Les systèmes de santé tiennent‑ils leurs promesses ? Résultats de l’enquête PaRIS fondés sur les déclarations des patients : Suisse
Table des matières
L’enquête de l’OCDE fondée sur les déclarations des patients (PaRIS) est une initiative pionnière qui comble une lacune majeure dans les données de santé en mesurant les résultats des patients sur le plan de la santé ainsi que leur perception des soins qu’ils reçoivent. Ces informations essentielles manquaient encore : l’avis des personnes directement concernées par les services de santé – les patients – quant à leur parcours au sein du système de santé, et les résultats déclarés par ces patients. En analysant le point de vue de plus de 107 000 personnes dans 1 800 structures de soins primaires de 19 pays, l’enquête PaRIS fournit une évaluation comparable à l’échelle internationale de la façon dont les résultats et le vécu des usagers de soins primaires âgés de 45 ans et plus varient d’un pays à l’autre et dont les systèmes de santé parviennent à prodiguer les soins dont les patients atteints de maladies chroniques ont besoin.
Alors que le nombre de personnes atteintes de maladies chroniques ne cesse de croître dans le monde, il apparaît plus urgent que jamais de faire en sorte que les systèmes de santé s’adaptent à leurs besoins. L’enquête PaRIS joue un rôle déterminant pour éclairer cette évolution, en présentant des données à l’appui d’une réorganisation des services de santé autour du vécu des patients et des résultats qui comptent le plus pour eux. Contrairement aux évaluations ciblées sur certaines pathologies, l’enquête PaRIS s’inscrit dans une démarche plus vaste en évaluant l’influence des soins sur différents aspects de la vie des patients. Cette perspective globale pourrait transformer radicalement notre manière d’évaluer les performances des systèmes de santé à l’échelle mondiale.
Les résultats de l’enquête PaRIS mettent en évidence la nécessité d’axer davantage les soins sur la personne et de mieux les coordonner, en particulier pour les 80 % d’usagers de soins primaires âgés de 45 ans et plus qui sont atteints d’au moins une maladie chronique et pour les 50 % qui en ont plusieurs (deux ou plus). Des politiques ciblées sont essentielles pour lutter contre les inégalités, améliorer la coordination des soins et renforcer la confiance dans les systèmes de santé. Encourager les patients à intervenir dans les décisions qui les concernent et à établir des liens étroits avec les professionnels de santé peut permettre d’améliorer leurs résultats sur le plan de la santé, de renforcer la confiance qu’ils accordent au système et de les rendre plus confiants dans la gestion de leur propre santé. Parallèlement, des personnels de santé suffisamment nombreux et des structures de soins primaires organisées autour des besoins des personnes sont essentiels pour améliorer les résultats et le vécu des patients.
La présente note, qui s’appuie sur les principales conclusions du rapport Les systèmes de santé tiennent-ils leurs promesses ? Résultats de l’enquête PaRIS fondés sur les déclarations des patients, propose une évaluation ciblée sur la Suisse. En s’appuyant sur l’analyse des dix principaux indicateurs des résultats et du vécu des patients utilisés dans l’enquête (Tableau 1), elle examine les résultats dans le contexte suisse et les compare à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS. Cette moyenne correspond à la moyenne pondérée des 17 pays membres de l’OCDE ayant participé à l’enquête PaRIS.
Encadré 1. Principaux résultats - Suisse
Copier le lien de Encadré 1. Principaux résultats - SuisseEn Suisse, plus de quatre personnes sur cinq (82 %) atteintes de maladies chroniques déclarent être en bonne santé physique, mesurée par les activités physiques, la douleur et la fatigue, un pourcentage nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (70 %) et le plus élevé de tous les pays participants.
En Suisse, plus de neuf personnes atteintes de maladies chroniques sur dix (91 %) font état d’une bonne santé mentale, laquelle renvoie à la qualité de vie, à la détresse émotionnelle et à la vie sociale, soit une proportion supérieure à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS, qui s’élève à 83 %.
