La culture financière est indispensable pour stimuler une participation plus large et mieux éclairée aux marchés de capitaux. Le présent chapitre examine les politiques de culture financière en s’appuyant sur une enquête-bilan menée auprès de 28 institutions publiques dans 20 juridictions africaines. Il fait ressortir une volonté grandissante de la part des pouvoirs publics, illustrée par la mise en œuvre ou l’élaboration de stratégies nationales pour la culture financière dans 17 juridictions. Ce chapitre s’intéresse également aux programmes de culture financière, notamment à ceux qui abordent des sujets en lien avec l’investissement. D’importants progrès ont été accomplis, mais l’exécution des stratégies nationales et des programmes et initiatives de culture financière, leur évaluation et leurs ressources continuent de poser certaines difficultés.
Rapport sur les marchés de capitaux en Afrique 2026
7. Renforcer la culture financière pour améliorer la participation aux marchés de capitaux
Copier le lien de 7. Renforcer la culture financière pour améliorer la participation aux marchés de capitauxDescription
Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesLa culture financière est de plus en plus reconnue comme un moyen essentiel de développer les marchés de capitaux en Afrique. En dotant les individus des connaissances, des compétences et de la confiance nécessaires pour y participer et prendre des décisions d’investissement éclairées, la culture financière peut renforcer la résilience dans le domaine financier et favoriser la mobilisation de l’épargne intérieure.
Les stratégies nationales pour la culture financière prennent de l’ampleur sur tout le continent. En particulier, elles aident à mobiliser l’engagement politique, coordonner les parties prenantes et promouvoir une ligne de conduite cohérente à l’égard des programmes et initiatives de culture financière. En 2026, 12 juridictions mettent en œuvre une stratégie nationale ; cinq autres prévoient ou élaborent une telle stratégie. Neuf de ces 17 stratégies nationales sont autonomes et concernent exclusivement la culture financière, tandis que huit font partie d’initiatives en faveur de l’inclusion financière.
Les stratégies nationales pour la culture financière s’appuient sur des principes de gouvernance solides, une large mobilisation des parties prenantes et une conception fondée sur des données probantes. Toutes les juridictions dotées d’une stratégie nationale ont désigné un organe directeur et font intervenir des acteurs des secteurs public, privé et à but non lucratif. Dans la majorité des cas, l’élaboration de la stratégie nationale est guidée par des données factuelles, des consultations des parties prenantes et une cartographie des programmes existants. Les informations sur les niveaux de culture financière, notamment en lien avec l’investissement, sont toutefois limitées.
Dans deux tiers des stratégies nationales, l’investissement, la planification de la retraite et la participation aux marchés de capitaux sont des objectifs majeurs. Trois quarts des institutions (21 sur 28) indiquent mettre en œuvre des programmes et initiatives de culture financière traitant de sujets en lien avec l’investissement, dans le cadre ou non d’une stratégie nationale.
La lutte contre les escroqueries et les fraudes à l’investissement (21 sur 28), ainsi que les bases de l’investissement (19), sont les thèmes centraux les plus fréquents des programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement menés par les institutions publiques. Quelques institutions abordent également les aspects comportementaux de l’investissement (12), dont les biais les plus courants, mais aussi des sujets émergents, comme les crypto-actifs (10).
43 % des juridictions indiquent suivre la mise en œuvre de leur stratégie nationale, et 41 % déclarent l’évaluer. Moins de 40 % des institutions participantes (11 sur 28) déclarent évaluer l’impact et l’efficacité de leurs programmes de culture financière.
Les programmes et initiatives de culture financière sont le plus souvent financés soit par l’organe de coordination de la stratégie nationale (40 % des institutions participantes) soit par les contributions de parties prenantes des secteurs public, privé et à but non lucratif (40 %). Les institutions participantes citent le manque de financement, de capacités humaines et d’activités de diffusion comme obstacles au développement des programmes et à l’amplification de leur impact.
7.1. Introduction
Copier le lien de 7.1. IntroductionLa Recommandation de l’OCDE sur la culture financière (la « Recommandation de l’OCDE »), norme internationale en la matière, en donne la définition suivante : « combinaison des connaissances, des savoirs, des compétences, des attitudes et des comportements dans le domaine financier indispensables pour prendre des décisions financières en toute connaissance de cause et, en fin de compte, parvenir au bien-être financier ». Dans un contexte de complexification des marchés financiers, de numérisation rapide, de tensions démographiques et économiques, et de responsabilité individuelle accrue dans les décisions financières, la culture financière est devenue une compétence essentielle dans la vie pour renforcer à la fois le bien-être financier des personnes et la résilience de l’économie au sens large (OCDE, 2020[1]). La « culture ou éducation en investissement », généralement considérée comme un sous-ensemble du concept plus global de culture financière, porte sur les sujets d’intérêt pour les personnes qui participent, ou envisagent de participer, aux marchés de capitaux (couramment appelés « investisseurs particuliers ») (OICV, 2014[2]).
Le Rapport de l’OCDE sur les marchés de capitaux en Afrique de 2025 met en évidence l’importance fondamentale de la culture financière pour stimuler une plus grande participation des particuliers aux marchés de capitaux en Afrique (OCDE, 2025[3]). En dotant les personnes des connaissances, des compétences et de la confiance nécessaires pour comprendre les produits d’investissement et les principaux concepts (risque, rendement et diversification) et pour prendre des décisions à long terme éclairées, la culture financière peut les aider à profiter des possibilités d’investissement en fonction de leurs besoins, de leurs objectifs et de leur tolérance au risque. Si elle ne suffit pas à elle seule pour accroître la participation aux marchés de capitaux, elle vient s’ajouter à une protection financière solide des consommateurs, à une gouvernance appropriée des produits et à des marchés financiers accessibles. Globalement, le renforcement de la culture financière peut contribuer à une participation plus éclairée aux marchés de capitaux, favoriser l’accumulation de richesse et la préparation à la retraite, et nourrir la confiance dans le système financier (G20/OCDE, 2022[4] ; OCDE, 2019[5] ; 2019[6]).
Le présent chapitre porte sur l’intérêt croissant de la culture financière pour le développement des marchés de capitaux en Afrique. Il analyse l’évolution du paysage financier, présente le cadre d’action de l’OCDE sur la culture financière et la protection des consommateurs dans le domaine financier, et examine les liens entre culture financière et participation des particuliers aux marchés de capitaux. Il livre également une vue d’ensemble des stratégies nationales pour la culture financière en Afrique, selon la structure de la Recommandation de l’OCDE. Il présente ensuite les programmes et initiatives de culture financière en place en Afrique, dont ceux en lien avec l’investissement, avec études de cas à l’appui.
