Le présent chapitre présente les principales évolutions observées sur les marchés des crypto-actifs et des stablecoins en Afrique. Il analyse les tendances du marché et de l’adoption de ces actifs, notamment le rôle prépondérant joué par les particuliers, et s’interroge sur la mesure dans laquelle l’expansion des crypto-actifs et des stablecoins pourrait influencer l’intermédiation financière, la participation des investisseurs et le développement des marchés. Ce chapitre examine les enjeux de l’action publique associés à ces questions, notamment les failles en matière de protection des consommateurs, de lutte contre les financements illicites et de cybersécurité, ainsi que les incidences d’un resserrement des liens avec la finance traditionnelle. Il passe également en revue les initiatives législatives et réglementaires récentes mises en œuvre dans différentes économies africaines. Il se conclut par des éléments de réflexion relatifs à l’action publique en vue de favoriser une innovation saine et durable, tout en préservant les investisseurs, l’intégrité du marché et la résilience des marchés financiers.
Rapport sur les marchés de capitaux en Afrique 2026
8. Évolution des marchés des crypto-actifs et des stablecoins en Afrique
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Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesL’adoption des crypto-actifs et des stablecoins n’a cessé de progresser sur l’ensemble du continent africain entre 2021 et 2025, suivant ainsi les tendances mondiales. Les niveaux d’adoption varient d’une juridiction à l’autre, reflétant le rythme de développement des technologies et la diversité des approches réglementaires mises en œuvre par les gouvernements et les autorités de surveillance financière.
L’Afrique s’impose comme un marché de détail majeur pour les crypto-actifs et les stablecoins. En 2025, la valeur totale des transactions en crypto-actifs en Afrique subsaharienne a enregistré une hausse de 52 % en glissement annuel, ce qui en fait la troisième région du monde affichant la plus forte croissance dans ce domaine. Cette activité s’accompagne d’un renforcement progressif des liens entre responsables de l’action publique dans la région. Si le marché reste principalement porté par les particuliers, la participation des acteurs institutionnels se développe également, resserrant les liens entre les marchés des crypto-actifs et le système financier au sens large.
En outre, l’activité liée aux crypto-actifs et aux stablecoins est stimulée par la spéculation et les opportunités d’arbitrage et, dans une bien moindre mesure, par les opérations et les paiements transfrontaliers. Néanmoins, les stablecoins pourraient faciliter les transferts de fonds depuis l’étranger et permettre des règlements transfrontaliers plus rapides et moins coûteux. À terme, leur intégration dans l’infrastructure des marchés financiers pourrait également créer de nouveaux liens avec les marchés financiers, bien que l’ampleur de ces avantages dépende des évolutions réglementaires, technologiques et du marché.
Les crypto-actifs peuvent créer des vulnérabilités liées aux financements illicites et à l’intégrité des marchés. Leur utilisation pour des transferts transfrontaliers peut rendre plus complexes la surveillance et la détection des activités illégales, en particulier lorsque les opérations impliquent des entités opérant dans plusieurs juridictions. Ces vulnérabilités sont amplifiées par la mise en œuvre inégale des normes internationales, notamment les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).
La cybersécurité constitue une autre préoccupation majeure sur les marchés des crypto-actifs ; elle touche les utilisateurs particuliers, les plateformes de négociation et les prestataires de services, et peut avoir des effets systémiques. À l’échelle mondiale, les cyberattaques impliquant des crypto-actifs ont entraîné des pertes estimées à 16.5 milliards USD au cours de la dernière décennie. Plus de la moitié de ces pertes, soit environ 9 milliards USD, étaient liées à des attaques visant les détenteurs de portefeuilles, par le biais de clés privées et de portefeuilles numériques compromis.
La participation croissante des particuliers aux marchés des crypto-actifs et des stablecoins dans l’ensemble de l’Afrique souligne l’importance de disposer de cadres solides de protection des consommateurs de produits et de services financiers. Ces cadres sont particulièrement utiles pour protéger les utilisateurs particuliers contre les risques auxquels ils sont exposés, notamment les fraudes et les escroqueries.
Un cadre réglementaire clair et efficace permet de sécuriser l’innovation numérique et de dynamiser l’entrepreneuriat au sein des systèmes financiers. Une plus grande harmonisation des cadres d’action à l’échelle nationale avec les normes internationales viendrait soutenir ces efforts, favorisant ainsi une meilleure cohérence des politiques, une interopérabilité accrue et une plus grande résilience entre les différentes juridictions. Cela permettrait d’asseoir sur des bases plus solides les applications vertueuses des crypto-actifs et des stablecoins sur les marchés de capitaux, tout en maîtrisant les risques à mesure que se développent leurs liens avec l’ensemble du système financier et les marchés financiers.
8.1. Introduction
Copier le lien de 8.1. IntroductionLes marchés des crypto-actifs1 ont acquis une importance mondiale au cours de la dernière décennie, avec des interactions croissantes, bien qu’encore limitées, avec les marchés de capitaux traditionnels. Ces interactions se manifestent par une participation accrue des institutions financières traditionnelles et des investisseurs institutionnels aux marchés des crypto-actifs, par l’expansion des produits d’investissement réglementés liés à ces actifs, ainsi que par l’intégration émergente des crypto-actifs et des jetons de valeur stable (stablecoins) dans les infrastructures de paiement et de règlement. Elles se traduisent également par la tokenisation d’actifs financiers traditionnels (OCDE, 2022[1] ; 2025[2]).
En Afrique, l’adoption des crypto-actifs connaît une progression rapide, bien qu’à un rythme variable selon les pays et à partir d’un niveau de départ relativement bas. Certains aspects des marchés des crypto-actifs sont susceptibles de soutenir le développement économique et la résilience de la région, par exemple en rationalisant les paiements à l’intérieur des frontières et au-delà, et en facilitant les échanges commerciaux et les flux de transferts de fonds. Dans le même temps, les crypto-actifs pourraient également introduire de nouvelles sources de vulnérabilité, ou amplifier celles qui existent déjà, liées à la stabilité financière, à l’intégrité et à la cyber-résilience.
Le présent chapitre examine les principales tendances de l’adoption des crypto-actifs sur le continent africain, les facteurs qui favorisent le bon fonctionnement de ces marchés et leurs effets sur la résilience économique de la région. Il analyse également l’évolution des approches stratégiques et réglementaires dans les différentes juridictions africaines, avant de présenter les principaux éléments de réflexion relatifs à l’action publique.
8.2. Évolution du marché mondial des crypto-actifs
Copier le lien de 8.2. Évolution du marché mondial des crypto-actifsÀ l’échelle mondiale, les marchés des crypto-actifs connaissent une progression depuis 2021. Leur capitalisation boursière a atteint un pic de 3 400 milliards USD en octobre 2025 (Graphique 8.1, diagramme A), avant de refluer à 3 000 milliards USD en décembre 2025. Les stablecoins occupent une place de plus en plus importante au sein de ces marchés. Fin 2025, la capitalisation boursière cumulée des cinq principaux stablecoins s’élevait à 283 milliards USD, soit environ 8 % de la capitalisation boursière totale du marché des crypto-actifs (Graphique 8.1, diagramme B).
Graphique 8.1. Capitalisation boursière mondiale des crypto-actifs et des stablecoins
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Note : Analyse de l’OCDE établie d’après les rapports de CoinGecko, Chainalysis et TRM Labs.
Source : TRM Labs (2026[3]), 2025 Crypto Adoption and Stablecoin Usage Report, https://www.trmlabs.com/reports-and-whitepapers/2025-crypto-adoption-and-stablecoin-usage-report ; CoinGecko (2025[4]), Top stablecoins by market capitalisation, https://www.coingecko.com/en/categories/stablecoins ; Chainalysis (2025[5]), Crypto adoption index, https://www.chainalysis.com/blog/2025-global-crypto-adoption-index/.
8.3. Évolutions sur les marchés des crypto-actifs en Afrique
Copier le lien de 8.3. Évolutions sur les marchés des crypto-actifs en AfriquePartout en Afrique, l’adoption des crypto-actifs et des stablecoins par les utilisateurs a progressé. Entre juillet 2021 et juin 2025, le volume des transactions en crypto-actifs a augmenté de façon constante sur le continent (Chainalysis, 2025[6]). L’Afrique subsaharienne s’est ainsi hissée au troisième rang mondial des régions où l’adoption des crypto-actifs se développe le plus rapidement (Chainalysis, 2025[7]). En 2025, la valeur totale des transactions en crypto-actifs dans cette région a augmenté de 52 % en glissement annuel. Malgré un niveau de départ relativement faible, cette progression place la région au troisième rang mondial en matière de croissance, derrière l’Asie-Pacifique (69 %) et l’Amérique latine (63 %) (Graphique 8.2, diagramme A).
Dans de nombreux pays africains, l’utilisation des crypto-actifs dans les transactions de l’économie réelle reste faible (IMF et FSB, 2024[8]). Les orientations stratégiques des autorités financières, examinées ultérieurement dans le présent chapitre, suggèrent que les responsables de la région considèrent généralement que l’utilisation des crypto-actifs est principalement motivée par la spéculation et, dans une moindre mesure, par les besoins liés aux transactions transfrontalières dans le secteur des crypto-actifs. Dans la plupart des pays, les crypto-actifs n’ont pas entraîné de substitution monétaire, ce qui s’explique également par leur absence de statut juridique officiel.
