L’aptitude des citoyens à se faire entendre (c’est-à-dire à « avoir leur mot à dire ») constitue un pilier central de la gouvernance démocratique, et c’est un facteur déterminant de la confiance à l’égard des institutions publiques. Ce chapitre, qui se fonde sur l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, présente les opinions des résidents des pays de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE sur leur aptitude à influer sur les décisions des responsables publics, sur les formes de participation politique qu’ils jugent efficaces et sur les entraves qui les empêchent de participer plus activement à la vie politique. Globalement, ce chapitre souligne la nécessité d’une action publique qui, au-delà de la seule problématique de la participation électorale, vise à se placer davantage à l’écoute des citoyens et à élargir le périmètre effectif de l’espace civique.
Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques
6. Voic politique, entraves à la participation politique et implications pour la confiance à l’égard des pouvoirs publics
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Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsLe vote reste, de loin, l’activité politique la plus couramment pratiquée au sein des pays participant à l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance. De plus, plus des deux tiers de la population(68 %) considèrent que le vote produit un impact moyen à significatif sur l’action des pouvoirs publics.
Dans le même temps, dans tous les pays de l’OCDE, les administrés continuent de trouver qu’ils ont peu leur mot à dire, et la plupart d’entre eux jugent manquer d’influence sur l’action des pouvoirs publics. Or, ce sentiment constitue un déterminant crucial et persistant de manque de confiance à l’égard des institutions publiques. En moyenne parmi des pays de l’OCDE, seuls trois individus sur dix considèrent que le système politique de leur pays permet aux gens comme eux d’avoir leur mot à dire dans l’action des autorités, et quatre sur dix sont convaincus de leur capacité personnelle à participer à la vie politique ; ces chiffres reflètent une relative stabilité depuis 2021.
Cette contradiction entre le fait de considérer que le vote produit un impact sur les décisions des autorités et le sentiment de manquer d’influence sur l’action des pouvoirs publics révèle que le vote ne suffit plus à donner aux citoyens le sentiment d’être entendus et que, de nos jours, des formes complémentaires d’association des citoyens à la prise de décision sont nécessaires à la confiance. Toutefois, l’Enquête montre que les citoyens ne trouvent pas les autres formes de participation politique assez efficaces pour faire entendre leur voix. Ainsi, seuls 39 % et 35 % des citoyens de la zone OCDE considèrent, respectivement, que participer à une consultation publique et à une réunion publique permet de produire un impact moyen à significatif sur l’action des pouvoirs publics.
De plus, l’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance a abordé, pour la première fois, la question des entraves à l’influence politique et à la participation politique. Les entraves à l’influence politique tiennent plus souvent au sentiment d’un manque d’écoute des responsables politiques qu’à des contraintes d’ordre pratique. Sur l’ensemble de la zone OCDE, 40 % des citoyens considèrent que les élus « ne se soucient pas de ce que veulent les gens comme [eux] », alors que les facteurs tels que le manque de temps, de ressources, de réseaux ou d’informations sont secondaires (même s’ils ne sont pas négligeables).
Pour renforcer la confiance, les priorités devraient viser à se mettre davantage à l’écoute de la population et à renforcer l’espace civique, à instaurer une participation citoyenne effective ainsi qu’à améliorer la communication publique et à réduire les entraves à la participation politique.
6.1. Introduction
Copier le lien de 6.1. IntroductionLes multiples éditions de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance l’ont montré : le niveau de confiance des citoyens à l’égard des institutions publiques est fortement corrélé au sentiment qu’ils ont de pouvoir se faire entendre (c’est-à-dire d’« avoir leur mot à dire ») (OCDE, 2024[1] ; OCDE, 2022[2]). De fait, au sein des pays OCDE, ce sentiment d’avoir son mot à dire fait partie des éléments les plus fortement corrélés à la confiance dans les institutions publiques (voir le Chapitre 2), même après neutralisation des autres perceptions liées à la gouvernance publique et de caractéristiques telles que le niveau éducatif (voir le Chapitre 1).
Quand, comme c’est le cas dans de nombreux pays de l’OCDE, les individus sont relativement peu nombreux à considérer qu’ils ont leur mot à dire et disposent d’une capacité d’action politique, il s’agit d’un signal négatif pour quiconque souhaite instaurer ou renforcer la confiance à l’égard des institutions publiques démocratiques. En effet, quand les citoyens ou résidents ne peuvent pas réellement se faire entendre et qu’ils n’ont pas le sentiment de disposer d’une capacité d’action politique, les démocraties s’exposent à une baisse de la participation, à une représentation inégale et à une légitimité en berne (Dahl, 1972[3] ; Verba, Schlozman et Brady, 1995[4] ; Norris, 1999[5]). Les raisons structurelles qui expliquent ce sentiment d’incapacité à se faire entendre tiennent peut-être à l’évolution des attentes des citoyens, sous l’effet de l’élévation du niveau éducatif et de l’apparition des moyens d’expression permis par la transformation numérique. En réaction, les pays ont été nombreux à mettre en place tout un éventail de dispositifs de consultation et de participation. Ces dispositifs se sont multipliés au fil des ans, mais leur potentiel n’est pas pleinement exploité, en raison d’insuffisances au niveau de la méthodologie suivie, des systèmes de hiérarchisation des priorités, de l’écoute, des explications fournies sur l’objet des opérations menées et, plus généralement, de l’institutionnalisation de ces pratiques au sein des démocraties représentatives (OCDE, 2025[6]).
