Le chapitre 1 examine les dernières tendances en matière de recettes fiscales ainsi que l'évolution des recettes fiscales au cours de la dernière décennie dans 38 pays africains. L'analyse se concentre principalement sur le niveau et la structure des recettes fiscales pour les pays africains ainsi que sur leur moyenne. Les moyennes des indicateurs relatifs aux recettes fiscales des pays africains sont comparées aux moyennes des autres régions.
Statistiques des recettes publiques en Afrique 2025
1. Tendances des recettes fiscales en Afrique, 2013-2023
Copier le lien de 1. Tendances des recettes fiscales en Afrique, 2013-2023Description
Introduction
Copier le lien de IntroductionPour réaliser l’Agenda 2063 de l’Union africaine, atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies et mettre en œuvre l’Engagement de Séville, il est nécessaire de mobiliser des moyens financiers supplémentaires, et notamment des ressources intérieures, afin de financer l’offre de biens et de services publics. L’impôt représente une source de recettes publiques prévisible et stable, qui contraste avec la volatilité d’autres sources importantes de recettes publiques, comme les dons et les redevances. Pour les pays africains, dans lesquels la dette extérieure et la dépendance à l’égard des recettes volatiles tirées des ressources naturelles posent de sérieux problèmes économiques, renforcer la mobilisation des ressources intérieures n’est pas seulement une stratégie budgétaire, c’est aussi un moyen essentiel de parvenir à l’autosuffisance, à la résilience économique et au développement durable, conformément aux objectifs énoncés dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour une Afrique autonome, intégrée et prospère.
Le rapport des Statistiques des recettes publiques en Afrique contient un ensemble d’indicateurs internationalement comparables sur les recettes fiscales et non fiscales qui peuvent servir à mesurer les progrès en matière de mobilisation des ressources intérieures et à éclairer les politiques et les réformes fiscales. Ce rapport et les données qu’il contient contribuent à renforcer les capacités statistiques en Afrique, en fournissant des données statistiques de qualité sur les recettes publiques qui faciliteront les processus d’élaboration des politiques et leur suivi, de manière à soutenir l’intégration africaine. Des données exactes et pertinentes constituent le socle de l’élaboration de politiques en phase avec le contexte économique et politique spécifique de l’Afrique et avec les nuances de sa société, alimentant ainsi des initiatives plus efficaces et plus efficientes sur le terrain.
Cette édition des Statistiques des recettes publiques en Afrique contient des données sur les recettes fiscales jusqu’en 2023 compris. Ce premier chapitre analyse l’évolution du ratio impôts/PIB, de la structure fiscale et de la part des recettes fiscales par niveau d’administration dans 38 pays d’Afrique : Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Cabo Verde, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Gambie, Guinée, Guinée équatoriale, Égypte, Eswatini, Ghana, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, République démocratique du Congo, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Tchad, Togo, Tunisie et Zambie. La Gambie et le Libéria sont inclus pour la première fois dans cette édition.
Ce chapitre compare également les moyennes de ces 38 pays d’Afrique avec celles de 37 pays d’Asie et du Pacifique (OCDE, 2025[1]), 26 pays d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC) (OCDE et al., 2025[2]), et 38 pays de l’OCDE (OCDE, 2024[3]). L’analyse contenue dans ce chapitre vient compléter les informations détaillées par pays consacrées aux recettes fiscales figurant au chapitre 5.
Ratios impôts/PIB en Afrique
Copier le lien de Ratios impôts/PIB en AfriqueTendances des recettes fiscales dans les pays africains en 2023
L’analyse des ratios impôts/PIB dans les 38 pays d’Afrique étudiés met en évidence une grande variété de réalités économiques. Les différences de niveau des recettes fiscales traduisent la diversité économique du continent et reflètent les possibilités et les difficultés budgétaires propres à chaque pays. Il est essentiel de comprendre et d’analyser ces différences pour élaborer des politiques fiscales efficaces qui renforcent la stabilité économique et stimulent le développement en Afrique, ainsi que pour approfondir l’intégration régionale et la coopération dans le domaine fiscal entre pays africains.
Le ratio impôts/PIB moyen non pondéré dans les 38 pays d’Afrique étudiés dans ce rapport était de 16.1 % en 2023 (Graphique 1.1) et a augmenté de 0.5 point de pourcentage (point) par rapport à 2022. Le ratio impôts/PIB correspond aux recettes fiscales (y compris les cotisations de sécurité sociale obligatoires versées à l’administration générale) exprimées en pourcentage du produit intérieur brut (PIB)1. À titre de comparaison, les ratios impôts/PIB moyens pour la région Asie-Pacifique, pour la région ALC et pour la zone OCDE étaient respectivement de 19.6 %, 21.3 % et 33.9 % en 2023.
Graphique 1.1. Total des recettes fiscales, avec et sans cotisations de sécurité sociale, en pourcentage du PIB, 2023
Copier le lien de Graphique 1.1. Total des recettes fiscales, avec et sans cotisations de sécurité sociale, en pourcentage du PIB, 2023
Notes : Les chiffres prennent en compte les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Maroc, Maurice, le Nigéria et la Somalie (recettes des États uniquement) pour l’année 2023. La moyenne Afrique et les moyennes Asie-Pacifique (37 pays), ALC (26 pays) et OCDE (38 pays) sont des moyennes non pondérées.
Il convient d’interpréter la moyenne Afrique avec précaution car des données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles pour la Gambie, la Guinée, le Libéria, l’Ouganda, le Tchad, le Togo et la Zambie, et elles sont incomplètes pour le Cameroun et le Sénégal. Les cotisations de sécurité sociale pour le Botswana, le Lesotho et le Malawi sont égales à zéro dans la mesure où elles ne remplissent pas les critères retenus pour être considérées comme des cotisations de sécurité sociale, selon la classification des impôts de l’OCDE figurant dans le guide d’interprétation.
Le ratio impôts/PIB de l’Afrique du Sud prend en compte les sommes recouvrées par l’Afrique du Sud au profit de l’Union douanière de l’Afrique australe.
Source : Tableaux 4.1 et 4.2 figurant au chapitre 4 et (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Le faible niveau du ratio impôts/PIB moyen en Afrique par rapport à ceux d’autres régions reflète la marge de manœuvre budgétaire limitée dont les pays africains disposent. Cette situation réduit leur capacité à orienter des investissements importants vers des secteurs, tels que la santé, l’éducation et les infrastructures, qui sont indispensables au développement durable et au bien-être sociétal en Afrique. Combler ces lacunes est impératif pour libérer le potentiel de développement de l’Afrique et ainsi garantir une croissance inclusive et durable à l’échelle du continent.
En 2023, les ratios impôts/PIB ont affiché de grands écarts entre les pays couverts par la publication, allant de 2.9 % en Somalie à 34.0 % en Tunisie. L’Afrique du Sud, le Maroc, les Seychelles et la Tunisie affichaient des ratios supérieurs à 25 %. Dans 14 pays, les ratios étaient compris entre 15 % et 25 %, tandis que dans 20 pays, ils étaient inférieurs à 15 %.
Évolution des recettes fiscales et du PIB en valeur nominale
Cette section analyse les variations des recettes fiscales nominales et du PIB nominal en 2023 et les variations consécutives des ratios impôts/PIB. La valeur du ratio impôts/PIB dépend de deux composantes : son numérateur (recettes fiscales) et son dénominateur (PIB) (voir Encadré 1.1). Cela signifie que les variations annuelles des ratios impôts/PIB reflètent les variations des recettes fiscales nominales et du PIB nominal. L’Encadré 1.2 présente quelques-uns des facteurs qui expliquent les différences dans les ratios impôts/PIB entre pays.
Encadré 1.1. Méthodologie : le ratio impôts/PIB
Copier le lien de Encadré 1.1. Méthodologie : le ratio impôts/PIBLes ratios impôts/PIB utilisés dans cette publication expriment les recettes fiscales totales en pourcentage du PIB. Le numérateur et le dénominateur sont susceptibles de faire l’objet de révisions rétrospectives. Le ratio impôts/PIB doit être interprété avec prudence : les recettes fiscales nominales et le PIB nominal peuvent varier dans la même direction (augmenter ou diminuer tous les deux) d’une année à l’autre, mais le ratio impôts/PIB évoluera dans la direction opposée au cours de la période si la variation relative des recettes fiscales nominales est inférieur à la variation relative du PIB nominal.
Le numérateur (recettes fiscales)
Cette publication utilise les chiffres des recettes qui sont transmis chaque année par les points de contact au sein des ministères des Finances, des administrations fiscales ou des offices statistiques nationaux. Les données rétrospectives sur les recettes fiscales font l’objet de révisions annuelles, des révisions plus importantes ayant lieu pour les années les plus récentes. Les chiffres antérieurs peuvent également changer d’une édition à l’autre lorsque de nouvelles données sont obtenues par des points de contact pour améliorer la publication.
Dans 30 pays africains couverts par ce rapport, l’année fiscale coïncide avec l’année civile. Les huit pays restants comptabilisent les recettes sur la base de l’année fiscale allant de juillet à juin ou d’avril à mars1.
Le dénominateur (PIB)
Les chiffres du PIB utilisés dans cette publication proviennent des Perspectives de l’économie mondiale publiées par le FMI. L’utilisation de ces chiffres du PIB garantit une cohérence maximale entre les pays, ainsi qu’une comparabilité internationale des ratios impôts/PIB. Les chiffres du PIB sont également révisés et actualisés pour tenir compte de l’amélioration des sources de données et des procédures d’estimation, ou pour appliquer de nouvelles lignes directrices convenues à l’échelle internationale pour mesurer la valeur du PIB. Néanmoins, il est important de reconnaître et de prendre en compte les facteurs économiques, sociopolitiques et historiques propres aux pays africains qui influent profondément sur les indicateurs du PIB.
Les chiffres les plus récents provenant des Perspectives de l’économie mondiale ont été publiés en avril 2025 (FMI, 2025[5]), et incluent les révisions du PIB effectuées par certains pays pour s’aligner sur l’édition la plus récente du Système de comptabilité nationale (SCN 2008). Les chiffres du PIB cités dans ce rapport ont été sensiblement révisés par rapport à l’édition de l’année dernière concernant le Burkina Faso, la Guinée équatoriale, le Malawi, le Mali, la Sierra Leone, le Tchad et la Tunisie (les chiffres du PIB pour 2022 de ces pays ont été révisés de +/- 3 % ou plus).
La différence entre les éditions 2024 et 2025 des ratios impôts/PIB de l’année 2022 imputable aux révisions des recettes fiscales et du PIB était comprise entre -4.9 points en Sierra Leone et 1.3 point en Tunisie.
1. Au Botswana, en Eswatini, au Lesotho et en Namibie, l’année fiscale court du mois d’avril au mois de mars. Cela signifie que l’année fiscale 2023 correspond à la période T2/2023-T1/2024. En Égypte, au Kenya, au Malawi (années antérieures à 2022) et à Maurice (années antérieures à 2010 et à partir de 2016), l’année fiscale se termine le 30 juin. L’année fiscale 2023 correspond à la période T2/2022-T2/2023. Certains pays communiquent certains éléments des recettes fiscales sur une base différente en fonction de la nature des recettes. Par exemple, les recettes au Rwanda sont déclarées sur la base de l’année civile, sauf pour les cotisations de sécurité sociale, qui sont déclarées sur la base de l’année fiscale se terminant le 30 juin depuis 2008. Un autre exemple est l’Afrique du Sud, où les données se basent sur une année civile, sauf pour les cotisations de sécurité sociale et les impôts à l’échelon provincial et local (communiquées sur la base d’une année fiscale se terminant le 31 mars).
En 2023, les pays étudiés dans ce rapport ont affiché une croissance médiane de leurs recettes fiscales nominales de 14.1 % par rapport à l’année précédente, tandis que le PIB nominal a progressé de 10.0 % au cours de la même période. Le Graphique 1.2 illustre les variations en glissement annuel des recettes nominales et du PIB nominal entre 2022 et 2023 par pays. Tous les pays sauf le Niger ont enregistré une hausse de leurs recettes fiscales nominales en 2023 ; en Guinée équatoriale et au Ghana, l’augmentation a dépassé 40 %.
Graphique 1.2. Taux de variation en glissement annuel des recettes fiscales nominales et du PIB nominal, 2023
Copier le lien de Graphique 1.2. Taux de variation en glissement annuel des recettes fiscales nominales et du PIB nominal, 2023
Notes : Les chiffres prennent en compte les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Maroc, Maurice, le Nigéria (recettes des États uniquement) et la Somalie pour l’année 2022. Les recettes fiscales totales pour la Gambie, la Guinée, le Libéria, l’Ouganda, le Tchad, le Togo et la Zambie n’incluent pas les cotisations de sécurité sociale car ces données ne sont pas disponibles.
Source : Calculs des auteurs basés sur des données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy. et dans (FMI, 2025[5]) pour les chiffres du PIB nominal.
Tous les pays sauf trois (République du Congo, Guinée équatoriale et Gabon) ont vu leur PIB nominal augmenter en 2023. Dans 21 pays, cette hausse a été plus faible que celle des recettes fiscales, conduisant à des ratios impôts/PIB plus élevés qu’en 2022. Dans douze pays, le PIB nominal s’est accru davantage que les recettes fiscales nominales, faisant baisser le ratio impôts/PIB.
Le ratio impôts/PIB moyen dans les pays d’Afrique couverts par ce rapport a progressé de 0.5 point entre 2022 et 2023, après avoir augmenté de 0.3 point entre 2021 et 2022. En pourcentage du PIB, les recettes fiscales ont augmenté dans 24 pays, ont diminué dans 13 pays et sont restées inchangées dans un pays (Graphique 1.3).
En 2023, c’est au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad que le ratio impôts/PIB a le plus fortement augmenté, de respectivement 4.9 points, 4.5 points et 3.4 points. À l’inverse, le ratio de la République démocratique du Congo a fléchi de 2.1 points entre 2022 et 2023, soit la plus forte baisse parmi tous les pays étudiés, suivi du Niger et du Maroc, qui ont tous deux vu leur ratio reculer de 1.4 point.