Les acteurs du marché, tels que les entreprises de technologie financière (FinTech), les prestataires de services de paiement et, dans certains cas, les institutions financières, commencent à explorer et à intégrer des infrastructures liées aux crypto-actifs dans leurs offres de services. Cette évolution favorise non seulement une augmentation des volumes de transactions, mais contribue également à renforcer la confiance dans les marchés et la maturité opérationnelle de ces écosystèmes.
Graphique 8.2. Croissance des marchés des crypto-actifs par région et adoption des crypto-actifs par pays
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Note : Le diagramme B s’appuie sur l’indice mondial d’adoption des crypto-actifs 2025 de Chainalysis (2025 Global Crypto Adoption Index). Celui-ci combine quatre sous-indices fondés sur l’usage afin de mesurer le volume d’utilisation des différents services liés aux crypto-actifs dans chaque pays. Pour chacun des sous-indices, les pays disposant de données suffisantes sont classés selon des critères qui tiennent compte de facteurs tels que la taille de la population et le pouvoir d’achat.
Source : Chainalysis (2025[5]), The 2025 Global Adoption Index, https://www.chainalysis.com/blog/2025-global-crypto-adoption-index/.
IMF (2025[9]), Crypto-Assets Monitor, https://www.imfconnect.org/content/dam/imf/News%20and%20Generic%20Content/GMM/Special%20Features/Crypto%20Assets%20Monitor.pdf.
Le Nigéria affiche le taux de pénétration des crypto-actifs le plus élevé de la région, suivi par le Maroc, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud (Graphique 8.2, diagramme B). Cette adoption est motivée par plusieurs facteurs, notamment la protection contre l’inflation et la volatilité des taux de change, le contournement des difficultés d’accès aux services financiers traditionnels et la réduction de la dépendance à l’égard de mécanismes coûteux de correspondance bancaire. Leur utilisation répond davantage à des besoins concrets et à une demande émanant de la base de la population qu’à des cas d’usage à grande échelle. Le Nigéria se classe également au troisième rang mondial en volume de transactions liées aux protocoles de finance décentralisée (DeFi) (Chainalysis, 2025[5]).
À l’échelle mondiale, les paiements transfrontaliers, les transferts de fonds et la préservation de la valeur figurent parmi les motivations citées pour investir dans les crypto-actifs en période de volatilité des taux de change et de forte inflation (Chainalysis, 2025[7] ; IMF, 2026[10] ; BIS, 2025[11]). En particulier, la demande de crypto-actifs, notamment de stablecoins adossés au dollar américain, est alimentée par les pénuries de devises étrangères, la dépréciation des monnaies nationales et le coût élevé des circuits traditionnels de transfert de fonds. Dans plusieurs pays, les crypto-actifs sont devenus un moyen concret d’accéder aux paiements internationaux et de transférer de la valeur au-delà des frontières plus efficacement (Chainalysis, 2025[7] ; IMF, 2026[10] ; BIS, 2025[11]).
Plusieurs cas d’usage spécifiques des crypto-actifs et des stablecoins se développent dans les juridictions africaines. Au Kenya, au Nigéria, en Tanzanie et en Ouganda, des prêts adossés au bitcoin et destinés aux micro, petites et moyennes entreprises sont accessibles par l’intermédiaire de comptes bancaires traditionnels, malgré la forte volatilité du cours du bitcoin (Liu, Goni et Mitha, 2021[12]). Par ailleurs, au Kenya, les consommateurs peuvent envoyer, recevoir et convertir des stablecoins en monnaie locale par l’intermédiaire de services de paiement mobile et de distributeurs automatiques de bitcoin spécialisés (CoinMarketCap, 2025[13]). Toutefois, le fait que les règlements soient libellés dans une devise autre que la monnaie locale présente un risque de liquidité au moment du règlement. Au Zimbabwe, les particuliers et les entreprises ont adopté les crypto-actifs et les stablecoins comme instruments de couverture contre le risque de change et les pressions inflationnistes. En 2024, le pays a également lancé un crypto-actif adossé à l’or, baptisé « ZIG » (World Economic Forum, 2024[14]).
Ces différents cas d’usage ont contribué à plus que doubler l’adoption des crypto-actifs en Afrique subsaharienne entre 2021 et 2025 (Graphique 8.3).
Graphique 8.3. Valeur globale des transactions en crypto-actifs en Afrique subsaharienne (2021-2025)
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Note : L’Afrique subsaharienne comprend l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Nigéria, le Sénégal, la Tanzanie, La Réunion, le Rwanda, le Togo, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.
Source : Chainalysis (2025[6]), Geography of crypto report, https://www.chainalysis.com/reports/2025-geo-crypto-report/.
8.3.1. Adoption croissante des stablecoins
L’utilisation des stablecoins progresse également, l’activité étant principalement liée aux transactions sur les marchés de crypto-actifs et, dans une moindre mesure, aux paiements transfrontaliers et aux transferts de fonds. Cette tendance s’inscrit dans la dynamique mondiale, où l’utilisation des stablecoins pour faciliter les transactions sur les marchés de crypto-actifs représente 89 % des usages, tandis que les paiements n’en constituent qu’une part beaucoup plus faible, à hauteur de 2 % (Graphique 8.4). Cette répartition confirme la prédominance des opérations de négociation, tout en mettant en évidence le rôle encore émergent des stablecoins dans les activités de paiement et de règlement (BCG, 2025[15]).
Graphique 8.4. Les cinq principaux cas d’usage des stablecoins à l’échelle mondiale, en valeur et en part relative
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Note : Valeurs approchées.
Source : BCG (2025[16]), White Paper on Stablecoins, https://media-publications.bcg.com/Stablecoins-five-killer-tests-to-gauge-their-potential.pdf.
Dans de nombreuses économies d’Afrique subsaharienne, les circuits traditionnels de transfert de fonds restent relativement coûteux, le coût moyen des transferts s’élevant à 6.4 % en 2025 (World Bank, 2025[17]). Les transactions peuvent également être lentes et certaines catégories de la population peuvent ne pas y avoir accès. Dans certaines conditions, les transferts reposant sur des stablecoins pourraient constituer une solution plus efficace, permettant aux utilisateurs d’envoyer et de recevoir des fonds plus rapidement et à moindre coût (CPMI, 2023[18] ; Adrian et al., 2025[19]). Ils présentent ainsi un intérêt particulier dans les pays caractérisés par une forte émigration et une importante dépendance aux flux financiers de la diaspora, comme le Ghana, le Kenya et le Nigéria (African Development Bank Group, 2025[20] ; IMF, 2025[9]).
Le Nigéria et l’Afrique du Sud s’imposent comme des moteurs importants de la demande de stablecoins, avec un niveau d’utilisation élevé et de fortes perspectives d’adoption future (BVNK et al., 2026[21]). Dans les deux pays, leur adoption est déjà significative : près de 80 % des détenteurs particuliers de crypto-actifs interrogés dans le cadre d’une enquête ont déclaré posséder des stablecoins et plus de 75 % des détenteurs de stablecoins ont indiqué prévoir d’accroître leurs avoirs au cours de l’année suivante. Les résultats suggèrent également que les perspectives d’adoption sont plus favorables dans les économies à revenu faible ou intermédiaire. Au Nigéria, une très large majorité des personnes interrogées ont déclaré préférer recevoir des paiements en stablecoins plutôt qu’en monnaie nationale. Ces résultats témoignent non seulement d’une demande croissante, mais aussi d’une attente de plus en plus forte quant à une acceptation plus large des stablecoins au sein des systèmes de paiement nationaux (Reuters, 2026[22]).
8.4. Facteurs favorisant l’activité liée aux crypto-actifs
Copier le lien de 8.4. Facteurs favorisant l’activité liée aux crypto-actifsL’adoption des crypto-actifs et des stablecoins dans les différentes juridictions dépend de plusieurs facteurs, notamment l’arbitrage réglementaire, les fondamentaux économiques, les orientations géopolitiques, les politiques fiscales et monétaires, le niveau de culture numérique ainsi que les capacités techniques à l’échelle nationale ou régionale. En conséquence, les niveaux d’adoption de ces technologies varient d’un pays africain à l’autre, les gouvernements et les autorités de surveillance du secteur financier ayant instauré des approches réglementaires très diverses (OECD, 2023[23] ; OCDE, 2025[24] ; BIS, 2023[25] ; OCDE, 2022[26]). La présente section précise les conditions spécifiques qui contribuent à l’expansion de l’activité liée aux crypto-actifs et aux stablecoins en Afrique.
8.4.1. Infrastructure
Les crypto-actifs, les stablecoins et les technologies sous-jacentes de registres distribués (DLT) nécessitent une infrastructure informatique fiable, disponible en continu et largement accessible. Celle-ci doit notamment comprendre des services d’hébergement sécurisés, une disponibilité opérationnelle élevée et la capacité de traiter les transactions à grande vitesse, avec un délai minimal. Les réseaux de crypto-actifs, les services de conservation et les plateformes d’échange requièrent des capacités de stockage des données fiables et des systèmes informatiques dorsaux performants (Demmou et Sagot, 2021[27]).
