- Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent de nouveaux signes de ralentissement
- Les perspectives d’emploi des individus dépendent largement du lieu de résidence
- Les transformations structurelles affectent inégalement les marchés du travail locaux
- Les clauses de non-concurrence sont répandues au-delà des professions hautement qualifiées
Table des matières
Ces notes pays donnent un aperçu de la situation du marché du travail dans chaque pays en s’appuyant sur les données des Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2026. Cette édition se concentre sur les disparités géographiques en matière d’emplois et de revenus.
Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent de nouveaux signes de ralentissement
Copier le lien de Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent de nouveaux signes de ralentissementLes marchés du travail de l’OCDE font preuve de résilience, avec des taux d’emploi et d’activité de la population active à des niveaux records (72.1 et 76.7 % au T1 2026 respectivement en moyenne dans l’ensemble des pays) ainsi qu’un taux de chômage bas au regard des standards historiques (4.9 % en mai 2026). Cependant, des signes de faiblissement émergent, notamment une hausse du chômage dans de nombreux pays, un ralentissement de la croissance de l’emploi et une résorption des pénuries de main-d’œuvre. Du fait de la nouvelle hausse des prix de l’énergie, il est attendu que les salaires réels reculent dans de nombreux pays.
Le taux de chômage était de 6.96 % en mai 2026, en hausse par rapport aux 5.2 % de mai 2023, et au-dessus de la moyenne de l’OCDE de 4.9 %. Le taux d’emploi de la population en âge de travailler est resté élevé, à 74.3 % au premier trimestre 2026.
Les jeunes entrants sur le marché du travail ont été exposés au chômage de manière croissante comparativement au reste de la population active. Au premier trimestre 2026, l’écart du taux de chômage entre les récents diplômés non universitaires et les personnes qui ne sont pas en études demeure élevé, à 4 points de pourcentage (p.p.), bien qu’il reste inférieur aux niveaux observés dans l’UE. L’écart de chômage pour les diplômés universitaires était d’environ 1.1 p.p. début 2026, nettement supérieur à celui de l’Australie et de l’UE, où cet écart est proche de zéro.
La tension du marché du travail est maintenant inférieure aux niveaux pré-COVID‑19. Au T1 2026, le nombre d’offres d’emploi par chômeur était de 0.3, un niveau inférieur à celui d’avant la pandémie (0.5 au T4 2019) et bien en dessous de son pic de 0.9 au T2 2022 lors de celle-ci. Cela traduit une détente du marché du travail.
Les salaires réels ont augmenté de 1.5 % en glissement annuel au T1 2026, dans la moyenne de la hausse de 1.7 % observée au sein de l’OCDE. Ils ont retrouvé leur niveau du T1 2021, signe d’un rétablissement complet après la flambée des prix de l’énergie. À l’avenir, les salaires réels devraient reculer de 0.7 % en 2026, avant de renouer avec une croissance modérée de 0.4 % en 2027, en supposant que les perturbations découlant du conflit au Moyen-Orient soient substantielles mais temporaires. Le salaire minimum réel a diminué entre janvier 2025 et janvier 2026, le Canada figurant parmi les six pays ayant enregistré une baisse sur cette période.
Les perspectives d’emploi des individus dépendent largement du lieu de résidence
Copier le lien de Les perspectives d’emploi des individus dépendent largement du lieu de résidenceLes disparités régionales en matière de résultats sur le marché du travail sont importantes au sein de l’OCDE. Dans plus de la moitié des pays de l’OCDE, les taux d’emplois entre petites régions varient de plus de 20 p.p. Ces disparités ne reflètent pas seulement des différences dans la composition de la population locale, mais aussi dans les opportunités économiques que les régions ont à offrir, et elles se traduisent directement par des disparités de niveau de vie.
Au Canada, les disparités régionales en matière de taux d’emploi sont parmi les plus importantes des économies de l’OCDE : l’écart entre les régions du premier et dernier quintile du taux d’emploi est de 17.4 p.p., contre 11.4 p.p. de moyenne au sein des pays de l’OCDE pour lesquels les données sont disponibles.
Les chances de trouver un emploi sont fortement affectées par le lieu de résidence. En 2021, dernière année pour laquelle les données sont disponibles à un niveau géographique aussi fin, le taux de chômage dans la division de recensement où il est le plus élevé, la division N°9 à Terre‑Neuve, était de 29 %, neuf fois celui de la division où il est le plus faible, Nicolet-Yamaska (3.3 %).