Graphique 1.3. Variation en glissement annuel des ratios impôts/PIB dans les pays d’Afrique en 2022 et 2023
Copier le lien de Graphique 1.3. Variation en glissement annuel des ratios impôts/PIB dans les pays d’Afrique en 2022 et 2023Points de pourcentage de PIB
Notes : Les chiffres prennent en compte les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Maroc, Maurice, le Nigéria (recettes des États uniquement) et la Somalie.
La moyenne Afrique et les moyennes Asie-Pacifique (37 pays), ALC (26 pays) et OCDE (38 pays) sont des moyennes non pondérées.
Il convient d’interpréter l’évolution de la moyenne des pays d’Afrique avec précaution, car des données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2.
Source : Calculs de l’auteur basés sur des données figurant dans le tableau 4.1 du chapitre 4 et (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Bien que le ratio impôts/PIB moyen des 38 pays étudiés dans ce rapport ait augmenté en 2023, les pays africains ont connu une situation économique très difficile cette année-là.
La croissance du PIB réel en Afrique a ralenti, passant de 4.1 % en 2022 à 3.0 % en 2023 en raison de divers facteurs : après être montés en flèche en 2022, les prix des denrées alimentaires et de l’énergie sont restés élevés en 2023, et un tiers des pays d’Afrique subsaharienne ont connu un taux d’inflation a deux chiffres ; la demande mondiale est restée faible, pesant sur les exportations ; le changement climatique et les événements météorologiques extrêmes ont touché le secteur agricole ; et l’instabilité politique et les conflits dans certains pays africains ont continué de freiner le développement économique (FMI, 2023[6] ; Banque africaine de développement (BAfD), 2023[7] ; Banque africaine de développement (BAfD), 2024[8]).
En 2023, la région a également subi des fluctuations des prix mondiaux du pétrole, du gaz et des ressources minérales. Les cours du pétrole brut (Brent et West Texas Intermediate) ont chuté de respectivement 17 % et 16 % au cours de l’année, tandis que les prix du gaz naturel ont accusé une baisse encore plus prononcée. Les prix des minéraux et des métaux ont eux aussi reculé, bien que la demande pour certaines matières premières, comme le minerai de fer et le cuivre, ait rebondi au second semestre de l’année. Les prix des métaux précieux étaient orientés à la hausse en 2023 (OCDE et al., 2025[2]).
Le renchérissement du coût du service de la dette en 2023 a absorbé des recettes qui auraient pu servir à financer le développement. En 2023, le coût total du service de la dette en Afrique subsaharienne s’élevait à 72 milliards USD, soit un chiffre qui a plus que doublé en dix ans. Les paiements d’intérêts ont été multipliés par trois par rapport à 2013. Les coûts élevés du service de la dette en 2023 s’expliquent par l’augmentation continue de l’encours de la dette extérieure (qui atteignait 863 milliards USD en 2023), la hausse des taux d’intérêt mondiaux et la dépréciation des monnaies locales face au dollar des États-Unis (Banque mondiale, 2024[9] ; Banque mondiale, 2024[10]).
Après avoir reculé de 0.2 point en 2020, le ratio impôts/PIB moyen en Afrique a progressé trois années de suite (de 0.3 point en 2021 et 2022 et 0.5 point en 2023). Le ratio impôts/PIB moyen de la région Asie-Pacifique a suivi la même tendance, puisqu’il a augmenté chaque année entre 2021 et 2023 (voir le Graphique 1.4). À l’inverse, le ratio moyen impôts/PIB dans la région ALC a fléchi de 0.2 point en 2023, dans un contexte de ralentissement de l’activité économique et de baisse des prix mondiaux des matières premières, après avoir augmenté en 2021 et en 2022. Le ratio moyen impôts/PIB des pays de l’OCDE a enregistré une baisse de 0.1 point de PIB par rapport à 2022. Il s’agit de la deuxième baisse consécutive du ratio impôts/PIB de la zone OCDE, qui avait cédé 0.04 point en 2022.
Graphique 1.4. Variation en glissement annuel des ratios impôts/PIB moyens par région, 2020-23
Copier le lien de Graphique 1.4. Variation en glissement annuel des ratios impôts/PIB moyens par région, 2020-23
Note : Les variations des recettes fiscales en pourcentage du PIB entre les périodes sont arrondies à une décimale.
La moyenne Afrique et les moyennes Asie-Pacifique (37 pays), ALC (26 pays) et OCDE (38 pays) sont des moyennes non pondérées.
Il convient d’interpréter l’évolution de la moyenne des pays d’Afrique avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2.
Source : Calculs de l’auteur basés sur des données figurant dans le tableau 4.1 du chapitre 4 et (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Encadré 1.2. Facteurs exerçant une influence sur les ratios impôts/PIB
Copier le lien de Encadré 1.2. Facteurs exerçant une influence sur les ratios impôts/PIBLes ratios impôts/PIB des pays sont influencés par plusieurs facteurs. Il s’agit entre autres des caractéristiques macroéconomiques, telles que la diversification d’une économie, l’importance de l’agriculture, les dotations en ressources, l’ouverture aux échanges et la taille de l’économie informelle. L’emplacement géographique peut exercer une influence sur les ratios impôts/PIB : par exemple, les pays enclavés peuvent plus difficilement taxer les biens et services au port d’entrée que les pays disposant d’un accès à la mer. L’évolution de la situation politique des pays, qu’il s’agisse de troubles sociaux ou de corruption, peut également influer sur les ratios impôts/PIB. La capacité des administrations fiscales et le civisme fiscal (le consentement à l’impôt de la part des entreprises et des particuliers) sont aussi étroitement liés au niveau des recettes fiscales (OCDE, 2015[11]) (OCDE, 2023[12]).
Graphique 1.5. Ratios impôts/PIB et PIB par habitant (en PPA) dans les pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, de l’OCDE et dans certaines économies d’Asie et du Pacifique, 2023
Copier le lien de Graphique 1.5. Ratios impôts/PIB et PIB par habitant (en PPA) dans les pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, de l’OCDE et dans certaines économies d’Asie et du Pacifique, 2023
Note : L’axe y est sur une échelle logarithmique. La parité de pouvoir d’achat (PPA) entre deux pays est le taux auquel la monnaie d’un pays doit être convertie dans celle d’un second pays pour qu’un volume donné de monnaie du premier pays permette d’acheter la même quantité de biens et de services dans chaque pays. Le taux de conversion PPA est le taux utilisé pour convertir une monnaie nationale en dollar international courant. Un dollar international a le même pouvoir d’achat que le dollar US aux États-Unis. Un dollar international est une monnaie hypothétique utilisée comme moyen pour convertir et comparer les coûts d’un pays à l’autre grâce à un point de référence commun, le dollar US (définitions issues de (FMI, 2019[13])) (Banque mondiale, 2024[14]).
Source : (FMI, 2025[5]) pour les chiffres du PIB par habitant. Les ratios impôts/PIB proviennent de (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy. et de la base de données mondiale des statistiques des recettes publiques, https://www.oecd.org/fr/data/datasets/global-revenue-statistics-database.html.
Le Graphique 1.5 illustre les ratios impôts/PIB et le PIB par habitant dans les pays de différentes régions. Les ratios impôts/PIB sont habituellement supérieurs dans les pays à haut revenu : en général, les pays de l’OCDE collectent des recettes fiscales plus importantes que les pays hors OCDE, en pourcentage du PIB. La plupart des pays étudiés dans cette publication affichent des niveaux de revenu par habitant et des ratios impôts/PIB plus bas que les pays de l’OCDE et de la région ALC. Les niveaux de PIB par habitant varient davantage entre les pays africains qu’entre les pays ALC et les pays de l’OCDE.
Les besoins de financement des pays sont fonction en partie de leur niveau de revenu, qui constitue un élément important à prendre en compte pour comprendre les ratios impôts/PIB dans les différents pays. L’écart entre les recettes publiques et les besoins de financement pour le développement est généralement plus important dans les pays où le revenu par habitant est faible, ce qui fait que la mobilisation de recettes publiques supplémentaires y est particulièrement cruciale (Gaspar et al., 2019[15]). La crise liée au COVID-19 s’est traduite par une baisse des recettes fiscales dans la plupart des pays, et par une hausse sensible des besoins de financement et de la dette. Les efforts renouvelés visant à réformer la politique et les administrations fiscales en vue d’augmenter les recettes fiscales ont pris une importance encore plus grande au lendemain de la crise sanitaire.
Répartition des variations des recettes par type d’impôt
En 2023, pour la deuxième année consécutive, l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS) a été le moteur de l’augmentation des recettes fiscales en moyenne dans les 38 pays couverts par cette publication, enregistrant une hausse de 0.3 % du PIB (tableau 1.1). Cette même année, les recettes tirées des impôts sur les biens et services ont augmenté de 0.1 % du PIB en moyenne, sous l’effet d’une progression du même ordre de grandeur des recettes provenant des taxes sur la valeur ajoutée (TVA). Les recettes générées par les impôts sur les biens et services autres que la TVA sont restées inchangées au cours de la période.
Tableau 1.1. Variations annuelles des recettes fiscales en pourcentage du PIB par catégorie, 2020-2023
Copier le lien de Tableau 1.1. Variations annuelles des recettes fiscales en pourcentage du PIB par catégorie, 2020-2023Variation en glissement annuel, point
|
|
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
|---|---|---|---|---|
|
Impôts sur le revenu et les bénéfices |
0.1 |
0.0 |
0.3 |
0.3 |
|
Impôt sur le revenu des personnes physiques |
0.1 |
-0.1 |
0.0 |
0.1 |
|
Impôt sur les bénéfices des sociétés |
0.0 |
0.0 |
0.4 |
0.3 |
|
Cotisations de sécurité sociale |
0.1 |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
|
Impôts sur le patrimoine |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
|
Impôts sur les biens et services |
-0.4 |
0.3 |
0.0 |
0.1 |
|
TVA |
-0.3 |
0.2 |
0.1 |
0.1 |
|
Droits d’accise |
0.0 |
0.0 |
-0.1 |
0.0 |
|
Droits de douane |
-0.1 |
0.1 |
0.0 |
0.0 |
|
Autres impôts sur les biens et services |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
|
Résiduel |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
0.0 |
|
Total des recettes fiscales |
-0.2 |
0.3 |
0.3 |
0.5 |
Note : Les « autres impôts sur les biens et services » englobent tous les impôts sur les biens et services (rubrique 5000) hors TVA (rubrique 5111), droits d’accise (rubrique 5121) et droits de douane (rubrique 5123). « Résiduel » désigne l’ensemble des impôts qui ne sont pas déclarés ailleurs dans le tableau, à savoir les impôts sur les salaires (rubrique 3000) et autres impôts (rubrique 6000).
Source : Calculs des auteurs basés sur des données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Les autres variations importantes de recettes provenant des principales catégories d’impôts intervenues depuis 2020 qui ressortent du Tableau 1.1 comprennent :
Les recettes des impôts sur le revenu et les bénéfices, exprimées en pourcentage du PIB, ont connu une hausse relativement forte en 2022 et 2023, portées par l’IS. Cette dynamique s’explique en partie par l’augmentation des prix dans le secteur pétrolier et minier, qui a permis une croissance des bénéfices en 2021 dans les pays qui produisent ces ressources (ATAF, 2023[16]). Les prix élevés dans le secteur extractif en 2022 ont continué de soutenir les recettes de l’IS de la région en pourcentage du PIB. Dans le même temps, les recettes de l’IRPP ont légèrement fluctué en pourcentage du PIB depuis 2020.
Les recettes tirées des impôts sur les biens et services ont été les plus durement touchées par l’impact de la pandémie de COVID-19 en 2020, reculant de 0.4 % du PIB. Elles ont rebondi en 2021, dopées par les recettes de TVA, puis ont légèrement augmenté en 2023 (de 0.1 point). Au sein des impôts sur les biens et services, les recettes de TVA ont davantage progressé que celles des autres impôts sur les biens et services (droits d’accise, droits de douane et autres impôts sur les biens et services3) chaque année depuis 2021.
En 2022, les recettes tirées des droits d’accise ont diminué, certains pays de la région ayant adopté des mesures pour atténuer l’impact de l’inflation, notamment des réductions ou des exonérations d’accises qui ont fait baisser les recettes fiscales.
Les cotisations de sécurité sociale ont augementé de 0.1 % de PIB en 2020 et sont restées inchangées par la suite, en proportion du PIB en moyenne.
Principales variations des ratios impôts/PIB dans les pays d’Afrique en 2023
Le Graphique 1.6 présente l’évolution des ratios impôts/PIB entre 2022 et 2023 par principale catégorie d’impôt dans les 38 pays et en moyenne pour l’Afrique. Les hausses les plus marquées (au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad) sont principalement imputables à l’augmentation des recettes de l’impôt sur le revenu et les bénéfices. En République démocratique du Congo, la baisse des recettes fiscales s’explique surtout par le recul des recettes de l’impôt sur le revenu et les bénéfices .
Le ratio impôts/PIB du Gabon s’est accru de 4.9 points en 2023, sous l’effet conjugué de l’augmentation des recettes fiscales nominales et d’une baisse du PIB nominal au cours de la période (voir l’Encadré 1.1). L’économie a ralenti en 2023, conséquence d’une succession de perturbations logistiques, de contraintes de capacité qui ont affecté la production et les exportations de manganèse et de bois, des coûts élevés des carburants et d’incertitudes politiques (FMI, 2024[17] ; FMI, 2024[18]). Dans un contexte de montée en flèche des prix internationaux du pétrole et du gaz et malgré le fléchissement des prix des minéraux et des métaux en 2022 (Banque mondiale, 2025[19]), les prix élevés des matières premières ont dopé les bénéfices des entreprises cette année-là, conduisant à une hausse des recettes de l’IS en 2023 (de 2.6 points). En outre, les recettes de TVA et celles provenant d’autres impôts sur les biens et services3 ont gagné respectivement 0.9 point et 1.0 point au cours de la période. Ces augmentations ont été enregistrées principalement à la frontière sous l’effet de l’augmentation des volumes d’importation et de l’amélioration des méthodes de calcul de l’impôt applicable aux exportations de manganèse (Banque mondiale, 2024[20]).
