Les plus grands émetteurs souverains d’Afrique ont généralement résisté à divers chocs externes tout au long de 2025 et au début de 2026, préservant ainsi la tendance à long terme d’amélioration de la confiance des marchés. Ces dernières années, ces émetteurs ont eu de plus en plus recours à l’émission d’obligations en monnaie locale pour répondre à leurs besoins de financement, parfois à titre de décision stratégique et parfois en raison de l’absence d’autres solutions. Toutefois, les risques de refinancement commencent à s’accumuler, compte tenu de la part croissante des émissions nationales à plus courte échéance et de l’accès limité à des échéances plus longues sur les marchés nationaux. Le présent chapitre analyse ces évolutions et examine le rôle des opérations de conversion dans la gestion des risques de refinancement. Il examine également comment ces opérations de conversion peuvent favoriser le développement de marchés obligataires en monnaie locale plus profonds et plus liquides.
Rapport sur les marchés de capitaux en Afrique 2026
4. Les marchés des obligations souveraines en Afrique et le rôle des opérations de conversion
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Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesLes marchés des obligations souveraines des plus grandes économies d’Afrique sont généralement restés résilients face aux chocs macroéconomiques et géopolitiques exogènes, mais la demande a fléchi. Les emprunts bruts ont totalisé près de 500 milliards USD entre janvier 2025 et juin 2026.
Les marchés intérieurs ont financé 94 % des emprunts bruts entre le T1 2025 et le T2 2026, et au moins 90 % d’entre eux chaque trimestre. Les pouvoirs publics ont mis en œuvre ou prévoient de mettre en œuvre une série de mesures, notamment l’émission de nouveaux types d’obligations, des réformes des cadres applicables aux spécialistes en valeurs du Trésor et le renforcement des programmes de relations avec les investisseurs. Toutefois, les émissions sont restées concentrées sur les instruments à court terme.
Les écarts de rendement avec les euro-obligations étaient moindres à la fin du T2 2026 qu’au début du T1 2025, malgré de multiples chocs exogènes. Cela tient à l’amélioration de la confiance des marchés, favorisée par le renforcement des fondamentaux macroéconomiques et les réformes institutionnelles en cours, qui ont entraîné une amélioration des notes de crédit.
Depuis le début de 2025, les chocs liés aux prix de l’énergie ont davantage influé sur les rendements que l’incertitude liée aux échanges. C’est parmi les plus grands importateurs nets d’énergie de la région que l’impact a été plus prononcé.
Les émetteurs ont poursuivi leurs efforts pour approfondir et diversifier leur base d’investisseurs. Parmi les principales mesures figurent des réformes de la réglementation concernant les investisseurs institutionnels, la poursuite de la libéralisation des mouvements de capitaux et l’utilisation de la technologie pour élargir la participation des investisseurs individuels.
Les primes moyennes des contrats d’échange sur risque de défaillance, qui reflètent la probabilité de défaut et la prime de risque, sont tombées à leurs plus bas niveaux depuis la période précédant la pandémie de COVID-19. Comme pour les notations de crédit, cette amélioration fait suite à plusieurs années de détérioration, les primes ayant augmenté de manière relativement régulière entre le début de 2020 et la fin de 2024.
Toutefois, les risques de refinancement ont augmenté en 2025 et au premier semestre de 2026. Au T2 2026, 31 % des obligations et bons du Trésor devaient arriver à échéance dans un délai d’un an, soit le niveau le plus élevé depuis le T3 2020. Dans le même temps, 44 % seulement des obligations en circulation avaient une échéance supérieure à cinq ans, soit le niveau le plus bas depuis la fin de 2018.
L’augmentation du risque de refinancement reflète en partie l’importance croissante des emprunts intérieurs, qui sont généralement concentrés sur des échéances plus courtes. À la fin du T2 2026, environ la moitié de la dette négociable intérieure devait arriver à échéance avant la fin de 2029, et 40 % avant la fin de 2027. En revanche, la moitié de l’encours de la dette négociable extérieure ne devait arriver à échéance qu’en 2033 ou plus tard.
Dans ce contexte, les opérations de conversion peuvent contribuer à réduire les difficultés de refinancement. L’Afrique du Sud, le Kenya, Maurice et la Namibie ont procédé à plus de 180 opérations de conversion au cours de la période, pour un volume total de près de 6.9 milliards USD, et les données provenant de ces pays soulignent le rôle des opérations de conversion dans le soutien à la liquidité et à l’évolution de la courbe des rendements.
4.1. Introduction
Copier le lien de 4.1. IntroductionLe présent chapitre passe en revue les marchés des obligations souveraines de 14 pays africains entre janvier 2025 et juin 2026, en se concentrant sur les marchés en monnaie locale1. Ces pays représentaient environ 90 % de l’encours des obligations souveraines africaines en juin 2026. Il examine leur dépendance croissante à l’égard des marchés obligataires nationaux et les conséquences pour la résilience financière, en s’intéressant à l’évolution des marchés primaire et secondaire, ainsi qu’aux tendances concernant les bases d’investisseurs et les notations de crédit. Il examine également le risque de refinancement associé à une part croissante des émissions nationales, qui se concentre sur des échéances plus courtes, et le rôle des opérations de conversion dans l’atténuation de ce risque. Il se concentre sur les opérations de conversion effectuées par certains emprunteurs souverains africains, en présentant des données empiriques sur leur contribution potentielle à la liquidité du marché secondaire, et se termine par des considérations relatives à l’efficacité des programmes de conversion.
4.2. Évolution des marchés obligataires depuis le premier trimestre de 2025
Copier le lien de 4.2. Évolution des marchés obligataires depuis le premier trimestre de 20254.2.1. Structure du marché et évolution du marché obligataire en monnaie locale
Le développement du marché obligataire en monnaie locale est un objectif déclaré de neuf des dix stratégies de gestion de la dette présentées dans le Tableau 4.1. Pour atteindre cet objectif, les émetteurs souverains ont adopté ou planifié diverses politiques au cours des dernières années, en fonction du niveau de développement de leurs marchés de capitaux et en s’inspirant des meilleures pratiques internationales (Hashimoto et al., 2021[1]). Ces mesures portent sur des aspects de la gestion de la dette tels que la structure du portefeuille de dette, les systèmes des spécialistes en valeurs du Trésor, la liquidité du marché secondaire, la diversification de la base d’investisseurs ou les relations avec les investisseurs.
De nombreux émetteurs mettent en œuvre des politiques visant à accroître l’efficience de leur marché des obligations souveraines en améliorant leur infrastructure de tenue de marché et en stimulant les transactions sur le marché secondaire. Le Ghana a réformé son cadre applicable aux spécialistes en valeurs du Trésor, notamment en retirant cinq établissements peu performants de la liste des spécialistes en valeurs du Trésor au premier trimestre de 2025, tandis que Maurice a prévu d’en augmenter le nombre pour renforcer la concurrence (Ministry of Finance of Mauritius, 2025[2] ; Ministry of Finance of Ghana, 2026[3]). En Égypte, l’Autorité de réglementation financière et le ministère des Finances collaborent pour « activer » le marché secondaire afin d’améliorer le processus de détermination des prix, tandis que le Kenya prévoit de mettre en œuvre un cadre pilote de tenue de marché (The National Treasury and Economic Planning, 2025[4] ; Ministry of Finance of Egypt, 2026[5]).
Tableau 4.1. Principaux objectifs de gestion de la dette publique dans certains pays africains
Copier le lien de Tableau 4.1. Principaux objectifs de gestion de la dette publique dans certains pays africains|
Développer le marché obligataire en monnaie locale |
Minimiser les coûts d’emprunt |
Assurer la viabilité de la dette |
Gérer le risque de refinancement |
Gérer le risque de taux d’intérêt |
Gérer le risque de change |
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Botswana |
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Côte d’Ivoire |
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Égypte |
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Ghana |
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Kenya |
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Maurice |
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Nigéria |
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Tanzanie |
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Ouganda |
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Zambie |
Note : Le tableau n’affiche qu’une liste partielle des objectifs de gestion de la dette publique, choisis pour faciliter la comparabilité entre les pays. Bien que la minimisation des coûts d’emprunt ne soit pas un objectif explicite du Bureau de gestion de la dette du Nigéria, sa stratégie de gestion de la dette à moyen terme prévoit de répondre aux besoins de financement et aux obligations de paiement « en tenant compte des arbitrages entre les coûts et les risques dans le portefeuille de la dette ».
Source : Autorités nationales. Voir l’Annexe 4.A pour plus de détails.
Les émetteurs cherchent également à élargir leur base d’investisseurs en nouant des relations plus proactives avec eux et en facilitant l’accès des investisseurs étrangers à leurs marchés de capitaux locaux. Le Ghana, par exemple, prévoit d’institutionnaliser des séances d’information régulières à l’intention des investisseurs, des séances de discussion ouverte et des conférences téléphoniques, tandis que la Zambie s’est engagée à mettre en place des programmes de sensibilisation ciblés sur les investisseurs nationaux (Ministry of Finance of Ghana, 2026[3] ; Ministry of Finance of Zambia, 2025[6]). Au début de 2026, la Zambie a également relevé le plafond annuel de participation des investisseurs étrangers aux émissions obligataires, tout en faisant pression pour que sa dette intérieure soit intégrée dans les indices de référence internationaux des marchés frontières, tels que ceux de FTSE Russell et J.P. Morgan(Financial Times, 2026[7]). De même, la Tanzanie prévoit d’élargir la libéralisation des mouvements de capitaux (Ministry of Finance of Tanzania, 2025[8]).