La principale source de données factuelles pour ce chapitre est une enquête-bilan en ligne (« l’enquête ») menée pour la création de la branche Afrique du Réseau international de l’OCDE sur l’éducation financière (le « Réseau OCDE/INFE Afrique ») (Encadré 7.1)1. L’enquête a été conduite entre avril et mai 2026 auprès d’institutions publiques africaines membres du Réseau Afrique, avec pour finalité d’évaluer les politiques et pratiques d’éducation financière. Elle couvrait les sujets abordés dans la Recommandation de l’OCDE, notamment les stratégies nationales pour la culture financière, l’éducation financière dans différents secteurs financiers et l’exécution des programmes et initiatives de culture financière. Au total, 28 institutions publiques africaines, représentant 20 juridictions, ont participé à l’enquête. On trouvera de plus amples informations sur l’enquête, les institutions participantes et les juridictions à l’Annexe 7.A. L’analyse est complétée par des travaux de recherche documentaire et des discussions avec les membres du Réseau OCDE/INFE Afrique, ainsi que par des études et des données recueillies de manière plus générale par l’OCDE/INFE.
Encadré 7.1. Le Réseau OCDE/INFE Afrique
Copier le lien de Encadré 7.1. Le Réseau OCDE/INFE AfriqueCréé en juin 2026, sous les auspices du Réseau international de l’OCDE sur l’éducation financière (« OCDE/INFE »), le Réseau OCDE/INFE Afrique est un forum régional réunissant des institutions publiques d’Afrique responsables de la culture financière et de sujets assimilés. Sa mission : favoriser l’échange d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques, et renforcer la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des stratégies et programmes d’éducation financière.
Le Réseau OCDE/INFE Afrique facilite en outre la dissémination et la réalisation des normes et études internationales de l’OCDE, dont la Recommandation de l’OCDE. Il encourage la participation aux projets, aux initiatives de collecte de données et aux manifestations de l’OCDE dans ce domaine, dont la Semaine mondiale de l’éducation financière.
Le Réseau Afrique est ouvert aux institutions publiques d’Afrique chargées de, ou intéressées par, la culture et l’éducation financières. En octobre 2026, 31 institutions nationales et régionales représentant 36 pays africains sont membres du Réseau Afrique.
7.2. L’intérêt grandissant de la culture financière pour le développement des marchés de capitaux en Afrique
Copier le lien de 7.2. L’intérêt grandissant de la culture financière pour le développement des marchés de capitaux en Afrique7.2.1. Contexte macroéconomique et financier et nouvelles tendances
Le secteur financier africain s’est radicalement transformé au cours des vingt dernières années, sous l’impulsion des réformes, du développement des marchés de capitaux, de la progression de l’inclusion financière et d’une numérisation rapide (GSMA, 2026[7] ; FMI, 2024[8] ; African Development Bank, 2024[9] ; Klapper et al., 2025[10] ; OCDE, 2025[3]). L’adoption répandue de l’argent mobile, des innovations technologiques dans le domaine financier et des services financiers numériques a considérablement élargi l’accès aux produits financiers et aux possibilités d’investissement en faisant baisser les coûts de transaction et en réduisant les obstacles géographiques (Ricci et al., 2025[11] ; Sy et al., 2019[12]). L’émergence des applications boursières mobiles, des plateformes numériques d’investissement et des crypto-actifs transforme également le comportement des investisseurs particuliers, créant de nouvelles possibilités d’accumulation de richesse tout en exposant les consommateurs à des produits et services financiers de plus en plus complexes, à l’escroquerie et à la fraude en ligne, aux cyberrisques, à la mésinformation et aux biais comportementaux (OCDE, 2025[13] ; 2025[14] ; 2026[15] ; 2026[16] ; OICV, 2025[17]).
Le développement de marchés de capitaux plus profonds et plus inclusifs est devenu une priorité importante de l’action publique dans toute l’Afrique. Le bon fonctionnement des marchés de capitaux peut permettre de mobiliser l’épargne intérieure, diversifier les sources de finance au-delà du crédit bancaire, favoriser l’investissement dans les entreprises et les infrastructures et renforcer la résilience face aux chocs externes. Comme le soulignait le Rapport de l’OCDE sur les marchés de capitaux en Afrique de 2025, il est essentiel d’élargir la base d’investisseurs nationaux et d’encourager une plus grande participation des investisseurs particuliers aux marchés de capitaux pour mobiliser des capitaux nationaux à long terme au service d’un développement économique durable (OCDE, 2025[3]).
Bien que les marchés de capitaux africains soient encore relativement réduits et hétérogènes par comparaison avec ceux des économies avancées et de bon nombre d’économies émergentes, les décideurs de l’ensemble du continent mettent en œuvre des réformes visant à approfondir les marchés de capitaux nationaux, à multiplier les possibilités d’investissement et à renforcer la participation des investisseurs particuliers (OCDE, 2025[3]).
7.2.2. Normes de l’OCDE en matière de culture financière et de protection des consommateurs de services et de produits financiers
La culture financière est de longue date une priorité de l’OCDE, ancrée dans sa Recommandation sur la culture financière2. La Recommandation de l’OCDE sur la culture financière définit la norme internationale de conception, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques de culture financière, articulée autour de trois piliers : les stratégies nationales pour la culture financière, l’intégration de la culture financière dans l’ensemble des secteurs du paysage financier ainsi que la bonne mise en œuvre des programmes d’éducation financière. Dans un esprit de globalité, elle traite la culture financière comme allant de pair avec l’inclusion financière et la protection des consommateurs pour favoriser la résilience et le bien-être financiers. Ce concept est renforcé par les Principes du G20 et de l’OCDE sur la protection financière des consommateurs (Principes PFC), norme internationale pour les cadres d’action en faveur d’une protection financière complète et efficace des consommateurs, cautionnés par les chefs d’État et de gouvernement des pays du G20 et adoptés par les gouvernements des pays membres de l’OCDE en 2022. Dans les Principes PFC, la culture et la culture financières sont l’un des éléments essentiels d’un cadre global de protection financière des consommateurs (G20/OCDE, 2022[4]).
Ensemble, ces instruments constituent un cadre d’action global pour encourager une participation éclairée des investisseurs particuliers, renforcer la confiance dans les marchés de capitaux et favoriser l’intégrité des marchés grâce aux rôles complémentaires de l’éducation financière, de la protection des consommateurs et d’une surveillance réglementaire efficace.
Ce travail d’établissement de normes repose sur une base factuelle solide. Par le biais de l’enquête internationale de l’OCDE/INFE sur la culture, l’inclusion et le bien-être financiers des adultes (OCDE, 2023[18]) et du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) (OCDE, 2024[19]), l’OCDE mesure les connaissances, les comportements et les attitudes dans le domaine financier sur un ensemble de pays. Cela permet à ces derniers d’établir des valeurs de référence, de suivre les progrès, de cibler les besoins et de comparer leurs pratiques aux bonnes pratiques internationales Les données disponibles révèlent un manque de culture financière chez les adultes et les jeunes, source majeure et grandissante de vulnérabilité des consommateurs. Ce travail d’établissement de normes est également complété par l’assistance technique et les forums régionaux de l’OCDE, dont le Réseau OCDE/INFE Afrique, ainsi que par des initiatives mondiales comme la Semaine mondiale de l’éducation financière, laquelle a mobilisé plus de 71 millions d’enfants et de jeunes dans 176 pays et territoires, dont un grand nombre en Afrique, depuis 2012 (OCDE, 2026[20]).