En Guinée équatoriale, où le ratio impôts/PIB s’est accru de 4.5 points, les recettes fiscales nominales ont également augmenté malgré un recul du PIB nominal en 2023. Les recettes fiscales de la Guinée équatoriale dépendent fortement du pétrole et du gaz, tandis que le recouvrement des taxes non pétrolières est freiné par une base d’imposition étroite, une administration inefficace et un secteur informel de grande taille. En 2023, l’économie de la Guinée équatoriale s’est contractée de 5.1 % en termes réels et de 12.3 % en valeur nominale, principalement en raison d’une baisse continue de la production de pétrole et des exportations d’hydrocarbures (Banque africaine de développement (BAfD), 2024[21] ; FMI, 2025[22] ; FMI, 2024[23]). Toutefois, les recettes fiscales nominales ont augmenté de 44.0 % entre 2022 et 2023, car les prix élevés du pétrole et du gaz observés en 2022 ont conduit à une progression de 4.2 points des recettes de l’IS en 2023.
En 2023, le ratio impôts/PIB du Tchad s’est apprécié pour la deuxième année consécutive (de 2.8 points en 2022 et de 3.4 points en 2023). La croissance du PIB réel du Tchad s’est accélérée pour atteindre 4.9 % en 2023, le PIB pétrolier ayant gagné 7.6 % en raison du redémarrage de la production de champs pétroliers précédemment abandonnés. La progression du ratio impôts/PIB observée au Tchad en 2023 s’explique principalement par une augmentation des paiements d’impôt sur les sociétés par les compagnies pétrolières (2.1 points). La hausse de 0.8 point des recettes de TVA résulte essentiellement de l’augmentation des recettes de la TVA sur les importations, à la suite de la reprise marquée de l’investissement public qui a stimulé les importations en 2023 (FMI, 2024[24]).
Graphique 1.6. Variation des ratios impôts/PIB par principales catégories d’impôts et pays entre 2022 et 2023
Copier le lien de Graphique 1.6. Variation des ratios impôts/PIB par principales catégories d’impôts et pays entre 2022 et 2023Points de pourcentage
Note : La moyenne Afrique doit être interprétée avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et sont des estimations pour 2023 pour la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Sénégal et la Tunisie. Voir les tableaux des pays au chapitre 5 pour plus d’informations.
Source : Calculs des auteurs basés sur des données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Le ratio impôts/PIB de la République démocratique du Congo a baissé de 2.1 points entre 2022 et 2023, après avoir enregistré une forte hausse l’année précédente (3.7 points). Cette chute est principalement due à un recul de 1.6 point des recettes de l’IS en raison d’un niveau de référence élevé en 2022. Cette année-là, le niveau des recettes de l’IS en République démocratique du Congo avait culminé à 5.6 % du PIB, soit plus du double du niveau de 2021. Les recettes de l’IS ont chuté de 11 % entre 2022 et 2023, tandis que le PIB nominal a gagné 25 % au cours de la période. Ces tendances ont été portées par le secteur minier ; en 2023, les industries extractives ont progressé de 15.4 %, contribuant à environ 70 % de la croissance du PIB (FMI, 2024[25]).
Comme le montre le Graphique 1.6, les recettes provenant de différents types d’impôts, exprimées en pourcentage du PIB, ont connu des variations significatives (et parfois dans des directions opposées) entre 2022 et 2023 en Zambie. Les recettes tirées des impôts sur les biens et services ont augmenté de 2.1 points, mais cette hausse a été compensée par la baisse des recettes de l’IS (de 1.6 point) au cours de la période. Il se peut que les réformes récentes aient contribué à ces tendances : les recettes de la TVA et des droits d’accise ont été stimulées par la suppression des exonérations sur les carburants (Assemblée nationale de la Zambie, 2022[26]), tandis que le recul des recettes de l’IS (secteurs extractifs et autres) peut s’expliquer en partie par l’harmonisation des taux de l’IS dans tous les secteurs : par exemple, le secteur des télécommunications qui était soumis à une fourchette de taux comprise entre 30 % et 40 % est désormais imposé à 35 % (PWC, 2024[27]).
Évolution des ratios impôts/PIB depuis 2013
En 2023, le ratio impôts/PIB moyen en Afrique était supérieur de 1.4 point à son niveau de 2013 (Graphique 1.7). Par comparaison, les moyennes de la région ALC et des pays de l’OCDE ont augmenté de respectivement 0.8 et 1.3 point entre 2013 et 2023. Le ratio impôts/PIB moyen en Afrique est passé de 14.7 % du PIB en 2013 à 15.1 % en 2015, avant de se replier les deux années suivantes sous l’effet de la baisse des recettes tirées des produits de base. Après deux années de progression, le ratio impôts/PIB en 2019 (15.2 % du PIB) a légèrement dépassé son niveau de 2013, mais s’est contracté en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19. Depuis 2021, les recettes fiscales se sont nettement redressées.
Graphique 1.7. Ratios moyens impôts/PIB pour l’Afrique, l’Asie-Pacifique, l’ALC et l’OCDE, 2000-23
Copier le lien de Graphique 1.7. Ratios moyens impôts/PIB pour l’Afrique, l’Asie-Pacifique, l’ALC et l’OCDE, 2000-23En pourcentage du PIB
Note : La moyenne Afrique doit être interprétée avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2. Les chiffres prennent en compte les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud (à partir de 2003), le Cabo Verde (2008-2020), l’Eswatini, le Maroc, Maurice, la Mauritanie (2009-2018), le Nigéria (recettes des États uniquement) et la Somalie (à partir de 2019).
La moyenne Afrique et les moyennes Asie-Pacifique (37 pays), ALC (26 pays) et OCDE (38 pays) sont des moyennes non pondérées.
Source : Tableau 4.1 du chapitre 4 et (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Les recettes provenant des principales catégories d’impôts ont augmenté à peu près au même rythme entre 2013 et 2023, les recettes issues des impôts sur le revenu et les bénefices et des impôts sur les biens et services ayant toutes deux progressé de 0.6 point au cours de la période (Graphique 1.8).
Graphique 1.8. Recettes tirées des impôts sur le revenu et les bénéfices, de la TVA et d’autres catégories d’impôts, 2013-23
Copier le lien de Graphique 1.8. Recettes tirées des impôts sur le revenu et les bénéfices, de la TVA et d’autres catégories d’impôts, 2013-23En pourcentage du PIB
Note : La moyenne Afrique doit être interprétée avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour quelques pays2 et sont des estimations pour 2023 pour la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Sénégal et la Tunisie. La somme des différentes catégories peut différer du ratio impôts/PIB de l’Afrique4. Les chiffres prennent en compte les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud (à partir de 2003), le Cabo Verde (2008-2020), l’Eswatini, le Maroc, Maurice, la Mauritanie (2009-2018), le Nigéria (recettes des États uniquement) et la Somalie (à partir de 2019).
Source : Calculs des auteurs basés sur (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Les recettes de la TVA et celles des autres impôts sur les biens et services3 ont toutes deux augmenté de 0.3 point au cours de la période, pour atteindre respectivement 4.5 % et 3.6 % du PIB en 2023.
Les recettes de l’IRPP sont passées de 2.5 % du PIB en 2013 à 2.8 % en 2023, tandis que celles de l’IS se sont accrues de 0.4 point pour atteindre 3.3 % du PIB en 2023.Les recettes de l’IS ont progressé de 0.7 point entre 2021 et 2023. La baisse enregistrée entre 2014 et 2016 était due en partie à la chute des cours du pétrole et des minéraux et à la réduction des taux de l’IS à l’échelle du continent.
Le Graphique 1.9 présente l’évolution des recettes fiscales en pourcentage du PIB dans les 38 pays d’Afrique étudiés ainsi que les moyennes Afrique, ALC et OCDE entre 2013 et 2023, par type d’impôt. Les progrès récents dans la mobilisation de leurs ressources intérieures sont très inégaux d’un pays africain à l’autre : les ratios impôts/PIB ont augmenté dans 29 pays entre 2013 et 2023, et ils ont diminué dans neuf pays.
C’est la Tunisie qui a enregistré la plus forte hausse au cours de la période (de 5.7 points), principalement sous l’effet de l’augmentation des recettes provenant de l’IRPP (3.3 points), de la TVA (1.7 point) et des cotisations de sécurité sociale (1.0 point). Les gains de recettes de l’IRPP et des cotisations de sécurité sociale provenaient en partie de la hausse de 147 % de la masse salariale résultant des hausses de salaires successives (OCDE/CUA/ATAF, 2020[28]).
Graphique 1.9. Variation des ratios impôts/PIB par pays et principale rubrique d’impôt, 2013-2023
Copier le lien de Graphique 1.9. Variation des ratios impôts/PIB par pays et principale rubrique d’impôt, 2013-2023Points de pourcentage
Note : La moyenne Afrique doit être interprétée avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour quelques pays2 et sont des estimations pour 2023 pour la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Sénégal et la Tunisie. Les chiffres prennent en compte les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud (à partir de 2003), le Cabo Verde (2008-2020), l’Eswatini, le Maroc, Maurice, la Mauritanie (2009-2018), le Nigéria (recettes des États uniquement) et la Somalie (à partir de 2019). Les données relatives au Mozambique doivent être interprétées avec précaution, car les variations de recettes sont principalement dues à l’interruption des recettes issues des permis de pêche à partir de 2017.
Source : Calculs des auteurs basés sur (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Le Graphique 1.10 illustre les différentes trajectoires suivies par les recettes fiscales entre les pays étudiés dans ce rapport, en montrant l’évolution des recettes fiscales au Togo et au Tchad depuis 2010. Le ratio impôts/PIB du Togo a connu une croissance relativement forte et constante sur cette période, augmentant de 7.8 points entre 2010 et 2023 bien qu’il ait reculé en 2017 et en 2018. À l’inverse, le ratio impôts/PIB au Tchad affichait une grande volatilité entre 2010 et 2023.
Le ratio impôts/PIB du Togo dépasse largement la moyenne de l’Afrique depuis 2015, et affiche une croissance plus forte que la moyenne de l’Afrique à partir de 2019. Au cours de cette période, le Togo a consenti d’importants efforts en vue d’améliorer ses procédures de collecte de l’impôt et a entrepris plusieurs réformes pour mobiliser davantage de recettes fiscales. Les mesures déployées par le Togo entre 2010 et 2012 comprenaient le suivi et la modernisation des systèmes d’information et de recouvrement de l’impôt, ainsi que des mesures de lutte contre la fraude fiscale. En 2014, le pays a par ailleurs créé l’Office togolais des recettes (OTR) qui regroupe ses services douaniers et fiscaux au sein d’une même administration. Le Togo a mis en place des numéros d’identification fiscale, réduit les exonérations fiscales et établi des contrôles pour combattre la corruption (FMI, 2019[29]).En 2022 et 2023, il a élargi le champ d’application de la TVA pour inclure les services fournis par l’intermédiaire de plateformes électroniques et a amélioré l’administration de l’impôt en désignant des agents chargés du prélèvement de la TVA à la source (FMI, 2024[30]). Le Togo est l’un des pays africains qui ont réformé leur système fiscal en réponse à la croissance rapide de l’économie numérique au cours de la dernière décennie ; l’Encadré 1.3 résume les mesures prises par le Kenya et d’autres pays d’Afrique pour relever ce nouveau défi.
Graphique 1.10. Ratios impôts/PIB au Tchad, au Togo et moyenne Afrique, 2000-23
Copier le lien de Graphique 1.10. Ratios impôts/PIB au Tchad, au Togo et moyenne Afrique, 2000-23
Note : La moyenne Afrique doit être interprétée avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2. Veuillez vous reporter aux tableaux par pays au chapitre 5 pour plus d’informations.
Source : Calculs des auteurs basés sur (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Les dotations en ressources influent beaucoup sur les ratios impôts/PIB (voir l’Encadré 1.2), et c’est particulièrement vrai pour le Tchad, dont les recettes fiscales sont très dépendantes des variations des cours du pétrole. Le Tchad a enregistré une baisse significative de ses recettes fiscales en pourcentage du PIB entre 2011 et 2016, passant de 13.1 % (leur niveau le plus élevé) à 3.6 % (leur niveau le plus bas). Cette érosion s’explique principalement par une baisse des recettes de l’IS, acquitté essentiellement par les compagnies pétrolières. Les cours du pétrole ont chuté entre la mi-2014 et début 2016 avant de connaître une grande volatilité (surtout pendant et après la pandémie de COVID-19) ; les recettes fiscales en pourcentage du PIB ont suivi les mêmes fluctuations. Sous l’effet de la hausse des prix du pétrole après la pandémie de COVID-19, les recettes fiscales ont progressé de 2.5 points de PIB entre 2020 et 2023 pour atteindre leur plus haut niveau depuis 2011.
Encadré 1.3. L’imposition de l’économie numérique au Kenya et dans d’autres pays africains
Copier le lien de Encadré 1.3. L’imposition de l’économie numérique au Kenya et dans d’autres pays africainsComme d’autres pays du monde, les pays d’Afrique font face à un enjeu complexe : taxer les plateformes et les services numériques dans une économie mondiale de plus en plus axée sur le numérique. L’économie numérique a transformé le mode de fonctionnement des entreprises, leur permettant de réaliser des bénéfices importants dans des pays où elles n’ont pas de présence physique, et offrant la possibilité aux multinationales de réduire au minimum leurs obligations fiscales, tout en occasionnant d’importantes pertes de recettes pour les pays africains. L’OCDE a élaboré un cadre complet pour relever les défis fiscaux soulevés par la transformation numérique de l’économie dans le cadre du Projet BEPS OCDE/G20 (OCDE, 2021[31]).