L’accès à des sources d’électricité sûres constitue un facteur essentiel au bon fonctionnement des systèmes qui utilisent régulièrement les services liés aux crypto-actifs et aux stablecoins. Cet enjeu revêt une importance particulière dans le contexte africain. Un approvisionnement électrique stable est essentiel à la continuité de fonctionnement des systèmes nécessaires aux paiements, notamment aux transactions chez les commerçants, aux transferts de fonds, au règlement des factures et au versement des salaires. Les stablecoins peuvent constituer une solution dans certains de ces domaines. La fiabilité de l’approvisionnement électrique est également fondamentale, car elle garantit le fonctionnement des infrastructures de télécommunications et d’accès à l’internet dont dépendent les services liés aux crypto-actifs et aux stablecoins (Jameaba, 2024[28] ; Khiaonarong et al., 2021[29]).
8.4.2. Compétences techniques
Le développement de l’activité liée aux crypto-actifs sur les marchés nationaux repose également sur la disponibilité de compétences avancées en développement logiciel et dans les domaines techniques connexes. Celles-ci favorisent l’innovation dans les FinTech et le développement des infrastructures de paiement numérique. Ces capacités peuvent accroître l’offre de produits et de services liés aux crypto-actifs et contribuer au développement des marchés correspondants dans les juridictions africaines.
En matière de compétences techniques au sein de la population active, l’Afrique du Sud est le pays le mieux positionné parmi ceux étudiés. Elle dispose d’un vivier de compétences bien établi dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), soutenu par les universités, les entreprises technologiques du secteur privé et un secteur des services financiers mature (World Bank, 2018[30]).
L’amélioration de la culture financière est également essentielle pour que la demande de crypto-actifs repose sur des décisions éclairées, prises par des particuliers qui en comprennent le fonctionnement et les caractéristiques sous-jacentes. Les initiatives visant à améliorer les connaissances des utilisateurs particuliers sur les crypto-actifs et les stablecoins devraient leur permettre de mieux comprendre leurs caractéristiques, leurs débouchés et les risques associés, notamment ceux liés à la volatilité, ainsi que les aspects technologiques et opérationnels. En 2012, l’Afrique du Sud, le Botswana, Maurice et le Zimbabwe se classaient en tête de l’Afrique subsaharienne en matière de culture financière (OCDE, 2025[24] ; Messy et Monticone, 2012[31]).
8.5. Incidences de l’adoption croissante des crypto-actifs et des stablecoins sur la résilience économique en Afrique
Copier le lien de 8.5. Incidences de l’adoption croissante des crypto-actifs et des stablecoins sur la résilience économique en AfriqueL’utilisation des crypto-actifs et des stablecoins présente à la fois des opportunités et des risques, dont certains semblent plus marqués pour les juridictions africaines. La présente section met en lumière les possibilités qu’offrent les stablecoins pour rendre les paiements transfrontaliers plus rapides et moins coûteux, à l’appui du développement économique de l’Afrique. Elle examine également les défis associés à leur utilisation, notamment en matière de politique monétaire, de substitution monétaire, de financement d’activités illicites, de cyber-résilience et de protection des consommateurs.
8.5.1. Faciliter les transferts de fonds et les paiements transfrontaliers
L’utilisation des stablecoins peut favoriser les échanges commerciaux entre les pays africains et d’autres pays ou régions, en offrant des infrastructures de règlement permettant de réduire sensiblement les frais de transaction et d’accélérer les délais de règlement. À l’exception des juridictions dans lesquelles l’émission ou l’utilisation de stablecoins n’est pas autorisée, ces crypto-actifs peuvent présenter un intérêt pour les grandes entreprises, les petites entreprises et les particuliers, en raison d’obligations réglementaires moins contraignantes, de la facilitation des transactions de montants élevés et d’une volatilité réduite dans le cas des stablecoins adossés au dollar américain (IMF et FSB, 2024[8] ; Chainalysis, 2025[6]). À cet égard, les stablecoins s’imposent progressivement comme une alternative privilégiée aux canaux traditionnels de transfert et de règlement des transferts de fonds (Auer, Lewrick et Paulick, 2025[32] ; Arner, Auer et Frost, 2020[33]). Au Ghana, des projets d’émission de stablecoins au niveau local sont actuellement à l’étude, notamment des stablecoins libellés en monnaie nationale et adossés à des actifs liés aux matières premières, ou des modèles conçus pour suivre la monnaie locale tout en tirant leur crédibilité de ces matières premières (Cook et al., 2025[34]).
Les paiements par téléphone mobile (mobile money) demeurent le principal canal de paiement numérique en Afrique subsaharienne, avec une hausse de 14.5 % en glissement annuel de la valeur quotidienne des transactions entre 2023 et 2024 (GSMA, 2026[35]). En offrant aux utilisateurs un accès simple et pratique aux paiements électroniques, tout en renforçant leur confiance et leur sérénité à l’égard des solutions de finance numérique, ces services pourraient inciter les consommateurs à expérimenter davantage des technologies telles que les crypto-actifs et les stablecoins (World Bank, 2022[36] ; Illes, Kosse et Wierts, 2025[37]). L’adoption des crypto-actifs progresse le plus rapidement dans les pays où les écosystèmes de paiement mobile sont déjà bien établis, comme l’Afrique du Sud, le Ghana, le Kenya et le Nigéria (Ricci et al., 2025[38]). La possibilité de régler les paiements en crypto-actifs et en stablecoins sur des portefeuilles mobiles contribue également à rendre leur utilisation de plus en plus attrayante pour les particuliers. Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer le potentiel supplémentaire des stablecoins dans les pays confrontés à l’instabilité monétaire. Ils pourraient faciliter les liens transfrontaliers et assurer une interopérabilité fluide des systèmes, aussi bien à l’échelle nationale que mondiale (Adrian et al., 2025[19]).
L’un des principaux défis réside dans la capacité des détenteurs de stablecoins à les convertir en monnaie fiduciaire à leur valeur nominale, de manière massive et dans un délai très court (phénomène désigné comme une « ruée » sur un stablecoin). Pour faire face à de telles demandes, les émetteurs doivent disposer d’actifs de garantie suffisants (OCDE, 2022[1]). Cette problématique revêt une importance particulière dans les juridictions africaines, où les contraintes d’accès aux devises et les possibilités limitées de convertibilité peuvent compliquer la constitution de réserves suffisamment liquides et la capacité des émetteurs à honorer les demandes de remboursement en devises étrangères. D’après l’Office of the Comptroller of the Currency, l’autorité américaine de contrôle bancaire, la liquidité des stablecoins demeure un enjeu majeur, y compris dans les économies avancées (Andersen Institute, 2026[39]).
8.5.2. Incidences sur la politique monétaire, les flux de capitaux et la substitution monétaire
Les crypto-actifs risquent de compromettre les objectifs des politiques budgétaires et monétaires, en particulier dans les juridictions dépourvues de fondement réglementaire ou de mécanismes de contrôle adaptés. Pour garantir une collecte convenable de l’impôt sur les transactions en crypto-actifs, il est nécessaire de disposer d’un cadre juridique actualisé prévoyant l’imposition de ces opérations, et de moyens suffisants de supervision et de contrôle des activités sur la chaîne (on-chain) par les autorités compétentes. L’Afrique du Sud dispose du cadre fiscal applicable aux crypto-actifs le plus développé et le mieux documenté du continent. Elle a notamment mis en œuvre le cadre de déclaration des crypto-actifs de l’OCDE (South African Revenue Service, 2026[40] ; South African Revenue Service, 2018[41]).
Une utilisation généralisée des crypto-actifs peut également entraîner une « crypto-dollarisation » ou une dépendance à l’égard de monnaies étrangères, risquant ainsi d’affaiblir la souveraineté monétaire et les mécanismes de transmission de la politique monétaire. Ces risques sont amplifiés lorsque les cadres réglementaires ne sont pas parvenus à une maturité suffisante (Pazarbasioglu Ceyla et al., 2020[42]). La crypto-dollarisation pourrait réduire l’incitation à épargner en monnaie locale, tout en pénalisant les transactions nationales et en entraînant une perte de seigneuriage (Adrian et al., 2025[19] ; Nikolić, 2023[43]). Parmi les autres conséquences potentiellement néfastes figurent la facilitation des fuites de capitaux dans les économies soumises à des contrôles des changes, le transfert de patrimoine hors du système monétaire national, la perte de contrôle des banques centrales sur la masse monétaire, la diminution des dépôts auprès des banques locales et l’affaiblissement de la capacité des pouvoirs publics à conduire la politique monétaire (BIS, 2023[25] ; Hacibedel, 2023[44] ; IMF et FSB, 2023[45] ; Arner, Auer et Frost, 2020[33]).