De nombreux émetteurs, comme l’Égypte et l’Afrique du Sud, ont introduit de nouveaux types d’obligations, tandis que d’autres, comme Maurice et la Namibie, ont commencé à effectuer des opérations de conversion ou y ont davantage recours. Celles-ci peuvent favoriser l’approfondissement des marchés obligataires nationaux, améliorer la liquidité des marchés et renforcer la résilience de la dette souveraine. Les sections suivantes examinent ces évolutions plus en détail.
4.2.2. Émissions sur le marché primaire
Les marchés obligataires sont apparus résilients au cours de la période de 18 mois qui s’est achevée à la fin du T2 2026, les 14 émetteurs souverains couverts ayant émis environ 330 milliards USD en 2025, et environ 150 milliards USD au premier semestre de 2026. Les événements d’offre à court terme, plus sensibles à l’action publique, ont été moins bien soutenus, car les risques et la volatilité ont augmenté (Graphique 4.1). C’est au cours des deux mois qui ont suivi l’annonce des droits de douane imposés par les États-Unis en avril 2025 que le niveau des emprunts a été le plus bas, à environ 13 milliards USD en mai et 15 milliards USD en juin. Les emprunts ont augmenté au cours des mois suivants, culminant à 53 milliards USD en décembre, avant de retomber après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février et mars 2026 pour atteindre des niveaux proches de ceux du début de 20252.
L’Égypte et l’Afrique du Sud ont été les moteurs de la tendance globale des emprunts, représentant environ 70 % des émissions mensuelles en moyenne. En Égypte, les emprunts ont été principalement motivés par les besoins de refinancement en raison de l’ampleur des émissions de bons du Trésor au cours des dernières années. Malgré les efforts déployés pour accroître la maturité des émissions, les progrès restaient limités au début de 2026. Toutefois, l’Égypte a réussi à faire appel aux marchés internationaux au début de 2025 et a enregistré un afflux record de capitaux étrangers au cours de l’année, ce qui témoigne d’une amélioration de la confiance des marchés (International Monetary Fund, 2026[9])3. L’Afrique du Sud s’est appuyée sur un marché intérieur plus profond, ce qui a contribué à sa résilience face aux chocs mondiaux, mais elle a également sollicité avec succès le marché international en décembre 2025 à la suite d’une révision à la hausse de sa notation de crédit (International Monetary Fund, 2026[10]).
Graphique 4.1. Emprunts bruts mensuels en 2025 et au premier semestre de 2026, et taux de couverture des adjudications de bons du Trésor
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Note : Les données ne portent que sur la dette négociable. La partie B montre la distribution des valeurs moyennes trimestrielles.
Source : Bloomberg, LSEG ; et calculs de l’OCDE.
Les emprunts intérieurs ont représenté au moins 90 % du total au cours de chaque trimestre depuis le début de 2025 et 94 % sur l’ensemble de la période, les marchés obligataires nationaux bénéficiant de l’émission de nouveaux types d’obligations qui peuvent contribuer à attirer de nombreux nouveaux investisseurs (Graphique 4.2, partie A). L’Égypte, par exemple, a émis son premier sukuk national à trois ans libellé en monnaie locale (Ministry of Finance of Egypt, 2025[11]). L’Afrique du Sud a émis sa première obligation de financement des infrastructures et du développement pour financer des projets d’infrastructure prioritaires au niveau national (South African Government, 2025[12])4. La Côte d’Ivoire a notamment été le premier émetteur africain à vendre une obligation en monnaie locale cotée sur un marché étranger. Bien que l’obligation soit réglée en euros, elle peut contribuer au développement du marché obligataire en monnaie locale en établissant une référence et en encourageant la participation des investisseurs étrangers au marché national (Government of Côte d'Ivoire, 2025[13]).5
Toutefois, une part élevée d’emprunts intérieurs n’est pas toujours le signe d’un marché intérieur fortement développé, d’une demande limitée d’euro-obligations ou d’un accès restreint à celles-ci. Les émetteurs fixent généralement une part cible pour le financement intérieur à un horizon temporel donné, mais la répartition effective des emprunts peut différer de ces objectifs pour diverses raisons. Au Kenya et en Ouganda, par exemple, la part des emprunts sur le marché intérieur au cours de l’exercice 2024/25 était supérieure aux objectifs de 7 et 26 points de pourcentage respectivement (Graphique 4.2, partie B). Cela s’explique principalement par des retards dans les décaissements externes (The National Treasury and Economic Planning, 2026[14] ; Ministry of Finance of Uganda, 2026[15])6. Dans d’autres cas, les émetteurs n’ont pas fait appel aux marchés étrangers pour préserver la viabilité de la dette extérieure. Tel a été le cas au Ghana et en Zambie, où les emprunts extérieurs sont limités par les programmes du FMI. À la fin de 2025, il n’était pas prévu que le Ghana ait à nouveau pleinement accès aux marchés extérieurs avant 2027, tandis que la Zambie ne devait pas revenir sur les marchés internationaux à « moyen terme » (International Monetary Fund, 2025[16] ; 2025[17]).
La plupart des emprunts intérieurs ont été contractés au moyen d’émissions de bons du Trésor, qui ont représenté en moyenne 60 % de l’ensemble des émissions trimestrielles depuis le premier trimestre de 2025. Toutefois, de nombreux émetteurs ont pour objectif déclaré que leurs émissions aient des maturités plus longues (Graphique 4.2, partie C). En Égypte, les bons du Trésor représentent la majeure partie de la dette négociable intérieure. Toutefois, entre 2024 et 2025, l’Égypte a émis moins de bons du Trésor assortis d’une échéance de 91 jours, et plus de bons assortis d’échéances de 273 et 364 jours(Ministry of Finance of Egypt, 2026[18]). Le Ghana s’appuie fortement sur les bons du Trésor depuis 2023, en raison d’une restriction à l’émission d’obligations à échéance plus longue liée à son défaut de paiement à la fin de 2022. Cette restriction a été levée en mars 2026, et le Ghana a émis une obligation à 7 ans en avril (Times Live, 2026[19]). Le Kenya et l’Ouganda visent à réduire la part des émissions de bons du Trésor afin de contribuer à l’atténuation du risque de refinancement (The National Treasury and Economic Planning, 2026[14]). À l’inverse, la Zambie prévoit d’accroître la part des émissions d’instruments à plus court terme afin de bénéficier de rendements plus faibles à cette extrémité de sa courbe(Ministry of Finance of Zambia, 2025[6]).
Graphique 4.2. Part des émissions intérieures et extérieures, et répartition entre obligations et bons du Trésor
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Note : La partie B couvre tous les instruments de dette et se rapporte à l’exercice 2024/25 pour le Kenya et l’Ouganda, et à 2024 pour la Côte d’Ivoire et la Zambie. La partie C fait référence aux emprunts bruts.
Source : LSEG, ministère des Finances de la Côte d’Ivoire(2025[20]), ministère des Finances de l’Ouganda(2026[15]), ministère des Finances et de la Planification économique du Kenya (The National Treasury and Economic Planning) (2026[21]), ministère des Finances et de la Planification nationale de la Zambie (2025[22]), et calculs de l’OCDE.
4.2.3. Évolutions sur le marché secondaire
Entre le T1 2025 et le T2 2026, les écarts de rendement des obligations libellées en USD émises par des emprunteurs souverains africains ont connu un cycle de compression puis de réévaluation prononcé. Ils se sont resserrés régulièrement sur toute l’année 2025 dans un contexte d’assouplissement de la politique monétaire dans les économies avancées et de dépréciation du dollar des États-Unis tout au long de l’année (African Development Bank Group, 2026[23])(Graphique 4.3, parties A et B). La dynamique s’est poursuivie en 2026, les écarts de rendement en juin 2026 étant inférieurs à ceux observés au début du conflit au Moyen-Orient en février 2026.
L’annonce des droits de douane imposés par les États-Unis le 2 avril 2025 s’est avérée un choc brutal mais de courte durée sur les rendements des marchés secondaires. L’annonce a déclenché un creusement initial de la plupart des écarts de rendement des marchés émergents. Néanmoins, la situation s’est en grande partie inversée une fois que la pause de 90 jours a été annoncée, et le T2 2025 a été marqué par un resserrement global alors que le dollar des États-Unis se dépréciait et poussait les investisseurs vers des actifs à plus haut rendement (Morgan Stanley, 2025[24]). L’Égypte est le pays qui a connu la plus forte évolution des rendements, mais celle-ci n’est pas principalement due à l’exposition directe aux échanges (Graphique 4.3, partie C). L’Égypte affiche un déficit commercial avec les États-Unis, raison pour laquelle ces derniers ne lui ont imposé que les droits de douane minimums de 10 %. Toutefois, l’Égypte figurait parmi les économies africaines les plus vulnérables aux épisodes d’aversion pour le risque à l’échelle mondiale, les investisseurs étrangers détenant près de 45 % de l’encours des bons du Trésor en mars 2025 (Central Bank of Egypt, 2025[25]). Ces avoirs consistent souvent en des positions de portage à court terme non couvertes, ce qui les rend particulièrement sensibles aux conditions de financement(AGBI, 2025[26]). L’impact sur le marché qui en a résulté s’est toutefois avéré de courte durée, amorti par la dépréciation ultérieure du dollar des États-Unis et la suspension temporaire de la mesure tarifaire (Hartley et Rebucci, 2025[27]).