Le Kenya a pris des mesures pour faire en sorte que son système fiscal évolue au rythme de ces nouvelles tendances et de la modernisation des entreprises. Le pays a notamment adopté, dans le cadre de la loi de finances de 2020, une taxe sur les services numériques (TSN) de 1.5 %, qui est entrée en vigueur en janvier 2021 en vertu de l’avis officiel n° 207 de 2020. En outre, la réglementation relative à la TVA sur les services numériques fournis sur les places de marché en ligne est entrée en vigueur en 2020 (avis officiel n° 190 de 2020). Elle vise les entreprises qui exercent leurs activités sur internet ou via des places de marché en ligne. Les lois principales qui régissent cet instrument de réglementation sont la loi sur la TVA de 2013 et la loi sur l’impôt sur le revenu de 2019 ; la loi sur les procédures fiscales de 2015 y est également mentionnée.
Par la suite, la loi de 2024 portant modification des lois fiscales, entrée en vigueur le 27 décembre 2024, a introduit les mesures suivantes :
Imposition des revenus provenant d’activités exercées sur une place de marché ou une plateforme numérique et de la monétisation de contenus numériques. La loi prévoit l’imposition du revenu d’une personne résidente ou non résidente qui possède ou exploite une place de marché ou une plateforme numérique, ou qui effectue ou facilite des paiements au titre de la monétisation de contenus numériques ou de la fourniture de biens ou de services. La taxe s’appliquera au taux de 20 % pour les non-résidents et de 5 % pour les résidents.
Abrogation des dispositions de la TSN et instauration d’un impôt sur la présence économique significative (PES) de 3 % applicable au bénéfice imposable présumé. Cet impôt vise les personnes non résidentes dont les revenus provenant de la prestation de services sont réalisés ou comptabilisés au Kenya dans le cadre d’une activité exercée sur une place de marché en ligne.
Cette transition semble s’inscrire dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement pour élargir le champ d’application de la fiscalité du numérique et remédier aux difficultés précédemment rencontrées dans le cadre de la TSN. Avec l’adoption de la taxe sur la PES, le Kenya est devenu l’un des premiers pays d’Afrique à adopter ce régime fiscal. Par rapport à d’autres pays d’Afrique de l’Est, comme l’Ouganda et la Tanzanie, où le taux de la TSN est de 5 % et 2 % respectivement, le Kenya applique désormais le deuxième taux le plus élevé de la région dans le cadre du régime de présence économique significative.
La charge fiscale supportée par les non-résidents au titre de l’impôt sur la PES sera sensiblement plus élevée (3 % sur les bénéfices), sachant que la TSN s’appliquait au taux de 1.5 % aux recettes brutes. Toutefois, contrairement au régime de la TSN, l’impôt sur la PES prévoit des exonérations pour les personnes suivantes :
les personnes non résidentes qui offrent des services numériques par l’intermédiaire d’un établissement stable au Kenya ;
les personnes non résidentes qui exercent une activité de transmission de messages par câble, radio, fibre optique, télévision, radiodiffusion, internet, satellite ou par d’autres moyens similaires de communication, dont les revenus sont soumis à la retenue à la source ;
les personnes non résidentes fournissant des services numériques à une compagnie aérienne dans laquelle l’État du Kenya détient au moins 45 % du capital ; et
les personnes non résidentes dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 5 000 000 KES.
Au fil du temps, le Kenya a tiré d’importantes recettes de l’économie numérique grâce à la mise en œuvre des taxes sur le numérique : la TSN et la TVA sur les services numériques fournis sur des places de marché en ligne ont contribué à hauteur d’environ 17.98 milliards KES à l’économie nationale au cours des quatre dernières années (Graphique 1.11). Ces impôts sont principalement collectés auprès des contribuables non résidents de l’économie numérique, dont les géants du numérique.
Graphique 1.11. Recettes générées par la taxe sur les services numériques et par la TVA sur les services numériques fournis sur des places de marché en ligne au Kenya
Copier le lien de Graphique 1.11. Recettes générées par la taxe sur les services numériques et par la TVA sur les services numériques fournis sur des places de marché en ligne au KenyaD’autres pays africains ont mis en œuvre des mesures pour tirer des recettes fiscales de l’économie numérique. Le Nigéria a modifié sa législation pour permettre l’imposition des entreprises numériques étrangères n’ayant pas de présence physique dans le pays et a créé un bureau spécialisé chargé d’identifier les entreprises numériques non résidentes qui devraient être immatriculées au Nigéria. La Zambie a pour sa part adopté une nouvelle réglementation en matière de TVA ciblant les services électroniques transfrontières, et le Maroc a mis en place une nouvelle taxe de 30 % sur les revenus des influenceurs et des créateurs de contenus dans les médias sociaux.
Source : Les informations sur la TSN kényane ont été rédigées conjointement avec le point de contact au sein de l’administration fiscale du Kenya. Les informations sur les mesures prises par d’autres pays en lien avec l’économie numérique ont été fournies par les points de contact pour le Nigéria, la Zambie et le Maroc lors de l’atelier technique sur les Statistiques des recettes publiques en Afrique tenu en juin 2025.
Structures fiscales dans les pays africains
Copier le lien de Structures fiscales dans les pays africainsLa structure fiscale d’un pays mesure la composition de ses recettes fiscales en fonction des différents types d’impôts. Il s’agit là d’un indicateur important, car différents impôts ont différents effets économiques et sociaux. La composition des impôts dans les 38 pays étudiés dans la présente publication reflète des différences concernant leurs choix politiques, leurs structures et situations économiques, les capacités de leur administration fiscale et d’autres facteurs historiques.
Structures fiscales en Afrique en 2023
Les pays d’Afrique étudiés dans ce rapport peuvent être divisés en trois grands groupes en fonction de la source principale de leurs recettes : (i) TVA ; (ii) autres impôts sur les biens et services3 ; et (iii) impôts sur le revenu et les bénéfices. Le Graphique 1.12 illustre, pour tous les pays de cette publication, la ventilation des recettes fiscales entre impôts sur le revenu et les bénéfices (personnes physiques et sociétés), cotisations de sécurité sociale et impôts sur les biens et services (y compris la TVA ainsi que d’autres impôts sur les biens et services).
En 2023, les impôts sur les biens et services constituaient la principale source de recettes fiscales pour 26 pays (les deux premiers groupes de pays représentés dans le Graphique 1.12). Dans ces pays, les recettes fiscales générées par ces impôts s’échelonnaient entre 36.2 % du total des recettes fiscales en Tunisie à 86.0 % en Somalie. La TVA représentait le principal poste de recettes tirées des impôts sur les biens et services dans la plupart des pays appartenant au premier groupe de 15 pays (qui comprend aussi la moyenne des pays d’Afrique5), tandis que les autres impôts sur les biens et services occupaient la première place en tant que source de recettes fiscales dans les 11 pays du deuxième groupe.
Dans douze pays, la plus grande partie des recettes fiscales provenait des impôts sur le revenu et les bénéfices. Au sein de ce groupe de pays, les recettes générées par l’impôt sur le revenu et les bénéfices variaient de 45.6 % du total des recettes fiscales en Égypte à 83.7 % en Guinée équatoriale. Dans 24 des 38 pays étudiés, la part des recettes fiscales tirées de l’IS était supérieure à celle provenant de l’IRPP en 2023. La part des recettes provenant de l’IS était particulièrement importante au Tchad et en Guinée équatoriale, où celles-ci représentaient plus de 60 % du total des recettes fiscales.
L’importance des cotisations de sécurité sociale dans le total des recettes fiscales varie considérablement entre les pays pour lesquels des données sont disponibles dans cette publication2. En 2023, la part des cotisations de sécurité sociale dans le total des recettes fiscales était la plus élevée en Tunisie, au Maroc et au Mali (plus de 20 % du total des recettes fiscales), tandis que dans les autres pays, elle s’échelonnait entre moins de 0.2 % au Cabo Verde et environ 11.8 % en Eswatini (Graphique 1.12).
Graphique 1.12. Structure fiscale, par pays, 2023
Copier le lien de Graphique 1.12. Structure fiscale, par pays, 2023Pourcentage du total des recettes fiscales
Note : Les chiffres comprennent les recettes fiscales des administrations infranationales pour l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Maroc, Maurice, le Nigéria (recettes des États uniquement) et la Somalie. Les cotisations de sécurité sociale de 2023 de la Guinée équatoriale, de la Mauritanie, du Sénégal et de la Tunisie sont des estimations. Il se peut que la somme des parts moyennes des différentes catégories pour l’Afrique ne soit pas égale au total indiqué4. Au Ghana, au Lesotho, au Malawi, en Mauritanie, au Nigéria, en Ouganda et en Sierra Leone, les recettes tirées des impôts sur le patrimoine sont principalement perçues par les administrations locales, pour lesquelles on ne dispose pas de données sur les recettes.
La ventilation des recettes tirées des impôts sur le revenu des personnes physiques et sur les bénéfices n’est pas disponible pour le Botswana.
Source : Calculs des auteurs à partir de (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Cette hétérogénéité reflète la diversité des régimes de sécurité sociale et des taux de cotisation, sachant que de nombreux pays utilisent des systèmes différents pour financer les prestations de sécurité sociale. Par exemple, les cotisations de sécurité sociale en Afrique du Sud financent le Fonds d’assurance chômage, tandis que d’autres prestations, comme les programmes d’aide sociale couvrant la vieillesse, la maladie et la maternité, sont financées par les recettes générales. À l’inverse, les régimes de sécurité sociale marocain et tunisien sont calqués sur le système français et couvrent un large éventail de prestations financées par des cotisations, y compris la vieillesse, l’incapacité, la maladie, la maternité, les accidents du travail (Tunisie), le chômage (Maroc) et les allocations familiales (SSA, 2015[32]).
Graphique 1.13. Structure fiscale, moyennes Afrique, ALC, Asie-Pacifique et OCDE, 2023
Copier le lien de Graphique 1.13. Structure fiscale, moyennes Afrique, ALC, Asie-Pacifique et OCDE, 2023
Note : Les moyennes Afrique, Asie-Pacifique, ALC et OCDE sont des moyennes non pondérées. Les données de 2022 ont été utilisées pour calculer la moyenne de l’OCDE, car les données de 2023 ne sont pas disponibles.
La moyenne Afrique doit être interprétée avec prudence, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et les chiffres de 2023 relatifs à la Guinée équatoriale, à la Mauritanie, au Sénégal et à la Tunisie sont des estimations. Il se peut que la somme des parts moyennes des différentes catégories d’impôts en Afrique ne soit pas égale au total indiqué4.
Source : Calculs des auteurs à partir de (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Comme on peut le voir dans le Graphique 1.13, qui présente une comparaison des structures fiscales des pays africains avec celles d’autres régions, les recettes provenant de la TVA ont représenté en moyenne 26.6 % des recettes fiscales totales, soit plus que la moyenne de la région Asie-Pacifique, qui s’établit à 25.8 %, mais moins que la région ALC, ressortant à 28.5 %. Dans les trois régions, la part des recettes fiscales tirées de la TVA est notablement supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE, dans lesquels les recettes issues de la TVA représentent 20.8 % du total des recettes fiscales (chiffre de 2022). En ce qui concerne les recettes de TVA, la moyenne Afrique était inférieure à celle de toutes les autres régions, mesurée en pourcentage du PIB (4.5 % du PIB en Afrique contre 5.3 % dans la région Asie‑Pacifique, 6.0 % dans la région ALC et 7.0 % dans la zone OCDE).
Par rapport aux autres régions ou groupes de pays, l’Afrique est la région dans laquelle la part des impôts sur les biens et services autres que la TVA (autres impôts sur les biens et services3 dans les graphiques) était la plus élevée, ressortant à 25.5 % du total des recettes fiscales. Les taxes sur le commerce extérieur (principalement les droits d’importation) représentent une source importante de recettes en Afrique et constituaient environ la moitié des recettes tirées des impôts sur les biens et services autres que la TVA en 2023. Cette part devrait évoluer avec la mise en application de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). La part des recettes tirées des impôts sur les biens et services autres que la TVA pourrait également augmenter en raison du recours croissant aux taxes de santé publique dans les pays d’Afrique (voir l’Encadré 1.4).
En 2023, les recettes de l’IS dans les pays d’Afrique représentaient en moyenne 21.4 % du total des recettes fiscales, soit une part plus importante que les moyennes de la région Asie-Pacifique, de la région ALC et de la zone OCDE (19.5 %, 18.7 % et 12.0 %, respectivement). Exprimé en pourcentage du PIB, le niveau moyen des recettes de l’IS en l’Afrique (3.3 %) était légèrement inférieur à celui des autres moyennes régionales en 2023 (environ 3.4 % en Asie-Pacifique, 3.8 % dans la région ALC et 3.9 % dans la zone OCDE) (Graphique 1.13). La part moyenne des recettes de l’IRPP en Afrique s’élevait à 16.5 % du total des recettes fiscales en 2023. Ce chiffre est grosso modo comparable à la moyenne de la région Asie-Pacifique, mais il est inférieur à la moyenne de la zone OCDE (23.6 %) et nettement supérieur à celle de la région ALC (9.5 %). En pourcentage du PIB, le niveau moyen des recettes issues de l’IRPP dans la zone OCDE était près de trois fois supérieur à la moyenne des pays d’Afrique.
Évolution des structures fiscales, 2013-23
Entre 2013 et 2023, un très léger transfert de la structure fiscale moyenne de l’Afrique s’est opéré en faveur de l’IRPP, de l’IS et des cotisations de sécurité sociale, avec un tassement de la part des impôts sur la consommation (Graphique 1.14.)
La part des recettes de la TVA dans la structure fiscale moyenne des pays africains étudiés dans cette publication a légèrement diminué, bien que ces recettes aient progressé en proportion du PIB, atteignant 4.5 % en 2023. À l’inverse, la part de l’IRPP, de l’IS et des cotisations de sécurité sociale dans le total des recettes fiscales a augmenté respectivement de 0.2, 0.7 et 0.6 point de pourcentage entre 2013 et 2023.
