ des services publics essentiels, le pays évalue de manière systématique l’expérience des usagers et investit dans la numérisation des services, ce qui a permis de réduire drastiquement les délais de traitement dans plusieurs domaines, notamment pour l’attribution de nouvelles pensions.
Ces évolutions se sont accompagnées d’efforts visant à renforcer l’intégrité publique. L’un des objectifs du Plan national d’action 2022-2025 de la Grèce contre la corruption était de consolider la confiance dans les institutions publiques, tout en améliorant le climat d’investissement. Les Perspectives de l’OCDE sur l’intégrité et la lutte contre la corruption 2026 rend compte des progrès réalisés par la Grèce pour renforcer son cadre stratégique en matière d’intégrité publique et de politiques anticorruption, et classe le pays parmi ceux disposant des stratégies et des modalités de mise en œuvre les plus solides (OCDE, 2026[12]).
Au regard des progrès substantiels enregistrés par la Grèce en matière de gouvernance et de résultats économiques, comment expliquer des niveaux de confiance aussi variables ? Il est possible que les perceptions et la confiance évoluent avec un certain décalage et ne reflètent pas encore pleinement l’amélioration de la situation économique ni les investissements consentis dans les services publics. Néanmoins, les données de l’Enquête sur la confiance donnent les premiers signes que certaines perceptions s’améliorent effectivement à un rythme soutenu en Grèce. Ainsi, si la satisfaction globale à l’égard des services administratifs est restée globalement stable, autour de 50-51 % entre 2023 et 2025, la part des usagers récents se déclarant satisfaits de certains aspects précis — comme la rapidité d’obtention du service et la compétence des agents publics avec lesquels ils ont interagi — a progressé de quatre points de pourcentage. De même, alors que d’autres mesures relatives à l’intégrité publique sont restées stables ou ont légèrement reculé, la part de la population jugeant probable que le gouvernement refuserait la demande d’une entreprise conforme à ses intérêts mais potentiellement contraire à l’intérêt général a augmenté de manière notable, de cinq points de pourcentage entre 2023 et 2025. D’autres indicateurs, toutefois, montrent que des marges d’amélioration subsistent.
La Grèce constitue un exemple d’évolution asynchrone des niveaux de confiance par rapport aux améliorations observées sur le terrain. Elle confirme l’observation générale selon laquelle, lorsque les niveaux de confiance sont durablement faibles — à l’échelle d’un pays ou pour certains groupes de population — la reconstitution de la confiance envers le gouvernement prend du temps. Pour répondre à cette dynamique, la Grèce a, ces dernières années, privilégié des politiques visant à accroître la satisfaction du public, notamment en évaluant de façon systématique et en intégrant les retours des usagers sur la performance de services publics spécifiques. Concrètement, elle s’appuie sur des outils numériques conçus pour mesurer l’expérience des usagers des services publics, y compris dans le champ de la santé et des soins hospitaliers, ainsi que sur une plateforme de suivi de la performance des administrations locales accessible à l’ensemble de la population. Par exemple, en matière de satisfaction à l’égard des services de santé, la note moyenne attribuée par 65 000 usagers a atteint 4.1 sur 5. Les résultats mettent en particulier en évidence l’engagement des équipes médicales et soignantes, tandis que la satisfaction à l’égard de la restauration hospitalière est nettement plus faible.
Si les améliorations de la gouvernance et des résultats se traduisent rarement par une hausse rapide de la confiance, en particulier dans un contexte où des crises profondes et récurrentes ont pu durablement l’éroder, ces efforts des pouvoirs publics devraient néanmoins favoriser, à plus long terme, un redressement de la confiance dans les institutions publiques.
Encadré 1.3. Liens entre les préoccupations de la population et la confiance accordée au gouvernement national
Copier le lien de Encadré 1.3. Liens entre les préoccupations de la population et la confiance accordée au gouvernement nationalDans les pays de l’OCDE, les personnes évaluent leur gouvernement national au regard des performances de la gouvernance publique et de l’environnement de politiques publiques souvent complexe ainsi que des défis auxquels leur pays est confronté ; ces deux dimensions sont influencées par les sujets d’actualité et les préoccupations du moment. Dans quelle mesure, dès lors, les inquiétudes actuelles influencent-elles les résultats de l’enquête sur la confiance ?
Les résultats de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance (2025) indiquent qu’il existe une association entre les enjeux que les répondants jugent importants pour leur pays et la confiance qu’ils déclarent accorder à leur gouvernement national. Ces différences persistent après prise en compte des écarts entre pays et des caractéristiques sociodémographiques des répondants, de leur situation financière, de la confiance interpersonnelle, du fait d’avoir voté pour un parti au gouvernement et de la satisfaction à l’égard de certains services publics.
En moyenne, dans les trente-trois pays de l’OCDE ayant participé à l’enquête de 2025, seules 28 % des personnes qui citent la corruption parmi les enjeux les plus importants déclarent une confiance élevée ou modérément élevée dans leur gouvernement national, tandis que 56 % indiquent une confiance faible ou nulle. À l’inverse, 54 % des personnes qui mentionnent des enjeux environnementaux parmi les plus importants déclarent une confiance élevée ou modérément élevée dans leur gouvernement national, tandis qu’environ 31 % déclarent une confiance faible ou nulle.
Graphique 1.5. La part des personnes affichant un niveau de confiance élevé ou modérément élevé parmi celles qui identifient la corruption comme une préoccupation majeure est nettement plus faible que dans l’ensemble de la population.
Copier le lien de Graphique 1.5. La part des personnes affichant un niveau de confiance élevé ou modérément élevé parmi celles qui identifient la corruption comme une préoccupation majeure est nettement plus faible que dans l’ensemble de la population.Répartition des niveaux de confiance selon que les répondants ont cité l’enjeu parmi les principales préoccupations de leur pays, moyenne OCDE (%), 2025
Note : Ce graphique indique le niveau de confiance accordé au gouvernement national en fonction des enjeux que les personnes interrogées ont jugés les plus importants. Ces valeurs correspondent à des moyennes calculées pour l’ensemble des pays, chaque pays recevant la même pondération. Les enjeux sont classés en fonction de la proportion moyenne de personnes déclarant avoir peu ou pas confiance. Les parts au sein de chaque pays sont calculées à l’aide de pondérations d’enquêtes. Le graphique ne présente que les enjeux pour lesquels les coefficients sont statistiquement significatifs au seuil de 1 % selon une régression logistique groupée comparant une confiance élevée à une confiance faible à l’égard du gouvernement national, après exclusion des réponses « neutre » et « ne sait pas », en tenant compte des effets fixes par pays et des pondérations de l’enquête, ainsi que des caractéristiques sociodémographiques, de la situation financière, de la confiance interpersonnelle, du vote en faveur d’un parti au pouvoir et de la satisfaction à l’égard de certains services publics.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
1.4. Déterminants de la confiance envers le gouvernement national
Copier le lien de 1.4. Déterminants de la confiance envers le gouvernement national1.4.1. Les perceptions relatives à la manière dont sont prises les décisions complexes et stratégiques sont étroitement liées à la confiance accordée au gouvernement national
La confiance envers le gouvernement national dépend d’un ensemble de facteurs. Mais l’opinion publique sur les compétences des pouvoirs publics et leurs valeurs lorsqu’il s’agit de prendre des décisions sur des enjeux stratégiques complexes est un déterminant majeur de la confiance. Les données issues des cycles successifs de l’Enquête montrent que cette affirmation reste tout aussi vraie en 2025 qu’elle l’était en 2023. Mais même sur le plan théorique, il va de soi que l’opinion des administrés sur les processus d’élaboration des politiques d’importance nationale et leurs résultats aura une forte influence sur leur appréciation de la fiabilité des pouvoirs publics. Par ailleurs, la perception des interactions quotidiennes – et surtout la fourniture de services publics d’une manière qui réponde aux attentes de la population – a également son importance (comme présenté ci-dessous et examiné en détail au Chapitre 3).