Graphique 4.3. Évolution des rendements sur les marchés secondaires lors d’événements clés en 2025 et au premier semestre de 2026, points de base
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Note : Dans la partie A, les données vont jusqu’à juin 2026. La partie B représente la moyenne des valeurs de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire, de l’Égypte, du Kenya, du Maroc et du Nigéria. Dans la partie C, les évolutions sont celles du rendement de référence à 10 ans. La fenêtre événementielle pour l’annonce des droits de douane est définie comme la période allant du 23 mars au 11 avril 2025, tandis que la fenêtre événementielle pour le conflit au Moyen-Orient s’étend du 27 février au 27 mars 2026.
Source : LSEG ; et calculs de l’OCDE.
Le conflit au Moyen-Orient s’est avéré plus important pour les marchés secondaires, et il a essentiellement divisé le continent en fonction de la balance commerciale pétrolière des pays (Graphique 4.3). À la suite du déclenchement du conflit et des perturbations dans le détroit d’Ormuz, le baril de pétrole brut Brent a culminé à près de 120 USD, soit plus de 60 % de plus qu’avant le conflit. Au cours des trois semaines qui ont suivi le 28 février, l’Afrique du Sud, l’Égypte et la Namibie ont été confrontées au creusement de leurs écarts de rendement. L’Afrique du Sud a été la plus touchée, car elle est fortement dépendante des importations de pétrole et de produits pétroliers7. En Égypte, où l’émission de bons du Trésor est le principal outil de financement national, les rendements réels avoisinaient 8.5 % à la veille du conflit, mais les sorties de capitaux des détenteurs étrangers ont été estimées à 7 milliards USD en seulement trois semaines, sur un total de bons du Trésor détenus par des investisseurs étrangers d’environ 32 milliards USD(Citi, 2026[28]). Le Nigéria, exportateur net de pétrole, s’en est mieux tiré. La hausse des prix mondiaux du pétrole a laissé entrevoir une hausse des recettes en devises et une amélioration des recettes budgétaires, ce qui a entraîné une baisse des rendements malgré une certaine inflation des carburants importés, conduisant à l’anticipation d’un relèvement des taux directeurs (IC, 2026[29]).
Alors même que le conflit au Moyen-Orient et les perturbations qu’il a entraînées sur le marché mondial de l’énergie se sont poursuivis pendant l’été 2026, les écarts de rendement des obligations libellées en USD se situaient à la fin du deuxième trimestre aux niveaux les plus bas de la période, ou s’en approchaient (Graphique 4.3, partie B). Cela s’explique en partie par le recul des prix du pétrole à cette époque, une cessation des hostilités et une reprise des flux d’énergie à travers le détroit d’Ormuz étant anticipées. Toutefois, cela s’explique aussi par des investisseurs faisant abstraction des risques géopolitiques et à court terme pour se concentrer sur l’amélioration des fondamentaux, ce qui est particulièrement manifeste dans l’évolution des instruments à maturité longue8.
Encadré 4.1. Contrats d’échange sur rendement global
Copier le lien de Encadré 4.1. Contrats d’échange sur rendement globalUn contrat d’échange sur rendement global est un instrument dérivé bilatéral qui transfère le rendement économique total d’un actif de référence à une contrepartie. Dans le cas d’un émetteur souverain, un contrat d’échange sur rendement global peut fonctionner comme un instrument de financement garanti en transférant le rendement de sa propre euro-obligation rachetée en échange de liquidités. Du point de vue de l’émetteur, le contrat d’échange sur rendement global peut donner accès à des liquidités en devises fortes dans des conditions de marché difficiles et peut réduire les coûts d’emprunt par rapport aux émissions conventionnelles, étant donné qu’il comporte souvent une prime de 150 à 200 points de base par rapport aux rendements d’euro-obligations équivalentes (Fitch, 2026[30]).
L’utilisation des contrats d’échange sur rendement global soulève toutefois une série de préoccupations, principalement liées à la nature complexe et opaque de ces instruments. Premièrement, elle implique des conditions généralement peu familières pour un emprunteur souverain (comme l’évaluation quotidienne au prix du marché, l’appel de marge de variation et la compensation avec déchéance du terme), qui nécessitent une solide infrastructure institutionnelle de gestion des risques. Deuxièmement, les dispositions contractuelles, notamment la fixation des prix, les seuils d’appel de marge et les clauses de résiliation, ne sont souvent pas rendues publiques, ce qui limite la capacité des acteurs du marché à évaluer leur coût et leur risque réels. Troisièmement, elle comporte des risques procycliques lorsque les actifs remis en garantie sont les propres obligations de l’emprunteur souverain, car la valeur des garanties diminue à mesure que les tensions sur le crédit augmentent. Ainsi, les appels de marge ou les résiliations anticipées peuvent générer des demandes de devises fortes non planifiées lorsque les liquidités sont déjà sous pression.
En outre, compte tenu de la relative nouveauté de l’utilisation des contrats d’échange sur rendement global pour les emprunts souverains, il n’existe pas encore de pratique établie concernant leur classification comptable et leur traitement en cas de restructuration. Par exemple, Fitch Ratings (Fitch) traite l’actif nanti comme un passif éventuel plutôt que comme une dette, tandis que le FMI l’a défini comme un passif dans son analyse de la viabilité de la dette du Nigéria (International Monetary Fund, 2026[31]). En outre, dans le cas d’une restructuration de la dette souveraine, le risque semble principalement négatif pour les détenteurs d’obligations classiques, compte tenu de la forme dérivée, de la communication limitée d’informations et du potentiel de dilution de la dette à mesure que les créances éventuelles se matérialisent.
Compte tenu de la volatilité potentielle et effective du coût du financement en devises, certains emprunteurs souverains d’Afrique subsaharienne se sont tournés vers des contrats d’échange sur rendement global et d’autres structures similaires adossées à des garanties, en particulier lorsque le coût de l’émission d’euro-obligations devient prohibitif. Par exemple, le Nigéria a approuvé un contrat d’échange sur rendement global de 5 milliards USD, le plus important contrat de ce type conclu par un emprunteur souverain en Afrique à ce jour (voir Encadré 4.1.).
4.2.4. Base d’investisseurs
Une base d’investisseurs bien diversifiée est un facteur essentiel de la résilience des marchés d’obligations d’État (Foxall et Gao, 2026[32]). En conséquence, la diversification de la base d’investisseurs est un objectif déclaré de gestion de la dette de nombreux émetteurs souverains africains, dont l’Égypte, le Ghana et le Kenya (Ministry of Finance of Egypt, 2026[5] ; Ministry of Finance of Ghana, 2026[3] ; The National Treasury and Economic Planning, 2025[33]). L’émission de nouveaux types d’obligations peut stimuler la diversification en attirant de nombeux nouveaux investisseurs. Les technologies numériques peuvent également améliorer l’accès aux obligations d’État, tandis que des relations proactives avec les investisseurs peuvent faire connaître le marché en améliorer la compréhension.
Si l’on examine des segments d’investisseurs spécifiques, la part détenue par les compagnies d’assurance, qui constituent souvent une source naturelle de demande en raison de leurs besoins d’appariement et de flux de trésorerie, est stable depuis plusieurs années, mais fortement influencée par les préférences en matière de répartition du portefeuille et la réglementation en vigueur dans les différents pays (Graphique 4.4, partie A). Au Kenya et à Maurice, les compagnies d’assurance détiennent environ 13 % de l’ensemble des titres d’État depuis quelques années. Toutefois, les portefeuilles étaient plus diversifiés à Maurice qu’au Kenya(Bank of Mauritius, 2025[34] ; Insurance Regulatory Authority, 2025[35])9. En Égypte, la part des obligations d’État détenues par des assureurs a diminué, passant d’environ 16 % en 2024 à 9 % en 2026, dans un contexte de réformes permettant des investissements plus risqués (EnterpriseAM, 2025[36]). En Ouganda, les assureurs détenaient environ 1 % des obligations d’État. Toutefois, en août 2025, le gouvernement a adopté des niveaux minimums obligatoires d’affectation aux instruments financiers publics (The Uganda Gazette, 2025[37]).10
La part des titres d’État détenus par les fonds de pension, autre source traditionnelle de demande institutionnelle, est restée stable ou a augmenté (Graphique 4.4, partie B). En Ouganda, les fonds de pension sont devenus le plus grand groupe d’investisseurs en titres d’État après l’émission de la première obligation d’État à 25 ans(Ministry of Finance of Uganda, 2025[38])11. À l’inverse, les fonds de pension mauriciens détiennent environ 10 % des obligations d’État, leurs portefeuilles étant généralement composés principalement d’actions(Bank of Mauritius, 2025[34]). Le chapitre 6 examine la prédominance des obligations d’État dans les portefeuilles d’investissement des résidents en Afrique du Sud, au Botswana, au Maroc et au Nigéria.