7.2.3. Culture financière et développement des marchés de capitaux
L’Afrique manque de données comparables sur les niveaux de culture financière et, en particulier, de culture en matière d’investissement. Celles disponibles proviennent d’enquêtes par pays concernant les capacités et l’inclusion financières plutôt que d’évaluations internationales harmonisées. Par exemple, les enquêtes FinScope menées au Botswana (FinMark Trust, 2024[21]), au Malawi (FinMark Trust, 2023[22]), en Tanzanie (FinMark Trust, 2023[23]) et en Afrique du Sud (FinMark Trust, 2023[24]) évaluent les capacités financières en même temps que l’inclusion financière au moyen d’indicateurs comme la planification financière, le comportement d’épargne, la gestion des risques, la résilience financière et la constitution de patrimoine. Les conclusions font apparaître des faiblesses persistantes dans la capacité des consommateurs à prévoir pour l’avenir, à gérer les risques financiers et à profiter des produits d’investissement, malgré l’amélioration rapide de l’accès à des services financiers numériques et mobiles. La disponibilité et la comparabilité des données devraient s’améliorer à mesure que les pays africains participeront aux évaluations internationales, notamment à l’enquête internationale de l’OCDE/INFE sur la culture, l’inclusion et le bien-être financiers des adultes.
Bien que les données internationales sur la culture financière en Afrique soient encore en développement, les études existantes soulignent invariablement l’importance de la culture financière pour que les individus puissent s’intéresser aux services financiers et aux produits d’investissement. Une abondante littérature sur les finances des ménages traite de la corrélation positive forte entre culture financière et participation aux marchés de capitaux. Par exemple, une étude constate que les individus qui possèdent une plus grande culture financière sont bien plus susceptibles de détenir des actions (van Rooij, Lusardi et Alessie, 2011[25]). Les travaux de recherche qui ont suivi confirment ce rapport positif entre culture financière et participation aux marchés de capitaux dans plusieurs pays d’Afrique tels que la Zambie (Hangoba et Marvin, 2025[26]), le Ghana (Blay et al., 2024[27]), la Tanzanie (Epaphra et Kiwia, 2021[28]) et l’Afrique du Sud (Nyakurukwa et Seetharam, 2022[29]).
La protection financière des consommateurs est également un élément essentiel de systèmes financiers inclusifs et résilients, à l’instar de la culture et de l’inclusion financières (G20/OCDE, 2022[4]). Des mesures efficaces de protection des consommateurs, notamment l’obligation de transparence des déclarations, le traitement équitable, les normes d’adéquation minimale et les mécanismes de recours accessibles, aident les investisseurs à prendre des décisions en connaissance de cause, réduisent les pratiques répréhensibles des prestataires de services financiers et, in fine, renforcent la confiance dans les marchés de capitaux. Une confiance accrue des investisseurs peut, à son tour, encourager un public plus large à participer aux marchés de capitaux, contribuant ainsi à l’accumulation de richesse des ménages et à une répartition plus efficace des ressources financières dans l’économie.
7.2.4. Principaux freins à une participation accrue des particuliers aux marchés de capitaux en Afrique
Les 28 institutions africaines qui ont participé à l’enquête font état de plusieurs freins actuels à la participation des particuliers aux marchés de capitaux. Dix-sept d’entre elles citent des obstacles du côté de la demande. Ces obstacles sont étroitement liés aux faibles niveaux de culture financière et de compétences numériques, au manque de compréhension des concepts des marchés de capitaux, des produits d’investissement et des arbitrages entre risque et rendement. Ils tiennent également aux inégalités d’accès aux informations et à l’éducation financières. Autant de problèmes particulièrement marqués dans les populations rurales et vulnérables, où la barrière de la langue peut limiter plus encore la participation aux marchés de capitaux. Par conséquent, bon nombre de particuliers continuent d’avoir recours à l’épargne traditionnelle – dépôts bancaires, immobilier ou mécanismes d’épargne informels – et pensent souvent que les marchés de capitaux sont complexes, risqués ou accessibles uniquement aux catégories plus nanties. D’autres obstacles sont présents du côté de la demande, comme la faible couverture des régimes de retraite, mais qui ne sont pas abordés en détail dans ce chapitre.
Les institutions participantes mettent également en avant des obstacles économiques, technologiques et sociaux exogènes, dont la pauvreté persistante, les revenus faibles ou irréguliers, les niveaux élevés de chômage – en particulier chez les jeunes –, les inégalités régionales d’accès aux services financiers et aux ressources éducatives – souvent concentrées dans les zones urbaines – et l’ampleur de l’économie informelle. Tous peuvent diminuer la capacité et les incitations des ménages à investir par le biais des marchés de capitaux formels. Parallèlement, la numérisation rapide des services financiers et la complexification des produits d’investissement ont créé de nouveaux défis pour l’éducation des investisseurs. Si le numérique permet d’élargir l’accès aux produits et services d’investissement, les déficits de compétences numériques et de connectivité risquent pour leur part de creuser les inégalités existantes. L’exposition croissante à l’escroquerie et à la fraude en ligne, aux informations sur l’investissement diffusées sur les réseaux sociaux et aux conseils financiers potentiellement trompeurs, vient s’ajouter aux problèmes associés à l’éducation en investissement. Ces obstacles étant posés, le reste de ce chapitre analyse les programmes et les politiques d’éducation financière ainsi que les recommandations pour renforcer la culture financière en matière d’investissement et de participation aux marchés de capitaux.
7.3. Stratégies nationales pour la culture financière en Afrique
Copier le lien de 7.3. Stratégies nationales pour la culture financière en AfriquePour renforcer la culture financière dans l’ensemble de la population, bon nombre de pays et d’économies à travers le monde, y compris en Afrique, ont adopté des stratégies nationales spécifiques (OCDE, 2026, à venir[30]). Celles-ci jouent un rôle essentiel de mobilisation de l’engagement politique, de coordination des parties prenantes, d’identification des groupes cibles prioritaires, et de promotion de modalités cohérentes et efficaces de conception, mise en œuvre et évaluation des initiatives en faveur de la culture financière. Elles constituent également un cadre adaptable pour réagir aux défis émergents que sont les services financiers numériques, l’intelligence artificielle, la complexification des produits d’investissement et l’escroquerie financière de plus en plus sophistiquée, en veillant à ce que les programmes et initiatives de culture financière restent actuels, efficaces et réactifs à l’évolution des besoins des consommateurs (OCDE, 2026, à venir[30]).
Les stratégies nationales étant généralement mises en œuvre au niveau national ou régional, l’analyse présentée dans cette section concerne 20 juridictions.
En 2026, une stratégie nationale est en cours de mise en œuvre dans 12 juridictions3, et prévue ou en préparation dans cinq autres. Environ la moitié des stratégies nationales (prévues) concernent exclusivement la culture financière (9 sur 17) et la moitié (8) entrent dans le cadre d’une autre initiative (par ex. d’inclusion financière) (Graphique 7.1).
Graphique 7.1. Stratégies nationales pour la culture financière en Afrique
Copier le lien de Graphique 7.1. Stratégies nationales pour la culture financière en Afrique
Note : Nombre de juridictions = 20
Trois juridictions ont indiqué ne pas prévoir, élaborer, ni mettre en œuvre de stratégie nationale pour la culture financière.