Les disparités régionales en matière de marché du travail se traduisent par des différences significatives de revenu des ménages à travers le Canada. Le revenu disponible médian dans la région à plus hauts revenus, division 16 en Alberta, est trois fois celui de celle à plus faible revenu, division 4 à Terre‑Neuve‑et-Labrador. Une grande partie de cet écart reflète des différences dans les conditions sur le marché du travail.
Les transformations structurelles affectent inégalement les marchés du travail locaux
Copier le lien de Les transformations structurelles affectent inégalement les marchés du travail locauxLa mondialisation et les technologies numériques continuent de transformer les marchés du travail locaux dans les pays de l’OCDE, mais les effets diffèrent significativement entre régions. Les zones hautement exposées à la concurrence liée aux importations de pays à bas salaires font souvent face à des pertes persistantes d’emplois manufacturiers, tandis que les régions exposées aux technologies numériques tendent à connaître une plus forte croissance en emplois non-routiniers et hautement qualifiés.
L’exposition régionale aux importations de pays à bas salaires, portée par l’accession de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001, et l’élargissement de l’UE aux pays d’Europe centrale et orientale (PECO) entre 2004 et 2007, varie fortement selon les pays.
Au Canada, le déclin de l’emploi manufacturier associé à la concurrence des importations de pays à bas salaires est relativement limité comparé à d’autres pays tels que les Etats-Unis : une augmentation d’un écart-type de l’exposition à la concurrence via les importations réduit l’emploi manufacturier de 4 % au Canada, contre 15 % aux Etats-Unis. Néanmoins, lorsqu’elle est rapportée au recul total de l’emploi manufacturier entre 2001 et 2018, la concurrence des importations a représenté environ 20 % de ce déclin.
Comme dans d’autres pays, la majeure partie de l’ajustement se fait via une sortie de l’emploi par les travailleurs (‑2.07 % de l’emploi manufacturier initial) plutôt qu’une transition vers d’autres métiers. La mobilité sectorielle (‑1.46 %) et la mobilité régionale (‑0.34 %) jouent un rôle bien moins important. Le recul de l’emploi manufacturier au niveau régional associé à une augmentation d’un écart-type de l’exposition à la concurrence via les importations n’a pas été compensé par une croissance plus forte de l’emploi dans les secteurs non-manufacturiers. Une explication possible est la relative spécialisation des régions touchées, ce qui réduit leur capacité à générer une croissance de l’emploi suffisante dans d’autres secteurs.
Les clauses de non-concurrence sont répandues au-delà des professions hautement qualifiées
Copier le lien de Les clauses de non-concurrence sont répandues au-delà des professions hautement qualifiéesLes clauses de non-concurrence, c’est-à-dire les clauses contractuelles empêchant les salariés de rejoindre un concurrent ou de créer une entreprise concurrente, ainsi que les restrictions contractuelles connexes, sont répandues dans l’ensemble des marchés du travail de l’OCDE. Elles concernaient environ 30 % des travailleurs en 2025, et sont de plus en plus utilisées au-delà des emplois hautement spécialisés. Si les entreprises peuvent recourir à ces clauses pour protéger des secrets commerciaux ou des investissements, les données disponibles suggèrent qu’elles peuvent réduire la mobilité professionnelle, freiner la croissance des salaires, ralentir la diffusion des connaissances et nuire à la croissance de la productivité.
Au Canada, selon les employeurs, entre 29 % et 39 % des employés du secteur privé sont actuellement liés par une clause de non-concurrence, contre une moyenne de 20 % à 30 % au sein des pays de l’OCDE. De surcroît, les employeurs font état d’une tendance à la hausse des clauses de non-concurrence.
Au Canada comme dans un certain nombre de pays de l’OCDE, les clauses de non-concurrence se sont multipliées dans des segments du marché du travail où la justification traditionnelle, à savoir la protection d’informations sensibles ou d’investissements importants, paraît faible : entre 13 % et 25 % de travailleurs n’ayant pas accès à des informations confidentielles, ainsi qu’entre 15 % et 26 % de travailleurs à faible rémunération, déclarent avoir néanmoins signé une clause de non-concurrence.
De surcroît, près de 40 % des entreprises sondées déclarent avoir connaissance d’accords de non-débauchage, de fixation concertée des salaires, ou des deux, au sein de leur secteur, contre 48 % en moyenne dans les pays sondés.
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La République de Chypre est reconnue par tous les membres des Nations Unies sauf la Türkiye. Les informations figurant dans ce document concernent la zone sous le contrôle effectif du gouvernement de la République de Chypre.
La publication complète est disponible en français : OCDE (202X), Perspectives de l'emploi de l'OCDE 2026 : Disparités géographiques en matière d’emploi et de revenu, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f8a23d95-fr.
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