Graphique 4.4. Parts de titres d’État détenues par différents segments d’investisseurs
Copier le lien de Graphique 4.4. Parts de titres d’État détenues par différents segments d’investisseurs
Note : Voir l’Annexe 4.A pour plus d’informations sur la couverture des données relatives à la base d’investisseurs par période et type d’instrument.
Source : Ministère des Finances et de la planification économique du Kenya (The National Treasury and Economic Planning) (2025[33]), ministère des Finances de Maurice(2026[39]), ministère des Finances d’Égypte (2025[40] ; 2024[41]), Trésor national d’Afrique du Sud (2026[42]), ministère des Finances d’Ouganda (2024[43] ; 2025[38]), ministère des Finances et de la planification nationale de Zambie (2025[44] ; 2026[45]), et calculs de l’OCDE.
Les petits investisseurs peuvent constituer une source de financement stable en raison de leur tendance à détenir des obligations jusqu’à leur échéance(Foxall et Policino, 2025[46]). Toutefois, ils détiennent une part relativement faible des titres d’État par rapport aux autres investisseurs examinés ici, mais de nombreux émetteurs adoptent des mesures pour tenter d’accroître leur participation (Graphique 4.4, partie C). Le Kenya a connu une augmentation significative des investissements des particuliers dans les obligations d’État depuis la mise en place en 2023 de DhowCSD, son nouveau dépositaire central de titres, les avoirs des investisseurs individuels atteignant plus de 6 % de l’encours total des titres d’État (voir Encadré 4.2). Une tendance similaire se dessine en Ouganda, où le gouvernement prévoit de lancer une application mobile qui permet aux investisseurs individuels d’acheter et de vendre directement des titres d’État (Ministry of Finance of Uganda, 2025[47]). L’Égypte, où les titres d’État détenus par des particuliers représentaient environ 1 % de l’encours à la fin de l’année dernière, a émis sa première obligation destinée aux investisseurs individuels en mars de cette année (Ministry of Finance of Egypt, 2026[48]).
Les parts détenues par les investisseurs étrangers sont restées stables malgré les vents contraires macroéconomiques et géopolitiques (Graphique 4.4, partie D). En Afrique du Sud, cette part s’est maintenue à 25 % en 2025, tandis que les avoirs des investisseurs étrangers en termes nominaux ont continué d’augmenter (National Treasury of South Africa, 2026[42]). En Égypte, cette part a légèrement diminué, même si les avoirs en termes nominaux ont augmenté en raison de rendements réels plus attractifs et d’une amélioration de la confiance des marchés en 2025. Les achats ont été orientés vers les bons du Trésor, ce qui peut exposer l’émetteur à une plus grande volatilité, comme indiqué précédemment, ces instruments permettant une plus grande liberté de mouvement aux investisseurs (International Monetary Fund, 2026[9]). Au Kenya, les investisseurs étrangers jouent un rôle plus modeste sur le marché des obligations d’État, puisqu’ils détiennent environ 5 % du total, mais les récentes émissions en devises témoignent d’un intérêt certain(Reuters, 2026[49] ; Reuters, 2025[50]).12
4.2.5. Notation de crédit, restructuration de la dette et défaut
Les notations de crédit des emprunteurs souverains de l’ensemble des économies africaines examinées ici ont connu une évolution décisive au cours de la période, inversant le cycle de dégradation des notes qui avait débuté au début de la pandémie de COVID-19, au début de 2020 (Graphique 4.5, partie A). Tous les pays étudiés ici, à l’exception du Botswana, affichaient une notation de crédit identique ou supérieure à la fin du T2 2026 par rapport au T1 2025 (Graphique 4.5, partie B). Les facteurs communs étaient l’assainissement budgétaire, avec des excédents primaires avérés, la libéralisation du taux de change qui élimine une partie du risque de pénurie de devises, l’achèvement des restructurations de la dette et les opérations de gestion des passifs qui contribuent à lisser les profils de remboursement en repoussant les murs d’échéances (ECA & APRM, 2026[51]). Le point de départ était toutefois bas. Les obligations émises par les emprunteurs souverains notés à haut risque représentaient près de 80 % des obligations émises par les emprunteurs souverains africains notés à la fin de 2024(OCDE, 2025[52]). C’est pourquoi l’essentiel de ce mouvement s’est produit entre les catégories B et CCC plutôt que vers le seuil de la catégorie investissement.
Graphique 4.5. Évolution des notations moyennes de la dette souveraine depuis 2019
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Source : LSEG ; et calculs de l’OCDE.
Encadré 4.2. Mise en œuvre du DhowCSD au Kenya et développement du marché obligataire en monnaie locale
Copier le lien de Encadré 4.2. Mise en œuvre du DhowCSD au Kenya et développement du marché obligataire en monnaie localeLes dépositaires centraux de titres (DCT) sont des infrastructures de marché qui détiennent des titres par voie électronique, tiennent des registres de propriété et facilitent la conservation, le transfert, le règlement et le service des transactions sur titres, favorisant ainsi l’intégrité et l’efficience des marchés de titres. Le Kenya a lancé son nouveau DCT, DhowCSD, en juillet 2023 afin de moderniser et de procéder à la transformation numérique du marché national des titres d’État. Auparavant, le marché fonctionnait grâce à un ancien système de dépositaire qui reposait sur des intermédiaires et le traitement manuel des fonctions des marchés primaire et secondaire. Le DhowCSD a été mis en place pour améliorer l’efficacité opérationnelle, élargir l’accès numérique aux titres d’État et soutenir le développement du marché national des valeurs mobilières.
Le DhowCSD facilite l’émission, le règlement et la négociation de titres d’État kenyans pour les investisseurs nationaux et étrangers avec un site web et une application mobile. Ses fonctionnalités comprennent un module d’enchères automatisées, l’ouverture et la gestion de comptes en libre-service sur le web, les offres en ligne, l’adjudication et le traitement des résultats, les paiements bancaires et mobiles automatisés, et la négociation en temps réel sur le marché secondaire via un processus de livraison contre paiement (The National Treasury and Economic Planning, 2025[33]). Ces caractéristiques du DhowCSD ont contribué à accroître la part des titres d’État kenyans détenue par les investisseurs individuels et la participation de ces derniers aux transactions sur le marché secondaire. La part des titres d’État détenus par les investisseurs individuels est passée de 3.7 % en juin 2023 à 6.3 % en juin 2026 (Graphique 4.6, partie A). Le volume de transactions sur les obligations d’État est passé de 665.2 milliards KES au cours de l’exercice 2022/23 à environ 3 000 milliards KES au cours de l’exercice 2025/26 (Graphique 4.6, partie B). Le DhowCSD y a largement contribué, parallèlement aux efforts déployés pour renforcer le programme d’obligations de référence du Kenya et améliorer la liquidité du marché secondaire.
Graphique 4.6. Sélection d’indicateurs du marché des obligations d’État du Kenya
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Source : (Central Bank of Kenya, 2026[53] ; Central Bank of Kenya, 2026[54]), autorités nationales, et calculs de l’OCDE.
Le DhowCSD a amélioré l’efficience du marché interbancaire en permettant une mise en correspondance et un règlement automatisés pour les opérations de pension avec transfert intégral des garanties. Le volume annuel des opérations de pension horizontales garanties par des titres d’État est passé de 36 milliards KES en 2023 à 191 milliards KES au premier semestre de 2026 (Graphique 4.6, partie C). Cette infrastructure facilite l’utilisation des titres d’État comme garantie sur le marché interbancaire et contribue à réduire le risque de règlement et de contrepartie associé à ces transactions. Le DhowCSD a également facilité une plus grande connectivité entre le marché national des titres d’État du Kenya et les marchés financiers internationaux. En juin 2026, le lien Clearstream-Kenya (Clearstream-Kenya Link) a été lancé, reliant le DhowCSD à Clearstream, l’infrastructure post-marché internationale du groupe Deutsche Börse. Ce lien permet aux investisseurs institutionnels internationaux d’accéder aux titres d’État kényans via la structure de compte omnibus de Clearstream sans avoir à établir de relations de conservation directes au Kenya.
Dans un certain nombre de pays, les relèvements de notation de crédit peuvent être associés à des réformes nationales et à l’amélioration des indicateurs macroéconomiques. Par exemple, la note du Nigéria a été relevée par Fitch en avril 2025, cette agence citant « une amélioration de la cohérence et de la crédibilité des politiques » et « une plus grande formalisation de l’activité de change ». Fitch a relevé la note de la Côte d’Ivoire, citant ses taux de croissance, sa stabilité politique et sa gestion proactive de la dette, comprenant notamment les rachats d’euro-obligations et les émissions « Samurai ». Entre-temps, Moody’s a relevé la note du Kenya en janvier 2026, en raison d’une meilleure liquidité extérieure, de réserves de change plus élevées et d’un rachat de dette qui a repoussé la prochaine échéance majeure des euro-obligations à 2030.
Un autre groupe de pays dont la note a été relevée est celui des pays qui sont sortis des restructurations de dette ou qui ont pris des mesures pour atténuer de fortes tensions sur les liquidités. En juin 2025, Fitch a relevé la note du Ghana de « défaut de paiement limité » à B-, invoquant des réserves de change, un excédent primaire prévu et un ratio charges d’intérêts sur recettes inférieur au pic de 202113. En novembre 2025, S&P a relevé la note de la Zambie de « défaut sélectif » (selective default) à CCC+, après que le gouvernement a restructuré plus de 90 % de sa dette extérieure (United Nations Economic Commission for Africa, 2025[55]).
