Les chaînes d’approvisionnement font partie intégrante de la production et des échanges et, de nos jours, les économies sont plus interconnectées que jamais. Le présent chapitre dresse un état des lieux des chaînes de valeur mondiales, en s’appuyant sur les données et indicateurs de l’OCDE pour cartographier les tendances en matière de structure des échanges selon les pays et les secteurs, les fluctuations des interdépendances en lien avec les échanges et les vulnérabilités potentielles aux chocs.
Examen de l’OCDE sur la résilience des chaînes d’approvisionnement
2. État des chaînes d’approvisionnement internationales
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L’économie mondiale du XXIe siècle se caractérise par un niveau d’intégration internationale inédit. Comme suite à l’émergence des chaînes de valeur mondiales (CVM) au cours des dernières décennies, il est désormais très courant que les différentes étapes d’un processus de production (par exemple, la conception, la production, le marketing, la fabrication, l’assemblage et la distribution) soient effectuées dans différents pays (Gereffi et Fernandez-Stark, 2016[1]). L’émergence des CVM a été source de nombreuses transformations. Celles-ci ont créé de nouveaux débouchés commerciaux, stimulé la productivité et fait reculer la pauvreté (OCDE, 2014[2] ; Elms et Low, 2013[3] ; Banque mondiale, 2020[4]).
La mondialisation économique n’est pas un phénomène nouveau. Au milieu du XIXe siècle, par exemple, on observait déjà un accroissement notable des échanges internationaux et des flux transfrontières de capital et de main-d’œuvre. Toutefois, cette phase de mondialisation (Williamson, 1996[5]) se caractérisait principalement par des produits entièrement fabriqués dans un pays donné puis exportés vers des consommateurs situés dans d’autres pays. Il existait déjà des flux commerciaux de matières premières et de produits de base, mais le processus de fabrication s’effectuait en un seul endroit.
La mondialisation économique survenue au cours des trois dernières décennies présente des caractéristiques différentes, car la production elle-même est désormais « dégroupée » dans différents pays (Jones et Kierzkowski, 2001[6]) ; (Baldwin, 2016[7]). Cette « production dégroupée » a été facilitée par les progrès technologiques, la baisse des coûts du transport maritime (imputable à la conteneurisation), les communications longue distance et la libéralisation des échanges et de l’investissement. Ce morcellement international de la production transparaît, par exemple, dans les niveaux élevés d’échanges transfrontières qui ne sont pas destinés à une utilisation finale par les consommateurs, mais qui servent plutôt d’intrants intermédiaires ou de capital dans d’autres processus de production. D’après la base de données de l’OCDE sur les échanges en valeur ajoutée (base de données TiVA), les produits intermédiaires représentaient jusqu’à 60 % des échanges mondiaux de biens et services en 2020. En outre, les importations et les exportations de produits de capital destinés à l’investissement (par exemple, les machines, les équipements, la propriété intellectuelle) représentaient 12 % des échanges mondiaux.
Le présent chapitre examine l’émergence des CVM, les avantages et les risques qui y sont associés, et les tendances récentes en rapport avec leur réorganisation. En outre, il se penche sur les incidences simultanées sur les politiques commerciales et l’intégration internationale des échanges.
2.1. Les chaînes d’approvisionnement internationales ont renforcé l’efficacité, créé de nouveaux débouchés commerciaux et permis de réduire la pauvreté
Copier le lien de 2.1. Les chaînes d’approvisionnement internationales ont renforcé l’efficacité, créé de nouveaux débouchés commerciaux et permis de réduire la pauvretéL’émergence des chaînes d’approvisionnement internationales a permis aux entreprises extrêmement spécialisées implantées dans différentes parties du monde de se coordonner en temps réel. Cela a permis de créer de nouveaux débouchés commerciaux et de stimuler la productivité, en rendant possible une plus grande spécialisation dans une tâche ou un intrant donnés (OCDE, 2014[2]). Par ailleurs, les entreprises ont désormais accès à un vivier de compétences et des ressources plus larges et plus variés, ce qui les aide à innover et à fabriquer des produits plus sophistiqués (Lema, Pietrobelli et Rabellotti, 2019[8]). Les données empiriques concernant les secteurs et les entreprises mettent en évidence les liens positifs entre participation aux chaînes de valeur mondiales et productivité (Criscuolo et Timmis, 2017[9] ; Del Prete, Giovannetti et Marvasi, 2017[10] ; Constantinescu, Mattoo et Ruta, 2019[11]).