Deux tiers (67 %) des personnes atteintes de maladies chroniques en Suisse se sentent aptes à gérer leur propre santé, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (59 %).
En Suisse, la quasi-totalité (97 %) des personnes atteintes de maladies chroniques déclare recevoir des soins réellement centrés sur la personne et axés sur les besoins des patients et bénéficier de soins de bonne qualité, soit la proportion la plus élevée des pays participants et largement supérieure à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (87 % pour les deux indicateurs).
Près de quatre personnes sur cinq (78 %) atteintes de deux maladies chroniques ou plus en Suisse sont prises en charge dans des structures de soins primaires qui proposent un suivi et des consultations régulières de plus de 15 minutes, soit 31 points de pourcentage de plus que la moyenne OCDE (47 %).
En Suisse, plus de neuf personnes sur dix (91 %) souffrant d’au moins trois maladies chroniques déclarent avoir bénéficié d’un bilan de médication par un professionnel de santé au cours des 12 derniers mois, soit 16 points de plus que la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS.
Une très grande majorité (88 %) des patients atteints de maladies chroniques sont pris en charge dans des structures de soins primaires qui se disent bien préparées à coordonner les soins, un pourcentage sensiblement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (56 %).
Cependant, la moitié environ (55 %) des personnes atteintes de maladies chroniques sont prises en charge dans des structures pouvant échanger des dossiers médicaux par voie électronique, ce qui est légèrement en deçà de la moyenne OCDE (57 %).
Alors que 74 % des hommes atteints de maladies chroniques en Suisse font confiance au système de santé, les femmes ne sont que 68 % dans ce cas. Ces proportions sont supérieures à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS, pour les hommes (67 %) comme pour les femmes (58 %).
En Suisse, dans quelle mesure les personnes atteintes de maladies chroniques bénéficient-elles de soins de qualité ?
Copier le lien de En Suisse, dans quelle mesure les personnes atteintes de maladies chroniques bénéficient-elles de soins de qualité ?En Suisse, les patients atteints de maladies chroniques ont un meilleur vécu des soins et de meilleurs résultats en matière de santé que dans la plupart des pays participant à l’enquête PaRIS (chapitre 2). Cette évaluation se fonde sur les 10 indicateurs clés des résultats déclarés par les patients (PROM) – santé physique, santé mentale, vie sociale, bien-être et santé générale - et de l’expérience déclarée par les patients (PREM) – confiance dans sa capacité d’autogestion, coordination perçue des soins, démarche de soins centrée sur la personne, qualité perçue des soins et confiance dans le système de santé (graphique 1).
En Suisse, les personnes atteintes de maladies chroniques sont plus susceptibles de se déclarer en bonne santé par rapport aux autres pays participant à l’enquête PaRIS, ce qui la place parmi les pays les mieux classés dans les résultats de l’enquête (graphique 1).
En Suisse, plus de quatre personnes sur cinq (82 %) atteintes de maladies chroniques déclarent être en bonne santé physique, mesurée par les activités physiques, la douleur et la fatigue, un pourcentage nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (70 %) et le plus élevé de tous les pays participants.
En Suisse, plus de neuf personnes sur dix (91 %) atteintes de maladies chroniques font état d’une bonne santé mentale, laquelle renvoie à la qualité de vie, à la détresse émotionnelle et à la vie sociale, un pourcentage nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (83 %) et inférieur de 2 points seulement à celui du pays le plus performant (93 %).
Neuf personnes atteintes de maladies chroniques sur dix (90 %) en Suisse font état d’une vie sociale satisfaisante - laquelle évalue la qualité des activités et fonctions sociales habituelles -, un pourcentage supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (83 %) et inférieur de 3 points seulement à celui du pays le plus performant (93 %).
Quatre personnes sur cinq (80 %) atteintes de maladies chroniques en Suisse font état d’un niveau de bien-être satisfaisant, mesuré en termes d’humeur, de vitalité et d’épanouissement. Il s’agit de la proportion la plus élevée constatée dans les pays participants, supérieure de 9 points à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (71 %).