Au T2 2026, la part des obligations de risque élevé dans les émissions et celle dans l’encours étaient toutes les deux supérieures à ce qu’elles étaient au T1 2025, malgré l’amélioration des notations de crédit (Graphique 4.7, partie A). En fait, seule la note de crédit moyenne de la Tanzanie a retrouvé son niveau d’avant la pandémie de COVID-19, ce qui souligne la détérioration de son crédit entre 2020 et le début de 2025. La relation du gouvernement tanzanien avec les agences internationales de notation de crédit a beaucoup évolué. Jusqu’en 2023, il ne recevait que des notations non sollicitées de la part de Moody’s. Il a depuis adopté une approche plus proactive, reconnaissant l’importance stratégique des agences de notation de crédit pour faciliter l’accès aux marchés financiers internationaux et élargir sa base d’investisseurs. Cette année-là, il a conclu des accords contractuels avec Moody’s et Fitch. Fitch lui a attribué la note B+ en juin 2023, tandis que Moody’s l’a relevée à B1 en 2024, invoquant, entre autres, une économie et des exportations plus diversifiées, une charge de la dette stable et des passifs éventuels limités.
L’amélioration des perspectives de crédit en Afrique s’est accompagnée d’une compression régulière des taux des contrats d’échange sur risque de défaillance, par lesquels le marché mesure le risque de défaillance et fixe les primes de risque associées (Graphique 4.7, partie B). Les facteurs ont été les mêmes que pour le resserrement des écarts de rendement des obligations libellées en USD : l’assouplissement monétaire des grandes banques centrales, la dépréciation du dollar des États-Unis et le cycle de relèvement des notations(Damodaran, 2026[56]). Le choc des droits de douane d’avril 2025 a entraîné une forte hausse des primes de ces contrats d’échange, qui s’est rapidement inversée après l’annonce de la pause de 90 jours. Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient n’a quant à lui eu qu’un impact minime sur les primes des contrats d’échange sur risque de défaillance et, à la fin du T2 2026, ils se négociaient à leur plus bas niveau depuis 2019. Toutefois, cette évolution s’explique également par la faiblesse de la base au début de 2025, après cinq années de détérioration du crédit, de creusement des écarts de rendement des obligations libellées en USD et d’augmentation des primes de contrats d’échange sur risque de défaillance, les économies africaines ayant été mises à mal par la pandémie et le cycle de resserrement monétaire mondial de 2022-2023.
Graphique 4.7. Évolution des primes des contrats d’échange sur risque de défaillance ainsi que des stocks et flux d’obligations par notation de crédit
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Note : La partie A du graphique porte sur la dette intérieure. La partie B couvre l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Gabon, le Maroc, la Namibie et la Tunisie
Source : LSEG ; et calculs de l’OCDE.
4.2.6. Risques de refinancement
Le risque de refinancement à court terme a augmenté dans un contexte macroéconomique instable ces deux dernières années. Entre 2019 et 2024, la part globale de la dette arrivant à échéance dans un délai d’un an a diminué, passant d’environ 35 % à 25 %, avec une augmentation correspondante de la part de la dette arrivant à échéance dans plus de cinq ans, qui a atteint environ 50 % à la fin de 2024 (Graphique 4.8, partie A). Cette tendance s’est nettement inversée en 2025, la part de la dette arrivant à échéance dans un délai d’un an atteignant son plus haut niveau depuis 2020, tandis que la part de la dette arrivant à échéance au cours des cinq années suivantes était la plus faible depuis au moins 2019.
L’augmentation du risque de refinancement à court terme s’explique en partie par une plus grande dépendance à l’égard des émissions sur le marché intérieur, qui sont généralement concentrées sur des échéances plus courtes.14 Cette évolution est devenue d’autant plus importante que les financements concessionnels, notamment l’APD destinée à l’Afrique subsaharienne, ont diminué ces dernières années, ce qui a accentué les pressions financières et l’importance des financements fondés sur le marché (OCDE, 2025[52] ; OECD, 2026[57]).
Au T2 2026, environ la moitié des obligations intérieures devaient arriver à échéance avant la fin de 2029, et 40 % avant la fin de 2027. En revanche, la moitié des obligations étrangères n’arriveront pas à échéance avant 2033, les remboursements étant répartis de manière plus égale entre les années intermédiaires (Graphique 4.8partie B). L’allongement de la courbe de rendement des obligations intérieures peut donc jouer un rôle important dans la réduction du risque de refinancement. L’Ouganda présente à cet égard un exemple récent, puisqu’il a émis sa première obligation en monnaie locale d’une durée de 25 ans en 2025 (Ministry of Finance of Uganda, 2025[58]).
Dans ce contexte, de nombreux émetteurs souverains adoptent ou prévoient d’adopter des mesures de gestion des passifs afin de lisser leur profil de remboursement et de contribuer à atténuer le risque de refinancement. En février 2025, par exemple, le Kenya a procédé à son premier rachat d’obligations intérieures (The National Treasury and Economic Planning, 2025[4]). En mars 2026, Maurice a adopté un programme d’opérations de conversion de ses obligations nationales, axé sur les échéances de 12 mois ou moins (Bank of Mauritius, 2026[59])15. Parmi les émetteurs qui n’ont pas mené d’opérations de gestion des passifs au cours des deux dernières années, nombreux sont ceux qui les ont intégrées dans leurs stratégies de gestion de la dette à moyen terme (Ministry of Finance of Ghana, 2026[60] ; International Monetary Fund, 2025[61]).
Graphique 4.8. Encours des obligations souveraines par échéance résiduelle
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Note : La dette fait référence aux instruments négociables (obligations et bons du Trésor).
Source : LSEG ; et calculs de l’OCDE.
4.3. Analyse des principales politiques
Copier le lien de 4.3. Analyse des principales politiques4.3.1. Le recours aux opérations de conversion comme forme de gestion des passifs
On peut distinguer deux types d’opérations de gestion des passifs souverains : celles qui modifient le volume de l’encours de la dette et celles qui modifient son profil. S’agissant du volume, les émetteurs peuvent procéder à des opérations de rachat, qui peuvent également constituer un outil de gestion de trésorerie leur permettant de réduire leur excédent de trésorerie (OCDE, 2025[62]). Comme on l’a vu plus haut, le Kenya et la Côte d’Ivoire ont récemment procédé à des rachats qui ont contribué, d’après les agences de notation, à la révision à la hausse de leur note de crédit. En ce qui concerne le profil, les opérations de conversion (« switches » en anglais) permettent de gérer les remboursements à court terme sans décaissement grâce à l’échange d’une obligation détenue par un investisseur (l’obligation source) contre une obligation issue de la réouverture d’une ligne existante ou d’une nouvelle émission (l’obligation de destination)16.
Les opérations de conversion peuvent contribuer à la construction d’une courbe des rendements liquide et représentative, pierre angulaire d’un marché obligataire bien développé. Premièrement, elles peuvent faciliter l’émission d’obligations de référence en permettant à l’émetteur de constituer des lignes obligataires de plus grande taille. Cela peut accroître leur liquidité et favoriser leur inclusion dans certains grands indices obligataires mondiaux, sans exposer l’émetteur au risque de gestion de trésorerie qu’impliquerait le remboursement d’importants encours obligataires. Deuxièmement, elles peuvent améliorer la représentativité d’une courbe des rendements en réduisant la fragmentation entre plusieurs lignes obligataires. Troisièmement, une fois mises en place, ces opérations peuvent renforcer la robustesse de la courbe des rendements en favorisant une plus grande liquidité du marché secondaire17.
La présente section est axée sur les opérations de conversion menées par quatre émetteurs africains, à savoir l’Afrique du Sud, le Kenya, Maurice et la Namibie18. La Namibie a publié les modalités de son programme de conversion en septembre 2019, mais elle mène des opérations de conversion depuis au moins le début des années 2000 (Bank of Namibia, 2019[63]). L’Afrique du Sud a remis en place son programme de conversion en février 2020, après l’avoir suspendu en août 2019 en raison de la volatilité du marché due à la spéculation sur le calendrier et l’ampleur des futures opérations de conversion (National Treasury of South Africa, 2020[64]). Au Kenya, la banque centrale a commencé à procéder à des conversions ponctuelles après réalisé une première opération en juin 2020 (Central Bank of Kenya, 2021[65])19. Maurice a mis en place un programme de conversion de titres de dette en mars 2026 (Bank of Mauritius, 2026[59]).