Si une personne sur deux (51 %) dans l’OCDE estime probable que les pouvoirs publics soient prêts à protéger la vie des individus résidants sur le territoire en cas de situation d’urgence de grande ampleur, leur fiabilité en matière de prise de décisions complexes est jugée de manière moins positive. De manière générale, environ quatre personnes sur dix estiment probable que les pouvoirs publics réguleraient les nouvelles technologies de manière de manière à permettre aux entreprises et aux personnes d’en faire un usage approprié (42 %), apporteraient leur soutien aux personnes touchées lors d’une crise économique (41 %), et sont convaincus que leur pays réduira ses émissions de gaz à effet de serre dans les dix années à venir (38 %) (Graphique 1.6). Si la perception de la préparation aux situations d’urgence et de la régulation des technologies est restée sensiblement la même par rapport à 2023, enregistrant des variations inférieures à deux points de pourcentage, la part de la population se disant optimiste quant à la réduction des émissions a reculé de trois à quatre points de pourcentage, selon l’échantillon de pays considéré. En moyenne, dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’Enquête, les personnes interrogées se montrent plus confiantes quant à la capacité de leur pays à réduire les émissions de gaz à effet de serre (35 %) et à réguler les nouvelles technologies (34 %), tandis que la préparation aux situations d’urgence (32 %) et le soutien en cas de crise économique (29 %) sont perçus de manière moins positive.
Graphique 1.6. Une légère majorité estime que les institutions publiques sont prêtes à protéger des vies en cas d’urgence majeure, mais moins de personnes s’attendent à être protégées en cas de crise économique.
Copier le lien de Graphique 1.6. Une légère majorité estime que les institutions publiques sont prêtes à protéger des vies en cas d’urgence majeure, mais moins de personnes s’attendent à être protégées en cas de crise économique.Parts de la population déclarant différents niveaux de probabilité ou de conviction dans les capacités des institutions publiques à atteindre l’objectif considéré, moyenne de l’OCDE (en %), 2025
Note : Ce graphique présente la moyenne OCDE non pondérée des réponses aux questions suivantes : 1) « En cas d'urgence de grande ampleur, dans quelle mesure les institutions gouvernementales seraient-elles, selon vous, susceptibles d'être prêtes à protéger la vie de la population ?», 2) « Si de nouvelles technologies (p. ex. l’intelligence artificielle) devenaient disponibles, selon vous, dans quelle mesure le gouvernement serait-il susceptible de les réglementer de manière appropriée afin d'aider les entreprises et les individus à les utiliser de manière responsable ? », 3) « En cas de crise économique, dans quelle mesure le gouvernement serait-il à même d’apporter un soutien approprié aux personnes affectées selon vous ? », et 4) « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) que la France parviendra à réduire ses émissions de gaz à effet de serre* au cours des 10 prochaines années ?». S’agissant des réponses, « probable/convaincu(e) » correspond à un niveau de confiance compris entre 6 et 10, « neutre » au niveau 5, et « peu probable/peu convaincu(e) » à un niveau compris entre 1 et 4 ; « ne sait pas » était également une réponse possible. La moyenne de l’OCDE est la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Les individus n’accordent pas seulement de l’importance aux résultats de l’action publique, mais aussi à la façon dont les pouvoirs publics prennent des décisions. Ils attendent des responsables de l’action publique qu’ils fassent preuve d’ouverture et qu’ils soient à l’écoute des retours du public et des différentes parties prenantes, sans céder aux pressions exercées par des groupes d’intérêts particuliers en faveur de mesures susceptibles d’aller à l’encontre de l’intérêt général. En ce qui concerne ces indicateurs, de nombreux pays de l’OCDE peuvent encore réaliser des progrès substantiels : 42 % des personnes interrogées estiment qu’il est probable que les pouvoirs publics tiennent compte des meilleures données probantes disponibles lorsqu’ils prennent des décisions, une proportion qui est restée stable depuis 2023, et 37 % sont convaincues qu’ils collaborent avec d’autres parties prenantes dans l’optique de relever des défis stratégiques de grande envergure (Graphique 1.7). En comparaison, moins d’un tiers des personnes interrogées estiment probable que les pouvoirs publics refusent de céder aux pressions d’une entreprise souhaitant l’adoption d’une mesure susceptible de nuire à la société dans son ensemble (32 %) ou pensent que des gens comme eux ont leur mot à dire sur l’action publique (31 %). Il convient toutefois de noter que, par rapport à 2023, un nombre légèrement plus élevé de personnes a une opinion favorable de la capacité des pouvoirs publics à résister à cette captation de l’action publique (voir le Graphique 4.8 au chapitre 4).
Graphique 1.7. Seul un tiers environ de la population pense que les gens « comme eux » ont leur mot à dire sur l’action publique et que le gouvernement national donne la priorité à l’intérêt général plutôt qu’à des intérêts particuliers
Copier le lien de Graphique 1.7. Seul un tiers environ de la population pense que les gens « comme eux » ont leur mot à dire sur l’action publique et que le gouvernement national donne la priorité à l’intérêt général plutôt qu’à des intérêts particuliersParts respectives de la population déclarant différents niveaux de probabilité ou de conviction dans les capacités des institutions publiques à atteindre l’objectif considéré, moyenne de l’OCDE (en %), 2025
Note : Le graphique présente la moyenne OCDE non pondérée des réponses aux questions suivantes : 1) « Si le gouvernement prend une décision, dans quelle mesure est-il susceptible de s'appuyer sur les meilleures données probantes, statistiques, et recherches disponibles ? », 2) « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) de la capacité du gouvernement national à coopérer avec d’autres acteurs nationaux, tels que les organisations du secteur privé et les syndicats, afin de mieux relever les enjeux de long terme ? », 3) « Dans quelle mesure diriez-vous que le système politique dans votre pays permet aux personnes comme vous d'avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ?», 4) « Si une entreprise promouvait une politique publique qui bénéficiait à son secteur, mais qui pourrait nuire à la société dans son ensemble, dans quelle mesure le gouvernement serait-il susceptible d' accéder à la demande de cette entreprise ? ». S’agissant des réponses, « probable/convaincu(e) » correspond à un niveau de confiance compris entre 6 et 10, « neutre » au niveau 5, et « peu probable/peu convaincu(e) » à un niveau compris entre 1 et 4 ; « ne sait pas » était également une réponse possible. La moyenne de l’OCDE est la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Une majorité de personnes au sein de l’OCDE déclarent être satisfaits des services administratifs et de la protection des données fournie par les institutions publiques. Parmi les usagers récents des services administratifs, ils sont 65 % dans l’ensemble de l’OCDE et 46 % dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE qui ont participé à l’enquête à se déclarer satisfaits de ceux-ci (Graphique 1.8). La part de la population générale qui se dit satisfaite a également augmenté, passant de 64 % en 2021 à 65 % en 2023 et à 67 % en 2025 dans les pays pour lesquels des données sont disponibles pour ces trois années. La satisfaction à l’égard des autres services essentiels est légèrement moins élevée, mais reste en moyenne supérieure à 50 % dans l’ensemble de l’OCDE. Par ailleurs, 52 % des personnes interrogées dans les pays de l’OCDE et 38 % dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE estiment probable que les institutions publiques n’utilisent leurs données personnelles qu’à des fins légitimes.
Graphique 1.8. Dans de nombreux pays de l’OCDE, une majorité de la population se déclare satisfaite des services administratifs et de la protection des données personnelles assurée par les organismes publics
Copier le lien de Graphique 1.8. Dans de nombreux pays de l’OCDE, une majorité de la population se déclare satisfaite des services administratifs et de la protection des données personnelles assurée par les organismes publicsPart des usagers récents des services administratifs qui se déclarent satisfaits des services administratifs et part de la population qui estime probable que les organismes publics n’utilisent les données à caractère personnel qu’à des fins légitimes, 2025
Note : Le graphique présente la part des personnes qui se disent satisfaites ou qui pensent que la situation est probable en réponse aux questions suivantes : « Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous satisfait(e) de la qualité des services administratifs en [PAYS] (p. ex. une demande de pièce d'identité, l'enregistrement d'une naissance ou une demande d'allocations) ?» et « Si vous partagiez vos données à caractère personnel avec un organisme public, selon vous, dans quelle mesure serait-elles susceptibles d'être utilisées exclusivement à des fins légitimes ? ». Les usagers récents sont ceux qui ont répondu par l’affirmative à la question « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous personnellement eu recours à un service administratif en France (p. ex. pour une demande de passeport, l'enregistrement d'une naissance, une demande d'allocations, etc.) ? ». S’agissant des réponses, « Satisfait(e) » correspond à un niveau de satisfaction compris entre 6 et 10, « Neutre » au niveau 5, et « Insatisfait(e) » à un niveau compris entre 0 et 4. La moyenne de l’OCDE est la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques 2025.