Bien qu’il existe plusieurs facteurs qui expliquent le recul marqué de la pauvreté mondiale depuis les années 90, l’émergence des chaînes de valeur mondiales a joué un rôle important dans l’accroissement des revenus dans les économies émergentes et en développement (Elms et Low, 2013[3] ; Banque mondiale, 2020[4] ; OMC, 2024[12]). L’augmentation des échanges liés aux chaînes de valeur mondiales1 est associée à un recul de la part de la population mondiale vivant dans la pauvreté, selon le seuil de pauvreté sociétal de la Banque mondiale (Graphique 2.1). Dans les pays à revenu faible et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, il existe un lien évident entre l’accroissement du PIB par habitant et la part des échanges dans le PIB (Graphique 2.2)
2.2. La production et les échanges sont plus mondialisés que jamais
Copier le lien de 2.2. La production et les échanges sont plus mondialisés que jamaisLorsque le XXIe siècle a commencé, la mondialisation affichait un niveau historiquement élevé. Ces niveaux se maintiennent, malgré les épisodes de perturbations qu’ont connus les marchés mondiaux. Le Graphique 2.3 montre que le degré de dépendance de la production mondiale à l’égard des échanges d’intrants continue de s’accroître. L’« intensité d’importations de la production mondiale » correspond à la somme de l’ensemble des importations brutes d’intrants intermédiaires tout au long de la chaîne de valeur, exprimée en pourcentage de la production brute. Pour chaque USD de production dans le monde, cet indicateur indique combien de cents correspondent aux échanges d’intrants intermédiaires dans les chaînes de valeur mondiales2.
Bien qu’on observe une première augmentation de l’intensité d’importations de la production dès les années 1970, consécutive à la disparition du système de Bretton Woods et au basculement vers des taux de change flottants, ce n’est qu’au milieu des années 1980 qu’elle a amorcé un accroissement marqué (Graphique 2.3). À cette époque, les avancées des technologies de l’information et des communications ont fait baisser les coûts de la coordination d’activités géographiquement éparpillées, permettant ainsi aux entreprises multinationales (EMN) de se lancer dans la spécialisation verticale.
L’intégration de la production tout au long des CVM s’est accélérée pendant les années 90 suite à l’effondrement de l’Union soviétique, la conclusion du cycle de l’Uruguay et la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la conclusion d’une nouvelle vague d’accords commerciaux régionaux approfondis et la réalisation de réformes des marchés en République populaire de Chine (ci-après dénommée la « Chine ») et son adhésion ultérieure à l’OMC en 2001. Lorsque la crise financière a commencé en 2008, la valeur cumulée des échanges d’intrants intermédiaires au niveau mondial avait atteint 17 cents par USD de production, contre 6 cents par USD de production en 1965. La baisse de l’indicateur qui est intervenue par la suite témoigne de l’effondrement des échanges commerciaux survenu lors de la crise financière mondiale. En 2010, l’intensité d’importations de la production s’était largement redressée et avait retrouvé son niveau d’avant la crise (Graphique 2.3). En 2023, l’intensité d’importations de la production mondiale avait atteint un niveau historiquement élevé.
2.3. Les tendances varient selon les pays et les secteurs : peut-on parler d’effet boule de neige ?
Copier le lien de 2.3. Les tendances varient selon les pays et les secteurs : peut-on parler d’effet boule de neige ?Dans les années 2010, le rythme soutenu de la mondialisation a commencé à marquer le pas. Après 2011, l’intensité d’importations de la production, telle que mesurée en prix courants, a diminué (ligne bleue en pointillés dans le Graphique 2.3 ci-avant). On a parfois interprété cette évolution comme témoignant du raccourcissement des chaînes de valeur (c’est-à-dire d’un processus de réduction des interdépendances entre les pays, dans lequel la production devient plus locale) (Haugh et al., 2016[19] ; James, 2018[20] ; Livesey, 2018[21] ; Antràs, 2020[22]).