Les pratiques observées dans les différents pays révèlent diverses approches visant à concilier la souplesse recherchée par les émetteurs avec la transparence et la prévisibilité attendues par les investisseurs (voir Tableau 4.2). Tous les pays publient un calendrier de conversion, même si celui-ci n’est pas toujours strictement respecté. Alors que le Kenya, Maurice et la Namibie annoncent les modalités précises de leurs opérations de conversion quelques jours à l’avance, l’Afrique du Sud ne les divulgue que 60 minutes auparavant. En ce qui concerne le prix, tous les émetteurs, à l’exception de l’Afrique du Sud, fixent le prix de l’obligation source et recourent à un mode d’adjudication à prix multiples (prix demandés) pour l’obligation de destination. Cela crée une mise en concurrence qui, sous réserve de la demande du marché, devrait permettre à l’émetteur d’obtenir des conditions de prix plus favorables. Depuis son rétablissement en 2020, le programme sud-africain est devenu plus transparent et favorise davantage les mécanismes du marché. Auparavant, l’émetteur fixait le prix des obligations sources et des obligations de destination (National Treasury of South Africa, 2020[66])20.
Tableau 4.2. Caractéristiques des opérations et des programmes de conversion des émetteurs souverains africains retenus
Copier le lien de Tableau 4.2. Caractéristiques des opérations et des programmes de conversion des émetteurs souverains africains retenus|
Kenya |
Maurice |
Namibie |
Afrique du Sud |
|
|---|---|---|---|---|
|
Calendrier d’adjudication |
Annuel |
Quatre mois |
Trois mois |
Annuel |
|
Annonce d’adjudication |
Variable |
Variable |
7 jours avant |
60 minutes avant |
|
Prix de l’obligation source |
Fixé par l’émetteur |
Fixé par l’émetteur |
Fixé par l’émetteur |
Fixé par l’émetteur |
|
Prix de l’obligation de destination |
À prix multiples |
À prix multiples |
À prix multiples |
À prix unique |
|
Document distinct présentant les modalités et conditions |
Directives générales |
Non |
Oui |
Oui |
|
Plateforme de soumission des offres |
Portail/application pour investisseurs DhowCSD |
Bloomberg |
Portail Bloomberg/BoN |
Bloomberg |
Note : Données datant du 15 juillet 2026. « BoN » désigne la Banque de Namibie.
Source : Banque de Namibie (2019[63]) ; Trésor national d’Afrique du Sud (2025[67]) ; Banque de Maurice (2026[59]) ; Banque centrale du Kenya (2021[65]) ; et Trésor national du Kenya (2025[4]).
Seules l’Afrique du Sud et la Namibie, qui disposent de programmes bien établis, ont procédé à des opérations de conversion en 2025. L’Afrique du Sud a procédé à des opérations de conversion à un rythme mensuel, proposant deux obligations sources contre trois obligations de destination, ce qui a donné lieu à six opérations de conversion par mois, sauf au mois de décembre, durant lequel seules trois opérations de conversion ont été réalisées21. La Namibie a mené des opérations de conversion à un rythme moins régulier, proposant une obligation source contre dix obligations de destination. Le Kenya a mené une opération en janvier, en mars, en avril et en mai 2026 dans le but d’échanger une obligation source contre une obligation de destination. Enfin, Maurice a également proposé des conversions d’obligations selon un ratio d’un pour un, se distinguant ainsi comme le seul émetteur à avoir organisé de telles opérations à plusieurs reprises au cours d’un même mois. Les mois de mars et d’avril 2026 ont été les seuls au cours desquels tous les pays étudiés ont procédé à des opérations de conversion (Graphique 4.9, partie A).
Le volume des opérations de conversion dépend de la mesure dans laquelle l’émetteur doit lisser son profil de remboursement et accroître la liquidité de certaines obligations, mais aussi de la volonté des investisseurs d’allonger leur horizon de placement, ainsi que des conditions plus générales du marché. En conséquence, le volume des opérations de conversion examinées ici a été très fluctuant, atteignant près de 4.2 milliards USD au total en 2025 et dépassant 2.7 milliards USD au premier semestre de 2026 (Graphique 4.9, partie B). Les volumes totaux sont largement tirés par l’Afrique du Sud, où les montants ont bondi, passant d’environ 200 millions USD à plus de 400 millions USD entre mai 2025 et juin 2025. Le Kenya a procédé à des opérations de conversion pour un montant de plus de 140 millions USD en janvier et mars 2026, mais de moins de 40 millions USD au cours des deux mois suivants. Les analystes estiment que la baisse de la liquidité et l’incertitude macroéconomique expliquent cette évolution soudaine de la demande (The Star, 2026[68]).
Graphique 4.9. Vue d’ensemble des opérations de conversion menées par les émetteurs souverains africains retenus
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Source : Banque de Maurice (2026[69]) ; Banque de Namibie (2026[70]) ; Banque centrale du Kenya (2026[71]) ; Trésor national d’Afrique du Sud (2026[72]) ; et calculs de l’OCDE. Voir l’Annexe 4.A pour plus de précisions.
Comme indiqué précédemment, l’une des principales raisons de recourir à des opérations de conversion est d’atténuer le risque de refinancement par un allongement de l’échéance du portefeuille en échangeant des obligations arrivant à échéance à très court terme contre des obligations à plus longue échéance (Graphique 4.10). L’Afrique du Sud a principalement échangé des obligations dont l’échéance résiduelle était comprise entre 1 et 5 ans, contre des obligations de destination ayant une échéance supérieure à 10 ans. Maurice a ciblé des obligations arrivant à échéance dans un délai d’environ deux mois, se distinguant comme le seul émetteur à proposer exclusivement des obligations de destination ayant une échéance inférieure à 10 ans22. Le Kenya et la Namibie ont essentiellement échangé des obligations ayant une échéance résiduelle comprise entre 6 et 12 mois, le Kenya proposant des obligations ayant une échéance de 5 ans ou plus et de 1 an ou plus.
Graphique 4.10. Opérations de conversion par tranche d’échéances, 2025-2026
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Note : Conformément aux conventions de marché, l’année d’échéance d’une obligation comportant trois dates de remboursement du principal (three-legged bond) correspond à celle du deuxième remboursement.
Source : Banque de Maurice (2026[69]) ; Banque de Namibie (2026[70]) ; Banque centrale du Kenya (2026[71]) ; Trésor national d’Afrique du Sud (Africa, 2026[72]) ; et calculs de l’OCDE. Voir l’Annexe 4.A pour plus de précisions.
Les résultats empiriques indiquent que les opérations de conversion peuvent améliorer la liquidité des obligations de destination, mais dans des proportions très variables. L’écart médian relatif entre les cours acheteur et vendeur des obligations de destination étudiées dans la présente section est inférieur de 0.4 % au cours des 30 jours suivant l’opération par rapport aux 30 jours qui la précèdent, et inférieur de 4 % en moyenne (Graphique 4.11, partie A). L’écart médian entre les cours acheteur et vendeur est un indicateur de la liquidité que l’on calcule en divisant l’écart entre les cours acheteur et vendeur par le point médian de cet écart, ce qui permet d’effectuer des comparaisons plus pertinentes entre des obligations affichant des prix différents (Sarr et Lybek, 2002[73]). La répétition de la même analyse à 500 reprises avec des dates attribuées aléatoirement (test placebo) indique que ce résultat n’est probablement pas dû au hasard, car l’estimation observée est inférieure à 99 % des résultats issus du test placebo (Graphique 4.11, partie B).
Graphique 4.11. Évolution de l’écart relatif entre les cours acheteur et vendeur des obligations de destination autour des opérations de conversion
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Note : Sur la base de 143 opérations de conversion menées par l’Afrique du Sud, le Kenya, Maurice et la Namibie entre janvier 2025 et juin 2026. Dans la partie A, la boîte représente l’écart interquartile et les moustaches indiquent les valeurs non aberrantes minimale et maximale. Les valeurs aberrantes ne sont pas représentées.
Source : LSEG ; et calculs de l’OCDE.
4.4. Principales recommandations pour l’action publique
Copier le lien de 4.4. Principales recommandations pour l’action publiqueBon nombre des émetteurs souverains africains analysés dans ce chapitre recourent de plus en plus aux marchés nationaux pour répondre à leurs besoins de financement. Cette tendance peut rendre les finances publiques plus résilientes face aux chocs géopolitiques ou macroéconomiques en favorisant un cercle vertueux caractérisé par une liquidité accrue des marchés, une plus grande confiance des investisseurs et une moindre exposition aux fluctuations et aux asymétries monétaires. Toutefois, les émissions obligataires nationales sont souvent essentiellement assorties d’échéances courtes, ce qui peut accroître le risque de refinancement à court terme. En outre, la constitution de lignes d’obligations de référence liquides sur le marché national peut accroître les risques de gestion de la trésorerie liés aux remboursements.
Dans ce contexte, les opérations de gestion des passifs, en particulier celles de conversion, constituent un outil important pour lisser les profils de remboursement à court terme, tout en soutenant la liquidité des titres de référence les plus récemment émis et en réduisant la fragmentation sur l’ensemble de la courbe des rendements. Ces opérations peuvent également permettre aux émetteurs de porter l’encours de certaines lignes obligataires à des niveaux plus élevés, renforçant ainsi leur liquidité et favorisant même leur inclusion dans certains indices mondiaux, sans entraîner des besoins de trésorerie plus importants lors de leur remboursement. Certains pays africains ont déjà mis en place des programmes de conversion formels, tandis que d’autres continuent de procéder à de telles opérations de manière ponctuelle. Sur la base des enseignements tirés de l’expérience acquise au niveau des pays, les éléments essentiels à prendre en considération pour concevoir et exécuter des opérations de conversion efficaces sur les marchés obligataires nationaux sont les suivants.