Globalement, les déterminants de la confiance envers le gouvernement national sont restés stables par rapport à 2023. Dans l’ensemble de l’OCDE, les perceptions de la manière dont les pouvoirs publics prennent des décisions sur des enjeux complexes de politique publique sont fortement associées au niveau de confiance envers le gouvernement, tandis que les perceptions des interactions du quotidien jouent un rôle beaucoup plus limité (Graphique 1.9) :
Les personnes qui ont le sentiment que leur gouvernement national prend des décisions fondées sur les meilleures connaissances disponibles et concilie les intérêts des générations actuelles et futures sont beaucoup plus enclines à accordent une confiance élevée ou modérément élevée aux pouvoirs publics. L’amélioration du sentiment des individus qu’ils ont leur mot à dire sur l’action publique, et de leur opinion de la coopération des pouvoirs publics avec d’autres parties prenantes dans l’optique de résoudre des problèmes et du soutien qu’ils apportent aux personnes affectées en période de crise économique, sont également associées à des niveaux de confiance sensiblement plus élevés. Parmi les autres facteurs liés à la gouvernance qui sont associés à une plus grande propension à faire confiance au gouvernement national, citons le fait d’avoir une opinion favorable de la capacité des pouvoirs publics à résister au lobbying exercé par les entreprises et susceptible de nuire à l’intérêt général, de communiquer clairement sur les répercussions d’une réforme d’envergure, d’adapter les mesures aux résultats des consultations publiques et aux préférences de la majorité, ainsi que leur préparation à protéger la vie des citoyens en cas de situation d’urgence. L’opinion de la population en rapport avec la capacité du corps législatif national de concilier les intérêts des différents groupes et de demander des comptes à l’exécutif est également un facteur déterminant.
Les personnes dont le niveau de satisfaction à l’égard des services administratifs est supérieur à la moyenne, celles qui estiment probable que les organismes publics utilisent les données personnelles à des fins légitimes, et celles qui pensent que leur demande de prestations et de services publics serait traitée de manière équitable sont également légèrement plus enclines à accorder une confiance élevée ou modérément élevée au gouvernement national.
Graphique 1.9. Les déterminants de la confiance dans le gouvernement national
Copier le lien de Graphique 1.9. Les déterminants de la confiance dans le gouvernement nationalDéterminants relevant de la gouvernance publique qui présentent une relation statistiquement significative avec la confiance dans le gouvernement national, OCDE, 2025
Guide de lecture : Ce graphique présente un ensemble d’informations issues de l’analyse de régression de la confiance dans les administrations nationales par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique et aux variables de contrôle, ainsi que l’écart de la perception moyenne du déterminant correspondant par rapport à un seuil de 80 %. Les déterminants qui présentent la plus forte corrélation positive avec la confiance et pour lesquels en moyenne seule une faible part de la population des pays de l’OCDE a une perception positive peuvent avoir un plus fort impact potentiel sur la confiance, dans la mesure où ils offrent une importante marge d’amélioration et où cette amélioration s’accompagnerait vraisemblablement d’une augmentation des niveaux de confiance. D’autre part, les déterminants présentant une faible corrélation positive avec la confiance et pour lesquels les perceptions sont déjà plutôt positives dans les pays de l’OCDE ont une moindre probabilité de contribuer à des améliorations substantielles de la confiance. Néanmoins, tous les déterminants mentionnés dans ce graphique sont statistiquement significatifs, aussi toute amélioration dans les domaines correspondants peut-elle contribuer à renforcer la confiance.
Note : Ce graphique présente les déterminants statistiquement significatifs de la confiance dans le gouvernement national, obtenus à l’aide de régressions logistiques de la confiance par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique. Les analyses tiennent compte des caractéristiques individuelles, par exemple si la personne a voté ou aurait voté pour l’un des partis actuellement au pouvoir, ainsi que des niveaux autodéclarés de confiance interpersonnelle, et des effets fixes par pays. Toutes les variables représentées sont statistiquement significatives au seuil de 1 %. Les effets marginaux moyens estimés sur lesquels repose ce graphique sont présentés dans le Tableau A.4, colonne (1), à l’annexe A.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête, les liens constatés sont similaires (voir le Tableau A.4, colonne (4), à l’annexe A). La perception des individus quant au fait que les décisions prises reposent sur les meilleures données disponibles est, de loin, le déterminant le plus important de la confiance dans le gouvernement national, suivi par leur perception de la capacité des pouvoirs publics de concilier les intérêts des générations actuelles et futures. La perception qu’ont les individus d’autres aspects de la prise de décision concernant des enjeux stratégiques complexes, du fait qu’ils aient ou non leur mot à dire sur l’action publique, du rôle du corps législatif dans la responsabilisation de l’exécutif et la prise en compte des besoins des différents groupes, de la préparation aux situations d’urgence à grande échelle, de la régulation appropriée des nouvelles technologies et de la clarté des explications fournies sur les réformes majeures a également son importance. Comme c’est le cas dans les pays de l’OCDE, l’opinion de la population sur ses interactions quotidiennes avec les pouvoirs publics a une influence moins marquée, la satisfaction à l’égard des services administratifs et l’accès à l’information sur ceux-ci étant les deux seuls déterminants de ce type ayant un lien statistiquement significatif avec la confiance dans le gouvernement national.
Les résultats enregistrés respectivement dans les pays de l’OCDE et dans les pays candidats à l’adhésion confirment ainsi les conclusions de la première Enquête de l’OCDE sur la confiance menée en Amérique latine et dans les Caraïbes (OCDE, 2025[13]) : bien qu’il existe en moyenne des différences dans la perception qu’ont les citoyens des pays de l’OCDE et des pays non Membres de l’OCDE concernant divers déterminants relevant de la gouvernance publique, le lien entre ces perceptions et la confiance dans les institutions publiques est sensiblement le même. Cela signifie que les enseignements à tirer en matière de mesures stratégiques susceptibles de renforcer la confiance peuvent s’appliquer à différentes démocraties. Néanmoins, les résultats obtenus varient d’un pays à l’autre.
1.4.2. Les variations significatives du niveau de confiance à l’égard du gouvernement national sont liées à l’évolution des perceptions de la prise de décision sur des enjeux stratégiques complexes
Une analyse de décomposition des données de l’enquête, réalisée dans chaque pays, permet d’expliquer comment les variations des niveaux de confiance sont liées à l’évolution de trois facteurs clés : les perceptions de la gouvernance publique, les caractéristiques socio-économiques et l’appartenance politique (sur la base du soutien électoral passé accordé à l’administration en place).
Cette analyse (Graphique 1.10), réalisée séparément pour chaque pays, est présentée pour les pays où les niveaux de confiance ont évolué d’au moins quatre points de pourcentage entre 2023 et 2025. Elle montre que dans tous les pays concernés, excepté la Norvège et l’Espagne (qui ne figurent pas dans le graphique7), les changements dans la perception de la gouvernance publique et dans les variables liées aux caractéristiques personnelles comptent pour au moins 40 % des variations constatées en lien avec la confiance. Il est intéressant de noter qu’au Royaume-Uni, la variation de la part de la population exprimant une confiance élevée ou modérément élevée est moins importante que ne le laisseraient présager les déterminants sous-jacents de la confiance8 ; en d’autres termes, au vu de l’évolution des perceptions concernant la gouvernance publique, on aurait pu s’attendre à ce que le niveau de confiance soit plus élevé.
Graphique 1.10. L’évolution de la perception des déterminants liés à la gouvernance publique relevant de la prise de décisions complexes compte pour la plus grande part des variations des niveaux de confiance dans le gouvernement national
Copier le lien de Graphique 1.10. L’évolution de la perception des déterminants liés à la gouvernance publique relevant de la prise de décisions complexes compte pour la plus grande part des variations des niveaux de confiance dans le gouvernement nationalPart de la variation du nombre de personnes ayant une confiance élevée ou modérément élevée qui peut s’expliquer par l’évolution des perceptions de la gouvernance publique, en 2023 et 2025
Guide de lecture : Ce graphique indique dans quelle mesure l’évolution, entre les cycles 2023 et 2025, de la part moyenne des habitants d’un pays ayant une confiance élevée ou modérément élevée peut s’expliquer par l’évolution des perceptions des déterminants liés à la gouvernance publique, des variations des caractéristiques personnelles ou de l’appartenance politique. Par exemple, le nombre 50 indique que les évolutions de ces variables comptent pour la moitié de la variation de la part de la confiance effectivement observée. Un nombre supérieur à 100 indique que le changement observé est moins important que ne le laisseraient supposer les évolutions des perceptions. Un nombre négatif, comme celui observé par exemple concernant la perception des valeurs affichées dans le cadre des interactions quotidiennes au Chili, au Portugal, en République slovaque et au Royaume-Uni, indique que la tendance en matière de perception des déterminants associés va dans le sens inverse de l’évolution de la confiance à l’égard du gouvernement national.