Ce chapitre, qui porte sur les 33 pays de l’OCDE et 5 pays candidats à l’adhésion à l’OCDE1 couverts par l’Enquête sur la confiance, dresse un état des lieux des perceptions relatives à la capacité à se faire entendre, des formes déclarées de participation politique et des entraves d’ordre socioéconomique, informationnel et politique à un dialogue plus actif avec les pouvoirs publics. Si la plupart des individus sont sceptiques quant à leur capacité politique, le vote reste considéré comme le moyen le plus efficace d’influer sur les politiques publiques.
6.2. Dans les démocraties représentatives, le vote continue de jouer un rôle central dans l’aptitude des citoyens à se faire entendre
Copier le lien de 6.2. Dans les démocraties représentatives, le vote continue de jouer un rôle central dans l’aptitude des citoyens à se faire entendre6.2.1. Le vote constitue, de loin, le mode de participation le plus courant à la vie politique et civique
En bonne logique, puisque les pays concernés sont des démocraties représentatives, le vote reste le mode de participation politique le plus courant dans l’ensemble des pays Membres de l’OCDE. En moyenne des pays de l’OCDE participants, près de 8 répondants sur 10 (79 %) déclarent2 avoir voté à la dernière élection nationale qui s’est tenue dans leur pays. En moyenne, 44 % d’entre eux déclarent avoir voté à une élection (municipale, régionale ou nationale) au cours des douze derniers mois (Graphique 6.1)3. Dans les cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE qui ont pris part à la collecte de données pour l’édition 2025 de l’Enquête sur la confiance, les taux de participation sont similaires à ceux des pays de l’OCDE, et les taux de participation à la dernière élection nationale s’échelonnent entre 68 % et 88 %.
Parmi les autres formes de participation politique, celles dont les obstacles à l’entrée sont relativement faibles — comme signer une pétition (23 %), publier du contenu politique sur les réseaux sociaux (15 %) ou boycotter des produits pour des raisons politiques (14 %) — sont, en moyenne dans les pays de l’OCDE, plus souvent déclarées que les activités plus chronophages. Les activités nécessitant plus de temps sont notamment les suivantes : contacter une personnalité politique ou un responsable public (10 % en moyenne) ; participer à une réunion publique (7 %) ou à une réunion d’un syndicat ou d’un parti politique (6 %) ; participer à une consultation publique (8 %) ; participer à une manifestation (9 %) ou à un mouvement de grève (5 %) ; et se présenter à une élection ou être un élu (2 %). Ces activités plus explicitement « politiques » sont nettement moins courantes que le bénévolat pour des causes sociales ou environnementales, que 13 % des répondants déclarent pratiquer, en moyenne de l’ensemble des pays de l’OCDE.
Les comportements déclarés sont très similaires au sein des cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE qui ont participé à l’enquête. La seule exception est la participation à des mouvements de grève (12 %), qui est en moyenne nettement plus élevée dans ces pays, sous l’effet d’une plus forte participation au Brésil et, surtout, au Pérou.
Les modalités de la participation politique et civique varient selon les pays. Si l’on exclut la question de la participation, au cours des 12 derniers mois, à une élection ou à un référendum, on constate que, dans certains pays, une proportion relativement élevée de la population déclare participer à des activités multiples. Dans d’autres pays, quelques activités se détachent du lot :
En Irlande (53 %), en Islande (49 %) et, dans une moindre mesure, au Luxembourg (39 %), la proportion des répondants déclarant avoir signé une pétition au cours de l’année écoulée est plus élevée. De même, en Irlande et en Islande, les individus ont plus fréquemment publié des contenus politiques sur les médias sociaux et boycotté des produits pour des raisons politiques.
Une part plus élevée de personnes en Irlande (49 %) et en Slovénie (31 %) a contacté un responsable politique ; parmi les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participants, c’est le cas du Brésil (20 %). Plus d’une personne sur cinq déclare avoir participé à une consultation publique en Irlande (23 %) et au Mexique (20 %).
Graphique 6.1. Sur l’ensemble des pays, la forme d’activité politique la plus courante est le vote, suivi de la signature de pétitions et du boycott de produits
Copier le lien de Graphique 6.1. Sur l’ensemble des pays, la forme d’activité politique la plus courante est le vote, suivi de la signature de pétitions et du boycott de produitsPart de la population ayant pris part à l’activité citée au cours de l’année écoulée, 2025
Note : Le graphique présente, pour chacune des activités citées, le pourcentage de la population qui a répondu « Oui »à la question : « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous réalisé l’une des activités suivantes ? ». La mention « OCDE » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
6.2.2. La plupart des citoyens considèrent que le vote a un impact sur l’action des pouvoirs publics
Le vote est considéré comme le principal outil permettant d’influer sur les politiques (Chapitre 7). Les citoyens des pays de l’OCDE sont une majorité à considérer que, quand les gens comme eux votent lors d’une élection ou d’un référendum, cela peut influer sur les décisions des autorités. Toujours au sein des pays Membres de l’OCDE, 40 % et 28 % des citoyens considèrent, respectivement, que le vote lors d’une élection a un impact significatif ou moyen sur l’action des pouvoirs publics, soit, au total, un score robuste de 68 % (Graphique 6.2). Une proportion légèrement moins élevée de citoyens (60 %) considère que le fait de voter lors d’un référendum au niveau national ou régional produit un impact moyen ou significatif. Dans les pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE, les évaluations sont légèrement moins positives, mais la majorité des citoyens considère tout de même que le vote produit un impact moyen ou significatif dans le cadre des élections (56 %) et des référendums (50 %). Le fait de se porter candidat à une élection ou d’être élu n’est jugé moyennement ou fortement influent que par 45 % des personnes dans l’ensemble de l’OCDE, et par 37 % dans les pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE. Dans la mesure où la question d’enquête correspondante ne précisait pas s’il s’agissait d’une élection locale, régionale ou nationale, il est possible que les personnes interrogées auraient répondu différemment si la question avait explicitement porté sur l’échelon national.