Source : Enquête-bilan de l’OCDE auprès des membres du réseau OCDE/INFE Afrique, avril-mai 2026 et enquête-bilan de l’OCDE/INFE sur la mise en œuvre de la recommandation de l’OCDE sur la culture financière, février 2025.
7.3.1. Principaux éléments des stratégies nationales pour la culture financière
La Recommandation de l’OCDE définit ainsi les stratégies nationales pour la culture financière : « des cadres d’action coordonnés, fondés sur des données probantes, qui reconnaissent la culture financière comme une priorité nationale, l’alignent sur des objectifs plus généraux comme la protection financière des consommateurs et l’inclusion financière, et mettent en place des modalités de gouvernance, de mise en œuvre, de surveillance et d’évaluation pour assurer la bonne exécution des programmes et initiatives de culture financière ». Cette sous-section traite de ces aspects en s’appuyant sur les déclarations des juridictions africaines.
Les modalités de gouvernance varient d’une juridiction à l’autre, mais les 17 juridictions participantes qui déclarent prévoir, élaborer ou mettre en œuvre une stratégie nationale pour la culture financière indiquent avoir en place un organe chargé de diriger la stratégie et de coordonner sa mise en œuvre. Environ la moitié des juridictions (9 sur 17) ont désigné une autorité chef de file, généralement une banque centrale ou un ministère. Les juridictions restantes (8 sur 17) ont recours à des modalités de gouvernance collective. Cinq d’entre elles ont mis en place un organe de coordination composé exclusivement d’institutions publiques (banques centrales, ministères, autorités de réglementation financière et de surveillance) tandis que trois autres ont adopté un modèle de gouvernance plus large comprenant également des organisations des secteurs privé, public ou à but non lucratif.
Toutes les juridictions indiquent que des parties prenantes des secteurs privé et à but non lucratif participent à l’élaboration et à la réalisation des stratégies nationales. Il s’agit généralement d’acteurs du secteur des services financiers, en particulier des banques et coopératives de crédit, des compagnies d’assurance et des associations du secteur financier (Graphique 7.2). Leur intervention peut renforcer l’éducation financière au moyen de ressources financières et en nature, d’expertise spécialisée, de canaux de communication efficaces et d’accompagnement des étapes clés de la prise de décision financière. En dehors du secteur des services financiers, les organes de presse, les organisations non gouvernementales (ONG), les chercheurs et les organes de défense des droits des consommateurs interviennent également dans certaines juridictions. On note en particulier que 11 des 17 juridictions déclarent avoir en place des dispositifs ou des mécanismes de type code de conduite, qui régissent la participation d’acteurs du secteur privé et/ou à but non lucratif à la mise en œuvre des stratégies nationales. Ces dispositifs ou mécanismes sont jugés essentiels pour assurer la cohérence et la qualité du contenu de l’éducation financière, la neutralité et l’objectivité, mais aussi une distinction claire entre éducation financière et communication commerciale.
Graphique 7.2. Acteurs impliqués dans la conception et la réalisation des stratégies nationales
Copier le lien de Graphique 7.2. Acteurs impliqués dans la conception et la réalisation des stratégies nationales
Note : Nombre de juridictions qui prévoient, élaborent ou mettent en œuvre une stratégie nationale pour la culture financière = 17. Plusieurs réponses possibles.
Source : Enquête-bilan de l’OCDE auprès des membres du réseau OCDE/INFE Afrique, avril-mai 2026 et enquête-bilan de l’OCDE/INFE sur la mise en œuvre de la recommandation de l’OCDE sur la culture financière, février 2025.
Des sources de données et d’analyse très variées sont utilisées pour éclairer l’élaboration des stratégies nationales, notamment les collectes de données quantitatives et qualitatives sur la culture financière (14 juridictions sur 17 qui prévoient, élaborent ou mettent en œuvre une stratégie nationale pour la culture financière), l’examen des bonnes pratiques nationales et internationales (14), la cartographie des programmes de culture financière existants (14), les consultations des parties prenantes (13), les analyses des marchés financiers (10) et les données sur les réclamations des consommateurs (8) (Graphique 7.3). Cependant, les niveaux de culture financière sont rarement mesurés par le biais d’enquêtes internationales dédiées ; seule une juridiction africaine (Afrique du Sud) a participé à l’Enquête internationale de l’OCDE/INFE sur la culture, l’inclusion et le bien-être financiers des adultes depuis sa création.
Graphique 7.3. Étapes préparatoires pour éclairer les stratégies nationales pour la culture financière
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Note : Nombre de juridictions qui prévoient, élaborent ou mettent en œuvre une stratégie nationale pour la culture financière = 17. Plusieurs réponses possibles.
Source : Enquête-bilan de l’OCDE auprès des membres du réseau OCDE/INFE Afrique, avril-mai 2026 et enquête-bilan de l’OCDE/INFE sur la mise en œuvre de la recommandation de l’OCDE sur la culture financière, février 2025.
S’agissant des modalités de mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation, dans environ 65 % des juridictions qui prévoient, élaborent ou mettent en œuvre une stratégie nationale pour la culture financière, celle-ci inclut ou est accompagnée par, un plan de mise en œuvre ou un plan d’action avec mesures définies. D’autre part, 53 % des juridictions déclarent suivre la mise en œuvre de leur stratégie nationale, tandis que 41 % déclarent l’évaluer. Les plateformes en ligne consacrées à accompagner la mise en œuvre des stratégies nationales pour la culture financière demeurent relativement rares. Seules trois juridictions participantes déclarent avoir un site Internet ou un référentiel d’informations spécial, tandis que six indiquent en prévoir la mise en place.
Les stratégies nationales couvrent un large éventail de sujets. Entre 60 % et 79 % des juridictions qui prévoient, élaborent ou mettent en œuvre une stratégie nationale pour la culture financière couvrent les sujets essentiels, à savoir la budgétisation et la gestion des finances à court terme (79 %), les escroqueries et les fraudes financières (79 %), l’assurance et la gestion des risques (72 %), l’épargne (68 %), l’investissement et la participation aux marchés de capitaux (68 %), la planification et l’épargne pour la retraite et les pensions (68 %), le crédit et comment éviter le surendettement (68 %), l’accès aux produits et services financiers et leur utilisation (68 %). Les envois de fonds des travailleurs émigrés, en dépit de leur importance dans bon nombre de juridictions, restent l’un des sujets les moins fréquemment couverts (32 %).
7.3.2. Principaux défis et aspects des stratégies nationales pour la culture financière à développer plus avant
Malgré les progrès importants accomplis sur le plan de l’élaboration de stratégies nationales pour la culture financière dans toute l’Afrique, plusieurs défis subsistent actuellement. Le manque de ressources financières et humaines continue de restreindre la mise en œuvre, le rayonnement et la durabilité des stratégies nationales, tandis que le manque de suivi et d’évaluation fait ressortir le besoin de données factuelles plus solides pour évaluer l’efficacité et éclairer les politiques futures. Bien que les modalités de gouvernance soient généralement bien établies, il demeure difficile d’assurer une coordination efficace entre le large éventail de parties prenantes des secteurs public, privé et à but non lucratif qui interviennent. Il serait aussi possible de renforcer la base factuelle sur laquelle reposent les stratégies nationales, en particulier en mesurant de manière plus systématique les niveaux de culture financière en lien avec l’investissement. Par exemple, une seule juridiction africaine a participé à l’enquête internationale de l’OCDE/INFE sur la culture, l’inclusion et le bien-être financiers des adultes. Enfin, les outils numériques qui facilitent la mise en œuvre des stratégies nationales pourraient eux aussi être renforcés, les sites Internet consacrés à la culture financière ou les référentiels d’informations étant encore relativement rares.