Graphique 1.14. Structure fiscale moyenne des pays d’Afrique, 2013-23
Copier le lien de Graphique 1.14. Structure fiscale moyenne des pays d’Afrique, 2013-23
Note : La moyenne Afrique n’est pas pondérée. Elle doit être interprétée avec précaution, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et les chiffres de 2023 relatifs à la Guinée équatoriale, à la Mauritanie, au Sénégal et à la Tunisie sont des estimations. Il se peut que la somme des parts moyennes des différentes catégories d’impôts en Afrique ne soit pas égale au total indiqué4.
Source : Calculs des auteurs à partir de (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Encadré 1.4. Taxes de santé publique dans les pays d’Afrique
Copier le lien de Encadré 1.4. Taxes de santé publique dans les pays d’AfriqueLes pays d’Afrique font face à des tensions croissantes pour assurer un financement durable des systèmes de santé et renforcer ceux-ci au vu des vulnérabilités structurelles et des réductions récentes de l’aide publique au développement dans le secteur de la santé. Pour relever ce défi, il convient d’adopter une stratégie globale passant par un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures (Africa Centres for Disease Control and Prevention, 2025[33]).
Les taxes de santé publique, c’est-à-dire des taxes assises sur des produits nocifs pour la santé, peuvent faire partie de la solution. Outre la génération de recettes fiscales supplémentaires, les taxes de santé publique peuvent contribuer à réduire la consommation de produits nocifs, ce qui permet de contenir les dépenses de santé à long terme et de renforcer la productivité du travail sur la durée. De nombreux pays africains ont déjà mis en place des taxes de ce type, mais celles-ci ne sont pas nécessairement suffisantes pour influer sur les résultats en matière de santé publique ou générer des recettes importantes (Vital Strategies, 2025[34]). L’OMS préconise vivement que les pays mettent en œuvre ou révisent leurs politiques relatives aux taxes de santé publique afin de mieux les aligner sur les objectifs de santé publique (OMS, 2025[35] ; OCDE, 2024[3]). L’ATAF aide les gouvernements africains à mettre en œuvre des taxes efficaces sur les produits nocifs pour la santé, notamment dans le cadre d’un projet lancé en 2023. Les Statistiques des recettes publiques en Afrique donnent un aperçu des recettes tirées des taxes de santé publique dans les pays africains et aident ceux-ci à assurer un suivi et établir une comparaison des recettes des taxes de ce type mises en place dans les différents pays au fil du temps.
Les taxes de santé publique sont définies comme des taxes prélevées sur des produits ayant des effets négatifs sur la santé publique (OMS, 2025[36]). Elles prennent généralement la forme de droits d’accise (c’est-à-dire des taxes prélevées sur des biens spécifiques) frappant directement le composant nocif pour la santé (le volume d’alcool ou les grammes de sucre ou de sel, par exemple) ou le produit qui contient ce composant (le litre de boisson alcoolisée ou le paquet de cigarettes, par exemple). Bien que les droits d’accise interagissent avec les droits de douane et la TVA, la présente section se limite à l’examen des recettes issues des droits d’accise.
Les données sur les recettes sont indispensables à la conception et à l’évaluation des taxes de santé publique, même si elles doivent être interprétées avec prudence (OCDE, 2024[3]). Les recettes dépendent de la conception de la taxe, des niveaux de consommation, des achats transfrontaliers et de l’élasticité-prix. Ainsi, une baisse des recettes peut être le signe d’une réduction réussie de la consommation d’un produit nocif, ou le remplacement d’un produit par d’autres produits non taxés ou taxés à un niveau plus bas (les nouveaux produits à base de nicotine, par exemple) peut nuire aux objectifs de santé publique, tandis que des écarts de recettes entre les pays peuvent tenir à des différences dans les modes de consommation plutôt qu’à l’efficacité de la taxe. Les recherches antérieures ont montré que l’alcool et le tabac tendent à être relativement inélastiques par rapport aux prix (c’est-à-dire que la demande réagit faiblement aux variations de prix), tandis que les boissons sucrées présentent une élasticité plus élevée, en particulier parmi les groupes à faible revenu.
Bien que le Guide d’interprétation de l’OCDE ne comporte pas de catégorie « taxe de santé publique », les données fournies par les pays relatives aux recettes issues de leurs taxes nationales (comme indiquées dans les tableaux par pays du chapitre 5 du présent rapport) permettent d’identifier les taxes ayant des objectifs liés à la santé publique, principalement les droits d’accise sur l’alcool, le tabac et les boissons sucrées. La comparaison des recettes tirées des taxes de santé publique entre les pays et dans le temps est toutefois difficile. Outre les lacunes dans les données communiquées, les différentes pratiques de déclaration limitent encore la comparabilité entre pays : certains pays regroupent les recettes provenant des boissons alcoolisées et non alcoolisées, tandis que d’autres les ventilent par type de produit ; certains pays ne déclarent que les recettes issues des cigarettes et non celles de l’ensemble des produits du tabac.
Graphique 1.15 présente les recettes provenant des droits d’accise sur les produits nocifs pour la santé en pourcentage du PIB et en pourcentage du total des recettes fiscales en 2023 dans les 25 pays d’Afrique pour lesquels des données détaillées sont disponibles. En 2023, les droits d’accise sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées s’échelonnaient entre moins de 0.1 % du PIB dans neuf pays (Afrique du Sud, Cameroun, la République du Congo, Eswatini, Guinée équatoriale, Libéria, Maroc, Mauritanie et Niger) et 2.4 % à Maurice. En moyenne, dans les pays d’Afrique couverts par le présent rapport, les recettes des droits d’accise prélevés sur les produits nocifs pour la santé ont représenté 0.44 % du PIB et 2.12 % des recettes fiscales totales en 2023. À titre de comparaison, la moyenne de la zone OCDE s’établissait à 0.74 % du PIB en 2022 et représentait 2.24 % du total des recettes fiscales (OCDE, 2024[3]).
Graphique 1.15. Recettes tirées des taxes de santé publique par produit et par pays, 2023
Copier le lien de Graphique 1.15. Recettes tirées des taxes de santé publique par produit et par pays, 2023
Note : Pour tous les pays déclarants, les recettes tirées des taxes de santé publique correspondent à la somme des recettes fiscales recouvrées au titre des accises frappant le tabac, l’alcool et les boissons sucrées (poste 5121). Les moyennes Afrique des recettes tirées des droits d’accise par produit sont calculées sur la base des chiffres de 17 pays pour le tabac, de 18 pays pour l’alcool et de 6 pays pour les boissons sucrées, tandis que la moyenne Afrique des recettes totales tirées des accises prélevées sur les produits nocifs pour la santé correspond à la moyenne des 25 pays africains ayant déclaré des recettes provenant d’une ou plusieurs taxes de ce type en 2023. En raison de valeurs manquantes, la somme des moyennes Afrique des recettes tirées des droits d’accise sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées ne correspondra pas à la moyenne Afrique des recettes totales provenant des taxes de santé publique.
Source : Calculs des auteurs à partir de (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
En 2023, les recettes issues des accises sur le tabac et l’alcool représentaient, respectivement environ 0.3 % du PIB et 1.4 % du total des recettes fiscales en moyenne dans l’ensemble des 25 pays africains. Il convient d’interpréter ces chiffres avec prudence, car il n’est pas possible de déterminer avec précision le niveau des recettes provenant des droits d’accise liés à la santé publique par type de produit., et les résultats dépendent en partie de la granularité des données disponibles. Ainsi, certains pays ont déclaré des recettes tirées des accises sur le tabac en 2023, mais n’ont pas déclaré de recettes provenant des accises sur l’alcool, ou inversement ; d’autres pays ont déclaré des recettes provenant des droits d’accise sur l’alcool et le tabac de manière regroupée. Douze pays ont déclaré des recettes provenant des droits d’accise sur l’alcool et sur le tabac ; parmi eux, sept pays (Côte d’Ivoire, Égypte, Madagascar, Mali, Maurice, Sénégal et Tunisie) ont perçu davantage de recettes au titre des droits d’accise sur le tabac, et cinq pays (République démocratique du Congo, Mozambique, Seychelles, Ouganda et Zambie) ont perçu davantage de recettes au titre des droits d’accise sur l’alcool.
Les taxes sur les boissons sucrées sont relativement nouvelles, en Afrique et ailleurs dans le monde comparativement aux taxes appliquées à l’alcool et au tabac. En 2013, Maurice a instauré une taxe proportionnelle à la teneur en sucre des boissons non alcoolisées (actuellement taxées à raison de 12 centimes par gramme de sucre) (Mauritius Revenue Authority, 2025[37]). En 2018, l’Afrique du Sud a mis en place une taxe sur le sucre appelée « health promotion levy » qui a entraîné une baisse de 29 % des achats de boissons par personne et une réduction de 51 % de la consommation de sucre grâce à la diminution de l’ajout de sucre dans les boissons (Vital Strategies, 2025[34]). En 2019, les Seychelles ont instauré une taxe sur les boissons sucrées pour lutter contre le taux d’obésité croissant (OMS, 2019[38]). En 2021, le Botswana a mis en place une taxe sur les boissons sucrées de 2 thebe par gramme de sucre pour aider à « rétablir la stabilité budgétaire » après la pandémie (P4H Network, 2025[39]).
Six pays (Afrique du Sud, Botswana, Madagascar, Maurice, Ouganda et Seychelles) ont déclaré des recettes provenant de taxes sur les boissons sucrées. Dans ces pays, les recettes tirées des taxes sur les boissons sucrées s’échelonnaient entre 0.01 % du PIB au Botswana et à Madagascar et 0.21 % du PIB aux Seychelles, et représentaient moins de 1.0 % du total des recettes fiscales dans les six pays. Toutefois, selon un rapport de la Banque mondiale (Banque mondiale, 2023[40]), 24 autres pays africains disposent d’une taxe sur les boissons sucrées ; toutefois, ces données n’ont pas été communiquées aux fins de l’élaboration des Statistiques des recettes publiques en Afrique.
Les lacunes constatées dans la déclaration des droits d’accise liés à la santé à travers les pays africains, telles que présentées dans cette section, mettent en évidence la nécessité de disposer de données plus détaillées et mieux structurées afin de permettre une mesure précise des recettes issues des taxes de santé. Améliorer la granularité et la comparabilité des données sur les recettes tirées des droits d’accise peut contribuer à mieux éclairer la conception des taxes de santé publique. Des données détaillées et comparables sur les recettes provenant des taxes de santé publiques permettent un suivi rigoureux de ces recettes ainsi qu’une analyse de leur impact en matière d’objectifs de santé publique et de comportements de consommation. En outre, des données détaillées et désagrégées sont essentielles pour les comparaisons entre pays, offrant aux décideurs la possibilité d’établir des références et d’évaluer la performance dans des contextes caractérisés par des structures fiscales et des habitudes de consommation différentes.
Ratio des recettes de TVA
Cette section examine le ratio des recettes de TVA (RRT) dans pratiquement tous les pays de cette publication. Le RRT « mesure l’écart entre les recettes de TVA effectivement collectées et celles qui auraient théoriquement pu être obtenues dans l’hypothèse où l’on aurait appliqué le taux normal à la totalité de la base d’imposition potentielle dans le cadre d’un régime de TVA “ pur ” et où la totalité de ces recettes aurait été perçue » (OCDE, 2025[41]). Il correspond au rapport entre les recettes de TVA effectives et le produit de la consommation finale (net des recettes de TVA) et du taux normal de TVA. La formule de calcul est la suivante :
Cet indicateur donne un aperçu de la part des recettes de TVA non recouvrées sous l’effet des exemptions, des taux réduits, des pratiques de fraude et d’optimisation fiscales, ainsi que des défaillances de l’administration fiscale. Il convient néanmoins d’interpréter cet indicateur avec prudence en se référant aux caractéristiques fondamentales du système de TVA propre à chaque pays, car un RRT élevé peut résulter d’effets de cascade5 ou du non-remboursement de la TVA acquittée sur les intrants. D’autres facteurs peuvent gonfler le ratio, par exemple lorsque les règles relatives au lieu d’imposition des ventes internationales dérogent au principe de destination (OCDE, 2025[41]).
Le poids du secteur informel peut aussi avoir des effets sur le RRT. Dans de nombreux pays d’Afrique, une forte proportion de la population active travaille dans le secteur informel. N’étant pas déclarés à des fins fiscales, ils ne bénéficient pas de remboursements de TVA sur leurs intrants (BAD/OCDE/PNUD, 2016[42]). L’interprétation du RRT est aussi plus délicate pour les pays fortement tributaires du tourisme : ceux-ci peuvent en effet enregistrer un RRT élevé du fait que les achats effectués par des non-résidents ne sont pas pris en compte dans les dépenses de consommation finale (dénominateur) mais dans les exportations, alors que la TVA sur les achats est prise en compte dans les recettes totales de TVA (numérateur) (Keen, 2013[43]). Un autre facteur qui peut être lié au point précédent concerne le niveau du commerce extérieur : les pays à ratio commerce extérieur/PIB relativement élevé affichent généralement un RRT élevé, probablement parce qu’il est plus facile de collecter la TVA au point d’entrée d’un pays que sur le marché intérieur (Ebrill, L. P., Keen, M., & Perry, V. J., 2001[44]).
Le Graphique 1.16 rend compte des RRT des 36 pays africains couverts par cette publication qui sont dotés d’un système de TVA (à l’exclusion du Libéria et de la Somalie). En 2023, le RRT moyen de ces pays s’établissait à 0.37, soit moins que la moyenne OCDE, qui était de 0.58 (en 2022, dernière année connue). Le RRT variait considérablement en Afrique : les Seychelles, Maurice et la Zambie enregistraient les RRT les plus élevés (respectivement 0.95, 0.65 et 0.62), tandis que la Guinée équatoriale et le Tchad affichaient les RRT les plus bas (0.09 et 0.11).