Note : Estimation obtenue par la méthode de décomposition de Blinder-Oaxaca à deux facteurs. Le modèle utilisé est une régression logistique de la confiance envers le gouvernement national (notée 0 pour les réponses comprises entre 0 et 4 et 1 pour celles comprises entre 6 et 10), en fonction des variables standardisées relatives aux déterminants liés à la gouvernance publique, des variables démographiques et socio-économiques (âge, âge au carré, niveau d’études, genre) et du fait que la personne ait ou non voté pour l’administration nationale lors des dernières élections. Le modèle est utilisé séparément pour chaque pays. Les décompositions sont effectuées séparément pour chaque pays répertorié. Le Tableau A1 à l’annexe A présente la répartition des déterminants liés à la gouvernance publique entre les compétences et valeurs affichées dans les interactions quotidiennes et celles liées à la prise de décision sur des enjeux stratégiques complexes.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2023 et 2025.
Si les évolutions des perceptions liées à la gouvernance publique qui influencent le plus la confiance varient d’un pays à l’autre9, certaines tendances se dégagent :
Tout d’abord, les variations des niveaux de confiance sont bien plus étroitement liées à l’évolution de la perception moyenne de la prise de décision en rapport avec des enjeux stratégiques complexes qu’aux interactions quotidiennes.
Ensuite, en moyenne dans les différents pays, les variations de la perception de la réactivité et de la fiabilité des institutions publiques en matière de décisions complexes expliquent en moyenne une part légèrement plus importante des évolutions de la confiance que les variations de la perception de l’équité, de l’intégrité et de la transparence de ces institutions en rapport avec ces décisions.
Troisièmement, parmi les différentes perceptions du degré d’intégrité, de transparence et d’équité dont font preuve les institutions publiques lorsqu’elles prennent des décisions complexes, ce sont surtout les changements dans la perception de l’équité qui influent sur les niveaux globaux de confiance.
Collectivement, ces résultats laissent penser que certaines perceptions de la gouvernance publique, notamment celles concernant la fiabilité et la capacité de tenir compte des retours, mais aussi le degré d’équité dont le public estime que les institutions font preuve lorsqu’elles abordent des enjeux stratégiques complexes et à long terme, peuvent faire évoluer relativement rapidement le niveau de confiance à l’égard du gouvernement national. Ce constat corrobore l’analyse des déterminants de la confiance menée au fil des ans. Renforcer la confiance prend du temps, mais en investissant dans ces domaines, les administrations nationales pourraient réaliser des progrès plus rapides. Dans le cas des autorités locales, entre autres institutions, ces évolutions sont vraisemblablement dictées par d’autres déterminants, comme exposé dans les sections suivantes.
1.5. Niveaux de confiance et déterminants de celle-ci dans d’autres institutions publiques
Copier le lien de 1.5. Niveaux de confiance et déterminants de celle-ci dans d’autres institutions publiquesLes données recueillies au fil du temps dans le cadre de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance indiquent que dans les pays démocratiques, les gens ont tendance à accorder le plus de confiance aux institutions chargées du maintien de la sécurité et de l’application de la loi. À l’inverse, ce sont les institutions politiques, en particulier les partis politiques, qui inspirent le moins confiance. Les institutions avec lesquelles les citoyens sont les plus susceptibles d’interagir au quotidien, notamment les autorités locales et la fonction publique, se situent dans la moyenne (Graphique 1.11). Loin d’être un échec de la gouvernance démocratique, cette tendance est prévisible et peut être considérée comme le signe d’une « confiance sceptique » : les administrés des pays démocratiques examinent de manière critique si les institutions publiques répondent à leurs attentes et estiment que les institutions chargées d’assurer les services essentiels ainsi que l’ordre public satisfont ces attentes de manière plus constante que celles où se tiennent les débats politiques.
La confiance accordée aux différentes institutions publiques au sein d’un même pays évolue généralement en tandem, mais on observe souvent des variations plus marquées en matière de confiance envers le gouvernement national que dans les autres institutions.
Graphique 1.11. Une majorité a une confiance élevée ou modérément élevée dans les institutions judiciaires et de sécurité
Copier le lien de Graphique 1.11. Une majorité a une confiance élevée ou modérément élevée dans les institutions judiciaires et de sécuritéPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans les différentes institutions publiques et les médias, OCDE, 2025
Note : Ce graphique présente la moyenne OCDE non pondérée des réponses à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance à chacune des institutions suivantes ?». Il indique le pourcentage de personnes qui déclarent une confiance élevée ou modérément élevée, c’est-à-dire qui ont donné une réponse comprise entre 6 à 10 sur une échelle de 0 à 10. La moyenne de l’OCDE ne prend pas en compte tous les pays car certaines institutions n’existent pas dans chacun d’eux.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
La section suivante présente les niveaux de confiance actuels à l’égard des institutions chargées de l’application de la loi et du maintien de l’ordre, d’une part, et de la fonction publique et des autorités locales, d’autre part. Par ailleurs, elle examinera les déterminants de la confiance dans la fonction publique nationale et les autorités locales. Les niveaux et les déterminants de la confiance dans les corps législatifs nationaux (les parlements et les congrès) seront analysés dans le détail au Chapitre 7.
1.5.1. En règle générale, ce sont la police, le système judiciaire et les forces armées qui inspirent la plus grande confiance
Dans les pays de l’OCDE, la population affiche une confiance constante et élevée envers la police. La part des personnes ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans la police s’élève à 63 % dans l’ensemble de l’OCDE (Graphique 1.12). Celle-ci est restée relativement stable depuis 2021 et 2023. Cela vaut aussi bien pour l’échantillon de 20 pays inclus dans les trois cycles d’enquête que pour les 29 pays inclus dans les cycles de 2023 et 2025. Dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête, 42 % des personnes interrogées font confiance à la police, une proportion nettement supérieure à celle des personnes qui font confiance au gouvernement national.
En moyenne, deux tiers (66 %) des personnes interrogées dans les pays de l’OCDE accordent une confiance élevée ou modérément élevée aux forces armées (Graphique 1.12), une institution dont on mesure la cote de confiance pour la première fois dans le cadre de cette édition de l’Enquête sur la confiance. Au sein de l’OCDE et parmi les pays candidats à l’adhésion, la République slovaque (47 %) et la Bulgarie (36 %) sont les pays où la part de la population faisant confiance aux forces armées est la plus faible. Ailleurs, au moins une personne adulte sur deux fait confiance aux forces armées. En Finlande, cette proportion atteint même neuf personnes sur dix (91 %).
La confiance dans les tribunaux et le système judiciaire est nettement moins élevée, bien qu’elle reste supérieure à celle accordée à d’autres institutions publiques, et varie davantage d’un pays à l’autre. En moyenne, 54 % des personnes interrogées dans l’OCDE font état d’une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard des tribunaux (Graphique 1.12). Au Danemark (77 %) et en Norvège (76 %), plus de trois personnes sur quatre font confiance aux tribunaux, tandis qu’au Chili, elles sont moins d’une sur quatre (24 %). La confiance dans le système judiciaire reste relativement stable dans le temps, augmentant d’un point de pourcentage entre chaque cycle d’enquête. Dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participant à l’Enquête, 31 % des personnes interrogées accordent une confiance élevée ou modérément élevée aux tribunaux.
Graphique 1.12. Dans de nombreux pays, la police, les tribunaux et les forces armées sont les institutions publiques qui inspirent la plus grande confiance
Copier le lien de Graphique 1.12. Dans de nombreux pays, la police, les tribunaux et les forces armées sont les institutions publiques qui inspirent la plus grande confiancePart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans l’institution correspondante, 2025
Note : Ce graphique présente la part des réponses indiquant une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de l’institution correspondante à la question « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance à chacune des institutions suivantes ? ». La part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée correspond au pourcentage de personnes qui donnent une réponse comprise entre 6 et 10 sur une échelle de 0 à 10. La moyenne de l’OCDE est la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
1.5.2. Les autorités locales inspirent une bien plus grande confiance que le gouvernement national
En moyenne dans les pays de l’OCDE, 46 % des personnes ont une confiance élevée ou modérément élevée dans les autorités locales, un pourcentage supérieur de six points à celui de la confiance accordée au gouvernement national (Graphique 1.13). Dans quelques pays, à savoir au Canada, au Costa Rica, en Irlande et en Slovénie, les deux institutions inspirent une confiance presque équivalente. En Corée, en Islande, au Mexique et en Norvège, plus de personnes accordent une confiance élevée ou modérément élevée au gouvernement national qu’aux autorités locales. Toutefois, dans tous les autres pays, y compris les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’enquête, les autorités locales inspirent une plus grande confiance que le gouvernement national. L’écart peut être considérable : en France, par exemple, le niveau de confiance à l’égard des autorités locales est supérieur de trente points de pourcentage à celui dont bénéficie le gouvernement national.