Néanmoins, le recul de la dispersion de la production peut s’expliquer autrement. Lorsqu’il est calculé à partir de données en prix courants, l’indicateur ne tient pas compte des variations de prix importantes qui sont intervenues au cours de cette période. En 2010, le prix des matières premières a enregistré une baisse importante (Graphique 2.4). Toutes choses égales par ailleurs, une baisse des prix des intrants entraîne naturellement une réduction de la valeur des intermédiaires importés, de sorte que l’intensité d’importations de la production diminue, même si le volume échangé reste le même.
Le calcul de l’intensité d’importations de la production à partir de données en prix constants plutôt qu’en prix courants (Graphique 2.3, ligne bleue en pointillés) montre que la dispersion de la production a bien cessé de s’accroître après la crise financière mondiale de 2008, mais qu’elle est ensuite restée stable jusqu’en 2019. La baisse enregistrée en 2020-21 liée à la pandémie de COVID-19 a été suivie d’un fort redressement des échanges, ce qui a entraîné une augmentation de la part des échanges d’intrants intermédiaires dans la production brute. Des données plus récentes, lorsqu’elles seront disponibles, permettront de clarifier davantage les scénarios possibles pour l’avenir (Altman, Bastian et Fattedad, 2024[24]).
2.3.1 L’utilisation d’intrants importés varie selon les économies
Lorsqu’on examine l’intensité d’importations de la production en prix constants au niveau des pays, on constate des différences significatives entre les grandes économies (Graphique 2.5). En Chine, l’utilisation d’intrants importés a considérablement augmenté entre 1995 et 2005. Cette période a été caractérisée par une croissance rapide des activités de fabrication et par des transferts à grande échelle des activités de production des EMN vers la Chine. Cette industrialisation rapide a entraîné une augmentation des importations en Chine d’intrants fabriqués à l’étranger. Au fil du temps, les fournisseurs nationaux d’intrants sont devenus plus compétitifs et le soutien des pouvoirs publics a favorisé la constitution d’un plus grand nombre de chaînes de valeur nationales pour certains produits haut de gamme. La Chine a rehaussé sa place au sein des CVM, se détournant du commerce de transformation et de l’assemblage final pour s’orienter vers l’exportation de produits de marque contenant des intrants nationaux. À terme, à peu près en même temps que la crise financière mondiale (2008-10), l’intensité d’importations de la production chinoise a amorcé un déclin. Malgré cette tendance manifeste à l’augmentation de l’approvisionnement national, l’utilisation que fait la Chine d’intrants importés reste élevée par rapport à celle des pays de l’OCDE.
Dans les pays membres de l’OCDE, à l’inverse, l’intensité moyenne d’importations de la production a augmenté relativement plus lentement au cours des années 90 et 2000, mais a continué d’augmenter après la crise financière mondiale (Graphique 2.5). On constate néanmoins une baisse de l’indicateur au cours de la seconde moitié des années 2010, ce qui témoigne des différentes tendances observées dans les principales économies de l’OCDE. Les États-Unis et le Japon ont enregistré un léger recul, tandis que l’Union européenne (analysée comme une seule économie) n’a pas connu de ralentissement. Les importations d’intrants intermédiaires (en provenance d’économies hors UE) ont continué de représenter une part croissante de la production après 2011, et ce n’est que lors de la crise du COVID-19 en 2020 qu’une baisse a été observée.
2.3.1. Certains secteurs dépendent davantage que d’autres des chaînes d’approvisionnement internationales
Lorsqu’on examine l’intensité d’importations de la production de secteurs donnés, on constate des écarts à la fois en termes d’évolution dans le temps et en termes de niveaux absolus (Graphique 2.6). L’intensité d’importations de la production est nettement plus élevée dans certains secteurs, comme celui du coke et des produits pétroliers, celui des transports par eau et celui des véhicules à moteur thermique. Dans la chaîne de valeur du coke et du pétrole, les intrants intermédiaires importés comptaient pour environ la moitié de la valeur de la production en 2019, une proportion plus de deux fois supérieure à celle des produits alimentaires. Ces différences sont imputables à des caractéristiques structurelles (produits périssables ne pouvant être transportés plusieurs fois sur de longues distances, proximité des matières premières, etc.), aux choix organisationnels effectués par les entreprises (externalisation ou production en interne, par exemple) et aux mesures prises par les pouvoirs publics (par exemple, droits de douane élevés sur les intrants empêchant la délocalisation de leur production).