En Suisse, près de quatre patients sur cinq (79 %) atteints de maladies chroniques se déclarent en bonne santé générale, ce qui est nettement supérieur à la moyenne OCDE (66 %), mais reste inférieur de 14 points au pays le plus performant (93 %).
En Suisse, les personnes atteintes de maladies chroniques sont plus susceptibles de déclarer bénéficier de soins de qualité que dans d’autres pays participant à l’enquête PaRIS (graphique 1).
Deux tiers (67 %) des patients atteints de maladies chroniques se sentent aptes à gérer leur propre santé, une proportion nettement supérieure à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (59 %), mais l’écart de 25 points avec le pays le plus performant (92 %) montre qu’il existe une marge de progression.
En Suisse, plus de quatre personnes sur cinq (81 %) atteintes de maladies chroniques sont satisfaites de la coordination des soins, soit la meilleure performance de tous les pays participants et un pourcentage nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (59 %).
En Suisse, la quasi-totalité (97 %) des personnes atteintes de maladies chroniques déclare recevoir des soins réellement centrés sur la personne et axés sur les besoins des patients et bénéficier de soins de bonne qualité, soit la proportion la plus élevée des pays participants et largement supérieure à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (87 % pour les deux indicateurs).
En Suisse, plus de sept patients sur dix (71 %) atteints de maladies chroniques font confiance au système de santé, ce qui est supérieur à la moyenne OCDE (62 %), mais reste inférieur de 18 points au pays le plus performant (89 %).
Tableau 1. Les PROM et les PREM dans l’enquête PaRIS
Copier le lien de Tableau 1. Les PROM et les PREM dans l’enquête PaRIS|
Indicateurs des résultats déclarés par les patients (PROM) |
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Santé physique |
Réponses à quatre questions mesurant l’état physique, la douleur et la fatigue, sur une échelle de 1 à 5. Score moyen des patients. Scores bruts de 4 à 20 convertis en score T, 50 représentant la moyenne et 10 l’écart-type de la population de référence PROMIS. Score T compris entre 16.2 et 67.7. Pourcentage de patients faisant état de résultats positifs (score T supérieur ou égal à 42, correspondant à un état de santé physique « bon » ou « meilleur », par rapport à un état de santé « passable » ou « mauvais », basé sur la population de référence PROMIS), présenté au graphique 1. Outil de collecte de données : échelle PROMIS® Scale v1.2 – Global Health |
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Santé mentale |
Réponse à quatre questions sur la qualité de vie, la détresse émotionnelle et la vie sociale, sur une échelle de 1 à 5. Score moyen des patients. Scores bruts de 4 à 20 convertis en score T, 50 représentant la moyenne et 10 l’écart-type de la population de référence PROMIS. Score T compris entre 21.2 et 67.6. Pourcentage de patients faisant état de résultats positifs (score T supérieur ou égal à 40, correspondant à un état de santé mentale « bon » ou « meilleur », par rapport à un état de santé « passable » ou « mauvais », basé sur la population de référence PROMIS), présenté au graphique 1. Outil de collecte de données : échelle PROMIS® Scale v1.2 – Global Health |
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Vie sociale |
Réponse à la question : « En général, comment évaluez-vous votre capacité à mener vos activités et fonctions sociales habituelles [plus de détails dans le questionnaire] », les choix de réponse possibles allant de « mauvaise » (1) à « excellente » (5). Pourcentage de patients ayant répondu bonne, très bonne ou excellente (contre passable ou mauvaise). Outil de collecte de données : échelle PROMIS® Scale v1.2 – Global Health |
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Bien-être |
Réponses à cinq questions mesurant le bien-être (se sentir joyeux et de bonne humeur, calme et détendu, actif et énergique, épanoui dans la vie quotidienne, frais et dispos), sur une échelle de 0 à 5. Score moyen des patients (scores bruts de 0 à 25 convertis sur une échelle de 0 à 100). Pourcentage de patients faisant état de résultats positifs (score >=50, indiquant l’absence de risque de dépression clinique), présenté au graphique 1. Outil de collecte de données : indice de bien-être OMS-5. |