Le système de TVA des Seychelles repose sur une assiette relativement large et le pays n’applique pas de taux réduits de TVA, bien qu’il existe quelques exonérations de TVA applicables à des produits de première nécessité, comme les produits agricoles et pharmaceutiques, et aux combustibles (OCDE, 2020[45]). En outre, le RRT élevé peut s’expliquer en partie par l’importance du tourisme : aux Seychelles, les recettes de TVA proviennent principalement du secteur du tourisme, qui est imposé au taux normal et qui procure environ la moitié des recettes totales de TVA (OCDE, 2020[45]).
Graphique 1.16. Ratio des recettes de TVA par pays, 2023
Copier le lien de Graphique 1.16. Ratio des recettes de TVA par pays, 2023
Note : Le graphique ne comprend pas la Somalie et le Libéria, car ces pays sont dépourvus de système de TVA.
Source : Les données relatives aux taux de TVA et aux RRT dans la zone OCDE sont tirées des Tendances des impôts sur la consommation (OCDE, 2025[41]), les chiffres relatifs aux dépenses de consommation finale des Perspectives de l’économie mondiale (FMI, 2025[5]) et les recettes de TVA des tableaux par pays figurant au chapitre 5.
Le secteur du tourisme joue aussi un rôle important dans l’économie de Maurice (Banque mondiale, 2024[46]) et pourrait expliquer en partie le RRT plus élevé du pays. Bien que le RRT de Maurice soit relativement élevé, un rapport du FMI (FMI, 2024[47]) indique qu’il serait possible d’améliorer le recouvrement de la TVA dans le pays en supprimant les exemptions, en remédiant aux problèmes de conformité fiscale et en abaissant les seuils de TVA afin d’élargir la base d’imposition.
En Zambie, le système de retenue à la source de la TVA mis en place en 2017 s’est révélé très efficace, puisqu’il a permis d’accroître les recettes annuelles de TVA d’environ 13 % et d’améliorer sensiblement le respect des obligations fiscales, les entreprises concernées étant 13 % plus susceptibles de déposer des déclarations (UNU-WIDER, 2023[48]). Ce système a été suspendu à la mi-2025 à la suite du déploiement à l’échelle nationale d’un système de facturation électronique de la TVA. Les recettes collectées devraient continuer d’augmenter à la faveur de ce nouveau cadre (FMI, 2025[49]).
Au Tchad, le faible RRT s’explique par le bas niveau des recettes de TVA perçues, qui représentaient 1.3 % du PIB en 2023 (plaçant le pays à l’avant-dernier rang dans le présent rapport) ; celui-ci est dû à une mauvaise administration de la TVA, à des exonérations de TVA, à des défaillances dans le mécanisme de remboursement de la TVA et à l’importance de l’économie informelle (FMI, 2019[50]). En outre, de nombreux biens et services essentiels au Tchad sont exonérés ou soumis à des taux réduits (9 % pour les produits locaux, par exemple) (Gole, 2024[51]). Le faible RRT en Guinée équatoriale peut s’expliquer principalement par l’exonération de TVA dont bénéficie le secteur pétrolier et gazier (Pwc, 2024[52]).
La valeur des échanges (principalement des importations) est supérieure au PIB aux Seychelles (105 %) et à Maurice (180 %), alors qu’elle est inférieure à 70 % au Tchad et en Guinée équatoriale (Banque mondiale, 2025[53]). Ce constat corrobore les conclusions selon lesquelles un niveau élevé d’échanges se traduit généralement par un RRT plus élevé (Ebrill, L. P., Keen, M., & Perry, V. J., 2001[44]).
Recettes fiscales liées à l’environnement
En vertu de l’Accord de Paris de 2016, les pays se sont engagés à décarboner leurs économies d’ici au milieu du siècle, ce qui implique de se détourner des combustibles fossiles comme source d’énergie. Pour réduire les émissions et assurer la décarbonation, de plus en plus de pays ont recours à des taxes liées à l’environnement et à des instruments fondés sur les prix. En intégrant un signal-prix dans les décisions des consommateurs, ces systèmes de taxation environnementale mettent en application le principe du pollueur-payeur afin de favoriser le choix d’activités économiques plus vertes et moins polluantes. La mise en place de systèmes de taxation liée à l’environnement bien conçus peut donc avoir une influence sur les résultats environnementaux au sens où ils peuvent encourager les entreprises et les ménages à prendre en compte le coût environnemental de leurs choix.
La Déclaration de Nairobi, conclue à l’issue du Sommet africain sur le climat 2023, constate qu’en matière de taxes environnementales, il est crucial de mettre l’accent sur les fragilités que connaissent de nombreux pays africains, résultant des conséquences imprévisibles et dévastatrices du changement climatique (Union africaine, 2023[54]). Les sécheresses prolongées, les inondations dévastatrices et les incendies de forêt dus au changement climatique ont un coût humanitaire et économique considérable, influant sur les moyens de subsistance, la santé et l’éducation, et menaçant la paix et la sécurité sur l’ensemble du continent. Alors que l’Afrique n’est pas historiquement responsable du réchauffement climatique, elle en supporte le plus gros des effets, soulignant l’urgente nécessité d’efforts de collaboration au niveau mondial.
Une taxe liée à l’environnement est une taxe dont l’assiette est une unité physique (ou une approximation d’une unité physique) de quelque chose qui a un impact négatif spécifique et avéré sur l’environnement, que la taxe vise à changer les comportements ou soit prélevée dans un autre but (OCDE, 2005[55]). Les recettes tirées des taxes sur l’énergie peuvent augmenter à moyen terme si les pays relèvent les taux effectifs de la taxe sur la teneur en carbone des carburants (Marten et van Dender, 2019[56]). Une étude conjointe du FIT et de l’OCDE (OCDE/FIT, 2019[57]) montre comment les recettes tirées du transport routier peuvent être stabilisées à long terme en associant des taxes sur les distances parcourues, les véhicules et les carburants.
Bien que les recettes fiscales liées à l’environnement ne constituent pas une catégorie dans la classification type des recettes fiscales établie par l’OCDE, on peut les identifier en examinant la liste détaillée des taxes spécifiques fournies pour la plupart des pays, qui s’inscrivent dans la classification globale. C’est sur cette base qu’elles ont été intégrées dans la base de données de l’OCDE sur les instruments de la politique de l’environnement (PINE) (OCDE, 2024[58])6. En 2020, l’OCDE a commencé à recueillir des données en vue d’établir des comptes sur les recettes fiscales liées à l’environnement conformes au Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE) ; ceux-ci sont désagrégés entre les branches d’activité et les ménages.
Un examen détaillé des recettes fiscales prélevées par 35 des 38 pays africains couverts7 pour lesquels des données relatives aux recettes fiscales liées à l’environnement sont disponibles montre qu’en moyenne, les recettes tirées de ces taxes s’élevaient à 1.1 % du PIB en 2023, un niveau supérieur aux moyennes non pondérées des régions ALC et Asie-Pacifique (respectivement 0.9 % et 0.7 % du PIB), mais inférieur à celle de l’OCDE (1.8 % du PIB). En Afrique, les recettes générées par les taxes liées à l’environnement s’échelonnaient entre moins de 0.1 % du PIB en République du Congo et au Nigéria et 3.6 % aux Seychelles (Graphique 1.17). Il convient d’interpréter ces chiffres avec prudence, car il n’est pas toujours possible de déterminer précisément le niveau des recettes fiscales liées à l’environnement pour chaque pays ; aussi, le niveau des recettes indiqué dans le Graphique 1.17 varie en partie en fonction de la granularité des données disponibles.
Graphique 1.17. Recettes des taxes liées à l’environnement par pays et par principale assiette fiscale, 2023
Copier le lien de Graphique 1.17. Recettes des taxes liées à l’environnement par pays et par principale assiette fiscale, 2023En pourcentage du PIB
Note : Les chiffres concernant les recettes fiscales issues des taxes liées à l’environnement dépendent de la granularité des données sur les recettes fiscales fournies par les pays participants. Le Burkina Faso, la Guinée et le Rwanda sont exclus compte tenu de l’impossibilité d’isoler des données relatives aux recettes tirées de taxes liées à l’environnement en 2023.
Source : Calculs des auteurs basés sur des données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy. et la base de données PINE pour les moyennes OCDE, ALC et Asie-Pacifique (OCDE, 2024[58]).
Les recettes tirées des taxes liées à l’environnement peuvent être ventilées entre différentes catégories de base d’imposition, notamment l’énergie (combustibles fossiles et électricité, entre autres), les transports, la pollution et l’exploitation des ressources (extraction de ressources minières et de combustibles fossiles par exemple).
En 2023, la majorité des recettes fiscales liées à l’environnement dans les pays couverts par cette publication provenaient des taxes sur les produits énergétiques (0.7 % du PIB en moyenne). Les taxes sur les produits énergétiques représentaient la majeure partie des recettes fiscales liées à l’environnement dans 25 pays sur 34.
Le solde (0.3 % du PIB en moyenne) était constitué pour l’essentiel de recettes prélevées sur les véhicules à moteur et les services de transport. Celles-ci constituaient la principale source des recettes fiscales liées à l’environnement dans neuf pays.
Les recettes prélevées sur d’autres bases d’imposition liées à l’environnement sont plus faibles, représentant 0.1 % du PIB en moyenne globalement pour l’exploitation des ressources naturelles et la pollution.
La structure des recettes fiscales liées à l’environnement en Afrique est très similaire à celle observée dans la zone OCDE et la région ALC. En revanche, les économies de la région Asie-Pacifique recourent en moyenne à parts quasi égales aux taxes sur l’énergie, sur les ressources et sur les transports.
L’analyse des recettes fiscales liées à l’environnement en Afrique doit être envisagée dans le contexte de l’utilisation généralisée des subventions aux énergies fossiles. Parmi les pays couverts par cette publication, l’Égypte, le Gabon, le Ghana et le Nigéria ont accordé des subventions à la consommation de combustibles fossiles pour un montant d’environ 66.5 milliards USD, 385.4 millions USD, 2.6 milliards USD et 18.7 milliards USD, respectivement, en 2022 (AIE, 2023[59]). Ces subventions pourraient accroître sensiblement les besoins d’emprunt des pays africains, contraignant plusieurs d’entre eux (comme le Ghana, le Kenya et le Nigéria) à en supprimer certaines en 2022 ou 2023 (Africa Business Insider, 2023[60]).
Recettes fiscales par région et par catégorie de revenu
Copier le lien de Recettes fiscales par région et par catégorie de revenuCommunautés régionales
Les 38 pays couverts par cette publication appartiennent à une ou plusieurs communautés économiques régionales (CER) du continent, qui facilitent l’intégration économique entre leurs membres (Union africaine, 2024[61]). Cette section décrit l’évolution des recettes fiscales et les structures fiscales dans cinq de ces communautés, à savoir la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb arabe (UMA) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC)8.
Les Statistiques des recettes publiques en Afrique portent sur de nombreux membres de ces communautés régionales, mais pas tous ; la couverture est de 57 % pour la CAE, 80 % pour la SADC et 87 % pour la CEDEAO. Les indicateurs relatifs au niveau et à la structure des recettes fiscales pour les cinq communautés économiques régionales ne comprennent que les États membres qui participent aux Statistiques des recettes publiques en Afrique.
En 2023, les ratios moyens impôts/PIB de l’UMA et de la SADC (25.4 % et 19.0 %, respectivement) ont dépassé la moyenne de l’Afrique, qui s’établissait à 16.1 %, tandis que ceux de la CEDEAO, de la CAE et de la CEEAC étaient inférieurs à celle-ci (13.9 %, 13.8 % et 13.2 %, respectivement). Entre 2013 et 2023, les ratios impôts/PIB moyens ont augmenté dans les cinq CER, la hausse allant de 1.3 point dans la CEDEAO à 2.7 points dans l’UMA. Le ratio moyen impôts/PIB a augmenté de 1.6 point dans la CAE, de 1.7 point dans la SADC et de 2.4 points dans la CEEAC au cours de la même période (Graphique 1.18).
Graphique 1.18. Tendances des recettes fiscales dans les communautés régionales et moyenne de l’Afrique, 2000-23
Copier le lien de Graphique 1.18. Tendances des recettes fiscales dans les communautés régionales et moyenne de l’Afrique, 2000-23
Note : Les moyennes de l’Afrique et des CER doivent être interprétées avec prudence, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et les chiffres de 2023 relatifs à la Guinée équatoriale, à la Mauritanie, au Sénégal et à la Tunisie sont des estimations. La moyenne pour chaque CER repose sur les données des pays membres couverts par les Statistiques des recettes publiques en Afrique.
Source : Calculs des auteurs fondés sur les données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy..
En 2023, la structure fiscale présentait des variations d’une communauté économique régionale à l’autre, mais aussi des points communs.
Les impôts sur le revenu et les bénéfices étaient la principale source de recettes pour les pays de la CEEAC en moyenne, l’IS représentant la part la plus élevée du total des recettes fiscales (37.9 %). Les recettes de l’IS représentaient une proportion plus importante des recettes fiscales dans la CEEAC que dans n’importe quelle autre communauté régionale.
Les impôts sur les biens et services constituaient la principale source de recettes de la CAE, de la CEDEAO et de l’UMA. Dans la catégorie des impôts sur les biens et services, la CAE et l’UMA ont tiré une part légèrement plus élevée de leurs recettes fiscales de la TVA que des impôts sur les biens et services autres que la TVA (« autres impôts sur les biens et services3 » dans le Graphique 1.19). Bien que, des trois CER, la CEDEAO soit celle où la part des recettes provenant de la TVA était la plus élevée, les impôts sur les biens et services autres que la TVA constituaient la principale source de recettes fiscales, à 30.9 %. Les recettes de TVA dans ces trois communautés régionales s’échelonnaient entre 25.1 % dans l’UMA et 27.4 % dans la CEDEAO.