Graphique 1.13. En règle générale, les autorités locales et la fonction publique nationale inspirent une plus grande confiance que le gouvernement national
Copier le lien de Graphique 1.13. En règle générale, les autorités locales et la fonction publique nationale inspirent une plus grande confiance que le gouvernement nationalPart de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans l’institution correspondante, 2025
Note : Ce graphique présente la part des réponses indiquant une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de l’institution correspondante à la question « Sur une échelle de 0 à 10, (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance à chacune des institutions suivantes ? ». La part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée correspond au pourcentage de personnes qui donnent une réponse comprise entre 6 et 10 sur une échelle de 0 à 10. La moyenne de l’OCDE est la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
La confiance moyenne dans les autorités locales est restée stable dans les 29 pays ayant participé aux enquêtes de 2023 et 2025 (Graphique 1.14. ), tandis qu’elle a légèrement augmenté dans les 20 pays qui participent à l’Enquête sur la confiance depuis 2021. Des hausses supérieures à deux points de pourcentage ont été observées en Allemagne, en Corée, en Espagne, en Finlande, en Irlande, en Islande, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, en Suède et en Suisse, de même qu’au Brésil (en 2022). Au Japon, la confiance dans les autorités locales a progressé de douze points de pourcentage par rapport à 2021. Des reculs de plus de deux points de pourcentage sont observés en Belgique, au Canada, au Chili, en France, en Grèce, en Norvège, en République slovaque et en Slovénie.
Dans les deux tiers des pays ayant participé à l’enquête tant en 2023 qu’en 2025, les variations des niveaux de confiance envers les autorités locales ont été très similaires à celles de la confiance envers le gouvernement national ou moins marquées. En Allemagne, au Danemark, en Finlande, en Irlande et en Suisse, la proportion de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans les autorités locales a augmenté, tandis que celle qui fait confiance au gouvernement national est restée relativement stable ou a légèrement diminué. Au Canada, en Grèce et en Slovénie, le recul de la confiance accordée aux autorités locales contrastait avec la stabilité ou le recul moins marqué de la confiance accordée au gouvernement national. Enfin, en Norvège, la confiance à l’égard du gouvernement national a enregistré une hausse sensible, tandis que celle accordée aux autorités locales a légèrement diminué.
Graphique 1.14. La confiance dans les autorités locales et la fonction publique est stable
Copier le lien de Graphique 1.14. La confiance dans les autorités locales et la fonction publique est stableRépartition des niveaux de confiance dans les autorités locales et la fonction publique nationale, OCDE-20
Note : Ce graphique présente la part de personnes qui ont fourni une réponse de 6 à 10 à la question « Sur une échelle de 0 à 10, (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance à chacune des institutions suivantes ? » OCDE-20 correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées des vingt pays ayant participé aux trois cycles d’enquête. En 2021, le questionnaire ne faisait pas de distinction entre la fonction publique nationale et la fonction publique régionale ou locale.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Les déterminants liés à la gouvernance publique qui sont associés à une plus grande propension à faire confiance aux autorités locales correspondent à un ensemble de perceptions liées aux interactions quotidiennes et à la prise de décision sur des enjeux stratégiques complexes ; toutefois, l’ouverture aux commentaires des citoyens concernant les enjeux locaux est de loin le déterminant le plus important (Graphique 1.15) :
Les personnes qui estiment plus probable de pouvoir exprimer leur opinion sur une action concernant leur propre communauté sont six points de pourcentage plus enclines à faire confiance aux autorités locales.
Le sentiment de bénéficier d’un traitement équitable lors des demandes de prestations ou de services publics, ainsi que la perception que les données personnelles font l’objet d’une utilisation légitime, tout comme la satisfaction à l’égard des services administratifs et de la capacité d’accéder aux informations se rapportant à soi, sont également étroitement liés à la confiance accordée aux autorités locales.
Les personnes qui estiment probable que les décisions des pouvoirs publics reposent sur des données factuelles et une collaboration avec d’autres parties prenantes, que des gens comme elles aient leur mot à dire sur l’action publique et que les institutions soient prêtes à protéger la vie des citoyens en cas de situation d’urgence de grande ampleur sont également plus enclines à accorder une confiance élevée ou modérément élevée aux autorités locales.
Graphique 1.15. Les déterminantes de la confiance envers les autorités locales
Copier le lien de Graphique 1.15. Les déterminantes de la confiance envers les autorités localesDéterminants relevant de la gouvernance publique qui présentent une relation statistiquement significative avec la confiance dans les autorités locales, OCDE, 2025
Guide de lecture : Ce graphique présente un ensemble d’informations issues de l’analyse de régression de la confiance dans l’administration locale par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique et aux variables de contrôle, ainsi que l’écart de la perception moyenne du déterminant correspondant par rapport à un seuil de 80 %. Les déterminants qui présentent la plus forte corrélation positive avec la confiance dans l’institution correspondante et pour lesquels en moyenne seule une faible part de la population des pays de l’OCDE a une perception positive peuvent avoir un plus fort impact potentiel sur la confiance, dans la mesure où ils offrent une importante marge d’amélioration et où cette amélioration s’accompagnerait vraisemblablement d’une augmentation des niveaux de confiance. D’autre part, les déterminants présentant une faible corrélation positive avec la confiance et pour lesquels les perceptions sont déjà plutôt positives dans les pays de l’OCDE ont une moindre probabilité de contribuer à des améliorations substantielles de la confiance. Néanmoins, tous les déterminants mentionnés dans ce graphique sont statistiquement significatifs, aussi toute amélioration dans les domaines correspondants peut-elle contribuer à renforcer la confiance.
Note : Ce graphique présente les déterminants statistiquement significatifs de la confiance dans l’administration locale, obtenus à l’aide de régressions logistiques de la confiance par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique. Les analyses tiennent compte des caractéristiques individuelles, par exemple si la personne a voté ou aurait voté pour l’un des partis actuellement au pouvoir, ainsi que des niveaux autodéclarés de confiance interpersonnelle, et des effets fixes par pays. Toutes les variables représentées sont statistiquement significatives au seuil de 1 %. Les effets marginaux moyens estimés sur lesquels repose ce graphique sont présentés dans le Tableau A.5, colonne (9), à l’annexe A.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
De manière générale, on observe les mêmes tendances lorsqu’on analyse les déterminants de la confiance dans les autorités locales dans l’ensemble des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE. Cependant, la disponibilité des informations sur les services administratifs est plus étroitement liée à un niveau de confiance élevé ou modérément élevé ; en revanche, la perception de la capacité des services publics à tenir compte des retours n’est pas significativement liée à la confiance dans les autorités locales dans ces pays (voir le Tableau A.5, colonne (10), à l’annexe A).
1.5.3. Une plus grande part de la population fait plus confiance à la fonction publique nationale qu’au gouvernement national
La part de la population de l’OCDE qui fait confiance à la fonction publique nationale est comparable à celle qui fait confiance aux autorités locales (Graphique 1.13) : 45 % des personnes interrogées ont une confiance élevée ou modérément élevée dans celles-ci, 18 % ont une opinion neutre et 34 % n’ont pas ou peu confiance. La part des personnes qui accordent une confiance élevée ou modérément élevée envers la fonction publique est nettement plus faible dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE. C’est en Finlande et en Islande que la population fait le plus confiance à la fonction publique, où 68 % des adultes lui accordent leur confiance ; en Australie, en Irlande, en Nouvelle-Zélande et en Suisse, la confiance dans la fonction publique nationale est également égale ou supérieure à 60 %.
Dans les pays où les personnes interrogées ont été sondées au sujet de la fonction publique régionale ou locale, la cote de confiance dont bénéficient ces dernières est généralement équivalente à celle de la fonction publique nationale, à un ou deux points de pourcentage près. Les exceptions sont le Canada, où davantage de personnes font confiance à la fonction publique nationale, ainsi que le Costa Rica, la République slovaque et la Suisse, où davantage de personnes font confiance à la fonction publique régionale. Toutefois, même dans ces pays, les écarts se situent généralement entre 3 et 4 points de pourcentage. Il n’y a qu’en Finlande et en Nouvelle-Zélande que l’on observe des écarts de 16 et 12 points de pourcentage en faveur de la fonction publique nationale.