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État de santé général |
Réponse à la question : « En général, diriez-vous que votre santé est… », les choix de réponse possibles allant de « mauvaise » (1) à « excellente » (5). Pourcentage de patients ayant répondu bonne, très bonne ou excellente (contre passable ou mauvaise). Outil de collecte de données : échelle PROMIS® Scale v1.2 – Global Health |
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Indicateurs de l’expérience déclarée par les patients (PREM) |
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Confiance dans sa capacité d’autogestion |
Réponse à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous confiant(e) dans votre capacité à gérer votre santé et votre bien-être ? » les choix de réponse possibles allant de « pas du tout confiant(e) » (0) à « très confiant(e) » (3). Pourcentage de patients ayant répondu « confiant(e) » ou « très confiant(e) » (contre « relativement confiant(e) » ou « pas du tout confiant(e) »). Outil de collecte de données : questionnaire P3CEQ. |
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Coordination perçue |
Réponses à cinq questions mesurant la coordination des soins (soins coordonnés, contact unique désigné, plan de soins global, aide à l’autogestion, information à des fins d’autogestion). Réponses sur une échelle de 0 à 3. Score moyen des patients (sur une échelle de 0 à 15). Pourcentage de patients faisant état d’une expérience positive (score supérieur ou égal à 50 % à 5 questions, c’est-à-dire score >=7.5), présenté au graphique 1. Outil de collecte de données : questionnaire P3CEQ, données disponibles uniquement pour les personnes atteintes d’une ou plusieurs maladies chroniques. |
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Démarche de soins centrée sur la personne |
Réponses à huit questions évaluant si les soins sont centrés sur la personne (définition des aspects importants, participation aux décisions, prise en compte de la personne dans sa globalité, absence de nécessité de répéter les informations, coordination des soins, aide à l’autogestion, information à des fins d’autogestion, confiance dans la capacité d’autogestion). Réponses sur une échelle de 0 à 3. Score moyen des patients (sur une échelle de 0 à 24). Pourcentage de patients faisant état d’une expérience positive (score supérieur ou égal à 50 % à 8 questions, c’est-à-dire score >=12), présenté au graphique 1. Outil de collecte de données : questionnaire P3CEQ, données disponibles uniquement pour les personnes atteintes d’une ou plusieurs maladies chroniques. |
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Qualité perçue |
Réponse à la question : « En tenant compte de tous les aspects des soins que vous avez reçus, comment évaluez-vous la qualité globale de la prise en charge médicale dont vous avez bénéficié au cours des 12 derniers mois dans votre centre de soins primaires ? », les choix de réponse possibles allant de « mauvaise » (1) à « excellente (5). Pourcentage de patients ayant répondu bonne, très bonne ou excellente (contre passable, mauvaise ou ne sait pas). Outil de collecte de données : adapté de l’Enquête internationale du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé. |
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Confiance dans le système de santé |
Réponse à la question : « Dans quelle mesure êtes-vous d’accord avec l’affirmation selon laquelle on peut avoir confiance dans le système de santé ? », les choix de réponse possibles allant de « pas du tout d’accord » (1) à « tout à fait d’accord » (5). Pourcentage de patients se déclarant d’accord ou tout à fait d’accord (contre ceux se déclarant ni d’accord ni pas d’accord, pas d’accord ou pas du tout d’accord). Outil de collecte de données : fondé sur les Lignes directrices de l’OCDE sur la mesure de la confiance, ainsi que des questions similaires tirées de certaines enquêtes nationales. |
Source : rapport phare de l’enquête PaRIS 2025, voir le chapitre 2 pour plus de détails.