7.4. Programmes et initiatives de culture financière
Copier le lien de 7.4. Programmes et initiatives de culture financièreLes stratégies nationales pour la culture financière fournissent un cadre pour la mise en œuvre de programmes et initiatives de culture financière, mais les institutions exécutent également des programmes en dehors du champ de ces stratégies. Cette sous-section donne une vue d’ensemble des programmes et initiatives de culture financière mis en œuvre par les institutions participantes. Elle met en exergue les données factuelles disponibles sur les programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement. À la différence de la sous-section précédente, l’analyse est présentée au niveau des institutions plutôt que des juridictions.
7.4.1. Principaux groupes cibles
Les programmes et initiatives de culture financière en Afrique ciblent un large éventail de catégories de population. Celles auxquelles les institutions participantes donnent le plus souvent la priorité sont les enfants et les jeunes, les femmes et la population générale, suivies par les adultes d’âge actif et les propriétaires de micro et petites entreprises ou les travailleurs indépendants.
Les programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement ont tendance à être plus sélectifs (Graphique 7.4). Bien qu’un grand nombre d’entre eux soient ouverts à la population générale (15 programmes et initiatives), ils mettent davantage l’accent sur les adultes d’âge actif et les salariés (16), les enfants et les jeunes (14), les investisseurs particuliers et individuels (14) et les étudiants (13). Plusieurs ciblent également les catégories pouvant se heurter à des obstacles à l’investissement ou à la résilience financière à long terme, dont les femmes (11), les personnes âgées (10), les habitants des zones rurales (8), les populations à faible revenu (7) et les individus ayant fait peu d’études (6). Deux institutions seulement déclarent proposer des programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement à des groupes professionnels particuliers, à savoir aux agriculteurs, artisans ou travailleurs de l’économie informelle.
Graphique 7.4. Principales catégories de population auxquelles s’adressent les programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement
Copier le lien de Graphique 7.4. Principales catégories de population auxquelles s’adressent les programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement
Note : Nombre d’institutions = 28. Plusieurs réponses possibles.
Source : Enquête-bilan de l’OCDE auprès des membres du Réseau OCDE/INFE Afrique, avril-mai 2026.
7.4.2. Programmes et initiatives de culture financière destinés aux enfants et aux jeunes
Presque toutes les institutions participantes (26 sur 28) indiquent mettre en œuvre des programmes et initiatives de culture financière destinés aux enfants et aux jeunes d’âge scolaire (d’environ 5 à 18 ans selon les définitions nationales).
Treize institutions participantes (sur 28) déclarent dispenser une éducation financière aux enfants et aux jeunes dans le cadre du programme scolaire (c’est-à-dire en classe, avec des enseignants). Douze institutions indiquent que l’éducation financière est dispensée par le biais d’activités hors programme en milieu scolaire, notamment des sessions de sensibilisation, des concours et des conférences. Onze institutions déclarent mener des initiatives extrascolaires en complément du programme scolaire, animées dans des cadres de proximité ou par des acteurs externes.
L’institutionnalisation de l’éducation financière dans les écoles reste limitée parmi les institutions participantes, la moitié d’entre elles ne faisant état d’aucune politique ni d’aucun cadre pour définir les objectifs d’apprentissage. Six seulement des 28 institutions signalent l’existence d’un programme scolaire consacré à la culture financière, quatre déclarent avoir élaboré des normes et objectifs d’apprentissage et quatre également sont dotées d’un cadre de compétences en culture financière pour les enfants et les jeunes.
7.4.3. Principaux sujets traités
Les programmes et initiatives de culture financière en Afrique abordent les sujets fondamentaux que sont la budgétisation, l’épargne, la gestion du crédit, les services financiers numériques, l’assurance, la planification de la retraite et la protection contre l’escroquerie et la fraude financières. Trois quarts des institutions participantes (21 sur 28) indiquent traiter également de sujets en lien avec l’investissement, dans le cadre ou non d’une stratégie nationale, dans leurs programmes et initiatives de culture financière.
Ces programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement mettent l’accent sur différents domaines selon les juridictions (Graphique 7.5). Les deux domaines les plus courants sont 1) la lutte contre les escroqueries et les fraudes à l’investissement et 2) les bases de l’investissement. Vingt et une institutions déclarent enseigner comment reconnaître les signes d’une escroquerie ou d’une fraude à l’investissement et aider ainsi les consommateurs à éviter d’être pris au piège. Elles apprennent généralement à repérer les fonds d’investissement frauduleux et les alertes à l’escroquerie, les entités illicites et les pratiques d’investissement illégales. Dix-neuf institutions déclarent fournir des supports pédagogiques couvrant les concepts fondamentaux de l’investissement : le risque et le rendement, la diversification, les objectifs d’investissement, les horizons d’investissement et la terminologie des marchés de capitaux.
Graphique 7.5. Principaux sujets traités dans les programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement
Copier le lien de Graphique 7.5. Principaux sujets traités dans les programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement
Note : Nombre d’institutions = 28. Plusieurs réponses possibles.
Source : Enquête-bilan de l’OCDE auprès des membres du Réseau OCDE/INFE Afrique, avril-mai 2026.
7.4.4. Principaux types de programmes et initiatives de culture financière
Les programmes et initiatives de culture financière en Afrique sont dispensés selon des modalités diverses. Les activités en présentiel (ateliers, séminaires, manifestations locales) sont les plus courantes (citées par 91 % des institutions participantes), suivies par les médias traditionnels (86 %), les supports imprimés (82 %) et les réseaux sociaux (77 %).
Dans ce contexte, les programmes de culture financière en lien avec l’investissement ont deux objectifs principaux : accroître la connaissance des produits d’investissement et des risques y afférents, ou améliorer les compétences, les comportements et les attitudes nécessaires pour prendre des décisions d’investissement éclairées. Les types de programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement les plus courants sont ceux qui ambitionnent d’améliorer les connaissances en informant le public au moyen de campagnes de communication ponctuelles ou régulières, comme la Semaine mondiale de l’éducation financière ou la Semaine mondiale de l’investisseur (23 institutions participantes sur 28), ou encore par la diffusion régulière d’informations (22 institutions participantes) (Graphique 7.6).
Graphique 7.6. Principaux types de programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement
Copier le lien de Graphique 7.6. Principaux types de programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement
Note : Nombre d’institutions = 28. Plusieurs réponses possibles.
Source : Enquête-bilan de l’OCDE auprès des membres du Réseau OCDE/INFE Afrique, avril-mai 2026.
7.4.5. Financement des programmes et initiatives de culture financière
Les programmes et initiatives de culture financière sont le plus souvent financés soit par l’organe de coordination de la stratégie nationale (pour 40 % des institutions participantes) soit par diverses parties prenantes des secteurs public, privé et à but non lucratif (40 %). Comme le font savoir les institutions participantes, leur impact continue d’être limité par le manque de financement, de capacités humaines et de ressources pour les activités de diffusion.
