Le coût budgétaire du soutien public pour les combustibles fossiles a baissé d’environ un dixième, d’environ 1 030 milliards USD en 2023 à environ 920 milliards USD en 2024. Cela s’explique par la diminution du coût budgétaire des mesures de soutien d’urgence adoptées par les gouvernements en 2022-23, ainsi que par la chute des coûts d’approvisionnement en énergie après les pics atteints en 2022. Néanmoins, comme de nombreuses mesures de soutien à la production et à la consommation de combustibles fossiles sont restées en vigueur, le coût budgétaire du soutien à ces combustibles demeure élevé par rapport à sa moyenne historique.
En 2024, le coût budgétaire du soutien était en majeure partie (à 84.2 %) imputable au soutien à la consommation de combustibles fossiles. Le soutien aux combustibles fossiles a généralement diminué dans tous les secteurs, hormis dans les transports, où son coût budgétaire a atteint 113.6 milliards USD en 2024, contre 111.8 milliards USD en 2023. C’est dans le secteur résidentiel que le coût budgétaire du soutien a le plus baissé (-28.7 %), passant de 117.9 milliards USD à 84.1 milliards USD. Ce secteur n’en représente pas moins 22 % du coût budgétaire total du soutien aux combustibles fossiles, ce qui le classe en deuxième position derrière les transports. La plupart des aides à la consommation de combustibles fossiles qui restent en vigueur ne ciblent toujours pas de façon systématique les personnes les plus en difficulté, ce qui interroge sur leur équité et leur efficience.
Après avoir culminé en 2022, le coût budgétaire mondial des mesures de soutien d’urgence prises en réaction à la flambée des prix de l’énergie a nettement décliné, passant de 163.9 milliards USD en 2022 à 88.6 milliards USD en 2023, puis à 57.7 milliards USD en 2024 à la faveur de la baisse des prix de l’énergie. Le nombre des mesures de ce type a également beaucoup diminué pour s’établir à 192 en 2024, contre 284 en 2022, ce qui indique que beaucoup d’entre elles ont été supprimées plutôt que simplement revues à la baisse.
Les données jusqu’en 2023 indiquent que les incitations économiques en faveur de la décarbonation qui sont associées aux taxes sur les produits énergétiques, aux taxes carbone, aux systèmes d’échange de droits d’émission (SEDE) et aux mécanismes de soutien réduisant les prix – dont le taux effectif net sur le carbone (TEC net) fait la synthèse – ont diminué par rapport à 2021. Bien que les prix résultant des SEDE aient légèrement augmenté et que les taxes carbone soient pour l’essentiel restées stables, la hausse des mesures de soutien, sous la forme de transferts budgétaires directs au titre des combustibles fossiles et d’accises sur les produits énergétiques peu élevées, a ramené le TEC net moyen de 18.6 EUR/t éq. CO2 en 2021 à 14.9 EUR/t éq. CO2 en 2023.
La part des émissions de GES faisant l’objet d’un TEC net positif a augmenté, de 43.3 % en 2021 à 44.8 % en 2023, et un prix explicite du carbone (taxe carbone ou SEDE) s’appliquait à 30 % de ces émissions.
Le coût budgétaire élevé du soutien public aux combustibles fossiles et le faible niveau du TEC net font ressortir les difficultés à surmonter pour assurer une utilisation efficace et efficiente des deniers publics, qui favorise le bon fonctionnement des marchés de l’énergie et répond aux objectifs des pouvoirs publics, y compris aux engagements de neutralité carbone, malgré les tensions économiques et géopolitiques.
Le soutien aux combustibles fossiles peut certes réduire le poids des factures énergétiques pour les particuliers et les entreprises, mais il peut aussi avoir un coût budgétaire considérable, faire progresser les émissions, miner les incitations en faveur de la transition énergétique et nuire ainsi à la croissance à plus long terme. De plus, tel qu’il est conçu aujourd’hui, il a tendance à bénéficier de manière disproportionnée aux ménages plutôt aisés. Des réformes devraient être menées pour mieux cibler ceux qui ont le plus besoin d’être aidés et éliminer dès que possible le soutien inefficace aux combustibles fossiles, ce qui permettrait de libérer des fonds publics dont les pays ont cruellement besoin, d’améliorer le fonctionnement des marchés de l’énergie et de faire avancer la transition énergétique, d’accélérer l’innovation en matière d’efficacité énergétique et de mieux aligner la politique budgétaire sur les objectifs de l’action publique et les objectifs climatiques.
Inventaire OCDE des mesures de soutien pour les combustibles fossiles 2025
Évolution des politiques