8.5.3. Défis liés aux financements illicites et à la cybersécurité
Les crypto-actifs présentent également des risques importants en matière de financement illicite dans les juridictions dotées de cadres réglementaires obsolètes et dépourvus de dispositifs de protection complets. Ces risques tiennent à la nature même des crypto-actifs, notamment à leur capacité à faciliter des paiements transfrontaliers presque anonymes en dehors des circuits de paiement traditionnels. Certaines caractéristiques techniques des DLT peuvent être exploitées à des fins illicites, notamment le pseudonymat des transactions, leur interopérabilité inter-chaînes et la rapidité des règlements. Ces caractéristiques peuvent faciliter l’empilage et le saut de chaînes2. Elles peuvent ainsi réduire la traçabilité des transactions et compliquer la détection rapide des activités suspectes, leur surveillance et l’application de la réglementation. Les stablecoins sont devenus un instrument privilégié du financement illicite, représentant en 2025 jusqu’à 84 % du volume mondial des flux financiers illicites impliquant des crypto-actifs (Graphique 8.5, diagramme A). L’Afrique a également connu plusieurs cas notables d’utilisation abusive des crypto-actifs à des fins criminelles. Ainsi, en février 2025, les autorités nigérianes ont engagé des poursuites contre 53 personnes pour diverses activités criminelles, notamment des fraudes impliquant des crypto-actifs. Dans le cadre de l’enquête, des crypto-actifs d’une valeur de 222 millions USD ont été saisis (OCCRP, 2025[46]).
L’absence de cadres réglementaires solides aggrave les risques d’utilisation abusive des crypto-actifs. Des exigences obsolètes, insuffisantes ou fragmentées en matière de diligence raisonnable, de surveillance et de contrôle réduisent la capacité des responsables de l’action publique à intervenir et à prévenir les flux financiers illicites transitant par les places de marché en ligne (Hunter, Mclaggan et Harbottle, 2025[47]). La mise en œuvre inégale des principales normes internationales, notamment des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), constitue un autre défi auquel les pouvoirs publics doivent apporter une réponse (examiné plus en détail dans la section 8.7 ci-après).
La cybersécurité constitue une autre préoccupation majeure pour les détenteurs de portefeuilles de crypto-actifs, les plateformes d’échange et les autres prestataires de services. À l’échelle mondiale, les cyberattaques liées aux crypto-actifs ont engendré des pertes estimées à 16.5 milliards USD au cours de la dernière décennie (DefiLlama, 2026[48]). Les attaques visant les détenteurs de portefeuilles, notamment par le biais d’un accès non autorisé aux clés privées et aux portefeuilles, ont entraîné des pertes d’environ 9 milliards USD, soit 56 % du total des pertes enregistrées sur la même période (diagramme B). Ces chiffres mettent en évidence les difficultés que pose la sécurisation des crypto-actifs contre le cybervol, en particulier lorsque ceux-ci sont conservés dans des « portefeuilles chauds » (hot wallets)3.
Graphique 8.5. Défis liés au financement illicite et à la cybersécurité des crypto-actifs
Copier le lien de Graphique 8.5. Défis liés au financement illicite et à la cybersécurité des crypto-actifs
Note : Le graphique ci-avant présente les défis liés au financement illicite et à la cybersécurité observés à l’échelle mondiale. Le diagramme B regroupe les différentes techniques de piratage à l’origine de la compromission des clés privées, à savoir les attaques par force brute, l’ingénierie sociale et d’autres techniques dont la nature n’a pas été déterminée.
Source : Chainalysis (2026[49]), The 2026 Crypto Crime Report, https://www.chainalysis.com/wp-content/uploads/2026/03/the-2026-crypto-crime-report-3-17-release.pdf ; DefiLlama (2026[48]), Hacks: Overview, https://defillama.com/hacks.
8.5.4. Enjeux liés à la protection des consommateurs et à la culture financière
Certaines caractéristiques des marchés des crypto-actifs présentent des risques importants pour les investisseurs particuliers, notamment une forte volatilité des cours, l’absence de mécanisme de surveillance et de dispositifs de protection tels que la garantie des dépôts, des asymétries d’information ainsi que des biais comportementaux chez les investisseurs, comme la peur de manquer une occasion (comportement moutonnier) (OECD, forthcoming[50] ; 2025[24]). En outre, les marchés des crypto-actifs font une place croissante à des techniques d’investissement sophistiquées, telles que les positions à effet de levier et les produits dérivés, qui peuvent ne pas être adaptées aux investisseurs non avertis (OCDE, 2022[1] ; 2024[51]).
La fraude et les escroqueries constituent une source importante de risques pour les investisseurs particuliers. À titre d’exemple, en 2025, les autorités zambiennes sont intervenues contre des systèmes frauduleux d’investissement en crypto-actifs en ligne, qui auraient fait quelque 65 000 victimes et occasionné des pertes totales estimées à 100 millions USD (Interpol, 2025[52]). Cet incident s’inscrit dans une tendance mondiale : selon un récent rapport de l’OCDE, 41 des 60 juridictions interrogées dans le monde ont constaté une augmentation des escroqueries et des fraudes financières en 2025 par rapport à 2024. Dans 85 % de ces juridictions, les escroqueries et les fraudes figurent parmi les trois principaux risques auxquels les consommateurs de services financiers sont actuellement exposés (OCDE, 2026[53]). Ces pratiques gagnent en complexité et s’appuient sur l’intelligence artificielle (IA) générative et d’autres technologies émergentes, tandis que les systèmes de détection et de filtrage peinent à suivre cette évolution (OCDE, 2026[54]).
Soixante-dix pour cent de la population africaine a moins de 30 ans (United Nations, 2026[55]). Les jeunes investisseurs, qui disposent d’une expérience plus limitée, sont davantage susceptibles d’investir dans les crypto-actifs (Lanciano, Previati et Ricci, 2026[56]). Cette tendance revêt une importance particulière en Afrique, où l’incertitude économique peut inciter les jeunes à s’intéresser à des produits financiers alternatifs, tandis que des biais comportementaux sont susceptibles d’influencer leurs décisions d’investissement et leur perception des rendements potentiels (OCDE, 2025[24]).
Ces risques sont accentués par des niveaux insuffisants de culture numérique et financière, tant à l’échelle mondiale qu’en Afrique. Les travaux de l’OCDE montrent que les utilisateurs de crypto-actifs sont généralement plus jeunes et moins expérimentés que les utilisateurs d’instruments financiers traditionnels. Seuls 55 % d’entre eux comprennent les notions fondamentales, telles que l’absence de statut de cours légal de ces actifs (OCDE, 2023[57]).
8.6. Évolution des orientations stratégiques et des approches réglementaires relatives aux crypto-actifs en Afrique
Copier le lien de 8.6. Évolution des orientations stratégiques et des approches réglementaires relatives aux crypto-actifs en AfriqueLes autorités africaines réglementent les crypto-actifs afin de lutter contre la criminalité financière, d’atténuer les contraintes macroéconomiques, de limiter les risques pesant sur le système financier et de préserver la souveraineté monétaire (Ozili, 2024[58]). Le respect des exigences du GAFI relatives aux juridictions placées dans les listes grises4 ou noires5 constitue l’un des facteurs qui motivent ces mesures, au même titre que la lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que contre le financement du terrorisme et de la prolifération. En juin 2026, six juridictions africaines figuraient sur la liste grise du GAFI (FATF, 2026[59]). Les autorités cherchent également à endiguer la manipulation des taux de change et les sorties de devises liées aux opérations sur crypto-actifs. Parmi les autres objectifs figurent la protection des consommateurs, la prévention de la fraude et la préservation de l’intégrité et de la stabilité du système financier. Les faiblesses en matière de cybersécurité accentuent ces préoccupations. En 2021, on estimait que 90 % des entreprises africaines ne disposaient pas des protocoles de cybersécurité nécessaires (INTERPOL, 2021[60]). Enfin, les autorités peuvent chercher à protéger le cours légal de la monnaie nationale en empêchant que les crypto-actifs soient utilisés comme moyens de paiement ayant cours légal, tout en autorisant leur détention à des fins d’investissement et leur négociation.
Les juridictions africaines adoptent néanmoins des approches divergentes à l’égard des crypto-actifs et des stablecoins (voir le Tableau 8.1). Plusieurs d’entre elles ont déjà mis en place des cadres d’action structurés définissant clairement les modalités de supervision. D’autres privilégient une approche plus prudente, fondée sur l’expérimentation et l’observation, selon le principe « tester avant de réglementer » : mise en place de « bacs à sable », examen de projets de lois et de réglementations, ainsi que consultations en cours entre les autorités de surveillance financière, les cellules de renseignement financier et les principaux acteurs du marché et du secteur. Enfin, certaines juridictions maintiennent une position restrictive, allant parfois jusqu’à interdire les opérations sur crypto-actifs et les activités connexes.