Graphique 6.2. Dans leur très grande majorité, les citoyens considèrent que le fait de voter lors d’élections et de référendums permet d’influer sur l’action des pouvoirs publics
Copier le lien de Graphique 6.2. Dans leur très grande majorité, les citoyens considèrent que le fait de voter lors d’élections et de référendums permet d’influer sur l’action des pouvoirs publicsPart de la population indiquant différents niveaux d’influence de la forme de participation civique mentionnée sur l’action du gouvernement, OCDE, 2025.
Note : Le graphique présente les pourcentages moyens non pondérés de réponses, au sein de la zone OCDE, à la question suivante : « Quel impact pensez-vous que les actions suivantes, menées par des gens comme vous, peuvent avoir sur les décisions du gouvernement ? Par "impact significatif", nous entendons une action susceptible de conduire à des changements politiques concrets ou à une prise en compte sérieuse par les décideurs. »
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
6.2.3. En dépit de la conviction que le vote permet d’influer sur l’action gouvernementale, une défiance largement partagée demeure quant à la possibilité, au sein des systèmes politiques, de faire entendre la voix des administrés
L’avis positif des administrés sur l’influence des élections et des référendums, qui est logique dans des systèmes démocratiques, ne se traduit pas par un sentiment plus général d’être entendu par les autorités. Dans les pays de l’OCDE, seuls 31 % des répondants considèrent que le système politique de leur pays permet aux gens « comme eux » d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, et 52 % d’entre eux expriment l’opinion inverse (Graphique 6.3). Il n’y a que dans un pays, la Suisse (65 %), que plus de 50 % des individus considèrent que le système politique permet aux gens comme eux d’avoir leur mot à dire. Le pourcentage global de 31 % constaté pour l’OCDE reflète une légère augmentation d’environ un point de pourcentage par rapport aux chiffres de 2023, que l’échantillon retenu soit constitué des pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données pour toutes les éditions 2021 à 2025 de l’enquête ou des pays pour lesquels on dispose uniquement de données pour les éditions de 2023 et 2025. Dans les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE qui ont participé à l’édition 2025 de l’Enquête sur la confiance, les individus sont encore moins nombreux à considérer avoir leur mot à dire, puisque les pourcentages s’échelonnent entre 14 % et 28 %.
La confiance des citoyens dans leur propre capacité à participer à la vie politique est elle aussi relativement faible. En moyenne des pays de l’OCDE, 40 % des citoyens sont convaincus de leur capacité personnelle à participer à la vie politique, et ce pourcentage ne dépasse les 50 % qu’en Irlande, au Mexique et en Suisse (Graphique 6.3). La moyenne sur l’ensemble des pays a très peu évolué par rapport à 2023. À l’inverse de ce que montrent les résultats sur le sentiment d’avoir son mot à dire dans l’action publique, les résidents des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE ne sont pas forcément moins confiants, que ceux des pays membres, dans leur capacité à participer à la vie politique.
Graphique 6.3. Dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, les administrés ne sont qu’une minorité à être convaincus de leur capacité personnelle à participer à la vie politique et à considérer que les gens comme eux ont leur mot à dire
Copier le lien de Graphique 6.3. Dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, les administrés ne sont qu’une minorité à être convaincus de leur capacité personnelle à participer à la vie politique et à considérer que les gens comme eux ont leur mot à direPart de la population considérant que le système politique permet aux gens comme eux d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement sur et convaincus de leur capacité personnelle à participer à la vie politique, 2025
Note : Le graphique illustre les pourcentages de répondants ayant répondu positivement aux questions « Dans quelle mesure diriez-vous que le système politique de votre pays permet aux personnes comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? » et « Dans quelle mesure êtes-vous convaincu(e) de votre capacité à participer à la vie politique ? ». Le pourcentage de réponses positives résulte de l’agrégation des réponses comprises entre 6 et 10, sur une échelle qui allait de 0 à 10. La mention « OCDE » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE. Les pourcentages relatifs aux pays de l’OCDE sont présentés en bleu foncé, et les pourcentages relatifs aux pays candidats à l’adhésion à l’OCDE en bleu clair.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
6.3. Les entraves à l’influence et à la participation
Copier le lien de 6.3. Les entraves à l’influence et à la participationÉtant donné le constat récurrent selon lequel les personnes ne pensent pas que le système politique permet à des gens comme elles d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement, l’Enquête sur la confiance 2025 a inclus de nouvelles questions sur l’impact perçu de différentes formes d’activité, les obstacles perçus à l’influence et à la participation, ainsi que les motifs de non-participation.
6.3.1. Les consultations publiques et la participation politique autonome ne permettent pas de remédier au manque perçu d’influence
On constate une contradiction apparente : les répondants sont 68 % à considérer que le vote permet de produire un impact moyen ou significatif, mais seulement 31 % à trouver que les gens comme eux ont leur mot à dire dans l’action des autorités. Or, les autres formes de participation politique et civique, qu’elles soient autonomes, organisées par la société civile ou organisées de façon proactive par les pouvoirs publics, ne semblent pas suffire à réduire le décalage qui existe, aux yeux des citoyens, entre le niveau d’influence sur les affaires publiques qu’ils devraient pouvoir exercer et celui qu’ils ont l’impression d’exercer.