La concertation des acteurs du marché peut contribuer à éclairer la conception et l’exécution des opérations de conversion et des programmes plus généraux de gestion des passifs. L’évaluation de la demande potentielle est particulièrement importante compte tenu des risques d’atteinte à la réputation pouvant découler d’une faible participation. Les émetteurs souverains ont recours à diverses formes de concertation, telles que des consultations régulières avec les spécialistes en valeurs du Trésor, des études de marché, des tournées de présentation aux investisseurs, ou encore des discussions bilatérales avec les investisseurs finaux.
Une approche initialement souple peut permettre aux émetteurs d’acquérir de l’expérience dans la conduite des opérations de conversion tout en maintenant un niveau élevé de transparence à l’égard des acteurs du marché. La conduite d’opérations ponctuelles peut offrir une certaine souplesse aux émetteurs en leur permettant de s’assurer de l’efficacité des procédures, d’évaluer la participation du marché et de familiariser les investisseurs avec l’instrument. Même à ce stade, une communication claire des objectifs, des procédures et des principales modalités des opérations de conversion peut fournir des indications utiles aux acteurs du marché et réduire l’incertitude.
Une régularité et une prévisibilité accrues peuvent s’avérer appropriées à mesure que les opérations de conversion deviennent une pratique bien établie. Les émetteurs peuvent progressivement instaurer des cadres plus structurés, notamment en établissant des calendriers indicatifs, en mettant en place des opérations à intervalles prédéfinis et réguliers, et en publiant des lignes directrices sur les prix, les procédures d’adjudication, les modalités de règlement et les conditions de participation. De telles pratiques peuvent favoriser la transparence du marché et faciliter une meilleure planification par les investisseurs.
Le juste équilibre entre prévisibilité et souplesse dépend des conditions du marché et des objectifs de gestion de la dette. Si des programmes prévisibles peuvent renforcer la transparence et la confiance des acteurs du marché, les émetteurs doivent également disposer d’une souplesse suffisante pour répondre aux variations de la demande. Parmi les moyens utilisés pour préserver cette souplesse, on peut mentionner la publication, pour chaque opération de conversion, d’une fourchette plutôt que d’un volume cible fixe, l’acceptation discrétionnaire des offres, une flexibilité limitée du calendrier des opérations, ainsi que la publication des modalités opérationnelles détaillées (telles que les obligations de destination) à une date plus proche de celle de la transaction.
Une évaluation régulière peut contribuer à garantir que les programmes de conversion restent en phase avec l’évolution des conditions de marché et les objectifs de gestion de la dette. Les dispositifs d’évaluation peuvent combiner des indicateurs quantitatifs, tels que les variations de la maturité moyenne jusqu’à l’échéance, les taux de participation et les écarts entre les cours acheteur et vendeur, et des informations qualitatives recueillies dans le cadre d’échanges avec les spécialistes en valeurs du Trésor et les investisseurs finaux. Ces évaluations peuvent aider à trouver un juste équilibre entre souplesse, prévisibilité et objectifs plus généraux de gestion de la dette au fil du temps.
Références
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[9] International Monetary Fund (2026), IMF Country Report No. 26/69, https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2026/english/1egyea2026001.pdf.
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Annexe 4.A. Méthodologie relative aux données sur les obligations souveraines, aux notations de crédit et aux pratiques de gestion de la dette publique
Copier le lien de Annexe 4.A. Méthodologie relative aux données sur les obligations souveraines, aux notations de crédit et aux pratiques de gestion de la dette publiqueObligations souveraines
Copier le lien de Obligations souverainesLes données relatives aux marchés primaires d’obligations souveraines sont tirées de calculs originaux de l’OCDE reposant sur des données provenant du LSEG, qui fournit des données internationales au niveau des titres sur les nouvelles émissions d’obligations souveraines. L’ensemble de données porte sur des obligations émises par des émetteurs souverains pendant la période comprise entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026 et comprend des émissions à court et à long terme. Les obligations à court terme (« bons du Trésor ») sont des titres dont l’échéance est inférieure ou égale à 365 jours, sans toutefois être inférieure à 33 jours ; en effet, les titres ayant une échéance de moins de 33 jours sont émis à des fins de gestion de trésorerie et ont été exclus des calculs.
Certaines obligations figurant dans l’ensemble de données ont été exclues dans les trois cas suivants : 1) lorsqu’elles ne possédaient pas de code d’identification (ISIN, RIC ou CUSIP) ; 2) lorsque leurs caractéristiques semblaient inhabituelles et qu’il n’a pas été possible de les confirmer par comparaison avec des données publiques de source officielle ; 3) parmi celles émises par des banques centrales, lorsqu’elles ont pu être identifiées comme ne jouant aucun rôle dans le financement du budget de l’État.
Certaines émissions obligataires ont fait l’objet d’une réouverture. Dans ce cas, les données initiales ne portent que sur le montant total de l’émission (montant d’origine plus réouverture). Pour pouvoir déterminer le montant à l’émission des lignes obligataires ayant fait l’objet d’une réouverture, des données spécifiques sur les montants en cours à la date de chaque réouverture des lignes concernées ont été obtenues individuellement auprès de LSEG. Les données relatives à une réouverture ne portant que sur l’encours à la date concernée, on a soustrait de celui-ci l’encours calculé à la date précédente, de façon à obtenir le montant émis à chaque fois. Les montants à l’émission ainsi calculés ont été convertis à l’aide des taux de change du dollar des États-Unis à la date de l’opération tels que communiqués par LSEG. Dans un souci de cohérence et de comparabilité, la même méthode a été utilisée pour toutes les émissions, y compris celles qui n’ont pas fait l’objet d’une réouverture.
Les obligations libellées en monnaie locale sont converties en USD sur la base des taux de change en vigueur à la fin de l’année pour 2025 et à la fin de deuxième trimestre pour 2026, tels qu’obtenus auprès de LSEG.
Entités et type de titres de dette couverts
S’agissant des entités, les données portent sur la dette émise par l’administration centrale, sauf indication contraire. Celle-ci englobe tous les ministères, bureaux, établissements et autres organismes intégrés dans les administrations publiques qui sont des organes ou des instruments de l’autorité centrale d’un pays, à l’exception des administrations de sécurité sociale organisées de façon distincte et des fonds extrabudgétaires.
En ce qui concerne les instruments, les données portent sur la dette négociable, sauf indication contraire. Celle-ci est définie comme l’ensemble des titres et autres instruments financiers pouvant être achetés et vendus sur le marché secondaire, tandis que la dette non négociable n’est pas transférable. Ainsi, les obligations et les bons à court terme émis sur les marchés de capitaux sont des formes de dette négociable, tandis que les prêts multilatéraux et bilatéraux accordés par le secteur public relèvent de la dette non négociable.
Emprunts bruts
Pour une année donnée, les emprunts bruts sont égaux aux besoins d’emprunt nets au cours de cette année augmentés des amortissements d’instruments à long terme effectués la même année et des amortissements d’instruments à court terme émis l’année précédente. Cet indicateur couvre donc tous les titres émis, hormis ceux qui ont été émis et amortis au cours de la même année civile. En d’autres termes, l’ampleur des besoins d’emprunt bruts au cours d’une année civile correspond au montant de la dette que l’office de gestion de la dette doit émettre en termes nominaux pour rembourser intégralement la dette arrivant à échéance qui avait été émise au cours des années précédentes, augmenté des besoins d’emprunt nets en valeur nominale, indépendamment du mécanisme d’émission employé.
Objectifs de gestion de la dette publique
Les objectifs de gestion de la dette publique présentés dans le Tableau 4.1 ont été extraites des documents suivants.
Tableau d’annexe 4.A.1. Sources des stratégies de gestion de la dette publique
Copier le lien de Tableau d’annexe 4.A.1. Sources des stratégies de gestion de la dette publique|
Émetteur |
Source |
URL de la source |
|---|---|---|
|
Botswana |
Stratégie d’emprunt de l’État pour l’exercice 2026/27 |
|
|
Égypte |
Stratégie de gestion à moyen terme de la dette du secteur budgétaire de la République arabe d’Égypte pour la période 2026-2029 |
https://assets.mof.gov.eg/files/d0ff5080-ff5d-11f0-9f87-81a186cc11a4.pdf |
|
Ghana |
Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025-2028 |
https://mofep.gov.gh/sites/default/files/basic-page/2025-2028-MTDS-Abridged.pdf |
|
Côte d’Ivoire |
Stratégie de gestion de la dette publique à moyen terme 2025-2029 |
|
|
Kenya |
Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026/27-2028/29 |
https://www.treasury.go.ke/sites/default/files/2026%20MTDS%20FINAL.pdf |
|
Maurice |
Cadre macroéconomique à moyen terme, stratégie budgétaire et stratégie de gestion de la dette |
|
|
Nigéria |
Stratégie de gestion à moyen terme de la dette du Nigéria 2024-2027 |
|
|
Tanzanie |
Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025/26-2027/28 |
https://www.mof.go.tz/uploads/documents/en-1771238405-MDTS%202025.pdf |
|
Ouganda |
Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025/26-2028/29 |
|
|
Zambie |
Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025-2027 |
https://www.mofnp.gov.zm/?wpdmpro=2025-2027-medium-term-debt-management-strategy |
Base d’investisseurs
Les données relatives à la base d’investisseurs présentées dans le Graphique 4.4 ont été extraites de sources officielles. Les périodes et les types d’instruments sont indiqués dans le tableau ci-dessous.