Les tendances en matière de confiance dans la fonction publique nationale entre 2023 et 2025 suivent généralement celles observées en matière de confiance dans le gouvernement national, même si les fluctuations de la confiance dans la fonction publique sont généralement moins marquées. Toutefois, en France, la différence est particulièrement prononcée. Que l’on examine l’échantillon des 20 pays ayant participé de manière continue de 2021 à 2025 ou celui des 29 pays ayant participé en 2023 et en 2025, la part des personnes exprimant une confiance élevée ou modérément élevée envers la fonction publique nationale, ou au contraire une confiance faible ou nulle à l’égard de celle-ci, est restée relativement stable.
Tout comme pour la confiance accordée aux autorités locales, la confiance dans la fonction publique dépend autant de la perception qu’ont les citoyens de leurs interactions quotidiennes avec les institutions publiques que de la prise de décision des pouvoirs publics en rapport avec des enjeux stratégiques complexes (Graphique 1.16) :
Les personnes qui ont une opinion très positive de la qualité des services administratifs et qui estiment, à un degré supérieur à la moyenne, que leurs données sont utilisées uniquement à des fins légitimes, que les demandes de prestations ou de services publics sont traitées de manière équitable, que les idées novatrices susceptibles d’améliorer les services publics sont adoptées, et que les informations relatives aux services administratifs sont facilement accessibles, sont plus enclines à accorder une confiance élevée ou modérément élevée à la fonction publique nationale.
Les personnes qui jugent plus probable qu’un agent public accorde aux citoyens un « droit à l’erreur » n’affichent qu’une relation très marginalement positive avec la confiance dans la fonction publique. Une personne qui estime cet outcome particulièrement probable n’a qu’1.0 point de pourcentage de probabilité supplémentaire d’avoir une confiance élevée ou modérément élevée dans la fonction publique nationale.
Comme en 2023, les personnes qui estiment que les décisions des pouvoirs publics s’appuient sur les meilleures données disponibles, que les institutions sont prêtes à protéger la vie des citoyens en cas de situation d’urgence de grande ampleur et qu’elles se rendent mutuellement des comptes sont également plus enclines à faire confiance à la fonction publique nationale. Une perception positive de la collaboration des pouvoirs publics avec les autres parties prenantes en vue de résoudre les problèmes, ainsi que de l’adaptation des services aux besoins changeants de la société, est également associée au fait de faire confiance à la fonction publique.
Graphique 1.16. Les déterminants de la confiance dans la fonction publique
Copier le lien de Graphique 1.16. Les déterminants de la confiance dans la fonction publiqueDéterminants relevant de la gouvernance publique qui présentent une relation statistiquement significative avec la confiance dans la fonction publique, OCDE, 2025
Guide de lecture : Ce graphique présente un ensemble d’informations issues de l’analyse de régression de la confiance dans les administrations nationales par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique et aux variables de contrôle, ainsi que l’écart de la perception moyenne du déterminant correspondant par rapport à un seuil de 80 %. Les déterminants qui présentent la plus forte corrélation positive avec la confiance dans l’institution correspondante et pour lesquels en moyenne seule une faible part de la population des pays de l’OCDE a une perception positive peuvent avoir un plus fort impact potentiel sur la confiance, dans la mesure où ils offrent une importante marge d’amélioration et où cette amélioration s’accompagnerait vraisemblablement d’une augmentation des niveaux de confiance. D’autre part, les déterminants présentant une faible corrélation positive avec la confiance et pour lesquels les perceptions sont déjà plutôt positives dans les pays de l’OCDE ont une moindre probabilité de contribuer à des améliorations substantielles de la confiance. Néanmoins, tous les déterminants mentionnés dans ce graphique sont statistiquement significatifs, aussi toute amélioration dans les domaines correspondants peut-elle contribuer à renforcer la confiance.
Note : Ce graphique présente les déterminants statistiquement significatifs de la confiance dans la fonction publique obtenus à l’aide de régressions logistiques de la confiance dans chacune de ces institutions par rapport aux déterminants relevant de la gouvernance publique. Les analyses tiennent compte des caractéristiques individuelles, par exemple si la personne a voté ou aurait voté pour l’un des partis actuellement au pouvoir, ainsi que des niveaux autodéclarés de confiance interpersonnelle, et des effets fixes pays. Toutes les variables représentées sont statistiquement significatives au seuil de 1 %. Les effets marginaux moyens estimés sur lesquels repose ce graphique sont présentés dans le Tableau A.5, colonne (5), à l’annexe A.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
En comparaison avec les déterminants de la confiance dans d’autres institutions, les déterminants de la confiance dans la fonction publique sont plus différenciés dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ayant participé à l’enquête que dans les pays de l’OCDE (voir le Tableau A.5, colonne (6), à l’annexe A). La probabilité de placer une confiance élevée ou modérément élevée dans la fonction publique est plus élevée dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE que dans les pays de l’OCDE, notamment en raison des perceptions positives concernant le potentiel d’innovation des services publics, la préparation aux situations d’urgence, l’accès à l’information sur les services administratifs et le fait d’avoir son mot à dire sur l’action publique. En revanche, dans ces pays, la satisfaction à l’égard des services administratifs et du fait que les données soient utilisées à des fins légitimes sont des facteurs moins révélateurs d’une confiance élevée ou modérément élevée.
1.6. Domaines d’action pour améliorer la confiance
Copier le lien de 1.6. Domaines d’action pour améliorer la confianceEn fonction du pays et des différentes perceptions de la gouvernance publique qui le caractérisent, certaines mesures politiques seront plus susceptibles que d’autres de renforcer la confiance dans les institutions publiques. Les chapitres suivants contiennent des recommandations d’action plus détaillées qui pourraient contribuer à améliorer la perception qu’ont les citoyens des interactions quotidiennes avec les institutions publiques et de la prise de décision des pouvoirs publics concernant des enjeux stratégiques complexes. Les enseignements généraux suivants peuvent être appliqués quelles que soient les spécificités de chaque pays et de chaque institution :
Se concentrer sur les déterminants à fort impact offrant la plus grande marge de progression pour renforcer la confiance envers des institutions spécifiques. Améliorer la qualité des services au quotidien aura davantage d’effet sur la confiance dans la fonction publique et les administrations locales, tandis qu’améliorer les perceptions relatives à l’élaboration des politiques à long terme aura davantage d’effet sur la confiance dans le gouvernement national et les assemblées législatives.
Reconnaître que certaines perceptions de la capacité des pouvoirs publics à prendre les bonnes décisions face à des défis de politique publique complexes et de long terme peuvent évoluer rapidement. Dans les pays où la confiance dans le gouvernement national a fortement changé au cours des deux dernières années, les perceptions de la compétence et de l’équité de la prise de décision sur des sujets complexes ont été le principal facteur explicatif. Continuer d’investir dans les services publics aidera à maintenir les niveaux de confiance, mais il faudra aussi investir à la fois dans le comment (association des personnes et des parties prenantes, transparence, décisions fondées sur des données probantes, communication) et dans le pourquoi (équité) des décisions dans les domaines complexes, afin de contribuer à accroître la confiance dans le gouvernement national et le pouvoir législatif.
Adopter les nouvelles technologies dans le secteur public avec prudence, en veillant au respect des principes du secteur public et en accordant une attention particulière à la communication. Bien que le niveau de confiance dans l’usage des données personnelles par les pouvoirs publics soit relativement élevé (52 % jugent probable que leurs données personnelles ne seront utilisées qu’à des fins légitimes), des investissements devront être réalisés pour communiquer sur la valeur ajoutée de l’utilisation de l’IA dans l’action publique et répondre aux préoccupations liées aux risques.
Investir dans une gouvernance démocratique renouvelée. Les déterminants de la confiance envers les gouvernements nationaux et les assemblées législatives traduisent des attentes croissantes en matière de transparence, de redevabilité et d’équité dans l’élaboration des politiques publiques. Surtout, il existe un groupe important et durable de personnes qui ne se sentent pas écoutées. L’institutionnalisation de mécanismes de participation au-delà des processus représentatifs traditionnels, dans de nombreux pays, devrait y contribuer, mais des investissements sont nécessaires pour garantir que ces mécanismes soient efficients et efficaces, et qu’ils produisent des résultats tangibles dans les décisions de politique publique.
1.7. Aperçu de la suite du rapport
Copier le lien de 1.7. Aperçu de la suite du rapportCe chapitre d’introduction a donné un aperçu de l’état actuel de la confiance vis-à-vis de l’administration et d’autres institutions publiques et de son évolution au fil du temps. Aussi, il a présenté les déterminants de la confiance dans le gouvernement national, la fonction publique et les autorités locales.