Tableau 8.1. Crypto-actifs et stablecoins : principales évolutions des politiques publiques et du cadre réglementaire en Afrique
Copier le lien de Tableau 8.1. Crypto-actifs et stablecoins : principales évolutions des politiques publiques et du cadre réglementaire en Afrique|
Juridiction |
Description |
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Botswana |
Le Botswana s’est doté d’un cadre législatif complet régissant les crypto-actifs, qui prévoit notamment l’agrément des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA), en vertu de la loi sur les actifs virtuels de 2025. Cette loi encadre également les plateformes d’échange et les activités de conservation des crypto-actifs. Les stablecoins ne font pas l’objet d’une catégorie réglementaire expressément distincte. Ils peuvent toutefois relever de ce cadre dès lors qu’ils répondent à la définition légale d’un actif virtuel (National Assembly of Botswana, 2025[61]). |
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Égypte |
L’Égypte applique de facto une interdiction des crypto-actifs et des stablecoins. La loi no 194 de 2020 interdit l’émission ou la négociation de ces actifs, sauf autorisation particulière de la Banque centrale d’Égypte. Au mois de septembre 2026, aucune autorisation de ce type n’avait été accordée (Central Bank of Egypt, 2023[62]). |
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Ghana |
Le Ghana a adopté la loi sur les prestataires de services liés aux actifs virtuels de 2025, qui instaure un régime d’agrément et de supervision fondé sur les activités exercées, sous la responsabilité de la Banque du Ghana et de la Commission des opérations de bourse. Ce cadre couvre les plateformes d’échange, les services de conservation, les services de portefeuille, les transferts et l’émission. Les stablecoins relèvent du périmètre général applicable aux crypto-actifs, bien qu’aucun régime réglementaire spécifique aux stablecoins n’ait été rendu public à ce jour (Republic of Ghana, 2025[63]). |
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Kenya |
Le Kenya réglemente les services sur crypto-actifs en vertu de la loi sur les prestataires de services d’actifs virtuels de 2025 et de ses textes d’application adoptés en 2026. Ce cadre instaure des exigences d’agrément pour les plateformes d’échange, les prestataires de services de conservation de portefeuilles, les courtiers, les conseillers et les prestataires de services de paiement en crypto-actifs. Les textes d’application reconnaissent expressément les stablecoins comme des actifs destinés aux consommateurs et soumettent les services associés au cadre réglementaire général applicable aux crypto-actifs (Republic of Kenya, 2025[64] ; Republic of Kenya, 2026[65]). |
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Maurice |
Maurice dispose d’un cadre législatif complet régissant l’agrément des PSCA et les services d’offre initiale de jetons. Ce cadre comprend des règles et des lignes directrices relatives à la conduite des activités et la conservation des actifs. Les stablecoins y sont classés comme des jetons, et non comme une catégorie d’actifs à part entière (Financial Services Commission Mauritius, 2021[66]). Ils ne font pas l’objet d’une réglementation distincte, mais peuvent relever du cadre existant dès lors qu’ils répondent à la définition d’un crypto-actif ou d’un jeton virtuel. |
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Maroc |
Le Maroc n’a pas mis en place de régime d’agrément pour les PSCA. Les autorités financières continuent de considérer les opérations portant sur les monnaies virtuelles comme non autorisées et avertissent que leur utilisation peut constituer une infraction à la réglementation de changes et à la réglementation financière. Aucun cadre réglementaire spécifique aux stablecoins n’a été instauré. Ceux-ci peuvent toutefois être soumis à ces restrictions lorsqu’ils sont utilisés comme monnaies virtuelles ou comme instruments de paiement non autorisés (Office des Changes, 2022[67] ; Bank Al-Maghrib, 2026[68]). |
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Namibie |
La loi sur les prestataires de services d’actifs virtuels de 2023 encadre l’agrément, l’enregistrement et la supervision des activités liées aux crypto-actifs et aux monnaies virtuelles, notamment les jetons, les stablecoins, les plateformes d’échange et les services de conservation (Bank of Namibia, 2023[69]). |
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Nigéria |
Le Nigéria dispose d’un cadre législatif formel et d’un régime de réglementation des valeurs mobilières, fondés sur la loi sur les investissements et les valeurs mobilières de 2025. Ce dispositif encadre l’émission et l’offre de crypto-actifs, leur conservation, ainsi que les activités des PSCA et des plateformes d’échange (Nigeria SEC, 2025[70]). Les stablecoins sont soumis au même cadre de supervision. |
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Rwanda |
Le Rwanda a adopté en 2026 son premier cadre réglementaire sur les activités liées aux crypto-actifs. L’Autorité des marchés de capitaux est chargée de l’agrément et de la supervision des prestataires de services, en coopération avec la Banque nationale du Rwanda. Ce cadre couvre les services sur crypto-actifs, leur émission, la protection des consommateurs et les risques liés à l’intégrité financière. Il ne semble pas établir de catégorie réglementaire distincte pour les stablecoins, et leur utilisation à des fins de paiement nécessite une autorisation expresse de la banque centrale (Republic of Rwanda, 2026[71]). |
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Seychelles |
Les Seychelles disposent d’un cadre législatif formel, en vertu de la loi sur les prestataires de services d’actifs virtuels de 2024, placée sous la responsabilité de l’Autorité des services financiers. Cette loi établit un cadre juridique régissant l’agrément des prestataires, les offres initiales de jetons (initial coin offering), les crypto-actifs et les stablecoins (Seychelles FSA, 2024[72]). |
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Afrique du Sud |
L’Afrique du Sud dispose de cadres législatifs formels permettant de réglementer les crypto-actifs dans le cadre du droit existant, notamment en matière d’agrément, de classification et de supervision, bien qu’aucune loi spécifique aux crypto-actifs n’ait été adoptée (FSCA, 2024[73]). Les stablecoins sont soumis à la réglementation dans la mesure où ils sont considérés comme des crypto-actifs, notamment au titre des obligations d’agrément prévues par la loi sur le conseil et l’intermédiation financiers (Republic of South Africa, 2002[74]). Une législation distincte consacrée aux stablecoins n’est pas encore entrée en vigueur. |
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Tanzanie |
La Banque de Tanzanie a rappelé que les crypto-actifs n’ont pas cours légal et a mis en garde les établissements réglementés contre la facilitation des transactions associées. Le dispositif d’expérimentation réglementaire (bac à sable) fintech mis en place en 2024 permet de tester, dans un cadre contrôlé, des innovations financières admissibles, notamment les applications fondées sur la DLT. Toutefois, les sources officielles ne confirment pas que les stablecoins aient été admis dans ce dispositif, approuvés ou autorisés de manière générale dans ce cadre (Bank of Tanzania, 2024[75] ; Bank of Tanzania, 2025[76]). |
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Tunisie |
La Tunisie n’a pas adopté de législation spécifique aux crypto-actifs ni mis en place de régime d’agrément pour les crypto-actifs ou les PSCA (Ministère des Finances, 2019[77]). |
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Zambie |
En avril 2026, la Zambie élaborait un registre des PSCA. Toutefois, l’utilisation des crypto-actifs n’est pas autorisée par la législation, ceux-ci ne faisant l’objet d’aucune réglementation spécifique (Bank of Zambia, 2018[78]). Les stablecoins ne sont actuellement pas à l’étude. |
Note : Synthèse des évolutions des politiques publiques et des cadres réglementaires dans une sélection de pays africains.
Les divergences entre les approches réglementaires tiennent à plusieurs facteurs, notamment l’ampleur des activités liées aux crypto-actifs dans chaque pays, les capacités et les ressources dont disposent les autorités financières, ainsi que les priorités politiques et culturelles. Dans les juridictions qui maintiennent une approche restrictive, les autorités financières craignent que la promotion et la facilitation de l’utilisation des crypto-monnaies et des crypto-actifs ne portent atteinte à la souveraineté, ne réduisent la demande de monnaie locale et ne favorisent involontairement la substitution monétaire (OCDE, 2024[51] ; BIS, 2023[25]).
Les autorités africaines mettent déjà activement en œuvre des politiques et des initiatives visant à lutter contre les flux financiers illicites sur les marchés des crypto-actifs (African Union, 2024[79]). En 2024, le Mécanisme de coopération policière de l’Union africaine (AFRIPOL) a fourni des outils et organisé des sessions de renforcement des capacités consacrés aux crypto-actifs et aux renseignements issus de sources ouvertes à destination des pays membres de l’Union africaine. Par ailleurs, AFRIPOL, en collaboration avec INTERPOL, s’emploie à renforcer l’intégration des services répressifs africains, tant au niveau opérationnel qu’au niveau stratégique. Ces initiatives contribuent à la mise en œuvre effective des dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), en dotant les autorités des compétences nécessaires pour détecter les activités illicites dans des environnements numériques de plus en plus complexes.
8.6.1. Initiatives et projets relatifs aux monnaies numériques de banque centrale
L’exploration des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) demeure à un stade préliminaire dans les juridictions africaines. Les banques centrales et les autorités similaires privilégient essentiellement les travaux de recherche et d’exploration. Deux exceptions notables se distinguent : l’Afrique du Sud, qui a participé à un projet pilote multilatéral de MNBC mené par la Banque des règlements internationaux (BRI), sans avoir, à ce stade, engagé d’initiative nationale en la matière ; et le Nigéria, qui a lancé sa MNBC de détail, l’eNaira, en octobre 2021, mais dont l’adoption reste limitée (voir le Tableau d’annexe 8.A.1 pour un aperçu des travaux d’exploration relatifs aux MNBC sur le continent).