Différentes formes de participation politique à titre personnel sont perçues comme dotées d’un impact moindre que le vote, mais méritent néanmoins d’être évoquées. Certaines de ces activités sont perçues comme dotées d’un impact moyen ou significatif par une minorité relativement importante des répondants. Tel est le cas du bénévolat (47 % au sein de l’OCDE et 45 % pour les pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE), des grèves ( 43 % et 42 %, respectivement) et des manifestations (7 % et 40 %). Des proportions similaires (43 % et 42 %, respectivement) ont une vision positive de l’impact de la création ou de la signature de pétitions. D’autres formes de participation sont uniquement vues comme dotées d’un impact moyen ou significatif par environ un tiers des répondants, qu’il s’agisse de contacter une personnalité politique (pour 35 % de la population des pays de l’OCDE et 45 %de la population des pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE), de boycotter des produits pour des raisons politiques (pour 35 % et 34 %, respectivement) ou de publier ou partager des contenus politiques en ligne (pour 32 % et 33 % d’entre eux).
L’impact du contact direct avec des responsables publics ou de l’implication dans des activités de démocratie participative telles que des consultations publiques n’est considéré que légèrement plus élevé. Sur l’ensemble des pays de l’OCDE et des pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, les répondants sont 39 % et 32 %, respectivement, à considérer que la participation à une consultation publique peut avoir un impact moyen ou significatif sur l’action des pouvoirs publics. Au sein des pays de l’OCDE et des pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE, les citoyens sont respectivement 35 % et 27 % à considérer que la participation à une réunion d’information publique peut produire un impact.
Ce scepticisme relatif quant à l’impact des consultations publiques est cohérent avec le fait que les citoyens sont nombreux à douter que les autorités adoptent les avis exprimés lors d’une consultation publique (Graphique 6.4). Sur l’ensemble des pays de l’OCDE, seuls 32 % considèrent que les autorités sont susceptibles d’adopter les avis exprimés lors des consultations publiques. Parmi les pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, ce pourcentage est supérieur au Brésil (39 %).
Graphique 6.4. Les autorités sont considérées comme peu susceptibles d’adopter les avis exprimés par la population lors des consultations publiques
Copier le lien de Graphique 6.4. Les autorités sont considérées comme peu susceptibles d’adopter les avis exprimés par la population lors des consultations publiquesPart de la population qui estime que le gouvernement est susceptible de tenir compte des avis exprimés lors d’une consultation publique, 2025
Note : Ce graphique illustre les réponses fournies, pays par pays, à la question « Si vous participiez à une consultation publique concernant un projet de réforme, selon vous, dans quelle mesure le gouvernement serait-il susceptible d’adopter les avis exprimés lors de la consultation ? ». Le pourcentage de réponses correspondant au score « Susceptible » résulte de l’agrégation des réponses comprises entre 6 et 10, sur une échelle qui allait de 0 à 10 ; le score « Neutre » correspond aux réponses égales à 5 ; le score « Non susceptible » aux réponses comprises entre 0 et 4 ; « Ne sait pas » correspond à une autre réponse possible. La mention « OCDE » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
6.3.2. Les responsables politiques sont vus comme inaccessibles
L’analyse des entraves ressenties à la capacité d’avoir son mot à dire dans l’action des autorités révèle l’existence de trois catégories d’entraves. Une catégorie regroupant de nombreuses entraves a trait à un sentiment d’inaccessibilité des responsables politiques. Il est remarquable qu’en moyenne des pays de l’OCDE, 40 % des individus déclarent que les élus « ne se soucient pas de ce que veulent les gens comme [eux] », et qu’une courte majorité soit de cet avis en Estonie, en Irlande, en Lettonie et au Mexique. De fait, l’Islande et le Japon sont les deux seuls pays où la réponse « [Les élus] ne se soucient pas de ce que veulent les gens comme moi » ne soit pas la plus fréquemment fournie (Graphique 6.6). L’identification fréquente de cet obstacle perçu peut être liée au niveau relativement faible de confiance dans la réactivité des mécanismes de consultation publique (section 6.3.1), ainsi qu’à une confiance limitée dans la capacité des représentants élus à répondre de manière significative aux sollicitations du public (voir chapitre 7).Sur l’ensemble des pays, 28 % évoquent, parmi les raisons qui empêchent les gens comme eux d’avoir leur mot à dire, le manque d’occasions de s’entretenir avec des élus ou des représentants officiels et, 15 % d’entre eux citent le manque de réseaux ou d’organisations sur lesquels s’appuyer pour s’engager politiquement (graphique non fourni), ce qui peut renforcer ce sentiment d’éloignement par rapport aux responsables publics. Dans les pays européens candidats à l’adhésion, ces trois sentiments sont plus courants : 49 % indiquent que les élus ne se soucient pas de l’avis des gens, 30 % qu’il n’y a pas d’occasions de s’entretenir avec des élus et 18 % qu’il n’y a pas d’organisations sur lesquelles s’appuyer pour s’engager politiquement (les personnes interrogées pouvaient sélectionner plusieurs réponses).
Encadré 6.1. Les entraves à la participation : éclairages sur la non-participation aux activités politiques
Copier le lien de Encadré 6.1. Les entraves à la participation : éclairages sur la non-participation aux activités politiquesL’édition 2025 de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance a aussi abordé les motifs invoqués par les répondants pour leur absence de participation à diverses activités en lien avec les institutions démocratiques et les responsables publics.
Les répondants sont environ un tiers à avoir choisi de s’abstenir de toute activité politique
Si l’on exclut la proportion non négligeable des répondants qui étaient dans l’incapacité de participer à certaines activités parce qu’elles n’existaient pas, l’explication la plus couramment fournie par les répondants pour leur non-participation aux diverses activités politiques mentionnées dans le questionnaire était « J’ai choisi de ne pas participer », qui était sélectionnée par environ 30 % des personnes qui n’avaient pas participé à l’activité citée (Graphique 6.5, barre jaune). Par ailleurs, 6 à 11 % de l’ensemble des répondants ont indiqué qu’ils n’avaient pas le droit de participer, et 7 à 12 % ont coché la catégorie « Autre » pour expliquer leur non-participation à diverses activités. Toutefois, au vu des réponses proposées dans l’enquête, il est difficile d’établir une distinction entre les répondants qui ont choisi de ne pas participer et ceux dont la participation s’est heurtée à des obstacles (Graphique 6.3). Dans un cas comme dans l’autre, cela implique des défis à relever pour que la démocratie représentative exprime pleinement son potentiel, mais l’action à mener pour impliquer ces citoyens dans l’action publique n’est pas la même selon qu’ils se sont abstenus délibérément ou qu’ils ont été empêchés de participer.