En moyenne, les impôts sur le revenu et les bénéfices et les impôts sur les biens et services généraient un pourcentage équivalent des recettes fiscales totales dans les pays de la SADC (47 %). La TVA était la principale source de recettes fiscales de la SADC (32.2 %) et représentait le pourcentage le plus élevé de toutes les CER. Dans la structure fiscale des pays de la SADC, les recettes de TVA étaient en moyenne deux fois plus élevées que celles provenant d’autres impôts sur les biens et services (14.7 %). L’IRPP représentait la deuxième source de recettes fiscales dans les pays de la SADC ; s’établissant à 23.2 % des recettes fiscales, sa part était également la plus élevée parmi toutes les CER étudiées dans le présent rapport.
Les cotisations de sécurité sociale pesaient moins de 10 % du total des recettes fiscales dans toutes les CER sauf l’UMA, où elles représentaient 18.1 % du total des recettes fiscales en 2023.
Graphique 1.19. Structures fiscales dans les communautés économiques régionales et moyenne Afrique, 2023
Copier le lien de Graphique 1.19. Structures fiscales dans les communautés économiques régionales et moyenne Afrique, 2023
Note : Les moyennes de l’Afrique et des CER doivent être interprétées avec prudence, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et les chiffres de 2023 relatifs à la Guinée équatoriale, à la Mauritanie, au Sénégal et à la Tunisie sont des estimations. Les moyennes des CER tiennent uniquement compte des données des pays membres participant aux Statistiques des recettes publiques en Afrique8. Il se peut que la somme des parts de chaque catégorie ne soit pas égale au total indiqué4.
Source : Calculs des auteurs fondés sur les données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
En pourcentage du PIB, les recettes provenant des principales catégories d’impôts variaient considérablement d’une communauté régionale à l’autre :
Les recettes moyennes de l’IRPP s’échelonnaient entre 1.5 % du PIB dans la CEEAC et 4.7 % dans la SADC, tandis que les recettes de l’IS étaient comprises entre 2.5 % du PIB dans la CEDEAO et 5.0 % dans la CEEAC. Les recettes de l’IRPP et de l’IS étaient d’une importance comparable, en moyenne, dans la CAE.
Les recettes de la TVA et celles des impôts autres3 que la TVA sur les biens et services étaient les plus faibles dans la CEEAC (2.7 % du PIB dans les deux cas) et les plus élevées dans l’UMA, en moyenne (respectivement 6.1 % et 4.7 % du PIB).
Les cotisations de sécurité sociale s’échelonnaient en moyenne entre 0.7 % du PIB dans la SADC et 5.5 % dans l’UMA.
Recettes fiscales et structures fiscales par catégorie de revenu
Les pays qui participent aux Statistiques des recettes publiques en Afrique sont classés en fonction de l’une des quatre catégories de revenu définies par la Banque mondiale (Banque mondiale, 2024[62]) : pays à faible revenu (15 pays), pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (16 pays), pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (six pays) et pays à revenu élevé (un pays, les Seychelles). Cette section présente l’évolution des ratios impôts/PIB et de la structure fiscale en 2023 pour ces catégories de revenu en excluant le groupe à revenu élevé en raison de la couverture limitée (les Seychelles ne sont donc pas incluses dans l’analyse).
Les moyennes des ratios impôts/PIB pour chaque catégorie de revenu présentées dans le Graphique 1.20 confirment la tendance décrite dans l’Encadré 1.2, à savoir que les pays ayant une économie plus développée affichent généralement des ratios impôts/PIB plus élevés. En 2023, les ratios impôts/PIB moyens des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure étaient supérieurs à la moyenne des pays d’Afrique, s’élevant respectivement à 17.1 % et 18.9 %. À l’inverse, le ratio impôts/PIB moyen dans les pays à faible revenu s’établissait à 13.0 %, soit en deçà que la moyenne des pays d’Afrique et que le seuil de 15 % considéré comme un point de bascule pour accélérer la croissance et le développement (Gaspar, Mansour et Vellutini, 2023[63]).
Graphique 1.20. Tendances des recettes fiscales par catégorie de revenu et moyenne Afrique, 2010-23
Copier le lien de Graphique 1.20. Tendances des recettes fiscales par catégorie de revenu et moyenne Afrique, 2010-23
Note : La moyenne Afrique et les moyennes par groupe de revenu doivent être interprétées avec prudence, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et les chiffres de 2023 relatifs à la Guinée équatoriale, à la Mauritanie, au Sénégal et à la Tunisie sont des estimations. Les catégories de revenu sont établies selon la classification de la Banque mondiale (Banque mondiale, 2024[62]).
Source : Calculs des auteurs fondés sur les données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]), Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
En raison de l’importance de leur économie informelle, conjuguée à leur dépendance à l’égard de l’aide extérieure, les pays à faible revenu affichent souvent une base d’imposition plus étroite, ce qui freine la croissance du recouvrement de l’impôt (Besley et Persson, 2014[64]) (Bachas, Jensen et Gadenne, 2024[65]). Il est particulièrement crucial pour les pays à faible revenu d’augmenter leurs recettes fiscales, car ils sont souvent dépourvus d’une source stable de financement et confrontés aux besoins de dépenses les plus importants.
En moyenne, les recettes fiscales en pourcentage du PIB ont progressé dans les pays des trois catégories de revenu entre 2013 et 2023. Dans les pays à faible revenu, elles ont augmenté de 1.1 point au cours de la période, contre 1.8 point dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 1.6 points dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
Les catégories d’impôt qui ont le plus contribué à la hausse globale des recettes fiscales entre 2013 et 2023 varient selon les catégories de revenu de pays. La hausse des recettes fiscales dans les pays à faible revenu s’explique principalement par l’augmentation des recettes de l’impôt sur le revenu et les bénéfices, essentiellement de celles tirées de l’IS. Les recettes sur les biens et services autres3 que la TVA ont le plus contribué à la croissance des recettes fiscales dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et supérieure.
Le Graphique 1.21. présente la structure fiscale en pourcentage du PIB et en proportion du total des recettes fiscales pour la moyenne des pays d’Afrique et les trois catégories de revenu. La structure fiscale des pays à faible revenu et des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure se caractérise par une forte dépendance à l’égard des impôts sur les biens et services (respectivement 54.8 % et 53.0 % des recettes fiscales en 2023). À l’inverse, les impôts sur le revenu et les bénéfices pèsent plus lourd dans la structure fiscale moyenne des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (57.5 %).
Au sein de la rubrique des impôts sur les biens et services, les recettes de la TVA étaient comprises entre 24.2 % et 28.9 % du total des recettes fiscales dans les trois catégories de revenu. En ce qui concerne les impôts sur les biens et services autres3 que la TVA, les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure sont ceux dans lesquels cette catégorie représente la plus faible proportion des recettes fiscales en moyenne, tandis que la part de ces impôts est la plus élevée dans les pays à faible revenu (respectivement 12.0 % et 30.1 % des recettes fiscales). En 2023, la part de l’IRPP est la plus élevée dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (16.5 % du total des recettes fiscales) et la plus basse dans les pays à faible revenu (15.7 %).
Des économistes (Bachas, Jensen et Gadenne, 2024[65]) expliquent que les impôts sur les biens et services, en pourcentage du total des recettes fiscales, ont tendance à diminuer à mesure qu’un pays se développe, tandis que la part de l’IRPP tend à s’accroître. Ils font valoir que l’assiette de l’IRPP s’élargit à mesure que les pays se développent et que la main-d’œuvre passe d’une activité indépendante à un emploi salarié (contribuant à la transition du secteur informel vers le secteur formel). Cette transition repose également sur l’accroissement de la part de marché des grandes entreprises, qui se traduit par une proportion plus élevée de salariés au sein de la population active. Ces tendances aboutissent généralement à une hausse des recettes de l’IRPP et à une réduction du secteur informel dans les pays à revenu élevé. Les pays à faible revenu peinent à imposer les travailleurs indépendants et les travailleurs faiblement rémunérés et ont tendance à leur accorder des exonérations, alors qu’ils représentent souvent la plus grande partie de la main-d’œuvre.
Graphique 1.21. Structures fiscales des pays africains par catégorie de revenu, 2023
Copier le lien de Graphique 1.21. Structures fiscales des pays africains par catégorie de revenu, 2023
Note : La moyenne Afrique et les moyennes par groupe de revenu doivent être interprétées avec prudence, car les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles ou incomplètes pour certains pays2 et les chiffres de 2023 relatifs à la Guinée équatoriale, à la Mauritanie, au Sénégal et à la Tunisie sont des estimations. Les catégories de revenu correspondent à la classification établie par la Banque mondiale (Banque mondiale, 2024[62]). Il se peut que la somme des parts de chaque catégorie ne soit pas égale au total indiqué4.
Source : Calculs des auteurs fondés sur les données figurant dans (OCDE/CUA/ATAF, 2025[4]),Statistiques des recettes publiques en Afrique : tableaux comparatifs des recettes fiscales et non fiscales, Explorateur de données de l’OCDE, http://data-explorer.oecd.org/s/dy.
Répartition des impôts par niveau d’administration
Copier le lien de Répartition des impôts par niveau d’administrationL’analyse de la répartition des impôts par niveau d’administration est limitée par le fait que les données sur les recettes fiscales perçues par les administrations infranationales étaient uniquement disponibles pour six pays couverts par cette publication : l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Maroc, Maurice, le Nigéria9 et la Somalie. En 2023, les recettes des administrations infranationales représentaient 0.2 % du total des recettes fiscales à Maurice, 2.4 % en Eswatini, 3.0 % au Maroc, 4.3 % en Afrique du Sud, 12.2 % au Nigéria et 33.0 % en Somalie.
Les impôts sur le patrimoine constituent la plus importante source de recettes fiscales pour les administrations infranationales en Afrique du Sud, en Eswatini, au Maroc et à Maurice. Ils représentent la totalité des recettes fiscales locales recouvrées en Afrique du Sud, en Eswatini et à Maurice, et plus de 80 % au Maroc. À l’inverse, les recettes des administrations infranationales au Nigéria proviennent principalement des impôts sur le revenu et, en Somalie, des impôts sur les biens et services.
Références
[60] Africa Business Insider (2023), African countries that removed fuel subsidies between 2022 and 2023, https://africa.businessinsider.com/local/markets/african-countries-that-removed-fuel-subsidies-between-2022-and-2023/ms3t33v.
[33] Africa Centres for Disease Control and Prevention (2025), Africa’s Health Financing in a New Era, https://africacdc.org/download/africas-health-financing-in-a-new-era-april-2025/.
[59] AIE (2023), Fossil fuels database, https://www.iea.org/data-and-statistics/data-product/fossil-fuel-subsidies-database (consulté le 18 octobre 2024).
[26] Assemblée nationale de la Zambie (2022), 2023 Budget Address by Honourable Dr. Situmbeko Musokotwan, https://www.parliament.gov.zm/sites/default/files/images/publication_docs/2023%20Budget%20Speech.pdf.
[16] ATAF (2023), African Tax Outlook (ATO), https://ataftax.org/library/african-tax-outlook-2023-edition/.
[65] Bachas, P., A. Jensen et L. Gadenne (2024), Tax Equity in Low- and Middle-Income Countries, https://pubs.aeaweb.org/doi/pdfplus/10.1257/jep.38.1.55.
[42] BAD/OCDE/PNUD (2016), Perspectives économiques en Afrique 2016 : Villes durables et transformation structurelle, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/aeo-2016-fr.
[8] Banque africaine de développement (BAfD) (2024), Perspectives économiques en Afrique 2024 : Impulser la transformation de l’Afrique par la réforme de l’architecture financière mondiale, https://www.afdb.org/fr/documents/perspectives-economiques-en-afrique.
[21] Banque africaine de développement (BAfD) (2024), Perspectives économiques en Guinée Equatoriale, https://www.afdb.org/fr/countries/central-africa/equatorial-guinea/equatorial-guinea-economic-outlook.
[7] Banque africaine de développement (BAfD) (2023), Perspectives économiques en Afrique 2023 : Mobiliser les financements du secteur privé en faveur du climat et de la croissance verte en Afrique, https://www.afdb.org/fr/documents/perspectives-economiques-en-afrique-2023-points-saillants.
[19] Banque mondiale (2025), Commodity markets, https://www.worldbank.org/en/research/commodity-markets (consulté le 1 septembre 2025).
[53] Banque mondiale (2025), Trade (% of GDP), https://data.worldbank.org/indicator/NE.TRD.GNFS.ZS.
[46] Banque mondiale (2024), Cabo Verde Economic Update - Blue Economy : The Latent Potential of Fisheries and Aquaculture in Cabo Verde, https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/099060624085036575/p5004821bf54600a41b38315f0d172005a1 (consulté le 9 octobre 2024).
[20] Banque mondiale (2024), Gabon Economic update 2024, Banque mondiale, https://documents1.worldbank.org/curated/en/099092524143030496/pdf/P181230120e78103b1b7c612a6fccdafa23.pdf.
[14] Banque mondiale (2024), International Comparison Program, https://www.worldbank.org/en/programs/icp.
[10] Banque mondiale (2024), International Debt Report 2024, Banque mondiale, https://www.worldbank.org/en/programs/debt-statistics/idr/products.
[9] Banque mondiale (2024), International Debt Statistics, https://datatopics.worldbank.org/debt/ids/regionanalytical/ssa/counterpartarea/wld (consulté le 30 septembre 2025).
[62] Banque mondiale (2024), World Bank Country and Lending Groups, https://datahelpdesk.worldbank.org/knowledgebase/articles/906519.
[40] Banque mondiale (2023), Global SSB Tax Database, https://ssbtax.worldbank.org/.
[64] Besley, T. et T. Persson (2014), Why Do Developing Countries Tax So little?, https://pubs.aeaweb.org/doi/pdfplus/10.1257/jep.28.4.99.
[44] Ebrill, L. P., Keen, M., & Perry, V. J. (2001), 4 Understanding the Revenue Performance of VATs« . In The Modern VAT, https://doi.org/10.1787/cd87af6f-fr.