De sorte à présenter plus en détail les variations de la confiance d’un pays à l’autre ainsi que les perceptions sous-jacentes concernant les déterminants de la confiance liés à la gouvernance, la suite du rapport est structurée comme suit :
Le Chapitre 2 est consacré aux écarts de confiance envers le gouvernement national entre différents groupes de population ;
Le Chapitre 3 analyse les perceptions au sein des pays Membres de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion concernant leurs interactions quotidiennes avec les institutions publiques, et examine en profondeur le lien entre la satisfaction globale à l’égard des services administratifs et l’évaluation de différents facteurs de qualité ;
Le Chapitre 4 se penche sur la perception qu’ont les citoyens de la prise de décision des pouvoirs publics en rapport avec des enjeux stratégiques complexes et examine leur opinion de la capacité des institutions à réaliser un certain nombre d’objectifs stratégiques complexes et à long terme tout en tenant compte des préférences et des intérêts du public ;
Le Chapitre 5 examine la manière dont les individus perçoivent les incidences potentielles de l’utilisation de l’intelligence artificielle par les institutions publiques ;
Le Chapitre 6 présente les conclusions sur les obstacles à la participation politique et civique, ainsi que sur la manière dont leurs effets sont perçus, afin d’identifier des leviers pour réduire le scepticisme généralisé quant à la capacité du système politique à permettre à la population de peser sur l’action publique;
Le Chapitre 7, pour la première fois depuis le lancement de l’Enquête sur la confiance, examine en détail l’évolution de la confiance dans le corps législatif national au fil du temps et selon les groupes de population, et met en évidence les perceptions de la gouvernance publique les plus étroitement liées aux différents niveaux de confiance à l’égard des parlements et des congrès.
Tableau 1.3. Part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans les différentes institutions publiques et les médias, 2023 et 2025
Copier le lien de Tableau 1.3. Part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans les différentes institutions publiques et les médias, 2023 et 2025|
Country |
Gouvernement national |
Administration régionale |
Administration locale |
Corps législatif |
Parties politiques |
Police |
Fonction publique nationale |
Fonction publique régionale |
Tribunaux et système judiciaire |
Médias |
Organisations internationales |
Forces armées |
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2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
2023 |
2025 |
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Moyenne OCDE |
39% |
40% |
40% |
41% |
45% |
46% |
37% |
37% |
24% |
26% |
63% |
63% |
45% |
46% |
43% |
44% |
54% |
54% |
39% |
40% |
44% |
45% |
66% |
|
|
Moyenne OCDE (2023 & 2025) |
40% |
41% |
40% |
41% |
45% |
46% |
37% |
37% |
25% |
27% |
63% |
63% |
46% |
46% |
43% |
44% |
54% |
55% |
39% |
41% |
44% |
44% |
||
|
Allemagne |
36% |
35% |
41% |
38% |
42% |
45% |
35% |
35% |
26% |
25% |
64% |
64% |
50% |
49% |
50% |
49% |
58% |
58% |
34% |
34% |
37% |
38% |
56% |
|
|
Australie |
46% |
51% |
46% |
51% |
51% |
52% |
43% |
49% |
34% |
40% |
68% |
73% |
50% |
60% |
50% |
58% |
59% |
58% |
41% |
45% |
41% |
44% |
74% |
|
|
Autriche |
29% |
36% |
45% |
33% |
21% |
66% |
48% |
49% |
58% |
30% |
37% |
63% |
||||||||||||
|
Belgique |
47% |
41% |
46% |
42% |
52% |
49% |
42% |
37% |
29% |
27% |
67% |
64% |
49% |
46% |
49% |
46% |
53% |
53% |
52% |
50% |
50% |
46% |
66% |
|
|
Canada |
49% |
50% |
47% |
48% |
54% |
50% |
47% |
50% |
34% |
37% |
67% |
65% |
54% |
51% |
51% |
47% |
63% |
61% |
50% |
52% |
46% |
47% |
67% |
|
|
Chili |
30% |
26% |
29% |
24% |
36% |
33% |
19% |
16% |
14% |
11% |
52% |
49% |
24% |
20% |
23% |
21% |
25% |
24% |
28% |
27% |
31% |
28% |
55% |
|
|
Colombie |
29% |
33% |
30% |
34% |
34% |
23% |
22% |
19% |
15% |
39% |
40% |
27% |
25% |
27% |
26% |
33% |
33% |
39% |
34% |
51% |
43% |
58% |
||
|
Corée |
37% |
51% |
37% |
46% |
35% |
42% |
21% |
34% |
20% |
29% |
42% |
47% |
36% |
41% |
37% |
40% |
34% |
41% |
30% |
34% |
52% |
52% |
50% |
|
|
Costa Rica |
35% |
36% |
34% |
36% |
26% |
22% |
13% |
17% |
48% |
49% |
28% |
31% |
26% |
35% |
44% |
39% |
35% |
37% |
44% |
43% |
||||
|
Danemark |
44% |
44% |
44% |
44% |
47% |
48% |
47% |
45% |
37% |
35% |
69% |
73% |
44% |
43% |
44% |
44% |
75% |
77% |
36% |
37% |
57% |
60% |
70% |
|
|
Espagne |
37% |
43% |
41% |
43% |
44% |
48% |
34% |
37% |
18% |
21% |
61% |
62% |
38% |
45% |
38% |
44% |
45% |
50% |
34% |
37% |
38% |
41% |
66% |
|
|
Estonie |
38% |
37% |
46% |
45% |
27% |
31% |
17% |
18% |
74% |
70% |
49% |
47% |
62% |
61% |
38% |
38% |
44% |
42% |
71% |
|||||
|
Finlande |
47% |
50% |
44% |
56% |
62% |
54% |
54% |
37% |
42% |
87% |
89% |
62% |
69% |
52% |
74% |
75% |
61% |
64% |
59% |
91% |
||||
|
France |
34% |
22% |
44% |
35% |
56% |
52% |
33% |
24% |
18% |
15% |
67% |
65% |
54% |
51% |
55% |
50% |
50% |
45% |
33% |
33% |
39% |
36% |
69% |
|
|
Grèce |
32% |
24% |
34% |
25% |
39% |
28% |
32% |
25% |
17% |
15% |
51% |
44% |
31% |
24% |
32% |
25% |
47% |
39% |
22% |
19% |
37% |
34% |
63% |
|
|
Irlande |
47% |
44% |
42% |
44% |
49% |
46% |
26% |
27% |
70% |
70% |
67% |
64% |
69% |
68% |
47% |
46% |
64% |
57% |
69% |
|||||
|
Islande |
36% |
59% |
42% |
56% |
36% |
52% |
20% |
29% |
73% |
75% |
64% |
68% |
63% |
69% |
48% |
65% |
62% |
51% |
55% |
56% |
||||
|
Italie |
36% |
36% |
38% |
37% |
41% |
41% |
31% |
32% |
19% |
22% |
64% |
64% |
35% |
37% |
34% |
37% |
43% |
44% |
39% |
41% |
42% |
41% |
67% |
|
|
Japon |
46% |
50% |
35% |
29% |
56% |
45% |
46% |
59% |
38% |
43% |
64% |
|||||||||||||
|
Lettonie |
29% |
27% |
41% |
42% |
25% |
23% |
13% |
12% |
52% |
53% |
39% |
37% |
48% |
47% |
37% |
37% |
41% |
41% |
58% |
|||||
|
Lituanie |
36% |
47% |
27% |
19% |
68% |
43% |
40% |
52% |
39% |
50% |
62% |
|||||||||||||
|
Luxembourg |
56% |
55% |
62% |
62% |
57% |
55% |
32% |
35% |
73% |
77% |
57% |
58% |
70% |
73% |
35% |
37% |
43% |
41% |
66% |
|||||
|
Mexique |
54% |
53% |
49% |
48% |
48% |
47% |
43% |
41% |
33% |
34% |
58% |
61% |
55% |
56% |
54% |
54% |
53% |
51% |
50% |
52% |
60% |
64% |
76% |
|
|
Norvège |
48% |
57% |
51% |
48% |
54% |
58% |
36% |
38% |
77% |
78% |
54% |
50% |
77% |
76% |
49% |
47% |
77% |
|||||||
|
Nouvelle-Zélande |
46% |
47% |
43% |
46% |
45% |
48% |
42% |
43% |
32% |
36% |
71% |
71% |
59% |
62% |
46% |
51% |
60% |
64% |
37% |
45% |
38% |
44% |
73% |
|
|
Pays-Bas |
44% |
39% |
49% |
46% |
54% |
54% |
43% |
38% |
37% |
33% |
76% |
73% |
52% |
47% |
52% |
49% |
72% |
70% |
54% |
53% |
52% |
50% |
75% |
|
|
Pologne |
32% |
38% |
44% |
28% |
20% |
46% |
34% |
35% |
38% |
37% |
42% |
65% |
||||||||||||
|
Portugal |
32% |
40% |
32% |
40% |
38% |
43% |
31% |
37% |
18% |
26% |
65% |
68% |
43% |
45% |
41% |
43% |
45% |
49% |
39% |
44% |
48% |
48% |
71% |
|
|
République slovaque |
32% |
23% |
40% |
32% |
40% |
33% |
30% |
21% |
19% |
14% |
40% |
40% |
33% |
33% |
36% |
37% |
31% |
32% |
28% |
24% |
34% |
35% |
47% |
|
|
Royaume-Uni |
29% |
33% |
12% |
36% |
35% |
39% |
24% |
30% |
12% |
24% |
56% |
52% |
45% |
39% |
42% |
39% |
62% |
55% |
19% |
37% |
25% |
38% |
71% |
|
|
Slovénie |
28% |
28% |
38% |
26% |
27% |
25% |
14% |
14% |
52% |
50% |
30% |
30% |
36% |
33% |
41% |
43% |
26% |
25% |
35% |
33% |
49% |
|||
|
Suède |
43% |
42% |