En Suisse, les patients atteints de plusieurs maladies chroniques font état de résultats supérieurs à la moyenne en matière de santé
Copier le lien de En Suisse, les patients atteints de plusieurs maladies chroniques font état de résultats supérieurs à la moyenne en matière de santéLes personnes atteintes de plusieurs maladies chroniques jugent leur état de santé physique et mentale, leur bien-être et leur vie sociale moins favorablement que celles qui ont une seule maladie chronique (chapitre 3). Cette observation est conforme à la Suisse et à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS ; pour autant, la Suisse affiche des résultats supérieurs à la moyenne OCDE en matière de santé, ainsi qu’un score supérieur au seuil entre un état de santé physique bon et passable. En particulier :
En Suisse, les personnes atteintes d’au moins trois maladies chroniques sont moins susceptibles de se déclarer en meilleure santé que celles qui n’en ont que deux, ce qui concorde avec les résultats d’autres pays.
En Suisse, les personnes atteintes de plusieurs maladies chroniques sont en moins bonne santé physique que celles qui n’en ont qu’une, avec un écart de 7 points, ce qui correspond à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS. Toutefois, dans le domaine de la santé physique, les scores des personnes atteintes d’une, de deux ou de trois maladies chroniques ou plus sont, en Suisse, supérieurs à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (graphique 2). Ainsi, en Suisse, les personnes atteintes d’au moins trois maladies chroniques ont un score moyen supérieur au seuil entre un état de santé physique bon et passable (42), alors que la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS est inférieure à ce seuil.
De même, la Suisse obtient des résultats supérieurs à ceux de la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS en ce qui concerne la santé mentale des personnes atteintes d’une, de deux ou de trois maladies chroniques ou plus. En Suisse, les patients atteints de trois maladies chroniques ou plus font état d’une moins bonne santé mentale que celles qui n’en ont qu’une, avec un écart de 4 points, légèrement inférieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (5 points) (graphique 3).
Comme ailleurs, les personnes atteintes de plusieurs maladies chroniques en Suisse sont moins susceptibles d’être satisfaites de leur vie sociale que celles qui n’en ont qu’une (graphique 4). Si, en Suisse, 95 % des personnes atteintes d’une maladie chronique se disent satisfaites de leur vie sociale, ce pourcentage tombe à 82 % chez celles qui en ont trois ou plus, ce qui est supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS.
Les caractéristiques des services de soins primaires en Suisse sont au-dessus de la moyenne au regard de la plupart des indicateurs
Copier le lien de Les caractéristiques des services de soins primaires en Suisse sont au-dessus de la moyenne au regard de la plupart des indicateursLes caractéristiques des consultations de soins primaires associées à des niveaux plus élevés de qualité perçue sont liées au temps, à la fois au temps prévu pour les consultations régulières et de suivi et à la durée de la relation avec le même professionnel de soins primaires (chapitre 3). Le personnel non médical qui aide à la prise en charge des patients joue également un rôle dans l’amélioration des soins chez les personnes atteintes de plusieurs maladies chroniques (chapitre 3). Un bilan de médication systématique chez ces patients peut améliorer la sécurité et l’efficacité des médicaments tout en renforçant le sentiment que les soins sont bien coordonnés.
D’une manière générale, la Suisse se classe au-dessus de la moyenne sur la plupart des caractéristiques des consultations de soins primaires (graphique 5) :
Près de quatre personnes sur cinq (78 %) atteintes de deux maladies chroniques ou plus en Suisse sont prises en charge dans des structures de soins primaires qui proposent un suivi et des consultations régulières de plus de 15 minutes, soit 31 points de pourcentage de plus que la moyenne OCDE (47 %).
En Suisse, quatre personnes sur cinq (80 %) atteintes de deux maladies chroniques ou plus sont prises en charge dans des structures de soins primaires où le personnel non médical participe à la gestion des maladies chroniques, ce qui correspond à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (83 %).
