La violence politique ne cesse de progresser en Afrique du Nord et de l’Ouest. Ces dix dernières années, les affrontements entre forces gouvernementales et milices locales, groupes rebelles et organisations extrémistes ont ainsi fait plus de 100 000 morts. Les conflits sont devenus plus violents, prenant de plus en plus pour cible les civils, en particulier dans les zones rurales et frontalières où le pouvoir et les infrastructures de l’État sont depuis longtemps déficients. Des centaines d’acteurs aux objectifs divergents sont impliqués, et leurs relations complexes ont de profondes répercussions sur la résolution des conflits et leur géographie. Ce rapport montre que les organisations violentes ne peuvent être appréhendées isolément, car elles s’inscrivent dans un réseau de conflit.
Plus étendus que jamais, les conflits se propagent par-delà les frontières nationales, suscitant l’instabilité dans de nombreux États. Cette nature transfrontalière des conflits rend aujourd’hui plus complexe le rôle des gouvernements dans leur résolution. Groupes rebelles et organisations extrémistes peuvent en effet opérer dans un pays et en utiliser un autre comme refuge pour l’entraînement et le recrutement, développant ainsi des relations divergentes avec des forces gouvernementales voisines. Comprendre ces relations complexes entre les acteurs en conflit, ainsi que leur évolution au fil du temps, apparaît donc comme un préalable à la possibilité d’une stabilité politique à long terme dans la région.