Graphique 6.5. Environ 30 % des personnes qui n’ont pas voté à une élection ni participé à une consultation publique ou à une réunion publique se sont volontairement abstenues
Copier le lien de Graphique 6.5. Environ 30 % des personnes qui n’ont pas voté à une élection ni participé à une consultation publique ou à une réunion publique se sont volontairement abstenuesMotifs évoqués pour la non-participation à l’activité concernée, moyenne OCDE, 2025
Note : Les barres représentent, pour chacune des quatre activités, les motifs cités en réponse à la question « Pour chacune des activités suivantes auxquelles vous n’avez pas participé au cours des 12 derniers mois, quelle est la raison principale de votre non-participation ? ». La moyenne OCDE est égale à la moyenne non pondérée, pour la zone OCDE, des moyennes nationales pondérées des pourcentages de répondants n’ayant pas participé à l’activité qui ont cité le motif indiqué.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Beaucoup de personnes ont le sentiment que les responsables politiques ne se soucient pas de personnes comme elles ; cependant les personnes qui s’abstiennent par choix ont davantage tendance à exprimer un manque d’intérêt
Quand on les interroge sur les facteurs qui « empêchent des personnes comme [elles] d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement », les personnes qui ont indiqué « J’ai choisi de ne pas participer » comme raison principale de leur non-participation fournissent à peu près les mêmes réponses que l’ensemble de la population, mais avec de subtiles différences. Dans les deux catégories, la réponse selon laquelle les responsables publics ne se soucieraient pas de la population est, de loin, la plus fréquemment citée. Les explications liées au manque de temps, d’argent ou de réseau sont citées légèrement moins souvent par ceux qui s’abstiennent de participer. Ces derniers sont aussi plus enclins à exprimer un manque d’intérêt, ce qui semble indiquer que, pour beaucoup, la non-participation constituerait un choix actif plutôt que le reflet d’un manque d’argent ou de temps. Ce résultat mérite d’être suivi au fil du temps, car l’apathie politique constitue un risque pour la démocratie : elle peut éroder la redevabilité et la représentativité de la prise de décision démocratique.
6.3.3. Les facteurs socioéconomiques tels que l’insécurité financière influent sur l’aptitude à participer
La deuxième catégorie d’entraves à la participation politique est d’ordre socioéconomique. En moyenne des pays de l’OCDE, environ 21 % des administrés indiquent manquer de temps pour s’engager ; environ 19 % déclarent manquer d’argent pour le faire ; et 18 % évoquent leur éloignement géographique des lieux où sont prises les décisions (Graphique 6.6). Ces motifs sont évoqués légèrement plus fréquemment au sein de la population générale qu’au sein des groupes qui ont fait le choix de ne pas participer. Les entraves évoquées varient selon la catégorie socioéconomique (Encadré 6.2).
Les pays dans lesquels les entraves socioéconomiques sont relativement rarement évoquées sont l’Espagne, s’agissant du manque de temps (11 %) ; le Portugal et les Pays-Bas, s’agissant du manque d’argent (12 %) ; et — ce qui peut paraître logique — le Luxembourg, s’agissant de l’éloignement géographique des lieux où sont prises les décisions (8 %). Dans les pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE, les individus sont légèrement plus nombreux à citer des contraintes financières (23 %) et légèrement moins nombreux à citer des contraintes de temps (19 %) ; la proportion de personnes interrogées évoquant l’éloignement géographique est à peu près la même que dans les pays de l’OCDE.
Graphique 6.6. La perception selon laquelle les responsables politiques sont déconnectés des réalités est considérée comme l’un des principaux obstacles au fait d’avoir une influence effective sur l’élaboration des politiques publiques
Copier le lien de Graphique 6.6. La perception selon laquelle les responsables politiques sont déconnectés des réalités est considérée comme l’un des principaux obstacles au fait d’avoir une influence effective sur l’élaboration des politiques publiquesPart de la population considérant la raison citée comme une entrave à la possibilité pour les gens comme eux d’avoir leur mot à dire dans ce que fait le gouvernement, 2025
Note : Le graphique illustre les options choisies en réponse à la question « Parmi les facteurs suivants, quels sont ceux qui empêchent des personnes comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? ». Les répondants pouvaient choisir plusieurs options, sur les dix réponses proposées. De plus, l’option « Je ne pense pas qu’il existe de véritables obstacles au fait que des personnes comme moi aient leur mot à dire » était également proposée. Sur l’ensemble de la zone OCDE, 13.1 % des répondants ont choisi cette dernière option. La mention « OCDE » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Encadré 6.2. Les entraves à la participation varient selon les catégories de population
Copier le lien de Encadré 6.2. Les entraves à la participation varient selon les catégories de populationDu fait de leurs situations diverses, toutes les catégories de population n’ont pas nécessairement la même capacité à participer à la vie politique et civique. L’édition 2025 de l’Enquête sur la confiance montre que les répondants qui nourrissent des préoccupations quant à leur situation économique perçoivent, pour plusieurs dimensions, des niveaux plus élevés d’entraves à la participation politique. Ils ont davantage tendance à déclarer manquer à la fois d’informations sur l’action des autorités et sur les manières permettant d’interagir avec les autorités, avec un écart d’environ 6 points de pourcentage par rapport aux répondants qui ne nourrissent pas de telles inquiétudes financières. De plus, au sein de ce groupe, le manque d’argent apparaît comme une entrave particulièrement marquée à la possibilité de faire entendre sa voix, puisque ce facteur est évoqué par environ 1 répondant sur 5, alors qu’il est mentionné par 1 répondant sur 10 au sein du groupe de répondants ne nourrissant pas d’inquiétudes d’ordre financier.