En Suisse, plus de neuf personnes sur dix (91 %) atteintes d’au moins trois maladies chroniques déclarent avoir bénéficié d’un bilan de médication par un professionnel de santé au cours des 12 derniers mois, soit 16 points de plus que la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (75 %).
Plus de trois personnes sur cinq (63 %) atteintes d’au moins deux maladies chroniques en Suisse déclarent consulter le même professionnel de soins primaires depuis plus de cinq ans, un pourcentage supérieur de 5 points à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (graphique 5).
Démarche de soins centrée sur la personne : la Suisse se classe au-dessus de la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS, grâce au soutien important dispensé aux patients et à une coordination efficace des soins
Copier le lien de Démarche de soins centrée sur la personne : la Suisse se classe au-dessus de la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS, grâce au soutien important dispensé aux patients et à une coordination efficace des soinsUne démarche de soins centrée sur la personne et qui répond aux besoins des individus constitue un indicateur essentiel de la qualité et des performances des systèmes de santé et des structures de soins primaires (chapitre 4). Les données de l’enquête PaRIS montrent qu’une approche centrée sur la personne, dans laquelle on privilégie une participation étroite des patients et une coordination efficace des soins, est associée à de meilleurs résultats et à un meilleur vécu des patients. Cette approche est particulièrement bénéfique dans la prise en charge des maladies chroniques, car elle permet aux patients de prendre une part active dans les décisions médicales qui les concernent.
Sur plusieurs indicateurs relatifs aux soins centrés sur la personne, la Suisse affiche de solides résultats par rapport à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (graphique 6) :
82 % environ des patients atteints de maladies chroniques en Suisse sont suffisamment soutenus pour gérer eux-mêmes leur santé, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (63 %).
Pour ce qui est de la maîtrise des outils numériques de santé, la Suisse enregistre un score égal à la moyenne OCDE, 19 % des patients atteints de maladies chroniques se déclarant confiants dans leur capacité à utiliser des informations de santé sur internet (fourchette comprise en 5 et 34 %).
Une très grande majorité (88 %) des personnes atteintes de maladies chroniques sont prises en charge dans des structures de soins primaires qui se disent bien préparées à coordonner les soins, un pourcentage sensiblement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (56 %).
Cependant, 55 % seulement des personnes atteintes de maladies chroniques sont prises en charge dans des structures pouvant échanger des dossiers médicaux par voie électronique, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (57 %).
Ces résultats mettent en lumière l’infrastructure solide mise en place en Suisse à l’appui des patients atteints de maladies chroniques et de la coordination des soins, mais ils font aussi ressortir une marge d’amélioration pour ce qui est de la maîtrise des outils numériques de santé et de l’adoption des dossiers médicaux numériques.
La Suisse peut progresser s’agissant de résorber les disparités entre hommes et femmes et entre niveaux de revenu
Copier le lien de La Suisse peut progresser s’agissant de résorber les disparités entre hommes et femmes et entre niveaux de revenuParmi les patients atteints de maladies chroniques, on observe en Suisse des écarts en termes de bien-être et de confiance dans le système de santé entre hommes et femmes, les résultats de ces dernières étant plus faibles sur les deux indicateurs (graphiques 7 et 8).
En Suisse, l’écart entre hommes et femmes en termes de bien-être est inférieur à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS (5 points). Cet écart est comparable aux résultats enregistrés dans d’autres pays ; toutefois, la Suisse obtient, en matière de bien-être, des résultats légèrement supérieurs à ceux de la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS, en particulier pour les femmes.
Alors que 74 % des hommes atteints de maladies chroniques en Suisse font confiance au système de santé, les femmes atteintes de maladies chroniques ne sont que 68 % dans ce cas. Ces résultats sont nettement supérieurs à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS, pour les hommes (67 %) comme pour les femmes (58 %). En Suisse, l’écart entre hommes et femmes en termes de confiance (7 points) est légèrement inférieur à l’écart moyen constaté dans les pays de l’OCDE participant à l’enquête PaRIS (9 points).