8.7. Principales recommandations pour l’action publique
Copier le lien de 8.7. Principales recommandations pour l’action publiqueLes stablecoins et les crypto-actifs offrent des perspectives économiques aux pays africains, mais présentent également des risques importants, comme indiqué précédemment. Les instances de réglementation doivent donc se montrer ouvertes à l’innovation financière tout en restant attentives aux risques qu’elle fait peser sur le système financier, afin de protéger les consommateurs et de préserver la résilience des marchés.
La présente section formule les principales recommandations pour l’action publique afin de garantir une réglementation et une supervision efficaces des activités liées aux crypto-actifs en Afrique, à l’appui du développement économique. Ces recommandations sont présentées selon un ordre progressif, en commençant par les mesures les plus fondamentales susceptibles d’améliorer rapidement le fonctionnement des marchés et de favoriser la convergence des politiques publiques entre les pays. La mise en place de bases solides à l’échelle nationale, conjuguée au respect des normes internationales, facilitera le renforcement des cadres d’action en matière de LBC/FT, de cybersécurité et de protection des consommateurs de services financiers. Ces domaines devraient être traités en parallèle par les instances de réglementation, et non successivement, afin de remédier sans délai aux fragilités des dispositifs de politique publique et des cadres réglementaires, sans subordonner les progrès accomplis dans un domaine aux initiatives engagées dans un autre.
La coopération régionale devrait accompagner chacune des étapes de cette démarche, plutôt que constituer un objectif d’action distinct (African Development Bank, 2021[80]). L’établissement de socles réglementaires communs entre les juridictions africaines peut limiter l’arbitrage, tandis que la coopération entre autorités de supervision peut renforcer le contrôle des PSCA étrangers et des dispositifs liés aux stablecoins. Les institutions régionales peuvent également mutualiser les compétences, élaborer des outils de supervision communs et soutenir les juridictions disposant de capacités limitées. Un meilleur alignement entre ces juridictions contribuerait ainsi à renforcer l’intégration régionale.
Pour favoriser le développement économique, les juridictions africaines pourraient intégrer les crypto-actifs et les stablecoins de manière sécurisée dans des cadres d’action axés sur la résilience. La mise en place de mécanismes de taxation6 des activités existantes et futures liées aux crypto-actifs, notamment les opérations de négociation, le minage et la fourniture de services, pourrait générer des sources de recettes alternatives et durables, tout en évitant une fiscalité excessivement punitive susceptible de délocaliser ces activités. Cette approche permettrait d’inscrire l’adoption des crypto-actifs dans une dynamique répondant aux priorités environnementales et de développement, plutôt que de la limiter à des usages purement spéculatifs.
8.7.1. Mettre les cadres d’action nationaux en conformité avec les normes internationales
Les stratégies relatives aux crypto-actifs évoluent selon des trajectoires différentes d’une juridiction africaine à l’autre. Alors que certaines autorités n’ont pas encore mis en place de cadre réglementaire, d’autres ont interdit les crypto-actifs, commencé à en étudier la réglementation ou adopté un cadre réglementaire complet applicable aux crypto-actifs ou aux stablecoins. Un objectif central des politiques publiques demeure la mise en œuvre progressive des normes internationales, conçues pour atténuer les risques associés aux crypto-actifs tout en favorisant le développement du marché. L’alignement sur ces normes internationales peut contribuer à renforcer la résilience des systèmes financiers nationaux, à réduire les disparités réglementaires à l’échelle du continent et à consolider la confiance des investisseurs ainsi que leur protection dans le domaine des crypto-actifs.
La coordination régionale pourrait faciliter la transposition des normes internationales en approches nationales plus cohérentes, tout en permettant d’adapter les réponses aux spécificités des différents marchés conformément au principe de proportionnalité. Les organismes régionaux pourraient élaborer des exigences communes en matière d’agrément, des modèles de déclaration et des protocoles de supervision applicables aux activités transfrontalières liées aux crypto-actifs. La coopération pourrait également favoriser la mise en place de collèges de supervision, la conduite d’inspections coordonnées et l’échange d’informations concernant les prestataires opérant dans plusieurs juridictions africaines.
Les principales normes internationales comprennent :
Les principes du Conseil de stabilité financière : en 2023, le Conseil de stabilité financière (CSF) a actualisé ses Recommandations de haut niveau pour la réglementation, la supervision et la surveillance des dispositifs mondiaux de stablecoins (FSB, 2023[81] ; FSB, 2023[81]) Ces recommandations soulignent que les activités liées aux stablecoins7 doivent être soumises à des exigences réglementaires produisant des résultats équivalents à ceux obtenus dans la finance traditionnelle. En 2023, le CSF a également actualisé ses Recommandations de haut niveau pour la réglementation, la supervision et la surveillance des activités et des marchés de crypto-actifs (FSB, 2023[82]). Celles-ci insistent sur la nécessité d’inclure l’ensemble des activités liées aux crypto-actifs et des acteurs de marché concernés dans le périmètre de la réglementation et de la supervision, afin de combler les lacunes réglementaires et de réduire les disparités entre les juridictions.
Les cadres du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et de l’Organisation internationale des commissions de valeurs : sur le plan prudentiel, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB) a élaboré un dispositif fondé sur les risques, qui prévoit notamment des obligations de diligence raisonnable et de classification des crypto-actifs (BCBS, 2024[83]). Ce dispositif est déjà en vigueur, bien que certaines de ses dispositions fassent actuellement l’objet d’une révision (BCBS, 2025[84]). De son côté, l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) a révisé en 2023 ses recommandations de politique générale afin d’y intégrer explicitement les crypto-actifs. Cette démarche vise à garantir des marchés sûrs, transparents et soumis à une gouvernance rigoureuse, tout en préservant leur intégrité et en renforçant la protection des investisseurs (IOSCO, 2023[85]).
Les principes CPMI-OICV pour les infrastructures des marchés financiers : ces principes constituent un ensemble de normes fiables et reconnues à l’échelle internationale, applicables aux dispositifs de stablecoins dans les pays africains où ces dispositifs sont désignés comme présentant une importance systémique (CPMI et IOSCO, 2012[86]). Plusieurs aspects méritent une attention particulière : (i) le recours potentiel à des actifs de règlement autres que la monnaie de banque centrale ou la monnaie de banque commerciale, susceptible d’introduire des sources supplémentaires de risque financier ; (ii) les interdépendances entre les différentes fonctions d’un même dispositif de stablecoins ; et (iii) le degré de décentralisation des processus opérationnels et/ou des structures de gouvernance. L’intégration des principes dans les dispositifs de gouvernance des stablecoins constitue un levier pour renforcer la gouvernance et la surveillance de ces dispositifs en Afrique (CPMI et IOSCO, 2023[87]).
L’ISO 20022 : la norme 20022 de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) est une norme de messagerie financière reconnue à l’échelle internationale. Elle facilite l’échange de données détaillées, structurées et interopérables entre les systèmes de paiement et les infrastructures des marchés financiers. Pour les économies africaines, la norme ISO 20022 peut constituer un levier essentiel pour intégrer les crypto-actifs et les stablecoins de façon sûre et efficace dans le système financier au sens large. L’un des principaux obstacles à leur adoption à plus grande échelle réside dans l’interopérabilité limitée entre les infrastructures financières traditionnelles et les réseaux fondés sur la technologie des chaînes de blocs. En établissant un langage de données commun à l’ensemble des écosystèmes de paiement, la norme ISO 20022 peut contribuer à combler cet écart et à faciliter les échanges entre les établissements financiers réglementés et les plateformes de crypto-actifs. Associée à des mécanismes de règlement reposant sur les stablecoins, cette norme pourrait favoriser le traitement plus rapide des transactions, réduire les coûts de paiement et améliorer la transparence ainsi que la traçabilité des opérations financières. Ces avancées pourraient contribuer à renforcer l’efficacité, l’interopérabilité et la confiance tant dans les services financiers, tant traditionnels que numériques (Swift, 2026[88]).
8.7.2. Renforcer les mesures de lutte contre le financement illicite et la cybercriminalité
La recommandation no 15 du GAFI, qui étend aux crypto-actifs et à leurs prestataires de services les obligations en matière de LBC/CFT, pourrait constituer un point de départ pour les juridictions africaines souhaitant renforcer leurs dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites. Elle prévoit que ces prestataires soient soumis à des obligations d’agrément ou d’enregistrement, à une supervision continue ainsi qu’à l’ensemble des mesures préventives de LBC/CFT applicables aux institutions financières, notamment en matière de vigilance à l’égard de la clientèle, de conservation des documents et de déclaration des opérations suspectes (FATF, 2012[89]). Il est également recommandé de procéder à des évaluations des risques et d’adopter une approche fondée sur les risques pour encadrer les activités liées aux crypto-actifs, en tenant compte du fait que les lacunes réglementaires sont susceptibles d’être exploitées. Compte tenu du caractère transfrontalier des crypto-actifs, les autorités devraient veiller au respect de la « règle de voyage » du GAFI, qui impose la collecte et la transmission des informations relatives au donneur d’ordre et au bénéficiaire pour les transferts de crypto-actifs concernés (FATF, 2025[90]).
