- Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent de nouveaux signes de ralentissement
- Les perspectives d’emploi des individus dépendent largement du lieu de résidence
- Les transformations structurelles affectent inégalement les marchés du travail locaux
- Les clauses de non-concurrence sont répandues au-delà des professions hautement qualifiées
Table des matières
Ces notes pays donnent un aperçu de la situation du marché du travail dans chaque pays en s’appuyant sur les données des Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2026. Cette édition se concentre sur les disparités géographiques en matière d’emplois et de revenus.
Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent de nouveaux signes de ralentissement
Copier le lien de Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent de nouveaux signes de ralentissementLes marchés du travail de l’OCDE font preuve de résilience, avec des taux d’emploi et d’activité de la population active à des niveaux records (respectivement 72.1 % et 76.7 % en moyenne dans l’OCDE au premier trimestre 2026) ainsi qu’un taux de chômage bas au regard des standards historiques (4.9 % en mai 2026). Cependant, des signes de faiblissement émergent, notamment une hausse du chômage dans de nombreux pays, un ralentissement de la croissance de l’emploi et une résorption des pénuries de main-d’œuvre. Du fait de la nouvelle hausse des prix de l’énergie, il est attendu que les salaires réels reculent dans de nombreux pays.
En mai 2026, le taux de chômage français était de 8.2 %, bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE de 4.9 % (voir graphique ci-dessous). À 0.6 point de pourcentage (p.p.), sa croissance était parmi les plus fortes de l’OCDE.
Le taux d’emploi a augmenté de 68.7 % au T1 2024 à 69.4 % au T1 2026, et le taux de participation de la population active a augmenté de 74.3 % au T1 2024 à 75.6 % au T1 2026. Ces augmentations sont principalement imputables aux travailleurs âgés.
Les pénuries de main-d’œuvre sont proches de leurs niveaux pré-COVID‑19, mais restent plus élevées que durant la décennie précédant la pandémie, du fait d’un certain nombre de facteurs structurels.
Depuis la pandémie, l’emploi a été soutenu par une forte rétention de la main-d’œuvre dans de nombreux pays de l’OCDE, y compris la France : les entreprises ont préféré s’ajuster aux chocs négatifs en conservant leurs effectifs tout en réduisant les heures travaillées, plutôt qu’en réduisant leurs effectifs. La rétention de main-d’œuvre recule en France, mais demeure bien au-dessus de ses niveaux pré-COVID‑19. Cela pourrait exacerber les conséquences en matière d’emploi d’un fort ralentissement économique à l’avenir dans la mesure où les entreprises seraient alors contraintes de procéder aux licenciements qu’elles ont jusqu’ici différés.
Avant la nouvelle flambée des prix de l’énergie, les salaires réels en France avaient rattrapé leurs niveaux de début 2021 – au T1 2026, ils étaient équivalents à leur niveau du T1 2021 -, bien que les salaires réels en France n’aient pas beaucoup baissé durant l’épisode inflationnaire post COVID‑19 grâce à une inflation relativement contenue et à des renégociations salariales dynamiques.
À court terme, l’effet négatif d’une inflation plus élevée sur les salaires réels devrait être atténué par un recours à l’épargne des ménages historiquement élevée, et par l’indexation du salaire minimum sur l’inflation. Ainsi, en supposant que les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient soient importantes mais limitées à une période relativement courte, la croissance du salaire réel serait de ‑0.1 % en 2026, et de 0.3 % en 2027.
Les perspectives d’emploi des individus dépendent largement du lieu de résidence
Copier le lien de Les perspectives d’emploi des individus dépendent largement du lieu de résidenceLes disparités régionales en matière de résultats sur le marché du travail sont importantes au sein de l’OCDE. Dans plus de la moitié des pays de l’OCDE, les taux d’emplois entre petites régions varient de plus de 20 p.p. Ces disparités ne reflètent pas seulement des différences dans la composition de la population locale, mais aussi dans les opportunités économiques que les régions ont à offrir, et elles se traduisent directement par des disparités de niveau de vie.
En France métropolitaine, les disparités régionales en matière de taux d’emploi sont plus faibles que dans la plupart des économies de l’OCDE : l’écart entre les régions du premier et dernier quintile du taux d’emploi est de 8.6 p.p., tandis que la moyenne au sein des pays de l’OCDE pour lesquels les données sont disponibles est de 11.4 p.p. (voir graphique ci-dessous).
Néanmoins, le lieu de résidence affecte les chances de trouver un emploi. En 2022, dernière année pour laquelle les données sont disponibles à un niveau géographique aussi fin, le taux de chômage dans le département où il est le plus élevé, les Pyrénées-Orientales, était de 16.8 %, plus du double de celui du département où il est le plus faible, le Cantal (6.9 %).
En France, les métiers de service à haute valeur ajoutée sont largement concentrés dans l’Île‑de‑France, où ils représentent 32.6 % de l’emploi de la région. Les autres départements métropolitains et non-métropolitains affichent une part bien moins importante de ces métiers dans leur distribution d’emplois.