7.4.6. Évaluation d’impact des programmes et initiatives de culture financière
Moins de 40 % des institutions participantes (11 sur 28) déclarent évaluer l’impact et l’efficacité de leurs programmes de culture financière. Trois d’entre elles disent évaluer tous leurs programmes de culture financière, trois autres déclarent en évaluer la majorité et cinq disent n’évaluer qu’une partie de leurs programmes.
7.4.7. Exemples de programmes et initiatives de culture financière visant à améliorer les connaissances en matière d’investissement
Campagnes de communication et de sensibilisation
Dans toute l’Afrique, les campagnes de sensibilisation sont la méthode la plus souvent utilisée pour améliorer la culture et la sensibilisation financières des investisseurs particuliers (23 institutions participantes sur 28) (Graphique 7.6). Un grand nombre d’institutions indiquent qu’elles participent à des initiatives internationales. Une quarantaine de pays africains ont participé à la dernière édition de la Semaine mondiale de l’éducation financière, une campagne annuelle de sensibilisation menée par l’OCDE dans le but d’améliorer la culture financière dans le monde (OCDE, 2026[31]). Les institutions participantes déclarent également participer à la Semaine mondiale de l’investisseur (OICV, 2026[32]), une campagne mondiale pour l’éducation et la protection des investisseurs coordonnée par l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), ou à la Journée mondiale de l’épargne (WSBI, 2026[33]).
Les institutions participantes utilisent ces campagnes pour organiser un large éventail d’activités de promotion de l’investissement, dont des concours scolaires, des permanences de conseils aux investisseurs et des activités de sensibilisation du public. Par exemple, la Commission des opérations de bourse (Securities and Exchange Commission) du Nigeria et l’Autorité des marchés de capitaux (Capital Market Authority) de l’Ouganda ont toutes les deux programmé des « Sonneries de cloche pour la culture financière » (Ring the Bell for Financial Literacy) (CMA, 2025[34]), et la Commission des opérations de bourse du Zimbabwe a organisé des quiz scolaires sur les marchés de capitaux (SECZIM, 2022[35]).
Plusieurs institutions participantes font également état d’initiatives d’information sur les droits et les mesures de protection des investisseurs, dont des campagnes sur les récentes réformes de la réglementation (Autorité de réglementation financière égyptienne), des alertes aux consommateurs/investisseurs sur les escroqueries et les entités illicites ou les pratiques d’investissement illégales (Botswana, Maurice, Nigeria, Afrique du Sud et Zambie, par ex.), ou le recouvrement des dividendes non réclamés (Commission des opérations de bourse du Nigeria).
Autres canaux d’information utilisés
Vingt-deux institutions participantes (sur 28) déclarent fournir des informations sur des questions liées à l’investissement à travers diverses activités de diffusion, à savoir congrès, conférences, webinaires, cours, séminaires ou ateliers, pour améliorer la culture financière en lien avec l’investissement. Elles citent, par exemple, les ateliers et les permanences de conseils aux investisseurs sur la diversification de portefeuille et la planification des investissements, organisés par la Commission des opérations de bourse du Nigeria ; les cours en ligne portant exclusivement sur l’investissement, dispensés par le Fonds national de sécurité sociale (NSSF, National Social Security Fund) en Ouganda (NSSF, 2026[36]) ; des webinaires et ateliers sur les instruments d’investissement, les produits et les risques, organisés par l’Autorité des marchés de capitaux au Rwanda ou l’Autorité de régulation du secteur financier (FSCA, Financial Sector Conduct Authority) d’Afrique du Sud ; et des réunions publiques en ligne et webinaires visant à démystifier les marchés de capitaux, organisés par la Commission nationale des opérations de bourse de Zambie.
Plusieurs institutions participantes ont par ailleurs créé des pages web consacrées à l’éducation des investisseurs, sur lesquelles sont fournies des ressources éducatives gratuites pour un apprentissage en autonomie. Contrairement aux plateformes en ligne uniques qui facilitent la mise en œuvre des stratégies nationales pour la culture financière en regroupant les ressources de plusieurs acteurs, ces pages sont habituellement gérées par des institutions individuelles et ont une visée d’éducation des investisseurs uniquement. Bien que l’étendue des informations fournies varie, ces portails proposent généralement des guides de l’investissement, des publications éducatives et des foires aux questions concernant les produits d’investissement, les marchés de capitaux et la protection des investisseurs. Par exemple : les guides de l’investisseur et les guides sur la protection des placements réalisés par l’Autorité marocaine du marché de capitaux (AMMC, 2020[37]) sous la coordination de la Fondation marocaine pour l’éducation financière4, le guide de l’investisseur (débutant, intermédiaire et avancé) de la FSCA d’Afrique du Sud (FSCA, 2023[38]), les supports d’éducation des investisseurs diffusés par le Conseil du marché financier de Tunisie (CMF, 2026[39]) ou l’Autorité ougandaise des marchés de capitaux (CMA, 2026[40]).
7.4.8. Exemples de programmes et initiatives de culture financière en lien avec l’investissement visant à améliorer les compétences, les comportements et les attitudes
Jeux et concours
Seize (sur 28) des institutions participantes indiquent utiliser des jeux et concours pour développer des compétences et comportements pratiques en matière d’investissement. Les jeux et concours servent surtout à capter l’attention des enfants et les jeunes tout en encourageant l’apprentissage actif. Par exemple, le concours vidéo FonTalk de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse d’Algérie (COSOB, 2025[41]), le concours interuniversitaire annuel sur les marchés de capitaux de l’Autorité des marchés de capitaux du Rwanda (CMA, 2026[42]), le concours oratoire sur la culture financière de l’Autorité de régulation du secteur financier d’Afrique du Sud (FSCA, 2026[43]), et le concours des établissements d’enseignement supérieur sur les marchés de capitaux organisé par l’Autorité sur les marchés de capitaux et les valeurs immobilières de Tanzanie (CMSA, 2025[44]). Il convient de citer également les jeux éducatifs à l’exemple d’Ubongo Kids (UBONGO, 2026[45]). Au niveau régional, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale organise chaque année des Olympiades du marché financier entre tous les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Formations, y compris formations des formateurs
Treize (sur 28) institutions participantes indiquent dispenser des formations à la culture financière en lien avec l’investissement. Par exemple, la Commission angolaise des marchés de capitaux conjugue les formations destinées aux investisseurs en présentiel et en ligne dans le cadre d’initiatives comme Cresce Investindo (CMC, 2026[46] ; 2026[47]). Le programme zambien d’Ambassadeurs des marchés de capitaux (SEC, 2026[48]) a formé des étudiants universitaires et des professionnels du marché en tant que formateurs en éducation par les pairs. En Afrique du Sud, la FSCA a créé la série MyMoney Learning (FSCA, 2026[49]), un programme de formation sur les investissements.
Outre les institutions couvertes dans ce chapitre, les bourses jouent également un rôle important à travers diverses initiatives, dont des plateformes de transaction virtuelle, des ateliers d’investissement et des programmes de formation.