Ces différences en fonction du niveau de revenu semblent révéler l’existence, pour les personnes à faible revenu, de contraintes supplémentaires liées au manque de temps et au supposé manque d’écoute des responsables. Les individus à faible revenu sont plus enclins à citer l’obstacle du manque de temps (22 %, contre 16 %) et à considérer que les élus ne se soucient pas des gens comme eux (43 %, contre 35 %). On constate un écart similaire au niveau du degré perçu d’écoute entre les hommes et les femmes, puisque 44 % des femmes considèrent que les responsables publics ne tiennent pas compte de leurs besoins, contre 36 % des hommes. Au niveau de l’accès perçu à l’information, il existe peu d’écarts en fonction du niveau de revenu et du sexe.
Les écarts en fonction du niveau éducatif sont plus faibles et moins systématiques. Si l’accès déclaré à l’information sur l’action des autorités est globalement similaire quel que soit le niveau éducatif, les répondants les plus éduqués déclarent dans une proportion plus importante manquer d’informations sur les manières d’interagir avec les autorités (30.6 %, contre 25.4 %).
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques 2025
6.3.4. Le manque d’information peut être perçu comme un obstacle à la possibilité de faire entendre sa voix, y compris parmi les personnes qui s’informent sur la politique et l’actualité par le biais des médias
La troisième et dernière catégorie d’entraves à la participation politique tient au manque d’accès aux informations. En moyenne de l’ensemble des pays, 29 % des personnes interrogées déclarent manquer d’informations sur les manières d’interagir avec les pouvoirs publics, et 27 % déclarent manquer d’informations sur l’action des autorités ; ces taux s’échelonnent entre, respectivement, 13 % et 14 % aux Pays-Bas et 47 % et 54 % au Mexique. Il est intéressant de noter que les personnes qui ont choisi de ne pas participer à la vie politique (Encadré 6.1) déclarent un niveau plus élevé de connaissance de l’action des autorités et des moyens permettant d’interagir avec les autorités que le reste de la population.
On constate des pourcentages similaires dans les pays européens candidats à l’adhésion à l’OCDE, où la proportion de répondants considérant manquer d’informations sur l’action des autorités (31 %) est toutefois plus élevée que celle des répondants considérant manquer d’informations sur les manières d’interagir avec les autorités (28 %). Là encore, le manque d’informations est moins souvent cité par les personnes qui ont choisi de ne pas participer, ou qui n’ont pas participé pour une autre raison.
Sur l’ensemble de la zone OCDE, le journalisme audiovisuel représente la principale source d’information sur la politique et l’actualité, puisque 68 % des répondants y ont recours (Graphique 6.7)). Viennent ensuite les médias sociaux (47 %) et la presse écrite, que ce soit en ligne ou sur support papier (45 %). Les conversations représentent aussi une importante source d’information sur l’actualité (36 %). Par ailleurs, pour accéder à ce type d’informations, 12 % des répondants écoutent des podcasts, et 6 % recourent à l’intelligence artificielle générative.
Il est intéressant de noter que le pourcentage de fréquentation des médias est en réalité plus élevé chez ceux qui déclarent manquer d’informations sur l’action des autorités qu’au sein de l’ensemble de la population. Parmi ceux qui citent le manque d’informations parmi les entraves qui empêchent les gens comme eux d’avoir leur mot à dire dans l’action des autorités, cette fréquentation est supérieure de 2 à 8 points de pourcentage à celle de la population générale (Graphique 6.7). L’écart est encore plus net entre ces personnes et la population générale au niveau du recours aux médias sociaux et aux conversations pour s’informer. Il est possible que, parmi ces personnes, certaines nourrissent tout simplement plus d’exigences que la population générale quant à ce que signifie être bien informé. En d’autres termes, elles savent ce qu’elles ne savent pas, ou considèrent peut-être que les autres ne disposent pas d’informations suffisantes.
Graphique 6.7. Le journalisme audiovisuel et les réseaux sociaux constituent les sources d’information les plus fréquentes sur la politique et l’actualité
Copier le lien de Graphique 6.7. Le journalisme audiovisuel et les réseaux sociaux constituent les sources d’information les plus fréquentes sur la politique et l’actualitéPart de la population utilisant, au cours d’une semaine ordinaire, les moyens cités comme source d’information sur la politique et l’actualité, OCDE 2025
Note : Le graphique présente la moyenne OCDE non pondérée des pourcentages moyens pondérés de recours aux différences sources d’information par : 1) la population générale (barres bleues) ; 2) les répondants déclarant que le manque d’informations sur l’action des autorités constitue une entrave à la possibilité pour les gens comme eux de faire entendre leur voix (losanges bleus) ; et 3) les répondants déclarant que le manque d’informations sur les manières d’interagir avec les autorités constitue une entrave à la possibilité pour les gens comme eux de faire entendre leur voix (losanges jaunes). Ces proportions découlent des réponses fournies à la question : « Auprès de quelles sources obtenez-vous des informations sur la politique et l’actualité au cours d’une journée type ? ». Les répondants étaient invités à choisir toutes les réponses pertinentes. Les personnes considérant le manque d’informations comme une entrave ont été repérées par leurs réponses à la question « Parmi les facteurs suivants, quels sont ceux qui empêchent des personnes comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? ».