On constate également que des différences sont apparues au fil du temps lorsque l’on compare l’intensité d’importations de la production en 2011 et en 2019. On constate que dans la chaîne de valeur présentant le niveau le plus élevé d’approvisionnement international en 2019 (celle du coke et du pétrole), la tendance est à une transition nette vers des chaînes d’approvisionnement plus nationales, comme l’indique le point de données correspondant à cette chaîne de valeur, situé dans le triangle supérieur gauche du Graphique 2.6, ce qui signifie que la valeur était plus élevée en 2011 qu’en 2019. Cela indique un recul de l’approvisionnement international et témoigne de l’évolution vers un approvisionnement national plus important. On constate les mêmes tendances et évolutions dans la chaîne de valeur des métaux de base. À l’inverse, les chaînes d’approvisionnement d’autres secteurs, comme les transports par eau, l’extraction minière de produits non énergétiques et les produits pharmaceutiques, sont devenues plus internationales. De manière générale, la tendance en matière d’intensité d’importations est plutôt à la baisse dans les industries manufacturières, tandis qu’elle est plutôt à la hausse dans les services (bien qu’on observe des tendances divergentes au sein de ces deux secteurs).
Bien que le Graphique 2.6 mette en évidence les degrés variables de dépendance des différents secteurs à l’égard des intrants importés, il ne fournit pas d’éclaircissement sur la répartition géographique de ces chaînes d’approvisionnement. Le facteur géographique est important, dans la mesure où les entreprises opèrent des choix stratégiques en sélectionnant des fournisseurs issus d’économies spécifiques, qui se fondent sur leurs liens historiques, la disponibilité des fournisseurs, les attentes en matière de croissance, les différences de coûts entre les marchés, ainsi que sur des considérations d’ordre géopolitique. L’Encadré 2.1 donne un aperçu de la géographie de l’approvisionnement en intrants intermédiaires et des investissements directs étrangers dans la chaîne d’approvisionnement en produits pharmaceutiques.
Encadré 2.1. Quels sont les facteurs qui orientent les décisions en matière d’approvisionnement dans les chaînes d’approvisionnement en produits pharmaceutiques ?
Copier le lien de Encadré 2.1. Quels sont les facteurs qui orientent les décisions en matière d’approvisionnement dans les chaînes d’approvisionnement en produits pharmaceutiques ?La pandémie de COVID-19 a mis en lumière le rôle que jouent des chaînes d’approvisionnement en produits pharmaceutiques résilientes en matière de protection de la santé publique. Pourtant, les pénuries de médicaments sont un problème récurrent qui persiste en dehors des périodes de pandémie, ce qui incite les pouvoirs publics à s’efforcer de renforcer la sécurité de l’approvisionnement (OCDE, 2024[25]).
Le présent encadré examine les évolutions récentes en matière de schémas d’approvisionnement dans ce secteur, à travers un angle d’approche large qui inclut à la fois les médicaments de marque protégés par un brevet et les versions génériques de médicaments dont le brevet a expiré1. L’analyse des données sur les échanges de produits pharmaceutiques et les flux d’investissement fournit deux perspectives complémentaires sur l’évolution de la géographie des chaînes d’approvisionnement en produits pharmaceutiques. Les flux d’échanges de biens intermédiaires pharmaceutiques donnent un aperçu des schémas d’approvisionnement mondiaux à des périodes données, ce qui permet de suivre l’évolution de la structure des échanges. Un aperçu des flux d’échanges de biens intermédiaires résume les décisions passées des entreprises quant au lieu de production et d’approvisionnement de ces biens (témoignant de leurs décisions préalables en matière d’investissement dans des filiales, de relations avec les fournisseurs, etc.). Les incidences de ces décisions antérieures, ainsi que la disponibilité limitée des fournisseurs, déterminent les schémas d’approvisionnement des entreprises. En revanche, les tendances en matière d’investissement direct étranger témoignent des stratégies des entreprises pour l’avenir. Les investissements permettent aux dirigeants de réorganiser la géographie des activités de leurs entreprises en établissant de nouvelles filiales ou en développant celles qui existent déjà.