44% |
45% |
42% |
46% |
46% |
44% |
31% |
31% |
70% |
69% |
42% |
41% |
41% |
39% |
64% |
65% |
45% |
46% |
44% |
43% |
71% |
|
|
Suisse |
62% |
62% |
60% |
64% |
63% |
68% |
56% |
61% |
38% |
49% |
75% |
77% |
56% |
62% |
58% |
65% |
69% |
72% |
40% |
52% |
44% |
55% |
69% |
|
|
République tchèque |
19% |
30% |
44% |
20% |
14% |
60% |
34% |
38% |
50% |
27% |
31% |
|||||||||||||
|
Brésil |
38% |
40% |
41% |
32% |
20% |
58% |
41% |
41% |
45% |
43% |
49% |
60% |
||||||||||||
|
Bulgarie |
16% |
20% |
26% |
13% |
10% |
25% |
15% |
18% |
20% |
21% |
29% |
36% |
||||||||||||
|
Croatie |
24% |
25% |
30% |
22% |
12% |
48% |
27% |
29% |
29% |
22% |
37% |
59% |
||||||||||||
|
Pérou |
20% |
23% |
29% |
15% |
17% |
32% |
19% |
26% |
23% |
37% |
43% |
50% |
||||||||||||
|
Roumanie |
30% |
34% |
39% |
25% |
18% |
46% |
29% |
33% |
36% |
35% |
42% |
62% |
||||||||||||
Note : Ce tableau présente la part de la population ayant une confiance élevée ou modérément élevée dans les différentes institutions publiques et les médias, 2023 et 2025 La moyenne de l’OCDE fait référence à l’ensemble des pays de l’OCDE étudiés au cours de l’année considérée, tandis que la moyenne de l’OCDE (2023, 2025) fait référence aux pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles en 2023 et 2025.
Références
[3] Brezzi, M. et al. (2021), « An updated OECD framework on drivers of trust in public institutions to meet current and future challenges », Documents de travail de l’OCDE sur la gouvernance publique, n° 48, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b6c5478c-en.
[11] OCDE (2026), « Implementing budgetary reforms in Greece: Performance budgeting, spending reviews and green budgeting », OECD Papers on Budgeting, n° 2026/04, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/75348f67-en.
[12] OCDE (2026), Perspectives de l’OCDE sur l’intégrité et la lutte contre la corruption 2026 : Faire de l’intégrité un atout stratégique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9b8b4cae-fr.
[1] OCDE (2025), Gouverner avec l’intelligence artificielle : État des lieux et perspectives pour les fonctions essentielles de l’État, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6816434b-fr.
[13] OCDE (2025), OECD Survey on Drivers of Trust in Public Institutions in Latin America and the Caribbean 2025 Results, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ea3385cf-en.
[2] OCDE (2025), Panorama des administrations publiques 2025, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/758a7905-fr.
[8] OCDE (2024), Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques – Résultats 2024 : Instaurer la confiance dans un contexte complexe, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/80ddd09b-fr.
[9] OCDE (2024), OECD Economic Surveys: Greece 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a35a56b6-en.
[7] OCDE (2021), Drivers of Trust in Public Institutions in Finland, Building Trust in Public Institutions, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/52600c9e-en.
[5] OCDE (2017), OECD Guidelines on Measuring Trust, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264278219-en.
[4] OCDE (2017), Trust and Public Policy: How Better Governance Can Help Rebuild Public Trust, Examens de l’OCDE sur la gouvernance publique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264268920-en.
[6] OCDE/KDI (2018), Understanding the Drivers of Trust in Government Institutions in Korea, Building Trust in Public Institutions, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264308992-en.
[10] Tufis, C., L. Ghica et B. Radu (2024), Long-Term trends of Political Trust Dynamics (1980-2023), Harvard Dataverse, V1, https://doi.org/10.7910/DVN/7ETG2Q.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Contrairement à la plupart des moyennes présentées dans ce rapport, cette moyenne ne correspond pas à la moyenne par pays non pondérée calculée à partir des moyennes nationales pondérées (c’est-à-dire la moyenne de la part de la population de chaque pays), il s’agit d’une moyenne pondérée de l’ensemble de l’échantillon. Cela s’explique par le fait que moins de 2 % des personnes interrogées ont indiqué avoir vécu cette situation au cours de l’année écoulée. Dans certains pays, cette part est très inférieure à 1 %. Les données statistiques ne sont donc pas suffisamment précises pour permettre de calculer une moyenne par pays non pondérée.
← 2. Dans le cadre de l’Enquête, le nom des institutions a été adapté aux contextes nationaux. Par exemple, plutôt que d’interroger les personnes sondées sur leur confiance dans « le gouvernement national», la question porte sur le « gouvernement fédéral » dans les systèmes fédéraux, sur le « gouvernement central » en Bulgarie, en Croatie, au Costa Rica, en Lituanie, en Grèce et en Nouvelle-Zélande, ou simplement sur le « gouvernement » ou le « gouvernement du/de la [PAYS] » dans les pays où cette formulation est plus facilement comprise par les personnes sondées. Les questions portant sur d’autres institutions ont été adaptées de la même manière. Par exemple, selon les contextes, les autorités locales sont désignées sous différentes appellations : conseil local, municipalité, administration autonome, administration municipale ou gouvernement municipal.
← 3. Étant donné que la plupart des pays candidats à l’adhésion ayant pris part à l’Enquête ont participé pour la première fois à celle-ci à compter du cycle de 2025, ils sont exclus de cet examen des tendances au fil du temps.
← 4. Vingt pays ont participé aux enquêtes de 2021 et 2023, mais pour deux d’entre eux (le Mexique et la Nouvelle-Zélande), la variable « confiance dans le gouvernement national» était absente du cycle de 2021.
← 5. Dans l’Enquête sur la confiance 2021, la question relative à la confiance dans le gouvernement national a suscité au Japon une part importante de réponses neutres et de non-réponses. La formulation a donc été modifiée, passant de 中央政府 en 2021 à 国の行政機関 en 2025.
← 6. Les données associées au cycle 2021 ont été recueillies au Brésil en avril 2022 au moyen d’un questionnaire 2021 de l’Enquête sur la confiance ajusté.
← 7. En Espagne, la décomposition ne permet d’expliquer que 23 % des variations observées dans la proportion de personnes ayant une confiance élevée ou modérément élevée. En outre, les perceptions des valeurs affichées dans les interactions quotidiennes et des compétences montrées dans la prise de décisions complexes laissent penser que les niveaux de confiance ont suivi une évolution inverse à celle constatée.
← 8. Il en va de même en Australie, lorsqu’on tient compte des variations des caractéristiques démographiques, notamment selon que les personnes ont ou auraient ou non voté pour le parti actuellement au pouvoir. De plus, l’évolution des perceptions concernant les valeurs démontrées dans les interactions quotidiennes et les compétences en matière de décisions complexes va à l’encontre de l’évolution constatée en matière de confiance.
← 9. Les pays dont les niveaux de confiance ont connu des variations relativement faibles entre 2023 et 2025, c’est-à-dire des variations inférieures à quatre points de pourcentage, ont été exclus de cette analyse. En effet, dans ces pays, de légères variations dans les perceptions peuvent entraîner des fluctuations disproportionnées des niveaux de confiance attendus, ce qui limite la pertinence des conclusions tirées de l’analyse.