Tableau d’annexe 4.A.2. Couverture des données relatives à la base d’investisseurs par période et type d’instrument
Copier le lien de Tableau d’annexe 4.A.2. Couverture des données relatives à la base d’investisseurs par période et type d’instrument|
Émetteur |
2024 |
2026 ou dernière période connue |
Instrument |
|---|---|---|---|
|
Égypte |
Décembre 2024 |
Décembre 2025 |
Obligations d’État égyptiennes et bons du Trésor égyptien |
|
Kenya |
Exercice 2023/24 |
Exercice 2024/25 |
Obligations d’État et bons du Trésor |
|
Maurice |
Décembre 2024 |
Mars 2026 |
Titres d’État |
|
Afrique du Sud |
2024 |
2025 |
Obligations intérieures |
|
Ouganda |
Décembre 2024 |
Décembre 2025 |
Titres d’État |
|
Zambie |
Décembre 2024 |
Mars 2026 |
Obligations d’État et bons du Trésor |
Notations de crédit
LSEG fournit des informations sur les notations émanant de trois grandes agences de notation : Fitch, Moody’s et S&P. Pour chaque pays pour lequel des informations sur la note figurent dans l’ensemble de données, une valeur de 1 est attribuée à la note correspondant à la qualité de crédit la plus basse (C ou inférieure) et de 21 à la note correspondant à la qualité de crédit la plus élevée (AAA pour S&P et Fitch et Aaa pour Moody’s). Si des notations attribuées par plusieurs agences sont disponibles, on recourt à la moyenne de celles-ci. La catégorie spéculative compte 11 échelons : cinq notes C (C à CCC+) et six notes B (B- à BB+). La catégorie investissement en compte dix : trois notes B (BBB- à BBB+) et sept notes A (A- à AAA).
Opérations de conversion
Tableau d’annexe 4.A.3. Données relatives aux opérations de conversion
Copier le lien de Tableau d’annexe 4.A.3. Données relatives aux opérations de conversion|
Émetteur |
Source des données |
URL de la source de données |
Montant de l’opération de conversion |
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Kenya |
Résultats des adjudications d’obligations du Trésor |
Montant accepté |
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Maurice |
Résultats des opérations de conversion par adjudication menées par l’État de Maurice |
Montant total alloué |
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Namibie |
Résultat des adjudications de titres d’État |
Montant total alloué aux obligations de destination |
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Afrique du Sud |
Résultats historiques des opérations de conversion par adjudication |
Montant total alloué aux obligations de destination |
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Les 14 pays africains sont les suivants : Afrique du Sud, Botswana, Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Maurice, Namibie, Nigéria, Ouganda, Tanzanie, Tunisie et Zambie.
← 2. Les émissions mensuelles ont été plus faibles au cours des deux mois qui ont suivi l’annonce des droits de douane si l’on examine les données agrégées des MEED d’Europe et de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, alors qu’elles ont été plus élevées dans les MEED d’Asie (hors Chine) et de la région Amérique latine et Caraïbes. Les émissions agrégées des MEED ont diminué dans toutes ces régions en mars 2026, atteignant l’un des plus bas niveaux depuis le début de 2025. Elles ont toutefois augmenté en avril 2026.
← 3. L’excédent primaire des administrations publiques égyptiennes s’est établi à 3.3 % en 2025, mais le déficit budgétaire global était lui de 6.6 %.
← 4. Au début de 2026, certains acteurs du marché s’attendaient également à ce que le Ghana émette ses premières obligations d’infrastructures au cours de l’année (Bloomberg, 2026[76]).
← 5. De nombreux emprunteurs souverains ont également pris des mesures réglementaires pour ouvrir la voie à l’émission d’obligations durables. Parmi eux, en 2025, le Kenya a publié un cadre de financement souverain lié à la durabilité, tandis que l’Afrique du Sud a publié un cadre intégré de la finance durable et que la Zambie a publié une taxonomie nationale de la finance verte (National Treasury of Kenya, 2026[74] ; National Treasury of South Africa, 2026[81] ; BIOFIN, 2025[75]). La publication de ces documents est une étape essentielle permettant d’émettre des obligations durables.
← 6. La composition des émissions est également influencée par les fluctuations monétaires. Par exemple, la dépréciation du naira nigérian a contribué à la baisse des emprunts intérieurs au Nigéria entre 2020 et 2023 (Debt Management Office of Nigeria, 2025[77]).
← 7. Tous les produits d’alimentation des raffineries sont importés, et pour des produits tels que l’essence et le gazole, l’Afrique du Sud importe principalement de Bahreïn, d’Oman, des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite, toutes les expéditions en provenance de ces pays transitant par le détroit d’Ormuz (ISI CEIC, 2026[78]).
← 8. La baisse généralisée des rendements et des écarts de rendement peut masquer des différences significatives dans les tensions budgétaires sous-jacentes, qui peuvent être mieux évaluées en tenant compte des niveaux d’endettement et des coûts du service de la dette. Par exemple, on estime que la dette des administrations publiques de l’Égypte et de l’Afrique du Sud s’est établie à environ 80 % du PIB au cours de l’exercice budgétaire 2025/26. Toutefois, les charges d’intérêts devraient absorber environ 20 % des recettes publiques en Afrique du Sud et plus de 80 % en Égypte. De même, malgré le niveau relativement faible de la dette de l’État fédéral nigérian, qui devrait s’établir à environ un tiers du PIB en 2026, les charges d’intérêts devraient absorber plus de la moitié des recettes publiques (International Monetary Fund, 2026[80] ; International Monetary Fund, 2026[79] ; International Monetary Fund, 2026[82]).
← 9. Les titres d’État représentaient environ 70 % du total des actifs des assureurs au Kenya au troisième trimestre de 2025, tandis que les titres de créance représentaient moins de la moitié des actifs des assureurs-vie à Maurice.
← 10. Cette réglementation est une pratique courante à l’échelle mondiale, en raison de la nature liquide des bons et obligations souverains et de la nécessité pour les assureurs de couvrir leurs engagements.
← 11. Aux fins de la présente statistique, les autres types d’investisseurs sont les suivants : banques commerciales, non-résidents, Banque d’Ouganda, compagnies d’assurance, autres institutions financières, particuliers et autres.
← 12. Ces émissions ont eu lieu en octobre 2025 et février 2026.
← 13. Moody’s a suivi, relevant la note à Caa1 en octobre, de même que S&P, qui a relevé la sienne à B- en novembre.
← 14. Ce risque dépend également des volumes relatifs d’émissions en monnaie locale par rapport aux émissions en monnaie étrangère. À mesure que le volume des émissions augmente, l’échéance moyenne a tendance à se raccourcir, car les marchés peuvent plus facilement assimiler l’offre pour les maturités plus liquides, de moindre duration, généralement situées sur le segment court de la courbe. L’existence de réserves de liquidités beaucoup plus importantes sur les marchés en devises, qui peuvent plus facilement absorber les émissions de duration plus élevée, est un autre facteur explicatif.
← 15. Selon la Banque de Maurice, les objectifs des programmes sont les suivants : « a) lisser le profil de remboursement des titres d’État et réduire le volume de la dette arrivant à échéance dans un délai pouvant aller jusqu’à 12 mois ; b) augmenter la durée moyenne jusqu’à l’échéance de la dette intérieure ; c) réduire le risque de refinancement et assurer un profil de service de la dette plus lisse ; d) accroître la liquidité des obligations de référence à plus long terme ; et e) soutenir le développement du marché en encourageant la participation des investisseurs à long terme » (Bank of Mauritius, 2026[59]).
← 16. Les opérations de conversion peuvent profiter à la fois aux émetteurs et aux investisseurs. Les émetteurs y recourent le plus souvent pour atténuer leur risque de refinancement et accroître la liquidité de l’obligation de destination sur le marché secondaire. Pour les investisseurs, ces opérations de conversion contribuent à réduire le risque de réinvestissement et leur permettent d’échanger les titres qu’ils détiennent contre des obligations plus liquides.
← 17. La mise en œuvre réussie d’opérations de conversion requiert une infrastructure plus large, comprenant un cadre juridique clair, une fonction efficace de gestion de la trésorerie et une grande transparence des prix sur le marché secondaire (Hashimoto et al., 2021[1]).
← 18. Ce groupe de pays a été choisi en raison de l’ampleur des opérations de conversion menées entre janvier 2025 et juin 2026 et de la disponibilité des données relatives à celle-ci.
← 19. L’opération a consisté en l’échange d’un bon du Trésor contre une obligation ayant une échéance effective de 4.5 ans.
← 20. Depuis son rétablissement, le programme a continué d’évoluer de manière à concilier souplesse et transparence. Ainsi, le plafond fixé pour le montant alloué a été assoupli et celui-ci peut désormais être dépassé de 40 %. De plus, le délai entre l’annonce des obligations sources et les adjudications a été porté de 15 à 60 minutes.
← 21. En décembre 2025, l’Afrique du Sud a proposé l’échange d’une obligation source contre trois obligations de destination.
← 22. Les échéances des obligations de destination s’échelonnaient entre 2031 et 2033.