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
Les répondants qui trouvent que les responsables publics ne se soucient pas des gens comme eux font, comme on pouvait s’y attendre, moins confiance aux pouvoirs publics que les autres répondants (Graphique 6.8). De manière générale, il n’en va pas de même pour les personnes qui voient le manque d’occasions d’échanger avec les responsables publics comme une entrave à la possibilité d’avoir leur mot à dire. Il existe, sur le plan du niveau de confiance à l’égard du gouvernement national, un écart de 16 points de pourcentage entre les répondants qui jugent les responsables publics insensibles aux préférences de la population et ceux qui ne partagent pas cet avis. Cet écart important est toutefois nettement moindre que celui qui existe entre les répondants qui considèrent que le système politique permet aux gens comme eux d’avoir leur mot à dire et ceux qui pensent le contraire (voir le Chapitre 2). En revanche, l’écart de confiance entre les répondants qui voient une entrave dans le manque d’occasions d’échanger avec les responsables publics et ceux qui ne sont pas du même avis ne s’élève qu’à trois points de pourcentage. En d’autres termes, les occasions d’échanger avec les responsables publics semblent importer moins que le sentiment que les élus se soucient de la population.
Graphique 6.8. Les possibilités perçues d’échanger avec les responsables publics n’ont qu’un lien limité avec le niveau de confiance dans le gouvernement national ; le sentiment que les responsables se soucient de la population compte beaucoup plus
Copier le lien de Graphique 6.8. Les possibilités perçues d’échanger avec les responsables publics n’ont qu’un lien limité avec le niveau de confiance dans le gouvernement national ; le sentiment que les responsables se soucient de la population compte beaucoup plusPourcentage de répondants déclarant des niveaux de confiance élevés ou modérés dans le gouvernement national, parmi les individus signalant (ou ne signalant pas) que les occasions d’échanger avec les responsables publics manquent et parmi les individus déclarant (ou ne déclarant pas) que les responsables politiques ne se soucient pas de ce que veulent les gens comme eux, OCDE, 2025
Note : Le graphique illustre les pourcentages de niveaux élevés ou modérément élevés de confiance dans le gouvernement national parmi les répondants ayant cité, parmi les entraves à leur capacité à avoir leur mot à dire dans l’action des autorités, l’impression d’un manque de possibilités d’échanger avec les responsables publics ou le sentiment que les responsables publics ne se soucient pas de ce que veut la population. La part des personnes interrogées affichant un niveau de confiance élevé ou modérément élevé de confiance correspond aux personnes ayant donné une réponse comprise entre 6 et 10 à la question : « Sur une échelle de 0 à 10 (0 signifiant pas du tout et 10 totalement), dans quelle mesure faites-vous confiance au gouvernement national ? ». Les répondants sont considérés comme ayant ou non cité les entraves en question en fonction de leur(s) réponse(s) à la question : « Parmi les facteurs suivants, quels sont ceux qui empêchent des personnes comme vous d’avoir leur mot à dire sur ce que fait le gouvernement ? » ; pour cette question, les répondants pouvaient choisir toutes les réponses qui s’appliquaient. La mention « OCDE » correspond à la moyenne non pondérée des moyennes nationales pondérées dans l’OCDE.
Source : Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, 2025.
6.4. Domaines d’action pour améliorer la confiance
Copier le lien de 6.4. Domaines d’action pour améliorer la confianceŒuvrer en priorité à donner à plus d’individus le sentiment d’avoir leur mot à dire dans l’action des pouvoirs publics. Les résultats de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance montrent que, si les citoyens sont une majorité (68 %) à juger que le fait de voter à des élections produit un impact moyen ou significatif sur l’action des autorités, ils ne sont que 31 % à considérer que le processus politique permet aux gens comme eux d’avoir leur mot à dire dans l’action des autorités. Les entraves les plus souvent citées à la possibilité pour les citoyens d’avoir leur mot à dire tiennent au sentiment que les pouvoirs publics ne sont pas assez à l’écoute et que les responsables publics ne se soucient pas des populations au service desquelles ils œuvrent. Les pouvoirs publics doivent s’attacher à lutter contre l’impression que les élites politiques ne sont pas à l’écoute des préoccupations des citoyens, car il s’agit de l’une des principales causes du manque ressenti de capacité d’influence politique. Il convient de mettre en œuvre des mécanismes effectifs de participation ou de consultation permettant de compléter les outils de la démocratie participative ; ces mécanismes, qui devront reposer sur des bases solides sur les plans de la méthodologie suivie, de la hiérarchisation des priorités, de l’écoute, des explications fournies sur l’objet de l’opération menée et, plus généralement, de l’institutionnalisation des pratiques, constitueront au moins une partie de la réponse à apporter (OCDE, 2025[6]).
