Les sécheresses progressent sans bruit, mais avec des effets souvent plus dévastateurs et plus étendus que les tempêtes ou les inondations soudaines. En 2021, elles ont causé plus d’un milliard USD de pertes agricoles en Californie. En 2024, la persistance d’un temps sec a provoqué de graves pénuries d’eau en Amérique centrale et mis à l’arrêt le trafic maritime sur une route commerciale majeure de la planète, le canal de Panama. Le trop faible étiage des cours d’eau et réservoirs de la région y a stoppé la production d’hydroélectricité, ce qui a contraint les pays à remettre en route leurs polluantes centrales à charbon. C’est en Afrique que le bilan humain de la sécheresse reste le plus lourd : à cause des conditions de sécheresse extrêmes, 23 millions de personnes y étaient en situation d’insécurité alimentaire grave en 2023.
Sous l’effet du changement climatique, une superficie terrestre plus importante est exposée à la sécheresse, et les populations et les économies pâtissent plus durement de ses conséquences. À la variabilité accrue des précipitations s’ajoute l’élévation des températures, ce qui accélère l’évaporation et entraîne une diminution de l’humidité des sols et un épuisement des ressources en eau douce. D’après nos estimations, le coût économique d’un épisode moyen de sécheresse a été multiplié par six depuis 2000 et il devrait croître encore d’au moins 35 % d’ici à 2035.
Face à ces risques grandissants, il est urgent que les pays s’adaptent en amont sans attendre d’être frappés par la sécheresse. Dans les Perspectives mondiales des sécheresses, l’OCDE analyse en détail, sur la base de données probantes, la manière dont les tendances qui caractérisent la sécheresse et ses conséquences évoluent sous l’effet du changement climatique. Le rapport fait également apparaître les réponses que les pouvoirs publics peuvent apporter pour s’y adapter. L’analyse démontre que la résilience à la sécheresse ne passe pas seulement par la gestion de l’eau. Elle exige aussi une action coordonnée dans les domaines de l’agriculture, de l’occupation des sols, de l’énergie, des transports, de l’industrie, de la construction et de la santé. Le rapport montre aussi la nécessité d’investir durablement dans la prévention des risques, la production de données robustes et le suivi, et d’organiser une gouvernance inclusive qui réponde aux besoins des populations et systèmes vulnérables.
Alors que les pressions climatiques s’intensifient, renforcer la résilience aux sécheresses doit devenir une priorité mondiale. L’OCDE reste déterminée à aider les pays à adopter des solutions efficaces et tournées vers l’avenir, qui permettent aux sociétés d’anticiper, de se préparer et de s’adapter au risque de sécheresse croissant dans un contexte de changement climatique.
Directrice
Direction de l’environnement de l’OCDE