Tendances des échanges de produits pharmaceutiques
L’indice d’Herfindahl-Hirschman (IHH), couramment utilisé pour mesurer la concentration des marchés, peut donner des indications sur le potentiel de diversification des chaînes d’approvisionnement. L’IHH est calculé à partir de données détaillées au niveau des produits dans l’optique d’évaluer la concentration des importations2. S’échelonnant de 0 (marché pleinement diversifié) à 1 (marché entièrement concentré), il indique si l’approvisionnement en intrants intermédiaires dépend d’un petit nombre de pays fournisseurs. Dans les travaux récents de l’OCDE, on retient la valeur plancher de 0.2 pour indiquer une concentration relativement élevée selon l’IHH. Comme indiqué dans la figure de gauche du Graphique 2.7, le niveau de concentration a légèrement diminué depuis 2011, année où il s’établissait à 0.39. Néanmoins, aucune tendance forte ne s’est dégagée ces dernières années, la valeur de l’indice se maintenant à un niveau relativement élevé (0.31) en 2022, ce qui correspond à un niveau qu’une partie des publications existantes considère comme témoignant d’une concentration critique3.
La figure de droite du Graphique 2.7 présente les liens entre l’approvisionnement en intrants et deux dimensions de la distance. La distance géographique permet de détecter un potentiel déplacement vers des fournisseurs plus proches du pays d’origine de l’entreprise (celui où se trouve son siège social). À l’inverse, la distance géopolitique est liée à la possibilité d’une réorientation des chaînes d’approvisionnement en vue d’une plus grande utilisation d’intrants provenant d’économies alignées sur le plan géopolitique. Comme il est d’usage dans les publications sur le sujet (Gopinath et al., 2025[26]), le Graphique 2.7 compare les habitudes de vote des pays à l’Assemblée générale des Nations Unies et les utilise comme indicateur indirect de la distance géopolitique. Cet indicateur permet de mesurer les évolutions des liens au niveau des chaînes d’approvisionnement entre des pays qui ne sont pas alignés sur le plan politique (Gopinath et al., 2025[26])4.
Dans la figure de droite du Graphique 2.7, les deux indicateurs de distance sont normalisés de manière à ce que le niveau observé en 2004 corresponde à 100. Une réduction de la distance géographique par rapport à 2004, c’est-à-dire des valeurs inférieures à 100, indiquerait une réorganisation des chaînes d’approvisionnement plus près du pays d’origine. En ce qui concerne la distance géopolitique, des valeurs inférieures à 100 témoigneraient de la volonté de réduire les liens avec des pays non alignés sur le plan géopolitique.
Des signes de réduction de ces deux types de distance sont apparus au début des années 2010, marquées par les conséquences de la crise financière mondiale et l’introduction de nouvelles règles régissant le système financier international (Brei et von Peter, 2018[29]). Les schémas des échanges commerciaux depuis 2015 sont ambigus en matière de distance géographique comme de distance géopolitique, les flux récents étant équivalents à ceux du milieu des années 2000. Bien qu’aucune évolution claire ne soit apparente, les données les plus récentes (depuis 2020) laissent penser que les échanges entre économies éloignées sont en augmentation.
Cela fait écho aux différentes contributions mettant en avant le rôle des échanges internationaux dans la riposte mondiale à la pandémie (Banque mondiale et Organisation mondiale du commerce, 2022[30]). Les échanges de biens médicaux se sont accrus pendant la pandémie. Pour répondre à la forte hausse de la demande, les responsables des chaînes d’approvisionnement ont vraisemblablement été obligés de s’approvisionner en produits provenant de pays plus éloignés.