Plusieurs institutions indiquent mettre en œuvre des programmes de formation des formateurs afin de doter les enseignants, éducateurs de proximité et autres intermédiaires des compétences nécessaires pour enseigner l’investissement. Par exemple, la Fondation marocaine pour l’éducation financière (FMEF) réalise des programmes de formation des formateurs à destination d’enseignants et d’organisations partenaires. Ils couvrent, entre autres sujets, les compétences liées à l’épargne et à l’investissement. La FMEF dispense également des formations spécifiques sur les marchés de capitaux et les placements en bourse, notamment pour des acteurs du secteur éducatif (FMEF, 2026[50]). En Ouganda, la NSSF et la Banque centrale d’Ouganda ont organisé ensemble des programmes régionaux de formation des formateurs, en présentiel, afin de munir les dirigeants locaux et les partenaires des connaissances et des compétences nécessaires pour mettre en avant les initiatives de culture financière locales. Plusieurs institutions, au Nigeria, au Rwanda et en Afrique du Sud, ont également mis en place des programmes de certification ou de perfectionnement continu pour les professionnels du secteur financier.
Outils interactifs
Sept (sur 28) des institutions participantes indiquent fournir des outils interactifs pour l’éducation financière en lien avec l’investissement. Ces outils peuvent renforcer la confiance des investisseurs et leurs connaissances pratiques avant de participer aux marchés financiers. Il s’agit notamment de simulateurs d’investissement et d’outils de transaction virtuelle qui permettent aux personnes d’appliquer les concepts de l’investissement dans des situations pratiques. Par exemple, le portail d’éducation à l’investissement de l’AMMC marocaine comprend des simulateurs d’investissement (AMMC, 2026[51]). Les bourses et autres opérateurs de marché ont également élaboré des outils innovants pour favoriser la culture financière. La bourse de Maurice propose un jeu de transaction virtuelle (SEM, 2026[52]) et des formations en ligne sur la gestion de portefeuille, la tolérance au risque et les processus de transaction.
7.4.9. Principaux défis et axes d’amélioration des programmes et initiatives de culture financière
Les conclusions présentées dans cette section mettent en évidence plusieurs domaines dans lesquels les programmes et initiatives de culture financière pourraient être développés. L’intégration de l’éducation financière dans les programmes scolaires, par exemple, contribuerait à doter les enfants et les jeunes des connaissances, des compétences et de la confiance nécessaires pour prendre des décisions financières éclairées dès le plus jeune âge.
Bien que les campagnes de sensibilisation et la diffusion d’informations soient déjà répandues, elles pourraient être complétées par des programmes plus structurés et interactifs conçus pour renforcer les connaissances, les compétences, les comportements et les attitudes dans le domaine financier. Des jeux, formations ludiques et autres modalités d’apprentissage par l’expérience pourraient être plus stimulants et mieux adaptés à différents publics.
Les canaux numériques pourraient aussi être davantage utilisés pour accroître l’accessibilité, l’attrait et l’évolutivité de l’éducation financière. En particulier, des portails en ligne nationaux coordonnés pourraient fournir un point d’accès central aux informations et aux programmes, tout en renforçant la coordination des parties prenantes et en réduisant la fragmentation des programmes et initiatives de culture financière.
Le renforcement du suivi et de l’évaluation des programmes et initiatives de culture financière appuierait ces efforts en permettant de déterminer les méthodes efficaces, d’éclairer la prise de décision par des données factuelles et d’améliorer la répartition de ressources souvent limitées. Parallèlement, la capacité des institutions publiques à développer, à maintenir et à évaluer de tels programmes demeure limitée par le manque de financement, lequel s’ajoute au manque de personnel et de ressources pour les activités de diffusion.
7.5. Principales recommandations pour l’action publique
Copier le lien de 7.5. Principales recommandations pour l’action publiqueLes conclusions de ce chapitre conduisent aux recommandations pour l’action publique suivantes, proposées aux décideurs ou aux institutions publiques concernés dans le but de renforcer la culture financière en lien avec l’investissement et la participation aux marchés de capitaux. Elles sont présentées par ordre décroissant, des actions propices visant à renforcer l’environnement national (les stratégies nationales) à celles destinées à améliorer la conception et la mise en œuvre des programmes et initiatives de culture financière.
Les décideurs et les institutions publiques concernés pourraient adopter des stratégies nationales pour la culture financière, dans le droit fil de la Recommandation de l’OCDE sur la culture financière. Ces stratégies reconnaîtraient l’investissement et la participation aux marchés de capitaux comme des objectifs de politique publique, en veillant à ce que ces domaines reçoivent une attention soutenue de la part des pouvoirs publics et soient intégrés dans des actions plus générales en matière de culture financière et dans les efforts d’inclusion financière.
Pour favoriser la mise en œuvre et améliorer l’accès aux initiatives existantes, les institutions publiques concernées pourraient envisager d’élaborer des sites Internet en appui des stratégies nationales pour la culture financière, qui serviraient de guichet unique ou de référentiel central des programmes de culture financière, ressources éducatives et informations sur les services disponibles au niveau national.
Une base factuelle solide peut aider à cerner les lacunes, à cibler les interventions et à suivre les progrès dans le temps. Elle faciliterait également le développement et le ciblage des programmes et initiatives de culture financière. Des données quantitatives sur la culture financière en lien avec l’investissement pourraient ainsi être recueillies par les institutions publiques concernées, dans la mesure du possible, par le biais d’enquêtes périodiques et coordonnées, à l’exemple de l’Enquête internationale de l’OCDE/INFE sur la culture, l’inclusion et le bien-être financiers des adultes et de l’enquête PISA.
Les décideurs et les institutions publiques concernés pourraient reconnaître les investisseurs particuliers et les investisseurs particuliers potentiels comme un groupe cible prioritaire dans les stratégies nationales pour la culture financière. Ils pourraient également élaborer des programmes ciblés pour améliorer la compréhension des principaux concepts de l’investissement, des produits d’investissement, du risque et du rendement, de la diversification, des droits et responsabilités de l’investisseur, et des avantages de l’épargne et de l’investissement à long terme.
La culture financière en lien avec l’investissement pourrait être encouragée dès le plus jeune âge en intégrant certains sujets dans les programmes scolaires et en élaborant des supports pédagogiques appropriés. Ces sujets pourraient couvrir les concepts fondamentaux comme l’épargne, les intérêts composés, la valeur temps de l’argent, le risque et le rendement, mais aussi de la prise de décision éclairée et de concepts liés à l’investissement en fonction de l’âge.
Pour favoriser le développement de programmes efficaces, les décideurs et les institutions publiques concernés pourraient aussi envisager d’adopter des cadres de compétences financières pour guider la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des programmes et initiatives de culture financière. Les cadres internationaux existants peuvent fournir un point de départ utile et pourraient être adaptés à des groupes cibles particuliers, dont les adultes (Union européenne/OCDE, 2022[53]), les enfants et les jeunes (Union européenne/OCDE, 2023[54]), les investisseurs (OCDE, 2019[6]), les micro, petites et moyennes entreprises (OCDE, 2018[55]), ou être consacrés à des sujets particuliers comme la culture financière numérique (OCDE, 2026[56]).