Depuis le début des années 2010, les disparités régionales de taux d’emploi (exprimé en proportion de la moyenne nationale) se sont réduites de 10.3 %, comme dans la plupart des pays de l’OCDE. Cela reflète des améliorations sur le marché du travail de régions précédemment caractérisée par un faible taux d’emploi.
Les disparités régionales en matière de marché du travail se traduisent par des différences significatives de revenu des ménages à travers la France. Le revenu disponible médian dans le département à plus hauts revenus, Paris, est 1.6 fois celui du département à plus faible revenu, la Seine‑Saint-Denis ; et une grande partie de cet écart reflète des différences dans les conditions sur le marché du travail.
Les transformations structurelles affectent inégalement les marchés du travail locaux
Copier le lien de Les transformations structurelles affectent inégalement les marchés du travail locauxLa mondialisation et les technologies numériques continuent de transformer les marchés du travail locaux dans les pays de l’OCDE, mais les effets diffèrent significativement entre régions. Les zones hautement exposées à la concurrence liée aux importations de pays à bas salaires font souvent face à des pertes persistantes d’emplois manufacturiers, tandis que les régions exposées aux technologies numériques tendent à connaître une plus forte croissance en emplois non-routiniers et hautement qualifiés.
L’exposition régionale aux importations de pays à bas salaires a significativement augmenté suite à l’accession de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001, et l’élargissement de l’UE aux pays d’Europe centrale et orientale (PECO) entre 2004 et 2007.
En France, la concurrence des bas salaires, en particulier des PECO, est associée à un déclin persistant de l’emploi manufacturier, largement compensé par des gains en emplois dans d’autres secteurs (voir graphique ci-dessous). Une région dans le 80‑90ème percentile d’exposition régionale au commerce a perdu près de 270 000 emplois de plus dans le secteur manufacturier qu’une région avec une exposition moyenne, mais a gagné près de 500 000 emplois supplémentaires dans d’autres secteurs. La perte d’emplois manufacturiers représente un douzième de l’emploi manufacturier total en France, un chiffre similaire à celui de l’Europe de l’Ouest dans son ensemble, et inférieur à celui des Etats-Unis (un septième).
Les changements dans la composition de l’emploi régional entre les secteurs et les professions en réponse aux changements structurels sont en grande partie le résultat de flux d’emploi entrants et sortants, tandis que la mobilité entre régions et secteurs ne joue qu’un rôle mineur (voir graphique ci-dessous).
Les clauses de non-concurrence sont répandues au-delà des professions hautement qualifiées
Copier le lien de Les clauses de non-concurrence sont répandues au-delà des professions hautement qualifiéesLes clauses de non-concurrence, c’est-à-dire les clauses contractuelles empêchant les salariés de rejoindre un concurrent ou de créer une entreprise concurrente, ainsi que les restrictions contractuelles connexes, sont répandues dans l’ensemble des marchés du travail de l’OCDE. Elles concernaient environ 30 % des travailleurs en 2025, et sont de plus en plus utilisées au-delà des emplois hautement spécialisés. Si les entreprises peuvent recourir à ces clauses pour protéger des secrets commerciaux ou des investissements, les données disponibles suggèrent qu’elles peuvent réduire la mobilité professionnelle, freiner la croissance des salaires, ralentir la diffusion des connaissances et nuire à la croissance de la productivité.
En France, selon les employeurs, entre 19 % et 27 % des employés du secteur privé sont actuellement liés par une clause de non-concurrence, un niveau proche de la moyenne de 20 % à 30 % observée dans les pays de l’OCDE (voir graphique ci-dessous). Les entreprises font état d’une tendance à la hausse, ce qui suggère un recours croissant aux restrictions contractuelles sur le marché du travail français.
En France comme dans un certain nombre de pays de l’OCDE, les clauses de non-concurrence se sont multipliées dans des segments du marché du travail où la justification traditionnelle, à savoir la protection d’informations sensibles ou d’investissements importants, paraît faible : entre 17 % et 33 % de travailleurs n’ayant pas accès à des informations confidentielles, ainsi qu’entre 17 % et 31 % de travailleurs à faible rémunération, déclarent avoir néanmoins signé une clause de non-concurrence.
De surcroît, près de 40 % des entreprises sondées déclarent avoir connaissance d’accords de non-débauchage, de fixation concertée des salaires, ou des deux, au sein de leur secteur, contre 48 % en moyenne dans les pays sondés.
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Alexandre GEORGIEFF (✉ alexandre.georgieff@oecd.org)
Stéphane CARCILLO (✉ stephane.carcillo@oecd.org)
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Note de la République de Türkiye
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Note de tous les États de l’Union européenne membres de l’OCDE et de l’Union européenne
La République de Chypre est reconnue par tous les membres des Nations Unies sauf la Türkiye. Les informations figurant dans ce document concernent la zone sous le contrôle effectif du gouvernement de la République de Chypre.
La publication complète est disponible en français : OCDE (202X), Perspectives de l'emploi de l'OCDE 2026 : Disparités géographiques en matière d’emploi et de revenu, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f8a23d95-fr.
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