De manière générale, le schéma relativement stable qui se dégage du Graphique 2.7 pourrait être le signe qu’il existe des facteurs sous-jacents qui limitent la capacité des responsables des chaînes d’approvisionnement de modifier à court terme la géographie de l’approvisionnement. Des contraintes comme les investissements passés dans les sites de production et les relations avec les fournisseurs, la longueur des processus d’approbation réglementaires, les difficultés liées aux droits de propriété intellectuelle et le faible nombre de fournisseurs alternatifs limitent vraisemblablement la possibilité de réorganiser rapidement les chaînes d’approvisionnement.
Tendances de l’investissement pharmaceutique
Contrairement à ce que donnent à penser les données sur les échanges commerciaux, les informations concernant l’investissement direct étranger (IDE) portent à croire que les entreprises sont en train de revoir leurs stratégies en matière de chaînes d’approvisionnement. Sur la base de l’ensemble des investissements des entreprises pharmaceutiques dans le monde, la figure située en haut à gauche du Graphique 2.8 illustre le glissement marqué vers des destinations d’investissement qui sont plus proches géographiquement et géopolitiquement, en particulier depuis 2016. Au cours de la période considérée (2004-24), la distance géopolitique a été la plus grande au milieu des années 2000, tandis que la distance géographique a atteint son niveau maximal au milieu des années 2010. On constate une tendance au raccourcissement de la distance dans les deux indicateurs à partir de 2016. Celle-ci est encore plus marquée en ce qui concerne les investissements réalisés depuis 2022.
Lorsqu’on examine les sous-groupes d’investissement par fonction opérationnelle (fonctions de siège, projets de R-D et de production), il est possible de faire deux observations : 1) les projets liés aux fonctions de siège (figure en haut à droite), qui comprennent les activités stratégiques, la formation et les infrastructures informatiques, ainsi que les projets axés sur la recherche et le développement (figure en bas à gauche), indiquent une tendance à la réduction des deux dimensions de la distance, qui correspond à la tendance générale (figure en haut à gauche) ; et 2) le tableau est radicalement différent en ce qui concerne les investissements axés sur la production (figure en bas à droite). Si la distance géopolitique tend à se réduire, la distance géographique est restée relativement stable depuis 2017 et a même augmenté en 2023.
Ce schéma est conforme au scénario dans lequel les entreprises pharmaceutiques tentent de minimiser leur exposition aux risques en réduisant leurs investissements dans des pays géopolitiquement éloignés. Fait important, l’absence d’une réduction nette de la distance géographique des investissements axés sur la production laisse penser qu’au lieu de délocaliser à proximité, les entreprises pourraient envisager d’entretenir un réseau de production mondial diversifié, tout en procédant à une réduction stratégique de leurs activités au sein d’économies sous tension sur le plan géopolitique.
En résumé, la synthèse des éclairages apportés par les données sur les échanges et l’investissement permettent de formuler deux observations : 1) la géographie de l’approvisionnement n’évolue que lentement, en raison de contraintes diverses ; et 2) les entreprises semblent enclines à mettre en balance les avantages de l’atténuation des risques géopolitiques et les coûts liés à l’abandon des chaînes d’approvisionnement établies et façonnées au fil du temps.
Notes de l’Encadré 2.1
1. Les données sur les échanges sont issues de la Base pour l’Analyse du Commerce International (BACI) (Gaulier et Zignago, 2010[27]) et couvrent 71 produits intermédiaires auxquels a été attribué un code à 6 six chiffres et qui ont été assignés au secteur pharmaceutique sur la base d’un tableau de correspondance créé pour la base de données de l’OCDE sur les échanges bilatéraux de biens par catégorie d’utilisation finale (https://www.oecd.org/en/data/datasets/bilateral-trade-in-goods-by-industry-and-end-use-category.html). Les informations concernant les IDE sont issues de la base de données fDi Markets du Financial Times (fDi Markets, un service du Financial Times Limited 2024. Tous droits réservés). Cette ressource globale recense les investissements de création dans le monde entier. Pour chaque projet d’investissement, la base de données fournit une description de la fonction opérationnelle correspondante. L’analyse présentée dans cette section repose sur l’ensemble du nombre de projets d’investissement attribués au secteur pharmaceutique dans cette base de données.