La portée et l’adaptabilité des programmes et initiatives pourraient être développées en ayant davantage recours aux technologies numériques et à des canaux d’exécution innovants, notamment aux outils d’intelligence artificielle. Il s’agirait en même temps d’assurer leur accessibilité pour les populations défavorisées et combler les déficits de culture financière. Cela pourrait être accompagné de mesures en faveur du renforcement de la culture financière numérique, afin que les individus aient les connaissances, les compétences et les comportements nécessaires pour utiliser ces technologies et services financiers numériques en connaissance de cause et en toute sécurité.
Enfin, les institutions publiques pourraient renforcer le suivi et l’évaluation des stratégies nationales et des programmes et initiatives de culture financière. La mise en place de politiques fondées sur des données probantes pourrait en être facilitée tout en améliorant l’efficacité et l’efficience des programmes et initiatives de culture financière.
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[33] WSBI (2026), World Saving Day, https://www.worldsavingsday.info/ (consulté le 4 September 2026).
Annexe 7.A. Juridictions et institutions couvertes dans le chapitre
Copier le lien de Annexe 7.A. Juridictions et institutions couvertes dans le chapitreAu total, 28 institutions publiques africaines chargées de la culture financière et de domaines connexes (par ex. la protection financière des consommateurs et l’inclusion financière), ou officiellement concernées par ces sujets, ont participé à l’enquête-bilan. Parmi elles, 26 institutions nationales représentant 19 pays et deux institutions régionales dont les mandats couvrent six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). À des fins de comparabilité et par souci de reconnaître que les pays individuels au sein de la région de la CEMAC mettent également en œuvre des politiques de culture financière au niveau national en plus des initiatives régionales, ce chapitre utilise le terme « juridictions » au lieu de « pays » lorsqu’il s’agit de présenter les stratégies nationales pour la culture financière. Par conséquent, il couvre 28 institutions publiques (« institutions participantes »), représentant 20 juridictions. La liste des institutions et des juridictions participantes est donnée dans le Tableau d’annexe 7.A.1.
Tableau d’annexe 7.A.1. Juridictions et institutions participantes
Copier le lien de Tableau d’annexe 7.A.1. Juridictions et institutions participantes|
Juridictions |
Institutions |
|---|---|
|
Angola |
Commission du marché des capitaux (CMC, Comissão do Mercado de Capitais) |
|
Agence angolaise pour la réglementation et la supervision du secteur des assurances (ARSEG, Angolan Agency for Insurance Regulation and Supervision) |
|
|
Botswana |
Autorité de régulation des institutions financières non bancaires (NBFIRA, Non-Bank Financial Institutions Regulatory Authority) |
|
Cabo Verde |
Banque de Cabo Verde |
|
Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) (Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Guinée équatoriale, Gabon, République du Congo). |
Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) |
|
Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) |
|
|
Djibouti |
Banque centrale de Djibouti |
|
Égypte* |
Autorité de réglementation financière |
|
Lesotho |
Banque centrale du Lesotho |
|
Libye* |
Banque centrale de Libye |
|
Maurice |
Banque de Maurice |
|
Maroc |
Fondation marocaine pour l’éducation financière (FMEF) |
|
Mozambique |
Banque du Mozambique |
|
Autorité de contrôle des assurances et des fonds de pension |
|
|
Namibie |
Autorité de surveillance des institutions financières de Namibie (NAMFISA, Namibia Financial Institutions Supervisory Authority) |
|
Nigeria |
Banque centrale du Nigeria |
|
Rwanda |
Banque nationale du Rwanda |
|
Seychelles |
Autorité des services financiers |
|
Afrique du Sud |
Trésor national/Comité national sur l’éducation financière des consommateurs |
|
Autorité de régulation du secteur financier (FSCA, Financial Sector Conduct Authority) |
|
|
Autorité nationale de régulation du crédit |
|
|
Tunisie |
Banque centrale de Tunisie - Observatoire de l’inclusion financière |
|
Ouganda |
Banque d’Ouganda |
|
Caisse nationale de sécurité sociale |
|
|
Zambie |
Banque de Zambie |
|
Autorité des pensions et des assurances |
|
|
Commission des opérations de bourse |
|
|
Zimbabwe |
Commission des assurances et des pensions |
Note : (*) Les informations concernant l’Égypte et la Libye reposent sur les réponses à l’enquête-bilan de l’OCDE/INFE sur la mise en œuvre de la Recommandation de l’OCDE sur la culture financière, février 2025.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Le Réseau international de l’OCDE sur l’éducation financière (OCDE/INFE) est le chef de file mondial en matière de recherche, d’analyse et d’orientations pratiques sur la culture et l’éducation financières. Créé en 2008, l’INFE encourage et facilite la coopération internationale entre les décideurs, les autorités publiques et autres parties prenantes dans le domaine de l’éducation financière et les domaines assimilés. Trois cents institutions publiques de plus de 130 pays à divers stades de développement adhèrent à l’INFE parmi lesquelles les banques centrales, autorités de contrôle financier, organismes de protection des consommateurs, ministères des Finances et ministères de l’Éducation. Les travaux du réseau sont appréciés et reconnus internationalement, notamment par le G20, l’Union européenne, l’APEC et l’ASEAN. L’INFE veille à la bonne mise en œuvre de la Recommandation de l’OCDE sur la culture financière, norme internationale qui guide les pouvoirs publics et les parties prenantes concernées dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques de culture financière.
← 2. La Recommandation de l’OCDE a été adoptée par le Conseil de l’OCDE en 2020 et saluée en juillet 2021 par les ministres et les gouverneurs de banque centrale du G20, alors présidé par l’Italie. Elle fait partie du Recueil de normes du Conseil de stabilité financière.
← 3. Le nombre de stratégies nationales indiqué ici repose sur le Rapport sur la mise en œuvre de la Recommandation de l’OCDE sur la culture financière (OCDE, 2026, à venir[57]) et peut ne pas être exhaustif.
← 4. Au Maroc, la Fondation marocaine pour l’éducation financière (FMEF) sert de plateforme nationale de coordination. L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et la bourse de Casablanca comptent parmi les membres fondateurs de la FMEF et contribuent, dans les limites de leurs attributions et de leurs domaines d’expertise respectifs, à l’éducation financière des épargnants et des investisseurs. L’éducation financière des épargnants et des investisseurs entre dans le mandat de l’AMMC, tandis que la bourse de Casablanca contribue activement à l’élaboration et à l’exécution de programmes visant à améliorer les connaissances et les compétences en matière de placements en bourse. La FMEF et ses partenaires œuvrent par conséquent dans le sens d’une vision nationale commune tout en réalisant des programmes conjoints et complémentaires en fonction des populations cibles et des contextes. Dans ce cadre, la FMEF exécute des programmes de formation des formateurs fondés sur des modules d’éducation financière couvrant, entre autres domaines, les compétences liées à l’épargne et à l’investissement. Elle dispense également des formations spécifiques sur les marchés de capitaux et les placements en bourse, notamment à destination d’acteurs du secteur éducatif. Ces initiatives viennent compléter les programmes et outils d’éducation des investisseurs élaborés par l’AMMC et les initiatives d’éducation financière mises en œuvre par la bourse de Casablanca.