Les juridictions africaines devraient tenir compte des spécificités nationales et régionales de leurs systèmes financiers et des profils de leurs utilisateurs lors de l’élaboration de mesures de LBC/CFT (Cook et al., 2025[34]). Les dispositifs de supervision pourraient, par exemple, être adaptés au degré de développement des marchés financiers et à l’ampleur de l’adoption des stablecoins dans les différentes juridictions. Compte tenu de l’utilisation marquée des stablecoins dans les transactions transfrontalières et du fait que la plupart d’entre eux sont émis en dehors du continent africain, il importe de renforcer la surveillance des points de contact nationaux et d’intensifier la coopération avec les instances de réglementation étrangères afin de garantir le respect effectif des obligations applicables. La coopération dans le cadre des organismes régionaux de type GAFI (ORTG) compétents8 pourrait également favoriser les évaluations des risques, le rapprochement des pratiques de supervision, l’échange d’informations et la coordination des mesures de contrôle.
Les juridictions africaines pourraient envisager d’adopter des stratégies nationales globales de cybersécurité intégrant la prévention de la cybercriminalité et le renforcement des capacités institutionnelles. Une première priorité pourrait consister à créer des unités spécialisées dans la lutte contre la cybercriminalité et à renforcer celles qui existent déjà. Une coordination plus étroite entre les instances de réglementation financière et les autorités chargées de la cybersécurité permettrait de mieux protéger les activités liées aux crypto-actifs. Par ailleurs, la mise en place de partenariats structurés entre les secteurs public et privé faciliterait le partage d’informations en temps réel et le renseignement sur les menaces (INTERPOL, 2021[60]). À l’échelle régionale, le renforcement de la coopération transfrontalière, notamment au moyen d’opérations conjointes, de plateformes d’échange de données et de pratiques d’enquête harmonisées, contribuerait à mieux répondre au caractère transnational de la cybercriminalité et à favoriser le développement sécurisé des marchés des actifs numériques sur l’ensemble du continent.
8.7.3. Renforcer les dispositifs de protection des consommateurs de services financiers et d’éducation financière
Les Principes de haut niveau du G20 et de l’OCDE sur la protection financière des consommateurs fournissent aux juridictions des orientations pour l’élaboration de leurs politiques en matière de protection des consommateurs de services financiers (OECD, 2022[91]). La numérisation, dont les crypto-actifs et les stablecoins constituent une composante, est un thème transversal de ces Principes, compte tenu de ses implications pour les consommateurs, les prestataires et les marchés financiers. Ces principes mettent notamment l’accent sur le traitement équitable des utilisateurs, la transparence et l’accès à des services financiers adaptés à leurs besoins. Leur mise en œuvre intégrale contribuerait à préserver la confiance tout au long du cycle de vie des crypto-actifs et des stablecoins.
Près de 80 % des autorités financières d’Afrique subsaharienne interrogées considèrent la spéculation comme le principal moteur de l’adoption des crypto-actifs (Ricci, 2024[92]). Cette appréciation concorde avec les données mettant en évidence les comportements spéculatifs et les risques qui en découlent pour les consommateurs (OCDE, 2023[57]). Les crypto-actifs utilisés dans les transactions en Afrique subsaharienne sont par ailleurs majoritairement émis en dehors de ces juridictions. Ce constat souligne l’importance cruciale de la mise en œuvre et du renforcement des cadres réglementaires et des normes, afin que l’utilisation encore émergente, mais en expansion, des crypto-actifs et des stablecoins dans les juridictions africaines n’expose pas les commerçants et les consommateurs à des risques excessifs.
Le caractère exhaustif des dispositifs de protection des consommateurs de services financiers est essentiel pour protéger les utilisateurs de crypto-actifs et de stablecoins. Des mesures plus ciblées pourraient notamment prévoir des obligations harmonisées d’information et des avertissements relatifs aux risques, afin de favoriser la comparaison des offres et de limiter les pratiques trompeuses entre prestataires. Les utilisateurs devraient comprendre les caractéristiques propres à chaque instrument, notamment l’absence de garantie des dépôts ou de garantie souveraine pour les stablecoins. Toutefois, la transparence ne suffit pas lorsque le niveau de culture financière est limité. Les autorités pourraient compléter les obligations d’information par des dispositifs efficaces d’assistance à la clientèle, des mécanismes de règlement des litiges dans des délais raisonnables et des mesures robustes de prévention de la fraude (Cook et al., 2025[34]). La Recommandation de l’OCDE sur la culture financière fournit un cadre général pour l’élaboration des politiques nationales en la matière (OECD, 2020[93]). En complément, les Orientations politiques du G20 et de l’OCDE/INFE sur la transformation numérique et la culture financière traitent des besoins spécifiques en matière de culture financière liés aux produits et services financiers numériques (OCDE, 2018[94]). Ces deux instruments soulignent l’importance de tenir compte des besoins des groupes vulnérables.
Références
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Annexe 8.A. Synthèse des évolutions politiques et réglementaires dans une sélection de pays africains
Copier le lien de Annexe 8.A. Synthèse des évolutions politiques et réglementaires dans une sélection de pays africainsPanorama des principales initiatives politiques et mesures réglementaires en Afrique
Copier le lien de Panorama des principales initiatives politiques et mesures réglementaires en AfriqueTableau d’annexe 8.A.1. Panorama des initiatives relatives aux monnaies numériques de banque centrale (MNBC) en cours en Afrique
Copier le lien de Tableau d’annexe 8.A.1. Panorama des initiatives relatives aux monnaies numériques de banque centrale (MNBC) en cours en Afrique|
Juridiction/Institution |
Description |
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Pôle d’innovation de la BRI |
Projet Dunbar : cette expérimentation portant sur les dispositifs multi-MNBC, menée par le Centre de Singapour du Pôle d’innovation de la BRI, s’est déroulée en 2021 et 2022. La Banque de réserve d’Afrique du Sud y a participé, aux côtés du Pôle d’innovation de la BRI et de trois autres autorités financières. Le projet visait à tester une plateforme commune permettant d’effectuer des paiements transfrontaliers de gros et des règlements de change au moyen de plusieurs MNBC. Les prototypes techniques ont permis d’évaluer différents modèles de règlement en mode paiement contre paiement ainsi que les modalités d’accès des banques non résidentes. Les résultats ont montré que les dispositifs multi-MNBC sont techniquement viables et peuvent réduire les coûts, les délais et les risques de règlement associés aux paiements transfrontaliers. |
|
Botswana |
En 2024, la Banque du Botswana, qui inscrit la réflexion sur les crypto-actifs dans une stratégie plus large de modernisation des systèmes de paiement, se trouvait encore en phase de recherche concernant son projet de MNBC. |
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Côte d’Ivoire |
En 2024, la Côte d’Ivoire, aux côtés des sept autres juridictions membres de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), se trouvait en phase d’analyse et de préparation de son initiative relative à une MNBC. |
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Égypte |
L’Égypte inscrit la MNBC dans sa stratégie économique pour la période 2024-2030. Cette initiative vise à renforcer l’efficacité de la politique monétaire, à accélérer la transformation numérique et à favoriser l’inclusion financière. Elle est envisagée comme un instrument de réforme à moyen terme. |
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Ghana |
En 2023, la Banque du Ghana a achevé un projet pilote de MNBC de détail visant à évaluer les cas d’usage en ligne et hors ligne, l’intégration aux systèmes de paiement existants ainsi que les effets sur l’inclusion financière. Les autorités ghanéennes privilégiaient le renforcement de la préparation institutionnelle et des dispositifs de gouvernance avant d’envisager un éventuel lancement. |
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Kenya |
En 2023, la Banque centrale du Kenya a achevé une consultation publique et une analyse de l’opportunité d’émettre une MNBC, en évaluant notamment son adéquation avec un écosystème de paiements numériques déjà développé. Par la suite, la Banque centrale du Kenya a suspendu les travaux de développement, préférant suivre l’évolution des initiatives internationales en matière de MNBC tout en privilégiant d’autres innovations dans le domaine des paiements. |
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Maurice |
Maurice a fait de la MNBC un axe thématique de son futur pôle d’innovation, en invitant les porteurs de projets à soumettre des propositions visant à explorer des solutions fintech liées aux MNBC, en amont du lancement du pôle prévu en 2024. Les travaux relatifs aux MNBC s’inscrivent dans une démarche exploratoire axée sur l’innovation, intégrée à une initiative plus large de développement d’un écosystème fintech. |
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Namibie |
La Namibie se trouvait encore en phase préparatoire d’étude d’une MNBC. À la suite d’une assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) menée en 2024 et dont les résultats ont été publiés en 2025, les autorités ont entrepris d’élaborer un cadre d’évaluation de faisabilité et une feuille de route. Il a été recommandé de préciser la logique d’action justifiant une MNBC, d’évaluer les solutions alternatives et de renforcer les capacités institutionnelles avant d’engager des travaux plus coûteux en ressources. |
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Nigéria |
L’eNaira, MNBC de détail reposant sur un modèle à deux niveaux9, a été officiellement lancée en octobre 2021. Son adoption est toutefois restée modeste au cours des premiers mois : le nombre total de téléchargements de portefeuilles par les consommateurs et les commerçants dépassait à peine 600 000 en décembre 2021, pour atteindre seulement 900 000 un an plus tard, soit 0.8 % des comptes bancaires nigérians. En moyenne, chaque portefeuille n’effectuait qu’une transaction tous les six mois, ce qui témoigne d’une faible utilisation. Face à la stagnation de l’adoption et de l’utilisation, la Banque centrale du Nigéria a annoncé, en novembre 2025, qu’elle pourrait envisager à l’avenir un modèle de MNBC de gros. Au moment de la préparation du tableau, le site officiel de l’eNaira n’était plus accessible. |
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Afrique du Sud |
L’Afrique du Sud a participé au projet Dunbar, mené par le Pôle d’innovation de la BRI en 2021/2022. Par ailleurs, en 2025, la Banque de réserve d’Afrique du Sud a conclu que l’émission d’une MNBC de détail ne constituait pas une priorité à court ou moyen terme, malgré sa faisabilité technique. Elle privilégiait plutôt les initiatives de modernisation des systèmes de paiement. La banque centrale a réorienté ses travaux d’exploration vers une MNBC de gros, tout en continuant à suivre l’évolution des conditions susceptibles de rendre nécessaire l’émission d’une MNBC de détail. |
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Tanzanie |
En 2023, la Tanzanie se trouvait à un stade précoce de recherche et de renforcement des capacités, évaluant différentes options de conception d’une MNBC, ainsi que les risques et les cas d’usage possibles, dans le cadre de consultations avec les parties prenantes. |
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Ouganda |
En 2025, l’Ouganda avait achevé les consultations avec les parties prenantes et publié une évaluation des avantages et des risques potentiels d’une MNBC. Le projet se situait ainsi au stade préalable à l’étude de faisabilité. La banque centrale prévoyait de mener une étude formelle afin d’évaluer sa viabilité technique, juridique, économique et opérationnelle avant toute décision de poursuivre le projet. |
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Zimbabwe |
En 2022, le Zimbabwe avait élaboré une feuille de route progressive en vue de la mise en place d’une MNBC et annoncé son intention de lancer une consultation publique ainsi que des enquêtes auprès des consommateurs, en préparation d’éventuels programmes pilotes. Le passage à la phase pilote était conditionné aux résultats de ces consultations. Le projet s’inscrivait dans une démarche exploratoire plutôt que dans une stratégie d’émission immédiate. |
Note : Ce tableau présente une liste non exhaustive des principales évolutions de l’action publique et des cadres réglementaires dans certaines juridictions africaines depuis 2021, mise à jour en mai 2026.