2. L’indice Herfindahl-Hirschmann (IHH) a été calculé en trois étapes : tout d’abord, un IHH granulaire a été calculé en additionnant le carré des parts de marché de chaque produit pharmaceutique, de chaque importateur et de chaque année. Ensuite, ces valeurs préliminaires de l’IHH ont été ajustées en fonction de la part de chaque produit dans les importations totales de produits intermédiaires pharmaceutiques de l’importateur afin d’obtenir un IHH propre à l’importateur. Enfin, les IHH propres aux importateurs ont été pondérés selon la contribution de l’importateur à la production pharmaceutique mondiale, sur la base des données de l’OCDE, afin de calculer l’IHH mondial pour une année donnée.
3. Si le Graphique 2.7 présente une moyenne pondérée de l’IHH pour l’ensemble des pays importateurs et des intermédiaires pharmaceutiques, il se peut que cette vue d’ensemble masque des niveaux de concentration plus élevés et des tendances différentes au niveau des pays lorsque ceux-ci sont examinés individuellement. De même, le calcul de la concentration par entreprise ou l’incorporation d’indicateurs de la substituabilité d’un produit donneraient des résultats différents. En outre, il n’existe pas de seuil définissant la concentration critique communément accepté. En ce qui concerne la concentration des importations, Baur & Flach (Baur et Flach, 2022[31]) retiennent un seuil de 0.33, tandis qu’Arriola et al. (2024[32]) et la Commission européenne (Commission européenne, 2021[33]) retiennent un seuil de 0.4. Pour plus d’informations sur l’IHH et l’analyse connexe, voir la section 3.3.
4. Les données sur la distance géographique sont issues de la base de données Gravity du CEPII (Conte, Cotterlaz et Mayer, 2022[34]). L’indicateur de distance géopolitique se fonde sur Bailey, Strezhnev, et Voeten (2017[28]) et les votes des pays à l’Assemblée générale des Nations Unies. La variable initiale a d’abord été convertie en une moyenne glissante sur cinq ans, débutant deux ans avant l’année en question. À titre d’exemple, pour l’analyse de l’année 2020, on a utilisé la moyenne de la période 2014-18. Pour plus d’informations sur les limites de cette source de données, voir Voeten (2023[35]).
2.3.2. L’exposition aux chocs de production en amont et en aval varie selon les secteurs
L’intensité d’importations de la production, qui reflète la dépendance d’une industrie à l’égard d’intrants provenant de l’étranger, peut être considérée comme un indicateur de l’exposition aux chocs causés par les fournisseurs d’intrants étrangers. Toutefois, les entreprises sont également exposées à des chocs pouvant toucher leurs clients étrangers. Le Graphique 2.9 présente deux indicateurs de l’exposition à la production étrangère : la dépendance des secteurs importateurs aux produits étrangers (FPEM) et la dépendance des secteurs exportateurs aux produits étrangers (FPEX) (Baldwin, Freeman et Theodorakopoulos, 2022[36]). L’indicateur FPEM indique le pourcentage d’intrants provenant de l’étranger dans un secteur de l’OCDE donné. Le FPEX illustre la dépendance d’un secteur à l’égard des ventes sur les marchés étrangers.
Le graphique montre que la dépendance à l’égard des marchés étrangers des secteurs en amont comme les matières premières tend à être élevée. C’est également le cas pour les secteurs fournissant des services aux marchés étrangers, en particulier les services d’infrastructure qui sont essentiels aux échanges transfrontières, comme les transports et la distribution. L’industrie manufacturière non stratégique, qui est axée sur les biens de consommation, est le seul secteur de l’OCDE dont la dépendance en amont est plus prononcée à l’égard intrants étrangers (FPEM) que vis-à-vis des ventes à l’étranger (FPEX). En moyenne, le secteur le plus dépendant, en amont comme en aval, est celui de l’industrie manufacturière stratégique (dont font partie des secteurs comme le pétrole et l’électronique) ; ceci témoigne de la complexité des chaînes d’approvisionnement du secteur, qui requièrent un plus grand nombre d’étapes de production et de franchissements de frontières.
Cette section est liée à l’annexe statistique par pays sur les interdépendances et évolutions des chaînes d’approvisionnement internationales. Celle-ci montre quelle proportion d’un secteur est potentiellement vulnérable à des perturbations survenant à l’étranger, en amont (FPEM) comme en aval (FPEX), pour chaque pays Membre de l’OCDE (Annexe B).
