L’action publique face au changement climatique est à un tournant. Au cours des dix dernières années, elle s’est accélérée et a ouvert des perspectives économiques. Les énergies propres attirent aujourd’hui deux fois plus d’investissements que les énergies fossiles et constituent un vecteur de solutions climatiques abordables, d’innovation, d’emploi et de croissance. Beaucoup de pays ont su découpler leurs émissions de la croissance économique.
Néanmoins, le rythme des efforts déployés à l’heure actuelle est moins rapide que celui auquel s’accentuent les risques. La trajectoire des émissions mondiales reste orientée à la hausse et l’action climatique s’essouffle, les pays faisant face à toute une série d’enjeux géopolitiques, financiers et économiques concurrents qui ralentissent son rythme et son ampleur. En l’absence de nouvelles mesures, les risques climatiques s’intensifieront, tandis que la multiplication des catastrophes et l’accentuation de l’instabilité économique et des vulnérabilités du système financier menaceront la croissance et le développement à long terme.
Une action climatique plus ambitieuse et plus efficace s’impose pour maintenir à notre portée la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris et pour garantir la prospérité des générations actuelles et futures. En 2025, les pays sont censés soumettre de nouveaux plans climatiques – ou « contributions déterminées au niveau national » (CDN) – décrivant les actions qu’ils engageront pour réduire leurs émissions nationales jusqu’en 2035. Ce nouveau cycle de CDN offre une occasion cruciale de passer à la vitesse supérieure pour permettre à notre planète d’évoluer vers la neutralité carbone et de devenir plus résiliente.
La présente analyse de l’OCDE et du PNUE apporte de nouveaux éléments démontrant qu’il est non seulement possible d’accélérer l’action climatique par le renforcement des CDN, mais que c’est aussi économiquement rationnel pour stimuler la croissance, recueillir les dividendes du développement et éviter des pertes résultant de catastrophes d’origine climatique Les cycles de CDN sont l’occasion de mettre les objectifs climatiques en accord avec les stratégies de développement et d’investissement, de renforcer les partenariats et de mobiliser des financements tant publics que privés pour concrétiser les ambitions.