Source : (BISIH et al., 2022[95]), BIS Innovation Hub and central banks of Australia, Malaysia, Singapore and South Africa develop experimental multi-CBDC platform for international settlements, https://www.resbank.co.za/content/dam/sarb/publications/media-releases/2022/project-dunbar-/BIS%20Innovation%20Hub%20led%20Project%20Dunbar%27s%20final%20report.pdf ; (BIS Innovation Hub, 2022[96]), Project Dunbar: international settlements using multi-CBDCs, https://www.bis.org/about/bisih/topics/cbdc/dunbar.htm ; (Bank of Botswana, 2024[97]), Annual Report, https://www.bankofbotswana.bw/sites/default/files/news-files/Annual%20Report%202024.pdf ; (Information and Decision Support Center, 2023[98]), The Document of the Most Prominent Strategic Directions for the Egyptian Economy for the New Presidential Term (2024-2030), https://idsc.gov.eg/Publication/details/8857 ; (BCEAO, 2024[99]), Rapport annuel de la BCEAO, https://www.bceao.int/fr/publications/rapport-annuel-de-la-bceao-2024 ; (Central Bank of Kenya, 2023[100]), Issuance of Discussion Paper on Central Bank Digital Currency: Comments from the Public, https://www.centralbank.go.ke/uploads/press_releases/103592893_Press%20Release%20-%20Issuance%20of%20Discussion%20Paper%20on%20Central%20Bank%20Digital%20Currency%20-%20Comments%20from%20the%20Public.pdf ; (Bank of Mauritius, 2024[101]), Media Release: The Bank of Mauritius calls for participation in projects for its Innovation Hub, https://www.bom.mu/media/media-releases/media-release-bank-mauritius-calls-participation-projects-its-innovation-hub ; (Kunaratskul et al., 2025[102]), Namibia: Retail Central Bank Digital Currency Exploration and Roadmap, https://www.imf.org/en/publications/high-level-summary-technical-assistance-reports/issues/2025/02/10/namibia-retail-central-bank-digital-currency-exploration-and-roadmap-561841 ; (Ree, 2022[103]), Nigeria’s eNaira, One Year After, https://doi.org/10.5089/9798400241642.001 ; (Bank of Ghana, 2025[104]), Talk by Mr. Musa Itopa Jimoh at CEDI@60 International Currency Conference [video], https://youtu.be/67lMQ_pKk28?t=18379 ; (South Africa Reserve Bank, 2025[105]), SARB position paper on the necessity of a retail CBDC in South Africa, https://www.resbank.co.za/en/home/publications/publication-detail-pages/Fintech/sarb-position-paper-on-the-necessity-of-a-retail-cbdc-in-south-a ; (Bank of Tanzania, 2023[106]), Public Notice: Bank of Tanzania Progress on Central Bank Digital Currency, https://www.bot.go.tz/Adverts/PressRelease/en/2023011413181519.pdf ; (Bank of Uganda, 2024[107]), Integrated Annual Report, https://bou.or.ug/uploads/Integrated_Annual_Report_2024_2025_9bfa4a9ed6.pdf ; (Reserve Bank of Zimbabwe, 2022[108]), Mid-Term Monetary Policy Statement, https://www.rbz.co.zw/documents/mps/2022/Monetary-Policy-Statement-August-2022-.pdf.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. L’OCDE définit un crypto-actif comme une représentation numérique d’une valeur qui s’appuie sur un registre distribué sécurisé par des moyens cryptographiques ou une technologie similaire employée pour valider et sécuriser des transactions (OCDE, 2023[118]). Le présent chapitre se concentre sur deux types de crypto-actifs, conformément aux définitions du Conseil de stabilité financière (FSB, 2020[112] ; 2023[81]) :
les crypto-actifs non adossés (ci-après dénommés « crypto-actifs ») – des actifs numériques privés protégés par le chiffrement, dont la valeur n’est pas adossée à d’autres actifs financiers (par exemple, le Bitcoin et l’Ethereum)
les « stablecoins » – des crypto-actifs qui visent à maintenir une valeur stable liée à d’autres actifs tels que les monnaies fiduciaires, les matières premières ou, dans certains cas, d’autres crypto-actifs.
← 2. Le saut de chaînes peut être défini comme le fait d’échanger systématiquement des crypto-actifs d’une chaîne de blocs à une autre, ou contre d’autres actifs sur une même chaîne de blocs, dans le but de dissimuler les transactions ou la propriété des actifs (TRM Labs, 2022[115]).
← 3. Les portefeuilles chauds sont des portefeuilles numériques destinés à la conservation de crypto-actifs, qui sont connectés à l’internet et dont la clé privée permettant d’y accéder est également stockée en ligne (Coinbase, 2024[114]).
← 4. La liste grise du GAFI recense les juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée, qui coopèrent avec le Groupe d’action afin de remédier aux insuffisances de leurs dispositifs de lutte contre la criminalité financière (FATF, 2026[59]).
← 5. La liste noire du GAFI énumère les juridictions présentant de graves lacunes stratégiques dans leurs dispositifs de lutte contre la criminalité financière, dans lesquelles les acteurs malveillants disposent d’une plus grande marge de manœuvre pour mener leurs activités (FATF, 2026[59]).
← 6. En 2023, le ratio moyen des recettes fiscales au PIB en Afrique s’établissait à 16.1 %, un niveau nettement inférieur à ceux enregistrés en Amérique latine et dans les Caraïbes (21.3 %) et dans les pays membres de l’OCDE (33.9 %). Ces écarts soulignent la marge de manœuvre budgétaire limitée des gouvernements du continent, qui restreint leur capacité à financer les investissements nécessaires au développement durable et au bien-être social à long terme (OCDE/CUA/ATAF, 2025[117]).
← 7. Cela comprend l’émission, le rachat, la conservation, la gouvernance et les activités d’intermédiation.
← 8. Quatre ORTG regroupent des juridictions africaines : le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), le Groupe anti-blanchiment d’Afrique orientale et australe (ESAAMLG), le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) et le Groupe d’action financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENAFATF) (FATF, 2026[116]).
← 9. Dans un modèle de MNBC de détail à deux niveaux, l’ensemble des agents économiques (tous les commerçants et citoyens) peut accéder à la monnaie numérique, sous forme de compte ou de jeton. Sa distribution est assurée par des intermédiaires financiers, contrairement au modèle de MNBC de détail à un seul niveau, dans lequel la banque centrale assure elle-même cette distribution (Bank for International Settlements, 2021[113]).