Veiller à assurer un retour d’information à la population. La participation n’est pas bénéfique en elle-même. Son impact dépend de la façon dont elle est conçue et mise en œuvre. Des procédures mal conçues ou purement symboliques peuvent saper la confiance, et la qualité, l’inclusivité et la bonne structuration des processus sont essentielles pour que la participation permette effectivement de renforcer la confiance à l’égard des pouvoirs publics (OCDE, 2024[1] ; OCDE, 2025[6]). C’est pourquoi l’OCDE a élaboré des lignes directrices pour aider les pays à améliorer la planification, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs processus de participation citoyenne (OCDE, 2022[7]) et de leurs processus délibératifs (OCDE, 2021[8]), de façon à garantir que ces divers processus aboutissent à un renforcement de la confiance et à la production de meilleures retombées sur le terrain de l’action publique. Lorsqu’une autorité envisage de lancer un processus participatif, elle doit définir clairement le problème qu’elle cherche à résoudre et le moment où réaliser l’opération participative, préciser les résultats attendus, cerner le segment de population à associer, choisir la méthode de participation idoine et mener des activités de communication. Il convient de traiter les contributions reçues dans le cadre des processus participatifs avec tout le soin et le respect nécessaires, et il peut être utile d’assurer un retour d’information afin de « boucler la boucle » en décrivant comment les commentaires ont été pris en compte et en expliquant pourquoi certaines contributions n’ont pas pu aboutir à des résultats concrets. De plus, les pouvoirs publics doivent aborder la participation citoyenne, non pas comme une activité par défaut ou comme un ajout d’ordre purement technique, mais comme un choix stratégique au service de la démocratie. Ils doivent en faire l’une de leurs missions essentielles et veiller à effectuer, dès l’amont du cycle de l’action publique, des choix stratégiques relatifs à l’opportunité, au calendrier, à l’objectif et aux modalités de cette association des citoyens, en déterminant quels sont les groupes de population qui seront les plus touchés par la politique envisagée et dont il conviendra donc de recueillir le point de vue.
Renforcer la disponibilité et la qualité des informations relatives à l’action des pouvoirs publics. Il est important, tout d’abord, de favoriser un écosystème informationnel qui facilite l’accès à l’information et qui protège les médias indépendants. Ensuite, la communication publique doit évoluer afin de s’adapter aux défis d’un écosystème complexe (OCDE, 2021[9]).
Lutter contre les entraves à l’engagement politique et au sentiment d’être entendu. Pour renforcer la participation citoyenne aux processus politiques, il reste important de répertorier et de lever les obstacles à l’engagement politique, qu’il s’agisse du manque de temps, de l’éloignement géographique ou du coût, afin que toute personne intéressée puisse participer aux processus en lien avec la gouvernance. Cela implique de proposer des options numériques et non numériques, de fournir des informations claires et accessibles et d’adapter les méthodes d’association des citoyens de façon à mieux répondre aux besoins des différents publics.
La protection de l’espace civique et sa promotion peuvent favoriser une participation effective du grand public et des parties prenantes à la prise de décision et, plus généralement, à la vie publique. Il est crucial de protéger les libertés civiques, d’offrir des conditions propices aux organisations de la société civile et de promouvoir un écosystème informationnel pluriel qui favorise l’implication de tous dans la vie publique.
Références
[10] Belli, R. et al. (1999), « Reducing Vote Overreporting in Surveys: Social Desirability, Memory Failure, and Source Monitoring », Public Opinion Quarterly, vol. 63/1, p. 90, https://doi.org/10.1086/297704.
[3] Dahl, R. (1972), Polyarchy, Yale University Press.
[11] McAllister, I. et S. Quinlan (2021), « Vote overreporting in national election surveys: a 55-nation exploratory study », Acta Politica, vol. 57/3, pp. 529-547, https://doi.org/10.1057/s41269-021-00207-6.
[5] Norris, P. (dir. pub.) (1999), Introduction: The growth of critical citizens?, Oxford University Press.
[6] OCDE (2025), Exploring New Frontiers in Citizen Participation in the Policy Cycle, OECD Public Governance Reviews, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/77f5098c-en.
[1] OCDE (2024), OECD Survey on Drivers of Trust in Public Institutions – 2024 Results : Building Trust in a Complex Policy Environment, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9a20554b-en.
[2] OCDE (2022), Instaurer la confiance pour renforcer la démocratie : Principales conclusions de l’enquête 2021 de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f6a31728-fr.
[7] OCDE (2022), OECD Guidelines for Citizen Participation Processes, OECD Public Governance Reviews, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/f765caf6-en.
[8] OCDE (2021), Evaluation Guidelines for Representative Deliberative Processes, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/10ccbfcb-en.
[9] OCDE (2021), OECD Report on Public Communication : The Global Context and the Way Forward, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/22f8031c-en.
[4] Verba, S., K. Schlozman et H. Brady (1995), Voice and Equality, Harvard University Press, https://doi.org/10.2307/j.ctv1pnc1k7.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Les données portant sur les perceptions relatives à la capacité à se faire entendre et sur la participation politique ont été recueillies auprès des cinq pays candidats à l’adhésion à l’OCDE participants. En revanche, les questions relatives aux entraves à la participation politique et civique et à l’impact de cette participation, de même que les questions relatives aux motifs de non-participation, n’ont été incluses que pour les pays dans lesquels la collecte de données est intervenue aux troisième et quatrième trimestres 2025. Par conséquent, on ne dispose pas d’informations sur ces variables pour le Brésil et le Pérou, car les données y ont été recueillies plus tôt, dans le cadre de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance en Amérique latine et dans les Caraïbes.
← 2. Il convient de noter que les répondants aux enquêtes ont souvent tendance à déclarer une participation électorale supérieure à la réalité. Ce phénomène s’explique souvent par un simple oubli ou par un effet de désirabilité sociale (bien que le répondant se souvienne qu’il n’a pas voté, il prétend le contraire pour se conformer à une attente sociale perçue) (Belli et al., 1999[10] ; McAllister et Quinlan, 2021[11]). De plus, il est possible que les formes de participation peu connues des répondants, telles que le vote à un référendum, donnent lieu à des sur-déclarations du fait d’un malentendu ou d’autres biais affectant les réponses.
← 3. Ce pourcentage vaut pour l’ensemble des répondants, y compris ceux qui n’ont pas eu la possibilité de voter parce qu’aucune élection ne s’est tenue sur leur territoire ou parce qu’ils n’ont pas le droit de vote (faute d’avoir la nationalité requise, par exemple).