2.3.3. Les entreprises multinationales comptent pour une part élevée des échanges dans les CVM
Les décisions d’investissement des entreprises multinationales ont des effets considérables sur la structure des chaînes d’approvisionnement. Les entreprises qui souhaitent atteindre leurs clients étrangers peuvent avoir recours à d’autres solutions que l’exportation de leurs produits au-delà des frontières nationales. Dans nombre de secteurs, les entreprises choisissent de desservir leurs marchés étrangers en établissant des succursales locales gérées par des sociétés filiales3. Du point de vue des pays hôtes, les filiales sont des entreprises nationales. Néanmoins, elles exercent leurs activités sous la direction de leur société mère étrangère.
Ainsi, on constate que si un nombre croissant d’entreprises ont créé des filiales à l’étranger au fil des ans, elles l’ont fait pour des raisons variées qui ne se limitent pas à la desserte des marchés locaux. Souvent, les entreprises multinationales souhaitent s’implanter dans un pays pour un ensemble de raisons, notamment la situation géographique, les ressources naturelles, les coûts de main-d’œuvre, les connaissances spécialisées et l’environnement réglementaire.
De nos jours, les groupes d’EMN exerçant des activités à l’étranger comptent parmi les acteurs les plus importants de l’économie mondiale. Au niveau planétaire, les filiales étrangères des EMN comptaient pour 11 % de la production brute mondiale en 2020 (Graphique 2.10). Après avoir connu une croissance rapide dans les années 2000, cette part s’est stabilisée à partir de 2011. Ces données ne tiennent pas compte des activités exercées par les EMN dans leur pays d’origine, à savoir des activités des sièges sociaux et des autres établissements implantés dans le pays d’origine. D’après les estimations de l’OCDE, les activités exercées par les EMN sur le territoire du pays d’origine contribuent à hauteur de 20 % supplémentaires de la production brute mondiale. En conséquence, les activités des entreprises multinationales représentent environ un tiers de la production brute mondiale.
Les activités des entreprises multinationales ont tendance à être à la fois issues des pays membres de l’OCDE et concentrées dans ceux-ci. Sur l’ensemble de la production brute réalisée par les filiales étrangères au niveau mondial, 71 % sont produits par des filiales (quel que soit le lieu où elles sont implantées) d’entreprises multinationales ayant leur siège dans des pays membres de l’OCDE et 57 % sont produits par des filiales étrangères implantées dans des pays membres de l’OCDE.
La part des ventes des filiales étrangères dans la production brute mondiale s’est maintenue à un niveau plus ou moins constant depuis la crise financière mondiale de 2008. Si on a observé des signes de recul des flux d’IDE depuis 2016 (FMI, 2023[37]), cette tendance ne se vérifie pas en ce qui concerne les activités des filiales étrangères4. À l’inverse, la production multinationale a gagné en dynamisme au cours de la dernière décennie, à la faveur de l’augmentation du nombre d’entreprises multinationales originaires d’économies émergentes et de pays en développement (Buckley et al., 2023[39]).
Références
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Notes
Copier le lien de Notes← 1. Les échanges liés aux CVM désignent les flux d’échanges associés à la spécialisation verticale des économies qui importent des intrants en vue d’exporter. On trouvera une définition plus précise à la note suivant le Graphique 2.1.
← 2. S’appuyant sur les flux d’échanges bruts, l’indicateur procède à un double comptage de la valeur ajoutée des intrants qui traversent plusieurs fois des frontières et rend ainsi compte non seulement de la valeur ajoutée étrangère incluse dans la production brute, mais aussi du niveau de segmentation de la production mondiale.
← 3. À des fins statistiques, une entreprise est considérée comme une filiale étrangère si plus de la moitié des droits de vote sont détenus directement ou indirectement par une entité étrangère.
← 4. Les flux et stocks d’IDE sont généralement considérés comme des indicateurs faussés de l’activité des filiales étrangères, car ils sont influencés par les fusions et les acquisitions, les transferts de bénéfices et les restructurations financières (Beugelsdijk et al., 2010[41] ; Blanchard et Acalin, 2016[40]).