[22] FMI (2025), Republic of Equatorial Guinea: Staff Report for the 2025 Article IV Consultation and First and Second Reviews Under the Staff-Monitored Program-Press Release; Staff Report; and Statement by the Executive Director for the Republic of Equatorial Guinea, https://doi.org/10.5089/9798229016742.002.
[5] FMI (2025), World Economic Outlook (base de données, avril 2025), https://www.imf.org/en/Publications/WEO/weo-database/2025/April (consulté le 20 avril 2023).
[49] FMI (2025), Zambia: 2025 Article IV Consultation, Rapport-pays du FMI 2025, https://doi.org/10.5089/9798229019378.002.
[18] FMI (2024), « Gabon: Selected Issues », Rapport pays du FMI, n° 24/145, https://doi.org/10.5089/9798400277900.002.
[17] FMI (2024), Consultations de 2024 au titre de l’Article IV - Communiqué de presse, Rapport des services du FMI et Déclaration de l’administrateur pour le Gabon, https://doi.org/10.5089/9798400277801.002.
[47] FMI (2024), Mauritius: Selected Issues. Rapport pays du FMI n° 24/140, https://doi.org/10.5089/9798400276965.002.A001.
[23] FMI (2024), Republic of Equatorial Guinea: 2023 Article IV Consultation-Press Release; Staff Report; and Statement by the Executive Director for Republic of Equatorial Guinea, IMF Staff Country Reports 2024, 025 (2024), https://doi.org/10.5089/9798400265181.002.
[25] FMI (2024), République démocratique du Congo : Questions générales, https://doi.org/10.5089/9798400283451.002.
[24] FMI (2024), Tchad: Consultations de 2024 au titre de l’article IV- communiqué de presse; rapport des services du FMI; analyse de viabilité de la dette; annexe d’information; déclaration de l’administrateur pour le Tchad, https://doi.org/10.5089/97.
[30] FMI (2024), Togo : Questions générales, n° 24/300, https://doi.org/10.5089/9798400291456.002.
[6] FMI (2023), Transcript of Press Briefing: Regional Economic Outlook for Sub-Saharan Africa, https://www.imf.org/en/News/Articles/2023/10/13/tr101323-transcript-of-africas-regional-economic-outlook (consulté le 1 septembre 2025).
[29] FMI (2019), « L’équipe du FMI achève une mission de revue au Togo », Communiqué de presse N° 19/473, https://www.imf.org/fr/News/Articles/2019/12/18/pr19473-togo-imf-staff-completes-review-mission.
[50] FMI (2019), Tchad : Questions générales Rapport pays du FMI n° 19/259, https://doi.org/10.5089/9781513509648.002.A002.
[13] FMI (2019), World Economic Outlook - Frequently Asked Questions, https://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/faq.htm#q4d (consulté le 6 septembre 2019).
[15] Gaspar, V. et al. (2019), Fiscal Policy and Development : Human, Social, and Physical Investments for the SDGs, https://www.imf.org/en/Publications/Staff-Discussion-Notes/Issues/2019/01/18/Fiscal-Policy-and-Development-Human-Social-and-Physical-Investments-for-the-SDGs-46444 (consulté le 20 septembre 2021).
[63] Gaspar, V., M. Mansour et C. Vellutini (2023), Les pays peuvent exploiter leur potentiel fiscal pour financer leurs objectifs de développement, https://meetings.imf.org/fr/IMF/Home/Blogs/Articles/2023/09/19/countries-can-tap-tax-potential-to-finance-development-goals.
[51] Gole, A. (2024), Chad cuts VAT to 17.5%, https://www.vatcalc.com/chad/chad-cuts-vat-to-17-5/.
[43] Keen, M. (2013), The anatomy of VAT, WP/13/111, FMI, https://www.imf.org/en/Publications/WP/Issues/2016/12/31/The-Anatomy-of-the-VAT-40543.
[56] Marten, M. et K. van Dender (2019), The use of revenues from carbon pricing, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3cb265e4-en.
[37] Mauritius Revenue Authority (2025), Excise Duty on Sugar Content of Sugar Sweetened Products, https://www.mra.mu/customs1/more-topics/excise-tax-on-sugar-content-of-sugar-sweetened-non-alcoholic-beverages.
[1] OCDE (2025), Revenue Statistics in Asia and the Pacific 2025 : Personal Income Taxation in Asia and the Pacific, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6c04402f-en.
[41] OCDE (2025), Tendances des impôts sur la consommation 2024 : TVA/TPS et droits d’accises, principales caractéristiques et tendances, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/037dda3d-fr.
[58] OCDE (2024), Base de données PINE, http://www.oecd.org/environment/tools-evaluation/environmentaltaxation.htm.
[3] OCDE (2024), Statistiques des recettes publiques 2024 : Les taxes sur les produits nocifs pour la santé dans les pays de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2ea729a7-fr.
[12] OCDE (2023), Civisme fiscal : Qu’est-ce qui motive les particuliers et les entreprises à payer des impôts ?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4ce7612d-fr.
[31] OCDE (2021), Les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie – Règles globales anti-érosion de la base d’imposition (Pilier Deux) : Cadre inclusif sur le BEPS, Projet OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices, https://doi.org/10.1787/782.
[45] OCDE (2020), OECD Tax Policy Reviews: Seychelles 2020, OECD Tax Policy Reviews, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/cba38d19-en.
[11] OCDE (2015), Coopération pour le développement 2014 : Mobiliser les ressources au service du développement durable, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/dcr-2014-fr.
[55] OCDE (2005), Glossary of statistical terms, https://stats.oecd.org/glossary/detail.asp?ID=6437.
[2] OCDE et al. (2025), Revenue Statistics in Latin America and the Caribbean 2025, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/7594fbdd-en.
[4] OCDE/CUA/ATAF (2025), Tableaux comparatifs des Statistiques des recettes publiques en Afrique, Éditions OCDE, Paris, https://data-explorer.oecd.org/s/2r3.
[28] OCDE/CUA/ATAF (2020), Statistiques des recettes publiques en Afrique 2020 : 1990-2018, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/14e1edb1-en-fr.
[57] OCDE/FIT (2019), Tax Revenue Implications of Decarbonising Road Transport: Scenarios for Slovenia, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/87b39a2f-en.
[36] OMS (2025), Health tax, https://www.who.int/data/gho/data/themes/health-taxes#:~:text=Health%20taxes%20are%20excise%20taxes,%2Dsweetened%20beverages%20(SSBs).
[35] OMS (2025), https://www.who.int/fr/news/item/02-07-2025-who-launches-bold-push-to-raise-health-taxes-and-save-millions-of-lives, https://www.who.int/news/item/02-07-2025-who-launches-bold-push-to-raise-health-taxes-and-save-millions-of-lives.
[38] OMS (2019), Seychelles introduces sugary drink tax, https://www.afro.who.int/news/seychelles-introduces-sugary-drink-tax.
[39] P4H Network (2025), The Future of Health Financing in Africa : the role of health taxes, https://p4h.world/app/uploads/2025/08/The-Future-of-Health-Financing-in-Africa-The-Role-of-Health-Taxes.x80726.pdf.
[27] PWC (2024), Worldwide Tax Summaries, Zambia, Corporate - Taxes on corporate income, https://taxsummaries.pwc.com/Zambia/Corporate/Taxes-on-corporate-income.
[52] Pwc (2024), Equatorial Guinea overview, https://www.pwc.co.za/en/publications/vat-in-africa/equatorial-guinea-overview.html.
[32] SSA (2015), Social Security Through the World: Africa, SSA Publication Social Security Administration, Washington, D.C., http://www.ssa.gov/policy/docs/progdesc/ssptw/2014-2015/africa/ssptw15africa.pdf.
[61] Union africaine (2024), Regional Economic Communities | Union africaine, https://au.int/fr/cers (consulté le 9 octobre 2024).
[54] Union africaine (2023), La Déclaration des dirigeans africains de Naïrobi sur le changement climatique et l’appel à l’action, https://www.afdb.org/sites/default/files/2023/09/08/french_declaration_union_africaine-sommet_africain_sur_le_climat.pdf.
[48] UNU-WIDER (2023), Did withholding value-added tax improve revenue collection in Zambia?, Research Brief 2023/1, https://www.wider.unu.edu/publication/did-withholding-value-added-tax-improve-revenue-collection-zambia.
[34] Vital Strategies (2025), Health Taxes Are a Triple Win for African Countries—New Brief From Vital Strategies and Partners Provides Strategy, https://www.vitalstrategies.org/health-taxes-are-a-triple-win-for-african-countries-new-brief-from-vital-strategies-and-partners-provides-strategy/.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Il convient d’interpréter la moyenne Afrique avec précaution, car des données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles pour la Gambie, la Guinée, la Guinée équatoriale (avant 2013), le Libéria, Madagascar (avant 2011), la Namibie (avant 2009), la République démocratique du Congo (avant 2012), la République du Congo (avant 2018), la Sierra Leone (avant 2018), le Tchad, le Togo, l’Ouganda et la Zambie, et elles sont incomplètes pour le Cameroun et le Sénégal. Les cotisations de sécurité sociale pour le Botswana, le Lesotho et le Malawi sont égales à zéro dans la mesure où elles ne remplissent pas les critères retenus pour être considérées comme des cotisations de sécurité sociale, selon la classification des impôts de l’OCDE figurant dans le guide d’interprétation.
← 2. Les données relatives aux cotisations de sécurité sociale sont indisponibles pour la Gambie, la Guinée, la Guinée équatoriale (avant 2013), Madagascar (avant 2011), la Namibie (avant 2009), l’Ouganda, la République du Congo (avant 2018), la République démocratique du Congo (avant 2012), la Sierra Leone (avant 2018), le Tchad, le Togo et la Zambie, et sont incomplètes pour le Cameroun et le Sénégal. Les cotisations de sécurité sociale pour le Botswana, le Lesotho et le Malawi sont égales à zéro dans la mesure où elles ne remplissent pas les critères retenus pour être considérées comme des cotisations de sécurité sociale, selon la classification des impôts de l’OCDE figurant dans le guide d’interprétation.
← 3. Les autres impôts sur les biens et services comprennent les impôts généraux autres que la TVA (par exemple, les impôts sur les ventes), les impôts sur des biens et services spécifiques autres que les droits d’accise et les droits d’importation (par exemple, les impôts sur les exportations, les impôts sur services déterminés), ainsi que tous les impôts sur l’utilisation de biens ou sur l’autorisation d’utiliser des biens ou d’exercer des activités (par exemple, les impôts relatifs aux véhicules automobiles, les licences commerciales). Lorsque les droits d’accise et les droits d’importation ne sont pas spécifiés séparément, ils sont également inclus dans la catégorie des autres impôts sur les biens et services.
← 4. Les moyennes de l’Afrique et des sous-régions pour chaque catégorie d’impôt en pourcentage du PIB ou du total des recettes fiscales (structure fiscale) sont calculées en se basant sur les pays pour lesquels des données sont disponibles, ce qui signifie que les pays pour lesquels des données sont manquantes dans une des principales catégories d’impôt (par exemple, IRPP, IS, CSS) sont exclus des moyennes de cette catégorie, ce qui peut conduire à une erreur d’estimation. Par exemple, les pays dotés d’un système de sécurité sociale mais qui n’étaient pas en mesure de communiquer des chiffres sur les recettes tirées des cotisations de sécurité sociale sont exclus des moyennes de la catégorie 2000 (cotisations de sécurité sociale). Aussi, la somme des moyennes des différentes catégories peut ne pas coïncider avec les moyennes de l’Afrique ou des sous-régions du total des recettes fiscales.
← 5. Les « effets de cascade » désignent une situation dans laquelle une taxe est prélevée sur un produit à tous les stades de sa production et de sa distribution, sans possibilité de déduire la taxe acquittée en amont. Par exemple, un grossiste ne peut pas demander un remboursement de la TVA payée sur les matières premières achetées pour sa propre production parce qu’aucune TVA n’a été acquittée au départ.
← 6. La base de données PINE ventile les taxes liées à l’environnement entre les quatre catégories suivantes :
Énergie : cette catégorie couvre l’imposition des produits énergétiques tels que les combustibles fossiles et l’électricité, y compris les carburants utilisés pour les transports comme l’essence et le gazole. Toutes les taxes sur les émissions de CO2 font partie de cette catégorie.
Véhicules à moteur et services de transport : cette catégorie englobe les taxes sur les importations ou les ventes de matériel de transport, les taxes périodiques sur la propriété, l’immatriculation ou l’usage routier de véhicules à moteur et d’autres taxes liées aux transports.
Ressources : cette catégorie inclut les taxes sur les industries extractives, l’exploitation forestière, la protection de la vie sauvage et les produits de la pêche.
Pollution : cette catégorie comprend les taxes sur les substances appauvrissant la couche d’ozone, l’eau et les eaux usées, et la gestion des déchets.
← 7. Le Burkina Faso, la Guinée et le Rwanda sont exclus compte tenu de l’impossibilité d’isoler des données relatives aux recettes tirées de taxes liées à l’environnement en 2023.
← 8. La composition de ces communautés économiques régionales est la suivante :
Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) : Burundi, Kenya, Ouganda, RDC, Rwanda, Somalie, Soudan du Sud et Tanzanie. Tous les pays de la CAE, à l’exception du Burundi, du Soudan du Sud et de la Tanzanie, sont couverts par cette publication.
Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) : Angola, Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, RDC, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et Tchad. Tous les pays de la CEEAC, à l’exception de l’Angola, du Burundi, de la République centrafricaine et de Sao Tomé-et-Principe, sont couverts par cette publication.
Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) : Bénin, Burkina Faso, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo. Tous les pays de la CEDEAO, à l’exception du Bénin et de la Guinée-Bissau, sont couverts par cette publication.
Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. Tous les pays de la SADC, à l’exception de l’Angola, de la Tanzanie et du Zimbabwe, sont couverts par cette publication.
Union du Maghreb arabe (UMA) : Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie. L’Algérie et la Libye ne sont pas couvertes par cette publication.
← 9. Au Nigéria, les recettes fiscales infranationales incluent les recettes de l’État, mais excluent celles des collectivités locales.