Comme dans d’autres pays de l’OCDE, les patients atteints de maladies chroniques ayant des revenus élevés font état d’un meilleur niveau de bien-être et de confiance dans le système de santé (graphiques 9 et 10) :
Dans l’ensemble des pays de l’OCDE ayant participé à l’enquête PaRIS, les patients atteints de maladies chroniques ayant des revenus élevés font état d’un meilleur niveau de bien-être en moyenne que les bas revenus (écart de sept points). Les niveaux de bien-être en Suisse sont supérieurs à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS.
En Suisse, près de huit patients sur dix (78 %) atteints de maladies chroniques ayant des revenus élevés ont confiance dans le système de santé, contre 67 % des patients aux revenus modestes. Les niveaux de confiance dans le système de santé selon les différentes catégories de revenu sont largement supérieurs à la moyenne de l’OCDE dans l’enquête PaRIS à la fois pour les revenus élevés (70 %) et les revenus modestes (59 %). L’écart entre hauts et bas revenus en Suisse est comparable à l’écart moyen dans les pays de l’OCDE participant à l’enquête PaRIS (11 %).
Principales caractéristiques de l’enquête PaRIS
Copier le lien de Principales caractéristiques de l’enquête PaRISVue d’ensemble de l’enquête PaRIS
L’enquête PaRIS contient des informations sur les résultats et le vécu déclarés par les patients, ainsi que sur les comportements et les capacités en matière de santé, les facteurs sociodémographiques propres aux patients et les caractéristiques des structures de soins primaires communiquées par les prestataires de soins. La collecte de données a eu lieu en 2023‑24 et les premiers résultats ont été publiés dans le rapport Les systèmes de santé tiennent-ils leurs promesses ? Résultats de l’enquête PaRIS fondés sur les déclarations des patients.
Les résultats couvrent 107 011 usagers de soins primaires (âgés de 45 ans et plus) et 1 816 structures de soins primaires dans 19 pays : Arabie saoudite, Australie, Belgique, Canada, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pays de Galles (Royaume-Uni), Portugal, Roumanie, Slovénie, Suisse et Tchéquie. Tous les résultats présentés dans cette note par pays sont standardisés par âge et par sexe afin de prendre en compte les différents profils démographiques des pays. Dans le graphique 1, la valeur la plus élevée (la plus faible) correspond à la valeur la plus élevée (la plus faible) obtenue pour chaque indicateur parmi 17 pays participant à l’enquête PaRIS. En Italie et aux États-Unis, les critères d’éligibilité pour la participation des patients se sont écartés des lignes directrices, raison pour laquelle ces pays ne sont pas inclus dans le graphique. Pour des informations plus détaillées sur les procédures nationales d’échantillonnage et d’autres précisions sur la méthodologie, voir le chapitre 7 du rapport.
Les résultats de la Suisse s’appuient sur les déclarations de 4 178 patients et 140 structures de soins primaires. Les patients ont été sélectionnés au moyen d’une méthode d’échantillonnage continu de tous les patients qui se sont rendus dans les structures participantes au cours de la période de collecte des données (trois mois). Les structures de soins primaires ont été sélectionnées au moyen d’une méthode d’échantillonnage probabiliste et de commodité à partir du fichier national des prestataires de soins de santé.
En Suisse, les structures de soins primaires ont répondu au questionnaire en ligne, tandis que les patients ont répondu au questionnaire en ligne et sur papier.
Cet ouvrage est publié sous la responsabilité du Secrétaire général de l’OCDE. Les opinions exprimées et les arguments employés ici ne reflètent pas nécessairement les vues officielles des pays Membres de l’OCDE.
Ce document, ainsi que les données et cartes qu’il peut comprendre, sont sans préjudice du statut de tout territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et du nom de tout territoire, ville ou région.
L’ouvrage complet est disponible en français : OCDE (2025), Les systèmes de santé tiennent-ils leurs promesses ? Résultats de l’enquête PaRIS fondés sur les déclarations des patients, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/81af0784-fr.
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